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Gitega, future capitale du Burundi de Pierre Nkurunziza ?

août 9, 2016

Une vue de Gitega. © DR / Wikimedia Commons

Selon plusieurs responsables proches du chef de l’État, Pierre Nkurunziza, celui-ci souhaiterait faire de Gitega la prochaine capitale politique du Burundi. Une volonté qui se heurte néanmoins à un certain nombre de considérations.

Ancienne capitale du royaume de l’Urundi, Gitega est tapis sur le sol montagneux des hauts plateaux du centre du Burundi. Avec son climat frais, ses rues agréables, ses bars et ses musées, la deuxième ville du pays, berceau des tambourinaires – une part importante de la culture burundaise -, a déjà de quoi attirer les visiteurs des quatre coins du pays. Et avec le récent développement de l’activité administrative dans la région, sa fréquentation ne risque pas de chuter.

Car les hautes autorités ont choisi Gitega, qui n’est qu’à une centaine de km à l’est de Bujumbura, pour y organiser presque toutes les retraites gouvernementales depuis l’éclatement de la crise politico-sécuritaire, qui s’est cristallisée dans la capitale à partir d’avril 2015. À tel point que de nombreux Burundais commencent à évoquer une histoire de désamour entre le pouvoir et la capitale.

« Un projet incontournable »

Le gouverneur de Gitega, lui, ne cache plus son rêve : « Toutes les activités qui s’effectuent dans notre province donnent l’espoir que Gitega deviendra un jour la capitale politique du Burundi », a-t-il lancé, en mars, sur les ondes de la radiotélévision nationale. Réverien Ndikuriyo, le président du Sénat, a confirmé l’hypothèse lors d’un déplacement dans la province, le 24 juillet dernier. « Le projet du gouvernement de faire de Gitega la capitale politique est incontournable. C’est un projet du chef de l’État Pierre Nkurunziza ».

Sur le terrain, tout se passe comme si Gitega faisait peau neuve

Gitega, prochaine capitale politique du Burundi ? Cette possibilité divise l’opinion. « Ce ne sont que des discours d’hommes politiques », susurre, très sceptique, un conducteur de taxi-moto. Samuel, qui tient un restaurant-bar, le contredit aussitôt : « Les autorités l’ont dit, j’y crois fermement ! ».

En attendant, sur le terrain, tout se passe comme si Gitega faisait peau neuve. De nouvelles routes sont construites, les anciennes sont bitumées, une université supplémentaire a été érigée, un nouveau quartier est en chantier sur la colline Zege… Et des pick-up remplis de militaires et de policiers armés jusqu’aux dents passent toutes les cinq minutes dans les principales artères. « Gitega est devenue comme Bujumbura », glisse un habitant, qui refuse d’en dire plus.

Quid des nouvelles infrastructures ?

Déplacer une capitale requiert un certain nombre de préalables, estime cependant un analyste politique qui, lui aussi, souhaite garder l’anonymat. « Dire que Gitega sera bientôt la capitale politique du Burundi signifie construire, par exemple, un nouvel aéroport, de nouveaux bâtiments pour différents ministères, et déplacer les ambassades ». Or, poursuit l’analyste, si on passe outre le fait que les missions diplomatiques sont un peu perplexes à l’idée de déménager, le portefeuille du Burundi ne le permettrait pas.

Pendant ce temps, à Bujumbura, les Chinois ne ménagent pas leurs efforts pour terminer le gigantesque nouveau palais présidentiel

« Le pouvoir a eu le soutien de ses différents bailleurs pendant dix ans, il n’a jamais pensé à réhabiliter ne serait-ce que le petit aérodrome de Gitega, qui ne fonctionne presque plus. Ce n’est pas maintenant, quand tous les indicateurs financiers sont au rouge, qu’il va entreprendre d’aussi grands projets », tranche notre expert. Et de conclure : « Cette agitation est purement politique, une volonté liée à la crise actuelle. Les autorités considèrent Bujumbura comme une ville rebelle. Mais la fuir n’est pas la solution ».

Dernier détail : le budget de 2016 prévoit 51 685 802 Francs burundais (soit environ 28 000 euros) pour le ministère chapeautant l’« Aménagement du territoire et l’Urbanisme » au titre des « investissement et aéroports ». Gitega est-il au programme ? Vu la somme en question, cela semble peu probable. Et pendant ce temps, à Bujumbura, les Chinois ne ménagent pas leurs efforts pour terminer le gigantesque nouveau palais présidentiel. De quoi alimenter pendant encore longtemps la confusion sur l’avenir des deux premières villes du Burundi.

Jeuneafrique.com par Armel Gilbert Bukeyeneza

Madagascar: Mme Ravalomanana remporte la mairie de la capitale

août 1, 2015

Antananarivo – L’ancien président malgache Marc Ravalomanana, renversé en 2009, a revendiqué samedi la victoire de son épouse à la mairie de la capitale Antananarivo au lendemain d’élections municipales qui ont faiblement mobilisé, la presse malgache la donnant également gagnante.

Je vous annonce que nous avons remporté une victoire à Antananarivo, a déclaré dans la nuit son mari, l’ancien président Marc Ravalomanana, rentré d’exil fin 2014. On a des résultats sur 60% des bureaux et Neny (Maman en malgache, c’est-à-dire son épouse) a eu 56,9% des voix soit 57%.

Aucune tendance ni résultat officiel n’a été divulgué ni pour Antananarivo, ni pour le reste du pays où les résultats ne sont pas attendus avant plusieurs jours.

Pour la commune urbaine d’Antananarivo, on ne peut pas sortir une tendance tant qu’on n’a pas recueilli tous les résultats des 610 bureaux de vote au complet, a indiqué à l’AFP Eugène Rakotondrahely, chef de service des opérations électorales de la commission électorale indépendante.

La presse malgache annonçait cependant sans hésiter samedi la victoire de Lalao tandis que la candidate d’Andry Rajoelina, qui avait ravi le pouvoir à M. Ravalomanana par un coup de force en 2009, a en partie reconnu sa défaite.

Nous avons désormais notre place en devenant au pire des cas la deuxième force politique de la capitale de Madagascar, a déclaré à chaud cette journaliste Lalatiana Rakotondrazafy.

Mais samedi, en direct à l’antenne de sa radio Free Fm, elle a relevé des anomalies et surtout le faible taux de participation avec moins de 30% des électeurs: Lalao et Marc Ravalomanana n’ont eu que les voix de leurs partisans.

Les résultats recueillis actuellement ne sont pas encore officiels. On doit encore attendre aujourd’hui ou demain pour avoir les résultats complets provisoires qui sont susceptibles de recours, a-t-elle ajouté.

L’apathie des électeurs a été confirmée par Fatma Samura, la coordinatrice des Nations Unies pour Madagascar. Quand aux problèmes de la liste électorale, ils ont failli empêché de voter un autre ancien président Didier Ratsiraka.

Quelque 1.695 communes étaient appelées à élire leurs maires et conseillers municipaux, avec des duels ou triangulaires très attendus, notamment à Fianarantsoa (centre).

Mais le véritable enjeu se concentrait à Antananarivo dont la mairie sert depuis des années de tremplin présidentiel et où la compétition présente un avant-goût d’élection présidentielle en vue du scrutin de 2018.

Antananarivo est la ville malgache qui cumule le plus de problèmes. Embouteillages, difficile ramassage des ordures, trottoirs encombrés de vendeurs, l’insalubrité gagne même le centre-ville.

Le dernier scrutin municipal remontait à 2007 et les municipales de vendredi étaient la seule occasion pour les électeurs de s’exprimer avant 2018.

Arrivé au pouvoir début 2014, après une élection démocratique, l’actuel chef de l’Etat Hery Rajaonarimampianina incarnait l’espoir de relancer le pays après cinq ans de crise sans précédent

Mais il est desservi par sa faible assise politique et l’ambition féroce de ses deux prédécesseurs, MM. Ravalomanana et Rajoelina qui entretiennent un interminable climat de fronde.

Romandie.com avec(©AFP / 01 août 2015 11h27)