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Zimbabwe: le grand retour du spectre de l’hyperinflation

septembre 30, 2017

Des unités de la police anti-émeutes dans les rues d’Harare le 29 septembre 2017 après des manifestations contre la situation économique / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Elles avaient disparu des rues d’Harare depuis des années, les voilà de retour. Les files de voitures en quête de carburant s’étirent à nouveau dans la capitale du Zimbabwe et avec elles les craintes d’une nouvelle descente aux enfers de l’économie du pays.

Dennis Zhemi la redoute spécialement depuis la semaine dernière, quand il a trouvé sa station-service déserte, cuves vides.

Et plus encore après être tombé nez-à-nez, dans la foulée, sur une quarantaine de véhicules alignés à l’arrêt devant les pompes d’un autre distributeur pétrolier.

Ce jour-là, Dennis Zhemi a abandonné sa voiture au bord de la panne sèche et sauté dans un minibus pour rejoindre son bureau.

« Ça m’a immédiatement rappelé la crise de 2008, lorsque nous étions obligés de dormir dans nos voitures en faisant la queue pour de l’essence », raconte ce cadre supérieur de 43 ans. « Alors j’ai prié en silence pour ne pas revivre ça ».

Il y a une dizaine d’années, une vague d’hyperinflation sans précédent a balayé le pays, anéantissant les bas de laine des petits épargnants, vidant les rayons des magasins et les stations-service.

L’effondrement de la monnaie nationale a causé une hausse vertigineuse des prix qui a atteint jusqu’à 500 milliards de pour cent et forcé le gouvernement à adopter le dollar américain comme monnaie d’échange.

Chômage de masse, manque de liquidités, l’économie du pays ne s’en est jamais remise. A nouveau menacé d’asphyxie financière, le Zimbabwe a émis il y a presque un an des « bond notes ».

Mais cette nouvelle monnaie n’a jamais eu la confiance des acteurs économiques ni de la population du pays.

– « Premières pénuries » –

Théoriquement de la même valeur que le dollar américain, le cours de ces « billets d’obligation » a vite dévissé. Au marché noir, les revendeurs de la gare routière d’Harare exigeaient cette semaine entre 1,37 et 1,50 « bond note » pour un dollar.

L’effet de cette dévaluation sauvage s’est vite fait sentir. Anticipant une reprise de l’inflation, la population a commencé à se ruer sur les magasins pour constituer des stocks.

« Nous avons déjà noté les premières pénuries de produits de première nécessité », constate Peter Mutasa, le président de la Confédération des syndicats du Zimbabwe.

« Cette situation, c’est à cause du manque de crédibilité des +bond notes+ », explique-t-il. « Nous sommes contraints d’en revenir au troc car il n’y a plus de réserves d’argent dans les banques ».

Dans un petit supermarché de la capitale, chaque produit compte désormais plusieurs étiquettes. Un savon y est vendu un dollar américain. Mais son prix passe à 1,30 s’il est réglé en billets d’obligation ou par carte bancaire.

Pour contrecarrer la valse des étiquettes, les acheteurs multiplient les achats de précaution, les rayons se vident et les prix montent.

Dans le même supermarché de Harare, le prix de 2 litres d’huile de cuisine est passé de 3,18 à 5 dollars en l’espace de quelques jours, et même à 7 dollars si elle est payée par carte bancaire.

Sans surprise, le manque de plus en plus criant de liquidités n’a pas tardé non plus à ralentir l’activité.

Il y a quelques semaines encore, la friperie de Brenda Mpofu lui rapportait jusqu’à 200 dollars les jours fastes. Aujourd’hui, elle s’estime heureuse les soirs où elle en a empoché 20…

– « Fauteurs de troubles » –

« J’avais les moyens de payer mon loyer, d’acheter de quoi manger et m’habiller et d’envoyer mes enfants à l’école sans trop de mal », déplore-t-elle, « mais ces jours-ci, j’y arrive à peine ».

Pour s’en sortir, Brenda Mpofu s’est résolue à quitter la capitale pour la campagne, où elle échange ses fripes contre du maïs, avant de le revendre contre d’autres produits.

Dans les villes comme dans les villages, la colère commence à monter dans la population.

Vendredi, la police a dû user de gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation réunie à l’appel du mouvement Tajamuka (Nous sommes agités), à la pointe de la contestation contre le régime du président Robert Mugabe.

Rendu largement responsable par ses adversaires de la faillite économique du pays à cause de sa réforme agraire du début des années 2000, le chef de l’Etat a reconnu publiquement cette semaine la gravité de la situation. « Certains sont pressés de manipuler le cours des devises de façon à provoquer l’inflation et une ruée sur les achats », a-t-il accusé, en pointant du doigt des « fauteurs de troubles de l’intérieur » qui souhaitent provoquer sa chute.

Malgré une santé déclinante, M. Mugabe, 93 ans, qui règne d’une main de fer depuis trente-sept ans sur le Zimbabwe, a décidé de briguer un nouveau mandat l’an prochain.

A en croire l’économiste Prosper Chitambara, cette élection présidentielle risque fort de peser sur le climat financier. « La situation politique génère beaucoup d’incertitudes, d’où la réémergence des marchés parallèles et d’un système à prix multiples », constate-t-il, « et en se rapprochant du scrutin, cette incertitude ne va qu’augmenter ».

Romandie.com avec(©AFP / 30 septembre 2017 11h04)                

Pakistan: un camion de carburant s’enflamme, au moins 139 morts

juin 25, 2017

Des équipes de secours près de l’épave calcinée d’un camion-citerne qui s’est enflammé, le 25 juin 2017 à Ahmedpur East, au Pakistan / © AFP / STR

Au moins 139 personnes ont été tuées et une centaine blessées par un incendie dimanche au Pakistan, lorsqu’un camion citerne d’hydrocarbures s’est renversé et que des riverains se sont précipités pour récupérer le carburant répandu sur la chaussée.

Cette tragédie intervient alors que nombre de Pakistanais sont sur les routes pour rejoindre leur famille à l’occasion des festivités d’Aid-al-Fitr, fête musulmane majeure marquant la fin du mois sacré du ramadan.

Des riverains déambulaient parmi des dizaines de corps et véhicules carbonisés, après la catastrophe qui a eu lieu près de la ville d’Ahmedpur East, à 500 km au sud de Lahore.

« Le bilan des morts est monté à 139 et la plupart des blessés sont dans un état grave », a déclaré l’AFP le ministre de la Santé de la province du Pendjab Salman Rafiq, soulignant que le bilan pourrait s’alourdir.

Le camion, qui transportait 40.000 litres de carburant du port de Karachi jusqu’à Lahore, s’est couché tôt dimanche matin sur l’autoroute reliant ces deux métropoles.

La police routière, arrivée sur place immédiatement après l’accident, a tenté en vain d’éloigner la population accourue pour profiter de l’aubaine, a indiqué son porte-parole Imran Shah.

« Les habitants du village voisin de Ramzanpur Joya se sont précipités sur le site avec des seaux et d’autres contenants et de nombreuses personnes à moto se sont arrêtées pour récupérer le carburant », a indiqué à l’AFP le chef de la police régionale, Raja Riffat.

« Dix minutes plus tard, le camion citerne a explosé, créant une énorme boule de feu qui a englouti tous ceux qui récupéraient le carburant ».

Le feu s’est très vite propagé à une vaste portion de route, où de nombreuses personnes étaient piégées dans l’embouteillage déclenché par l’accident.

Plus de 100 carcasses de véhicules carbonisés, voitures, minibus et motos, jonchaient la chaussée où étaient éparpillées gamelles, casseroles, jerrycans et seaux que les victimes avaient apportés pour collecter le carburant.

Après l’incendie, des dizaines de riverains se sont rassemblés près du site, se lamentant sur le sort de leur proches.

« Nous sommes sous le choc », a déclaré Hafiz Sohail, en attendant le corps de son oncle et de son cousin de 13 ans, tous les deux décédés en tentant de récolter un peu d’or noir.

« Qu’est ce qu’on va faire de cete essence, maintenant? A quoi ça servait de faire ça? » déplorait un autre habitant, Sohail, pointant du doigt un seau, et racontant avoir vu le chauffeur crier aux gens de s’éloigner, en vain.

Parmi la centaine de blessés hospitalisés, nombre étaient très grièvement brûlés, à plus de 80%, a indiqué un médecin local sous couvert d’anonymat.

– Mauvais élève –

Les hôpitaux de la région ont été placés en état d’alerte et des blessés ont été évacués par hélicoptère.

L’armée a mobilisé un avion de transport C-130 pour en transporter certains jusqu’à Lahore.

Le Premier ministre et le président ont fait part de leur profonde tristesse.

Le conducteur, placé en garde à vue, a indiqué que le camion s’était renversé après qu’un pneu eut éclaté, a indiqué le ministre de la Justice du Pendjab, Rana Sanaullah, précisant que des analyses ADN seront menées pour identifier les corps.

Le Pakistan est un très mauvais élève en matière de sécurité routière, en raison du mauvais état des routes, du manque d’entretien des véhicules et de l’imprudence des conducteurs.

En 2015, au moins 62 personnes dont nombre d’enfants et de femmes avaient péri dans le sud du pays, lorsque leur bus était entré en collision avec un camion citerne de pétrole, déclenchant un puissant incendie.

La fin du ramadan a déjà été endeuillée par une série d’attentats qui ont fait au moins 65 morts à travers le pays, déclenchant des mesures de sécurité supplémentaires.

Le bilan d’un double attentat vendredi contre un marché bondé d’une localité majoritairement chiite près de la frontère afghane est passé à 51 morts dimanche. Le même jour, un attentat visant la police avait fait 14 morts à Quetta (sud ouest) et quatre policiers avaient été abattus à Karachi.

Sur les réseaux sociaux dimanche, des internautes faisaient part de leur solidarité avec les victimes de l’incendie du camion ainsi que celles des attentats de vendredi, priant pour célébrer Aid en paix lundi.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juin 2017 18h48)                

Mexique: le vol de carburant enflamme une région du centre

mai 8, 2017

Photo aérienne prise depuis un drone montrant l’incendie d’une canalisation de carburant clandestine, le 7 mai 2017 à Amozoc de Mota, dans l’Etat mexicain de Puebla / © AFP / Jose CASTANARES

La pratique du vol de combustible a mis sur le pied de guerre l’Etat de Puebla, au centre du Mexique, où des affrontements entre délinquants et militaires ont fait cette semaine au moins dix morts.

Cet Etat est l’épicentre de ce phénomène connu sous le nom de « Huachicol », autour duquel s’est même développée une culture locale avec chansons populaires et figures religieuses portant un bidon et un tuyau en plastique.

Ces siphonnages clandestins commis par des groupes criminels parfois liés aux cartels de drogue coûtent environ 2 milliards de dollars par an à la compagnie pétrolière nationale Pemex.

Le récent déploiement de militaires dans cette région où une partie de la population s’emploie ou bénéficie de ce trafic a fait augmenté la tension.

Mercredi soir, une fusillade entre délinquants armés et militaires a fait au moins 10 morts, dont quatre soldats, à Palmarito, à quelque 190 km au sud-est de la capitale Mexico.

Le président Enrique Peña Nieto a déploré ces violences et s’est engagé à lutter contre cette pratique illégale à travers une « stratégie intégrale », impliquant plusieurs ministères et les forces de l’ordre.

« Ceux qui pratiquent (ce vol de carburant) mettent en danger leur famille et nuisent à leur communauté », a défendu le président.

La forte hausse des prix du carburant décidée par le gouvernement mexicain en début d’année – qui avait déclenché des manifestations parfois violentes dans tout le pays -, a toutefois contribué à augmenter ces larcins.

Un trou, un tube en plastique –

Dans les stations service, un litre de carburant vaut 17,50 pesos (un peu moins d’un dollar), quand au marché noir il s’achète entre cinq et neuf pesos, soit deux ou trois fois moins cher.

Ce commerce parallèle possède une clientèle fidèle.

« Je dois payer environ 1.400 pesos (environ 73 dollars) pour un plein dans une station service », explique à l’AFP Juan Manuel. Mais sur les marchés du secteur, « je peux faire le plein pour 500 pesos (26 dollars) ».

« Tout le monde sait qui en vend », ajoute-t-il, et si on est un client régulier, « ça te coûte moins cher ».

Des groupes criminels, parfois liés au redoutable cartel de la drogue des Zetas, ou de simples familles se dédient à cette activité illégale: ils creusent un trou, percent les canalisations, y plongent un tuyau et remplissent des barils.

Certains enfants se chargent de surveiller les alentours et de donner l’alerte en cas de présence de policiers ou militaires.

En échange, ils reçoivent un salaire pouvant aller jusqu’à 500 dollars mensuels, une somme considérable au Mexique. Le cas échéant, ils peuvent aussi servir, ainsi que les femmes, de boucliers humains lors d’un accrochage avec les forces de l’ordre, comme ce fut le cas mercredi soir lors de l’affrontement meurtrier.

« Les militaires ont décidé de ne pas répondre à l’agression car les femmes et les enfants étaient utilisés comme boucliers humains », a expliqué dans un communiqué le secrétariat à la Défense nationale (Sedena).

La présidente de l’association des détaillants d’essence des Etats de Puebla et Tlaxcala, Luz Maria Jiménez, dénonce de son côté cette « concurrence intenable » pour des entrepreneurs légaux qui eux doivent « payer des impôts et des salaires ».

Face à cette situation, beaucoup de stations service ont dû mettre la clé sous la porte, ce qui n’a fait qu’alimenter davantage encore le marché noir.

Les enquêtes menées pour lutter contre cette activité illégale ont mis en évidence la complicité de certaines autorités locales.

Depuis juillet 2015, le directeur et le responsable des opérations spéciales de la police préventive de l’Etat de Puebla sont sous les verrous pour complicité de vol de carburant.

En février, deux policiers municipaux ont été interpellés, accusés d’avoir escorté un chargement de 15.000 litres de combustible volé.

Ces siphonnages sont aussi risqués pour ceux qui les pratiquent et peuvent déclencher des incendies nécessitant l’évacuation des habitants alentour.

En décembre 2010, une explosion provoquée par un siphonnage de canalisation a fait au moins 29 morts dans la localité de San Martin Texmelucan, dans ce même Etat.

En 2016, Pemex a repéré et rebouché 6.873 prises clandestines sur ses canalisations au Mexique.

Romandie.com avec(©AFP / 08 mai 2017 13h10)                      

Le Burundi fait face à une grave pénurie d’essence

mai 2, 2017

Nairobi – Le Burundi fait face depuis plus d’une semaine à une très grave pénurie d’essence en raison du manque de devises, selon le gouvernement, alors que le pays est plongé depuis deux ans dans une grave crise politique.

Dans la capitale Bujumbura, l’essence, qui n’était disponible que trois à quatre jours par semaine depuis plus d’un mois, ne l’est plus que tous les deux jours dans quelques stations, selon des témoins interrogés par l’AFP.

« C’est la catastrophe depuis une semaine car on ne trouve qu’une ou deux stations approvisionnées tous les deux jours dans toute la capitale », a expliqué à l’AFP Hassan, conducteur de taxi de 35 ans joint par téléphone.

Et chaque fois qu’une station est approvisionnée, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre: « des centaines de voitures et de bus se ruent sur celle-ci. Et en quelques heures, il ne reste plus une goutte », a décrit Hassan.

La pénurie a provoqué une forte hausse du prix de l’essence au marché noir qui « atteint par endroits la somme de 7.000 francs burundais le litre (3,69 euros) » alors qu’il coûte officiellement 2.100 Fbu.

Le prix des courses de taxi s’est envolé. De nombreux conducteurs ont remisé leurs véhicules et font leurs déplacements à pied dans une capitale à la circulation inhabituellement clairsemée.

La situation est encore plus difficile en province. Gitega (centre), deuxième ville du pays, vient de passer plus d’un mois sans pratiquement une seule goutte d’essence, selon plusieurs habitants.

« Il arrive parfois qu’une station, sur les 10 que compte la ville, reçoive quelque milliers de litre d’essence, mais ils sont consommés en quelques heures », a précisé à l’AFP un de ces témoins, parlant sous couvert d’anonymat.

Convoqué en urgence par l’Assemblée nationale qui voulait s’informer des « causes » de cette pénurie, le ministre burundais de l’Energie et des mines, en charge du secteur pétrolier, l’a justifiée par « le manque de devises en quantité suffisantes ».

« Comme la monnaie burundaise n’est pas utilisée à l’extérieur du pays et qu’il faut des dollars américains, il arrive qu’en raison de la période que nous traversons, les importateurs de ces produits ne reçoivent pas autant de devises qu’ils le désirent pour en importer même si le gouvernement fait des efforts en ce sens », a expliqué le ministre Côme Manirakiza.

Le Burundi traverse une grave crise politique émaillée de violences depuis la candidature en avril 2015 du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat controversé et sa réélection en juillet de la même année.

Ces violences ont déjà fait de 500 morts à 2.000 victimes, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture, et ont poussé à l’exil plus de 400.000 Burundais.

La crise politique se double d’une crise économique, accentuée par les sanctions financières de l’UE et de ses pays membres, qui représentent 70% de l’aide directe au pays.

« L’UE et ses pays membres ont bloqué leur aide budgétaire au gouvernement burundais mais ils ont continué à financer, sans passer par celui-ci, de nombreux projets, notamment la construction de barrages, de routes, la santé et l’éducation, ce qui a évité à ce pays une asphyxie totale », a estimé un diplomate, parlant sous couvert d’anonymat.

L’UE continue toutefois de financer directement le carburant destiné à des centrales qui fournissent environ 15% de l’électricité du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 02 mai 2017 19h13)                                            

Congo-Brazzaville: Déraillement d’un train à Mfilou

novembre 5, 2016

BRAZZAVILLE
Déraillement d’un train (sclog )transportant le carburant juste à l’entrée du PK Mfilou.

Voici les images de la catastrophe ferroviaire

Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.Photo de BrazzaNews.
Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews.fr

Des kilomètres de queue pour faire le plein au Nigeria, en proie à une grave pénurie de carburant

avril 10, 2016

Lagos – Les queues de voitures s’étendent à perte de vue, le ton monte dans des embouteillages monstre…l’ambiance est électrique à Lagos, alors que la pénurie de carburant a atteint son apogée cette semaine au Nigeria, risquant de faire fuir les investisseurs.

Selon les médias locaux, des paramilitaires auraient tiré sur des vendeurs de pétrole au marché noir, alors que le gouverneur de l’Etat de Lagos a annoncé une absurde interdiction des files d’attente aveugles pour tenter de fluidifier le trafic.

Dans l’espoir d’arriver avant la foule, les plus courageux passent la nuit dans la queue. J’ai dormi dans la voiture, sur le siège arrière. J’ai besoin d’essence, déclare Kenny Giwa, un chauffeur de taxi de 26 ans, à l’AFP.

Sa détermination a payé. Juste après l’aube, mercredi, sa Golf bleue défraîchie a franchi le portique de la station d’essence pour faire le plein à 86,50 nairas (0,38 euro) le litre.

Mais son exploit ne lui donne qu’un court répit. Si j’en achète aujourd’hui, ça va durer deux jours, puis je referai la queue, soupire Giwa, le prix du marché noir est trop élevé.

A un jet de pierre, des vendeurs à la sauvette agitent des bidons d’essence jaunes en attendant des clients plus riches – ou plus désespérés – prêts à payer le double pour éviter les queues cauchemardesques.

Nous sommes le premier pays producteur de pétrole en Afrique, c’est de la mauvaise gestion, de la cupidité et de la corruption, s’indigne Muyiwa Oke.

Ce chercheur en pharmaceutique vient d’acheter de l’essence sur le marché noir à 250 nairas (1,10 EUR) le litre. Le trafic est fou. Dès que je suis à la moitié de mon réservoir je commence à chercher. Je ne veux pas rester coincé.

-‘véritable détresse financière’-

Le Nigeria n’en est pas à sa première pénurie de carburant. En dépit de son immense richesse pétrolière, les raffineries appartenant à l’Etat ne travaillent qu’à une fraction de leur capacité de 445.000 barils par jour, après des années de mauvaise gestion, selon Bloomberg News.

Mais cette dernière crise est particulièrement grave, une situation que des experts attribuent à la chute globale des prix du brut et aux restrictions à l’importation.

Les commerçants en aval sont probablement dans une véritable détresse financière en ce moment, estime Alan Cameron, économiste à Exotix, basé à Londres.

A court de dollars, les importateurs de carburant sont obligés de se fournir sur le marché noir, où le naira oscille autour de 220 le dollar. Au final, les importateurs paient la différence sans aucune compensation.

Pour remédier à cette situation, le ministre d’état au Pétrole Emmanuel Kachikwu a conclu un accord avec les entreprises énergétiques internationales présentes au Nigeria pour fournir une aide à l’importation de pétrole d’environ 200 millions de dollars.

Il s’agit probablement de la question la plus difficile depuis mon arrivée, a déclaré le ministre Kachikwu dans un discours publié sur sa page Facebook jeudi, admettant que cette aide financière n’était qu’un tampon et non une solution à long terme.

Le ministre a toutefois promis que d’ici la deuxième semaine d’avril, nous devrions sortir de la situation des queues.

-‘tournant crucial’-

Lorsque Muhammadu Buhari a été élu président l’année dernière, les investisseurs se montraient optimistes pour le Nigeria, enhardis par un transfert pacifique du pouvoir et la forte croissance du PIB.

Mais la chute des prix du pétrole – qui compte pour deux tiers des revenus du gouvernement nigérian – et la politique monétaire peu orthodoxe de Buhari ont radicalement changé leurs perspectives.

Les cours mondiaux du pétrole ont chuté de 70% depuis 2014, privant le Nigeria, premier producteur de brut du continent, de sa principale source de revenus et faisant dégringoler à la fois la croissance et la monnaie locale.

Au lieu de dévaluer, comme le recommande le Fonds monétaire international, le gouvernement a décidé de maintenir le même taux officiel (entre 197 et 199 nairas pour un dollar) mais d’interdire l’importation de certains produits et de protéger les réserves en devises restantes.

Le Nigeria est à un tournant crucial, estime Anna Rosenberg, directeur de la recherche en Afrique subsaharienne au Frontier Strategy Group. Le pays pourrait se débrouiller cette année avec une croissance relativement faible, mais seulement si le gouvernement ajuste la politique monétaire et laisse le naira se dévaluer.

Romandie.com avec(©AFP / 10 avril 2016 09h03)

Le flamboiement de tes cuisses

février 20, 2013

 

Flamboyantes tes cuisses à l’endroit

Succulent ton miel de l’intérieur

Grâce et savoureuse ta bonne chair

Tendres sont tes douces mamelles

Sources intarissables de lait maternel.

Sur l’étendue de ton corps océan

Je nage sans regarder ton bel âge

Tout en compulsant les belles pages

De chaque recette ta bonne cuisine

Quand je m’agrippe sur ta poitrine.

Décollant sur ta plaine herbacée

Mes ailes chargées de carburant épicé

S’accrochent à la ceinture de tes reins.

Ballottant par saccades comme un joyeux lapin

Qui mange la carotte dans le cratère de ta bouche

Jusqu’au fond du magma de ta belle roche.

 

Bernard NKOUNKOU

Cameroun : 16 morts dans l’explosion d’un camion de carburant frelaté à la frontière nigériane

juillet 4, 2011

Un camion de carburant frelaté avec à son bord des contrebandiers camerounais et nigérians a explosé le 1er juillet, à plus de 1 100 kilomètres au nord de Yaoundé. Ses occupants tentaient de soustraire à la douane leur cargaison de « zoua zoua ». Bilan : 16 morts.

Le mystère continue d’entourer les circonstances exactes de l’explosion d’un camion citerne transportant du carburant frelaté, le 1er juillet au nord du Cameroun. Mais une chose est sûre : l’accident a causé la mort de 16 personnes – 15 Camerounais et un Nigérian, entre la localité camerounaise de Demsa et celle de Yola dans l’État de l’Adamaoua au Nigeria.

Le drame s’est produit dans la soirée de vendredi dernier à Ouro Boki en territoire nigérian, alors que les contrebandiers tentaient de contourner le poste camerounais de douane de Mbardakè, situé à 50 kilomètres de la localité de Garoua. Une source hospitalière de cette ville a indiqué que 12 des 16 victimes sont mortes sur le champ, tandis que les deux autres sont décédées au centre hospitalier de Mbardakè.

À Garoua, les responsables de la police ont indiqué que les trafiquants de carburant transportaient une cargaison de 50 000 tonnes qu’ils voulaient clandestinement livrer dans cette ville du Nord. Une commission mixte d’enquête a été instituée vendredi, composée d’éléments de la sécurité et des douanes du Cameroun et du Nigeria.

Trafic en hausse

La partie septentrionale du Cameroun est en proie au trafic de « zoua zoua », nom de baptême du carburant frelaté importé du Nigeria. Un expert pétrolier travaillant pour la Société Camerounaise des Dépôts Pétroliers (SCDP) affirme que le trafic du carburant frelaté est en nette hausse, « surtout en temps de pluies où les voies de communication sont coupées entre le Nord et le Sud camerounais ».

Les responsables de la Société Nationale de Raffinage basée au Sud-Ouest du Cameroun estiment à environ 1 millions de litres, la quantité cumulée de gasoil et de super nigérians introduite au Cameroun chaque mois. Soit environ 12 millions de litres par an.

Jeuneafrique.com par Armelle Nya(Douala)