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Sénégal : deux morts dans des violences préélectorales à Dakar et en Casamance

juin 18, 2022

Des heurts entre jeunes et policiers ont éclaté, vendredi, dans la capitale et le sud du pays, où l’escalade verbale des dernières semaines entre pouvoir et opposition a tourné à la confrontation redoutée avant les élections législatives.

Un manifestant agite un drapeau sénégalais lors d’une manifestation de soutien à Ousmane Sonko, le 3 mars à Dakar. © Leo Correa/AP/Sipa

Trois figures de l’opposition ont été arrêtées, a indiqué le porte-parole du parti Pastef, Ousseynou Ly. Le leader de l’opposition, Ousmane Sonko, et le maire de Dakar, Barthélémy Dias, autre ardent pourfendeur du président Macky Sall, ont été empêchés de sortir de chez eux par les forces de sécurité.À LIRE[Fact-checking] Sénégal : des rebelles casamançais dans les manifestations de l’opposition ?

Différents quartiers de la capitale ont été le théâtre d’affrontements entre jeunes lançant des pierres et policiers les tenant à distance à coups de gaz lacrymogènes ou les dispersant à l’aide de grenades assourdissantes dans la fumée de pneus incendiés. Une jeune personne a péri quand un projectile a mis le feu dans un local où elle se trouvait, a indiqué un responsable de la Croix-Rouge sous couvert d’anonymat. La presse et l’opposition ont fait état d’un deuxième décès à Bignona, en Casamance où l’opposition a accusé les forces de sécurité de tirer à balles réelles.

Manifestation interdite

De nombreux Sénégalais redoutaient cette montée des tensions depuis que les autorités avaient interdit mercredi à l’opposition de manifester ce vendredi après-midi. L’opposition entendait protester contre l’invalidation d’une liste nationale de candidats pour les législatives du 31 juillet. Elle avait prévenu qu’elle passerait outre à l’interdiction.

Des pelotons de policiers en tenue antiémeute, soutenus par des véhicules blindés, ont empêché quiconque d’approcher la place de la Nation où devait se dérouler le rassemblement, à l’écart du centre politique et économique de la capitale. Les policiers ont refoulé vers les rues adjacentes de petits groupes mobiles qui les harcelaient à coups de pierres.

« C’est vraiment pas bon pour les affaires », se lamentait Bilan Diop, 32 ans, appuyé sur un garde-corps le long de la vaste avenue jonchée de cailloux menant à l’esplanade désertée de la Nation. « Regardez mon magasin, il est fermé, tous les magasins sont fermés alors qu’on approche de la Tabaski », la fête musulmane du Sacrifice, propice au commerce. « Pour l’instant, ça a l’air sous contrôle. Mais ce qui va se passer après, on n’en sait rien », s’inquiétait, avec des détonations en fond sonore, Bamba Diop, 30 ans, qui gagne sa vie en louant des places de parking.

Impasse politique

Dès la matinée, les policiers ont fait le siège autour de la résidence d’Ousmane Sonko, dans le quartier dakarois cossu de Mermoz, résolus à l’empêcher de mettre à exécution son intention proclamée de défier l’interdiction de manifester. À la mi-journée, ils l’ont empêché de se rendre à la grande prière hebdomadaire. « Même notre liberté de culte est bafouée aujourd’hui », a dit posément Sonko, vêtu du boubou traditionnel pour la prière, après s’être heurté à un barrage de policiers.

Le pouvoir cède à la « panique », a assuré Sonko, troisième de la présidentielle de 2019, candidat déclaré à celle de 2024, et populaire chez les jeunes. Trois personnalités de l’opposition, Déthié Fall, Ahmet Aidara et Mame Diarra Fame, ont été arrêtées, a dit le porte-parole du parti de Sonko, sans que cela puisse être confirmé.

L’opposition dénonce l’invalidation de la liste nationale de la coalition Yewwi Askan Wi, menée par le parti de Sonko, comme un stratagème du président Macky Sall pour écarter ses adversaires. L’invalidation écarte des législatives Sonko et certaines figures d’opposition.

Le pouvoir et l’opposition n’ont donné aucun signe de vouloir transiger et les analystes décrivent généralement une impasse politique. De nombreuses voix se sont élevées pour appeler au dialogue face au risque de violences semblables aux émeutes qui, en mars 2021, avaient fait une douzaine de morts dans le pays.

Le président Sall a fermé la porte à un repêchage de la liste invalidée. « De toute façon, le pays va faire ces élections, le Conseil constitutionnel a décidé », a-t-il déclaré. La mise en cause de Sonko par la justice dans une affaire de viols présumés avait contribué en mars 2021 à plusieurs jours d’émeutes, de pillages et de destructions.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Casamance : plus de 6 000 civils fuient les combats en Gambie

mars 20, 2022
Des femmes et des enfants réfugiés dans le village de Bujinha, le 15 mars 2022 en Gambie. © MUHAMADOU BITTAYE/AFP

Après plusieurs jours de combats entre l’armée sénégalaise et les indépendantistes de Casamance, le gouvernement gambien a apporté son soutien aux populations réfugiées.

Plus de 6 000 déplacés et réfugiés ont été recensés en Gambie, fuyant les violences depuis une semaine entre l’armée et des rebelles en Casamance, dans le sud du Sénégal voisin, ont annoncé samedi les autorités gambiennes.

L’armée sénégalaise a annoncé avoir lancé le 13 mars une opération contre des rebelles de Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie. »L’objectif principal est de démanteler les bases » du chef militaire rebelle Salif Sadio, situées le long de la frontière nord avec la Gambie, a dit l’armée.

Les personnes fuyant les violences et recensées depuis le 13 mars sont au nombre de 6 350 dont 4 508 déplacés, a indiqué l’Agence nationale gambienne de gestion des crises dans un document officiel.

« Refuge sûr »

« À cause de la situation dans la région de Casamance, au Sénégal, la zone du Foni Kansala est devenue un refuge sûr aussi bien pour les réfugiés que pour les déplacés », a-t-elle déclaré.

Le Foni Kansala, en territoire gambien, est frontalier de la Casamance et proche de la zone où se déroulent des combats entre l’armée sénégalaise et des rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui lutte depuis 1982 pour l’indépendance de cette région.

Priorité à la « paix définitive »

Le gouvernement gambien a promis d’aider les personnes déplacées et le président Adama Barrow a ordonné des patrouilles renforcées près de la frontière, affirmant qu’il protégerait le petit Etat « contre toute menace étrangère ». Les rebelles casamançais, accusés de faire du trafic de bois et de cannabis, se sont souvent réfugiés en Gambie ou en Guinée-Bissau, qui a également une frontière commune avec le Sénégal.

Le conflit de faible intensité s’était de nouveau animé l’an dernier lorsque le Sénégal a lancé une offensive pour déloger les rebelles. Le président sénégalais Macky Sall a fait de la « paix définitive » en Casamance la priorité de son second mandat.

Par Jeune Afrique par AFP

Sénégal: 9 soldats portés disparus

janvier 26, 2022

Avec TV5Monde

Casamance: ;a rébellion condamne le massacre dans un Sénégal en deuil

janvier 8, 2018

Une personne hospitalisée, le 7 janvier 2018 dans un hôpital de Ziguinchor, dans le sud du Sénégal / © AFP / SEYLLOU

La rébellion indépendantiste de Casamance a condamné lundi le massacre de 13 jeunes dans une forêt de cette région du sud du Sénégal en deuil, prônant la poursuite du dialogue pour trouver une « issue heureuse » à un conflit vieux de 35 ans.

Le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui lutte depuis 1982 pour l’indépendance de la Casamance, « condamne fermement cet acte », a-t-il indiqué lundi sur son site.

Soupçonnés par certains observateurs d’être à l’origine de ce regain de violence dans une région qui a connu plusieurs années d’accalmie, le mouvement rebelle demande « aux autorités sénégalaises d’orienter leurs enquêtes vers » des responsables administratifs et militaires locaux « à la tête d’un vaste réseau de coupe clandestine et de vente illicite du bois de teck », selon le texte.

Le teck est un arbre tropical qui produit un bois précieux très recherché notamment pour la fabrication de ponts de bateaux et de meubles de jardin. Il pousse en Casamance, une des régions les plus boisées du Sénégal, voisine de la Guinée-Bissau et de la Gambie, et fait l’objet de nombreuses convoitises et de trafics.

La rébellion lie plus précisément le massacre de samedi, qui s’est déroulé près de Ziguinchor, la principale ville de la région, à un conflit entre des scieries locales, dont la « forte concurrence a fini par instaurer une atmosphère d’animosité entre les employés ».

– ‘Fossoyeurs de la paix’ –

« Le MFDC continue dans sa dynamique d’ouverture au dialogue en faveur d’une issue heureuse au conflit casamançais. Le mouvement « ne se laissera pas distraire ni désorienter par les fossoyeurs de la paix » et des acteurs locaux « qui ne visent rien d’autre que de casser la dynamique de paix afin de pouvoir mieux vivre du conflit », poursuit le texte.

Un responsable local de la rébellion, Oumar Ampaye Bodian, a également condamné le massacre de samedi, « un acte odieux (qui) ne peut rester impuni au moment où le président de la république a tendu la main » au MFDC, a affirmé M. Bodian sur la radio privée Sud FM.

« Nous restons déterminés » dans la recherche de paix parce que « la question de la Casamance doit être réglée autour d’une table », a-t-il poursuivi.

« L’aile politique intérieure et extérieure du MFDC se démarquent de cet acte odieux. Nous allons descendre dans le maquis pour situer les responsabilités », a t-il ajouté, en n’indiquant pas si des membres de la rébellion étaient ou non impliqués dans la tuerie.

Alors que l’armée continue à ratisser la région pour rechercher ses auteurs, le président sénégalais Macky Sall a décrété un deuil national de deux jours, qui a commencé lundi, pour « honorer la mémoire des victimes de l’attaque armée ».

– ‘Réjouissances interdites’ –

« Pendant cette période, le drapeau national est en berne et des minutes de silence sont observées durant toutes les cérémonies officielles. Les rassemblements et autres cérémonies de réjouissance sont interdits sur l’étendue du territoire national », indique un communiqué du gouvernement.

L’attaque s’est produite dans la forêt de Borofaye, dans la commune de Boutoupa-Camaracounda, lorsque des jeunes, qui affirment être partis chercher du bois de chauffage, ont été surpris par une bande d’hommes armés.

« Ils nous ont fait coucher à plat ventre et ont commencé à tirer », a raconté à l’AFP un rescapé, Ayib Ly.

Cette attaque a causé « la mort de treize jeunes hommes, dont dix par balle, deux par arme blanche et un brûlé » et une demi-douzaine de blessés, selon les autorités.

Ce massacre met à l’épreuve le processus de paix en Casamance, relancé en octobre lors d’une réunion à Rome entre le gouvernement et une faction du MFDC mandatée par l’un de ses chefs, Salif Sadio.

Cette médiation se fait sous l’égide de la communauté catholique de Sant’Egidio, médiatrice dans ce conflit qui a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l’économie de la région et poussé de nombreux habitants à fuir.

Les tractations de paix se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir de Macky Sall en 2012.

Evoquant dimanche de « possibles règlement de comptes », une source sénégalaise proche de la médiation avait affirmé à l’AFP: « Je ne pense pas qu’il y ait une remise en cause du processus de paix ».

Romandie.com avec(©AFP / 08 janvier 2018 13h44)                

Sénégal/Regain de violence en Casamance: 13 jeunes tués dans une forêt

janvier 6, 2018

Des soldats Sénégalais, le 22 janvier 2017 à Barra / © AFP/Archives / Carl DE SOUZA

Après des années d’accalmie, la Casamance, région du sud du Sénégal où est active un rébellion depuis 35 ans, a connu samedi un regain de violence inattendu lorsque 13 jeunes qui coupaient du bois ont été tués sans sommation par une bande armée.

« L’attaque a également fait sept blessés et un jeune a réussi à s’échapper », a indiqué à l’AFP le colonel Abdou Ndiaye, porte-parole de l’armée sénégalaise.

Elle s’est produite dans l’après-midi dans une forêt proche de la frontière avec la Guinée-Bissau, à une vingtaine de kilomètres de la capitale, Ziguinchor, région agricole et touristique séparée du reste du Sénégal par la Gambie.

« Ils étaient sortis chercher du bois quand ils sont tombés sur une bande armée d’une quinzaine d’individus, qui ont directement fait feu », a précisé le colonel Abdou Ndiaye. L’armée sénégalaise a déployé une compagnie de quelque 150 parachutistes munis de véhicules pour évacuer les victimes et « traquer » les auteurs de l’attaque.

Les corps sans vie ont été transportés à la morgue de l’hôpital régional de Ziguinchor, où ont également été acheminés les blessés et ou de nombreuses familles se sont réunies, selon l’Agence de presse sénégalaise APS (officielle).

« Ils auraient dépassé la zone tampon séparant les positions de l’armée sénégalaise de celles des combattants du MFDC(Mouvement des forces démocratiques de Casamance), la rébellion indépendantiste armée », a expliqué l’APS, sans citer de source.

Pas de signes avant-coureurs

« Il est trop tôt pour dire si les assaillants font partie du MFDC, l’enquête le dira », a expliqué le colonel Ndiaye, alors que la rébellion est divisée en plusieurs factions.

Cette attaque survient au lendemain de la libération de deux combattants du MFDC, libérés par l’armée à la suite d’une médiation lancée par la communauté de Sant’Egidio de Rome entre l’Etat du Sénégal et les combattants du MFDC.

La rébellion pour l’indépendance de la Casamance, qui dure depuis décembre 1982, a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l’économie de la région et poussé de nombreux habitants à fuir.

Une accalmie perdure sur le terrain depuis plusieurs années alors que les tractations de paix se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall, en 2012.

« Il n’y avait pas de tensions ces derniers temps, pas de signes avant-coureurs », a assuré samedi le porte-parole de l’armée.

Consolider la paix

Dans ses voeux de fin d’année dimanche, le chef de l’Etat sénégalais avait lancé un appel aux rebelles pour la poursuite des pourparlers en vue d' »une paix définitive ».

« Consolidons la paix, car nos progrès sont déjà substantiels, par le dialogue confiant que nous avons poursuivi toutes ces années avec le soutien constant des facilitateurs, que je salue et apprécie », avait-il ajouté.

« Consolidons la paix pour que les mesures d’accompagnement déjà initiées par le gouvernement soit confortées et produisent leurs pleins effets. Faisons le pas décisif vers la paix définitive, une paix sans vainqueur ni vaincu », a poursuivi le dirigeant sénégalais.

Le gouvernement sénégalais a mis en œuvre un programme de reconstruction de la Casamance avec plusieurs projets dans l’agriculture, les infrastructures, le tourisme et l’éducation.

Les pourparlers pour la paix en Casamance entre le gouvernement sénégalais et le MFDC se poursuivent. Des discussions entre les deux parties se sont tenues en octobre à Rome sous l’égide de Sant’Egidio, médiatrice dans le conflit.

Toujours discrète, la communauté catholique a joué un rôle clé pour négocier un accord de paix au Mozambique. Elle est aussi impliquée dans des médiations en Centrafrique, au Soudan du Sud et en Libye.

Romandie.com avec(©AFP / 06 janvier 2018 22h37)