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Maroc : qui est Nabila Rmili, maire de Casablanca et démissionnaire du gouvernement ?

novembre 14, 2021
Nabila Rmili a été élue en septembre à la tête du Conseil de la ville de Casablanca. © DR

Cette native de la Ville blanche a créé la polémique en cumulant son poste de maire de Casablanca avec celui de ministre de la Santé. Sous la pression, elle a dû renoncer à ses fonctions gouvernementales.

« Mme Rmili, une compétence dont nous sommes fiers et que nous estimons, a fait la preuve de son sens des responsabilité en considérant que les dossiers aujourd’hui sur la table du Conseil de la ville de Casablanca sont importants et prioritaires et exigent d’elle de s’y consacrer pleinement ». Par ces mots, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch officialisait, le 14 octobre, le retrait de Nabila Rmili de son poste de ministre de la Santé, afin qu’elle puisse s’atteler entièrement à sa fonction de maire.

Née dans la Ville blanche en 1974, Nabila Rmili est médecin généraliste de formation. Sa carrière débute au sein des urgences du Centre hospitalier provincial de Ouazzane. Puis elle se lance dans des fonctions plus administratives, comme lors de son passage au ministère de la Santé en tant que déléguée à la préfecture d’arrondissement Casablanca-Anfa. Elle devient ensuite directrice régionale de la santé de Casablanca-Settat en 2017.

Une nomination surprise

Encartée au Rassemblement national des indépendants (RNI), elle a par ailleurs exercé dans plusieurs postes à responsabilité au sein du parti. Une source qui l’a fréquentée lorsqu’elle était membre du bureau politique la décrit comme « courageuse et grande bosseuse », très impliquée dans la politique de terrain. Pourtant, sa nomination au ministère de la Santé en a surpris quelques-uns, qui n’ont pas manqué de rappeler son limogeage du poste de déléguée régionale de la santé après avoir été mise en cause pour sa gestion de la crise sanitaire.

Le 20 septembre 2021, Nabila Rmili est élue présidente du Conseil communal de Casablanca, et devient ainsi la première femme maire de la capitale économique. Les événements vont alors s’accélérer puisqu’une quinzaine de jours plus tard, elle est nommée ministre de la Santé et de de la Protection sociale dans le nouveau gouvernement d’Aziz Akhannouch. Une consécration, à 47 ans.

SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX, BEAUCOUP DÉNONCENT L’IMPOSSIBILITÉ D’ASSURER À LA FOIS LA GESTION CHRONOPHAGE D’UNE VILLE AUSSI IMPORTANTE QUE CASABLANCA TOUT EN ÉTANT À LA TÊTE D’UN MINISTÈRE

Mais rapidement, son arrivée suscite une levée de boucliers dans l’opinion publique ; on lui reproche de cumuler cette nouvelle fonction avec celle pour laquelle elle a été élue à peine quelques jours auparavant. Très vite, une campagne médiatique s’organise pour réclamer qu’elle effectue un choix entre le Conseil communal de Casablanca et son poste de ministre. Sur les réseaux sociaux, beaucoup dénoncent l’impossibilité d’assurer la gestion chronophage d’une ville aussi importante tout en étant à la tête d’un ministère.

« Prise de conscience »

Alors qu’aucune mesure législative ne la contraignait juridiquement à quitter son poste (une loi organique stipule qu’il n’existe « pas de contradiction entre une fonction gouvernementale et la présidence du Conseil de la commune »), Nabila Rmili se résout à trancher en faveur de sa fonction de maire, abandonnant ainsi son poste au ministère une semaine jour pour jour après sa nomination. Le portefeuille échoit à son prédécesseur, Khaled Ait Taleb.

Le communiqué royal fait état d’une prise de conscience de « la charge de travail de cette mission représentative », et de la difficulté à concilier ses engagements avec « le suivi quotidien que nécessite le secteur de la santé, surtout en cette période de pandémie ».

Il n’est cependant pas interdit de s’interroger sur le fait que la question du cumul ne semble se poser que dans le cas de Nabila Rmili. De fait, d’autres membres du nouveau gouvernement cumulent leurs fonctions de ministre avec celle de maire d’une grande ville. C’est le cas d’Aziz Akhannouch lui-même et de Fatima-Zahra Mansouri, pour ne citer qu’eux, respectivement maires d’Agadir et de Marrakech, villes se trouvant à plusieurs centaines de kilomètres de Rabat, où ils exercent leurs fonctions ministérielles.

Une version officielle et des questions

Pour le politologue Mustapha Sehimi, la version officielle du départ de Nabila Rmili cache ce qui s’apparenterait plutôt à un limogeage. En réalité, certaines des décisions prises alors qu’elle venait tout juste d’entrer en fonction auraient conduit à son départ précipité. « En limogeant l’inspecteur général de la Santé ainsi que d’autres directeurs d’administrations, puis en étant à l’origine de fuites dans la presse concernant des marchés du ministère, elle s’est décrédibilisée », analyse Sehimi.

Le politologue rappelle également que lors de son passage à la direction régionale de Casablanca, elle avait suscité plusieurs interrogations quant à sa gouvernance. Son mari s’était notamment fait élire troisième vice-président de la municipalité de Casablanca, avant de démissionner… dix jours plus tard.

SON LIMOGEAGE QUELQUES JOURS À PEINE APRÈS SA NOMINATION L’A FRAGILISÉE ET POSE LA QUESTION DE SA CRÉDIBILITÉ, ESTIME SEHIMI

Aujourd’hui, Nabila Rmili revient en poste à Casablanca avec « un coefficient négatif », selon Sehimi, qui estime que « son limogeage quelques jours à peine après sa nomination l’a fragilisée et pose la question de sa crédibilité ». Et d’ajouter que « son parcours très éloigné des problèmes économiques et sociaux de Casablanca lui rendra difficile la tâche de mener des grandes réformes et de présider sereinement le conseil municipal ».

A posteriori, on s’interroge sur le fait que ni la principale intéressée ni son entourage n’ait anticipé les critiques que provoqueraient immanquablement le cumul de ses fonctions. « Le Docteur Rmili a toujours nourri l’ambition de devenir ministre de la Santé, après avoir occupé le poste de directrice régionale », note une source proche du RNI. Elle y sera parvenue, le temps d’une semaine.

Avec Jeune Afrique par Soufiane Khabbachi

De Casa à Dakar, un trou de 18 milliards de dollars pour les compagnies africaines

janvier 25, 2021
Un appareil de la Royal Air Maroc

13,5 milliards de dollars de pertes de chiffre d’affaires passagers en 2020 et au moins 4,7 milliards de dollars pour le premier semestre 2021. En dépit du rebond des vols domestiques, le secteur aérien africain est lourdement impacté par le Covid-19.

L’année 2020 a été terrible pour les compagnies aériennes du continent. Et ce n’est pas fini. Ce premier semestre, de Casablanca à Johannesburg en passant par Addis Abeba ou Dakar, le ciel africain devrait enregistrer des pertes de revenus passagers allant de 4,7 à 5,9 milliards de dollars par comparaison à 2019, soit -50 % à -63 %, selon les dernières estimations de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

Pour le continent, cette nouvelle dégradation fait suite une plongée record de 13,54 milliards de dollars des revenus sur l’ensemble de 2020 (soit -68,6 %), indique l’organisation des Nations-Unies basée à Montréal.

Des vols domestiques plus résilients

La fourchette des pertes de revenus anticipées ce premier semestre 2021 correspond à plusieurs scénarios de reprise élaborés par l’OACI. Ces scénarios prennent en compte la maîtrise ou non de la pandémie, la reprise économique ou encore l’évolution des capacités en sièges et des destinations offertes par les compagnies.

Sur le continent, en 2021 comme en 2020, plus de 80 % des pertes est à mettre au compte des liaisons internationales, les vols domestiques s’avérant légèrement plus résilients.

Partant d’un niveau de 115,1 millions de passagers sur le continent en 2019, le secteur a perdu 78,1 millions de voyageurs au total l’an dernier et même 87,7 millions si l’on prend en compte la croissance potentielle perdue.

Pas de retour à la normale avant 2024

Petit facteur d’espoir, ce premier semestre, les revenus des vols domestiques en Afrique devraient rebondir de 17 à 47 % par comparaison à la même période de 2020. Cette évolution est plus incertaine pour les liaisons internationales (+5,7 % à ‐23,8 %, selon les scénarios). Au plan mondial, selon l’OACI, le secteur aérien aura perdu 2,69 milliard de passagers en 2020 générant un recul direct de l’activité de 370 milliards de dollars.

Le retour au niveau d’avant crise en termes de revenus n’interviendra pas avant 2024 dans le meilleur des cas avait, pour sa part, estimé l’Association internationale du transport aérien (IATA) dans ses dernières prévisions datées de novembre 2020. Pour l’Afrique, l’organisation avait, alors, chiffré sur 2021 à 1,7 milliard de dollars les pertes comptables directes des compagnies après 2 milliards de dollars l’an dernier.

Pas moins de 30 milliards de dollars de soutiens financiers multilatéraux ou nationaux ont été promis au secteur aérien africain, selon l’IATA, mais seule une très petite fraction de cette enveloppe a été engagée, du fait notamment des délais administratifs et de la bureaucratie.

Avec Jeune Afrique par Pierre-Olivier Rouaud

Coronavirus : le Maroc isole huit villes, dont Marrakech

juillet 26, 2020

Les autorités marocaines ont décidé d’interdire à partir de lundi les déplacements de et vers huit villes du pays dont Casablanca, Marrakech et Tanger, à cause d’une «hausse considérable» ces derniers jours des cas de contamination au coronavirus.

Cette décision annoncée ce dimanche 26 juillet intervient à quelques jours de l’Aïd al-Adha, une fête traditionnellement marquée par des réunions familiales. Elle entre en vigueur lundi jusqu’à nouvel ordre, selon un communiqué conjoint des ministères de l’Intérieur et de la Santé.

L’interdiction des déplacements a été prise «en raison de la hausse considérable des cas de contamination» à la maladie Covid-19 et «au regard du non-respect par la majorité des citoyens des mesures de prévention -distanciation sociale, port du masque-», selon le texte.

Elle concerne huit villes, dont la capitale économique Casablanca (ouest), la capitale touristique Marrakech (sud), Tanger (nord), le deuxième pôle économique du royaume, et Fès (centre).

20.278 cas, 313 décès

Le Maroc avait annoncé il y a une semaine un nouvel allègement des mesures de confinement mais les derniers jours ont été marqués par des cas record de contamination: 811 samedi et 633 dimanche. Le nombre total des cas officiellement enregistrés dans le pays est de 20.278, dont 313 décès.

Samedi, le ministre de la santé Khalid Ait Taleb a appelé à «éviter les visites inutiles et les contacts physiques et à veiller au respect des mesures de prévention lors des rassemblements familiaux» pendant l’Aïd al-Adha, la fête musulmane du sacrifice prévue cette année à partir du 31 juillet.

Le ministère de l’Intérieur a noté un «relâchement de certains individus» dans le port du masque obligatoire au Maroc, affirmant dans un communiqué que les autorités «n’hésiteront pas à appliquer les sanctions prévues par la loi». Les peines vont jusqu’à trois mois de prison et/ou jusqu’à 1.300 dirhams d’amende (115 euros).

Le Maroc autorise depuis juin l’ouverture des cafés, restaurants, commerces et le tourisme intérieur mais l’état d’urgence sanitaire a été prolongé jusqu’au 10 août.

Par Le Figaro avec AFP

Maroc: un député tué par balles à Casablanca

mars 8, 2017

Rabat – Un député marocain a été assassiné par balles mardi soir à Casablanca, et un suspect a été arrêté peu après en lien avec ce crime, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Abdellatif Merdas, 53 ans, a été tué dans la soirée devant son domicile, a indiqué dans un communiqué la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN, police).

Les policiers ont retrouvé vers 22H00 (locales et GMT) son « corps inanimé (…) à l’intérieur de sa voiture personnelle ». La victime a « reçu trois coups de feu tirés d’un fusil de chasse », a précisé la DGSN.

Grièvement atteint à la tête, la victime a succombé peu après à ses blessures, selon des médias en ligne marocains. Ces mêmes sites ont diffusé des photos du lieu du crime et de la voiture aux vitres brisées autour de laquelle s’affairaient des policiers ainsi que des proches éplorés du parlementaire.

Le ou les assaillants ont pu « prendre fuite vers une destination inconnue », selon la DGSN. « Les premiers témoignages recueillis sur la scène de crime font état d’une voiture privée de couleur noire qui rôdait autour du domicile » de la victime.

M. Merdas était député de l’Union constitutionnelle (UC, parti libéral) pour la circonscription de Ben Ahmed, localité à une soixantaine de km au sud-est de Casablanca.

Les premières éléments de l’enquête « ont permis de recueillir des preuves matérielles de l’implication présumée d’un individu originaire de la ville de Ben Ahmed dans ce crime », toujours selon la police.

Le suspect, âgé de 27 ans et aux antécédents judiciaires, avait déjà « menacé la victime pour des différends personnels à caractère privé ».

Il a été interpellé à son domicile à Ben Ahmed, où les perquisitions ont permis « la saisie de deux armes de chasse et de cartouches semblables à celles utilisées dans cet homicide ».

Ces armes vont être soumises à une expertise balistique par la police scientifique, a ajouté la police.

Les homicides par balles sont rares au Maroc, où très peu d’armes à feu circulent illégalement. Les incidents par armes blanches sont plus courant, et surtout le fait de la petite délinquance.

Romandie.com avec(©AFP / 08 mars 2017 13h16)             

Effondrement d’un immeuble au Maroc: 3 morts, le propriétaire arrêté

août 6, 2016

Rabat – Trois personnes ont été tuées dans l’effondrement d’un immeuble dans la ville marocaine de Casablanca, dont une femme retirée des décombres samedi, ont indiqué les autorités en faisant état de l’arrestation du propriétaire du bâtiment.

Les recherches se poursuivaient néanmoins pour rechercher d’autres éventuelles victimes au lendemain de l’effondrement spectaculaire de l’immeuble de quatre étages situé dans le quartier de Sbata, au moment où un café situé au rez-de-chaussée était bondé.

Les causes de ce drame survenu en soirée n’ont pas été précisées dans l’immédiat mais Casablanca, une mégapole côtière de cinq millions d’habitants de l’ouest marocain, compte des milliers de logements insalubres, en particulier dans la vieille ville (médina).

Le corps d’une femme a été extrait samedi soir des décombres, portant à trois le nombre des morts, selon un dernier bilan officiel. Les deux autres victimes sont un chauffeur de taxi de 60 ans qui venait d’entrer dans le café au moment du drame et une adolescente de 13 ans dont le corps avait été dégagé plus tôt samedi.

Vingt-quatre autres personnes ont été blessées.

La municipalité de Casablanca a annoncé l’arrestation du propriétaire de l’immeuble pour être interrogé.

Selon le site web d’un média local, le bâtiment était initialement composé d’un étage mais le propriétaire a obtenu un permis l’autorisant à ajouter trois autres étages dont la construction a été achevée il y a six mois.

Le roi Mohammed VI a présenté ses condoléances aux familles des victimes et s’est engagé à prendre en charge les frais d’inhumation et d’hospitalisation pour les blessés.

Pompiers et secouristes ont participé aux recherches, utilisant des perceuses pour couper les pièces de béton et libérer les victimes prises au piège.

Après le drame, des centaines de personnes avaient envahi les rues adjacentes, certaines grimpant sur les décombres pour participer aux opérations de sauvetage.

Selon des témoins, une femme a été retirée vivante des ruines, mais sa jambe a dû être sectionnée.

En juillet 2014, 23 personnes ont été tuées dans l’effondrement de trois immeubles à Casablanca.

Selon un rapport du ministère de l’Habitat, entre 4.000 et 7.000 habitations à Casablanca sont menacées d’effondrement.

Plusieurs programmes de réhabilitation et de relogement ont été lancés ces dernières années, notamment à destination des habitants des bidonvilles de l’agglomération.

Romandie.com avec(©AFP / 06 août 2016 21h41)

Maroc : délinquance à Casablanca, peur sur la ville ?

avril 24, 2014

Casablanca, une ville où les disparités sociales sont criantes. © AFP

Casablanca, une ville où les disparités sociales sont criantes. © AFP

La multiplication des actes de délinquance dans la capitale économique marocaine nourrit un fort sentiment d’insécurité au sein de la population. Qui ne cache plus son ras-le-bol.

Si la saleté envahissante, les klaxons intempestifs, le niveau de pollution atmosphérique inquiétant sont autant de motifs de désamour pour les habitants de la capitale économique du Maroc, ce sont les vols avec violences et les agressions à l’arme blanche qui restent en tête de la liste des griefs. Deux faits divers récents ont particulièrement marqué les esprits : une attaque contre un salon de coiffure huppé dans un beau quartier et la descente de dizaines de jeunes hooligans armés de sabres contre les joueurs du Wydad de Casablanca (l’un des deux grands clubs de football de la ville), qu’ils ont dépouillés de tous leurs biens après les avoir pris en otages et abreuvés d’insultes pour leurs résultats sportifs jugés insuffisants.

« Casablanca, où se côtoient riches et pauvres, est la ville des disparités sociales les plus criantes. C’est la ville des gratte-ciel et des bidonvilles. C’est le centre de la finance et des affaires, mais aussi de la misère, du chômage et d’autres maux. » Ce constat sans appel n’est pas celui d’un opposant ou d’une plume nihiliste. Ce sont les mots de Mohammed VI, en octobre 2013, lors de l’ouverture de la session d’automne du Parlement. Consacrant une large partie de son adresse aux élus aux problèmes de Casablanca, le roi avait alors su se montrer solidaire, faisant état de sa préoccupation face à la situation vécue au quotidien par les Bidaouis.

Paranoïa sécuritaire galopante

La presse en ligne n’a pas manqué de se ruer sur ces sujets très rentables en clics. C’est alors que le grand public a découvert un phénomène jusque-là connu des seuls initiés : le tcharmil, en référence à la charmoula, une marinade qui accompagne les viandes et nécessite l’usage de grands couteaux de boucher, tels ceux exhibés par de jeunes délinquants, qui, par bravade, postent sur Facebook les photos de leurs exploits, armes et butins. Fanfaronnade ou trouble à l’ordre public ? Pour la police judiciaire, c’est surtout une belle occasion de mettre en avant son travail.

En visite à Casablanca pour présider la cérémonie de signature des conventions de financement du nouveau quartier du port – marina, résidences de luxe, centres commerciaux, cité des sciences – pour un montant global de 6 milliards de dirhams d’investissement (532 millions d’euros) et lancer la nouvelle stratégie industrielle du gouvernement, Mohammed VI ne pouvait ignorer le ras-le-bol des habitants, en proie à une paranoïa sécuritaire galopante. Comme à chaque visite royale, Casablanca bruisse de rumeurs de limogeage de responsables de la sécurité.

Le 7 avril, le ministère de l’Intérieur a donné des instructions à tous les services pour réagir et rassurer la population, à Casablanca et dans les autres régions. Rapidité et fermeté sont les maîtres mots d’une véritable opération de communication au cours de laquelle journalistes et photographes sont invités, quasi quotidiennement, à constater les arrestations qui se succèdent. Dans une version un peu cheap du perp walk (marche de celui qui a perpétré le crime), des jeunes sont filmés de dos, derrière des tables parsemées de butins présumés de vol : quelques montres, des survêtements, des sabres et autres armes blanches. Pour les programmes de réinsertion et la présomption d’innocence, il faudra repasser…

Jeuneafrique.com par Youssef Aït Akdim

Maroc : le Mouvement du 20 février mobilise des milliers de jeunes à Casablanca

juin 13, 2011

Le Mouvement du 20 février a rassemblé à Casablanca quelque 7000 jeunes lors d’une manifestation pacifique. Pour ces derniers, le projet de réforme constitutionnelle rendu au roi Mohammed VI samedi dernier ne va vraisemblablement pas assez loin.

Au lendemain de la remise au roi Mohammed VI du projet de révision constitutionnelle, ils étaient quelque 7000 jeunes marocains à manifester pacifiquement dans les rues de Casablanca, dimanche. Répondant à l’appel du Mouvement du 20 février, qui demande des réformes démocratiques profondes au Maroc, les manifestants ont défilé en scandant des slogans tels que « Non aux constitutions octroyées », ou encore « Non au cumul du pouvoir et de la fortune ».

Près de la moitié des jeunes appartenaient au mouvement islamiste Justice et bienfaisance, l’un des plus importants au Maroc. Mais les objectifs des manifestants ont trouvé de l’écho dans des milieux bien différents. « Je ne suis pas islamiste et je n’appartiens pas au Mouvement du 20 février, mais j’ai décidé aujourd’hui de manifester parce que leurs slogans me parlent », argumente Hafed Bensouaïd, un jeune marocain de 30 ans.

Limitation des pouvoirs du roi

Même si le projet de réforme constitutionnelle, qui a été rendu au roi et doit être soumis à référendum en juillet, semble selon des sources concordantes limiter les pouvoirs de Mohammed VI au profit du Premier ministre, ce n’est apparemment pas suffisant pour satisfaire les exigences du Mouvement du 20 février, dont la principale revendication est l’instauration d’une monarchie parlementaire.

Un gouvernement issu de la majorité politique et responsable devant le Parlement, l’indépendance de la justice conformément au principe de séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, la libération de tous les détenus « politiques » et le jugement des responsables de dilapidation des biens publics, sont les principales requêtes exprimées par le mouvement.

« En manifestant aujourd’hui, nous voulons dire qu’on tient à la démocratie dans le cadre d’une monarchie parlementaire et à la justice sociale », dit encore Hafed Bensouaïd. Des rassemblements pacifiques ont eu lieu également à Salé, près de Rabat, où plus d’un millier de personnes ont manifesté.

Jeuneafrique.com avec Afp