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France/Dépenses excessives de campagne: Nicolas Sarkozy fixé sur son sort le 30 septembre

juin 22, 2021
Depenses excessives de campagne: Nicolas Sarkozy fixe sur son sort le 30 septembre
Dépenses excessives de campagne: Nicolas Sarkozy fixé sur son sort le 30 septembre© AFP/Archives/Benoit PEYRUCQ

Après cinq semaines de débats, le procès de Nicolas Sarkozy, et de 13 autres prévenus, dans l’affaire des dépenses excessives de sa campagne présidentielle de 2012 s’est achevé mardi et le tribunal correctionnel de Paris a mis sa décision en délibéré au 30 septembre.

Alors que le parquet a requis un an de prison dont six mois avec sursis à l’encontre de l’ancien chef de l’Etat, son avocate, Me Gesche Le Fur, a plaidé mardi en faveur de la relaxe de son client.

« Il n’a signé aucun devis, il n’a signé aucune facture, il a accepté toutes les restrictions qu’on lui a demandées. Il est loin d’être un candidat hystérique, insatiable. Il est respectueux des valeurs de la justice », a plaidé l’avocate, qui remplaçait le conseil « historique » de M. Sarkozy, Me Thierry Herzog, souffrant.

Ne contestant pas la fraude, Me Le Fur a expliqué que l’équipe de campagne avait « peut-être cédé à un certain emballement en devançant (les) désirs » du président-candidat. Bref, un excès de zèle.

« La vérité judiciaire de ce dossier ne sera pas la Vérité avec un grand V. La justice a fait son travail avec les éléments qu’on a bien voulu lui donner », avait concédé la procureure Vanessa Perrée lors de son réquisitoire. « Qui a ordonné le système ? Nous n’avons pas assez d’éléments pour le démontrer ».

L’avocat de Jérôme Lavrilleux, Me Christian Saint-Palais, a demandé pour sa part au tribunal « une sanction adaptée » pour son client.

Ex-directeur de cabinet de Jean-François Copé quand ce dernier était patron de l’UMP (devenue Les Républicains) et directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, M. Lavrilleux est l’un des rares prévenus à avoir admis sa responsabilité dans la fraude.

Me Saint-Palais a dénoncé une sorte « d’entente cordiale » des autres prévenus contre de son client, par leur volonté de lui faire « porter seul le chapeau ».

Compte tenu de ses « aveux », le ministère public a requis contre Jérôme Lavrilleux une peine de 3 ans de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende.

Intervenant à la fin des débats, M. Lavrilleux qui s’est retiré définitivement de la politique pour s’occuper de gîtes ruraux en Dordogne, a affirmé s’en remettre « à la décision du tribunal ».

Avant le procès, M. Lavrilleux avait indiqué qu’il ferait appel seulement s’il était condamné à une peine de prison ferme.

Conventions fictives

L’ex-chef de l’Etat, qui ne s’est présenté au tribunal qu’à l’occasion de son interrogatoire, était jugé depuis le 20 mai avec 13 anciens cadres de l’UMP et de la société Bygmalion (qui organisait les meetings), membres de l’équipe de campagne ou experts-comptables.

A la différence des autres prévenus, Nicolas Sarkozy est poursuivi uniquement pour « financement illégal de campagne », pour avoir signé des comptes de campagne considérés comme frauduleux, et non pour « escroquerie », « usage de faux » et « abus de confiance ».

L’enquête a montré que les dépenses de sa campagne présidentielle se sont élevées à près de 42,8 millions d’euros alors que le plafond légal était de 22,5 millions.

Pour tenter de masquer cette explosion des comptes de campagne, un système de double facturation a été mis en place imputant à l’UMP, sous couvert de conventions fictives, une grosse partie du coût des meetings de campagne.

L’enquête « n’a pas établi » que Nicolas Sarkozy l’aurait « ordonné », qu’il y aurait « participé », ni même qu’il en aurait été informé. Par contre, l’accusation a soutenu qu’il en avait « incontestablement » bénéficié, disposant ainsi de « moyens bien supérieurs à ceux que la loi autorisait ».

Le parquet a requis à l’encontre des autres prévenus des peines de dix-huit mois à quatre ans de prison avec sursis et des amendes allant jusqu’à 150.000 euros.

En mars, Nicolas Sarkozy était devenu le premier ex-président de la Ve République à être condamné à de la prison ferme (trois ans dont un ferme), pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite « des écoutes ».

Avec AFPP

En France, amadouer les réfractaires au vaccin est un exercice délicat

avril 26, 2021

 

« Avancez vers mon collègue, s’il vous plaît! » La file n’est jamais bien longue devant l’immense Stade de France, transformé en usine à vacciner. Chaque jour depuis le début d’avril, 2000 personnes se font immuniser ici, souvent dans l’enthousiasme.

La vaccination au Stade de France

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada La vaccination au Stade de France

«Nous sommes de l’Est parisien», explique un retraité venu avec sa femme. «Dans notre secteur, il y a très peu de points de vaccination. On pense qu’elle nous donnera de la liberté pour voyager dans quelque temps.»

À l’écart de la file, un homme attend que sa femme se fasse immuniser. Tout s’est joué vite. Lui a été vacciné la veille. « »Il y a du Pfizer! » J’ai dit, « on y va! » J’ai foncé. J’ai pris mes parents.»

«Et je suis impatient de faire la deuxième dose pour être tranquille dans ma tête!», lance-t-il, rieur.

Cet enthousiasme encourage les responsables de la campagne de vaccination au Stade de France. Mais il masque aussi une réalité : ceux qui font la queue ces jours-ci n’ont pas eu besoin d’être convaincus.

«C’est vrai que, pour l’instant, on est en lien avec tous ceux qui sont volontaires à la vaccination», admet Katy Bontinck, première adjointe à la Santé pour la Ville de Saint-Denis.

Mais doucement, poursuit-elle, «on commence à aller vers ceux qui peuvent avoir plus de réticences, qui se posent des questions, voire qui y sont vraiment opposés».

Photo prise devant le Stade de France, transformé en usine à vacciner. Environ 2000 personnes s'y font immuniser chaque jour.

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada Photo prise devant le Stade de France, transformé en usine à vacciner. Environ 2000 personnes s’y font immuniser chaque jour.

Convaincre les réticents est essentiel si la France veut atteindre l’immunité collective, estimée à 60 %, voire 70 % de sa population.

Les récents sondages indiquent qu’au moins six Français sur dix sont prêts à se faire immuniser, à condition de pouvoir choisir leur vaccin. Autant dire que l’immunité collective ne pourra pas être atteinte sans une partie de ceux qui hésitent.

La chasse aux volontaires

Saint-Denis est située dans le département français le plus touché par cette troisième vague de contaminations. Conscientes du défi, les autorités ont imaginé des méthodes pour retracer ceux qui hésitent à se faire vacciner et ceux qui n’en voient pas l’utilité.

Des employés municipaux circulent dans les rues et dans les parcs de la ville, dépliants et tablette à la main. Leur mission est d’identifier des volontaires admissibles à la vaccination et de leur prendre un rendez-vous sur-le-champ.

«Quand on donne un flyer avec un numéro de téléphone, explique Katy Bontinck, on peut rentrer chez soi et ne pas le faire.» La démarche vise autant les procrastinateurs que ceux qui ont des difficultés à prendre rendez-vous sur Internet.

Dans cette «chasse aux volontaires», Saint-Denis compte aussi sur une trentaine de commerçants. Des bénévoles qui croisent beaucoup de gens chaque jour et qui sont bien placés pour discuter d’immunisation.

Parmi eux, il y a le restaurateur Marc Boulanger. La répartie facile, il aime bien discuter.

Marc Boulanger, ambassadeur de la vaccination, dans son restaurant O Grand Breton, à Saint-Denis.

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada Marc Boulanger, ambassadeur de la vaccination, dans son restaurant O Grand Breton, à Saint-Denis.

Il n’aborde pas directement le sujet avec ses clients, mais attend qu’il vienne dans la conversation. «Je ne suis pas là pour vendre quelque chose, affirme-t-il. De toute façon, aujourd’hui, on ne parle que de ça…»

«Tu t’es fait vacciner, toi?», lance Rachel Wignall, l’épouse de Marc à un client. «Nah!», répond ce dernier, «j’attends de voir quel vaccin tuera le moins», laisse-t-il tomber, sourire en coin.

Un cynisme de comptoir, peut-être, mais qui démontre bien la difficulté de l’exercice. Pour convaincre, il faut discuter avec ceux qui ne font pas confiance aux politiciens ou à l’industrie pharmaceutique.

Et puis, il y a ceux qui ne voient pas l’utilité d’être protégés. Rachel Wignall en connaît plusieurs «qui ont été touchés par la COVID, mais pour qui ça s’est bien passé» et d’autres qui ne connaissent aucun malade.

Le flacon au bouchon rouge contient dix doses du vaccin d'AstraZeneca. Un médecin français doit le précommander, aller le chercher en pharmacie, le transporter dans un sac isotherme sans l’agiter et en le gardant à la verticale.

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada Le flacon au bouchon rouge contient dix doses du vaccin d’AstraZeneca. Un médecin français doit le précommander, aller le chercher en pharmacie, le transporter dans un sac isotherme sans l’agiter et en le gardant à la verticale.

La méfiance envers AstraZeneca

Pour convaincre les sceptiques, la France mise aussi sur leurs médecins de famille. Des gens comme Cristina Marbot, par exemple, qui tient un cabinet dans un quartier populaire et multiethnique du nord de la ville.

«D’une manière générale, on a envie de se faire vacciner», explique-t-elle dans son cabinet. «Mais [les gens] sont apeurés par les informations qui circulent et, parfois, par le manque d’informations.»

Ces jours-ci, les discussions tournent surtout autour du produit d’AstraZeneca. Il n’est vraiment pas apprécié en France. Mais c’est le seul que la docteure Marbot puisse offrir dans son cabinet.

Une dizaine de patients seront vaccinés en une seule journée cette semaine. Ce qui est très peu, considérant la quantité de personnes qui passent par son cabinet chaque mois.

Mais réunir ces dix volontaires demande beaucoup de travail. Il faut contacter au moins 20 patients et tenter de les convaincre.

La docteure Cristina Marbot tient un cabinet médical dans un quartier populaire du nord de Saint-Denis.

© Yanik Dumont Baron/Radio-Canada La docteure Cristina Marbot tient un cabinet médical dans un quartier populaire du nord de Saint-Denis.

«Je suis évidemment très inquiète, parce que cette campagne de vaccination a mal commencé», admet la docteure, qui souligne toutes les hésitations devant les produits d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson.

Autre problème : tous ceux qui sont disposés à se faire vacciner, mais qui ne sont pas admissibles pour l’instant en raison des règles françaises d’attribution des doses.

Pas évident de conserver la trace de ces volontaires pour les aviser au moment où ils seront admissibles.

«Ça nécessite évidemment des efforts importants pour ne pas les oublier, pour les relancer, pour les appeler, pour les convaincre, pour leur expliquer», souligne-t-elle.

Et justement, faute d’approvisionnement suffisant, la France ne peut permettre à tous de se faire vacciner avant, au moins, le mois de juin.

Avec Radio-Canada par Yanik Dumont Baron

Congo/Pointe-Noire: Meeting du candidat Guy Brice Parfait Kolelas à l’Institut Thomas Sankara

mars 12, 2021

Peuple de Pointe -Noire, le meeting de votre candidat – initialement prévu au rond-point Lumumba, se tiendra finalement à l’institut THOMAS SANKARA ce samedi 13 Mars a 10 h .

Venez massivement écouter le candidat du changement GUY BRICE PARFAIT KOLELAS!

La peur a changé de camps .

Avec Brazzanews Large diffusion !!!

Congo-Présidentielle 2021 : Charlotte Opimbat mène une campagne de proximité à Poto-Poto II

mars 12, 2021

La directrice locale de campagne du candidat Denis Sassou N’Guesso dans la deuxième circonscription électorale de Poto-Poto, Charlotte Opimbat, a effectué le 11 mars des descentes dans les cellules du Parti congolais du travail (PCT) du quartier 333.

Charlotte Opimbat s’adressant aux militants de la cellule 24

Des cellules 24, 26 C, 26 A, 26 B, 25 A, 25 B, 21 et 20 du PCT, dans la section 4, en passant par les cellules Loango, Mbakas, Banziri et Dispensaire dans la section 3, Charlotte Opimbat et les autres membres de la direction de campagne ont invité les potentiels électeurs à voter pour Denis Sassou N’Guesso. « Nous sommes en train de poursuivre l’opération porte-à-porte visant à mobiliser les potentiels électeurs au niveau de leurs rues et zones. Nous avons donc procédé à une visite des militants qui composent les cellules. Le message est celui de voter notre candidat Denis Sassou N’Guesso le 21 mars parce qu’il est le meilleur. Je pense que la population comprend bien, elle l’a presque choisi et nous sommes satisfaits », s’est réjoui Charlotte Opimbat.

La directrice locale de campagne du candidat de la majorité présidentielle a, en effet, exhorté l’électorat de Poto-Poto II à aller voter le 21 mars en groupe, afin que la victoire du président sortant parte du troisième arrondissement en général et de sa circonscription en particulier. « Renseignez-vous déjà sur les centres de bureaux de vote. Vous êtes directrice et directeur de campagne dans vos cellules respectives. Le 21 mars vous devez être accompagnés d’autres électeurs. Denis Sassou N’Guesso est le candidat de la paix. Car sans la paix, nous ne pouvons rien », a-t-elle justifié.

Un message bien saisi par les responsables du PCT des différentes cellules visitées. « L’heure est grave, elle n’est plus aux longs discours. Notre cellule votera le président Denis Sassou N’Guesso à 100%. Dès 12 heures, nous aurons déjà clôturé », a promis la secrétaire à l’organisation et à la mobilisation de la cellule 24 du PCT, Sophie Mvoumath.

 

Les membres de la cellule 26 A/Adiac

Charlotte Opimbat a, enfin, annoncé la célébration, le dimanche 14 mars prochain, d’une messe d’action de grâce à la cathédrale Sacré-Cœur. Cette messe à laquelle la gent féminine est conviée sera consacrée à l’unité nationale et la paix en cette période électorale.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama 

Congo-Présidentielle 2021 : Mathias Dzon dénonce une campagne électorale anticipée

février 27, 2021

Candidat au scrutin présidentiel du 21 mars prochain, Mathias Dzon a, au cours d’une conférence de presse animée le 27 février à Brazzaville, dénoncé les conditions d’organisation et « la campagne électorale anticipée » du candidat de la majorité présidentielle.

Mathias Dzon/Adiac

Selon lui, le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, candidat à sa propre succession, est en campagne électorale depuis deux mois.  Mathias Dzon a également indexé le président du Conseil supérieur de la liberté de communication, Philippe Mvouo, qui assiste, d’après le candidat de l’Alliance pour la République et la démocratie (ARD), « impuissant au déferlement de la campagne électorale anticipée et illégale du candidat du pouvoir dans les médias. »

Il a également déploré la non-prise en compte de ses représentants dans la composition des organes dirigeants de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) et dans les commissions locales d’organisation des élections (Colels). « Cette exclusion de l’opposition réelle des instances d’organisation de l’élection de mars 2021 augure de mauvais présages. Comme cela a été le cas pour les commissions de révision des listes électorales, à ce jour, aucun représentant du candidat Mathias Dzon ne figure ni dans les instances dirigeantes de la CNEI, ni dans les Colels », a dénoncé le porte-parole du candidat, Elo Dacy, invitant le ministère de l’Intérieur à corriger cette « injustice flagrante ».

Mathias Dzon et son équipe de campagne ont aussi exigé l’annulation pure et simple du principe du vote par anticipation des militaires. Selon eux, le fait que les noms des électeurs militaires n’ont pas été retirés de la liste électorale générale laisse libre cours au vote multiple des militaires indélicats. « Nous demandons qu’on annule le vote militaire. S’il n’est pas annulé, nous n’en reconnaitrons pas les résultats », a annoncé Mathias Dzon.

Il a, par ailleurs, exigé la fermeture « immédiate de tous les centres occultes » de délivrance des cartes d’identité et la reprise des activités des services d’état civil officiels sur l’ensemble du territoire national. Parlant du temps imparti, Mathias Dzon a souligné la nécessité d’organiser la Conférence des candidats ou à défaut de leurs représentants, dans les meilleurs délais. Le but étant de « lever les nombreux obstacles qui jonchent encore le chemin d’une élection libre, transparente, apaisée, équitable et honnête en mars 2021. Dans cette perspective, nous invitons instamment le président de la République à bien vouloir convoquer cette assise de la dernière chance », a-t-il souhaité, sans envisager un probable boycott du scrutin.

Notons que cette conférence de presse a été marquée par l’annonce du soutien de Bertin Pandi-Ngouari au candidat Mathias Dzon. Candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2009, Bertin Pandi-Ngouari a soutenu le général Jean-Marie Michel Mokoko en 2016. L’autre temps fort a été la publication des listes des membres de la direction nationale et des directions départementales de campagne du candidat de l’ARD. La direction nationale est présidée par Henri Boukoulou, secondé par Elo Dacy, en sa qualité de directeur national adjoint, porte-parole du candidat.

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Début de la campagne pour les présidentielle et législatives en Centrafrique

décembre 13, 2020
Le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, ici en 2012, à Bangui.

La campagne pour le premier tour des élections présidentielle et législatives s’est ouverte officiellement samedi en Centrafrique, où le sortant Faustin-Archange Touadéra apparaît comme le favori.

Ce pronostic, quasi-unanime chez les politologues et observateurs étrangers, a été renforcé il y a une semaine par l’invalidation de la candidature de son plus grand rival, l’ex-président François Bozizé. La chute de ce dernier en 2013 a précipité le pays dans un conflit qui a fait des milliers de morts et poussé plus du quart des habitants à fuir leur domicile.

Les violences ont considérablement baissé notamment après un accord de paix en février 2019 entre 14 groupes armés et le gouvernement mais les milices, ex-Séléka, ex-anti-balaka ou autres, continuent sporadiquement de s’en prendre aux civils, même si les motifs de ces exactions sont aujourd’hui bien davantage crapuleux que communautaristes.

Premier meeting de Touadéra à Bangui

Le 27 décembre, c’est donc dans un pays où les combats ont beaucoup baissé d’intensité, mais encore aux deux tiers contrôlé par des groupes armés rebelles, qu’environ 1,8 million d’électeurs seront appelés à désigner un président et 140 députés. Le second tour est prévu pour le 14 février.

Le Code électoral fixait l’ouverture de la campagne officielle à samedi pour les deux scrutins. Pour la présidentielle, 17 candidats sont en lice, dont Faustin-Archange Touadéra, outsider élu par surprise au second tour en 2016.

Parmi les 16 autres candidats figurent notamment deux anciens Premier ministres, Anicet-Georges Dologuélé et Martin Ziguélé.

Dans l’après-midi, Faustin-Archange Touadéra a tenu son premier meeting de campagne à Bangui.

« Premier tour K.O. ! »

Environ un millier de partisans vêtus de bleu et de blanc, les couleurs du Mouvement Cœurs Unis (MCU), le parti de Faustin-Archange Touadéra, ont acclamé le président sur un terrain de football du nord de la capitale, en scandant « Premier tour K.O. ! », le slogan phare de sa campagne.

Le président-candidat a égrené les réalisations qu’il considère avoir menées à bien depuis 2016 : accord de paix avec les rebelles, investissements dans l’éducation et la santé, reconstruction de l’armée nationale… et il a martelé que la guerre et les coups d’État n’avaient plus leur place dans le pays.

Une claire référence à François Bozizé, putschiste récidiviste jusqu’à sa prise du pouvoir en 2003 et que le camp du sortant accuse de vouloir réitérer un coup de force.

La Cour constitutionnelle a invalidé sa candidature le 3 décembre, au motif que l’ex-chef de l’État est poursuivi dans son pays notamment pour « assassinats » et « tortures » et sous le coup de sanctions de l’ONU qui lui reproche d’avoir soutenu depuis son exil la contre-insurrection de milices anti-balaka.

Par Jeune Afrique avec AFP

Affaire Sarkozy-Kadhafi : chronique d’un potentiel scandale d’État

novembre 23, 2020
L'ex-président français Nicolas Sarkozy et le défunt Mouammar Kadhafi.

Depuis 2011, l’ancien président français est soupçonné d’avoir usé de fonds libyens pour financer sa campagne présidentielle de 2007. Retrouvez sur cette page les dernières actualités d’une affaire hors normes, et qui pourrait déboucher sur un véritable scandale d’État.

23 novembre* : Le procès de Nicolas Sarkozy débute et durera jusqu’au 10 décembre. Jugé pour « corruption » et « trafic d’influence », l’ancien chef de l’État risque une peine de dix ans de prison et une amende de un million d’euros.

11 novembre 2020 : Dans un revirement spectaculaire, l’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takkiedine revient sur ses accusations dans une interview accordée à BFM TV et Paris Match : « Je confirme que ceci n’est pas vrai. [Nicolas] Sarkozy n’a pas eu de financement libyen pour la campagne présidentielle. [Mouammar] Kadhafi ne pouvait le faire parce qu’il ne le faisait jamais. »

« Depuis sept ans et demi, l’instruction n’a pas découvert la moindre preuve d’un quelconque financement illicite. L’information judiciaire ouverte sur les seules déclarations mensongères de Ziad Takieddine se trouve aujourd’hui dans une impasse complète. Le principal accusateur reconnaît ses mensonges. Jamais il ne m’a remis d’argent, jamais il n’y a eu de financement illégal de ma campagne de 2007 », a réagi de son côté l’ancien président français.

16 octobre 2020 : Après quatre jours d’audition par le Parquet national financier (PNF), Nicolas Sarkozy est mis en examen pour association de malfaiteurs. Sur les réseaux sociaux, l’ex-chef de l’État français évoque une « longue liste d’injustices » et assure : « Mon innocence est à nouveau bafouée. »

24 septembre 2020 : Rejet par la cour d’appel de Paris de la majorité des recours déposés par Nicolas Sarkozy, ses ministres Claude Guéant, Éric Woerth, Brice Hortefeux, et l’intermédiaire Alexandre Djouhri. Ils contestaient la validité de l’enquête sur les soupçons de financement de sa campagne par la Libye. Seul le motif de violation du code électoral a été partiellement annulé. Cela relance l’essentiel des investigations lancées huit ans plus tôt. Les protagonistes se sont pourvus en cassation.

13 février 2020 : Ziad Takieddine est condamné à 8 000 euros d’amende et 6 000 euros de dommages et intérêts par le tribunal correctionnel de Paris pour diffamation à l’encontre de Claude Guéant. Il est estimé qu’il n’a pas apporté « une base factuelle suffisante » à ses propos relayés par Mediapart en novembre 2016, et selon lesquels il aurait remis à Claude Guéant des valises d’argent libyen ainsi qu’à Nicolas Sarkozy. Ce dernier a abandonné en juillet 2020 une procédure similaire à celle de Claude Guéant. Les journalistes de Mediapart sont relaxés au titre de la « bonne foi ».

31 janvier 2020 : 

– Mise en examen de Thierry Gaubert, ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, pour « association de malfaiteurs ». Il est soupçonné d’avoir touché des fonds du régime libyen de Kadhafi susceptibles d’avoir alimenté la campagne du candidat. Les investigations ont été élargies à des faits d’« association de malfaiteurs », ouvrant la voie à une aggravation des poursuites.

– Mise en examen et placement en détention provisoire de l’homme d’affaires franco-algérien Alexandre Djouhri pour neuf chefs d’accusation, dont « corruption active », « faux et usage de faux », « complicité et recel de détournement de fonds publics » et « blanchiment ». Considéré comme proche de Claude Guéant, il apparaît notamment dans l’enquête après la vente d’une villa sur la Côte d’Azur à un fonds libyen géré par Béchir Saleh, ex-dignitaire du régime Kadhafi.

1er août 2019 : Brice Hortefeux, ex-ministre de l’Intérieur et aux Collectivités territoriales, placé sous statut intermédiaire de témoin assisté dans l’enquête sur les accusations de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy, échappe à une mise en examen. Les soupçons le concernant reposent sur les accusations de Ziad Takieddine et d’Abdallah Senoussi (beau-frère de Mouammar Kadhafi et ex-chef des renseignements militaires libyens).

29 mai 2018 : Mise en examen d’Éric Woerth, ex-ministre du Budget et trésorier de campagne, pour « complicité de financement de campagne ». Il lui est reproché d’avoir versé 11 000 euros aux collaborateurs de Nicolas Sarkozy. Alors qu’il assurait que ces fonds provenaient de dons anonymes par courrier, un rapprochement est fait avec les soupçons de financement libyen.

29 mars 2018 : Nicolas Sarkozy est renvoyé en correctionnelle pour « corruption active et trafic d’influence ».

21 mars 2018 : Mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « financement illégal de campagne électorale » et « recel de fonds publics libyens ».

20 mars 2018 : Placement en garde à vue et mise en examen de Nicolas Sarkozy pour « corruption passive », « recel de fonds libyens » et « financement illégal de campagne ».

6 novembre 2017 : Transmission des résultats préliminaires du rapport du procureur général de Libye aux juges d’instruction français. Après audition d’Abdallah Senoussi, Abdallah Mansour (ex-officier des renseignements intérieurs et neveu du Guide), et Baghdadi Al-Mahmoudi (ancien Premier ministre de Libye), il conclut à un soutien à Nicolas Sarkozy via des fonds transmis par l’entremise de son directeur de campagne Claude Guéant et de l’homme d’affaires Ziad Takieddine.

4 octobre 2017 : Les magistrats du Parquet national financier (PNF) demandent le renvoi en correctionnel de Nicolas Sarkozy et de Thierry Herzog. Ils ont conclu qu’il existait des charges suffisantes à leur encontre concernant les faits de « corruption » et d’ « influence » actifs pour lesquels ils ont été mis en examen.

5 septembre 2017 : L’Office anticorruption de la Police judiciaire dans son premier rapport sur l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy met en cause Éric Woerth, trésorier en 2007 et Claude Guéant, ex-directeur de campagne, et établit une circulation importante d’espèces en marge de la campagne de 2007.

9 juillet 2017 : Nicolas Sarkozy abandonne son action en diffamation contre Ziad Takieddine qui avait assuré à Mediapart en 2016 avoir remis des valises d’argent libyen à l’ex-président français. Son avocat, Thierry Herzog, considère que des éléments parus dans la presse démentent déjà les déclarations de l’homme d’affaires.

7 décembre 2016 : Mise en examen de Ziad Takieddine, homme d’affaires franco-libanais, pour complicité de trafic d’influence et de corruption d’agent public par une autorité publique étrangère, dans le cadre de l’enquête sur les soupçons de financement de la campagne de 2007.

15 novembre 2016 : L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine affirme à Mediapart avoir remis trois valises préparées par le régime libyen contenant cinq millions d’euros à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, et à son directeur de cabinet Claude Guéant, entre fin 2006 et début 2007.

7 mars 2015 : Mise en examen de Claude Guéant, ex-ministre de l’Intérieur et secrétaire général de l’Élysée, pour « blanchiment de fraude fiscale en bande organisée » et « faux et usage de faux ». En cause : un virement de 500 000 euros effectué sur son compte en 2008. Il assure que la somme est issue de la vente de tableaux, mais elle est jugée surévaluée. Il est soupçonné d’avoir perçu cette somme d’Alexandre Djouhri en contrepartie de son intervention auprès d’EADS, afin que l’entreprise aéronautique paie une commission à l’intermédiaire dans le cadre d’une vente d’avions à la Libye.

1er juillet 2014 : Placement en garde à vue de Nicolas Sarkozy par l’office anti-corruption de la Police judiciaire et mise en examen pour « corruption active », « trafic d’influence actif » et « recel de violation du secret professionnel » dans l’affaire dite « des écoutes ».

26 février 2014 : Dans l’enquête sur un possible financement libyen de la campagne de 2007 (voir ci-dessous), l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre Nicolas Sarkozy, placé sur écoute, et son avocat a abouti à une information judiciaire, le 26 février 2014, pour trafic d’influence et violation du secret de l’instruction. Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’obtenir du haut magistrat Gilbert Azibert des informations couvertes par le secret de la procédure judiciaire.

19 avril 2013 : Ouverture d’une information judiciaire contre X par le Parquet de Paris pour « corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux », « blanchiment, complicité et recel de ces délits ».

5 septembre 2012 : Lors de son procès en Libye, Abdallah Senoussi – beau-frère de Mouammar Kadhafi et ancien chef des renseignements militaires libyens – déclare que cinq millions d’euros ont été versés pour la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime. Il assure avoir personnellement supervisé ce transfert via Brice Hortefeux et Ziad Takieddine.

3 mai 2012 : Via son avocat, Baghdadi al-Mahmoudi, ex-Premier ministre libyen détenu à Tunis, confirme à Mediapart l’existence d’une note rédigée sous son autorité et le déblocage de 50 millions d’euros. Cette déclaration fait suite à celle de Moustapha Abdeljalil, président du Conseil national de transition, qui met en doute l’authenticité d’un document de Mediapart attribué à l’ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye Moussa Koussa, tendant à prouver un financement de la campagne de 2007 par Kadhafi. Celui-ci évoque également un faux.

28 avril 2012 : Mediapart publie une note officielle datée du 9 décembre 2006 et signée par Moussa Koussa, ex-chef des services secrets extérieurs libyens, dans laquelle la Libye s’engage à financer Nicolas Sarkozy à hauteur de 50 millions d’euros « en soutien » pour sa campagne. Ce dernier attaque le site d’information en justice pour « faux ». L’enquête du Parquet de Paris se solde par un non-lieu. Nicolas Sarkozy se pourvoit en cassation.

16 mars 2012 : Mediapart cite le démenti de Jean-Charles Brisard qui dénonce un montage et assure avoir été associé malgré lui aux révélations du journal. L’article souligne : « Après avoir communiqué des informations à la justice, puis à Mediapart, Jean-Charles Brisard, aujourd’hui sous pression, dément et dénonce un “montage”».

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15 mars 2012 : Les journalistes de Mediapart publient un article assurant que Jean-Charles Brisard leur a confirmé lors d’un entretien avoir enregistré la mention du nom de l’ancien ministre Brice Hortefeux dans sa note concernant l’affaire du financement libyen. Il y confirmerait également un montage financier via la société panaméenne liée à Brice Hortefeux, adossée à une banque suisse.

12 mars 2012 : Mediapart publie une note de synthèse attribuée à Jean-Charles Brisard, ex-membre de l’équipe de campagne d’Édouard Balladur, dirigeant d’une société de renseignement privé, qui a été versée au dossier le 8 octobre 2011. Y figurent les initiales de Nicolas Sarkozy (NS), Brice Hortefeux (BH), Ziad Takkiedine (ZT) et des entretiens avec Seïf al-Islam Kadhafi y sont évoqués. Elle stipule que les « modalités de financement de la campagne » de « NS» ont été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005, avec un financement de 50 millions d’euros et indique un montage financier.

16 mars 2011 : Quelques jours avant l’intervention internationale contre la Libye décidée lors d’un sommet à Paris (à la suite de la décision de fermeture de l’espace aérien par l’ONU), Mouammar Kadhafi affirme au Figaro qu’il a « fourni des fonds » pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Seïf al-Islam Kadhafi, le fils du colonel, assure également sur la chaîne Euronews que le régime libyen a financé la campagne de l’ex-président français.

Avec Jeune Afrique par Camille Lafrance

*Cet article a initialement été publié le 24 octobre 2020. Nous le publions à nouveau à l’occasion de l’ouverture du procès.

France/Affaire Benjamin Griveaux : l’abaissement de la démocratie

février 15, 2020

 

Benjamin Griveaux, au siège de l’AFP, à Paris, le 14 février 2020. LIONEL BONAVENTURE / AFP

Editorial. La renonciation du candidat LRM à la Mairie de Paris après la diffusion d’une vidéo à caractère sexuel a brisé les principes qui régissent l’exercice de la vie publique. Elle oblige aussi à mener une réflexion sur l’usage des réseaux sociaux.

Editorial du « Monde ». Ce qu’on espérait ne jamais voir se produire en France est devenu bien réel, vendredi 14 février, lorsque Benjamin Griveaux, candidat LRM à la Mairie de Paris, a annoncé qu’il renonçait dans le but de protéger ses proches, après la diffusion sur les réseaux numériques d’une vidéo à caractère sexuel. Quelles que soient les faiblesses du candidat durant la campagne, l’histoire retiendra qu’une attaque au-dessous de la ceinture est venue à bout de ses ambitions. Un site, récemment créé, avait diffusé mercredi soir une vidéo intime et des messages connotés adressés à une femme, affirmant qu’ils émanaient de l’ancien porte-parole du gouvernement. Les réseaux sociaux les ont ensuite propagés.

Montée pour nuire au candidat, l’opération implique notamment l’artiste contestataire russe Piotr Pavlenski, réfugié en France depuis 2017 et poursuivi pour des actes de violence. Elle a réussi au-delà de toute limite. Les quelques principes qui semblaient encore régir l’exercice de la vie publique en France ont volé en éclats. Exit la stricte étanchéité entre vie publique et vie privée. Pulvérisé le refus de confondre combat politique et ordre moral. Oublié le droit reconnu aux adultes d’entretenir une relation sexuelle librement consentie, tant qu’elle ne viole aucune loi.

Résister à ces dérives

D’aucuns évoqueront l’inéluctable américanisation de la vie politique française dans une allusion au puritanisme anglo-saxon, qui est venu à bout de nombre de carrières outre-Atlantique. D’autres souligneront l’irrépressible influence des réseaux sociaux sur l’exercice de la démocratie : à partir du moment où la technologie permet de monter puis d’orchestrer en un temps record, et dans une dimension planétaire, des campagnes ordurières, les candidats n’ont qu’à bien se tenir, surveiller leurs propos, faire taire leur portable. Ceinture et bretelles. Ce n’est pas acceptable. Il faut résister à ces dérives au nom du respect de la démocratie et des droits qu’elle garantit.

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Le voyeurisme a toujours existé. Il a donné prise dans le passé à des campagnes peu ragoûtantes comme l’affaire Markovic, entièrement fabriquée au début des années 1970, pour nuire au couple Pompidou. Les réseaux sociaux ont démultiplié le risque sans pour autant que les citoyens aient été laissés sans protection.

La « vengeance [ou le complot] pornographique », dont a été victime Benjamin Griveaux, et qui consiste à diffuser des images intimes sans l’accord des personnes concernées, est un délit sévèrement puni par la loi. Depuis l’adoption, en 2016, de la loi « pour une République numérique », son ou ses auteurs sont passibles de deux ans d’emprisonnement et 60 000 euros d’amende. Ce texte doit permettre de rendre la justice dans cette sordide affaire.

Au-delà, une réflexion citoyenne s’impose, pour que se développe un usage raisonné des réseaux sociaux, car ce qui est inacceptable pour les politiques l’est aussi pour n’importe quel citoyen. Personne ne peut tolérer qu’un voisin ou un tiers utilise la force des réseaux pour se venger, en faisant de l’espace numérique public le juge de paix de ce qui ne peut relever que de la sphère privée.

Heureusement, les réactions dans le monde politique ont été globalement saines. A un mois du premier tour des élections municipales, partisans, adversaires ou concurrents de Benjamin Griveaux ont, à une quasi-unanimité condamné l’attaque dont il a été victime. A l’instar de Cédric Villani, ils y voient « une attaque grave » contre la démocratie. Dans la foulée, ils ont appelé à résister à ce que Jean-Luc Mélenchon appelle le « naufrage voyeuriste » de la vie publique française. Ce sursaut est d’autant plus urgent que les jeunes talents sont de moins en moins tentés de mener le combat politique, découragés par la montée de la violence et le dévoiement des pratiques. A terme, la menace la plus grave est bien celle-là : un dramatique assèchement des vocations politiques, qui provoquerait un funeste affaissement de la vie démocratique.

 

Avec Le Monde

RDC : les bars de Kinshasa ciblés par une campagne d’assainissement des mœurs

juillet 7, 2019

Une rue du quartier de Bandal, à Kinshasa, le 7 janvier 2019. © John WESSELS/AFP

 

Les nuits bruyantes et festives de Kinshasa sont-elles en sursis ? Les bars ne pourront plus ouvrir que de 18h à 23h en semaine, ont tranché les autorités de la capitale congolaise, parties en croisade contre « l’insalubrité » sous toutes ses formes.

Tout juste les bars auront-ils la permission de minuit le samedi, dimanche et les jours fériés. Ils pourront ouvrir dès 11h les dimanches et jours fériés, selon l’opération « Kin bopeto » (Kin propre) annoncée le 4 juillet par le nouveau gouverneur, Gentiny Ngobila.

La vente de boissons doit prendre fin une heure avant la fermeture, insiste l’autorité locale, qui dénonce les partisans du laissez-faire actuel dans la troisième plus grande ville d’Afrique.

Dans ses quartiers chauds (Huilerie, Matonge, Bandal), bien des terrasses servent des bières et des brochettes tant qu’il y a du monde, sur fond de sono saturée qui crache de la rumba.

Des « brigades d’assainissement »

« Parfois vous trouvez une personne à dix heures du matin qui prend de la bière. À midi elle sera dans quel état ? », s’est indigné le ministre provincial de l’Environnement, Didier Tenge Litho. Il a exhumé l’«ordonnance-loi du 31 mai 1975 qui réglemente les heures d’ouverture et des fermetures des débits de boissons ».

De manière plus large, l’opération « Kin bopeto » vise un « changement de mentalité et de comportements » pour « refuser l’insalubrité », a-t-il expliqué sur plusieurs radios après l’annonce de la campagne qui doit commencer en août.

C’est un autre refrain bien connu : autrefois appelée « Kin-la-belle », la capitale est devenue « Kin-la-poubelle » en raison des sacs plastiques qui jonchent ses « avenues » en terre battue et étouffent ses cours d’eau.

Le nouveau gouverneur annonce des moyens pour des résultats dans six mois : de l’argent pour chacune des 24 communes, et dans chaque commune des « brigades d’assainissement » d’au moins 40 agents…

Assainir les mœurs

Il s’agit aussi d’assainir les mœurs. Les autorités veulent lutter contre les habituels boucs émissaires de l’insécurité présumée dans la capitale : les « shégué » et les « kuluna » (enfants des rues et petits délinquants) et les « ujana » (des gamines soupçonnées – parfois voire souvent à tort – de se prostituer parce qu’elles ne portent pas de soutien-gorge).

Les autorités veulent aussi combattre le commerce informel « le long de grandes artères à moins d’un mètre de la route », pour que personne ne tombe malade « dans les endroits insalubres ».

Personne ne sait au juste combien de millions d’habitants vivent dans la capitale de la RDC, faute de recensement depuis 1984. L’estimation de dix millions revient fréquemment.

Une chose est sûre : l’immense majorité survit dans le secteur informel, dont les petits commerces de rue. Et les débits de boissons.

Par Jeune Afrique avec AFP

États-Unis: Trump sous pression, son ex-directeur de campagne va collaborer à l’enquête russe

septembre 14, 2018

Paul Manafort, le 15 juin 2018 à Washington / © AFP/Archives / MANDEL NGAN

L’ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, a accepté vendredi, dans un revirement inattendu, de coopérer dans l’enquête russe, faisant encore monter d’un cran la pression sur la Maison Blanche.

S’il y a eu collusion entre Moscou et l’équipe du candidat républicain pendant la campagne présidentielle de 2016, l’ancien lobbyiste qui l’a dirigée pendant cinq mois et qui avait auparavant travaillé pour des Ukrainiens pro-russes, a toutes les chances d’avoir été au courant.

Poursuivi pour des activités frauduleuses antérieures à la campagne, Paul Manafort, 69 ans, a accepté vendredi un accord avec l’équipe du procureur spécial Robert Mueller chargée de l’enquête russe, la bête noire de Donald Trump qui l’accuse de mener une injuste « chasse aux sorcières ».

M. Manafort a accepté de plaider coupable d’association de malfaiteurs contre les Etats-Unis et d’obstruction à la justice, dans l’espoir d’une peine amoindrie. Mais surtout, il a accepté de coopérer à l’enquête, ce qu’il s’était toujours refusé à faire.

Preuve d’une certaine nervosité, la Maison Blanche s’est empressée d’assurer que sa décision concernait des faits n’ayant « absolument rien à voir avec le président ou sa campagne présidentielle victorieuse de 2016 ».

« Il n’y a absolument aucun lien », a martelé Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif.

Paul Manafort est en effet mis en cause pour des faits antérieurs à 2014, le procureur spécial ayant autorité pour poursuivre tout délit découvert pendant ses investigations.

L’ancien consultant a reconnu vendredi avoir dissimulé aux autorités et au fisc ses activités de conseil en faveur de l’ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, puis d’avoir tenté de corrompre des témoins.

Il a été reconnu coupable de fraude bancaire et fiscale en lien avec ces activités, dans un premier procès en août en Virginie. Il attend le prononcé de sa sentence.

En plaidant coupable, il s’évite un nouveau procès embarrassant. Il a pris cette décision pour « protéger sa famille », a commenté son avocat Kevin Downing à l’issue de l’audience à Washington.

– Bosquet en forme de M –

Dans le tribunal, Paul Manafort a affiché une mine impassible, se contentant de répondre par l’affirmative ou la négative aux questions de procédure de la juge Amy Berman Jackson.

Son visage s’est toutefois allongé quand celle-ci a énuméré les propriétés qui allaient être saisies dans le cadre de son accord de plaider-coupable, notamment une villa avec piscine, tennis et terrain de golf sur l’île de Long Island.

Connu pour ses goûts de luxe –il a un jour déboursé 15.000 dollars pour une veste en peau d’autruche et a fait tailler un bosquet en forme de M–, Paul Manafort a perdu de sa superbe depuis qu’il est en prison. Il a été arrêté en juin, après avoir tenté de contacter des témoins.

Selon l’accord, il va rester détenu jusqu’à ce que la juge Jackson fixe sa peine, qui pourrait aller jusqu’à 10 ans de prison.

En attendant, dans quelle mesure va-t-il aider les enquêteurs?

« S’il coopère pleinement, il pourrait fournir des informations importantes », a relevé le représentant démocrate Adam Schiff, membre de la commission du Renseignement, en saluant une « victoire importante » pour le procureur Mueller.

« Il était impliqué ou avait connaissance des principaux développements dans la campagne de Trump, notamment la rencontre à la Trump Tower lors de laquelle l’équipe pensait recevoir des informations compromettantes sur Hillary Clinton », a-t-il rappelé.

Cette réunion entre plusieurs membres de l’équipe de campagne, dont le fils aîné de Donald Trump et son gendre Jared Kushner, avec une avocate russe est au coeur de l’enquête de Robert Mueller.

Celui-ci a lancé à ce stade des poursuites à l’encontre d’une trentaine d’individus, dont une majorité de Russes. Paul Manafort était jusque-là le seul Américain à refuser de plaider coupable. Certains commentateurs en avaient conclu qu’il espérait une grâce présidentielle.

Romandie.com avec(©AFP / (14 septembre 2018 21h19)