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Ces Canadiens qui demandent la fin de la monarchie au pays

septembre 10, 2022
De gauche à droite : la duchesse de Cornouailles, Camilla; le prince Charles; la reine Élisabeth II;  le prince George; la princesse Charlotte; le prince Louis; le prince William.

Certains gardent cependant toujours un attachement profond à la monarchie. Photo: Reuters/Hannah Mckay

Alors que le récent décès de la reine Élisabeth II suscite une vague d’émotions dans le monde, mais également au pays, certains Canadiens, parmi ceux issus de l’immigration, réclament « l’indépendance » du pays vis-à-vis de la Couronne, affirmant que la mort de la reine est une occasion de repenser les liens avec la monarchie.

Le président de l’Association Inde Canada, Parmod Chhabra, affirme qu’il respectait la reine en tant que souveraine du Canada, mais estime qu’il est temps pour le pays de rompre les liens avec la Couronne.

Je pense que le temps est venu pour la monarchie de se retirer, explique-t-il, rappelant les atrocités commises contre les Indiens lorsque l’Empire britannique dirigeait leur pays.

« Nous devrions faire avancer la réflexion et penser à la liberté totale, au lieu d’avoir à notre tête [le souverain] que nous n’élisons pas. »— Une citation de  Parmod Chhabra, président de l’Association Inde Canada

Plus de 50 pays ayant des liens historiques avec la Grande-Bretagne font partie du Commonwealth, dont la reine Élisabeth II a été la cheffe tout au long de son règne.

Sa mort survient au moment où un nombre croissant de pays débattent de leur relation avec la Couronne britannique. Certains de ces pays demandent que la Couronne britannique s’excuse pour les abus commis durant la période coloniale et qu’elle accorde à ses anciennes colonies des réparations pour l’esclavage.

Vers une indépendance véritable ?

Le président du Conseil national bangladais-canadien, Monir Hossain, abonde dans le même sens que M. Chhabra. Il affirme que le Canada devrait être un pays pleinement indépendant comme d’autres à travers le monde.

Je pense que nous voulons tous l’indépendance ces jours-ci. […] Le monde évolue, précise-t-il.

Ce ne sont cependant pas tous les Canadiens, parmi ceux issus de l’immigration, qui s’opposent à la reine et à la monarchie.

Reuben Wong est âgé de 73 ans et réside à Richmond, en Colombie-Britannique. Il a grandi à Hong Kong avant d’immigrer au Canada dans les années 1970. Il affirme qu’il ne serait pas là où il est aujourd’hui sans la reine et le système britannique.

L’esprit de la reine vit dans mon sang, indique M. Wong qui dit avoir vécu à Hong Kong dans un village sans eau ni électricité et qui se félicite de l’éducation gratuite dispensée par les autorités coloniales britanniques, grâce à laquelle il a pu immigrer et se lancer dans une carrière de fonctionnaire.

« Quand je regarde en arrière, je suis reconnaissant envers le système britannique à Hong Kong et la reine. »— Une citation de  Reuben Wong, résident de Richmond

Hong Kong ne fait plus partie du Commonwealth depuis la rétrocession à la Chine en 1997.

Vers l’effondrement ?

La famille royale a fait face à de multiples controverses cette année, relatives au rôle de la Couronne dans les anciennes colonies britanniques, au moment où des membres de la famille royale voyageaient pour célébrer le jubilé de platine de la reine, qui marquait ses 70 ans sur le trône.

En mars, il a été vivement reproché au prince William et à la duchesse de Cambridge leur surdité à l’égard des préoccupations du moment. Il leur a également été reproché de perpétuer des images de la domination coloniale britannique lors d’une tournée au Belize, en Jamaïque et aux Bahamas.

Le mois suivant, le comte et la comtesse de Wessex – Edward, le plus jeune fils de la reine, et sa femme Sophie – ont reporté l’étape de la Grenade d’une tournée dans les Caraïbes à la veille d’un voyage de sept jours après des consultations avec le gouvernement de la Grenade et le gouverneur général, le représentant de la reine sur l’île.

Ils étaient susceptibles d’y faire face à des demandes similaires à celles formulées notamment en Jamaïque; des militants avaient même demandé une audience avec le couple royal.

La Barbade a rompu ses liens avec la monarchie en novembre, et la Jamaïque a déclaré qu’elle ferait de même.

De l’utilité de la monarchie ?

Si la mort de la reine est susceptible d’alimenter des conversations sur la fin des liens avec la monarchie au Canada, certains répondront que le système du pays fonctionne bien et serait trop difficile à changer, selon Jonathan Malloy, professeur de sciences politiques à l’Université Carleton.

La longévité de la reine nous a permis de retarder peut-être certaines conversations. […] Certains verront son décès comme une opportunité de changement, explique-t-il.

« La monarchie est anachronique et représente des valeurs qui ne correspondent plus à la direction du Canada, mais le système fonctionne en fait assez bien […] et il serait extrêmement difficile de le changer.  »— Une citation de  Jonathan Malloy, professeur de sciences politiques à l’Université Carleton

Pour M. Malloy, la Couronne est au cœur de nos systèmes juridiques et politiques, et rompre les liens avec elle minerait, entre autres, les traités conclus avec les nations autochtones.

Il ajoute qu’il y aurait également des problèmes liés à la manière de sélectionner un nouveau chef d’État et un risque que la suppression de la Couronne ouvre la porte à d’autres tentatives de modification de la Constitution.

Aucun gouvernement ne veut être absorbé par des pourparlers et des changements constitutionnels, indique-t-il, soulignant les crises constitutionnelles du lac Meech et de Charlottetown il y a plusieurs décennies.

Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

Recensement : les revenus des Canadiens en hausse presque partout en 2020

juillet 13, 2022
Un travailleur polit une pièce d'acier dans une aciérie de Colombie-Britannique.

Les deux tiers des adultes ont reçu de l’aide financière lors la pandémie en 2020, selon Statistique Canada. Photo : La Presse Canadienne/Darryl Dyck

Les revenus des ménages canadiens ont augmenté partout sauf en Alberta et à Terre-Neuve-et-Labrador en 2020, au moment où des millions de personnes ont bénéficié de mesures de soutien liées à la pandémie, selon les nouvelles données du recensement de Statistique Canada.

Le revenu médian des ménages après impôts s’élève à 73 000 $ au Canada pour l’année 2020, en hausse de 9,8 % par rapport au dernier recensement, cinq ans plus tôt, une croissance qui s’explique en partie par l’élimination d’emplois moins bien rémunérés.

En comparaison, au Québec, le revenu médian des ménages après impôts est de 63 200 $ pour 2020, en hausse de 12,1 % par rapport à 2015. En Ontario, cette croissance s’élève à 12,8 % sur cinq ans, pour un revenu médian de 79 500 $.

C’est en Colombie-Britannique que le revenu médian des ménages après impôts a connu la plus forte croissance, en hausse de 14,3 %, à 76 000 $.

Quant à l’Alberta (83 000 $, en baisse de 4,6 %) et à Terre-Neuve-et-Labrador (63 200 $, en baisse de 1,3 %), la baisse des revenus après impôt s’explique majoritairement par la chute des prix du pétrole entre 2015 et 2020, en plus des ralentissements attribuables à la pandémie de COVID-19.

Bien que moins de Canadiens aient reçu un revenu d’emploi pendant la pandémie, les données du recensement suggèrent que les pertes d’emplois ont été en partie compensées par les prestations liées à la COVID-19, car environ les deux tiers des adultes canadiens (68,4 %) ont reçu des paiements des programmes de soutien.

Au-delà des programmes de soutien mis sur pied pendant la pandémie, Statistique Canada estime que les prestations plus généreuses de l’Allocation canadienne pour enfants ont aussi compensé les pertes de revenus, srutout pour les familles les moins nanties.

D’ailleurs, le nombre de Canadiens gagnant moins de 20 000 $ a augmenté de plus de 415 000, au moment où de nombreux emplois moins bien rémunérés ont disparu. Mais le taux de faibles revenus a diminué, dans l’ensemble, et le nombre de Canadiens qui n’ont déclaré aucun revenu a reculé de près d’un million par rapport à 2019.

En somme, 11,1 % des Canadiens se trouvaient dans une situation de faible revenu en 2020. Il s’agit d’une baisse de 3,3 % comparativement au taux de 14,4 % observé en 2015, soit la plus forte diminution du taux de faible revenu de toute période quinquennale depuis 1976.

Chez les Canadiens de 65 ans et plus, ce taux était toutefois en hausse de 0,6 %. Ainsi, 15 % d’entre eux se trouvaient dans une situation de faible revenu en 2020, comparativement à 14,4 % en 2015. La situation s’est aussi assombrie pour les Canadiens âgés de 80 ans et plus : 19,3 % étaient en situation de faible revenu en 2020, une hausse de 2 % par rapport à 2015.

Les experts avaient averti que les données sur le revenu, qui s’appuient sur les dossiers fiscaux et de prestations de l’Agence du revenu du Canada, présenteraient une image compliquée du début de la pandémie et devraient être considérées comme un instantané du moment.

Par Radio-Canada avec les informations de La Presse canadienne

La Russie interdit l’accès à son territoire à 43 Canadiens de plus

juin 27, 2022
Justin Trudeau et Suzanne Cowan (au centre)

La présidente du Parti libéral Suzanne Cowan (au centre) fait partie des personnalités interdites d’entrer en Russie. Photo : The Canadian Press/Adrian Wyld

La Russie a interdit l’entrée à son territoire à 43 Canadiens, une mesure prise en réponse aux sanctions occidentales imposées contre Moscou.

La liste, publiée par le ministère des Affaires étrangères, comprend notamment la présidente du Parti libéral au pouvoir au Canada, Suzanne Cowan, et l’ancien gouverneur de la Banque du Canada et de la Banque d’Angleterre, Mark Carney.

Des hauts fonctionnaires, des conseillers politiques et des membres de la société civile ont également été sanctionnés.

La diplomatie russe a dénoncé la russophobie belliqueuse du gouvernement de M. Trudeau et a précisé qu’il s’agissait d’une mesure de représailles contre l’introduction en mai par Ottawa de nouvelles sanctions contre des dirigeants d’entreprises russes et les membres de leurs familles.

En comptant la dernière liste, plus de 700 Canadiens ont été interdits d’entrée en Russie depuis le début de son offensive en Ukraine.

Le 19 mai, Moscou avait annoncé fermer le bureau dans la capitale russe de la radio-télévision canadienne CBC/Radio-Canada et annuler les accréditations et les visas de ses journalistes, en réponse à l’interdiction de diffusion de chaînes du groupe russe RT au Canada, décidée mi-mars.

Ottawa a pour sa part imposé des sanctions à plus de 1000 personnes et entités de la Russie, de l’Ukraine et du Bélarus.

En avril, Moscou avait sanctionné 61 responsables canadiens et journalistes. Il a interdit des dizaines d’autres politiciens occidentaux, journalistes et hommes d’affaires d’entrer en Russie.

Par Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse

Des milliers de Canadiens fraudés, Service Canada ne dit pas tout

avril 27, 2022

De nombreux prestataires d’assurance-emploi sont en colère contre Service Canada qui laisse planer le mystère au sujet d’une brèche de sécurité.

Des gens font la file.

Un bureau de Service Canada Photo : La Presse Canadienne/Paul Chiasson

Des milliers de personnes ont découvert avoir été victimes d’une fraude liée à l’assurance-emploi dans les derniers mois. Encore à ce jour, ces Canadiens ne savent pas exactement de quelle façon ils ont été fraudés. Malgré des demandes répétées durant plusieurs semaines, Service Canada a refusé d’expliquer précisément ce qui s’est produit.

Plus encore, les nombreux prestataires à qui nous avons parlé soutiennent ne jamais avoir été avisés par l’institution fédérale. Ils l’ont découvert par eux-mêmes, car ils ne recevaient pas leurs prestations – ce qui les plaçait parfois dans une situation précaire – ou parce qu’ils accédaient à leur dossier en ligne pour y obtenir leur feuillet T4E.

Le modus operandi semble avoir été le même dans tous les cas. Les adresses et le compte bancaire ont été changés dans l’ignorance la plus totale des prestataires et, selon toute vraisemblance, avec une certaine facilité.

Nous tenons à préciser que les comptes de Service Canada n’ont pas été piratés, indique l’agence. Nous savons que les fraudeurs peuvent utiliser de l’information (par exemple, nom, numéro d’assurance sociale, date de naissance, nom de famille d’un parent, ou même des mots de passe) à la suite d’un vol d’identité.Un usager consulte son téléphone intelligent.

Canadiens fraudés pas été prévenus par Service Canada. Photo: Radio-Canada/ Ici Radio-Canada

Jamais avisés

Service Canada précise que la région du Québec a connu un nombre considérablement plus élevé de fraudes liées au vol d’identité ou au fait que leur identité pourrait être compromise dans le secteur privé et les institutions financières.

La majorité des personnes qui nous ont confié leur malheur sont des clients de Desjardins, institution qui a connu une fuite massive de renseignements personnels en 2019.

Mais certains ne le sont pas, comme Manuel Lévesque de Saint-Lin–Laurentides. Je leur ai dit [à Service Canada] que c’est impossible, parce que je ne fais pas partie de la fraude à la caisse populaire, affirme-t-il. Je n’ai pas été fraudé autrement que par le chômage.

M. Lévesque, qui conduit des bétonnières, explique avoir fait une demande à l’assurance-emploi en décembre, mais n’avoir jamais rien reçu. Après plusieurs semaines et une deuxième demande sans paiement, il est descendu au bureau du chômage pour apprendre que son compte avait été compromis plusieurs mois auparavant : À force de parler à la madame, j’ai fini par savoir que mon chômage avait été fraudé au mois de juillet et au mois d’août!

« Où […] je bloque, c’est qu’ils n’appellent personne pour prévenir personne. »— Une citation de  Manuel Lévesque

Toujours en attente de ses chèques et de la régularisation de son dossier, Manuel Lévesque ne décolère pas de son aventure avec Service Canada. Si on leur doit cinq dollars, ils nous envoient une lettre, ironise-t-il.

Quant à Éliane L., cliente chez Desjardins, elle se demande aussi pourquoi elle n’a pas été prévenue. Lorsqu’elle a voulu faire une requête, elle s’est aperçue que son adresse et son compte bancaire avaient changé, mais il lui était impossible de faire quoi que ce soit, puisque son compte avait été révoqué.

Ils m’ont dit que je n’avais pas à m’inquiéter et que la demande avait été bloquée, puisque l’adresse frauduleuse était connue, relate-t-elle.

« Ça a été vraiment ardu, parce que, des fois, c’était quatre à cinq heures d’attente en ligne [au téléphone]. »— Une citation de  Éliane L.

Le cas d’Éliane L. n’est pas unique. À la fin de janvier, l’ajout d’effectifs et de mesures a permis, selon Service Canada, de rétablir le paiement des prestations à plus de 14 500 clients. Il n’a pas été possible d’obtenir de l’agence le nombre exact de victimes d’usurpation d’identité ni les montants qui ont pu être versés erronément.

Le dossier en révision de madame X

Nous avons insisté auprès de Service Canada pour mieux comprendre l’origine de la brèche de sécurité. Nous ne pouvons pas parler de cas particuliers sans une renonciation, nous a-t-on répondu.

Une cliente, dont le compte a été usurpé et que nous nommerons madame X pour préserver son identité, a donc accepté de signer pour Radio-Canada un formulaire de consentement à la divulgation aux médias de renseignements personnels. Elle a décelé l’escroquerie lorsqu’elle a voulu télécharger son feuillet T4E en vue de la production de sa déclaration de revenus.

Malgré tout, l’agence n’a pas répondu à notre question, car, a-t-elle soutenu, le 21 décembre, une anomalie a été détectée dans les informations fournies par le fraudeur et un arrêt de paiement a été ajouté au dossier [de madame X] le 31 décembre. Première réaction de la prestataire : Pourquoi en date du 7 février au soir, quand j’ai découvert la situation, je n’avais toujours pas reçu d’appel ou de lettre?

L’institution fédérale soutient que son dossier a été réglé à compter du 16 février 2022. Deuxième réaction de la prestataire : Pourquoi cela s’affiche-t-il toujours dans mon dossier comme une demande en révision?

Sécurité des programmes

Le gouvernement précise avoir mis en place des mesures afin de protéger l’intégrité des programmes de prestations incluant la mise au point de solutions de vérification des informations d’authentification des clients comme l’authentification multifacteur obligatoire.

Or, pour accéder à son dossier, madame X avait une telle authentification avec un code de sécurité envoyé par texto depuis près d’une année quand des fraudeurs ont pu modifier des informations à son compte. Elle n’a jamais reçu de quelconque alerte.

Comme l’illustrent les cas présentés dans ces lignes, Service Canada paraît néanmoins avoir réussi à bloquer certaines tentatives malhonnêtes, grâce à l’analyse de données et aux capacités de renseignements pour prévenir, détecter et empêcher les fraudes.

À très grande échelle

Le Conseil national des chômeurs, qui se porte à la défense des droits des travailleurs sans emploi, évoque un vol d’identité à très grande échelle qu’on ne s’explique pas encore.

Il y a des milliers de personnes dont le chômage a été bloqué à cause d’une demande faite en leur nom, raconte son porte-parole Pierre Céré. Ça a pris parfois des mois à les débloquer et ça continue.

M. Céré se souvient d’une rencontre au mois de janvier avec les dirigeants de Service Canada où son organisation a abordé le sujet : Ils arrêtaient de respirer, parce qu’à cette époque, ils ne voulaient pas le reconnaître, du moins publiquement.

« Il est anormal que les dossiers traînent pendant des mois. Encore plus surréaliste, c’est qu’il faut pratiquement, comme intervenant, démontrer un état d’indigence du prestataire pour que le dossier soit traité. »— Une citation de  Pierre Céré, porte-parole, Conseil national des chômeurs

Le Bloc québécois s’en mêle

Nous ne sommes pas parvenus à savoir si la méthode des malfaiteurs a pu être contrecarrée définitivement ni si des Canadiens n’ayant jamais eu recours à l’assurance-emploi ont pu être visés.

Le 1er avril, dans une lettre acheminée à la ministre du Revenu national, Diane Lebouthillier, le Bloc québécois soulignait que les cas de fraude à l’assurance-emploi risquent d’augmenter drastiquement lorsque les gens recevront leur avis de cotisation et réaliseront qu’ils doivent payer de l’impôt sur des montants dont ils n’ont jamais vu la couleur.

Le parti politique s’indigne d’ailleurs que des contribuables doivent encore à ce jour payer injustement des impôts sur des prestations canadiennes d’urgence et de relance économique qu’ils n’ont jamais eues.

L’auteur de la lettre, le député Jean-Denis Garon, demande à la ministre une période de grâce pour les personnes fraudées, le temps de régler la situation, et ce, sans intérêt, et que l’Agence du revenu du Canada émette un nouvel avis de cotisation à la réception du T4E modifié de Service Canada.

Avec Radio-Canada par Mathieu Dion

Des Canadiens s’envolent vers un ciel plus clément malgré la recommandation d’Ottawa

janvier 3, 2022

Voyager à l’époque du variant Omicron comporte des risques, indique un expert.

Des voyageurs déambulent dans le hall d'un aéroport.

Des passagers étaient à l’aéroport Montréal-Trudeau dimanche. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

Malgré la recommandation du gouvernement fédéral d’éviter tout voyage non essentiel à l’étranger afin de lutter contre la propagation de la COVID-19, beaucoup de Canadiens continuent de quitter le pays.

Les nombreuses annulations de vols dans le monde liées au déferlement du variant Omicron et le risque d’être coincé dans le pays de destination n’ont pas tempéré l’ardeur des voyageurs canadiens.

Je ne me sens pas plus en danger à mon condo là-bas [Floride] qu’ici. Ça fait juste nous libérer un peu l’esprit, a affirmé un voyageur rencontré dimanche à l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau, à Montréal.

Ce n’est pas interdit de voyager, donc je voyage quand même, martèle un autre passager, même s’il reconnaît avoir hésité un petit peu avant de prendre l’avion.

Même raisonnement chez une passagère, qui estime qu’il n’est pas interdit de voyager. Il faut seulement prendre les mesures d’hygiène nécessaires avant de prendre l’avion, et c’est ce que j’ai fait, assure- t-elle.

Une autre voyageuse ne voit pas l’intérêt de rester au Canada pour ne pas contracter le virus.

« Je vais faire là-bas les mêmes choses que je faisais ici. »— Une citation de  Une voyageuse

À la mi-décembre, le gouvernement fédéral avait déconseillé tout voyage non essentiel à l’étranger.

Voyage à plusieurs risques

Selon Jacob Charbonneau, président-directeur général de l’entreprise Vol en retard, voyager en temps de pandémie est beaucoup plus difficile parce qu’on doit tenir compte de plusieurs facteurs.

« Il faut être prêt à être plus flexible. Si on doit rester cinq jours de plus à destination, est-ce qu’on est prêt pour ça? Si on voyage en famille, il y a les enfants. Il faut prendre des médicaments : est-ce qu’on en a suffisamment? »— Une citation de  Jacob Charbonneau, président-directeur général, Vol en retard

Même si beaucoup de voyageurs qui quittent le pays disent être assurés, M. Charbonneau les appelle à faire preuve de vigilance lors de l’achat de leur billet. Il faut vraiment voir ce qu’on a acheté et ce qui est inclus dans les petites lignes, conseille-t-il aux voyageurs.

L’entrepreneur rappelle que des annulations de vols surviendront en raison du nombre d’infections à la COVID-19 qui affecteront le personnel de bord. Par conséquent, beaucoup de transporteurs risquent de se retrouver avec des vols avec moins de passagers, ce qui pourrait entraîner des annulations, fait-il savoir.

À ces raisons s’ajoutent les conditions hivernales observées ici et aux États-Unis. Plus d’une soixantaine de vols ont été annulés au Canada dimanche.

Du côté des États-Unis, ce sont plus de 2000 vols qui ont été annulés dimanche en raison du variant Omicron, des vents forts, des inondations et des tempêtes de neige qui ont secoué le pays. Dans le monde, 3743 vols ont été annulés dimanche.

Avec Radio-Canada avec les informations d’Alexie André-Bélisle

Le variant Omicron plonge les Fêtes et les Canadiens dans l’incertitude

décembre 6, 2021
Des décorations de Noël en forme d'étoiles à la place d'Armes.

La place d’Armes, à Montréal, en décembre 2021 Photo: Radio-Canada/Daniel Thomas

Les plans de nombreux Canadiens en vue du temps des Fêtes sont plongés dans l’incertitude depuis l’apparition du variant Omicron de la COVID-19.

Par exemple, Meegan Scheffer espérait bien revoir deux de ses trois enfants à Noël. Leurs billets d’avion sont réservés, mais elle craint que le variant l’oblige à reporter le voyage une nouvelle fois.

Je n’ai pas encore sorti les décorations parce que je voulais les attendre pour les installer tous ensemble, raconte-t-elle. L’an dernier, je n’ai même pas monté le sapin. Serais-je à nouveau sans sapin et sans mes enfants à Noël?

Nazeem Muhajarine, un professeur d’épidémiologie à l’Université de la Saskatchewan, dit qu’il sera peut-être nécessaire de réduire l’ampleur des festivités en raison des inquiétudes soulevées par le variant Omicron.

Il est encore trop tôt pour bien connaître la nouvelle mutation. Le Pr Muhajarine garde espoir de sauver l’esprit des Fêtes. Il encourage la population à attendre de voir comment la situation évoluera avant d’annuler les célébrations.

Il est prudent d’avoir une approche plus mesurée, convient-il. Mais on peut attendre que Noël ou le Jour de l’an approche avant de compléter ses plans.

Certains chercheurs ont laissé entendre que le nouveau variant serait plus contagieux que ses prédécesseurs, mais le Pr Muhajarine dit qu’il faudra attendre des semaines avant de connaître le comportement du variant, notamment s’il est plus dangereux ou plus résistant.

Si le variant a provoqué une forte hausse des cas de COVID-19 en Afrique du Sud, il est encore trop tôt pour prédire sa propagation au Canada, puisque le taux de vaccination est supérieur dans notre pays, ajoute-t-il.

Une chose est certaine : l’incertitude complique la tâche de ceux qui prévoient passer leurs vacances à l’étranger. Le Canada et plusieurs autres pays ont pris des mesures restrictives plus sévères à leurs frontières, mentionne le Pr Muhajarine.

Visiter parents et amis au Canada est un pari plus sûr. Il recommande aux visiteurs de subir des tests rapides antigéniques avant leur arrivée et avant leur départ par mesure de précaution.

Le Pr Muhajarine invite la population à se préparer à refaire leur plan, tout dépendant de ce que décideront les provinces pour faire face à l’actuelle vague de COVID-19.

Le Nouveau-Brunswick a déjà annoncé dimanche l’entrée en vigueur de la phase 1 du plan d’action pour l’hiver. Si les rassemblements intérieurs de 20 personnes ou moins sont autorisés, il est recommandé aux personnes non vaccinées de rester chez elles.

Le Québec compte annoncer cette semaine ses intentions, mais le premier ministre François Legault avait l’espoir de porter à 20 ou 25 personnes le nombre limite des participants à un rassemblement intérieur. Mais la récente hausse du nombre de cas lui laissera-t-elle vraiment le choix?

Le Pr Muhajarine préfère des rencontres plus intimes. Il recommande un nombre d’invités inférieur à 10 et de les obliger à être vaccinés.

C’est comme ça qu’on peut s’assurer de passer un petit Noël en toute sécurité cette année. On peut espérer que les choses seront différentes l’an prochain.

Steve Joordens, un professeur de psychologie à l’Université de Toronto Scarborough, s’inquiète que le variant Omicron pousse les gens vers la dépression.

Nous pensions avoir la chance de célébrer un Noël normal cette année. Si on nous en prive, ce sera retourner le fer dans la plaie, dit-il. On commence à ressentir des sentiments dépressifs. On a l’impression qu’on ne peut rien changer. C’est vraiment affolant.

Par La Presse canadienne avec Radio-Canada

Séisme en Haïti: la Coalition humanitaire lance un appel à l’aide aux Canadiens

août 17, 2021

MONTRÉAL — Une douzaine d’organismes s’unissent au sein de la Coalition humanitaire afin de lancer une collecte de fonds destinée à fournir une aide d’urgence après le tremblement de terre dévastateur survenu samedi dernier dans le sud-ouest d’Haïti.

 

© Fournis par La Presse Canadienne

La Direction générale de la Protection civile d’Haïti (DGPC) rapporte qu’au moins 1419 personnes ont perdu la vie et que 6900 ont été blessées dans le séisme, et que le bilan risque de s’alourdir. La secousse a détruit des habitations, des écoles, des églises et des hôpitaux.   

Environ 600 000 personnes ont aujourd’hui besoin de vivres, d’eau et d’un abri.   

La Coalition humanitaire regroupe notamment les organismes Action contre la Faim, Aide à l’enfance, Banque canadienne de grains, Care Canada, Médecins du Monde, Oxfam-Québec, Plan International Canada et Vision Mondiale Canada.   

Lundi, la Croix-Rouge canadienne avait déjà invité la population à contribuer au fonds «Séisme en Haïti» qu’elle a mis en place dans la foulée du tremblement de terre. Les dons versés à ce fonds serviront à répondre aux besoins immédiats des sinistrés, à appuyer les efforts de secours, à favoriser le rétablissement à long terme et à préparer Haïti à faire face à d’autres sinistres, y compris les situations d’urgence pouvant découler du tremblement de terre.   

Pour sa part, la Coalition humanitaire s’engage à fournir une aide vitale aux familles affectées.  Cette catastrophe s’est produite dans un pays déjà ébranlé par un chaos politique depuis l’assassinat de son président le mois dernier et par de multiples troubles sociaux et l’insécurité alimentaire.  

Les Canadiens peuvent faire des dons pour l’aide aux victimes du séisme en Haïti en accédant à la page Web http://www.coalitionhumanitaire.ca.

Avec La Presse Canadienne

Élections fédérales – Les Canadiens conviés aux urnes le 20 septembre

août 12, 2021

Après avoir esquivé durant plusieurs semaines les questions sur le déclenchement d’une campagne électorale pour laquelle il se préparait activement, le premier ministre Justin Trudeau se rendrait à Rideau Hall dimanche pour demander à la gouverneure générale de dissoudre la Chambre des communes, ont rapporté jeudi différents grands médias canadiens.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

© Graham Hughes La Presse canadienne Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Les prochaines élections générales du Canada auront lieu le 20 septembre 2021, selon plusieurs sources anonymes citées par La Presse canadienne, Reuters, le Globe and Mail et Radio-Canada–CBC. Il s’agit de la date à laquelle il était prévu que les parlementaires reviennent siéger à Ottawa.

Aucun autre parti fédéral ne souhaite le déclenchement d’une campagne électorale, au même moment où l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, affirme que le pays est maintenant entré dans une quatrième vague pandémique.

Élections anticipées

La loi canadienne ne force pas la tenue d’élections avant le 16 octobre 2023. Or, une campagne électorale peut quand même être déclenchée à tout moment jugé opportun par le premier ministre, qui n’a qu’à demander au gouverneur général de dissoudre le Parlement.

Un lundi est alors choisi comme date pour l’élection, suivant une campagne d’au minimum 37 jours (en comptant la date de déclenchement) et d’au maximum 51 jours, selon les règles établies en 2018. Le souvenir de l’élection de 2015 est encore frais, lors de laquelle le premier ministre Stephen Harper avait déclenché une très longue campagne électorale estivale de 78 jours, provoquant sa perte.

Justin Trudeau a passé une partie de l’été à annoncer de nouveau des fonds prévus au budget de 2021 dans différentes provinces et en compagnie de politiciens locaux. Il était par exemple à Montréal, le 5 août, pour réitérer, aux côtés du premier ministre François Legault, que le Québec allait être compensé à hauteur de 6 milliards de dollars pour sa part du programme fédéral de garderies subventionnées. Des ministres fédéraux ont également annoncé pas moins de six fois en juillet, dans autant de villes, les investissements prévus pour un train de VIA Rail à grande fréquence entre Québec et Toronto.

Au moins 27 députés ont déjà annoncé qu’ils ne se représenteraient pas aux prochaines élections, dont 12 libéraux, en prévision d’un scrutin en 2021. Tous les partis ont appuyé sur la pédale d’accélérateur pour recruter des candidats et préparer un scrutin estival, s’accordant par exemple le droit de nommer à partir de leur quartier général des candidats dans certaines circonscriptions.

Fluctuations en Chambre

Le Parti libéral du Canada (PLC) a fait élire 157 députés lors du dernier scrutin, qui s’est tenu le 21 octobre 2019. Il a subséquemment formé un gouvernement minoritaire, ce qui signifie qu’il avait besoin de l’appui d’au moins un parti d’opposition aux Communes pour faire adopter ses projets de loi. Il a par exemple bénéficié de l’appui du NPD lors du dernier discours du Trône et de celui du Bloc québécois pour le projet de loi C-10 sur la radiodiffusion, envoyé au Sénat à la toute dernière minute avant l’été.

Divers départs, démissions, renvois et deux élections partielles en 2020 ont fait diminuer le nombre de députés libéraux à 155. Le parti de Justin Trudeau fait le pari qu’il réussira à gagner au moins 15 circonscriptions de plus cette fois, pour atteindre une majorité au Parlement, à 170 députés sur 338.

Les libéraux avaient réussi à décrocher la victoire dans 184 circonscriptions lors des élections générales de 2015. Leur baisse en 2019 est attribuable à la perte de 14 sièges dans l’Ouest canadien (dont 6 en Colombie-Britannique), de 6 sièges en Atlantique, de 5 sièges au Québec, d’un siège en Ontario et d’un siège au Nunavut.

Bien que le Parti conservateur du Canada eût récolté plus de votes que le Parti libéral du Canada en 2019 (6,2 millions de votes contre 6 millions), la distribution géographique de ses appuis l’a cantonné dans le rôle d’opposition officielle, avec 121 élus. Le Bloc québécois a fait élire 32 députés aux Communes, soit plus de 40 % des sièges du Québec à Ottawa. Le Nouveau Parti démocratique compte 24 députés, dont un seul au Québec.

Par  Boris Proulx avec La Presse canadienne

Santé mentale: 21 % des Canadiens diagnostiqués entre septembre et décembre derniers

mars 18, 2021

OTTAWA — De septembre à décembre derniers, pendant la seconde vague de pandémie de COVID-19, 21 % des Canadiens âgés de 18 ans et plus ont reçu un dépistage positif soit de trouble dépressif majeur, de trouble d’anxiété généralisée ou trouble de stress post-traumatique (TSPT).

© Fournis par La Presse Canadienne

L’enquête élaborée par Statistique Canada en collaboration avec l’Agence de la santé publique du Canada précise que le trouble dépressif majeur était le plus répandu, avec 15 % des Canadiens ayant obtenu un dépistage positif en fonction des symptômes présentés au cours des deux semaines précédentes.

La proportion a été de 13 % pour un trouble d’anxiété généralisée. D’après les symptômes observés au cours du mois précédent, 6 % des Canadiens ont eu un dépistage positif pour un trouble de stress post-traumatique probable.

L’enquête précise qu’on n’a pas demandé aux répondants de signaler leurs symptômes particulièrement à l’égard de la pandémie de COVID-19.

Cependant, les auteurs de l’étude signalent que chez certaines personnes ayant eu des problèmes de santé mentale avant la pandémie, les symptômes préexistants peuvent s’être intensifiés pendant la crise sanitaire. D’ailleurs, parmi les personnes qui ont eu un dépistage positif pour un trouble, 68 % ont indiqué que leur santé mentale s’était détériorée depuis le début de la pandémie.

L’enquête précise que les jeunes adultes âgés de 18 à 24 ans sont les plus susceptibles de signaler des symptômes de dépression, d’anxiété et de troubles de stress post-traumatique. Dans l’ensemble, 24 % des femmes ont reçu un dépistage positif pour au moins un trouble, par rapport à 17 % des hommes.

L’enquête révèle aussi que plus de 40 % des Canadiens ayant déclaré avoir éprouvé de la difficulté à respecter des obligations financières ou à répondre à des besoins essentiels en raison de la pandémie de COVID-19 ont obtenu un dépistage positif à l’un des trois troubles mentaux.

Avec La Presse Canadienne

Plusieurs Canadiens se retrouvent bloqués au Royaume-Uni, avec la variante du virus

décembre 22, 2020

MONTRÉAL — Mark Sultana a accueilli comme «une bombe» la décision d’Ottawa, dimanche, de suspendre la plupart des vols en provenance du Royaume-Uni, où une variante du virus de la COVID-19 a été découverte.

© Fournis par La Presse Canadienne

L’entrepreneur canadien de 52 ans, qui vit la plupart du temps à Londres depuis près de vingt ans, indique que l’annonce de dimanche soir a particulièrement étonné les Canadiens qui prévoyaient rendre visite à leur famille et leurs amis pendant les vacances des Fêtes.

«Nous ne pouvons aller nulle part — aucun d’entre nous», a déclaré en entrevue lundi celui qui est aussi administrateur du groupe «Canadiens à Londres» sur Facebook. «Nous sommes tous confinés sur cette île — et beaucoup de Canadiens sont touchés.» 

Originaire de la région de Toronto, M. Sultana soutient que plusieurs membres du groupe Facebook, qui compte 6800 abonnés, ont signalé que leur vol avait été annulé. «Ils étaient prêts à se mettre en quarantaine et à faire ce qu’il fallait pour rentrer chez eux, mais là, ils sont complètement bloqués.»

À la suite d’autres pays, le Canada a annoncé dimanche soir la suspension pendant trois jours — pour l’instant du moins — des vols de passagers en provenance du Royaume-Uni, afin d’empêcher l’importation d’une variante du virus SRAS-CoV-2 découverte par les responsables britanniques, qui pourrait être 70 % plus contagieuse que la première. 

Le premier ministre britannique, Boris Johnson, a aussi annoncé samedi que Londres et le sud-est de l’Angleterre seraient soumis à des restrictions plus strictes, de «niveau 4», en raison d’une augmentation des cas et des préoccupations concernant la variante du SRAS-CoV-2. 

Et le Brexit avec ça!

Mais ce n’est pas la première fois que Londres est «confinée», rappelle Julien Gagnon, originaire de Saint-Lambert, qui vit au Royaume-Uni depuis 10 ans, dont près de cinq dans la capitale. Le Québécois de 32 ans précise qu’après des semaines de semi-confinement à Londres, le plus grand impact des restrictions de «niveau 4» se fera sentir dans les prochains jours, alors que les rassemblements des Fêtes entre des personnes de ménages différents sont désormais interdits.

«Nous ne pouvons rien faire. Nous devons rester à l’intérieur. Nous ne pouvons pas voir d’amis, nous ne pouvons pas voir la famille, nous ne pouvons pas fêter Noël», déplore M. Gagnon, qui sait pertinemment, toutefois, que la situation sera identique au Québec. 

Le Torontois d’origine Bobby Demers, qui vit au Royaume-Uni depuis 1988, a indiqué que beaucoup de gens ont envahi les magasins à Londres lundi, craignant notamment une pénurie de produits frais à cause de la fermeture des frontières. «Je suis allé au supermarché local ce matin (…) et la file de voitures débordait du stationnement du centre commercial», dit-il.

Pour ne rien arranger, le Royaume-Uni est à moins de deux semaines de la dernière étape de sa sortie de l’Union européenne, et le gouvernement britannique n’a pas encore conclu d’accord commercial avec le bloc de 27 pays membres.

«Ce qu’on vit, c’est presque comme un précurseur de ce qui va se passer dans deux semaines, lorsque les camions et les avions ne pourront plus faire des allers-retours très facilement entre l’Angleterre et l’Europe», laisse tomber M. Demers.

Administrateur d’un autre groupe Facebook, «Canadiens au Royaume-Uni», qui compte 5300 abonnés, M. Demers explique que dans cette période d’incertitude, les gens se regroupent et offrent des mots de soutien. «L’empathie que les Canadiens ont les uns pour les autres s’est vraiment manifestée», a-t-il déclaré. «Les gens ont cette vision de Londres comme (un endroit où) les gens ne se parlent pas, les gens évitent le contact visuel, mais quand les choses se compliquent et en cas d’urgence, les gens ici ont tendance à se rassembler.»

Avec Jillian Kestler-D’Amours, La Presse Canadienne