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Explosions de Brazzaville: six militaires condamnés, 26 acquittements

septembre 10, 2013

BRAZZAVILLE – Six militaires ont été condamnés et vingt-six autres accusés acquittés par la justice congolaise dans le cadre de l’affaire des explosions d’un dépôt de munitions de l’armée qui ont fait plusieurs centaines de morts en 2012 à Brazzaville.

Le 4 mars 2012, l’explosion dans le quartier résidentiel de Mpila avait fait officiellement près de 300 morts, plus de 2.300 blessés et 17.000 sans abris dont certains continuent de vivre dans des conditions difficiles.

Le principal accusé, le caporal chef Kakom Kouack Blood, reconnu coupable d’avoir mis volontairement le feu au dépôt de munitions au camp des blindés de Mpila, a été condamné lundi soir à quinze ans de travaux forcés par la cour criminelle de Brazzaville.

L’instruction a montré que Kakom était coupable de rien. Il n’a jamais mis le feu au dépôt de munitions. Je suis déçu du jugement rendu. Nous allons nous pourvoir en cassation, a déclaré à l’AFP Me Jean-Philippe Esseau, avocat du principal accusé.

L’ancien secrétaire général adjoint du Conseil national de sécurité, le colonel Marcel Tsourou, a été condamné à cinq ans de travaux forcés avec sursis pour complicité d’incendie involontaire et détention illégale d’armes de guerre.

Le colonel Germain Ikonga Akindou, ancien directeur général de l’équipement des Forces armées congolaises, a écopé de cinq ans de réclusion ferme et d’une amende de 120 millions de FCFA (182.938 euros) pour détournement de fonds publics destinés à la construction d’une soute à munitions de l’armée.

Trois sous-officiers de l’armée ont écopé chacun de deux ans d’emprisonnement ferme et 200.000 FCFA (304 euros) d’amende pour homicide et blessures involontaires.

Le président de la cour criminelle, Mathurin Bayi, a par ailleurs prononcé l’acquittement pur et simple en faveur de 26 accusés, dont dix-neuf militaires et policiers.

Au départ, le procès concernait trente accusés mais deux autres militaires ont été ajoutés au cours du procès: ils avaient comparu comme témoins et ont finalement été accusés sur la base de leur témoignage. Ils ont donc été écroués et jugés. Ils comptent parmi les acquittés.

Dans son réquisitoire prononcé deux jours avant le verdict, le procureur général, Corneille Moukala-Moukoko, avait requis l’acquittement des colonels Tsourou et Ikonga-Akindou. Il avait également requis les travaux à perpétuité pour le caporal chef Kakom, ainsi que des peines de quatre ans d’emprisonnement ferme pour cinq sous-officiers.

Il avait déclaré: J’assume et j’assumerai mes conclusions. Je n’ai pas besoin de gloire. On ne peut pas condamner des innocents. Ce procès a été grave et douloureux. Il n’y a pas de décisions de justice qui fassent l’unanimité. Certains seront satisfaits, d’autres non.

Et effectivement, la décision de la cour divise. Les avocats de la défense estiment que certains de leurs clients ont été condamnés pour rien, tandis que les parents de victimes sont d’avis que la justice n’a pas dit le droit – jugeant que parce que le principal accusé ne peut en aucun cas être le vrai auteur de ce drame.

Le jugement rendu par le président de la cour criminelle tire notre pays vers le bas; discrédite notre justice. Il n’a pas du tout suivi le réquisitoire du procureur. C’est un faux jugement, a estimé Jules Kouami, 52 ans, parent d’un accusé.

On n’a pas connu la vérité dans cette affaire. Il y a eu plus d’acquittés que d’accusés. Ça signifie qu’à Mpila les armes ont explosé toutes seules. C’est une drôle de justice, a pour sa part indiqué un parent de victime qui a requis l’anonymat.

Romandie.com avec (©AFP / 10 septembre 2013 14h25)

Congo/Procès sur l’affaire des explosions du 4 mars 2012 : Les avocats de la défense réclament la constitution des parties civiles

août 13, 2013

Le procès sur l’affaire des explosions du 4 mars 2012, qui a démarré, mardi 6 août 2013, au palais de justice, à la cour d’appel de Brazzaville, dans une session présidée par Maturin Bayi, premier président de cette cour, bat son plein. Les accusés passent devant la barre pour interrogatoire. Sept d’entre eux sont déjà passés. Certains on récusé les déclarations contenues dans les procès-verbaux qu’ils avaient signés pendant l’enquête.

L’un des accusés-clé, le caporal-chef Blood Kakom Kouack (40 ans), a nié que ce soit son foyer de charbons qui ait mis le feu dans la soute à munitions. Pour lui, «c’est l’étouffement» qui a provoqué l’incendie, à cause de la dynamite des sociétés privées qu’on y entreposait. Par ailleurs, les avocats de la défense ont réclamé la constitution des parties civiles, car l’Etat, pour eux, est civilement responsable de ce qui est arrivé.

Les audiences se déroulent chaque jour ouvrable (de lundi à samedi), de 9h à 16h, au palais de justice. Déjà, chaque partie (ministère public et avocats de la défense) a soumis à la cour, la liste de ses témoins (voir ci-contre). Mais, pour l’instant, ce sont les accusés qui défilent à la barre. Sept ont déjà déposé. Le passage du caporal-chef Kakom était très attendu. En effet, il est accusé d’être à l’origine de l’incendie, à cause d’un foyer à charbons qu’il aurait allumé, pour réchauffer sa nourriture, le dimanche matin 4 mars 2012, à l’Ecrrramu. Il aurait l’habitude de faire sa cuisine au même endroit. Ce sont les charbons ardents de son foyer qui seraient tombés dans le dépôt de munitions, s’il ne l’aurait pas fait exprès, et qui auraient mis le feu.

A la barre, le caporal-chef Kakom a reconnu qu’il avait bien un foyer, mais celui-ci n’était pas allumé. Quand il y a eu le feu, il est parti, alors qu’un collègue l’appelait, en criant au feu, dans le dépôt de munition. Kakom explique que le feu a été plutôt provoqué par «l’étouffement», car dans la soute à munitions, on avait pris l’habitude d’y entreposer de la dynamite avec laquelle les sociétés privées travaillent, pour fendre la pierre dans les carrières. Les avocats de la défense ont appelé au témoignage des sociétés privées concernées, notamment Escom, Socofran et S.g.e-Congo.

Autre fait majeur constaté, c’est que les accusés ont nié les déclarations contenues dans les procès-verbaux qu’ils avaient signés pendant la période des enquêtes. Le caporal-chef Kakom et le sergent-chef Oba Rodrigue ont même avancé devant la barre que ces déclarations leur ont été arrachées par la torture. Le caporal-chef Kakom a déclaré qu’on l’aurait simulé une exécution sommaire, sur la route du Nord, en l’enterrant à moitié, pour qu’il accepte de dénoncer le colonel Ntsourou comme étant le commanditaire. «Si tu dis ça, on va te donner cinquante millions». On l’aurait même injecté un produit inconnu au cou et qu’il aurait été poignardé à la cuisse. Ces propos dits à la barre sont en contradiction avec les déclarations contenues dans les procès-verbaux qu’il avait signés. Mais Kakom n’a pas reconnu la signature contenue dans ces procès-verbaux. La cour a ordonné une enquête.
Accusé d’avoir désorganisé le service de garde de l’Ecramu, le dimanche 4 mars 2012, en accordant des permissions aux agents prévus pour la garde, le sergent Miéré Raymond a déclaré qu’il ne connaît pas le colonel Ntsourou, sinon que comme officier de l’armée. Il n’a pas de rapport particulier avec lui, même s’ils sont de la même ethnie.

Enfin, ce qu’on peut retenir aussi, c’est la demande des avocats de la défense de constituer les parties civiles, comme l’autorise le code de procédure pénale. Reste à savoir s’il n’est pas trop tard, puisque la constitution des parties civiles doit se faire pendant l’instruction.

Joël NSONI
et Pascal-Azad DOKO

Les dix membres du jury
Koko Emmanuel, Bitemo Jean, Ikolo Bernard, Katsongo Longangué Luc Magloire, Baralongo Joseph, Souamongana Léa Isabelle, Minimbou Clarisse Kalonga Matina Prisca, Mbemba André, Ebimba Emile.

Les avocats de la défense
Joseph Brudet, Ambroise Hervé Malonga, Jean-Philippe Esseau, Edouard Maboya Ganga, Thomas Djolani, Félix Nkounka, Moukassa Ngouaka, Marcel Goma, Ludovic Désiré Essou, Fatima Banzani Mollet, Roger Bongoto, Prospère Bianga, Guy Roger Kinga, Dieudonné Nkoukou, Amedé Nganga, Christian Emina-bonga, Jean Babouba, Eric Yvon Ibouanga, Jean Cyprien Nkielani, Patrick Delbar, Morouba.

Les avocats de l’Etat
Emmanuel Oko, Deviller et Annick Mongo.

Liste des témoins
Okemba Guy-Blanchard, Okandzi Nicolas, Okok Séraphin, Babela Pierreux Léandre, Boukoungou Antoine, Louboungou Julien, Colonel Tsambi Joseph, Général Ndolou Yvon Jacques, Sah Raphaël, Mampia Stéphane, Ampion Constant, Ngondo Albert, Ossalé Paulin Valentin, Ngami dit Marcel, Ondzé Ange, Bouamé Jean-Robert, Mavoungou Guy-Stanislas, Ontango-Koua Nelly Dame Mieme Raymond, Général Essongo Noël-Léonard, Ngampio Ferdinand, Dinga Geoffroy, Opandza Wilson Alphonse, Pochet Pierre Yves, Colonel Ngoma Denis, Mokoko Aubin Gildas, Colonel Epassaka Max Yvon, Colonel Tsoumou Jean-Jacques, Gakosso Jean-Christophe, Ovona Ondzambé Dominique, Mpika-Bakala Léandre, Colonel Nkoua Lucien, Oyengue Léon, Ipani Cyr Alain, Atipo Achille, Colonel Nkaya Joseph, Ondon Isaac, Colonel Allakoua Jean Aive, Djio Sienn Sienn, Omelas Lynchnos Suzano, Général Dabira Norbert, Général Mopendza Ambroise, Vice-Amiral Okemba Jean-Dominique, Général Mokana-Ndongo Franck-Xavier, Colonel Ngakala Michel, Ministre Mokoki Gilbert, Ministre Bowao Charles Zacharie, Ministre Mondjo Charles-Richard, Ministre Mboulou Raymond Zéphirin, Ministre Ondongo Gilbert, Ministre Okombi Salissa André.

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