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Le 68e festival s’ouvre sur un hommage aux femmes et aux actrices

mai 13, 2015

Première montée des marches, défilé de stars en robes somptueuses, limousines aux vitres teintées: le grand show du festival de Cannes, événement mondial à la gloire du 7e art, s’est ouvert mercredi par un hommage aux femmes et aux actrices.

« La femme, l’actrice, est le symbole de l’amour sur lequel tout entier repose le cinéma », a déclaré le maître de cérémonie Lambert Wilson. « A l’heure où certains, et je dis bien certains, voudraient la cacher, la bâillonner, la tenir dans l’ombre, la rendre captive, la violer, la mutiler, la vendre comme une marchandise, le cinéma, lui, la met en lumière, la révèle, la révèle… », a ajouté l’acteur.

Isabella Rossellini, Naomi Watts, Emmanuelle Devos, Guillaume Gallienne, Emmanuelle Béart, entre autres, avaient auparavant inauguré le tapis rouge face aux milliers d’anonymes.

Deux présidents
Lambert Wilson a accueilli les membres du jury sur scène, en particulier les frères Coen, co-présidents, l’un en noeud papillon, l’autre en cravate noire. « En ces temps de crise, deux présidents, le festival peut-il se le permettre? », a-t-il plaisanté.

« Deux présidents, ce sont deux suites dans un palace, deux chauffeurs, deux voitures officielles, deux parts de homard, je ne sais combien de kilos de viennoiseries au petit déjeuner (…) Et comment va s’opérer le décompte des voix? Le président traditionnellement a deux voix, là ça en fait quatre », a-t-il dit.

Tête haute
Dix-neuf films sont en compétition pour décrocher la célèbre Palme d’Or, qui sera décernée le 24 mai. « Je ne crois pas que nous soyons des critiques de cinéma exactement. Nous sommes ici pour trouver un consensus », a déclaré mercredi lors d’une conférence de presse, le réalisateur américain Joel Coen.

C’est au film de la Française Emmanuelle Bercot, « La Tête haute », que revient le privilège d’ouvrir le festival, hors compétition. Toute l’équipe du film a foulé le tapis rouge du Palais des Festivals, dont Catherine Deneuve, en robe noire et fuchsia, qui interprète une juge pour enfants dans ce film qui suit le parcours d’un jeune délinquant.

Présence ministérielle
Présence inattendue, la ministre de la Justice, Christiane Taubira, a elle aussi monté les marches pour voir ce long métrage consacré à la justice des mineurs. « Lorsqu’un de nos enfants vacille nous devons être là pour le rattraper, pour l’aider à se relever », a-t-elle dit.

Ce film est « une réponse à une année assez difficile qu’on a connue en Europe et surtout en France », avait auparavant déclaré Catherine Deneuve, lors de la conférence de presse du film.

Avec cinq longs métrages en course pour la Palme d’Or, et un quart des films toutes sections confondues, Cannes déroulera cette année le tapis rouge au cinéma français.

Romandie.com

Le G20 aidera l’Europe mais pas à n’importe quel prix

novembre 5, 2011

La présidence française a obtenu des avancées sur la régulation de l’économie à long terme, mais la zone euro n’a pas réussi à rassurer ses partenaires.

Chine, États-Unis, Brésil, Japon… Pendant deux jours, à Cannes, le discours a été unanime: «Il faut sauver l’euro pour nous sauver nous-mêmes.» Sur les moyens d’y parvenir, en revanche, et sur les sommes à mettre en jeu, il y a loin encore de la coupe aux lèvres.

Sourire crispé du représentant japonais expliquant poliment «attendre des éclaircissements techniques sur la situation politique européenne», déclaration tranchante de la présidente brésilienne, Dilma Rousseff, qui «n’a pas l’intention de contribuer directement au Fonds européen de stabilité financière alors que les Européens s’abstiennent»… Comme l’a résumé brutalement la chancelière allemande Angela Merkel, «il n’y a quasiment personne au sein du G20 pour investir dans le Fonds européen de stabilité financière» -le FESF, qui doit servir à éviter une propagation de la crise de la dette à d’autres pays, après la Grèce .

Au terme d’un G20 parasité par cette crise de la dette souveraine européenne, la présidence française a pourtant sauvegardé l’essentiel. Les vingt pays les plus riches sont d’accord pour «dynamiser la croissance, créer des emplois et assurer la stabilité financière». Une phrase importante dans un contexte de ralentissement économique global où la tentation du protectionnisme et du repli sur soi est très forte. Mais contrairement aux sommets de Londres ou de Pittsburg, en 2008 et 2009, aucun chiffre spectaculaire pour installer la confiance et relancer la machine. Les déséquilibres budgétaires des grands pays développés l’empêchent.

«Un succès mais encore beaucoup de travail»

Paris n’en a pas moins obtenu des avancées importantes en convainquant chaque pays de prendre des mesures à son niveau pour stimuler son économie. «Cet esprit de coopération est essentiel car les uns se nourriront des actions des autres», décrypte un proche du chef de l’État.

La France peut se féliciter, plus précisément, d’avoir arraché des gestes importants de la Chine. Pékin a accepté que figure noir sur blanc dans le communiqué final sa promesse de faire avancer «rapidement» les marchés de change vers plus de flexibilité. «Plus important encore, les Chinois sont d’accord pour ralentir le rythme d’accumulation de leurs réserves de change», poursuit-on dans l’entourage de Nicolas Sarkozy. Cela signifie, concrètement, accepter de stimuler leur demande intérieure, donc procéder à une appréciation de leur devise tout en contribuant à la croissance mondiale. Le G20, sous présidence française, a aussi démontré sa capacité à trouver un consensus sur des sujets techniques, mais fondamentaux, de régulation des marchés bancaires, financiers ou de matière première.

Autant d’avancées à long terme qui ne résolvent rien des difficultés à court terme. Signe de la méfiance qu’inspire désormais l’Europe à ses partenaires, le FESF n’est pas considéré comme suffisamment fiable par les investisseurs émergents. C’est donc au FMI qu’il reviendra de jouer l’éventuel rôle de pompier. «Tous les pays sont d’accord pour renforcer les montants à la disposition du FMI», s’est félicité Nicolas Sarkozy.

Mais là encore, aucun chiffre précis n’a pu être mis sur la table. «Nous devons travailler sur les modalités techniques de renforcement du Fonds», précise-t-on côté français, où l’on évoque une hypothèse de travail de 250 milliards de dollars pour l’accroissement des ressources. Les ministres des Finances du G20 devront définir les modalités techniques de ce renforcement, lors d’une rencontre en février. Une éternité aux yeux des marchés, qui ont terminé en net repli vendredi.

C’est finalement le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, qui a le mieux résumé ces deux jours de sommet: «Un succès mais il reste encore beaucoup, beaucoup de travail à accomplir. Pour l’Europe mais aussi pour le reste du monde.»

Lefigaro.fr par Cyrille Lachèvre

Sarkozy endosse ses habits de «président des crises»

novembre 3, 2011

Le chef de l’État cherche à reconquérir l’opinion en jouant la carte de la crédibilité.

Trois ans presque jour pour jour après le premier G20 de Washington, le 15 novembre 2008, le monde est de nouveau au bord du gouffre. À l’époque, George W. Bush, l’hôte de ce G20, terminait un deuxième mandat crépusculaire. Jeudi, Nicolas Sarkozy accueille le sixième sommet du G20 dans un contexte encore plus agité. Le président français s’est porté candidat pour l’organiser il y a plus d’un an, sachant que ce sommet, placé à six mois de la présidentielle de 2012, pourrait aussi servir à le camper en président prêt à se colleter avec les tempêtes de la mondialisation. Le voici largement servi.

Bonnet d’âne

Le sujet n’est plus la réforme du système bancaire international, mais le surendettement mirobolant des principales économies du monde développé. Pour résoudre cette équation à plusieurs inconnues, le président français voulait tout faire pour que la zone euro ne se présente pas coiffée d’un bonnet d’âne. Le coup de théâtre du référendum grec a évidemment remis sur la défensive les Européens. «Sarkozy et Merkel vont forcer Papandréou à accélérer au maximum la procédure référendaire», résume un conseiller élyséen.

Sarkozy accueille donc ses homologues à la fin d’un quinquennat placé sous le signe des crises. Des homologues qui seront bien plus nombreux que les fameux «Vingt». «Les Vingt seront en fait trente-trois», précise l’Élysée. Car il faudra compter cinq pays invités à titre exceptionnel, et sept organisations internationales.

Dans une situation de crise aiguë de confiance dans l’ensemble des places financières, le défi du G20 de Nicolas Sarkozy est d’apaiser d’abord, rassurer ensuite. Vendredi, lors du communiqué final, la présidence française veut être en mesure d’annoncer un «plan d’action pour une croissance durable», en proposant «des stratégies différenciées» en fonction des priorités de chaque grande zone économique. À l’Europe la consolidation budgétaire, aux États-Unis le plan de relance, à la Chine la relance de son marché intérieur et, peut-être, la réévaluation de sa monnaie. Du moins est-ce le schéma idéal. L’objectif est de redonner une perspective longue aux marchés, qui, pour le moment, «paniquent le matin à cause des déficits et expliquent l’après-midi que les plans de rigueur risquent de tuer le retour fragile de la croissance», constate un conseiller du chef de l’État. «Nous essayons de casser ce cercle vicieux en affichant une coordination internationale crédible», ajoute-t-il.

Cette «crédibilité» sera tout l’enjeu du G20 de Sarkozy. Or, pour l’Élysée, cette crédibilité passe bien sûr par la détermination des Européens à remonter la pente des déficits. Mais l’essentiel repose en réalité sur la bonne volonté de Pékin. Nicolas Sarkozy souligne souvent que les Chinois consomment 30% de leur PIB et les Européens 70%. «Nous avons tout fait pour associer les Chinois de façon coopérative, cela ne garantit aucun résultat, mais c’est sans doute mieux que la stratégie américaine, qui consiste à leur fixer des ultimatums», confiait un diplomate élyséen. L’année dernière à Séoul, déjà, les Américains avaient froncé les sourcils, pour raidir les Chinois dans une position de refus. Cette fois-ci, le Congrès américain a encore voté un texte menaçant Pékin de sanctions, regrette l’Élysée.

Quel que soit le résultat du G20, Nicolas Sarkozy espère qu’il aura fait la preuve devant les Français de son obstination à trouver des solutions. Pour son entourage, «le président des crises» apparaît complètement à son affaire au moment où François Hollande «se contente d’ironiser sur le chef de l’État», avance un proche du président. «La semaine dernière, Hollande aurait dû saluer l’accord de Bruxelles au lieu de faire du Montebourg en regrettant que l’Europe se soit mise dans les mains de la Chine», avance ce proche. «Ce n’est pas une attitude d’homme d’État, surtout de la part d’un fils spirituel de Jacques Delors», constate ce dernier.

«Quitte ou double»

Pendant que François Hollande semble chercher encore les bons réglages face à cette crise qui se durcit et se répand, Nicolas Sarkozy continue de creuser son sillon de président au travail. De plus en plus, les tourbillons et les cyclones qui balayent les grandes économies de la planète apparaissent aux proches du président comme la voie qui lui permettra de reconquérir une opinion qui lui reste pour le moment largement réfractaire. «C’est quitte ou double, soit il réussit à épargner à la France les sacrifices qu’ont connus les autres pays, et alors il a une chance. Soit il est rattrapé par les mêmes difficultés, et il sera balayé», prédit un eurodéputé UMP.

Lefigaro.fr par Charles Jaigu