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«Ils m’ont abandonné» : Carlos Ghosn s’en prend à la France

juillet 12, 2020

 

«lls m’ont traité encore moins bien qu’un citoyen français lambda. C’est un point négatif que je retiens à l’encontre de la France», a regretté l’homme d’affaires dans un entretien.

Le gouvernement français aurait-il pu en faire davantage pour aider l’ex-PDG de Renault, Carlos Ghosn, aujourd’hui retranché au Liban ? Dans un entretien accordé à la chaîne Al Arabiya, l’homme d’affaires s’en prend à l’État français, estimant avoir été «abandonné» par les pouvoirs publics. «Le gouvernement français m’a aidé de la même manière qu’ils aideraient n’importe quel citoyen, sans plus», a-t-il jugé.

«Ils m’ont soutenu brièvement, puis ils m’ont abandonné en novembre», a regretté l’homme d’affaires, qui estime ne pas avoir obtenu de traitement de faveur, malgré son rôle d’ancien PDG et sa contribution «majeure» à l’économie française. «Ils m’ont soutenu le premier mois. Je pense que ce soutien aurait dû être meilleur. Un officiel m’a dit que s’il avait été président de la République, il m’aurait fait sortir en 24h. L’ambassadeur américain au Japon a dit à son homologue français que si j’avais été président d’une entreprise américaine, j’aurais été dehors en 24h», s’est-il insurgé.

«lls m’ont traité encore moins bien qu’un citoyen français lambda. C’est un point négatif que je retiens à l’encontre de la France», a-t-il ajouté, considérant que le Liban était le «seul gouvernement à ses côtés» durant ces moments difficiles. «La seule personne qui est venue me rendre visite au Japon était l’ancien président Nicolas Sarkozy, qui m’a rencontré une demi-heure à l’ambassade de France au Japon lorsqu’il représentait Emmanuel Macron à la cérémonie organisée pour le nouvel empereur japonais», s’est souvenu l’ex-PDG de Renault.

Sans citer précisément de source, Carlos Ghosn a rapporté que le manque de soutien pouvait aussi s’expliquer par le mouvement des «gilets jaunes» : «On m’a dit qu’il y avait eu une réunion entre le ministre français de l’Économie et deux représentants de Renault. Le ministre a dit qu’ils ne pouvaient plus soutenir Carlos Ghosn parce qu’à cette époque, il y avait le mouvement des ‘gilets jaunes’», a-t-il raconté.

Le flou demeure autour des circonstances de son départ du Japon

L’homme d’affaires a toutefois refusé de préciser davantage les circonstances de son évasion rocambolesque du Japon, expliquant que cela pourrait porter préjudice aux personnes l’ayant aidé. Il ne racontera pas sa fuite avant que ces individus soient hors de danger. «Soyez certain que j’aide tous ceux qui m’ont aidé, autant que je le peux, financièrement et de tous les moyens possibles», a-t-il assuré, sans entrer dans les détails de l’identité des personnes lui ayant prêté main-forte ou des moyens utilisés pour s’enfuir d’Asie.

L’ancien homme fort de l’alliance a toutefois déclaré avoir élaboré lui-même son plan pour quitter le Japon, en bâtissant un «système» lui permettant de communiquer avec des personnes extérieures, malgré la surveillance dont il était l’objet.

«Ils avaient peur de l’alliance entre Renault et Nissan»

Dénonçant de nouveau une «conspiration» menée contre lui, le franco-libanais a répété que sa chute était notamment due à ses plans pour l’alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi. «Ils avaient peur d’un rapprochement entre Renault et Nissan. Ils savent que je suis la seule personne capable de faire ça, parce que je suis habilité par Renault, Nissan et Mitsubishi», a avancé Carlos Ghosn.

Aujourd’hui, Carlos Ghosn explique avoir été lâché par une grande partie de son entourage : «tous ceux autour de moi voulaient mon bonheur. 98% de ces personnes ne me parlent plus, mais 2 à 3% me sont restées loyales. Et, bien entendu, je récompenserai leur loyauté. Ma chute m’a montré qui sont les personnes loyales sur qui je peux compter», a-t-il déclaré. Il a promis de revenir sur les «fausses» accusations portées par les autorités japonaises «dans un livre qui sera publié avant la fin de l’année». Ce dernier devrait contenir des «documents et des témoins» pour appuyer ses déclarations.

Avec Le Figaro par Vladimir Garcin-Berson

 

 

 

 

Le principal avocat de Carlos Ghosn au Japon démissionne

janvier 15, 2020

Le principal avocat de Carlos Ghosn au Japon, Junichiro Hironaka, a remis sa démission suite à la fuite au Liban du président déchu de Nissan, a rapporté jeudi la chaîne de télévision publique japonaise NHK, citant des déclarations du conseil. Aucun commentaire n’a pu être obtenu dans l’immédiat auprès du cabinet de Hironaka.

Carlos Ghosn, qui a fui fin décembre le territoire japonais pour se réfugier au Liban, pays de son enfance, a dénoncé la semaine dernière depuis Beyrouth un complot le visant et les conditions dans lesquelles il avait été détenu puis assigné à résidence à Tokyo.

Par Le Figaro avec Reuters

La ministre de la Justice nippone veut une comparution de Ghosn au Japon

janvier 8, 2020

La ministre japonaise de la Justice a de nouveau rejeté jeudi les critiques de Carlos Ghosn contre le système pénal japonais et dit «fortement» souhaiter qu’il comparaisse au Japon. «Je veux qu’il vienne affronter réellement la justice japonaise, mais il a fui, alors même qu’il n’était pas enfermé, qu’il pouvait voir librement ses avocats. Une telle attitude est inqualifiable», s’est agacée Masako Mori lors d’un point de presse exceptionnellement long à Tokyo.

«Dans tous les cas, son évasion n’est pas justifiable», a-t-elle poursuivi. «Si l’accusé Ghosn a quelque chose à dire sur son affaire pénale, qu’il présente ses arguments ouvertement devant un tribunal japonais et apporte des preuves concrètes. J’espère sincèrement que le prévenu Ghosn déploiera tous les efforts possibles pour faire valoir son point de vue dans le cadre d’une procédure pénale équitable au Japon et qu’il viendra le faire devant un tribunal japonais», a-t-elle répété.

«Mon impression est qu’il n’y avait rien de probant durant cette conférence», a-t-elle encore ajouté, en faisant référence à la conférence de presse du Franco-libano-brésilien la veille à Beyrouth, très suivie par les médias internationaux. Selon la ministre, les propos mercredi de Carlos Ghosn à Beyrouth déforment la perception du système judiciaire japonais, une réplique identique à celle du parquet de Tokyo qui avait publié un communiqué dès la fin de la conférence de presse du grand patron déchu de Renault et Nissan.

Alors qu’il attendait au Japon son procès pour diverses malversations financières présumées, Carlos Ghosn a fui fin décembre au Liban, brisant l’interdiction formelle de quitter l’archipel nippon où il était libre sous caution depuis avril dernier.

Par Le Figaro avec AFP

Interpol émet un mandat d’arrêt international contre Carlos Ghosn

janvier 2, 2020

Le Liban a reçu jeudi 2 janvier un mandat visant l’ancien patron de l’Alliance Renault-Nissan, qui s’est enfui du Japon où il était détenu.

L'industriel est aujourd'hui au Liban, pays dont il est originaire.
L’industriel est aujourd’hui au Liban, pays dont il est originaire. ERIC PIERMONT / AFP

Les autorités libanaises ont reçu jeudi 2 janvier un mandat d’arrêt international d’Interpol visant Carlos Ghosn. «Le parquet général […] a reçu une notice rouge d’Interpol concernant le dossier Carlos Ghosn», a indiqué jeudi le ministre libanais de la Justice, Albert Sarhane, cité par l’agence de presse officielle ANI. Au terme d’une fuite rocambolesque, l’ex-patron de Renault-Nissan est arrivé lundi au Liban , où son lieu de résidence reste inconnu.

Interpol n’émet pas de mandats d’arrêt et ne peut déclencher ni enquêtes ni poursuites, mais les pays membres et les tribunaux internationaux peuvent demander la publication de «notices rouges». Ces avis de recherche internationaux s’appuient sur des mandats d’arrêt nationaux, dont les informations qu’ils contiennent sont transmises aux autres membres via une base de données sécurisée.

Pas de poursuites au Liban

Les autorités libanaises avaient déjà annoncé que Carlos Ghosn était entré «légalement» dans le pays, avec un passeport français et une carte d’identité libanaise, selon une source à la présidence. De son côté, la Sûreté générale avait assuré que rien n’imposait «l’adoption de procédures à son encontre» ni «l’exposait à des poursuites judiciaires» au Liban. Le ministère libanais des Affaires étrangères avait rappelé qu’il n’existait pas d’accords de «coopération judiciaire» ou d’extradition avec le Japon.

Carlos Ghosn, qui fut le chef d’entreprise le mieux payé au Japon, y a été arrêté fin 2018. Il fait l’objet de quatre inculpations dans ce pays: deux pour des revenus différés non déclarés aux autorités boursières par Nissan (qui est aussi poursuivi sur ce volet), et deux autres pour abus de confiance aggravé.

Par Le Figaro avec AFP et Reuters

Carlos Ghosn avait un passeport français sur lui, sept personnes interpellées en Turquie

janvier 2, 2020
Carlos Ghosn arrive au tribunal de Tokyo, le 24 juin 2019
Carlos Ghosn arrive au tribunal de Tokyo, le 24 juin 2019 afp.com/Kazuhiro NOGI

 

Des arrestations ont eu lieu ce jeudi en Turquie après la fuite de l’ex-PDG de Renault-Nissan et une enquête a été ouverte par le pays.

 

Une perquisition a eu lieu jeudi au domicile provisoire de Carlos Ghosn à Tokyo et plusieurs personnes ont été interpellées en Turquie, où une enquête est ouverte pour comprendre comment l’ex-patron a réussi à s’enfuir au Liban en passant par Istanbul, a rapporté la chaîne d’information NTV.

Selon l’agence de presse DHA, la police turque a interpellé et placé en garde à vue sept personnes, dont quatre pilotes, soupçonnées d’avoir aidé l’ex-patron à se rendre au Liban depuis un aéroport d’Istanbul, où il avait atterri en provenance du Japon.

Pour sa fuite, il est en effet soupçonné d’avoir emprunté un jet privé parti de l’aéroport du Kansai, dans l’ouest du pays. Or un avion de ce type a décollé le 29 décembre vers 23h de cette infrastructure en direction d’Istanbul, ont indiqué des médias japonais.

D’après le quotidien turc Hürriyet, Carlos Ghosn aurait ensuite atterri à l’aéroport Atatürk, aujourd’hui fermé aux vols commerciaux mais encore utilisé par des appareils privés, et d’en être reparti vers le Liban peu de temps après à bord d’un autre jet privé

Deux passeports français, dont un sur lui

Et Carlos Ghosn est soupçonné par les procureurs japonais d’avoir utilisé à son arrivée un deuxième passeport français en sa possession. L’homme d’affaires avait en effet deux passeports français, dont un sur lui dans une sacoche fermée à clef, a affirmé ce jeudi à l’AFP une source proche du dossier, confirmant des informations de la chaîne publique japonaise NHK.

Une autorisation exceptionnelle du tribunal lui permettait d’en avoir un sur lui, enfermé dans une sorte d’étui (boîte ou sacoche, le type n’est pas précisé] qui restait en sa possession mais dont la clef (un code secret) était également détenu par ses avocats, a expliqué la même source.

Ce document lui tenait lieu de visa de court séjour dans l’archipel et il devait donc l’avoir à portée de main pour ses déplacements internes, a expliqué la même source.

En cas de contrôle, il devait contacter l’avocat détenteur du code pour que celui-ci se déplace [il ne pouvait se contenter de donner le code par téléphone à un policier], a précisé la source, indiquant que de telles dispositions ne concernaient pas que Carlos Ghosn, mais aussi d’autres personnes libérées sous caution.

Les circonstances de son départ du Japon toujours obscures

Ce passeport, Carlos Ghosn ne l’a pas utilisé pour partir, car les autorités japonaises n’ont pas de données informatiques indiquant qu’il se serait présenté sous sa réelle identité aux contrôles aux frontières du Japon avant son départ, dans aucun des aéroports du pays. Et au Japon, les contrôles d’entrée et sortie du territoire sont toutes enregistrées dans un système informatique, avec qui plus est prise de photo et empreintes digitales pour les étrangers.

Il est donc soupçonné d’avoir employé un « moyen illégal » de sortie du territoire [sous une autre identité ou en échappant aux contrôles], souligne la chaîne publique de télévision NHK citant des sources proches des enquêteurs.

Par hypothèse, il aurait pu se trouver dans des bagages non passés aux rayons X, ce qui est possible dans le cas d’un avion privé, ou avoir bénéficié d’une aide diplomatique pour éviter les contrôles habituels, expliquent des médias nippons.

En revanche, ce deuxième passeport français aurait pu être sorti de force de son étui et présenté à son arrivée pour les formalités habituelles.

Car le patron déchu est bien entré au Liban avec un passeport français, selon des documents des autorités aéroportuaires que l’AFP a pu voir.

L’un des avocats de Carlos Ghosn, Junichiro Hironaka, avait assuré mardi que son équipe de défense possédait bien les trois passeports (français, brésilien et libanais) de leur client, mais n’avait alors pas évoqué de deuxième passeport français. On ignorait à ce stade quand et selon quelles modalités ce passeport lui avait été délivré.

Pas extradé s’il vient en France

L’ex-PDG de Renault-Nissan, qui préparait son procès devant débuter dans l’année au Japon, a confirmé mardi se trouver au Liban d’où il promet de parler « librement » aux médias prochainement, provoquant la consternation à Tokyo.

La secrétaire d’État française à l’Économie, Agnès Pannier-Runacher, a confirmé ce jeudi matin sur BFMTV que Carlos Ghosn ne serait pas extradé s’il venait en France : « Si M. Ghosn venait en France, nous ne l’extraderons pas, parce que la France n’extrade jamais ses nationaux ; donc nous appliquons à M. Ghosn comme à Monsieur tout le monde les mêmes règles du jeu mais cela ne nous empêche pas de penser qu’il n’a pas à se soustraire à la justice japonaise », a-t-elle dit à propos de l’ex-patron de Renault-Nissan.

Par LEXPRESS.fr avec AFP

Carlos Ghosn tiendra une conférence de presse le 8 janvier

janvier 1, 2020

L’ancien patron de Renault-Nissan est arrivé au Liban lundi 30 décembre après avoir fui le Japon.

Le 8 novembre 2018.
Le 8 novembre 2018. Ludovic MARIN / AFP

Selon un de ses avocats, Carlos Ghosn, l’ancien patron de Renault-Nissan, tiendra une conférence de presse mercredi 8 janvier à Beyrouth.

Le sexagénaire a atterri au Liban lundi 30 décembre après avoir fui Tokyo, au Japon, où il était assigné en résidence depuis le mois d’avril dans l’attente de ses procès.

Selon Reuters, qui cite deux membres de l’entourage de l’ex-dirigeant, la fuite de Carlos Ghosn aurait été orchestrée par une société de sécurité privée.

«Je suis à présent au Liban. Je ne suis plus l’otage d’un système judiciaire japonais partial où prévaut la présomption de culpabilité», avait écrit Ghosn lundi dans un communiqué.

Par Le Figaro avec Reuters

Ghosn est arrivé légalement à Beyrouth, selon la diplomatie libanaise

décembre 31, 2019

Selon la Direction générale de la sûreté générale du Liban, l’ancien patron ne sera pas inquiété par la justice.

Des membres des forces armées libanaises entrent dans la résidence de Carlos Ghosn, dans le quartier d'Achrafiyeh à Beyrouth, ce mardi 31 décembre 2019.
Des membres des forces armées libanaises entrent dans la résidence de Carlos Ghosn, dans le quartier d’Achrafiyeh à Beyrouth, ce mardi 31 décembre 2019. ANWAR AMRO/AFP

Carlos Ghosn est entré légalement au Liban, où il ne sera pas inquiété par la justice, a fait savoir mardi 31 décembre la Direction générale de la sûreté générale, citée par l’agence de presse libanaise NNA. Une information confirmée par le ministère des Affaires étrangères du pays.

Le patron déchu de Renault et de Nissan a annoncé mardi avoir fui le Japon pour le Liban, disant refuser d’être «otage» d’un système judiciaire japonais «partial» l’accusant de malversations financières.

Plus tôt ce mardi, la chaîne libanaise MTV citant une source officielle annonçait que Carlos Ghosn est entré au Liban à l’aide d’un passeport français.

Cette source avait déclaré que le Liban traitait Carlos Ghosn, arrivé lundi à Beyrouth, conformément aux «accords internationaux». L’un de ses avocats au Japon a pourtant déclaré à la presse que les trois passeports de Carlos Ghosn, qui possède les nationalités française, libanaise et brésilienne, étaient toujours aux mains de ses défenseurs.

Le Figaro.fr avec Reuters

USA: le gendarme de la Bourse accuse Ghosn d’avoir caché 140 millions de dollars de rémunération

septembre 23, 2019

 

Le gendarme américain de la Bourse, la SEC, a accusé lundi Carlos Ghosn et un de ses lieutenants, Greg Kelly, d’avoir dissimulé plus de 140 millions de dollars de rémunération qui devaient être versés à l’ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan au moment de son départ en retraite.

«De 2009 jusqu’à son arrestation à Tokyo en novembre 2018, Carlos Ghosn a pris part à une combine visant à dissimuler plus de 90 millions de dollars de rémunération, et a aussi augmenté de plus de 50 millions l’indemnité de retraite de Ghosn», accuse la SEC dans un communiqué.

Sans reconnaître ni nier les accusations, Carlos Ghosn a conclu un accord à l’amiable avec la SEC.

Par Le Figaro.fr avec AFP