Posts Tagged ‘Campagne présidentielle’

Trump et Clinton se battent jusqu’au bout – Sondages serrés

novembre 7, 2016

Donald Trump et Hillary Clinton mettent un point final lundi à une campagne présidentielle américaine âprement disputée et à l’issue incertaine: les sondages sont serrés, même s’ils donnent un léger avantage à la candidate démocrate sur le républicain.

Mme Clinton, 69 ans, qui espère devenir mardi la première femme présidente des Etats-Unis, avait prévu lundi deux étapes en Pennsylvanie, une dans le Michigan, et une en Caroline du Nord.

Dimanche soir, à Manchester (New Hampshire), elle s’est présentée comme la candidate de la « réconciliation ». « Nos valeurs fondamentales sont en jeu », a-t-elle aussi souligné.

Courriels: menace levée
La démocrate a vu dimanche disparaître la menace de poursuites dans l’affaire de ses courriels. Le directeur du FBI James Comey a écrit qu’après l’examen de nouveaux messages – dont il avait annoncé la découverte le 28 octobre, s’attirant de vives critiques si près de l’élection – il maintenait sa position de juillet selon laquelle il n’y avait pas matière à poursuivre Mme Clinton.

Il n’est toutefois pas sûr que ce nouveau rebondissement à deux jours du vote répare les dommages infligés à la candidate par la réouverture de l’enquête.

Américains dégoûtés
Donald Trump, 70 ans, était lui attendu lundi en Floride, Caroline du Nord, Pennsylvanie, New Hampshire et Michigan. Les deux candidats ont le même objectif: grappiller la moindre voix qui pourrait faire basculer à leur profit les Etats-clés.

Les Américains n’attendent eux plus que la fin de cette longue campagne entre deux candidats historiquement impopulaires (50% n’aiment pas Mme Clinton, 62% M. Trump), marquée par les insultes et les révélations de caniveau.

Mme Clinton est à 44,9% des intentions de vote au niveau national contre 42,7% pour Trump, selon la moyenne des plus récents sondages établis par RealClearPolitics (RCP). En Floride, Etat-clé sans lequel Donald Trump ne devrait pas pouvoir l’emporter, Mme Clinton est à 47-46. Dans l’Ohio, Donald Trump est à 46,3-43,5 pour sa rivale, et en Caroline du Nord, il mène aussi à 47,3 contre 45,8.

Expérience contre populisme
Hillary Clinton a pour elle une longue expérience. Mais beaucoup d’Américains ne l’aiment pas. Ils doutent de son honnêteté.

La bataille a été plus difficile que prévu face à Trump, milliardaire populiste sans expérience politique mais que rien n’arrête, qui se présente comme l’outsider anti-establishment.

Il a capitalisé sur la colère et les frustrations de certains Américains inquiets de la mondialisation et des changements démographiques. Il a promis des solutions simples à tous les problèmes complexes. Il a menti, insulté les femmes, les Mexicains, les Noirs, les musulmans. Il a attaqué son adversaire sans relâche, surnommée « Hillary la fripouille ».

« Elle est protégée par un système truqué », a soutenu Trump après l’annonce du directeur du FBI. « Hillary Clinton est coupable, elle le sait, le FBI le sait, les gens le savent, et maintenant, c’est au peuple américain de rendre la justice dans les urnes ».

Peu importe que le milliardaire n’ait apparemment pas payé d’impôts pendant des années. Ou ait agressé des femmes. Ses supporters ne l’ont pas pour autant lâché.

Parti républicain divisé
Trump a au passage quasiment fait exploser un parti républicain, profondément divisé. D’autant qu’il n’est pas toujours en phase avec le parti. Il est hostile notamment au libre-échange.

Les outrances et scandales de la campagne présidentielle de la première puissance mondiale ont fait sourire ou consterné bien au-delà de ses frontières.

En Chine, notamment, ils ont été un don du ciel pour la propagande du régime chinois, dont les médias ne se privent pas de dénoncer les travers du système démocratique.

Romanadie.com avec(ats / 07.11.2016 12h05)

Hillary Clinton et Donald Trump dans leur sprint final

novembre 5, 2016

Les deux candidats à la Maison Blanche, Hillary Clinton et Donald Trump, entame leur dernier week-end de la campagne présidentielle américaine. A quatre jours du scrutin, les sondages ne sont guère d’utilité pour prédire avec certitude l’issue du vote.

La démocrate de 69 ans conserve un mince avantage de 2,3 points en moyenne sur le milliardaire populiste de 70 ans. Donald Trump est toutefois porté par un rebond soudain dans les Etats-clés où se jouera véritablement l’élection, et qui lui font croire qu’une surprise est possible mardi soir.

Les deux candidats quadrillent donc inlassablement le pays, enchaînant les meetings pour lancer un dernier appel à la mobilisation, avec un même message: chaque voix compte dans cette élection décrite par les deux camps comme une chance historique.

Hillary Clinton devait commencer la journée à Miami et la terminer à Philadelphie, avec un concert de la chanteuse Katy Perry. Donald Trump devait traverser le pays, de Tampa, en Floride, au Colorado, en passant par la Caroline du Nord et le Nevada.

Superstars pour booster Clinton
Côté démocrate, ce sont les superstars Beyoncé et Jay Z qui ont donné le coup d’envoi du week-end, dans un grand concert avec d’autres rappeurs à Cleveland, bastion démocrate de l’Ohio.

« Le monde attend de nous que nous restions un pays progressiste à la pointe du changement », a lancé Beyoncé, acclamée par une foule déchaînée de 10’000 personnes, très majoritairement noires. « Je veux que ma fille grandisse dans un pays présidé par une femme », a dit la chanteuse, qui a chanté son tube « Run the World (Girls) ». Clin d’oeil aux tenues de l’ancienne Première dame, les six danseuses de Beyoncé portaient des tailleurs-pantalons…

Dans cette atmosphère survoltée et inédite pour la grand-mère de deux petits-enfants, Hillary Clinton a pris la parole quelques minutes, sans épiloguer sur son programme mais en rappelant les horaires et l’adresse du bureau de vote le plus proche, déjà ouvert.

Trump remplit les salles
A 450 km à l’est de Cleveland, à un autre bout de la « Rust Belt », région industrielle en déclin, Donald Trump a rempli à nouveau une salle de 13’000 personnes. Depuis l’année dernière, l’homme d’affaires est le seul à rassembler des foules aussi importantes.

« Et au fait, je n’ai pas eu besoin d’amener Jennifer Lopez ou Jay Z, je suis ici tout seul! » a-t-il ironisé à Hershey, en Pennsylvanie, où il tente de percer le « pare-feu » d’Hillary Clinton, qui a mené jusqu’ici dans les sondages de ce grand Etat.

Samedi, et pour la première fois, il a été convié à prononcer l’allocution hebdomadaire du parti républicain dont de nombreux cadres l’ont pourtant récemment lâché.

« Il est temps de fermer les livres d’histoire sur les Clinton (…) J’en appelle à vos votes (…) pour aider à élire une majorité républicaine au Congrès, pour que nous puissions enfin changer ce système qui ne fonctionne pas (…) », a déclaré le magnat de l’immobilier.

Romandie.com avec(ats / 05.11.2016 12h52)

Gabon: Pas de débat télévisé entre Ali Bongo et Jean Ping

août 24, 2016

Le président gabonais Ali Bongo prend un selfie avec un partisan, lors d’un rassemblement public dans la ville minière de Moanda, dans la province du Haut-Ogooué, le 23 août 2016.

Le président gabonais Ali Bongo prend un selfie avec un partisan, lors d’un rassemblement public dans la ville minière de Moanda, dans la province du Haut-Ogooué, le 23 août 2016. Crédits : MARCO LONGARI / AFP
Une nouvelle polémique a alourdi le climat des derniers jours de campagne présidentielle au Gabon. Le principal candidat d’opposition, Jean Ping, a proposé un débat télévisé avec le président sortant Ali Bongo Ondimba, qui a refusé. « La demande d’un débat contradictoire n’est pas prévue par les lois de la République », a souligné le ministre de la Communication et porte-parole du président-candidat, Alain-Claude Bilie-By-Nze.

« M. Jean Ping invite M. Ali Bongo Ondimba à un débat télévisé devant la Nation, organisé sous l’égide du Conseil national de la communication », a indiqué son équipe de campagne dans un communiqué parvenu mercredi à l’AFP, trois jours avant le vote à un tour, prévu le 27 août.

Lire aussi : Gabon : Jean Ping, le cacique d’Omar Bongo qui veut casser Ali

Pour ce débat, une pratique électorale encore rare en Afrique, l’ex-président de la commission de l’Union africaine (UA) souhaitait « la participation de journalistes choisis par les candidats, et représentant la diversité de la presse et des médias ».

M. Ping faisait ainsi savoir qu’il refusait de participer à l’émission « Le Débat », où les candidats ne débattent qu’avec des journalistes de la télévision publique très proche du pouvoir.

Les « affaires » du fils Ping

« Nous dénonçons le mépris que M. Ping affiche à l’égard des institutions de la République, des journalistes et du peuple gabonais, a réagi dans un communiqué M. Bilie-By-Nze. M. Ping a craint de devoir répondre aux questions embarrassantes concernant les nouvelles révélations l’impliquant lui et les membres de sa famille ».

Lire aussi : Gabon : l’opposition précise son « tout sauf Bongo »

Les chaînes publiques Gabon Télévision et Gabon 24 étalent depuis des semaines les détails d’une sulfureuse affaire de rétrocommissions – révélée par Mediapart – impliquant le fils aîné de Jean Ping dans l’attribution de chantiers d’infrastructures à un groupe chinois.

Lemonde.fr/afrique

États-Unis: Clinton prête pour un débat dingue avec Trump

août 23, 2016

Washington – La candidate démocrate à l’élection présidentielle américaine Hillary Clinton a déclaré lundi que son rival républicain Donald Trump pourrait être un adversaire imprévisible lors des débats à venir, disant se préparer à des choses dingues.

Il faut vous préparer à des choses dingues. J’ai prévu de puiser dans mes expériences de l’école primaire, s’est-elle amusée sur le plateau de Jimmy Kimmel Live, une émission de divertissement diffusée par la chaîne de télévision ABC.

Le premier débat doit avoir lieu dans un mois, près de New York.

Donald Trump a toutefois laissé entendre qu’il pourrait ne pas participer aux trois débats inscrits à l’agenda, alors même qu’il est devancé dans les sondages et que ces émissions à très forte audience lui offrent une chance non négligeable de convaincre les électeurs indécis.

Le premier débat pourrait être haut en couleur, au vu des récentes invectives proférées par Donald Trump à l’encontre de Hillary Clinton: il l’a notamment qualifiée de crapule et émis des doutes son état de santé.

Lors de l’interview, l’animateur Jimmy Kimmel a demandé à Mme Clinton d’ouvrir une boîte de cornichons, une plaisanterie censée montrer la bonne santé de son invitée.

Il a aussi fait référence à l’affaire des emails de Hillary Clinton, transmis à travers un serveur privé plutôt qu’à travers les services officiels sécurisés du département d’Etat lorsqu’elle était chef de la diplomatie américaine (2009-2013).

Lorsque la candidate a raconté qu’elle communiquait dernièrement avec ses petits-enfants via FaceTime, le présentateur a ironisé en demandant si elle envisageait d’utiliser cette application d’appels vidéos plutôt que des emails.

L’interview a aussi été l’occasion d’évoquer les déclarations de Donald Trump selon lesquelles le président Barack Obama et Hillary Clinton étaient les fondateurs du groupe Etat islamique (EI). Des allégations que le candidat a ensuite qualifiées de sarcastiques.

Qui aurait cru que ce public serait aussi enthousiaste à l’égard de la cofondatrice de l’EI ?, a lancé Jimmy Kimmel devant les applaudissements nourris de l’audience accueillant la candidate.

Lorsque Trump s’exprime de la manière dont il s’exprime, cela aide en réalité les terroristes, a estimé Mme Clinton.

Parfois j’ai l’impression que cette campagne est entrée dans un univers parallèle, a-t-elle encore dit.

Je dois en quelque sorte rentrer dans une autre réalité, vous savez, et répondre à des questions sur le fait de savoir si je suis vivante, a-t-elle plaisanté en référence aux rumeurs sur son état de santé.

Romandie.com avec(©AFP / 23 août 2016 16h30)

Gabon : Jean Ping, le cacique d’Omar Bongo qui veut casser Ali

août 23, 2016

Jean Ping, candidat contre le président gabonais sortant Ali Bongo à la présidentielle à un tour du 27 août 2016.

Jean Ping, candidat contre le président gabonais sortant Ali Bongo à la présidentielle à un tour du 27 août 2016. Crédits : KENZO TRIBOUILLARD/AFP
Des yeux de bouddha, un corps rond et des lèvres minces d’où sortent des phrases tranchantes comme un rasoir : « Ali Bongo est un être malhonnête et féroce. »

Lire aussi : Jean Ping : « Le Gabon est une dictature pure et simple entre les mains d’une famille, d’un clan »

Jean Ping, 73 ans, a été investi candidat unique de l’opposition gabonaise le 16 août après le ralliement de deux ténors, Guy Nzouba Ndama et Casimir Oyé Mba. Une position renforcée, samedi 20 août, par le soutien d’un autre candidat, Léon-Paul Ngoulakia, cousin germain d’Ali Bongo. M. Ping augmente ainsi ses chances de succéder, dimanche, à Ali Bongo Odimba, qui se présente pour un second mandat à la tête de ce pays pétrolier de près de 2 millions d’habitants sévèrement touché par la chute des cours du baril.

Poncifs de campagne

Jean Ping n’échappe pas au catalogue des poncifs de campagne (« Le pays doit être un équilibre de justice sociale et d’équité » ou « Je lutterai contre la fraude dans les affaires publiques »). C’est sans doute qu’il a été à bonne école : l’homme a été un cacique du régime d’Omar Bongo, jusqu’à la rupture avec le Parti démocratique du Gabon (PDG) il y a deux ans, et a eu largement le temps de tisser des liens puissants avec la famille qui règne sur le pays depuis plus de cinquante ans. Des liens qui suent la rage, la passion et l’amour. Il fut l’époux de Pascaline, fille aînée d’Omar, dont il a des enfants.

Il fut tour à tour chef de cabinet d’Omar Bongo et tellement de fois ministre qu’il faudrait un boulier pour compter les maroquins dont il a eu la charge.

De sorte que le répertoire de ses propres personnages, y compris celui d’ex-gendre du président, fera toujours de lui l’interprète assermenté des secrets et des turpitudes du clan Bongo.

Pour le candidat désormais unique de l’opposition, ce sera « l’alternance ou la mort », confiait-il, théâtral, au Monde Afrique en juillet dans un hôtel parisien, alors que les tractations au sein de l’opposition gabonaise étaient encore embryonnaires. « Le Gabon est devenu un Etat voyou et on sait ce qu’est capable de faire un Etat voyou contre ses propres opposants… On a commencé il y a quelques mois par geler mes biens. On m’a fait aussi endosser la responsabilité de détournements de fonds. Vous verrez, les derniers jours de la campagne seront encore plus diffamants à mon égard », disait-il avant de lâcher : « J’ai dit à mes enfants que je pouvais tout aussi bien mourir assassiné. Je me présente pour ne pas être comptable de ce désastre moral et économique qui frappe le pays. »

Une jeunesse flétrie

L’histoire de Jean Ping est connue, mais, quand il la raconte, c’est avec la cadence des récits de Paul Morand.

Il est le fils d’un riche fermier chinois de la région de Wenzhou qui débarque à Marseille dans les années 1930. Quand cet homme arrive Gare de Lyon, à Paris, il devient cordonnier, puis tailleur. « Il trouve ensuite un boulot à Sochaux, chez Peugeot Cycles. Il est accompagné d’un ami, aussi chinois, qui lui lance : Deviens colporteur, comme moi !”. » Les deux compères filent à Bordeaux et sautent dans un bateau pour l’Afrique. Arrêt à chaque port pour vendre leurs bibelots. « Puis un stop à Port-Gentil un peu avant le début des hostilités en Europe. » Et qu’advient-il ? « Mon père loupe le bateau qui ne repasse qu’un mois plus tard. Etait-il au bordel ? Etait-il trop saoul ? Il reste. Achète une boulangerie à un colon français. Et devient boulanger. Puis pêcheur. Puis spécialiste en salaison. Ensuite, exploitant forestier. Il accumule du capital, devient Charles Ping pour l’administration française. » Ping père épouse la fille d’un chef traditionnel, a des projets pour ses enfants. « Il veut que je fasse médecine. J’ai horreur du sang. Je fais Sciences éco à Paris. »

Lire aussi : Le magot des Bongo

L’écouter évoquer le Gabon, dont il fut l’un des dirigeants les plus loyaux sous Omar Bongo, c’est évoquer une jeunesse flétrie, un pays sclérosé et gâté par les fruits pourris du régime sous un soleil chaud « qui annonce l’orage ». « Ali Bongo est un incapable à la tête d’un pays qui prend l’eau, tranchet-il. Il ne sait pas comment fonctionne son pays. Et la campagne ne manquera pas de rebondir sur son identité. »

La polémique a été lancée à l’automne 2014 après la publication du livre de Pierre Péan, Nouvelles Affaires africaines, qui affirme qu’Ali Bongo aurait falsifié son acte de naissance. Selon cette thèse, démentie par la présidence gabonaise qui a porté plainte, il serait en fait un enfant nigérian adopté pendant la guerre du Biafra, à la fin des années 1960.

« Repli français »

Pour Jean Ping, « Ali Bongo est la chose de Sarkozy et de Guéant. Ils l’ont fabriqué. » En 2009, lors de l’élection d’Ali Bongo, M. Ping est à la tête de la commission de l’Union africaine (UA), la seule organisation internationale à refuser l’intervention militaire étrangère en Libye. Jean Ping s’engage avec une initiative de médiation, qui sera balayée. Il tient donc Nicolas Sarkozy pour l’un des responsables du chaos libyen.

Jean Ping dit avoir rencontré depuis six mois à Paris « des leaders français de gauche comme de droite » pour leur expliquer « la nécessité d’une alternance et sur l’Etat dégradé du pays et de ses institutions ». Et ? « Paris a ses propres services et sait parfaitement ce qu’il en est du pays…. Mais Paris dicte et Ali fait… », souffle-t-il, en ajoutant qu’il considère le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian comme « le seul ministre des affaires étrangères d’Hollande ».

Les rapports de Jean Ping, comme beaucoup d’opposants africains, avec l’Elysée auraient été marqués par « une incompréhension », notamment avec Hélène Le Gal, qui en dirigeait la cellule Afrique et vient d’être nommée ambassadeur de France en Israël.

Il est ennuyé et prend un temps de réflexion : « Comment dire ? La première impression est d’avoir eu à faire à une idéologue. La Françafrique, nous sommes tous d’accord, c’est fini, me dit-elle. Entendu, mais que fait-on ? Je lui réponds : nos liens sont forts, liés à colonisation, à la langue, etc. Alors, je renchéris : on jette tout ? Débrouillez-vous, me fait-elle. Mais qu’est-ce que ça veut dire : ce n’est pas possible de dire aux Africains francophones une chose pareille sans rien proposer. Je vois cela comme un repli que l’on peut mettre en parallèle avec un repli français sur lui-même et ça me désole », lâche-t-il.

Le Chinois aux « yeux de travers »

Jean Ping, après vingt-six années derrière les portes capitonnées des ministères, parle de lui avec un immense orgueil et une touchante innocence. « Au fond, j’aurais pu rester dans un exil parisien à gérer les affaires de mon cabinet de consulting. » Et quand il évoque Omar Bongo, il convoque Machiavel et Talleyrand : « Un homme extrêmement rusé, intelligent. Une intelligence instinctive, celle du fauve. Et patient, en toutes choses. Il n’avait pas fait d’études mais savait remarquablement manœuvrer les hommes. » La différence majeure entre le père et le fils, selon lui ? « Omar absorbait l’adversaire politique. Ali, lui, le rejette, l’expulse comme un corps étranger. »

Etranger, Jean Ping ? « A l’école, on m’appelait “yeux de travers”. On était trois métis dans le village. Deux Blancs et moi. Le métis en Afrique est vu comme l’homme “entre deux mondes”. Tu es chinois ! me disait-on. Mais je ne parle pas mandarin. Ma langue, c’est le français. » L’élection du 27 août, elle, est gabonaise.

 

Lemonde.frJean-Louis Le Touzet (contributeur Le Monde Afrique)

Le républicain Donald Trump remanie son équipe de campagne

août 17, 2016

Le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump, en grande difficulté dans les sondages, a remanié mercredi son équipe de campagne. Il a réduit les fonctions dévolues à Paul Manafort, mis en cause cette semaine dans une affaire de corruption présumée.

Comme elle l’avait indiqué à la chaîne américaine NBC, Kellyanne Conway, qui occupait déjà un rôle de conseillère auprès du candidat républicain, est nommée directrice de la campagne. Stephen Bannon, cofondateur du site d’information Breitbart News, rejoint lui les rangs de l’équipe Trump en tant que directeur général.

« Je suis convaincu que nous intégrons certains des plus grands talents de la politique, dotés de l’expérience et de l’expertise nécessaires pour battre Hillary Clinton en novembre et continuer de diffuser mon message et ma vision pour rétablir la grandeur de l’Amérique », a indiqué M. Trump dans un communiqué diffusé par son équipe de presse.

Paul Manafort reste président de la campagne et chef de la stratégie. Il dirigeait officieusement la campagne du candidat républicain depuis la mise à l’écart de Corey Lewandowski au terme des primaires remportées par le milliardaire new-yorkais.

Ce remaniement intervient alors que le New York Times a révélé ce week-end que le nom de Manafort figurait sur un registre secret en Ukraine faisant apparaître des versements en sa faveur d’un montant de plus de 12 millions de dollars effectués entre 2007 et 2012 par le Parti des régions, la formation de l’ex-président Viktor Ianoukovitch, proche de Moscou.

Artem Sytnik, chef du bureau anti-corruption en Ukraine, a confirmé que son nom apparaissait bien sur un registre et que plus de 12 millions de dollars avaient été alloués en tant que dépense, sous la référence Manafort. Il a toutefois ajouté que la mention de son nom « ne veut pas dire qu’il a effectivement reçu cet argent ». Paul Manafort a démenti pour sa part toute action illégale.

Romandie.com avec(ats / 17.08.2016 12h10)

Gabon: top départ de la campagne pour la présidentielle du 27 août

août 13, 2016

Libreville – La campagne présidentielle au Gabon a officiellement commencé samedi à quinze jours du scrutin à un tour du 27 août, avec une nouvelle démonstration de force du président sortant Ali Bongo Ondimba face à 13 rivaux qui peinent à trouver des espaces d’expression.

Ali, changeons ensemble: d’innombrables affiches avec la photo du président ont été accrochées dans la nuit à intervalles très réguliers sur des kilomètres de front de mer à Libreville, alors que le matériel électoral de ses adversaires était quasi-invisible.

Les ambassades de France et des Etats-Unis, la délégation de l’Union européenne et le représentant des Nations unies ont demandé aux autorités gabonaises d’assurer la liberté d’expression, d’association et de réunion, ainsi qu’un accès équitable aux médias publics lors de cette élection, dans un communiqué conjoint de vendredi, également signé par les ambassades d’Allemagne, d’Espagne et d’Italie.

Des milliers de personnes attendaient le président sortant dans le stade de l’Amitié près de Libreville où Ali Bongo doit prononcer un discours vers 18H00 GMT, a observé l’AFP. Des groupes comme les rappeurs de Tempête du désert ont chanté ses louanges entre deux discours politiques.

Pendant qu’il achète des avions (…) des Ferrari, des Rolls Royce avec votre argent, vous, vous n’avez pas de route, pas d’écoles, pas de routes, a accusé l’un de ses principaux rivaux, Jean Ping, lors de deux meetings dans la région de Lambaréné (centre) en pays Myéné, son ethnie maternelle, a constaté une journaliste de l’AFP.

Les affiches du président candidat ont été accrochées cette nuit à Libreville par des militaires, pendant que d’autres déchiraient nos affiches, a accusé M. Ping, ancien ministre et haut-responsable de l’Union africaine, également ex-beau frère du président.

Ex-président de l’Assemblée nationale et également candidat, Guy Nzouba Ndama a reporté le meeting qu’il devait tenir samedi à Libreville dans un autre stade, faute d’autorisation du pouvoir, assure son entourage, qui évoque une nouvelle demande pour lundi.

Le changement c’est moi, mes adversaires ont peur car ils n’ont aucune chance de gagner l’élection à un tour, proclamait déjà vendredi le président sortant dans un entretien à l’AFP.

Ses adversaires ont présenté dans la discrétion leur programme, souvent axé sur des réformes constitutionnelles. Un autre rival de poids, l’ex-Premier ministre Casimir Oye Mba, promet ainsi d’instaurer une élection à deux tours.

Ces opposants septuagénaires sont d’anciens proches du père et prédécesseur d’Ali Bongo, Omar Bongo, au pouvoir pendant 41 ans jusqu’à sa mort en 2009.

Ils affirment qu’Ali Bongo, 57 ans, est un enfant du Nigeria adopté par Omar Bongo et qu’il ne peut être de ce fait président de la République gabonaise. Ils ont été déboutés de tous leurs recours.

D’ici l’élection du 27 août, 628.124 électeurs gabonais sont invités à venir retirer leur carte électorale dans ce petit état francophone d’Afrique centrale producteur de pétrole.

Romandie.com avec(©AFP / 13 août 2016 19h13)

États-Unis: La campagne de Trump en pleine déconfiture

août 12, 2016

 

“Débâcle”, titre simplement le magazine Time, sur une image déliquescente du candidat républicain Donald Trump. (Le titre Meltdown signifie littéralement “fusion”.) “Depuis sa convention à Cleveland [18 au 21 juillet], Trump n’a presque rien fait comme il faut”, souligne l’hebdomadaire, rappelant ses récents dérapages. “Il s’est accroché avec de hauts responsables républicains”, dont le président de la Chambre des représentants Paul Ryan, qu’il avait refusé de soutenir pour sa réélection, “et avec les parents [musulmans] d’un soldat décédé”, les Khan.

© Fournis par Courrier International
Contre la famille du soldat mort, Trump va trop loin

Trump a aussi déclaré qu’il espérait que les services secrets russes avaient piraté avec succès le mail de sa rivale Hillary Clinton. Enfin, le milliardaire “a semblé plaisanter [le 9 août] sur l’idée que des fanas des armes puissent mettre fin prématurément au mandat d’un président”, critiquant de nouveau Hillary Clinton, accusée de vouloir “abolir le deuxième amendement”, qui garantit le droit de posséder des armes. Une série de sorties que Trump a poursuivie le 10 août en déclarant que Barack Obama était “le fondateur de l’Etat islamique”.

Trump, le dérapage de trop

Après ces “deux semaines catastrophiques”, Trump accusait autour du 10 août un retard de huit points en moyenne dans les sondages nationaux sur Hillary Clinton, signale Time. “La possibilité que les républicains finissent par quasiment abandonner Trump hante désormais sa campagne.” 

Trump lâché par de plus en plus de républicains

Les défections se sont d’ailleurs accélérées ces derniers temps : plusieurs sénateurs républicains ont refusé de le soutenir, dont l’expérimentée Susan Collins le 8 août, tandis que 50 anciens hauts responsables républicains de la sécurité nationale ont signé une lettre cinglante contre ce candidat jugé “dangereux”.

Courrier International

États-Unis: La machine politique de Donald Trump a toujours carburé aux dérapages contrôlés

août 10, 2016

 

« Nous sommes à trois mois de l’élection présidentielle (…) et les Américains se retrouvent à se demander si Donald Trump a appelé à l’assassinat de Hillary Clinton. »

Voilà le constat assez dramatique du New York Times après la dernière déclaration, plus que limite mais toujours légèrement interprétable de plusieurs façons, du candidat républicain.

Devant des milliers de personnes lors d’un meeting en Caroline du Nord, le 9 août, il a dit que sa rivale « voulait abolir le second amendement » de la Constitution américaine, qui autorise le port d’armes. Si elle est élue, a-t-il justifié, elle se servirait de la Cour suprême pour y arriver.

« Si elle a la possibilité de choisir ses juges, il n’y a rien que vous puissiez faire, les gars. Quoique, avec le second amendement, peut-être qu’il y a une solution, je ne sais pas… »

Beaucoup, parmi les responsables politiques américains, ont compris la phrase alambiquée comme une incitation, ou au moins une allusion, à tuer Hillary Clinton avant qu’elle n’arrive au pouvoir. La candidate elle-même n’a pas réagi à cette provocation mais son directeur de campagne, Robby Mook, a regretté des mots « dangereux ».

« Une personne voulant être présidente des Etats-Unis ne devrait jamais laisser entendre que la violence est une option. »

D’autres, habitués à la rhétorique de plus en plus « borderline » de M. Trump, s’y sont engouffrés pour lui répondre. La sénatrice démocrate Elizabeth Warren, un temps pressentie pour être candidate à la vice-présidence, a sorti les insultes également dignes de cour de récréation :

«@realDonaldTrump fait des menaces de mort parce que c’est un lâche pathétique qui ne supporte pas de perdre contre une fille. »

Comme à chaque dérapage contrôlé de Donald Trump, la classe politique américaine et notamment les républicains modérés se sont époummonés contre une sortie innaceptable. Et comme à chaque fois, l’équipe de campagne républicaine a éludé sur le fond, jurant que la phrase avait été mal interprétée, que « ça ressemblait surtout à une blague » et que la presse n’avait décidément aucun humour.

« Ce n’est plus une blague »

La presse dans son ensemble, justement, n’était pas totalement à l’aise devant cette énième polémique. Les articles factuels contenaient beaucoup de conditionnel et de tournures de phrases comme « Donald Trump semble mettre en avant la possibilité de… » pour ne pas être accusés d’interpréter des propos qui seront démentis par la suite.

Comme d’habitude, Donald Trump est allé sur Fox News pour dire que toute cette polémique n’était, une fois de plus, que « la faute des médias malhonnêtes » aux idées mal placées.

« Ceci est un mouvement politique. Un mouvement très fort, le second amendement. Hillary veut vous prendre vos armes. Elle veut vous laisser sans défense dans votre maison. Il n’y a aucune autre interprétation possible. A d’autres. »

Certains médias ont eu moins de patience, voire plus aucune patience, avec la trajectoire politique toujours plus inquiétante du candidat républicain. Le tabloïd New York Daily News, qui le dénigre régulièrement, pense que « ce n’est plus une blague » désormais : Trump « doit mettre un terme à sa campagne » car « il commence à caresser l’idée d’une effusion de sang ».

Plus sobre, l’analyse d’un journaliste de Politico constate, très simplement, que l’interprétation des propos est moins importante que ses possibles conséquences, car nous avons affaire ici à :

  • un candidat à la présidence qui a dit à plusieurs reprises qu’il craignait que l’élection soit « truquée » ;
  • un pays où les armes peuvent être accessibles facilement et qui connaît actuellement « une période prolongée de fusillade de masse ».

Lire aussi :   Editorial : l’Amérique, le racisme et les armes

Un schéma médiatique qui se répète sans cesse

Depuis 24 heures, les chaînes d’info en continu retournent la phrase de Trump dans tous les sens pour la disséquer. Le bandeau sous CNN demande :

« Est-ce que Donald Trump a implicitement appelé à l’assassinat de Hillary Clinton ? »

Donald Trump est à nouveau au cœur du « cycle de l’information » américain, et le restera pendant quelques jours, sur la seule force de cette polémique.

Le candidat républicain ne l’a jamais caché, avant même le début de sa carrière politique : pour lui, il n’y a pas de mauvaise presse. Lorsque sa femme Melania a été accusée d’avoir plagié un discours de Michelle Obama, il se contente de démentir, de dire que c’est la faute des médias, de jouer la victime, et de profiter des projecteurs médiatiques braqués sur lui.

Le schéma médiatique qui s’est mis en place depuis est strictement le même que celui qui « s’est répété maintes et maintes fois » depuis le début de la campagne, constate, un peu fatigué, le Washington Post.

« D’abord les propos de Trump pour attirer l’attention. Puis les réactions outragées. Les gros titres de la presse suivent. Enfin, Trump, son équipe et ses partisans accusent les médias de déformer ses propos ou de ne pas comprendre la blague ».

Les très, très nombreuses personnes présentes au meeting de Donald Trump à Wilmington, en Caroline du Nord, ont réagi de la même manière que d’ordinaire. A l’instar d’une dénommée Keri Malkin, 49 ans, qui pense que les interprétations sont biaisées car « Hillary ment beaucoup, dont c’est normal que les partisans de Hillary mentent beaucoup aussi. »

SARA D. DAVIS / AFP

La machine politique de Donald Trump, qui s’alimente depuis un an et demi de ces controverses, semble pourtant enrayée. Après les conventions des deux partis, les sondages se creusent en faveur de Hillary Clinton, contente de faire campagne dans une relative indifférence médiatique pendant que son rival se mitraille le pied.

Plus inquiétant pour le candidat républicain, son soutien auprès des femmes conservatrices, un groupe électoral indispensable, commence à baisser dangereusement. Des républicains modérés signent des lettres ouvertes appelant à voter contre lui. Les sondages dans les Etats-clés nécessaires à remporter la Maison Blanche, comme la Pennsylvanie ou l’Ohio, le donnent sévèrement distancé.

Lemonde.fr par Luc Vinogradoff  Journaliste

Présidentielle gabonaise: Le BOA (seul) responsable du « mirage » de Port- Gentil

août 9, 2016

Stade Pierre-Claver Divoungui, le 8 août 2016 ! Bongo Ondimba Ali (BOA), grâce à l’argent du contribuable gabonais, remplit ce lieu public avec des personnes venues l’applaudir moyennant la somme de 5.000 F CFA (7,65 euros) pour certains, 10.000 F CFA (15,30 euros) pour d’autres. Sa campagne présidentielle qu’il a, malicieusement, transformée en « tournée républicaine » ne lui permet pas, mais alors pas du tout, à combler son déficit de sympathie chez les Gabonais. Il a beau mentir à lui-même, en parlant de « Paix, Cohésion, Unité », les Gabonais savent qu’il est le principal va-t-en guerre du Gabon : il aime résoudre ses problèmes par les rapports de force. Peu de participants à son meeting politique l’écoutent car lui-même, n’y croit pas. Lui qui a fait venir une légion étrangère pour gérer le Gabon, alors qu’en matière de cadres, le Gabon est parmi les pays les mieux lotis de la sous-région.

BOA ne tient plus en place, à Libreville, où, de son vaste bureau du Palais du Bord de Mer, il sent le pouvoir lui glisser entre les doigts, malgré la complicité manifeste, outrageante et honteuse de la CENAP (Commission électorale nationale autonome et permanente) et de la Tour de Pise (qui ne penche que d’un côté), en d’autres termes, la Cour constitutionnelle, qui, tôt ou tard, aura des comptes à rendre aux Gabonais.

De nature pas beaucoup travailleur (Même Accrombessi ne le confie-t-il pas en privé ?), BOA est obligé de tirer sur ses réserves pour respecter le programme établi par les siens afin de rattraper son retard. Car certains comme le candidat Jean Ping sillonnent l’intérieur du Gabon depuis, exactement, deux ans. Et que, pas plus tard que, dimanche, 7 août, le président Nzouba Ndama, a tenu un grand meeting, justement, à Port-Gentil, en « jetant, littéralement, la face de BOA par terre ». Les dégâts sur son image sont, donc, énormes. Voilà pourquoi BOA est venu, dès le lendemain, dans la même ville, corriger ce qui peut encore l’être, des propos de son ancien président de l’Assemblée nationale, un de ses principaux soutiens en 2009. Mais qui l’a, finalement, lâché en avril dernier car « trop c’était trop », a-t-il confié. Toutefois, cette gymnastique pour quelqu’un qui traîne une masse corporelle de 140 kilogrammes, n’est pas supportable quand on n’en a pas l’habitude. A Libreville, c’est connu, le sport favori de BOA, c’est à la télévision qu’il la fait, ou alors, ce sont les jeux vidéos. Comme un gosse. Alors, pour ne pas faire perdre leurs privilèges à ses milliers de courtisans, BOA est, modestement, humblement, prié, pas au dépassement, mais, au surpassement de soi. En est-il capable ? Toujours est-il qu’il commence à dormir en plein meeting (notre photo), comme, hier, dans l’Ogooué Maritime. Le pauvre n’en peut plus.

On comprend, pourquoi avec la complicité du CNC (Conseil national de la communication), il a fermé les médias publics (Gabon Télévision, Gabon 24, l’Union) à l’opposition. Car avec un partage de temps équitable, il ne tiendrait pas le coup : il fuirait le Gabon (avec Accrombessi et sa légion étrangère) pour rejoindre le Qatar, avant le 27 août.

Qu’est venu raconter BOA, à Port-Gentil, quatre mois après avoir, à l’improviste, proclamé sa candidature à la présidentielle, dans la même région, en pleine forêt d’Ozouri, dans un environnement où seul le bruit de croassement des grenouilles, des cancrelats et des corbeaux se faisait entendre ? Il faut dire que son septennat est, dans l’ensemble, catastrophique, comme les Gabonais le vérifient chaque jour. Alors que le secteur informel représente 47% de la main-d’oeuvre nationale, le chômage frappe jusqu’à 28% de la population active. Pour montrer que BOA a échoué, 28%, c’est trois fois plus élevé que la moyenne des pays à revenu intermédiaire de la tranche supérieure comme le Gabon, soit 11%. Mais, la contre-performance enregistrée est encore plus parlante chez les jeunes gabonais dont 35% sont victimes du chômage contre, seulement, 14%, dans les pays voisins du même ordre. Conclusion : la dernière trouvaille de BOA dans son attirail de slogans, à savoir, « Un jeune un métier », est donc de la pure rigolade.

Pour ceux qui pensent que BOA ne considère pas les Port-Gentillais, seulement, comme du bétail électoral :

N’avait-il pas juré de construire un hub pétrolier à Port-Gentil ? Où est-il sept ans après ?
Dans un élan démagogique qui l’a, souvent, caractérisé et dont il a le secret, n’avait-il promis qu’il allait faire de Port-Gentil un « Petit Dubaï » ? Où est ce « Petit Dubaï » alors qu’il cherche au contraire à se retirer à Doha, au Qatar, après son échec électoral, Doha où Accrombessi et lui ont acquis de somptueuses propriétés ?
N’avait-il pas promis, aux Port-Gentillais, de construire une usine de fertilisants, fruit, annonçait-il, de la coopération avec le Maroc ? Sept ans après, où est l’usine en question ?
N’avait-il pas dit vouloir doter la cité pétrolière d’une raffinerie avec les Sud-Coréens de Samsung ? Cette raffinerie a-t-elle vu le jour ?
A cette jeunesse gabonaise qu’il dit tant aimer et être au centre de toutes ses attentions, n’avait-il pas promis la construction, à Port-Gentil, d’une école supérieure de commerce dans le but de résoudre l’épineux problème de l’inadéquation entre la formation et l’emploi ? Où est cette école ?
N’avait-il pas promis la construction de la Zone France de l’Ile de Mandji ? Où est cette Zone Franche ?

Bref, le septennat de BOA, à Port-Gentil (et ailleurs), aura été d’une nullité géo-synclinale. On y reviendra très souvent…

Afriqueeducation.com