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Mali : 6 soldats tués, 15 Casques bleus blessés dans deux attaques

juin 26, 2021

Un Casque bleu bangladais, lors d’une patrouille près de Gao, en mai 2019 (Illustration).

Le Mali a connu vendredi une nouvelle journée sanglante avec deux attaques, l’une contre un poste militaire dans le Centre, qui a fait six morts, et l’autre contre une position temporaire de l’ONU au Nord, qui a fait 15 blessés.

L’attaque d’un poste militaire dans le village de Boni (Centre) a fait six morts parmi les soldats et un blessé. Dix soldats maliens avaient déjà été tués en février dans ce même village.

Les troupes ont « vigoureusement repoussé » des « attaques simultanées » menées dans ce village vendredi après-midi, ont indiqué les Forces armées maliennes sur leur page Facebook.

Plus tôt dans la journée, 15 Casques bleus des Nations unies, allemands pour la plupart, ont été blessés dans le nord du pays dans une attaque au véhicule suicide contre une position temporaire.

Trois des 12 Casques bleus allemands touchés sont grièvement blessés, a précisé la ministre allemande de la Défense, Annegret Kramp-Karrenbauer. Deux d’entre eux sont dans un état jugé stable tandis que le troisième a été opéré. Tous les blessés ont été évacués de la zone par hélicoptère, a-t-elle ajouté.

Un avion est attendu dans la nuit à Gao, la grande ville proche, pour emporter samedi matin les plus grièvement blessés.

Un soldat belge a également été blessé, a rapporté le ministère belge de la Défense. Il a reçu les premiers soins sur place avant d’être transporté dans un hôpital.

La Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a fait état de quinze blessés dans cette attaque au véhicule piégé menée tôt contre une base temporaire près du village d’Ichagara.

La Minusma avait établi là une position depuis jeudi, le temps de sécuriser une opération de remorquage d’un véhicule de la mission, a indiqué une porte-parole de la mission. Le véhicule à remorquer avait été endommagé jeudi par l’explosion d’un engin explosif artisanal.

L’engin avait explosé au passage d’un convoi de la Minusma qui escortait le déploiement d’un bataillon dit « reconstitué » de l’armée malienne, c’est-à-dire intégrant d’anciens rebelles ayant combattu les forces régulières dans le nord avant la signature d’un accord de paix en 2015, a indiqué une source sécuritaire internationale.

Cible d’attaques

Depuis 2012 et le déclenchement de rébellions indépendantiste et jihadiste dans le nord, le Mali est plongé dans une tourmente multiforme qui a fait des milliers de morts, civils et combattants, malgré le soutien de la communauté internationale et l’intervention de forces de l’ONU, africaines et françaises.

Les indépendantistes ont signé un accord de paix en 2015. Mais le Mali reste en proie aux agissements des groupes liés à Al-Qaïda et à l’organisation État islamique, aux violences intercommunautaires et aux trafics en tous genres. Les violences se sont propagées au Burkina et au Niger voisins.

La Minusma, forte d’environ 18.300 personnes, dont 13.200 militaires, est régulièrement la cible d’attaques, comme les forces maliennes et françaises. C’est la mission la plus meurtrière pour l’ONU dans le monde.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a condamné « l’attaque ignoble d’aujourd’hui (qui) souligne une fois de plus combien il est important que nous nous opposions aux terroristes ».

La France, qui déplore la mort de 50 soldats dans la région depuis 2013, « condamne avec la plus grande fermeté l’attaque (..), réaffirme son plein soutien à la Minusma, qui exerce un rôle essentiel pour la stabilisation du Mali » et « salue l’engagement des pays qui y contribuent », a également déclaré le ministère français des Affaires étrangères.

Après plus de huit ans d’engagement, le président Emmanuel Macron a annoncé en juin une réduction future de la présence militaire française au Sahel, avec la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antijihadiste autour d’une alliance internationale associant des Européens.

« La France demeure auprès de l’ensemble de ses partenaires au Sahel pour lutter contre le fléau du terrorisme », a toutefois insisté le Quai d’Orsay.

Elle avait précédemment suspendu ses opérations conjointes avec les forces maliennes à la suite d’un nouveau coup de force des militaires, le deuxième en neuf mois, faisant du colonel Assimi Goïta le président de transition.

L’engagement français au Mali suscite régulièrement des expressions ou des manifestations hostiles, généralement limitées et souvent doublées d’appels à une intervention de la Russie.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC : la Monusco ordonne une enquête après un incident entre des Casques bleus et un civil

avril 25, 2021
Une patrouille de Casques bleus de la Monusco près de Nyiamilima, dans l’est de la RDC, le 9 avril 2015.

Dans un contexte de défiance croissante envers la force onusienne, un incident a opposé samedi des Casques bleus de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) et un civil dans l’est de la RDC.

Des Casques bleus chinois ont interpellé brutalement un chauffeur à l’aéroport de Bukavu (province du Sud-Kivu), qui venait de renverser l’un des leurs, d’après une vidéo partagée sur les réseaux sociaux et les explications de la force onusienne. La vidéo montre deux hommes en train de maîtriser un individu à terre devant un véhicule, en présence de deux Casques bleus debout.

« L’altercation est rude. Plusieurs Casques bleus tentent de maîtriser l’individu », indique la Monusco en commentaire de la vidéo, avant de la contextualiser. « Un chauffeur de la Régie des voies aériennes qui se rendait à Kavumu (l’aéroport de Bukavu) avait renversé un Casque bleu chinois, causant un traumatisme crânien », a expliqué à la presse le cheffe du bureau de la Monusco à Bukavu, Karna Soro. « Le chauffeur ne s’étant pas arrêté, certains éléments du contingent chinois ont décidé de le suivre afin de l’amener eux-mêmes à la police », a poursuivi Karna Soro

Défiance envers la Monusco

La cheffe de la Monusco, Bintou Keïta, a exprimé « son indignation » et ordonné « une enquête immédiate pour établir les faits » qui lui permettra de prendre « les mesures appropriées ». À Bukavu, Karna Soro a précisé avoir « présenté des excuses » lors d’un entretien avec le commandant de l’aéroport et le chauffeur en question « pour cet incident malencontreux ».

Dans la province voisine du Nord-Kivu, un appel à la grève générale a été lancé à Beni le 5 avril contre l’inaction de la Mission des Nations unies face aux massacres de civils.

À Kinshasa, les opposants Martin Fayulu et Adolphe Muzito ont tenté de marcher samedi contre « les tueries récurrentes et en masse des populations civiles congolaises » dans l’Est. Interdite, leur manifestation a été dispersée. Une autre a eu lieu à Kikwit, dans l’Ouest.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC: un rapport onusien propose un retrait des Casques bleus sur trois ans

novembre 5, 2019

 

La force de Casques bleus en République démocratique du Congo (RDC) pourrait être retirée progressivement sur trois ans, sous condition pour les autorités de respecter plusieurs paramètres, propose un rapport onusien remis récemment au Conseil de sécurité.

Obtenu par l’AFP, ce document fait suite à une évaluation stratégique de la mission demandée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Le Conseil de sécurité, appelé en décembre à renouveler sa mission Monusco, doit en discuter prochainement.

Le rapport souligne «offrir une analyse indépendante des défis et opportunités en RDC et sur la pertinence du mandat de la Monusco». Il contient «des paramètres pour assurer une transition responsable et efficace, indépendamment de considérations financières, de préférences institutionnelles ou d’intérêts géopolitiques».

«La revue stratégique recommande un calendrier de retrait de la Monusco qui respecte un minimum absolu de trois ans», indique le rapport.

«Avec un départ à la fin 2022, l’ONU serait en bonne position pour assurer une transition responsable, si les réformes annoncées par les nouvelles autorités se poursuivent au rythme prévu et si le meilleur scénario (en matière d’évolution du pays) se matérialise», précisent les auteurs.

Autrement dit, le retrait sur trois ans ne sera possible que si le gouvernement prend le relais au fur et à mesure des missions assurées par la Monusco, souligne un diplomate sous anonymat.

A cet égard, le rapport établit «trois types de repères et d’indicateurs» devant guider la transition: des repères fondamentaux sur lesquels la mission a un contrôle, des indicateurs sur la paix et la sécurité dépendant des parties locales et des lignes rouges qui pourraient amener l’ONU à suspendre son désengagement.

Lors de la première année, le nombre de Casques bleus devrait rester le même, avec juste quelques ajustements, préconise le rapport. Au terme d’un an, un retrait des militaires onusiens devrait pouvoir s’effectuer des provinces de Tanganyika et du Kasaï. La Monusco resterait focalisée lors de la deuxième année sur le Kivu et l’Ituri. Et la troisième année serait consacrée à achever le retrait de la force, précise le document.

Parmi les options pour la suite, les auteurs du rapport soulignent qu’une mission politique pourrait succéder à la Monusco avec des composantes robustes en matière d’aide politique et de droits humains. Elle pourrait inclure «un petit groupe de conseillers civils, militaires et policiers pour aider les parties prenantes à mener à bien les réformes sécuritaires», précise le document.

Le budget actuel de la Monusco avoisine le milliard de dollars. La force compte 16.000 Casques bleus. L’ONU est présente militairement en RDC depuis une vingtaine d’années.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Mali: arrivée des premiers Casques bleus canadiens

juin 24, 2018

Montréal – Un premier groupe de Casques bleus canadiens est arrivé au Mali dans le cadre de la mission de stabilisation des Nations unies au Mali (Minusma), a indiqué dimanche le ministère de la défense.

Ce petit groupe a pour tâche de préparer le déploiement dans les prochaines semaines du contingent canadien.

Il s’agit de « l’équipe d’activation du théâtre, dont le travail consiste notamment à préparer les sites et à coordonner le transport de l’équipement », a précisé un porte-parole du ministère, ajoutant que la mission « est planifiée d’août 2018 à juillet 2019 ».

Ottawa avait annoncé en mars sa décision de déployer pendant un an une force d’appui aérienne comprenant deux hélicoptères Chinook pour les évacuations médicales et le transport ainsi que 4 hélicoptères armés Griffon et un contingent d’environ 250 militaires.

Le premier groupe a été accompagné par le chef d’état-major canadien, le général Jonathan Vance, qui avait eu la veille des entretiens à Bamako, ont indiqué des médias canadiens.

Déployée en 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, est actuellement la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines.

Elle a perdu plus de 160 Casques bleus, dont plus de 100 dans des actes hostiles, soit plus de la moitié des soldats de l’ONU tués sur cette période dans le monde.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2018 15h59)                                                        

RDC: le rôle des Casques bleus renforcés en vue d’une élection cruciale

mars 27, 2018

Un camion de la Monusco patrouille autour d’églises catholiques à Kinshasa lors d’une manifestation appelant au départ du président Kabila, le 21 janvier 2018 / © AFP / JOHN WESSELS

Le Conseil de sécurité de l’ONU a renforcé le rôle du plus grand contingent de Casques bleus du monde, afin de préparer les élections cruciales en République démocratique du Congo, qui devraient marquer le départ du président Joseph Kabila.

Présenté par la France, ce texte adopté à l’unanimité prolonge le mandat de la Monusco jusqu’en mars 2019 et souligne la nécessité de protéger les civils d’ici les élections prévues le 23 décembre pour organiser le départ du président Joseph Kabila.

« Le défi est historique, dans un contexte délicat. Sans élections crédibles et acceptées par tous, c’est la stabilité du pays et de toute la région qui est en jeu », a souligné l’ambassadeur français aux Nations unies, Francois Delattre.

« La période électorale qui s’ouvre est cruciale pour l’avenir de la RDC mais aussi de la région dans son ensemble », a-t-il martelé devant le Conseil de sécurité après le vote.

L’ambassadeur congolais auprès de l’ONU, Ignace Gata Mavita, a lui critiqué la résolution, soulignant que la mission des Casques bleus devrait être avant tout « de lutter contre les groupes armés pour protéger les civils et restaurer la paix et la sécurité dans la partie Est de notre pays qui en a grandement besoin ».

Il a de nouveau appelé au départ de la Monusco, présente depuis près de 20 ans dans ce pays qui compte plus de quatre millions de déplacés selon l’ONU.

Malgré son vote en faveur du texte, la Russie a insisté sur le fait que ce nouveau mandat ne donnait pas de feu vert pour s’ingérer dans les affaires internes du pays, la Chine soulignant également que la souveraineté de la République démocratique du Congo (RDC) devait être respectée.

« Il est nécessaire d’éviter absolument une situation qui verrait la Monusco soutenir l’un des partis congolais », a déclaré l’ambassadeur adjoint de la Russie auprès des Nation unies, Dmitry Polyanskiy.

La communauté internationale doit aider la RDC à « renforcer ses propres capacités en matière de sécurité afin d’établir une situation stable dans le pays de façon autonome », a ajouté l’ambassadeur adjoint de la Chine, Wu Haitao.

– « Transparence et crédibilité » –

Le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne n’a jamais connu de transition pacifique depuis son accession à l’indépendance en 1960.

Arrivé au pouvoir après l’assassinat de son père Laurent Désiré en 2001, Joseph Kabila restera au pouvoir au moins jusqu’à début 2019, plus de deux ans après la fin de son second mandat, le 20 décembre 2016. Il n’a pas déclaré publiquement qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat.

Toute manifestation de l’opposition est interdite depuis septembre 2016 en RDC, où la répression de marches des catholiques depuis le 31 décembre a fait une quinzaine de morts.

La résolution adoptée mardi appelle « à oeuvrer à la tenue d’élections transparentes, crédibles et ouvertes dans les délais annoncés ».

Le Conseil appelle le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à préparer des plans incluant « toutes les options » d’ici le scrutin, dont l’envoi de renforts.

– Tensions entre Kinshasa et l’ONU –

D’après la résolution, les plus de 16.000 militaires de la Monusco seront chargés d’accompagner le processus électoral, notamment l’inscription des électeurs, le scrutin et la transition au sommet du pouvoir attendue le 12 janvier.

La mission formera aussi la police congolaise pour qu’elle assure la sécurité le jour du vote.

La Monusco relèvera en outre tout atteinte aux droits de l’homme.

Cette nouvelle résolution intervient dans un contexte de tensions entre l’ONU et le président Kabila, qui a déclaré en janvier vouloir « clarifier nos relations avec la Monusco », sur fond de crise politique, sécuritaire et humanitaire.

Kinshasa a ainsi refusé de participer à une « conférence des donateurs » pour la RDC le 13 avril à Genève co-présidée par l’ONU, estimant que les Nations unies et les ONG exagéraient la crise humanitaire au Congo.

Une précédente résolution, en mars 2017, envisageait déjà une élection présidentielle en décembre 2017, un scrutin finalement reporté d’un an par les autorités congolaises, officiellement pour cause de violences dans le Kasaï (centre).

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2018 19h23)

Mali: hélicoptères et soldats canadiens pour la Minusma

mars 19, 2018

Des soldats de la Minusma pendant une opération à Bamako en juillet 2017 / © AFP/Archives / MICHELE CATTANI

Le gouvernement canadien, après des mois d’atermoiements, a opté lundi pour le déploiement d’une force d’appui aérien à la mission de paix des Nations unies au Mali (Minusma), avec un contingent de Casques bleus pour moitié composé de femmes.

Pendant un an, la force opérationnelle comprendra deux hélicoptères Chinook de transport et de logistique et quatre hélicoptères Griffon « pour assurer une escorte et une protection armées », a indiqué le ministre de la Défense, Harjit Sajjan.

La date du déploiement sera fixée après consultations avec l’Onu, a dit M. Sajjan lors d’une conférence de presse à Ottawa avec Chrystia Freeland, ministre des Affaires étrangères. Il aura lieu d’ici l’automne, avait assuré à l’AFP vendredi une source gouvernementale.

En accompagnement de ces hélicoptères sur le terrain, un contingent de militaires canadiens sera déployé à parité entre hommes et femmes.

Le Canada avait exprimé en novembre sa volonté de mobiliser 200 soldats pour des missions de maintien de la paix en favorisant la présence féminine au sein des Casques bleus.

« Une de nos priorités est d’augmenter la participation des femmes » dans les opérations de maintien de la paix, a déclaré Chrystia Freeland.

Le contingent serait donc ramené au tiers des 600 militaires que le Premier ministre Justin Trudeau avait promis de déployer peu de temps après son arrivée au pouvoir, à l’automne 2015.

Il a néanmoins réitéré son intention d’atteindre cet objectif à terme à travers une série « d’engagements conjoints » dans plusieurs pays.

Créée en 2013, la Minusma compte environ 12.000 Casques bleus et plus de 150 d’entre-eux ont été tués dans le cadre des opérations au Mali, ce qui en fait actuellement la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus dangereuse dans le monde.

Le déploiement au Mali sera la première mission de paix des Forces armées canadiennes en Afrique depuis celle qui avait avorté lors du génocide au Rwanda en 1994.

– Prudence –

« Nous avons été prudents dans notre décision d’entreprendre cette mission (…) et nous entendons prendre le temps de bien réfléchir » pour planifier ce déploiement. « La vie de chaque Canadien est précieuse », a insisté Mme Freeland.

Le nord du Mali, où des attaques jihadistes se poursuivent, était tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes liés à Al-Qaïda. Ces groupes ont été en grande partie chassés par une opération militaire française lancée en janvier 2013.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de la Minusma, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mi-2015 d’un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes.

Les groupes jihadistes ont depuis étendu leurs attaques au centre et le sud du Mali et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

En riposte, le Mali, ainsi que le Tchad, le Burkina Faso, le Niger et la Mauritanie, réunis au sein de l’organisation régionale G5 Sahel, ont lancé novembre une nouvelle force conjointe, qui doit monter en puissance pour atteindre au moins 5.000 hommes d’ici le printemps.

En parallèle, 4.000 militaires français combattent les jihadistes au Mali.

Le Canada ne compte actuellement qu’une vingtaine de Casques bleus dans le monde, lui qui avait été à l’origine des missions de maintien de la paix lors de la crise de Suez dans les années 1950.

Depuis son arrivée au pouvoir, le Premier ministre Justin Trudeau s’est fixé comme objectif d’avoir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU en 2021.

(©AFP / 19 mars 2018 18h05)

Côte d’Ivoire/Casques bleus tués: 20 ans de prison pour un ex-ministre

décembre 26, 2017

Abidjan – L’ex-ministre ivoirien Hubert Oulaye a été condamné mardi à vingt ans de prison pour complicité d’assassinat de dix-huit personnes, dont sept soldats de l’ONU, par la cour d’assises d’Abidjan, dont le verdict a été accueilli dans un silence de mort.

« C’est une condamnation sans preuve. C’est une condamnation politique », a réagi M. Oulaye, qui a pu regagner son domicile alors que ses avocats promettent un pourvoi en cassation.

L’avocate générale, Mireille Kouassi, avait requis la réclusion à vie pour les deux accusés, Hubert Oulaye, 64 ans, ministre de la Fonction publique de l’ex-président Laurent Gbagbo dans les années 2000, et Maurice Djire, 37 ans, dans le cadre de la mort de ces 18 personnes lors d’une attaque dans l’ouest de la Côte d’Ivoire en juin 2012.

Elle assure que « de manière évidente, Hubert Oulaye a fourni les moyens financiers en vue de l’installation d’une rébellion dans l’Ouest », estimant que « le complice est parfois plus dangereux que l’auteur ».

« Il ne s’agit pas d’un procès politique (…) juste parce qu’il y a un homme politique (dans le box)! Tenons-nous aux faits. Laissons la politique aux politiciens », a-t-elle dit.

Auparavant, Diomande Vafoungbe, l’avocat de l’Etat ivoirien, partie civile, avait évoqué le contexte de la crise post-électorale qui a fait 3.000 morts après le refus de l’ancien président Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale. « A l’époque, les Libériens disaient: +No Gbagbo, No peace+ (Pas de Gbagbo, pas de paix), » a précisé l’avocat indiquant qu’il y avait des « liens » entre le Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, et les mercenaires libériens.

« J’ai honte de la justice ivoirienne. Le dossier est vide », a lancé Rodrigue Dadjé, un des défenseurs du ministre. Pour lui la cour aurait dû prononcer « un arrêt de non-lieu pur et simple. Cette condamnation à vingt ans est une décision politique. Elle est plus faite pour mettre Hubert Oulaye hors d’état de nuire sur le plan politique afin qu’il ne gène pas… ».

« Pour une démocratie comme la nôtre qui veut sortir de la crise post-électorale de 2011, on est en train de créer un précédent extrêmement grave: ceux qui viendront après ce pouvoir vont vouloir faire la même chose en se vengeant. Et on va être dans un cycle infernal de vengeance. On a besoin d’une justice équitable et transparente, pas celle qui rend des condamnations à 20 ans sans élément de preuve », a-t-il conclu.

Dans cette affaire, M. Oulaye a fait deux ans de détention préventive (mai 2015-juin 2017).

Il avait été arrêté six mois après son retour d’exil du Ghana, et quelques jours seulement après avoir participé à une réunion de « frondeurs » du FPI.

Ces « frondeurs » se présentent comme les « gardiens du temple » et boycottent tout scrutin, s’opposant au courant dirigé par Pascal Affi N’Guessan, l’actuel président du parti, qui se présente aux élections et semble vouloir tourner la page Gbagbo, actuellement jugé par la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’humanité » présumés lors de la crise post-électorale de 2010-2011.

Lors des procès concernant la crise politico-militaire, qui a déchiré la Côte d’Ivoire de 2002 à 2011, la défense a souvent dénoncé une « justice des vainqueurs ».

Romandie.com avec(©AFP / 26 décembre 2017 20h41)                                            

Le président tanzanien « choqué » par la mort des Casques bleus en RDC

décembre 9, 2017

Nairobi – Le président tanzanien John Magufuli s’est dit « choqué » et « attristé » par l’attaque en République démocratique du Congo contre une base de Casques bleus tanzaniens qui a fait au moins 15 morts et 53 blessés, dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi.

Le président « a reçu avec un grand choc et une profonde tristesse la nouvelle de la mort de 14 membres des Forces de défense du peuple tanzanien qui participaient à une opération de maintien de la paix en République démocratique du Congo », a indiqué ce communiqué en swahili. »En plus de ceux qui ont sont morts, 44 autres ont été blessés tandis qu’on est sans nouvelles de deux autres », a ajouté ce communiqué.

L’ONU avait d’abord évoqué un bilan de 14 morts, avant de le faire évoluer dans la nuit à au moins 15 morts et 53 blessés, en précisant que tous les morts étaient tanzaniens.

« Je suis très choqué et très attristé d’apprendre la mort de nos jeunes, de braves soldats et des héros qui ont perdu leur vie dans l’accomplissement de leur mission de paix chez nos voisins de la RDC », a insisté M. Magufuli, cité dans le communiqué.

La Tanzanie fêtait samedi le 56e anniversaire de son indépendance vis-à-vis du Royaume. Lors d’une cérémonie à Dodoma (centre), la capitale administrative du pays, le chef de l’État a demandé la tenue d’une minute de silence.

Cette attaque est la pire subie par des Casques bleus depuis 24 ans. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est déclaré « indigné » face à ce « crime de guerre ».

D’après les archives de l’AFP, une force onusienne n’avait pas subi une opération aussi meurtrière depuis la mort de 24 Casques bleus pakistanais à Mogadiscio le 5 juin 1993.

Il s’agit aussi de l’attaque la plus meurtrière contre la force onusienne dans l’ex-Zaïre (Monusco) depuis son déploiement en 1999.

L’ONU attribue la responsabilité de l’attaque aux ADF (Allied Defense Forces, Forces démocratiques alliées), un groupe armé ougandais musulman actif dans le Nord-Kivu, un État de la RDC frontalier de l’Ouganda.

Les assaillants ont visé la base de la Monusco tenue par un contingent tanzanien jeudi à la tombée de la nuit à Semuliki, dans l’est de la RDC, selon des sources onusiennes.

Repliés en forêt, les ADF combattent depuis le Nord-Kivu le pouvoir du président ougandais Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 27 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 09 décembre 2017 13h59)                                            

Casques bleus: le Canada offre une force d’action rapide

novembre 15, 2017

Un soldat canadien rentrant de mission en Afghanistan sous l’égide de l’OTAN en mars 2014, serre son fils dans ses bras / © AFP / Cole Burston

Le Canada va renforcer son soutien aux missions de maintien de la paix en mobilisant 200 soldats, en favorisant la présence féminine au sein des Casques bleus ainsi qu’en fournissant du matériel et de l’entraînement militaire, a annoncé mercredi le Premier ministre.

La « force de réaction rapide » promise par le gouvernement canadien ne représente que le tiers des 600 militaires promis par Justin Trudeau peu de temps après son arrivée au pouvoir fin 2015 dans son objectif de redonner au Canada une place plus importante sur la scène internationale.

« L’engagement de 600 membres des forces armées canadiennes » représente un objectif ambitieux, a admis le Premier ministre, promettant de respecter cet engagement à terme à travers une série « d’engagements conjoints » dans plusieurs pays.

Pour l’instant, le Canada va mobiliser un contingent de 200 soldats qui pourrait, à la demande de l’ONU, être déployés rapidement sur des actions ponctuelles pour, par exemple, prendre et sécuriser le contrôle de points stratégiques (aéroport, télécommunications…) dans le cadre de missions de maintien de la paix.

« Les temps ont changé. Maintenant, bien souvent, il n’y a pas de paix à maintenir. Les conflits auxquels nous faisons face aujourd’hui sont insolubles, plus dangereux et plus complexes », a déclaré Justin Trudeau à Vancouver lors de la conférence ministérielle des pays engagés dans les missions onusiennes de maintien de la paix.

– ‘De nouvelles choses’ –

« Les opérations modernes de maintien de la paix ont lieu dans un contexte qui transcende les frontières », a-t-il poursuivi, évoquant des Etats déstructurés où profitent « des milices, des groupes criminels organisés et maintenant, bien sûr, des terroristes ».

« Face à cette réalité, nous devons essayer de nouvelles choses », a estimé le chef du gouvernement canadien.

Le Canada, qui ambitionne un siège au Conseil de sécurité de l’ONU en 2021, va également mettre à disposition des opérations de l’ONU des hélicoptères d’attaques, un avion cargo C130.

Justin Trudeau a évoqué lors d’une conférence de presse la possibilité, en guise de première mission, de fournir du transport de troupes au centre régional des Nations Unies à Entebbe, en Ouganda, qui soutient quelques 80.000 militaires et policiers contribuant à des missions de maintien de la paix sur le continent africain.

Le gouvernement canadien promet également « la mise en œuvre de nouveaux programmes de formation conçus pour rehausser l’efficacité globale des opérations des Nations Unies » à travers l’entraînement des forces de maintien de la paix.

– Plus de femmes –

Le gouvernement s’engage à investir 15 millions de dollars canadiens (10 millions d’euros) pour augmenter la proportion de femmes engagées dans les contingents de maintien de la paix.

Cette proportion est de seulement 3,7% des Casques bleus, un objectif prévu pour doubler à l’horizon 2020. Au rythme actuel, cet objectif ne sera pas atteint, a déploré Justin Trudeau en invitant les autres pays à également abonder à ce fonds spécial.

« Le Canada prendra la responsabilité de veiller à ce que les femmes jouent un plus grand rôle dans les opérations de la paix », a-t-il dit en soulignant que « lorsque les femmes et les filles participent au processus de paix, la paix est plus durable ».

Actuellement, le Canada a seulement 25 membres des forces armées dans des contingents de Casques bleus. Envisagé l’an dernier, l’envoi de Canadiens pour grossir la Mission des Nations-unies au Mali (Minusma), n’est plus à l’ordre du jour en raison des risques encourus avec 140 Casques bleus depuis juillet 2013.

Justin Trudeau a aussi promis la mise à disposition de l’ONU de 150 policiers, soit un peu plus du double des effectifs canadiens actuellement sur le terrain (Haïti, Colombie…).

Les forces armées canadiennes ont été longuement et fortement engagées en Afghanistan mais sous l’égide de l’Otan.

Des milliers de soldats canadiens ont servi entre 2002 et 2014 en particulier dans le sud de l’Afghanistan, menant régulièrements de durs combats contre les rebelles talibans.

Le dernier contingent est rentré au printemps de 2014. Près de 160 soldats sont morts dans le cadre de cette mission dont 138 au combat.

Romandie.com avec(©AFP / 15 novembre 2017 21h40)                

Centrafrique: Antonio Guterres attendu pour la première visite aux Casques bleus

octobre 22, 2017

 

Antoni Guterres, le secrétaire général des Nations unies, le 29 janvier 2017 au siège de l’Union africaine. © Zakarias Abubeker pour J.A

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est attendu mardi en Centrafrique, où les violences ont redoublé ces deniers mois dans les provinces, au moment où le mandat des 12.500 Casques bleus de la Minusca déployés dans le pays est sur le point d’être renouvelé.

« C’est un peu un geste de solidarité, pour être ce jour-là avec les forces de maintien de la paix dans un des environnements les plus dangereux », a-t-il expliqué dans un entretien à l’AFP et Radio France Internationale (RFI).

Cette visite en Centrafrique – « une crise dramatique mais une crise oubliée » -, sera sa première visite à une mission de maintien de la paix depuis sa prise de fonctions le 1er janvier.

Elle intervient dans un contexte financier délicat pour l’ONU, avec une forte pression du président américain Donald Trump pour des coupes budgétaires au sein de l’organisation internationale et certaines de ses missions de paix.

Elle coïncidera par ailleurs avec la « journée des Nations unies », proclamée en 1947 et qui marque l’entrée en vigueur de la charte de l’ONU.

Pour M. Guterres, le « niveau de souffrances du peuple (centrafricain) mais aussi les drames subis par les humanitaires et les forces de maintien de la paix méritent une solidarité et une attention accrues ».

Le secrétaire général arrivera à Bangui dans un contexte sécuritaire tendu: si la capitale reste épargnée par les violences, groupes armés et autre milices « d’autodéfense » ont repris leurs affrontements à grande échelle dans le Sud-Est, dans le centre et dans le Nord-Ouest, faisant des centaines de morts parmi les populations civiles, invariablement prises pour cibles.

– Déplacement à Bangassou –

Douze Casques bleus ont été tués depuis le début de l’année, notamment à Bangassou (six morts en mai), où doit se rendre M. Guterres. « Il veut aller leur rendre hommage », dit-on à l’ONU à Bangui.

Cette région, en particulier l’axe Alindao-Bangassou, est théâtre d’affrontements et massacres à répétition ces dernières semaines, faisant des dizaines de tués, selon des bilans encore provisoires.

La visite de M. Guterres en RCA, quelques semaines avant le très probable renouvellement du mandat de la Minusca (12.500 hommes depuis 2014, alors que la France a mis fin en 2016 à sa mission militaire Sangaris), est un message politique fort, à un moment où les critiques pleuvent sur la mission de l’ONU.

Accusés par leurs détracteurs de « passivité » et parfois même de « collusion » face aux groupes armés, les contingents onusiens font aussi face à une avalanche d’accusations d’agressions sexuelles.

En juin, un bataillon de plus de 600 soldats du Congo-Brazzaville avait été renvoyé chez lui après des accusations d’agressions sexuelles et divers trafics. En 2016, 120 Casques bleus congolais avaient déjà été renvoyés pour les mêmes motifs.

Accompagné de Jane Connors, avocate des droits des victimes de l’ONU, le secrétaire général a déclaré vouloir rencontrer des victimes d’abus et leurs familles.

Ancien haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, M. Guterres connait bien la Centrafrique, où il s’est rendu à plusieurs reprises.

– ‘Impunité zéro’? –

Il lui sera sans doute demandé de se prononcer sur les « signes avant-coureurs de génocide » dont s’était alarmé fin août son secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Stephen O’Brien, mais démenti depuis par un autre responsable onusien, Adama Dieng, conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide. Ce dernier a pointé des « indicateurs » pouvant « aboutir, (…) s’ils ne sont pas maîtrisés, aux crimes de génocide ».

A Bangui, cette visite est très attendue : « Les Casques bleus doivent plus nous aider et être plus présents, il faut que le chef de l’ONU leur dise », dit Régis, déplacé de l’est du pays et désormais Banguissois.

Au pouvoir depuis un an, le président Faustin-Archange Touadéra, dont l’élection en 2016 avec le plein soutien de l’ONU et de la France avait suscité une vague d’espoir, n’a pas réussi jusqu’à présent à restaurer l’autorité de l’Etat.

Sa décision d’intégrer des représentants des groupes armés au sein du gouvernement, malgré ses promesses d’une « justice implacable », a suscité le scepticisme, alors que ces mêmes groupes sont unanimement désignés comme les principaux responsables des violences.

Les Nations unies plaident pour une « impunité zéro » pour les auteurs de crimes commis en Centrafrique. La Minusca tente par ailleurs depuis septembre de mettre en oeuvre un délicat programme de désarmement (DDR) des membres des groupes armés.

Dans un rapport présenté au Conseil de sécurité, le secrétaire général a demandé l’envoi de 900 hommes supplémentaires pour la Minusca.

« Ce n’est pas de la quantité qu’il faut ajouter, c’est de la qualité », estime quant à lui un soldat d’un contingent africain de la force de l’ONU

Jeuneafrique.com avec AFP