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France: Le caricaturiste Siné est mort à l’âge de 87 ans

mai 5, 2016

Siné, le 9 septembre 2008.
Siné, le 9 septembre 2008. MARTIN BUREAU/AFP
La page Facebook officielle de Siné Mensuel annonce que le caricaturiste français Maurice Sinet, plus connu sous le nom de Siné, est mort ce jeudi matin « à l’hôpital Bichat des suites d’une opération »

« Il devait subir cette nuit une grave opération du poumon », a indiqué à l’Agence France-Presse (AFP) l’avocat de la famille, Dominique Tricaud. « Mais même gravement malade il avait encore dessiné lui-même la dernière couverture de Siné Mensuel », a-t-il ajouté.

Mercredi, Siné s’exprimait sur le site de Siné Mensuel à propos de sa maladie dans une tribune intitulée « Ça m’énerve grave » :

 « Depuis quelque temps, vous avez dû remarquer que je ne nageais pas dans une joie de vivre dionysiaque ni dans un optimisme à tous crins, ce qui est pourtant mon penchant habituel. Je ne pense, depuis quelque temps, qu’à ma disparition prochaine, sinon imminente, et sens la mort qui rôde et fouine sans arrêt autour de moi comme un cochon truffier. (…) C’est horriblement chiant de ne penser obsessionnellement qu’à sa mort qui approche, à ses futures obsèques et au chagrin de ses proches. »

Un cactus en forme de doigt d’honneur

Le caricaturiste avait déjà tout prévu. Il y a quelques années, il avait en effet acheté sa sépulture, qui se trouve dans la 30e division du cimetière de Montmartre, à Paris. Un bronze représentant un cactus en forme de doigt d’honneur surmonte un caveau pouvant accueillir jusqu’à 60 urnes funéraires. Une épitaphe a été gravée sur le socle : « Mourir ? Plutôt crever ! »

Rédigé lors d’un séjour à l’hôpital il y a quelques années, un texte intitulé « Mes dernières volontés » va jusqu’à préciser le nom du producteur du beaujolais qui sera offert aux convives lors de ses funérailles. Le vieil anar y parle aussi de… réincarnation, puisqu’il se voit renaître dans la peau d’un bonobo.

Siné faisait aussi savoir qu’il avait déjà établi une liste de CD qu’il aimerait avoir à son côté quand il serait six pieds sous terre. On y trouve principalement de la musique noire américaine : Nina Simone, Ray Charles, Otis Redding, Dizzy Gillespie, Count Basie, Billie Holiday…

Lire aussi :   Au cimetière de Montmartre, Siné a son petit paradis

Figure historique de « Charlie Hebdo »

Avant de fonder son journal, Siné avait été une figure historique de Charlie Hebdo. Mais, taxé d’antisémitisme, ce qu’il réfutait, il fut écarté en 2008 de l’hebdomadaire par le directeur de la publication Philippe Val.

L’affaire, qui fit grand bruit, était partie d’une chronique dans laquelle Siné ironisait sur la conversion éventuelle de Jean Sarkozy, fils du président, au judaïsme avant son mariage avec la fille du fondateur des magasins Darty. Journalistes et intellectuels s’étaient alors divisés entre pro-Val et pro-Siné.

Siné avait cependant été relaxé par le tribunal correctionnel de Lyon, qui considérait qu’il avait usé de son droit à la satire, et avait fait condamner Charlie Hebdo pour préjudice moral et financier.

Après son départ de Charlie Hebdo, il fonda Siné Hebdo, mais le magazine ferma rapidement. En 2011, en dépit d’ennuis de santé, il lança Siné Mensuel, qui, face à des difficultés financières, a l’an dernier lancé un appel aux dons.

Lemonde.fr

Caricaturiste kényan et dessinateur malaisien distingués à Genève

mai 3, 2016

Les dessinateurs de presse étaient à l’honneur mardi à Genève. Le caricaturiste kényan Gado et le Malaisien Zunar ont été récompensés par le Prix international consacré à cet art, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Les deux dessinateurs sont menacés dans leur pays et ne peuvent plus exercer leur métier. Ils « nous mettent face à notre responsabilité de préserver la liberté d’expression », a dit le président d’honneur de la Fondation suisse Cartooning for Peace (Dessiner pour la Paix, NDLR), l’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan. Une protection des dessinateurs que souhaite également le conseiller administratif genevois Guillaume Barazzone.

Gado, de son vrai nom, Godfrey Mwampembwa, vient de perdre son emploi de dessinateur de l’un des quotidiens les plus importants d’Afrique centrale et de l’Est. Il a contesté devant la justice cette mesure. Il dénonçait dans ses dessins la corruption des dirigeants africains.

Mais aussi l’impunité de certains d’entre eux face à la Cour pénale internationale (CPI). La relation des médias avec les autorités « est inquiétante dans de nombreux pays africains », a affirmé mardi matin Gado lors d’un débat à l’ONU.

Lauréat malaisien pas content avec Charlie Hebdo
Zulkiflee Anwar Ul-Haque, ou Zunar, est le dessinateur de presse le plus connu de Malaisie. Il a été détenu deux fois et risque 43 ans de prison pour sédition. En cause, son humour pour révéler les abus de pouvoir, la corruption ou encore la crise judiciaire dans son pays. Il s’en est notamment pris au Premier ministre Najib Razak. Ses éditeurs ne peuvent plus publier ses livres et albums.

Plus d’un an après la tuerie de Charlie Hebdo, les dessins mis en cause par les terroristes provoquent toujours le débat. « Comme musulman, je ne suis pas content avec leur contenu. Mais je n’ai pas le droit d’être violent », affirme Zunar. Il préfère répondre avec ses propres dessins.

Pour l’Américaine Liza Donnelly aussi, les dessinateurs ont malgré tout une responsabilité « d’être prudent ». Elle a rappelé la division aux Etats-Unis après la tuerie.

Exposition à Genève
Les réseaux sociaux et Internet ont changé la donne et des dessins en Europe peuvent être critiqués partout dans le monde. Et pourtant, « on continue à faire le travail comme si on était dans des démocraties sécurisées », affirme le Français Plantu, sous protection policière quotidienne. Il admet aussi que certains dessinateurs sont méchants. « Le risque s’est globalisé », renchérit Patrick Chappatte.

« N’importe quel système politique a besoin de critiques. Y compris de provocateurs ». Outre le dessinateur genevois, Plantu et Mme Donnelly constituaient le jury avec le directeur de l’ONG Human Rights Watch Kenneth Roth et M. Barazzone.

Le Prix international du dessin de presse est remis tous les deux ans. Il a été décerné pour la troisième fois. Une exposition dévoile elle une centaine d’oeuvres des lauréats et d’autres dessinateurs. Elle a été inaugurée mardi à Genève.

Romandie.com