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Carles Puigdemont renonce à briguer la présidence de la Catalogne

mars 1, 2018

L’indépendantiste catalan Carles Puigdemont à Copenhagen, le 22 janvier 2018 / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

Le président catalan destitué, l’indépendantiste Carles Puigdemont, a renoncé jeudi à briguer la présidence catalane, assurant cependant qu’il défendrait la cause de sa « république » partout, y compris en saisissant le comité des droits de l’homme de l’ONU.

« J’ai demandé au président du parlement catalan que, de manière provisoire, il ne présente pas ma candidature à l’investiture comme président », a dit M. Puigdemont dans une vidéo enregistrée en Belgique, où il s’était installé fin octobre, échappant aux poursuites de la justice espagnole.

L’ancien journaliste de 55 ans, élu président de la Catalogne en janvier 2016, a été destitué par Madrid le 27 octobre, quelques heures après une déclaration d’indépendance de la « République catalane » votée au parlement régional.

Depuis, la Catalogne reste placée sous la tutelle du gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, qui avait suspendu son autonomie régionale.

Et M. Puigdemont, objet de poursuites judiciaires pour « rébellion » et « sédition », serait immédiatement arrêté s’il rentrait en Espagne.

Il n’avait pas pour autant renoncé à diriger sa région de 7,5 millions d’habitants – estimant que son retour serait le symbole de la « dignité » retrouvée du « peuple catalan » piétiné par Madrid – et s’était donc présenté aux élections régionales du 21 décembre.

Or sa liste était arrivée en tête au sein du camp indépendantiste, victorieux.

– Route barrée –

Cependant la Cour constitutionnelle lui a barré, fin janvier, la route du Palais de la Generalitat (siège de l’exécutif régional).

Elle a exigé qu’il soit physiquement présent au débat d’investiture et obtienne au préalable une autorisation du juge l’ayant inculpé.

Les pressions sont allées crescendo sur Carles Puigdemont, même au sein de son camp où beaucoup considéraient que la formation d’un nouveau gouvernement devait être la priorité.

Annonçant finalement son retrait jeudi, il a admis que « dans les conditions actuelles, c’est la seule façon de pouvoir former un nouveau gouvernement, le plus rapidement possible ».

– Son remplaçant est en prison –

Il propose à présent la candidature du président d’une association indépendantiste, Jordi Sanchez, bien qu’il soit emprisonné depuis quatre mois.

Mais cette candidature aura aussi du mal à aboutir.

M. Sanchez est en détention provisoire depuis la mi-octobre pour « sédition », en lien avec une manifestation organisée le 20 septembre à Barcelone.

Pour être investi, il devrait lui aussi obtenir une autorisation du juge de la Cour suprême en charge de l’enquête, Pablo Llarena.

Or ce magistrat a déjà refusé une permission de sortie à l’ex-vice-président catalan Oriol Junqueras (ERC), également élu député alors qu’il était en détention, qui souhaitait assister à des sessions parlementaires.

Jeudi soir, une source gouvernementale espagnole se félicitait du renoncement de M. Puigdemont, qui cherchait selon elle à se « moquer de la loi »: « La Catalogne a le plus vite possible besoin d’un président de la Generalitat (exécutif catalan) en mesure de gouverner », a déclaré cette source.

« Choisir une personne qui a des problèmes judiciaires serait une grande erreur », avait aussi déclaré dans la matinée Mariano Rajoy.

Le parlement catalan, dominé par les indépendantistes, avait adopté jeudi à la mi-journée la première motion de sa nouvelle législature.

Il y dénonçait « la dérive autoritaire et antidémocratique » du gouvernement espagnol, accusé d’instrumentaliser la justice pour lutter contre les indépendantistes.

Le parlement avait défendu la « légitimité » de la candidature de M. Puigdemont, manière de lui rendre hommage avant qu’il n’annonce lui-même son retrait.

L’opposition anti-indépendantiste avait refusé de participer au vote au parlement régional.

« Vous êtes installés dans le passé (…) et ici les gens veulent penser à l’avenir, à comment ils vont payer leurs factures, les retraites », a déclaré la chef de l’opposition anti-indépendantiste au parlement catalan, Inès Arrimadas, du parti libéral Ciudadanos.

Elle a souligné que les séparatistes n’avaient pas une majorité « dans la rue » et rappelé que la tentative de sécession avait entraîné le déménagement des sièges sociaux de 3.000 entreprises hors de Catalogne.

La loi électorale implique une pondération des voix en faveur des provinces plus rurales qui a profité aux séparatistes de Catalogne: avec 47,5% des voix, ils ont la majorité des sièges.

M. Puigdemont a par ailleurs annoncé qu’une équipe d’avocats internationaux avait présenté jeudi une plainte en son nom contre l’Etat espagnol, devant le comité des droits de l’homme des Nations unies, pour activement défendre ses droits.

Il a promis à ses sympathisants qu’il restaient ensemble « sur le chemin d’une république d’hommes et de femmes libres » en Catalogne.

« Nous n’abandonnerons pas », a-t-il promis.

Romandie.com avec(©AFP / 01 mars 2018 23h20)                

Nouvelle menace d’arrestation pour Puigdemont s’il va au Danemark

janvier 21, 2018

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont (c) le 12 janvier 2018 à Bruxelles / © AFP/Archives / JOHN THYS

Le parquet espagnol a menacé dimanche de demander l’arrestation de Carles Puigdemont si, comme il l’a prévu, il se rend au Danemark lundi, mettant de nouveaux bâtons dans les roues à l’indépendantiste qui tente une reconquête du pouvoir en Catalogne depuis la Belgique.

Si Carles Puigdemont participe bien lundi à un débat à l’Université de Copenhague, le parquet « agira immédiatement pour demander au juge d’instruction de la Cour suprême d’activer le mandat d’arrêt européen », prévient-il dans un communiqué.

L’annonce intervient alors qu’à Barcelone le président du parlement catalan, l’indépendantiste Roger Torrent, doit décider lundi s’il présente la candidature de Carles Puigdemont à la présidence de la région.

S’il l’officialise, un débat suivi d’un vote sur cette candidature sera organisé à la chambre à la fin du mois.

Le camp indépendantiste domine toujours le parlement régional, avec 70 élus sur 135, même si plus de 50% des Catalans votent pour des partis non indépendantistes: dans la région, la pondération des voix profite en effet aux provinces rurales, traditionnellement indépendantistes, qui ont donc plus d’élus.

Et le candidat des grandes formations séparatistes reste M. Puigdemont, qui a rendu possible la tentative de sécession, en organisant un référendum interdit suivi d’une déclaration d’indépendance unilatérale le 27 octobre.

– Gageure –

Mais d’un point de vue logistique et juridique sa candidature est hasardeuse.

S’il reste à l’étranger, il devra être investi à distance, et les services juridiques du parlement ont déjà jugé cette investiture contraire à la Constitution. Et s’il rentre, il a toutes les chances d’être arrêté.

Il doit aussi obtenir un permis de résidence en Belgique ou quitter aussi ce pays au risque de s’exposer — comme l’a bien fait savoir le parquet dimanche — à une arrestation ailleurs.

Dans le cas ou les élus indépendantistes ignorent quand même les avertissements des juristes, ils s’exposeront ensuite à la saisine de la Cour constitutionnelle par le gouvernement.

Cette cour pourrait alors suspendre leur vote, leur imposant indirectement de trouver un nouveau candidat, voire d’organiser de nouvelles élections.

« Prétendre être le président du gouvernement catalan en étant à Bruxelles est illégal », a prévenu le chef du gouvernement Mariano Rajoy samedi avant d’expliquer que dans ce cas de figure la région ne retrouverait pas l’autonomie qu’il lui avait retirée après la tentative de sécession.

Le président du parlement n’en reste pas moins face à un choix cornélien car s’il ne valide pas la candidature de Carles Puigdemont lundi il peut susciter une crise au sein de son camp, entre la liste Ensemble pour la Catalogne (centre-droite) de M. Puigdemont et l’autre grande formation, la sienne (Gauche républicaine de Catalogne, ERC).

Au sein du parti ERC, la tendance n’est cependant plus à l’affrontement direct avec Madrid, mais plutôt à une stratégie de plus long terme visant à gagner du terrain dans une société catalane très divisée.

D’autant qu’en cas de nouvelles élections, les séparatistes pourraient perdre du terrain.

« On doit mesurer les coûts et bénéfices de toutes les décisions », déclarait samedi Ernest Maragall (ERC), doyen des élus à la chambre catalane.

L’horizon semble donc complexe pour Carles Puigdemont.

En décembre, le juge espagnol Pablo Llarena avait retiré les mandats d’arrêt internationaux visant le président destitué et quatre autres anciens ministres-conseillers catalans installés à Bruxelles et poursuivis en Espagne pour « rébellion », « sédition » et « malversation de fonds ».

Il préférait éviter que la justice belge n’efface au passage les poursuites pour rébellion, pour des raisons liées au droit belge, une décision qui se serait imposée à l’Espagne.

Mais cet avantage juridique pour Carles Puigdemont n’existera pas forcément ailleurs en Europe, a admis dimanche son avocat Jaume Alonso-Cuevillas, qui estime qu’en cas de départ de Belgique « le risque d’arrestation est élevé ».

Romandie.com avec(©AFP / 21 janvier 2018 17h55)

Espagne: Puigdemont serait arrêté malgré son immunité

janvier 20, 2018

Le président catalan destitué Carles Puigdemont s’exprime lors d’une conférence de presse, le 22 décembre 2017 à Bruxelles / © AFP / EMMANUEL DUNAND

Le parquet général en Espagne a averti samedi l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont que son immunité de député n’empêcherait pas son arrestation s’il rentrait de Belgique en Espagne pour se faire investir à la tête de la région.

M. Puigdemont s’était installé fin octobre en Belgique, juste avant d’être poursuivi par la justice espagnole pour « sédition », « rébellion » et « détournement de fonds », suite à la proclamation à Barcelone d’une « République catalane » restée sans effets. Réélu député régional le 21 décembre, il est actuellement le seul candidat à la présidence du gouvernement catalan.

« Immunité » ne signifie pas « impunité »: tel est le message que lui a envoyé le parquet général, à travers un communiqué.

« La garantie de l’immunité ne signifie pas qu’on ne puisse pas ordonner le placement en détention sur ordre judiciaire », a-t-il écrit.

Le parquet général considère que M. Puigdemont « en s’enfuyant et en défendant des agissements qui avaient culminé avec la déclaration d’indépendance, montre qu’il persiste dans son plan délictueux ».

Le parquet général fait par ailleurs valoir que d’autres indépendantistes – bénéficiant aussi de l’immunité parlementaire – sont actuellement en prison: « La Cour suprême a déjà décidé pour ces mêmes faits, compte tenu de leur extrême gravité, la mise en examen et le placement en détention de personnes ayant le même statut de député », écrit le parquet.

« Il est inadmissible qu’une interprétation du privilège d’immunité parlementaire dérive en impunité », a conclu le parquet.

Le 5 janvier, la Cour suprême avait décidé de maintenir en prison l’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras. Il venait lui aussi d’être réélu député régional.

Depuis les élections du 21 décembre, les indépendantistes jouissent de nouveau de la majorité absolue en sièges au nouveau parlement catalan (70 sur 135) mais huit d’entre eux ne peuvent siéger: ils sont soit en fuite en Belgique soit en prison pour trois d’entre eux.

M. Puigdemont avait assuré vendredi pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique et éviter ainsi d’être emprisonné s’il rentrait.

Son avocat Jaume Alonso-Cuevillas a cependant expliqué samedi, dans un entretien à la télévision publique catalane, que tous les scénarios étaient encore envisagés, y compris un retour de M. Puigdemont à Barcelone.

« Le président Puigdemont n’a jamais écarté la possibilité de se présenter et de se soumettre à l’investiture en personne », a assuré son avocat, tout en le disant « conscient des risques qu’il encourt ».

L’avocat avait plaidé que M. Puigemont jouissait de l’immunité parlementaire et « ne pourrait pas être arrêté » s’il se présentait à Barcelone.

Romandie.com avec(©AFP / 20 janvier 2018 15h12)                

Carles Puigdemont assure pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique

janvier 19, 2018

Le président catalan déchu Carles Puigdemont à Bruxelles, le 12 janvier 2018 / © AFP / JOHN THYS

Le dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont a assuré vendredi pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique et éviter ainsi d’être emprisonné en revenant en Espagne où il est poursuivi par la justice, malgré les avertissements du gouvernement espagnol sur une investiture à distance.

« En prison, je ne pourrais pas m’adresser aux gens, ni écrire, ni recevoir de visiteurs… La seule manière est de pouvoir continuer à le faire en liberté, en sécurité. Je ne peux pas agir comme président (régional) si je suis prisonnier », a expliqué M. Puigdemont lors d’une interview à la radio catalane Catalunya Radio depuis la Belgique où il s’est exilé avec plusieurs de ses anciens ministres.

« Il est évident que ce ne sont pas les conditions de normalité que nous aimerions, mais malheureusement il serait beaucoup plus difficile de le faire depuis l’Etat espagnol, où nous serions en prison… que de le faire d’ici », a-t-il expliqué.

« Aujourd’hui, les grands projets d’entreprises, universitaires ou de recherche se dirigent aussi principalement en utilisant les nouvelles technologies » à distance, a-t-il ajouté.

Ses déclarations interviennent alors que le nouveau président du parlement catalan, Roger Torrent, consulte les différents partis pour proposer un candidat à la présidence régionale, après les élections du 21 décembre où les indépendantistes ont remporté la majorité absolue des sièges.

Carles Puigdemont, qui est parti pour Bruxelles peu avant son inculpation pour rébellion et sédition, entend être investi à distance, ce que les services juridiques du parlement catalan jugent illégal.

M. Puigdemont est le seul candidat au poste de président régional, après un accord entre sa formation Ensemble pour la Catalogne et l’autre grand parti séparatiste Gauche républicaine de Catalogne (ERC).

Les trois formations indépendantistes ont remporté la majorité absolue lors des élections du 21 décembre, ce qui lui donne en théorie toutes les chances de remporter le vote d’investiture prévu à la fin du mois.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a prévenu qu’il empêcherait la nomination de Puigdemont, qui doit être signée par le roi Felipe VI, et maintiendrait la tutelle imposée à la Catalogne depuis fin octobre si M. Puigdemont se faisait investir depuis la Belgique.

– ‘Restitution démocratique’ –

« Si le parlement m’investit comme président, le chef de l’Etat n’a en aucun cas le droit d’empêcher ce mandat », a affirmé M. Puigdemont.

Le dirigeant catalan assure avoir assez de légitimité pour gouverner. « Je suis un député comme un autre, parfaitement apte à être investi comme président (…) J’ai tout le droit du monde et j’espère qu’il sera respecté », a-t-il ajouté sur Catalunya Radio.

Il compte présenter par vidéoconférence son programme de gouvernement -passage obligé de la procédure d’investiture-, ou bien le faire lire par quelqu’un d’autre.

Au final, la décision d’autoriser les députés catalans à voter pour un candidat qui n’est pas physiquement présent dans l’hémicycle reviendra au bureau du parlement, composé de M. Torrent, le président de la chambre, et de six autres membres. Parmi ceux-ci, trois sont pro-indépendance et trois y sont opposés.

Sans dévoiler sa position, M. Torrent a déclaré au journal catalan Ara que sa fonction est de « garantir qu’il y ait un candidat qui puisse être investi et un gouvernement qui puisse gouverner dès la première minute ». Interrogé sur la possibilité de gouverner depuis Bruxelles, il s’est borné à répondre « le gouvernement doit être réel ».

Président de Catalogne depuis 2016, M. Puigdemont a été destitué par M. Rajoy le 27 octobre, quelques heures après la déclaration unilatérale d’indépendance du parlement catalan.

Dans la foulée, l’autonomie de la région avait été suspendue, après plusieurs semaines d’extrême tension après le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre, marqué par des violences policières.

Dans son interview, M. Puigdemont a promis de rétablir son précédent gouvernement, ainsi que sa politique, axée sur la désobéissance à la justice espagnole, et sur une stratégie de rupture unilatérale avec l’Espagne.

« Nous avons un plan de restitution démocratique, des institutions et des politiques (…) Le résultat des élections (du 21 décembre) est la validation de notre programme de gouvernement », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 19 janvier 2018 13h22)                

Catalogne/élections: Puidgemont salue une victoire « que personne ne peut discuter »

décembre 21, 2017

Bruxelles – Le dirigeant séparatiste catalan en exil Carles Puigdemont a salué jeudi soir à Bruxelles la victoire du camp indépendantiste lors des élections régionales en Catalogne, soulignant que c’est « un résultat que personne ne peut discuter ».

Le Premier ministre espagnol Mariano « Rajoy a perdu le plébiscite qu’il cherchait » et le fait que le camp indépendantiste reste majoritaire est « une claque », a jubilé M. Puigdemont devant un petit parterre de militants indépendantistes catalans et de sympathisants nationalistes flamands réunis dans une salle du centre-ville de Bruxelles.

Après dépouillement de près de 99% des bulletins, les trois formations indépendantistes disposaient, avec 70 sièges sur 135 au parlement régional, de la majorité absolue comme avant le référendum d’indépendance interdit du 1er octobre.

« Je veux féliciter le peuple catalan parce qu’il a donné une leçon au monde », « une leçon de civisme et de démocratie ! », a lancé M. Puigdemont, un grand sourire au lèvre, après avoir été acclamé par l’assistance aux cris de « Président, président ! »

« Nous avons gagné cette nuit le droit d’être écoutés! », a-t-il martelé.

Mais la dureté de la campagne électorale et le risque que le bras de fer entre indépendantistes et gouvernement espagnol perdure « nous empêchent de sabrer le +cava+ », a-t-il ajouté en référence au vin pétillant espagnol, l’un des produits phares de la Catalogne.

« L’Europe doit en prendre bonne note, la recette de Rajoy ne fonctionne pas » en Catalogne, a-t-il également jugé, en vilipendant la procédure utilisée par Madrid pour destituer l’exécutif régional et prendre le contrôle des institutions après que la région eut déclaré son indépendance.

Mais, interrogé par l’AFP jeudi soir, un porte-parole de la Commission européenne a prévenu que l’UE « ne changera pas » de position sur la crise catalane après le vote de jeudi.

« Notre position sur la question de la Catalogne est bien connue et a été réitérée régulièrement, et à tous les niveaux. Elle ne changera pas. S’agissant d’une élection régionale, nous n’avons pas de commentaire à faire », a indiqué ce porte-parole à Bruxelles, Alexandre Winterstein.

Depuis le début de la crise, l’UE s’est refusée à reconnaître l’indépendance unilatéralement proclamée par le Parlement de Catalogne, considérant qu’il s’agissait d’une « affaire intérieure » espagnole et appelant au « respect de la Constitution espagnole » que Madrid affirme défendre.

Romandie.com avec(©AFP / 21 décembre 2017 23h51)

Tous contre tous en Catalogne à trois jours d’élections cruciales

décembre 18, 2017

Carles Puigdemont le président destitué de la Catalogne s’adresse par vidéo-conférence depuis Bruxelles à une réunion électorale à Barcelone, le 15 décembre 2017 / © AFP / JAVIER SORIANO

En Catalogne, au sein du camp indépendantiste comme chez les partisans de l’Espagne, les couteaux sont tirés et les attaques fratricides se multiplient à trois jours du scrutin crucial de jeudi.

Le principal dirigeant indépendantiste emprisonné, Oriol Junqueras, a lancé lundi, sans le nommer, une flèche en direction du président du gouvernement régional destitué Carles Puigdemont, réfugié en Belgique alors qu’il est visé en Espagne par un mandat d’arrêt, en déclarant qu’il était resté en Catalogne parce que lui refusait de se cacher.

« Je ne me cache pas parce que j’assume ce que je fais, j’assume mes actes, mes décisions, mes sentiments et ma volonté » a-t-il déclaré dans une interview accordée depuis la prison d’Estremera, près de Madrid, à la radio catalane Rac 1.

Le scrutin de jeudi va permettre de mesurer le poids réel du mouvement indépendantiste catalan, à la suite de la crise politique majeure provoquée par la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre et la mise sous tutelle de la région par le gouvernement central de Madrid, qui a destitué le gouvernement régional de Catalogne, accusé par la justice de rébellion et de tentative de sédition.

Oriol Junqueras dirige le parti Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, gauche républicaine de Catalogne), actuellement en tête des sondages pour l’élection de jeudi, à égalité avec le parti libéral pro-union Ciudadanos, sans qu’aucune formation ne semble en mesure de remporter une majorité absolue.

– « Fake basé sur la post-vérité » –

Les enquêtes d’opinion récentes montrent une poussée de la liste de Carles Puigdemont, « Unis pour la Catalogne », longtemps distancé par l’ERC.

Dans le camp favorable à l’union avec l’Espagne, Ciudadanos et sa candidate Inés Arrimadas dispute au Parti socialiste de Catalogne (PSC) la première place des formations qui veulent en finir avec la possibilité d’une indépendance catalane.

Le candidat socialiste en Catalogne, Miquel Iceta, a traité de « démocrate de pacotille » le leader national de Ciudadanos, Albert Rivera, qui avait affirmé qu’accorder son scrutin à toute autre formation unioniste que la sienne était inutile.

« Je ne dirai pas, comme l’a fait Albert Rivera, que tous les votes qui ne me sont pas accordés vont à la poubelle. Démocrate de pacotille ! a lancé M. Iceta lors d’un meeting.

Dans le camp indépendantiste, une troisième formation, la Candidature d’unité populaire (CUP, extrême-gauche) accuse ses anciens alliés parlementaires sécessionnistes d’avoir renoncé à se séparer unilatéralement de Madrid, sans la permission du gouvernement espagnol. « Si nous faisons preuve de la moindre hésitation, ils nous annihilerons et nous dénigrerons en tant que peuple », a déclaré lors d’une réunion publique le candidat du CUP, Pere Vidal Aragonés.

Carles Mundo, de l’ERC, qui a été emprisonné avant d’être libéré sous condition, lui a répondu: « Il est clairement plus facile de parler que de faire, nous qui avons écopé de semaines de prison, nous devons mettre certaines de ces accusations dans un contexte de réalité ».

Pour sa part, le Parti populaire (PP, conservateur) du chef du gouvernement Mariano Rajoy distancé dans les sondages (qui le placent en Catalogne en cinquième position) se vante d’avoir « décapité » le mouvement indépendantiste, selon les termes de la vice-présidente du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria, par opposition au PSC, qui a collaboré avec les indépendantistes dans certains conseils municipaux catalans.

Lundi, Mme Saénz de Santamaria a accusé le processus sécessionniste de la Catalogne d’être un « épisode de déloyauté envers les Catalans eux-mêmes » et un « fake basé sur la post-vérité ».

Après que le gouvernement espagnol a accusé les indépendantistes d’avoir reçu l’appui de comptes Twitter basés en Russie afin de diffuser des calomnies et que les indépendantistes ont suggéré que Madrid était prêt à manipuler le scrutin, la vice-présidente a assuré que toutes les mesures étaient prises pour s’assurer du bon déroulement du scrutin.

Une simulation du processus électoral a été réalisée, avec l’analyse de toute la sécurité du système de comptage, et tout s’est bien passé, a-t-elle assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 18 décembre 2017 19h10)                

Puigdemont s’est rendu à la police belge avec ses quatre conseillers

novembre 5, 2017

Puigdemont s'est rendu à la police belge avec ses quatre conseillers

Accompagné de quatre de ses anciens ministres, il a gagné la Belgique après la mise sous tutelle de la région autonome.@ NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
Carles Puigdemont et ses quatre conseillers se sont rendus à la police belge, a indiqué dimanche le parquet de Bruxelles.

Carles Puigdemont, président de l’exécutif catalan destitué par Madrid, s’est livré à la police belge, avec ses quatre conseillers, a indiqué dimanche le parquet de Bruxelles confirmant une information de la radio-télévision flamande (VRT). Ils seront présentés dans l’après-midi à un juge. « Ils ont été privés de liberté à 9h17″ dimanche. Un juge d’instruction sera saisi et aura 24 heures, jusqu’à lundi 9h17, pour décider de les placer en détention, de les libérer sous condition ou caution », a annoncé le parquet. La décision du juge d’instruction, qui doit décider sous 24 heures de les placer en détention ou de les libérer, sous conditions ou caution, devrait intervenir dans la soirée, a-t-il avancé.

« Ils ont honoré » le rendez-vous ».

« Nous avions des contacts réguliers avec les avocats des cinq personnes et il avait été convenu un rendez-vous au commissariat » de la police fédérale, a expliqué le parquet. « Ils ont honoré ce rendez-vous », a-t-il ajouté. Carles Puigdemont est poursuivi en Espagne pour sédition, rébellion et détournement de fonds publics. Accompagné de quatre de ses anciens ministres, il a gagné la Belgique après la mise sous tutelle de la région autonome qui a suivi la déclaration unilatérale d’indépendance du Parlement catalan.

Puigdemont va s’opposer au mandat d’arrêt.

Carles Puigdemont avait écrit sur Twitter samedi après-midi qu’il se tenait à disposition des autorités belges. « Nous sommes prêts à collaborer pleinement avec la justice belge après l’émission du mandat d’arrêt européen par l’Espagne », avait-il écrit sur le réseau social, recourant pour l’occasion au néerlandais. Le mandat d’arrêt européen a été créé pour faciliter l’extradition entre Etats membres, mais c’est malgré tout probablement une assez longue procédure judiciaire qui s’ouvre. Carles Puigdemont et son avocat ont en effet déjà fait part de leur volonté de s’opposer à ce mandat.

Selon lui, il n’existe pas à Madrid les garanties d’une « sentence juste, indépendante qui puisse échapper à cette énorme pression, à cette énorme influence de la politique sur le pouvoir judiciaire en Espagne ». Selon la loi, une décision sur l’exécution du mandat d’arrêt européen doit être prise dans les 60 jours suivant l’arrestation de la personne visée.

Europe1.fr

Le parquet espagnol demande un mandat d’arrêt européen contre Puigdemont

novembre 2, 2017

Madrid – Le parquet espagnol a demandé jeudi l’émission d’un mandat d’arrêt européen contre le président catalan destitué Carles Puigdemont et quatre de ses « ministres », après leur refus de comparaître devant une juge d’instruction madrilène, a-t-on appris de source judiciaire.

La juge doit encore décider si elle accepte de délivrer ce mandat qui s’adresserait aux autorités belges, puisque les cinq « se trouvent ou tout au moins se sont rendus en Belgique », selon le parquet.

Carles Puigdemont et 14 conseillers (ministres) du gouvernement de Catalogne, destitué le 27 octobre après la proclamation de la « République de Catalogne indépendante », étaient cités à comparaître dans une enquête pour sédition et rébellion, délits passibles d’un maximum de trente ans de prison.

Mais M. Puigdemont, qui a fait surface à Bruxelles lundi, et quatre « ministres » ne se sont pas présentés à la convocation. Le dirigeant indépendantiste dénonce un « procès politique » et accuse le parquet espagnol de nourrir un « désir de vengeance » à son endroit.

Par la voix de son avocat belge Paul Bekaert, il s’est dit disposé à répondre aux questions de la justice espagnole, mais depuis Bruxelles.

Les neuf autres membres de son gouvernement destitué ont comparu jeudi matin. Le parquet a requis leur placement en détention provisoire, sauf un pour lequel il a demandé une libération sous caution de 50.000 euros. La juge doit également statuer sur leur sort.

Romandie.com avec(©AFP / 02 novembre 2017 16h17)                                            

Catalogne: Puigdemont appelle « à s’opposer démocratiquement » à la mise sous tutelle

octobre 28, 2017

Le président catalan Carles Puigdemont chante l’hymne catalan, après une session parlementaire et le vote du Parlement catalan en faveur de l’indépendance, le 27 octobre 2017 à Barcelone / © AFP / Josep LAGO

L’indépendantiste Carles Puigdemont, destitué par Madrid de la présidence de Catalogne, a appelé samedi à « s’opposer démocratiquement à l’application de l’article 155 » de la Constitution espagnole déclenché pour mettre la région sous tutelle.

« Nous continuerons à oeuvrer pour construire un pays libre », a-t-il ajouté lors d’un discours télévisé. La version écrite de l’allocution diffusée en parallèle est signée « Carles Puigdemont, président de la Generalitat (gouvernement) de Catalogne ».

Romandie.com avec(©AFP / 28 octobre 2017 15h04)                

Catalogne: les dirigeants séparatistes défient le roi et son discours de fermeté

octobre 4, 2017

Le président indépendantiste de la région catalane, Carles Puigdemont, le 2 octobre 2017 à Barcelone / © AFP / LLUIS GENE

Les dirigeants indépendantistes de Catalogne ont relancé la mise mercredi en annonçant qu’ils allaient proclamer leur indépendance dans les prochains jours, malgré la mise en garde sans précédent du roi Felipe VI qui les a accusés de se montrer « déloyaux ».

Depuis le « référendum d’autodétermination » organisé dimanche en Catalogne, marqué par des violences policières, Madrid et Barcelone n’ont cessé de durcir le ton. Dans cette crise, la plus grave depuis la tentative de putsch de 1981, aucun des deux camps ne semble prêt à céder du terrain.

Galvanisé par le référendum qu’il estime avoir remporté, une grève générale et des manifestations qui ont réuni mardi 700.000 personnes à Barcelone contre les violences, le président du gouvernement catalan Carles Puigdemont doit s’exprimer à 21h00 (19h00 GMT).

Il a auparavant assuré que son gouvernement s’apprêtait à déclarer l’indépendance « à la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine ».

« Nous allons déclarer l’indépendance 48 heures après le décompte des résultats officiels » du référendum, a-t-il dit à la BBC.

La crise catalane doit aussi être abordée mercredi lors d’un débat au Parlement européen.

D’après les résultats provisoires, le oui à l’indépendance l’a emporté avec 90% des votants dans ce scrutin sans liste électorale et sans observateurs.

Dans sa première réaction mardi soir au vote, une allocution d’une fermeté inédite, le roi Felipe VI a accusé le gouvernement régional catalan d’avoir bafoué « de façon répétée (…) et délibérée » la Constitution et de « mettre en danger la stabilité » de la Catalogne et de toute l’Espagne.

Il a fustigé les dirigeants catalans et leur « déloyauté inadmissible ».

Son discours, martelant qu’il est de « la responsabilité des pouvoirs légitimes de l’Etat d’assurer l’ordre constitutionnel », ouvre la voie à de nouvelles mesures du gouvernement de Mariano Rajoy contre les dirigeants indépendantistes.

– ‘Huile sur le feu’ –

M. Rajoy, silencieux depuis dimanche soir, n’avait pas réagi mercredi à la mi-journée. Mais il pourrait notamment invoquer l’article 155 de la Constitution, jamais encore utilisé, qui permet de prendre le contrôle des institutions catalanes.

Un groupe de Catalans anti-indépendantistes, appuyé par le Parti populaire (conservateur) au pouvoir à Madrid, a appelé « tous les Catalans qui ne sont pas d’accord » à manifester dimanche à Barcelone.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement catalan Jordi Turull a accusé le roi d’avoir « jeté de l’huile sur le feu » avec son discours.

La première réaction de l’Etat après l’allocution royale a été la convocation « en vue de leur inculpation » du chef de la police catalane Josep Lluis Trapero ainsi que d’une de ses subalternes et des dirigeants des deux principales associations indépendantistes, dans le cadre d’une « enquête pour sédition ».

L’enquête porte sur des faits survenus le 20 septembre, lorsque l’arrestation de 14 hauts responsables de l’exécutif séparatiste catalan avait provoqué d’importantes manifestations à Barcelone. La police catalane a été accusée d’avoir tardé à intervenir pour dégager des Gardes civils encerclés dans un bâtiment après une perquisition.

La sédition est passible de quinze ans de prison pour un fonctionnaire.

Les Mossos d’Esquadra, que dirige M. Trapero, ont rétorqué sur Twitter qu’ils n’avaient fait qu' »obéir aux ordres de la justice et du parquet ».

Avant le référendum, le procureur général d’Espagne n’avait pas non plus exclu l’arrestation de Carles Puigdemont.

– ‘Plus notre roi’ –

Jusqu’à présent, M. Puigdemont et son équipe ont résisté à toutes les pressions du gouvernement de Madrid, ignorant les décisions de justice et préparant en secret le référendum que celui-ci avait juré d’empêcher.

Les images des interventions brutales de policiers casqués pour fermer des bureaux de vote, faisant au moins 92 blessés, ont fait le tour de la planète et indigné les Catalans de tous bords.

Le gouvernement catalan « a l’initiative, et le gouvernement central court derrière en essayant maladroitement de boucher les trous », a estimé Antonio Torres del Moral, professeur de droit constitutionnel à l’Université d’enseignement à distance (UNED).

Une grande majorité de Catalans (80% selon les sondages) souhaite un référendum légal. En revanche ils sont partagés sur la sécession: le dernier sondage des autorités catalanes, publié en juillet, montrait que les adversaires de l’indépendance restaient plus nombreux que ses partisans (49,4% contre 41,1%).

Mais les violences policières ont creusé le fossé entre Madrid et cette région où vivent 16% des Espagnols et le discours du roi a été mal reçu à Barcelone.

« Il sait déjà qu’il n’est plus notre roi. Il parle comme si nous ne faisions plus partie de l’Espagne », a martelé Trinidad Garcia, éducatrice de 49 ans.

La crise influait sur la bourse espagnole. L’indice Ibex 35 abandonnait 2,30% à la mi-journée et les banques catalanes CaixaBank et Banco de Sabadell perdaient respectivement 6,22% et 6,34%.

Romandie.com avec(©AFP / 04 octobre 2017 14h47)