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Canada: Une messe papale en l’honneur des ancêtres et des aînés à Edmonton

juillet 26, 2022
Le pape François, assis, entouré de deux concélébrants

Le pape François s’apprêtant à célébrer la messe au stade du Commonwealth, à Edmonton. Photo : Reuters/Guglielmo Mangiapane

Pour son premier événement grand public au pays, le pape François a célébré une messe pour sainte Anne et saint Joachim, les grand-parents maternels de Jésus, et en a profité pour rendre hommage aux ancêtres et aux aînés. Il a cependant fait très peu mention des Autochtones, au lendemain des excuses qu’il leur a présentées.

La messe s’est tenue au stade du Commonwealth d’Edmonton devant 40 000 personnes, 20 000 de moins que ce qui était prévu.

Le parterre du stade était réservé aux survivants des pensionnats et à leurs proches.

Une femme pleure pendant la messe du pape François.

Nancy Saddleman, une femme de 82 ans qui a passé 14 ans au pensionnat pour Autochtones de Kamloops, pleure en assistant à la messe présidée par le pape François. Photo : Reuters/Amber Bracken

L’homélie prononcée par le pape avait pour but de rappeler aux fidèles d’honorer ceux qui nous ont transmis le trésor de la vie.

Nous sommes ici grâce aux parents, mais aussi grâce aux grands-parents qui nous ont fait expérimenter d’être les bienvenus au monde, a dit le pape.

Dans la maison des grands-parents, nous sommes nombreux à avoir respiré, en plus de tout cela, le parfum de l’Évangile, d’une foi qui a le goût de la maison, a-t-il poursuivi.

Grâce à eux, nous avons découvert une foi familiale, domestique; oui, parce que la foi se communique essentiellement ainsi, elle se communique en dialecte, elle se communique à travers l’affection et l’encouragement, le soin et la proximité, a-t-on aussi pu entendre dans l’homélie.

Ces paroles font écho au respect qu’accordent les Autochtones aux aînés de leurs communautés. Or, on se rappellera les milliers de témoignages de la Commission de vérité et réconciliation qui n’ont pas manqué de souligner comment l’Église a pourtant contribué, par sa gestion des pensionnats pendant plus d’un siècle, à briser ce lien entre les différentes générations.

Le pape portait par ailleurs un vêtement confectionné par une artiste autochtone. Par contre, les détails de la tenue se trouvant au dos, le public n’a pas pu les voir.

Plus tard, le pape effectuera un pèlerinage au lac Ste. Anne, un site historique longtemps occupé par des Premières Nations et des Métis.

Le souverain pontife sera accueilli par une délégation autochtone et procédera notamment à la bénédiction des eaux du lac.

Avec Radio-Canada par Gabrielle Paul

Canada: Le pape renouvelle ses excuses aux victimes et aux survivants des pensionnats

juillet 26, 2022
Le pape François avec une coiffe autochtone.

Le pape François s’est vu remettre une coiffe traditionnelle autochtone à la fin de son discours, lundi, à Maskwacis, en Alberta. Photo : Reuters/Guglielmo Mangiapane

Le pape François a de nouveau demandé pardon aux peuples autochtones « pour les crimes commis par de nombreux chrétiens envers eux » et a reconnu que ces excuses constituaient la première étape d’un long processus de réconciliation.

Il s’agissait de ses premières paroles publiques au Canada, adressées aux milliers de personnes, surtout des survivants des pensionnats et leurs familles, rassemblées à Maskwacis, une communauté crie de l’Alberta.

« Je voudrais le répéter avec honte et clarté : je demande humblement pardon pour le mal commis par de nombreux chrétiens contre les peuples autochtones. »— Une citation de  Le pape François

Je demande pardon pour la manière dont, malheureusement, de nombreux chrétiens ont soutenu la mentalité colonisatrice des puissances qui ont opprimé les peuples autochtones, a affirmé le pape, suivi d’applaudissements de la foule.

Je suis affligé, a-t-il continué. Je demande pardon, en particulier, pour la manière dont de nombreux membres de l’Église et des communautés religieuses ont coopéré, même à travers l’indifférence, à ces projets de destruction culturelle et d’assimilation forcée des gouvernements de l’époque, qui ont abouti au système des pensionnats.

Il a également parlé des nombreux cas exemplaires de dévouement envers les enfants et de la présence de la charité chrétienne dans les pensionnats.

Néanmoins, les conséquences générales des politiques liées aux pensionnats ont été catastrophiques, a-t-il admis.

Dans l’assistance, de nombreux survivants étaient en pleurs et en profondes réflexions.

Certains d’entre vous sont certainement en difficulté pendant que je vous parle, a reconnu le souverain pontife. Il est cependant important de faire preuve de mémoire pour éviter l’oubli, parce que l’oubli mène à l’indifférence.

Et le contraire de l’amour, ce n’est pas la haine, c’est l’indifférence, a-t-il ajouté.

Ces excuses étaient similaires à celles prononcées au Vatican plus tôt cette année. Le pape a en effet demandé pardon pour les crimes commis par des membres de l’Église sans toutefois reconnaître le rôle de l’institution en soi.

« Je vous demande pardon »

Au premier jour de sa visite au Canada, dans la région d’Edmonton, en Alberta, le pape François a demandé pardon aux Autochtones qui ont été arrachés à leurs familles et envoyés dans les pensionnats. Plus de 60 % de ces écoles étaient gérées par l’Église catholique. Environ 150 000 enfants ont été forcés de les fréquenter. Reportage de Mathieu Gohier.

Une première étape

Le pape François a par ailleurs reconnu que davantage doit être fait, outre la demande de pardon.

Considérant l’avenir, rien ne doit être négligé pour promouvoir une culture capable non seulement de faire en sorte que de telles situations ne se reproduisent pas, mais encore que celles-ci ne puissent trouver de terrain propice à la dissimulation et la perpétuation, a-t-il soutenu.

« Une partie importante de ce processus consiste à mener une sérieuse recherche sur la vérité du passé et à aider les survivants des pensionnats à entreprendre des chemins de guérison pour les traumatismes subis. »— Une citation de  Le pape François

Le pape a notamment appelé à ce que les chrétiens et la société civile puissent respecter l’identité et l’expérience des peuples autochtones.

J’espère que des moyens concrets seront trouvés pour les connaître et les apprécier, en apprenant à avancer tous ensemble, a-t-il dit.

Avant cette allocution du pape, un discours de bienvenue a été énoncé par Wilton Littlechild, un survivant du pensionnat Ermineskin et ancien commissaire de la Commission de vérité et réconciliation.

Le discours officiel du pape s’est tenu sur le site réservé au pow-wow de Maskwacis. Des danses et des chants traditionnels l’ont d’ailleurs accueilli sur les lieux.

Je me suis revu enfant

Evelyn Korkmaz, survivante du pensionnat de Sainte-Anne, en Ontario, dit avoir attendu 50 ans pour enfin entendre des excuses du pape.

Je suis reconnaissante d’avoir vécu assez longtemps pour vivre ce jour, a-t-elle affirmé en conférence de presse.

Malheureusement, bon nombre de mes amis et camarades du pensionnat ne sont plus parmi nous et n’ont pas pu entendre ces excuses, a-t-elle dit. Les traumatismes qu’ils ont vécus ont eu raison d’eux par le suicide ou la consommation.

J’aurais aimé voir un plan précis du Vatican sur ce qu’il compte faire pour la réconciliation, a-t-elle ajouté.

Mon cœur s’est brisé pour tous les survivants présents. C’était beaucoup d’émotions au même moment, a confié l’un des chefs de Maskwacis, Randy Ermineskin. Je suis allé au pensionnat ici et quand j’attendais le pape, je me suis revu enfant.

Après aujourd’hui, a-t-il poursuivi, je veux qu’on se concentre sur l’espoir. Nous avons la chance de prendre la parole et de continuer de faire avancer la vérité.

La militante et professeure Cindy Blackstock a pour sa part partagé une réaction vidéo sur les réseaux sociaux. Pour elle, ce sont les actions qui suivront qui comptent le plus.

Ces excuses ne doivent pas être jugées sur la base des mots ‘’je suis désolé’’, mais plutôt sur les actions qui seront par la suite engendrées, a-t-elle dit.

Est-ce que le Vatican donnera un accès complet à ses documents? Est-ce qu’il y aura une réforme interne pour assurer que les abus d’enfants seront éliminés de l’Église? Est-ce que le Vatican prendra la responsabilité des sévices vécus par les enfants?, s’est-elle interrogée.

Le pape demande pardon aux Autochtones

Le pape François est visite au Canada. Il reconnaît les torts de l’église et présente ses excuses aux Autochtones. Entrevue avec Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Le ministre fédéral des Relations Couronne-Autochtones était présent à Maskwacis.

Je ne peux pas parler au nom des survivants, mais aujourd’hui j’ai vu beaucoup de pleurs, les gens étaient définitivement touchés; par contre, il est certain qu’il y aura aussi de la déception, a-t-il déclaré aux médias.

Il est clair que ces excuses ne doivent pas être une finalité, a-t-il ajouté. Il y a encore beaucoup de travail à faire, notamment l’accès aux documents, et on espère pouvoir compter sur la collaboration et le soutien de l’Église catholique pour la suite.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a quant à lui émis une déclaration écrite.

« L’événement qui nous a rassemblés aujourd’hui à Maskwacis est le fruit du courage, des efforts de sensibilisation et de la persévérance des Survivants des Premières Nations, inuits et métis qui ont relaté leurs souvenirs douloureux et raconté leurs expériences », a-t-il écrit.

« Aujourd’hui, nous pensons aux enfants qui ont été arrachés à leur famille et privés de leur enfance. »— Une citation de  Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« La réconciliation est l’affaire de tous les Canadiens. […] Personne ne doit oublier ce qui s’est passé dans les pensionnats du Canada, et nous devons tous veiller à ce que cela ne se reproduise jamais. »

La gouverneure générale du Canada, Mary Simon, était aussi présente et a réagit par écrit plus tard en soirée. « Certains faits sont indéniables. Il est difficile d’être confronté à notre véritable histoire. […] Plusieurs enfants et familles ne s’en sont jamais remis. Plusieurs enfants ne sont jamais rentrés chez eux. »

« Pour les peuples autochtones, ce moment n’est ni le début ni la fin du parcours de guérison. En tant que pays, nous devons nous interroger : Quelle est notre prochaine étape? Quelle est la société à laquelle nous aspirons?  »— Une citation de  Mary Simon, gouverneure générale du Canada

La gouverneure générale serre la main du pape, qui est assis dans une chaise roulante.

La gouverneure générale Mary Simon a rencontré le pape François à son arrivée sur le tarmac. Photo : La Presse Canadienne/Nathan Denette

Une arrivée dans l’humilité

C’est un pape d’une humilité et d’une simplicité étonnantes, malgré l’important cortège de sécurité l’entourant, qui est arrivé à Maskwacis autour de 10 h, heure locale.

Après une visite privée à l’église locale Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, il s’est rendu en fauteuil roulant jusqu’au cimetière d’Ermineskin au son du tambour de l’aîné Jerry Saddleback. Le pape y a pris quelques instants pour prier en silence.

Le pape se recueille devant les tombes d'un cimetière.

Le pape François a prié en silence devant les tombes du cimetière de Maskwacis, en Alberta, à l’occasion de sa rencontre avec la communauté autochtone, et il a visité le site de l’ancien pensionnat Ermineskin. Photo : Reuters/Guglielmo Mangiapane

Ensuite, le chef de l’Église catholique s’est dirigé vers le site de l’ancien pensionnat, où il a été accueilli par les quatre chefs de Maskwacis, Desmond Bull, Randy Ermineskin, Wilton Littlechild et Vernon Saddleback.

Avant l’arrivée du souverain pontife, l’ambiance était déjà ponctuée d’émotions fortes parmi les gens présents.

Mon cœur bat très fort, a confié, ému, André Carrier, un survivant des pensionnats qui est le vice-président de la Fédération métisse du Manitoba.

J’ai subi les abus sexuels d’un prêtre, alors écouter les excuses du pape, c’est la première étape vers la réconciliation, a-t-il ajouté.

Le pape François prie au cimetière de la nation crie d'Ermineskin, à côté des chefs des quatre Premières Nations de Maskwacis, en Alberta, le 25 juillet.

Le pape en compagnie des chefs de Maskwacis. Photo : (Nathan Denette/The Canadian Press)

Plusieurs dignitaires présents

Plusieurs leaders autochtones et représentants de l’État canadien étaient présents lors de ce premier événement de la visite papale.

La cheffe de l’Assemblée des Premières Nations, RoseAnne Archibald, était accompagnée des trois leaders de délégations s’étant rendues à Rome rencontrer le pape ce printemps : Gerald Antoine (Premières Nations), Cassidy Caron (Métis) et Natan Obed (Inuit).

L’ancien chef de l’APN, Phil Fontaine, qui est lui aussi allé à Rome, faisait partie de l’assistance.

En plus de certains sénateurs et députés fédéraux, le premier ministre Justin Trudeau, la gouverneure générale Mary Simon, les ministres Marc Miller et Patty Hajdu ainsi que le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) Jagmeet Singh étaient sur place.

En fin de journée, le pape François s’est aussi rendu à l’église Sacré-Cœur des Premières Nations d’Edmonton, pour y rencontrer une délégation autochtone et des paroissiens.

Mardi, il officiera une messe au stade du Commonwealth, où plus de 60 000 personnes sont attendues.

Avec Radio-Canada par Gabrielle Paul

Canada-Venue du pape au Québec : la COVID-19 ne prend pas de vacances

juillet 26, 2022
Le pape François avec un masque.

Le pape François avec un masque. Photo : Reuters/Gugliemo Mangiapane

Qu’on soit à Sainte-Anne-de-Beaupré ou Québec, la COVID-19 ne prendra pas de vacances pour la venue du pape. La santé publique assure qu’elle n’est pas non plus sur pause dans sa lutte contre le virus. Au contraire.

Distributions de solutions désinfectantes, de masques chirurgicaux, respect des règles de distanciation : la santé publique ne lésine pas sur les moyens et conseils pour diminuer les probabilités que la septième vague de la COVID-19 reprenne de la vigueur au Québec.

Transport en commun sous surveillance

Elle invite d’ailleurs les fidèles à faire son bout de chemin en redoublant de prudence, surtout ceux qui utiliseront les transports en commun.

Même lorsque des événements se déroulent à l’extérieur, les foules importantes et denses peuvent être un vecteur de contagion important, souligne l’adjoint médical au directeur de santé publique, le Dr Jacques Girard.

« Dans cet esprit, nous distribuerons des solutions désinfectantes à base d’alcool et des masques de procédure aux sites d’embarquement des navettes de transport, et nous recommandons fortement aux gens de les utiliser, surtout lorsqu’ils ne sont pas en mesure de respecter une distanciation physique appropriée. »— Une citation de  le Dr Jacques Girard, adjoint médical au directeur de santé publique

Des symptômes? Restez chez vous!

Le Dr Girard invite par ailleurs toute personne qui ressent des symptômes associés à la COVID-19 à observer le pape François de chez lui.

J’invite tous les participants à agir de façon très responsable. Seules les personnes asymptomatiques, sans contact avec un cas ou ne présentant pas un test positif devraient pouvoir se rendre sur les sites de rassemblements intérieurs et extérieurs, mentionne-t-il.

Huit femmes, vêtues en uniforme de l'armée et portant un masque en tissus blanc sur le nez et la bouche, transportent des civières vides.

Des civières déployées pour le transport des malades, durant la pandémie de grippe espagnole en 1918. Photo: BBC

La grippe espagnole et la religion

Soulignons que l’affluence de 40 000 personnes à un congrès religieux tenu à Victoriaville en septembre 1918 est aujourd’hui considérée comme un vecteur majeur de la propagation de la grippe espagnole au Québec à cette époque.

Par ailleurs, la Capitale-Nationale est l’une des régions du Québec avec la plus forte hausse des cas de COVID-19 au cours des dernières semaines.

Avec Radio-Canada par Alain Rochefort

Canada: La pénurie de main-d’œuvre est causée par le vieillissement de la population

juillet 25, 2022

Les baby-boomers quittent la population active en masse, laissant plus de postes vacants qu’il n’y a de gens pour les occuper, expliquent des économistes.

Un vieil homme s'appuie sur sa canne.

La démographie est à blâmer pour la pénurie de main-d’œuvre, selon des économistes. (Archives) Photo : Istock

Le Canada est en proie à une grave pénurie de main-d’œuvre, mais les économistes affirment que ce n’est pas la faute de la pandémie. Il s’agit plutôt de l’aboutissement inévitable d’un vaste changement démographique qui se prépare depuis des décennies, disent-ils.

[Cette situation] était prévisible il y a 60 ou 65 ans et nous n’avons rien fait pour y remédier, selon Armine Yalnizyan, économiste et membre sur l’avenir des travailleurs de la Fondation Atkinson. Nous savions que cette transition allait se produire.

Selon Statistique Canada, le ratio chômage/emplois vacants – une mesure clé qui sert à comparer le nombre de Canadiens à la recherche d’un emploi au nombre d’emplois disponibles – se situe actuellement à un niveau historiquement bas dans chaque province. En fait, ce ratio est nettement inférieur à ce qu’il était avant le début de la pandémie de COVID-19.

Il y a moins de travailleurs disponibles pour occuper les emplois disponibles. Selon les économistes, le baby-boom de l’après-guerre explique cette situation.

Pas assez de remplaçants

Les personnes âgées de 55 ans et plus quittent la main-d’œuvre canadienne, un exode qui, selon certains économistes, a été accéléré par la pandémie, car de nombreux travailleurs âgés ont opté pour une retraite anticipée. Et il n’y a tout simplement pas assez de jeunes travailleurs pour les remplacer.

En fait, la participation au marché du travail des personnes âgées de 25 à 54 ans approchait les 88 % en mai, soit une hausse de plus d’un point de pourcentage par rapport à février 2020, avant que la pandémie ne s’installe au Canada.

Les baby-boomers quittent [le marché du travail] et il n’y a pas assez de personnes qui entrent en scène, a déclaré Mme Yalnizyan. Nous avons en fait une part plus élevée que jamais de la population en âge de travailler qui travaille.

Cela contredit la théorie selon laquelle une sorte de grande démission parmi les Canadiens en âge de travailler, dont beaucoup ont profité des soutiens au revenu pandémiques, est à blâmer pour tous ces emplois vacants, selon Ian Lee, professeur associé à la Sprott School of Business de l’Université Carleton.

J’ai trouvé [cette hypothèse] très douteuse, car à moins d’être financièrement indépendant… La plupart d’entre nous doivent avoir un revenu pour vivre, a déclaré M. Lee. [Cette idée] n’a tout simplement aucun sens.

Mon premier soupçon en tant qu’économiste du travail est le suivant : est-ce que les gens ne font tout simplement plus partie de la population active? a déclaré Gordon Betcherman, professeur émérite à l’école de développement international et d’études mondiales de l’Université d’Ottawa. Ce n’est pas le cas. Elle est revenue aux niveaux que nous observions avant la pandemie.

Un marché d’employés

Selon les économistes, les données indiquent plutôt l’émergence d’un marché où les travailleurs jouissent d’un énorme pouvoir sur les employeurs.

Il est indéniable que l’équilibre entre les demandeurs d’emploi et les postes vacants a totalement changé, a déclaré M. Betcherman.

Selon Statistique Canada, cela a entraîné des pénuries de main-d’œuvre quasi sans précédent dans presque tous les secteurs d’emploi.

En particulier, le secteur de la construction et le secteur manufacturier ont du mal à recruter des travailleurs qualifiés. Même chose du côté des secteurs de l’hébergement et de la restauration, ce qui comprend les hôtels, les restaurants et les bars.

« Il n’y a tout simplement pas assez de personnes prêtes à occuper des emplois mal payés. »— Une citation de  Armine Yalnizyan, économiste et membre sur l’avenir des travailleurs de la Fondation Atkinson

Les travailleurs ont beaucoup plus de choix maintenant, a convenu M. Lee. Si vous avez plus de choix et que vous n’êtes pas obligé de travailler dans cet secteur d’activité, vous irez travailler dans un secteur où il y a de meilleurs parcours professionnels, où les salaires sont plus élevés et où les horaires sont plus previsibles.

Les salaires devraient augmenter

Cela pourrait forcer les employeurs de certains secteurs d’activité à augmenter les salaires, a déclaré M. Lee.

Je ne veux pas dire que la demande pour ces emplois va disparaître : ce n’est pas le cas, a-t-il déclaré. Mais je crois que nous allons assister à une inflation salariale assez substantielle dans ces secteurs au cours des prochaines années.

Selon Mme Yalnizyan, ce nouvel environnement concurrentiel signifie que les employeurs de certains secteurs devront augmenter les salaires s’ils espèrent conserver les travailleurs qualifiés.

Nous perdons des gens qui ont une formation d’éducateur de la petite enfance parce que nous ne les payons pas plus que les toiletteurs pour animaux. Pourquoi resteraient-ils s’ils peuvent obtenir un meilleur emploi dans un autre secteur?

C’est ce que confirment les données de Statistique Canada, qui montrent que le salaire d’acceptation – le taux horaire minimum auquel les demandeurs d’emploi sont prêts à accepter un poste – dépasse le salaire actuel offert dans presque tous les secteurs, alors que les travailleurs canadiens ont toujours été prêts à se contenter de moins.

Des employés dans un McDonald du Canada.

Le salaire d’acceptation dépasse le salaire actuel offert dans presque tous les domaines. Photo : Radio-Canada

Les économistes estiment qu’il existe d’autres conséquences possibles, notamment une automatisation accrue pour combler le vide laissé par la pénurie de main-d’œuvre.

Certains secteurs pourraient également faire appel à davantage de travailleurs étrangers temporaires pour combler les lacunes au bas de l’échelle du marché du travail, ce qui pourrait atténuer les gains réalisés par les travailleurs nationaux.

Selon Mme Yalnizyan, la hausse des salaires pourrait contribuer à effacer certaines des inégalités causées par un marché du travail qui, pendant des années, a bien payé certains travailleurs et mal payé les autres.

Si nous améliorons réellement les salaires et les conditions de travail, en particulier au bas de l’échelle, nous pourrions créer les conditions nécessaires à l’émergence d’une classe moyenne plus résistante, capable de se permettre d’acheter des biens. C’est ce qui nous échappe depuis un certain temps déjà, a-t-elle déclaré.

Le vieillissement de la population peut être notre ami, pas notre ennemi. Mais nous devons le traiter comme quelque chose de plus qu’une simple pénurie de main-d’œuvre pour les entreprises. Nous devons le traiter comme une occasion de faire de chaque emploi un bon emploi.

Radio-Canada par Radio-Canada avec les informations d’Alistair Steele, CBC

Canada: À Maskwacis, la visite du pape comme une occasion de guérison

juillet 25, 2022
Les quatre chefs s'adressent aux médias, vêtus d'une coiffe traditionnelle.

Les quatre chefs cris de Maskwacis, (de gauche à droite) Desmond Bull, Randy Ermineskin, Wilton Littlechild et Vernon Saddleback. Photo: CBC/Travis Mcewan

Depuis quelques jours, la communauté crie de Maskwacis, en Alberta, fourmille. Des milliers de personnes y sont attendues à l’occasion de la visite papale au Canada. Les quatre chefs espèrent cependant que les survivants des pensionnats et leur processus de guérison ne seront pas oubliés malgré le bourdonnement entourant la venue du pape François.

Le pape doit se rendre lundi dans la communauté, située à 70 kilomètres au sud d’Edmonton, pour y visiter notamment le site de l’ancien pensionnat Ermineskin.

Lui-même survivant des pensionnats, le chef Randy Ermineskin soutient que la présence du pape dans sa communauté et la potentielle réitération de ses excuses sera l’occasion pour plusieurs de commencer ou de boucler un processus de guérison.

Pour tous les survivants du pays, ce sera une occasion inestimable de trouver une certaine paix pour eux-mêmes et leur famille, dit-il. Ce sera un processus difficile, mais nécessaire.

Les sentiments qui viendront la semaine prochaine ne disparaîtront pas une fois que le pape sera parti, poursuit-il. Ils vont persister et nous devons les surmonter pour les générations futures.

C’est pour ça que le soutien psychologique pendant et après la visite sera essentiel, ajoute-t-il

Lors d’une conférence de presse tenue avant l’arrivée du pape, l’aîné et survivant du pensionnat de Maskwacis Rod Alexis a rappelé que les conséquences des pensionnats touchent aussi les descendants.

Mes parents aussi sont allés au pensionnat, confie Rod Alexis. Mon père n’a pas su aimer ses enfants parce qu’il a vécu avec de la douleur toute sa vie.

Aujourd’hui, quand j’entends parler de guérison, je suis content, continue-t-il. Nos blessures et nos traumatismes touchent aussi les plus jeunes générations. C’est pour eux qu’il faut trouver la paix et guérrir.

Faire la route jusqu’en Alberta ou pas?

Pour des survivants des pensionnats de l’ouest du pays, la route les séparant de l’Alberta peut être un frein dans leur désir d’assister aux événements entourant la visite papale.

Le chef de la communauté dénée de Ndilo, dans les Territoires du Nord-Ouest, et survivant Fred Sangris compte cependant se rendre à Edmonton puisqu’il est d’abord catholique croyant et pratiquant.

Malgré les erreurs passées et ce qui s’est passé dans les pensionnats, je crois toujours en Dieu, dit le chef Sangris.

Un homme pose devant le mur d'une église décoré de plusieurs croix.

Le chef Fred Sangris devant une église. Photo : Radio-Canada/Marie-Laure Josselin

Je veux entendre les excuses du pape, affirme M. Sangris. Des gens de mon peuple ont perdu des gens dans les pensionnats. Nous voulons les retrouver. Le pape doit s’excuser et nous garantir des réponses.

Quant à Norman Yakeula, un ancien chef déné qui s’est rendu à Rome au printemps, il n’ira pas à la rencontre du pape François. Il préfère demeurer sur son territoire traditionnel.

J’ai porté la honte tout ce temps, dit-il. Le pape a demandé pardon, donc il reprend cette honte.

Bien qu’il ne porte plus le poids de la honte de ce qui s’est passé dans les pensionnats, M. Yakeula croit tout de même que la visite du pape est essentielle.

Avec Radio-Canada par Gabrielle Paul

Canada-Santé en Ontario : « Le système est sur le point de s’effondrer »

juillet 25, 2022
Une équipe des urgences transporte un patient sur une civière.

Des urgences de l’Ontario sont forcées de fermer leurs portes, dernièrement. Celle de l’Hôpital Western, au centre-ville de Toronto, a passé près de devoir fermer en fin de semaine dernière. (Archives) Photo : Istock

Samedi, l’urgence de l’Hôpital Western, au centre-ville de Toronto, a passé bien près de devoir fermer ses portes. Dans la province, des salles d’urgence ferment temporairement en raison d’un manque de personnel dans plusieurs régions et depuis quelques semaines déjà. La situation est critique, selon bien des intervenants.

Pour moi, [la situation à l’hôpital Western] est une indication que le système est sur le point de s’effondrer, selon la députée du Nouveau Parti démocratique provincial Marit Stiles.

Ça va prendre des morts pour réveiller le gouvernement, affirme Cathryn Hoy, présidente de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (AIIO).

Nous travaillons avec une fraction du personnel que nous avions auparavant, ajoute le Dr Kashif Pirzada, urgentologue à Toronto.

On ferme des départements, on ferme des secteurs dans des départements, on perd nos travailleurs, renchérit le Dr Michael Howlett, président de l’Association canadienne des médecins d’urgence (ACMU).

Selon eux, les solutions à ces problèmes sont évidentes, mais le gouvernement n’est pas à l’écoute.

Un système à risque

Mme Hoy explique comment la direction de l’Hôpital Western a contourné le problème de manque de personnel afin de garder l’urgence ouverte : Ce sont des médecins, des médecins résidents et des étudiants [en soins infirmiers] de 3e ou 4e année qui ont fait le travail d’infirmières autorisées.

Celle-ci offre un exemple de ce qui est actuellement en jeu : Pouvez-vous imaginer s’il y avait eu un carambolage majeur sur la 401 [en fin de semaine] et qu’un nombre élevé de patients était envoyé à des urgences sans infirmières?

Un portrait du Dr Kashif Pirzada.

Le Dr Kashif Pirzada est urgentologue à Toronto. Photo : Radio-Canada

Le Dr Pirzada rappelle que le système subit une grande pression. Il y a une énorme charge sur le système hospitalier, en particulier au cours des deux dernières semaines. Les gens attendent 6 à 8 heures, parfois plus, pour voir un médecin aux urgences.

Le problème des conditions de travail

Le Dr Howlett affirme que le problème n’est pas nouveau, que les solutions sont évidentes et que, malgré tout, rien n’est fait. On doit travailler à améliorer de beaucoup les environnements de travail afin de travailler sur la rétention [du personnel].

Selon le Dr Pirzada, les effectifs sont beaucoup plus bas qu’avant. Nous avons eu beaucoup de gens – des infirmières et des médecins – qui quittent le terrain et trouvent un travail plus facile ailleurs.

Mme Hoy est d’accord. Les infirmières démissionnent, elles prennent leur retraite, elles vont ailleurs pour un meilleur salaire, de meilleures conditions de travail. Il faut que ça s’arrête. Je ne sais pas quoi dire de plus. La preuve est là. Ils ferment les urgences!

Un portrait de Cathryn Hoy.

Cathryn Hoy est la présidente de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (AIIO). Photo : Radio-Canada

Le gouvernement doit arrêter de s’attendre à ce que les infirmières paient les pots cassés chaque fois.

Le réseau d’hôpitaux University Health Network (UHN), qui gère l’Hôpital Western entre autres, abonde dans le même sens dans un communiqué publié samedi. Les professionnels de la santé continuent de relever le défi, mais cela a été une tâche très longue et difficile et les employés sont fatigués.

« [Les infirmières] sont épuisées, elles sont fatiguées, certaines d’entre elles n’ont pas pris de vacances depuis trois ans, leur santé mentale est terrible. »— Une citation de  Cathryn Hoy, présidente de l’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (AIIO)

Des solutions évidentes

Le Dr Howlett affirme que la liste de solutions est simple et établie depuis longtemps. Nous sommes conscients de cette situation depuis plusieurs années maintenant. Notre association en parle depuis plus d’une décennie.

En plus des problèmes liés aux conditions de travail, le Dr Howlett ajoute à la liste : On doit ouvrir la porte à plus de diplômés étrangers et s’assurer qu’ils puissent intégrer le système rapidement. […] On doit retirer les barrières interprovinciales pour les infirmières, les médecins, tous les travailleurs [de la santé], pour qu’ils puissent se déplacer là où les besoins sont les plus criants.

À lire aussi :

Le Dr Pirzada s’explique mal comment on a pu en arriver à ce point. Nous n’avons vu aucun leadership pour corriger ces problèmes structurels. Nous n’entendons rien de neuf des hauts dirigeants [des hôpitaux] ou des dirigeants politiques.

Pour Mme Stiles, c’est une question de pénurie de main-d’œuvre. Il s’agit d’un gouvernement qui n’a pas pris la situation au sérieux ou aussi rapidement qu’il le fallait. J’aimerais voir la nouvelle ministre [de la Santé, Sylvia Jones] proposer des solutions.

Marit Stiles

Marit Stiles est la députée du NPD provincial dans Davenport. Photo: Radio-Canada

Le Dr Pirzada affirme que le travail des infirmières doit être récompensé. Donnez-leur une prime de danger. Donnez-leur plus d’argent pour faire les travaux difficiles. C’est là que nous en avons besoin en ce moment.

Il y a deux semaines, les ministres de la Santé des différentes provinces ont demandé plus d’argent au gouvernement fédéral.

Les salaires de tous les employés du secteur public ontarien, ce qui comprend les infirmières, sont plafonnés à une augmentation de 1 % par année par le gouvernement de Doug Ford.

Le ministère de la Santé de l’Ontario n’a pas répondu aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

Radio-Canada par avec des informations de Yanick Lepage

Canada-Visite papale : un horaire chargé pour le souverain pontife

juillet 24, 2022
Le voyage du pape François au Canada se déroulera jusqu’au 29 juillet. Le voici ici à son arrivée à Edmonton le 24 juillet.

Photo : Reuters/Guglielmo Mangiapane

Le pape François est arrivé au Canada. Il a atterri à Edmonton, en Alberta, et entreprend ainsi son « pèlerinage de pénitence ».

La gouverneure générale Mary Simon a rencontré le pape François à son arrivée sur le tarmac
Photo : La Presse canadienne par Nathan Denette

Voici un aperçu de l’horaire chargé qui attend le souverain pontife pendant son séjour au pays.

Ce voyage d’excuses officielles du souverain pontife se déroulera jusqu’au 29 juillet.

Il est en effet attendu que le pape réitérera ses excuses, prononcées le 1er avril dernier au Vatican, pour les sévices subis dans les pensionnats par de nombreux enfants autochtones entre 1870 et 1997.

Au cours des prochains jours, plusieurs événements sont prévus auxquels pourront assister des survivants des pensionnats et leurs descendants.

Lundi matin, le pape doit se rendre dans la communauté crie de Makwacis, située à 70 kilomètres au sud d’Edmonton, pour y visiter le site de l’ancien pensionnat Ermineskin, l’un des plus importants dans l’histoire canadienne.

En fin de journée, il sera à l’église Sacré-Cœur des Premières Nations d’Edmonton pour rencontrer des Autochtones et des paroissiens.

Le pape François a quitté Rome dimanche matin à bord d’un avion en direction du Canada.

Photo : Reuters/Remo Casilli

Dans la matinée de mardi, le pape célébrera une messe au stade du Commonwealth devant plus de 60 000 personnes.

Ensuite, vers 17 h, il visitera le lac Sainte-Anne, un lieu historique de pèlerinage longtemps occupé par les Premières Nations et par les Métis.

Québec et Iqaluit

Le pape arrivera à Québec mercredi et y restera deux jours. Le souverain pontife participera alors à un bain de foule sur les plaines d’Abraham et rencontrera des leaders autochtones et non autochtones à la citadelle de Québec.

Le lendemain, il se rendra à Sainte-Anne-de-Beaupré, où une autre messe sera célébrée. Celle-ci sera aussi diffusée sur les plaines d’Abraham.

Vendredi matin, le pape François rencontrera une délégation de Premières Nations de l’est du pays avant de prendre un vol vers Iqaluit, au Nunavut, prévu à 12 h 45.

Une fois à Iqaluit, des survivants des pensionnats le rencontreront avant qu’il participe à une activité publique devant l’école primaire Nakasuk.

Il est finalement prévu que le pape rentrera à Rome vendredi soir.

Avec Radio-Canada par Gabrielle Paul

Canada-Québec/Fuite de données : Desjardins commence la distribution des avis de réclamation

juillet 22, 2022

La période de réclamations en lien avec la fuite de données chez Desjardins est en cours depuis le 21 juillet. D’ici le 20 octobre prochain, certaines des personnes concernées recevront graduellement les instructions pour déposer leur réclamation.

L’enseigne de Desjardins, à l’extérieur du Complexe du même nom, à Montréal.

L’enseigne de Desjardins, à l’extérieur du Complexe du même nom, à Montréal. Photo : Radio-Canada/Ivanoh Demers

Vous êtes ou vous avez été membre chez Desjardins et avez été touché par la fuite de données divulguée par le Mouvement en 2019? Surveillez votre boîte de messagerie sur le portail AccèsD, ou encore votre boîte aux lettres. Vous pourriez recevoir au cours des prochaines semaines des instructions pour présenter une réclamation, en vertu d’un règlement à l’amiable qui pourrait totaliser jusqu’à 200 millions de dollars. Cette entente, négociée avec le Mouvement Desjardins dans le cadre d’une action collective, a été approuvée par la Cour supérieure en juin dernier(Nouvelle fenêtre) et pourrait concerner 9,7 millions de personnes au Canada.

Les avis par AccèsD ont commencé à être envoyés aujourd’hui (21 juillet) et les envois de lettres s’amorceront dans les prochains jours, confirme par courriel le porte-parole du Mouvement Desjardins, Jean-Benoît Turcotti, à La facture.

L’avis disponible par AccèsD contiendra un hyperlien personnalisé vers le portail de réclamation en ligne(Nouvelle fenêtre).

Pour les membres de Desjardins qui n’utilisent pas AccèsD, ou encore pour les personnes qui n’ont plus de compte chez Desjardins, c’est une lettre transmise par l’institution financière qui leur fournira les instructions pour se connecter au portail, à l’aide d’un numéro de référence unique.

Pas de réclamation possible avant de recevoir l’avis

Les membres du Groupe doivent attendre de recevoir leur Avis explicatif […] avant de pouvoir déposer une réclamation, précise l’administrateur des réclamations, RicePoint Administration, sur le site web du Règlement(Nouvelle fenêtre). Or, les envois seront envoyés graduellement au cours des 13 prochaines semaines, soit jusqu’à la mi-octobre. Desjardins ne divulgue pas d’information sur la cadence des envois pour des raisons opérationnelles, précise M. Turcotti.

Et seules les personnes qui ont reçu un lien personnalisé sur la plateforme web Desjardins AccèsD ou qui ont reçu une lettre avec les instructions de connexion peuvent réclamer pour le moment.

Une partie des personnes concernées par l’action collective ne recevront aucun avis et devront, quant à elles, attendre au 20 octobre 2022 pour présenter leur réclamation, au moment où le portail sera ouvert à tous. C’est le cas notamment des gens qui n’auront pu être joints par courrier.

Les demandeurs doivent faire une réclamation en bonne et due forme pour espérer toucher l’indemnité. Aucune indemnisation ne sera remise sans une réclamation. Une fois la réclamation déposée, l’administrateur RicePoint, une entité indépendante, déterminera s’il accepte ou refuse la réclamation.

Dates limites de réclamation

Les personnes qui ont consacré du temps à certaines démarches en lien avec la fuite chez Desjardins sans avoir subi un vol d’identité ont jusqu’au 20 avril 2023 pour soumettre leur réclamation. Si leur demande est acceptée, elles recevront un virement ou un chèque d’un montant maximum de 90 $ entre le 20 avril et le 19 juillet 2023.

Quant à celles qui ont été victimes d’un vol d’identité, elles devront déposer leur demande avant le 20 octobre 2023 pour faire partie de la première ronde d’indemnisation. Deux autres rondes seront offertes en 2024 et en 2025. Un montant maximum de 1000 $ est prévu en indemnisation, si la réclamation est jugée recevable par l’administrateur RicePoint.

Desjardins confirme qu’on pourra également se procurer une version papier du formulaire de réclamation dans les caisses Desjardins.

Avec Radio-Canada par Isabelle Roberge

Qui paye pour la visite du pape au Canada?

juillet 22, 2022

Entre le 24 et le 29 juillet, le pape s’arrêtera à Edmonton, Québec et Iqaluit afin de réitérer ses excuses pour l’implication de l’Église catholique dans le système des pensionnats pour Autochtones.

Le pape François salue la foule sur la place Saint-Pierre, lors de l'audience générale, le 15 juin 2022.

Ottawa distribuera 30,2 millions $ aux communautés autochtones du Canada afin de « s’assurer que les communautés ont des ressources financières pour soutenir les survivants qui veulent assister aux évènements », explique le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller. (archives) Photo: AP Andrew Medichini

La facture de la visite papale, estimée à plusieurs millions de dollars, sera majoritairement épongée par l’Église catholique du Canada, mais aussi par les contribuables. La Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) est toutefois incapable de chiffrer le coût exact de l’événement.

C’est une chose qui est organisée presque entièrement par la Conférence des évêques, mais le Canada joue un rôle d’arrière-plan assez important pour assurer la logistique et le bon déroulement de l’événement, explique le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller.

Les deux parties ont apporté d’importantes contributions, ajoute Erika Jacinto, l’une des responsables au sein de l’équipe nationale de la visite papale.

Selon elle, la CECC couvrira plusieurs coûts liés aux événements majeurs de la programmation, tels que les frais liés aux installations (scènes, éclairage, sonorisation), les infrastructures de communication (internet haute vitesse, frais de diffusion, centres des médias), le transport local vers les lieux d’événements, l’hébergement du pape et de sa délégation ainsi que la sécurité durant toute la visite.

Vue extérieure de la façade principale de la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, en été sous un ciel bleu et nuageux.

La basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré, près de Québec, accueillera des fidèles et des pèlerins à l’occasion de la visite papale. Photo : Radio-Canada/Raphaël Beaumont-Drouin

Pour l’heure, les coûts ne sont pas encore entièrement évaluables, assure le président de la CECC, Mgr Raymond Poisson, qui prévient qu’il y aura une discussion entre évêques pour discuter de l’éventuelle contribution des diocèses. Pour le moment, la CECC assume, dit-il.

À lui seul, l’arrêt du souverain pontife à Québec, du 27 au 29 juillet, coûtera à la CECCaux alentours de trois millions de dollars selon le président du comité de coordination de la visite du pape à Québec, Benoit Thibault.

Cette somme, explique-t-il, correspond au transport des pèlerins vers la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, aux stationnements incitatifs, à la logistique sécuritaire, à la retransmission sur écrans géants, au son, à la lumière et à l’alimentation en eau.

Erika Jacinto précise toutefois que cette visite aura un coût beaucoup plus modeste que les visites papales précédentes, grâce au rôle important des bénévoles […] et à la courte durée du séjour du pape.

La contribution d’Ottawa

Le montant exact de la facture n’est pas encore clair, mais la contribution du gouvernement fédéral s’élève déjà à plusieurs dizaines de millions de dollars. Ottawa distribuera notamment 30,2 millions de dollars parmi toutes les communautés autochtones du Canada.

Selon le ministre des Relations Couronnes-Autochtones, il s’agit de s’assurer que les communautés ont des ressources financières pour soutenir les survivants qui veulent assister aux événements.

« Le Canada, qui a joué un rôle clé dans les pensionnats, doit assumer les coûts pour les survivants.  »— Une citation de  Marc Miller, ministre des Relations Couronne-Autochtones

Le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, devant plusieurs drapeaux du Canada.

Le ministre des Relations Couronne-Autochtones, Marc Miller, veut s’assurer que les survivants de pensionnats puissent participer aux évènements avec le pape. (archives) Photo: La Presse Canadienne/David Kawai

En plus de cette somme, Services aux Autochtones Canada et Relations Couronne-Autochtones fourniront trois millions de dollars pour financer la coordination par les partenaires autochtones dans les trois régions hôtes, soit Edmonton, Québec et Iqaluit.

Par ailleurs, deux millions de dollars supplémentaires permettront de financer la traduction simultanée en différentes langues autochtones des discours du pape et des autres événements.

Marc Miller souligne que cette enveloppe s’ajoute au budget traditionnel consacré à la visite d’un chef d’État, en lien avec sa sécurité.

Le ministre affirme qu’il ne connaît pas le détail des dépenses, mais que les coûts pour assumer la sécurité et l’accompagnement d’une délégation assez grande sont estimés à plusieurs millions de dollars.

Une contribution des provinces?

Le gouvernement de l’Alberta ignore pour le moment quelle contribution la province devra verser pour couvrir les coûts de cette visite.

Les coûts seront confirmés dans le cadre du soutien financier global du gouvernement de l’Alberta à la visite papale. Le gouvernement de l’Alberta travaillera avec d’autres partenaires sur le partage potentiel des coûts de cette visite, a commenté l’attaché de presse du premier ministre de l’Alberta.

Le gouvernement du Nunavut affirme, quant à lui, qu’il prendra à sa charge les coûts liés aux déplacements de 10 survivants de pensionnats qui rencontreront le pape à Iqaluit, le 29 juillet.

De son côté, le gouvernement du Québec n’a pas répondu à nos questions à ce sujet.

L’avion du pape

Le pape salue avant d'entrer dans l'avion.

Le pape voyagera à bord d’un avion de la compagnie Alitalia. (archives) Photo : AFP via Getty Images/Andreas Solaro

Le transport du pape en avion, assuré par la compagnie Alitalia, sera financé en très grande partie par les 78 journalistes accrédités qui accompagneront le pape à bord de l’appareil, selon le correspondant du journal La Croix au Vatican, Loup Besmond de Senneville.

D’après un document logistique de la salle de presse du Saint-Siège, les journalistes qui accompagneront le pape dans ses trajets payeront approximativement 9000 $ de billets d’avion.

Le coût de l’avion, c’est l’immobilisation de l’appareil pendant une semaine, le gazole, le prix de l’équipage venu d’Italie pendant une semaine et qui reste à disposition de ces vols pendant toute la durée du voyage.

« Il n’y a pas de transparence sur le coût de ce voyage pour le Vatican. »— Une citation de  Loup Besmond de Senneville, correspondant du journal La Croix au Vatican

Selon Loup Besmond de Senneville, traditionnellement, le Vatican dépense le moins d’argent possible dans les voyages et les frais qui y sont liés, compte tenu des budgets très serrés du plus petit État du monde.

Le journaliste ajoute toutefois qu’il est possible que le Vatican participe aux frais de transport, sans préciser dans quelle mesure, car ces coûts spécifiques aux voyages ne sont jamais publics

Avec Radio-Canada par Charles Le Bourgeois

Des arnaqueurs se font passer pour le Centre antifraude du Canada

juillet 22, 2022
Gros plan sur la main d'une femme qui tient son cellulaire.

Les fraudes d’extorsion ont été la cause du plus grand nombre de signalements en 2021, selon Jeff Horncast, agent de communication et de sensibilisation à la clientèle au Centre antifraude du Canada. Photo : Getty Images/Grace Cary

Le Centre antifraude du Canada avertit le public contre des courriels d’hameçonnage usurpant son identité. Par courriel, les fraudeurs demandent aux potentielles victimes de cliquer sur un lien pour afficher leur rapport. L’agence gouvernementale exhorte le public à ne pas l’ouvrir, en rappelant qu’elle ne fournit aucun lien externe.

Jeff Horncastle est agent de communication et de sensibilisation à la clientèle au Centre antifraude du Canada.

Il affirme que c’est la première fois que l’hameçonnage par courriel est utilisé en usurpant le nom de l’agence, et que de tels stratagèmes ont encore lieu par téléphone au nom de l’organisme.

Ça prouve vraiment que personne n’est complètement protégé contre l’usurpation d’identité, dit-il. L’adresse qui apparaît est vraiment notre adresse courriel en anglais, mais ce n’est pas la vraie adresse d’où provient le courriel, prévient-il.

« C’est très important de ne jamais se baser sur l’adresse (courriel) que vous voyez […] Il ne faut jamais cliquer sur des liens. »— Une citation de  Jeff Horncastle, agent de communication et de sensibilisation à la clientèle au Centre antifraude du Canada.

M. Horncastle exhorte le public à ne pas se fier aux courriels non sollicités. Rappelez-vous de toujours vérifier la provenance des courriels ou de l’appel téléphonique avant de réagir, dit-il.

De même, Marc Tassé, professeur à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa et membre de l’Association des examinateurs certifiés de fraude, recommande de ne pas céder au sentiment d’urgence que les fraudeurs créent pour pousser les Canadiens à répondre à leur demande.

On vous met beaucoup de pression […] C’est le modus operandi, explique-t-il. Il rappelle que les agences gouvernementales possèdent souvent déjà les informations personnelles telles que le numéro d’assurance sociale ou encore l’adresse domiciliaire que les fraudeurs tentent d’obtenir.

« Ce qu’ils veulent c’est de vous avoir quand vous êtes vulnérables. Vous êtes vulnérables si vous êtes anxieux. Vous êtes anxieux si vous êtes sous pression. »— Une citation de  Marc Tassé, professeur à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa

M. Tassé croit qu’éviter d’être victime de fraude est un exercice de plus en plus ardu. Malheureusement, j’entrevois que le futur va être de plus en plus difficile en raison des avancées technologiques avec le Deepfake, le Deepvoice, dit-il.

Pour sa part, Jeff Horncastle du Centre antifraude du Canada affirme qu’environ une dizaine de personnes ont signalé ces courriels frauduleux à l’agence.

Il rappelle que le Centre antifraude du Canada n’est pas un organisme d’enquête. On est vraiment la base de données centrale pour les enquêteurs, dit-il. On ne sait jamais; l’information que vous avez est peut-être le morceau de casse-tête [manquant] pour les enquêteurs, ajoute-t-il.

Avec Radio-Canada par Francesca Mérentié