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Burkina Faso : tirs dans plusieurs camps militaires

janvier 23, 2022
Des soldats burkinabè patrouillent à Ouagadougou le 3 mars 2018 (illustration). © Ahmed OUOBA/AFP

Des tirs ont été entendus ce dimanche 23 janvier en début de matinée au camp Sangoulé Lamizana, principal camp militaire de Ouagadougou, ainsi que dans plusieurs autres casernes.

Beaucoup imaginaient se réveiller en pensant au seul enjeu de la journée : le huitième de finale des Étalons contre le Gabon à la Coupe d’Afrique des nations (CAN), ce soir à 17h au Cameroun. Au lieu de cela, les riverains du camp Sangoulé Lamizana, le principal camp militaire de Ouagadougou, ont été réveillés en sursaut par des rafales de tirs aux alentours de 5h du matin. D’autres tirs ont été signalés à la base aérienne, ainsi que dans un régiment basé à Kaya (Centre-Nord).

Tirs nourris

Dans un communiqué publié ce dimanche matin, le gouvernement burkinabè reconnaît « l’effectivité des tirs dans certaines casernes » mais « dément les informations véhiculées sur les réseaux sociaux tendant à faire croire à une prise de pouvoir par l’armée ».

Selon un responsable sécuritaire haut placé, les tirs entendus au camp Sangoulé Lazimana serait liés à « une mutinerie ». « Des soldats mécontents y revendiquent plus de moyens et d’équipements dans la lutte contre le terrorisme », assure-t-il.

Des tirs nourris y résonnaient toujours à 8h, heure locale. Le camp Sangoulé Lamizana abrite par ailleurs la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca), où sont détenus plusieurs militaires, dont certains officiers de haut rang, à commencer par le général Gilbert Diendéré, ex-chef d’état-major particulier de l’ancien président Blaise Compaoré.

Ces incidents interviennent quelques heures après la dispersion d’une manifestation – interdite – à Ouagadougou, qui avait lieu à l’appel du mouvement « Sauvons le Burkina Faso ». Mais surtout deux semaines après l’arrestation d’un officier, le lieutenant-colonel Zoungrana, accusé par les autorités de préparer un coup d’État. Une dizaine d’autres personnes, dont plusieurs militaires, avaient été arrêtés dans cette affaire. D’après une source sécuritaire, il est « possible » que les soldats qui tirent au camp Lamizana « aient des liens » avec ces personnes arrêtées.

Depuis l’attaque d’Inata, le 14 novembre dernier, qui avait coûté la vie à 53 gendarmes (soit la pire attaque jamais enregistrée par l’armée burkinabè), l’armée est en plein doute et le pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré fortement contesté. Après avoir promis des changements et des sanctions au sein de la hiérarchie militaire, le chef de l’État avait également procédé à un remaniement ministériel et à la nomination d’un nouveau Premier ministre, Lassina Zerbo.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Burundi: deux camps militaires attaqués, combats très violents

décembre 11, 2015

Des assaillants lourdement armés ont attaqué vendredi deux camps militaires de Bujumbura, capitale du Burundi, avant d’être repoussés après plusieurs heures de combat. Ces affrontements ont été les plus intenses depuis la tentative de coup militaire en mai dernier.

Au moins 12 assaillants ont été tués, selon un premier bilan. De nombreux riverains des camps ont fait état de combats particulièrement violents, marqués par des explosions et des tirs nourris d’armes automatiques. Un haut-gradé de l’armée burundaise, ayant requis l’anonymat, a fait état de « dizaines de morts chez les assaillants » et de « pertes » du côté de l’armée. Le porte-parole de l’armée burundaise a déclaré que 5 militaires avaient été blessés.

Vendredi matin très tôt, « des hommes lourdement armés ont attaqué le camp Ngagara et l’ISCAM » (Institut supérieur des cadres militaires, l’école des officiers burundais), respectivement dans le nord et le sud de Bujumbura, a indiqué ce haut-gradé.

« Après plus de deux heures d’affrontements », les assaillants de l’ISCAM « ont été repoussés » et « pratiquement tous les assaillants ont été tués dans le camp Ngagara », a-t-il ajouté, assurant que la situation était en passe d’être « totalement » maîtrisée.

L’Etat d’urgence pourrait être instauré
Mais des affrontements ont continué d’être signalés dans la matinée dans divers quartiers de la capitale burundaise, quadrillée par l’armée et où des opérations de « ratissage » avaient lieu, ont indiqué plusieurs témoins. Selon une source sécuritaire, les combats avaient baissé d’intensité en fin de matinée.

Le Conseil des ministres, présidé par le chef de l’Etat Pierre Nkurunziza, devrait se pencher sur la question sécuritaire, et pourrait proclamer l’état d’urgence, selon un source à la présidence.

Les ambassades des Etats-Unis, de Belgique, de France et des Pays-Bas ainsi que l’ONU ont appelé vendredi leurs ressortissants et employés à ne pas quitter leur domicile.

La situation au Burundi devait également être évoquée vendredi soir dès 23h00 par le Conseil de sécurité des Nations unies. Son secrétaire général, Ban Ki-moon, a condamné ces attaques.

Inquiétudes en Europe
Un diplomate européen a déploré « une escalade très inquiétante; il s’agit de véritables opérations militaires ou paramilitaires qui se déroulent dans la capitale ».

Le Burundi a plongé dans une grave crise émaillée de violences depuis l’annonce fin avril de la candidature du président Nkurunziza à un troisième mandat, que l’opposition, la société civile et une partie de son camp estiment contraire à la Constitution et à l’Accord d’Arusha ayant permis la fin de la guerre civile (1993-2006).

L’échec du coup d’Etat militaire puis la brutale mis au pas des quartiers contestataires à la mi-juin, après six semaines de manifestations quasi-quotidiennes à Bujumbura, et la réélection à la mi-juillet du président Nkurunziza lors d’un scrutin controversé, n’ont pas empêché les violences de s’intensifier.

La communauté internationale s’inquiète de possibles violences à grande échelle, dans un pays à l’histoire post-coloniale marquée par des massacres entre majorité hutu et minorité tutsi.

Romandie.com