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Espagne: un homme abattu en attaquant un commissariat, soupçon de terrorisme

août 20, 2018

La police catalane monte la garde près d’un immmeuble où vivait un homme qui a attaqué un commissariat à Cornella près de Barcelone, le 20 août 2018 / © AFP / LLUIS GENE

Un homme criant Allah a été abattu lundi en attaquant une policière au couteau dans un commissariat de Catalogne, région frappée il y un an à peine par des attentats jihadistes sanglants, a annoncé la police.

« C’est un attentat, une agression contre un policier, l’homme criait « Allah » (…) Ce sont au moins des indices pour que l’enquête soit menée comme pour un acte terroriste », a déclaré le commissaire Rafel Comes de la police régionale catalane, les Mossos d’Esquadra.

Les mesures de protection ont été renforcées dans tous les commissariats de cette région du nord-est de l’Espagne, a ajouté le commissaire dans une conférence de presse à Cornellà de Llobregat, ville ouvrière à quelques kilomètres au sud de Barcelone, où s’est déroulée l’attaque.

Les 17 et 18 août 2017, deux attentats successifs menés par de jeunes musulmans d’origine marocaine avaient fait 16 morts à Barcelone et à Cambrils, une station balnéaire.

Espagne / © AFP / AFP

Lundi, l’agresseur a sonné à l’interphone pour se faire ouvrir la porte du commissariat, à 05H45 du matin (03H45 GMT) puis s’est précipité sur une policière armé d’un couteau « de taille considérable », en criant « Allah » et un ou d’autre mots qui n’étaient pas compréhensibles, a détaillé le commissaire.

« L’agente a fait usage de son arme à feu pour sauver sa propre vie », a-t-il dit. Les deux agents qui étaient dans le commissariat ont été traités par des psychologues.

Le commissaire Comes n’a pas voulu confirmer que l’agresseur était un Algérien de 29 ans, comme l’ont déjà indiqué des sources policières, les enquêteurs voulant vérifier que les papiers d’identité algériens qu’il portait sur lui était bien les siens.

Le corps d’un homme qui a attaqué un commissariat à Cornella près de Barcelone est emmené le 20 août 2018 / © AFP / LLUIS GENE

Le corps de l’agresseur, recouvert d’un drap blanc, a été emporté sur une civière, a constaté l’AFP. Les enquêteurs perquisitionnaient le domicile présumé de l’assaillant, à quelques centaines de mètres à peine du commissariat.

« Il s’était installé ici il y a environ deux ans, a déclaré une voisine, Conchi Garcia, une fonctionnaire de 50 ans. Il était accompagné d’une jeune femme avec deux enfants, qui s’est mise du jour au lendemain à porter le voile ».

« Nous, les voisins, comprenions que la police surveillait de près leurs mouvements », a ajouté une habitante prénommé Mary qui n’a pas voulu donner son nom de famille.

La police monte la garde le 20 août 2018 près d’un immeuble où vivait un homme qui a attaqué un commissariat à Cornella près de Barcelone / © AFP / LLUIS GENE

– Catalogne, zone à risque –

Les experts de la lutte anti-terrorisme considèrent la Catalogne, où vivent de nombreux immigrants nord-africains de deuxième génération, comme un des principaux foyers du jihadisme en Espagne.

Une étude du centre de réflexion ElCano publiée en 2016 la qualifiait de « premier théâtre de la mobilisation impulsée par l’organisation Etat islamique en Espagne », vu le nombre des suspects de jihadisme qui y sont arrêtés.

Catalogne: un homme abattu en voulant attaquer un commissariat / © AFP / Anahi Aradas

La première arrestation d’un extrémiste islamiste en Espagne, un membre du Groupe islamique armé (GIA) algérien, a eu lieu en Catalogne en 1995.

Mohammed Atta, un des pilotes suicide des attentats du 11 novembre 2001 à New York, avait séjourné en Catalogne peu avant.

En 2008, onze personnes, d’origine indienne ou pakistanaise, ont été arrêtées pour avoir projeté des attentats dans le métro de Barcelone. Elles ont ensuite été condamnées à 11 ans de prison pour appartenance à une organisation terroriste.

Avant les attentats de 2017, où huit jihadistes ont trouvé la mort, l’Espagne avait été frappée par les attentats jihadistes les plus meurtriers jamais perpétrés en Europe. Des bombes placées dans des trains de banlieue à Madrid avaient fait 191 morts le 11 mars 2004.

Romandie.com avec(©AFP / (20 août 2018 17h55)

Sorti de Prison, Puigdemont appelle Madrid au « dialogue » sur la Catalogne

avril 6, 2018

L’ex-président catalan Carles Puigdemont à sa sortie de prison à Neumuenster, dans le nord de l’Allemagne, le 6 avril 2018. / © DPA/AFP / Carsten Rehder

A peine sorti de sa prison allemande, l’ancien président catalan Carles Puigdemont a exhorté vendredi Madrid à cesser la confrontation et « entamer le dialogue » sur la question de l’indépendance de la Catalogne.

« Le temps du dialogue est venu (…) il est temps de faire de la politique », a-t-il déclaré à la presse en quittant le centre de détention de Neumünster en Allemagne, où il était détenu depuis une dizaine de jours, et au lendemain d’un succès judiciaire.

« Les autorités espagnoles n’ont aucune excuse pour ne pas entamer (ce) dialogue », a ajouté l’indépendantiste, qui reste sous le coup d’une possible procédure d’extradition vers l’Espagne.

Sa libération sous contrôle judiciaire avait été ordonnée la veille à la surprise générale par un tribunal allemand chargé d’examiner une demande d’extradition espagnole.

Parmi les conditions fixées pour qu’il puisse quitter sa prison : le paiement d’une caution de 75.000 euros, dont M. Puigdemont s’est acquitté vendredi matin.

Il lui est aussi interdit de quitter l’Allemagne dans l’attente d’une décision finale sur son cas et il devra pointer une fois par semaine dans un commissariat.

– ‘Honte’ –

L’indépendantiste catalan a aussi appelé à la « libération immédiate » de tous les indépendantistes catalans détenus en Espagne.

« Avoir des prisonniers politique dans l’Union européenne constitue une honte », a-t-il clamé, alors que neuf indépendantistes sont actuellement en détention provisoire en Espagne, dont six anciens membres de l’exécutif de la province et l’ancienne présidente du parlement catalan.

S’il reste en Allemagne sous la menace d’une remise à l’Espagne, M. Puigdemont peut d’ores et déjà se targuer d’une première victoire judiciaire notable.

La justice allemande a infligé un camouflet politico-juridique aux autorités espagnoles en rejetant leur accusation de « rébellion ».

Ce chef constituait la clé de voûte du mandat d’arrêt européen récemment réactivé par Madrid à l’encontre de M. Puigdemont et qui a conduit à son interpellation le 25 mars dans le nord de l’Allemagne, alors qu’il revenait d’un déplacement en Finlande.

Madrid soutient que l’organisation du référendum sur l’indépendance de la Catalogne en octobre 2017, en dépit du refus du gouvernement et de la Cour constitutionnelle espagnols, relève de la « rébellion ». Une accusation passible de 30 ans de prison.

Les magistrats allemands ont eux estimé que cette charge ne pouvait être retenue au regard du droit allemand car elle supposerait que Puigdemont se soit directement rendu coupable de faits de violence ou que l’ampleur des violences ait contraint l’Etat espagnol « à céder ».

Le tribunal continue en revanche à examiner l’accusation — politiquement moins sensible et pénalement moins lourdement réprimée — de détournements de fonds publics en lien avec l’organisation du référendum d’indépendance, qui selon Madrid a coûté 1,6 million d’euros. Il a demandé à l’Espagne davantage d’éléments pour étayer sa position.

– No comment –

Si le leader indépendantiste n’est remis à l’Espagne que pour détournement de fonds, c’est le principal pan de l’accusation de Madrid qui tombera: en vertu de la législation européenne, il ne pourra plus en effet être jugé en Espagne pour rébellion.

Les avocats de M. Puigdement pensent eux-mêmes pouvoir faire tomber la dernière accusation.

Le gouvernement allemand a fait savoir qu’il n’entendait pas intervenir dans le dossier. « La procédure est entre les mains de la justice et c’est bien comme cela », a déclaré vendredi une porte-parole du gouvernement allemand, Ulrike Demmer.

« C’est une affaire entre juges, pas entre gouvernements et le gouvernement espagnol est respectueux de ce que disent les juges et s’y conforment toujours », a dit pour sa part le porte-parole du gouvernement espagnol, Inigo Mendez de Vigo.

M. Puigdemont avait été destitué par Madrid après la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne le 27 octobre, restée sans effets.

En partant à l’étranger, M. Puigdemont et six autres indépendantistes ont échappé aux poursuites en Espagne et cherché à « internationaliser » leur cause en impliquant d’autres pays européens.

Jeudi, la justice belge a aussi laissé en liberté conditionnelle trois anciens ministres indépendantistes catalans dont l’Espagne réclame l’extradition.

Romandie.com avec(©AFP / 06 avril 2018 15h31)                

Allemagne: la perspective d’une remise de Puigdemont à l’Espagne se rapproche

avril 3, 2018

Le portrait de Carles Puigdemont sur une affiche accrochée à la grille d’accès de la prison de Neumünster où l’ex-président catalan est détenu, le 27 mars 2018 en Allemagne / © AFP/Archives / Axel Heimken

La justice allemande a fait mardi un premier pas vers une remise à l’Espagne de l’ex-président catalan Carles Puigdemont avec des réquisitions en ce sens du parquet, qui a validé l’accusation de « rébellion » portée par Madrid.

Le procureur général de l’Etat régional du Schleswig-Holstein, où l’indépendantiste est incarcéré depuis une dizaine de jours, a reconnu la validité en droit allemand des deux chefs d’inculpation de la justice espagnole de « rébellion » et « détournement de fonds » et demandé son maintien en détention en vue de l’extradition.

La décision finale devra être prise par un tribunal local compétent, à Schleswig, la justice ayant au total 60 jours pour trancher sur le dossier.

Mais les deux avocats en Allemagne du Catalan ont annoncé avoir déposé des recours contre les réquisitions du parquet comme la procédure les y autorise.

Carles Puigdemont s’est dit convaincu que la justice allemande procédait à « un examen indépendant et approprié » du dossier, selon un communiqué de ses défenseurs, Wolfgang Schomburg et Sören Schomburg.

Après une « évaluation détaillée du mandat d’arrêt européen » émis par le justice espagnole le 23 mars, le parquet allemand a estimé qu’une telle demande « était recevable » et justifiait le « maintien en détention » de M. Puigdemont en raison du « risque de fuite » de ce dernier.

L’ancien président catalan, destitué par le gouvernement de Madrid après la vaine déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne le 27 octobre a été interpellé fin mars dans le nord de l’Allemagne. Il revenait d’un déplacement en Finlande, en voiture, et retournait en Belgique où il s’est installé pour échapper à la justice espagnole.

Depuis, il est détenu à Neumünster, une ville du nord de l’Allemagne.

Mardi un petit groupe de sympathisants, certains enveloppés dans des drapeaux catalans, ont manifesté devant sa prison.

– ‘Haute trahison’ –

De manière significative, le parquet a repris à son compte dans ses réquisitions les deux principales accusations de la justice espagnole, estimant qu’elles étaient recevables au regard du droit allemand.

M. Puigdemont est poursuivi dans son pays à la fois de « détournements de fonds » publics pour avoir organisé un référendum jugé illégitime par Madrid, dont le coût a été évalué par la justice espagnole à 1,6 million d’euros, mais surtout pour « rébellion » à la suite de la déclaration d’indépendance.

Une incertitude subsiste sur le fait de savoir si la justice en Allemagne va reconnaître la « rébellion », qui stricto sensu n’existe pas dans son droit national.

Le parquet a donné une possible indication de la direction dans laquelle penchent les magistrats allemands. Il a jugé que l’accusation de « rébellion » se rapprochait de celle de « haute trahison » figurant dans le code pénal allemand et qu’une équivalence exacte n’était pas nécessaire pour procéder à une extradition.

Ce qualificatif peut selon lui être retenu du simple fait que le référendum d’indépendance de la Catalogne a été organisé en dépit de l’opposition de la Cour constitutionnelle espagnole et des risques avérés de violences que cela pouvait engendrer.

Malgré ces avertissements, « le gouvernement autonome catalan, y compris son président aujourd’hui poursuivi, a décidé d’organiser le référendum », souligne le parquet allemand.

– ‘Prisonnier politique’ –

Relativisant ces réquisitions, l’avocat espagnol de Carles Puigdemont, Jaume Alonso-Cuevillas, les a jugées « prévisibles », au micro de la radio catalane Rac1 : « Il aurait été tout à fait exceptionnel que le parquet dise que la demande (d’extradition) n’était pas recevable ».

Selon lui, « le parquet allemand assume la défense de l’Etat espagnol ».

Il est, à ses yeux, « très clair pour lui qu’il n’a pas commis de rébellion ni incité à la violence et qu’il est un prisonnier politique ».

Pour éviter une extradition sous ce chef d’inculpation, passible de peines allant jusqu’à 30 ans d’incarcération en Espagne, M. Puigdemont avait présenté lundi en Espagne un recours contre son inculpation pour « rébellion », soulignant l’absence de violence dans ses actes.

En partant à l’étranger M. Puigdemont et six autres indépendantistes ont échappé aux poursuites en Espagne et cherché à « internationaliser » leur cause en impliquant d’autres pays européens.

Neuf indépendantistes sont actuellement en détention provisoire en Espagne, dont six membres de son exécutif et l’ancienne présidente du parlement catalan.

Romandie.com avec(©AFP / 03 avril 2018 17h56)                

L’indépendantiste catalane Clara Ponsati, exilée en Écosse, s’est rendue à la police

mars 28, 2018

L’ancienne dirigeante catalane Clara Ponsati, visée par un mandat d’arrêt européen, arrive au commissariat Saint Leonard à Edimbourg pour se rendre à la police, le 28 mars 2018 / © AFP / SCOTT HEPPELL

L’ancienne dirigeante catalane Clara Ponsati, visée par un mandat d’arrêt européen pour avoir pris part à la déclaration unilatérale d’indépendance de la Catalogne, s’est rendue mercredi à la police en Écosse où elle s’est exilée, a constaté un journaliste de l’AFP.

L’ex-ministre catalane, arrivée peu avant 11H00 GMT au commissariat Saint Leonard d’Edimbourg, sera présentée à un tribunal de la capitale écossaise dans la journée, a indiqué son avocat, Aamer Anwar.

Elle demandera sa remise en liberté conditionnelle avant une audience sur son éventuelle extradition vers l’Espagne, où la justice l’accuse de « rébellion violente et de détournement de fonds publics en lien avec l’organisation du référendum » sur l’indépendance de la Catalogne, qui s’est tenu le 1er octobre 2017.

Clara Ponsati souhaite se « défendre vigoureusement » contre ces accusations qu’elle réfute et qui relèvent selon elle d’une « persécution politique », a ajouté son conseil. Elle soutient que les tribunaux espagnols ne peuvent garantir ses droits.

Une levée de fonds a été lancée mercredi sur internet pour soutenir sa défense, qui a déjà permis de récolter plus de 95.000 livres en quelques heures.

L’ex-dirigeante figure parmi les six indépendantistes catalans partis à l’étranger pour lesquels la Cour suprême espagnole a émis ou réactivé vendredi des mandats d’arrêt européens et internationaux.

L’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, sous le coup lui aussi d’un mandat d’arrêt européen lancé par l’Espagne, a été arrêté dimanche par la police allemande près de la frontière avec le Danemark, après cinq mois d’exil.

Comme d’autres leaders catalans, Clara Ponsati s’était exilée en Belgique le 30 octobre 2017, après la destitution de leur exécutif et la mise sous tutelle de la Catalogne, décidées par Madrid pour punir la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre.

Elle s’est installée il y a peu en Ecosse où elle travaille pour l’université de St Andrews (côte est) en tant que professeur d’économie et où elle a reçu le soutien de membres du Parti nationaliste écossais (SNP), qui partage les aspirations des indépendantistes catalans.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mars 2018 15h44)

Espagne: coupures de route en Catalogne contre la détention de Puigdemont

mars 27, 2018

Des policiers font face à des séparatistes catalans qui bloquent une route, le 27 mars 2018 près de Figueras, en Espagne / © AFP / RAYMOND ROIG

Des militants indépendantistes ont bloqué des routes mardi en Catalogne pour protester contre la détention de l’ex-président catalan Carles Puigdemont, qui attend en Allemagne que la justice décide si elle le remet à l’Espagne où il est poursuivi pour rébellion.

La police est intervenue en fin de matinée pour lever le barrage formé à l’aube à hauteur de Figueras, près de la frontière française, par quelques dizaines de manifestants à l’appel d’un groupe indépendantiste radical, les Comités de défense de la République (CDR).

La télévision catalane a diffusé en direct les images des policiers catalans emportant un à un des militants portant des gilets fluorescents, sous les huées des autres.

D’autre routes ont été coupées dans la matinée, de même que brièvement, les accès nord et sud à Barcelone, où des milliers de manifestants avaient affronté la police pendant des heures dimanche. Les échauffourées avaient fait une centaine de blessés légers dont 22 policiers.

– « Point de non retour » –

Les CDR, qui comptent quelque milliers de militants selon la police, avaient annoncé lundi un printemps de « protestations permanentes », affirmant que la détention Carles Puigdemont marquait « un point de non retour » pour le mouvement sécessionniste.

Les Comités occupent le terrain alors que les partis indépendantistes ont été décapités par une série d’inculpations et d’incarcérations vendredi dernier et surtout l’arrestation dimanche que Carles Puigdemont, qui narguait l’Espagne depuis cinq mois en se proclamant « président en exil ».

L’ancien président catalan, destitué par le gouvernement Madrid après la déclaration d’indépendance de la Catalogne le 25 octobre dernier, attend que la justice allemande se prononce sur son éventuelle extradition vers l’Espagne.

Détenu dans la ville de Neumünster, où un juge a vérifié son identité lundi, il devra attendre que le tribunal de Kiel dans le nord de l’Allemagne décide de remettre au non le dirigeant indépendantiste à la justice espagnole.

Une porte-parole du parquet allemand, Wiebke Hoffelner, s’est bornée à dire que la décision ne serait « pas prise cette semaine »

La justice allemande dispose d’un délai de 60 jours pour trancher sur la remise de M. Puigdemont à Madrid.

Elle aura à décider si des infractions similaires à celles pour lesquelles M. Puigdemont est poursuivi en Espagne existent en droit allemand.

Il est inculpé de « détournement de fonds publics » et, comme douze autres dirigeants indépendantistes, de « rébellion », délit passible de 30 ans de prison en Espagne.

Au total, 25 dirigeants indépendantistes ont été inculpés, dont 12 de délits moins graves comme « désobéissance ». Neuf sont incarcérés et cinq, dont Carles Puigdemont, ont fui à l’étranger et sont visés par des mandats d’arrêt.

Tous sont accusés d’avoir préparé pendant des années, en ignorant tous les avertissements du gouvernement et des tribunaux, la rupture avec l’Espagne qui a débouché sur une éphémère déclaration d’indépendance.

Les poursuites pour « rébellion » restent cependant controversées, car elles supposent « un soulèvement violent » qui, selon des juristes, ne s’est jamais produit.

– « Infractions bien concrètes » –

Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel, a qualifié l’Espagne d' »Etat de droit démocratique » et a relevé qu’il régnait « une confiance toute particulière entre les autorités judiciaires des pays membres de l’UE ».

Il a aussi rappelé que selon Madrid, M. Puigdemont et ses camarades ne sont pas poursuivis pour « des idées politiques, des idées d’indépendance, mais en raison d’infractions bien concrètes ».

M. Puigdemont a été interpellé par les policiers du Land de Schleswig-Holstein alors qu’il venait du Danemark voisin en voiture pour rejoindre la Belgique, où il s’était réfugié fin octobre après l’échec de la sécession.

Les forces de l’ordre allemandes avaient été alertées de sa venue par le représentant de la police criminelle allemande à Madrid.

Le ministère allemand de l’Intérieur n’était pas en mesure de dire si les services de renseignement espagnols étaient impliqués, comme l’a annoncé Madrid, et suivaient l’homme politique catalan.

D’après la presse espagnole, les espions espagnols avaient placé une balise sur la voiture du dirigeant sécessionniste.

Une autre indépendantiste exilée, Clara Ponsati, a indiqué « prendre des dispositions » pour se livrer aux autorités en Ecosse.

En Belgique, la justice a demandé « des informations complémentaires » à son homologue espagnole sur les mandats d’arrêt européens émis contre Merixtell Serret, Anton Comin et Lluis Puig.

En attendant, leurs avocats ayant fait savoir que leurs clients se étaient à la disposition de la justice, « il n’y a pas de danger manifeste de soustraction à justice, les intéressés ne sont pas activement recherchés », a annoncé le parquet de Bruxelles.

Une sixième indépendantiste en fuite, Marta Rovira, se trouverait en Suisse selon la presse espagnole.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2018 15h42)                

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont arrêté en Allemagne

mars 25, 2018

L’ex-président catalan Carles Puigdemont à Genève, le 18 mars 2018 / © AFP / Fabrice COFFRINI

L’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont, sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par l’Espagne, a été arrêté dimanche par la police allemande près de la frontière avec le Danemark, cinq mois après avoir fui son pays.

Des appels à manifester à 16H00 (14H00 GMT) ont été lancés par les séparatistes catalans à Barcelone sur les Ramblas, célèbre avenue du centre ville, ainsi que devant la délégation du gouvernement espagnol, où des heurts ont eu lieu vendredi entre manifestants et policiers après une décision de justice anti-indépendantistes.

Carles Puigdemont s’était réfugié à Bruxelles fin octobre 2017, anticipant des poursuites pour « rébellion » et « sédition » déclenchées par la justice espagnole à la suite de la tentative ratée de sécession de la Catalogne l’automne dernier.

Le dirigeant indépendantiste « a été arrêté aujourd’hui à 11H19 (09H19 GMT, ndlr) par la police autoroutière du Schleswig-Holstein », a déclaré à l’AFP un porte-parole de la police allemande.

« Il est maintenant sous la garde de la police », a-t-il ajouté, précisant avoir agi dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen.

Cette arrestation a été confirmée par la porte-parole du parti de M. Puigdemont, Anna Grabalosa.

« Cela s’est passé au moment où il franchissait la frontière germano-danoise. Il a été bien traité et ses avocats sont là-bas. C’est tout ce que je peux dire », a-t-elle déclaré.

M. Puigdemont a été arrêté deux jours après que le juge de la Cour suprême espagnole Pablo Llarena eut confirmé des poursuites pour « rébellion » contre 13 indépendantistes catalans, dont Carles Puigdemont, et émis ou réactivé des mandats d’arrêt européens et internationaux contre six dirigeants indépendantistes catalans partis à l’étranger.

Cette infraction est passible de 30 ans de prison.

Le juge a notamment accusé M. Puigdemont d’avoir organisé le référendum d’autodétermination du 1er octobre malgré son interdiction et « le grave risque d’incidents violents ».

– De retour de Finlande –

L’avocat de M. Puigdemont, Jaume Alonso Cuevillas, a précisé sur Twitter que son client avait été interpellé alors qu’il rentrait en Belgique après un séjour en Finlande.

Il s’y était rendu jeudi et vendredi pour y rencontrer des parlementaires et participer à un séminaire à l’université d’Helsinki.

La police finlandaise avait fait savoir samedi qu’elle était prête à l’arrêter. Mais dans la soirée, un député finlandais qui avait organisé sa visite dans le pays, Mikko Karna, a affirmé que le leader indépendantiste avait quitté le territoire dès vendredi soir pour la Belgique.

Carles Puigdemont s’était déjà rendu au Danemark en janvier sans être inquiété, ainsi qu’en Suisse en mars.

Le juge Llarena reproche à l’ancien exécutif catalan d’avoir ignoré « les déclarations répétées d’inconstitutionnalité et de nullité », et évoqué particulièrement une manifestation tendue, dix jours avant le référendum interdit, où des milliers de militants séparatistes ont assiégé pendant plusieurs heures un bâtiment public où la garde civile menait une perquisition.

Le magistrat estime alors que les dirigeants catalans « savaient que ce type d’agissement était indispensable pour mener à bien un référendum interdit par les tribunaux, dont dépendait la déclaration d’indépendance ».

Pour autant, le chef d’accusation de « rébellion » est très controversé, car il suppose un « soulèvement violent » qui, selon de nombreux juristes, ne s’est jamais produit.

Vendredi, le magistrat a également envoyé en détention préventive cinq indépendantistes dont Jordi Turull, candidat à la présidence de la Generalitat (exécutif catalan), plongeant encore un peu plus la Catalogne dans l’impasse politique.

Vendredi soir, 37 personnes ont été légèrement blessées dans les rues de Barcelone lors de manifestations contre la décision du magistrat.

Après l’incarcération de M. Turull, le parlement a ajourné la séance de désignation du nouveau chef de l’exécutif. C’est la troisième fois que les indépendantistes, qui disposent de la majorité absolue au parlement, échouent à faire investir un nouveau président pour la Catalogne en raison de décisions de justice, après Carles Puigdemont et l’activiste Jordi Sanchez, incarcéré.

S’ils n’y arrivent pas avant le 22 mai, de nouvelles élections seront automatiquement convoquées. Et tant qu’un président régional ne sera pas désigné, la Catalogne restera sous la tutelle de Madrid, qui a pris cette mesure après la déclaration d’indépendance mort-née du 27 octobre.

Romandie.com avec(©AFP / 25 mars 2018 15h35)                

Carles Puigdemont renonce à briguer la présidence de la Catalogne

mars 1, 2018

L’indépendantiste catalan Carles Puigdemont à Copenhagen, le 22 janvier 2018 / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

Le président catalan destitué, l’indépendantiste Carles Puigdemont, a renoncé jeudi à briguer la présidence catalane, assurant cependant qu’il défendrait la cause de sa « république » partout, y compris en saisissant le comité des droits de l’homme de l’ONU.

« J’ai demandé au président du parlement catalan que, de manière provisoire, il ne présente pas ma candidature à l’investiture comme président », a dit M. Puigdemont dans une vidéo enregistrée en Belgique, où il s’était installé fin octobre, échappant aux poursuites de la justice espagnole.

L’ancien journaliste de 55 ans, élu président de la Catalogne en janvier 2016, a été destitué par Madrid le 27 octobre, quelques heures après une déclaration d’indépendance de la « République catalane » votée au parlement régional.

Depuis, la Catalogne reste placée sous la tutelle du gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, qui avait suspendu son autonomie régionale.

Et M. Puigdemont, objet de poursuites judiciaires pour « rébellion » et « sédition », serait immédiatement arrêté s’il rentrait en Espagne.

Il n’avait pas pour autant renoncé à diriger sa région de 7,5 millions d’habitants – estimant que son retour serait le symbole de la « dignité » retrouvée du « peuple catalan » piétiné par Madrid – et s’était donc présenté aux élections régionales du 21 décembre.

Or sa liste était arrivée en tête au sein du camp indépendantiste, victorieux.

– Route barrée –

Cependant la Cour constitutionnelle lui a barré, fin janvier, la route du Palais de la Generalitat (siège de l’exécutif régional).

Elle a exigé qu’il soit physiquement présent au débat d’investiture et obtienne au préalable une autorisation du juge l’ayant inculpé.

Les pressions sont allées crescendo sur Carles Puigdemont, même au sein de son camp où beaucoup considéraient que la formation d’un nouveau gouvernement devait être la priorité.

Annonçant finalement son retrait jeudi, il a admis que « dans les conditions actuelles, c’est la seule façon de pouvoir former un nouveau gouvernement, le plus rapidement possible ».

– Son remplaçant est en prison –

Il propose à présent la candidature du président d’une association indépendantiste, Jordi Sanchez, bien qu’il soit emprisonné depuis quatre mois.

Mais cette candidature aura aussi du mal à aboutir.

M. Sanchez est en détention provisoire depuis la mi-octobre pour « sédition », en lien avec une manifestation organisée le 20 septembre à Barcelone.

Pour être investi, il devrait lui aussi obtenir une autorisation du juge de la Cour suprême en charge de l’enquête, Pablo Llarena.

Or ce magistrat a déjà refusé une permission de sortie à l’ex-vice-président catalan Oriol Junqueras (ERC), également élu député alors qu’il était en détention, qui souhaitait assister à des sessions parlementaires.

Jeudi soir, une source gouvernementale espagnole se félicitait du renoncement de M. Puigdemont, qui cherchait selon elle à se « moquer de la loi »: « La Catalogne a le plus vite possible besoin d’un président de la Generalitat (exécutif catalan) en mesure de gouverner », a déclaré cette source.

« Choisir une personne qui a des problèmes judiciaires serait une grande erreur », avait aussi déclaré dans la matinée Mariano Rajoy.

Le parlement catalan, dominé par les indépendantistes, avait adopté jeudi à la mi-journée la première motion de sa nouvelle législature.

Il y dénonçait « la dérive autoritaire et antidémocratique » du gouvernement espagnol, accusé d’instrumentaliser la justice pour lutter contre les indépendantistes.

Le parlement avait défendu la « légitimité » de la candidature de M. Puigdemont, manière de lui rendre hommage avant qu’il n’annonce lui-même son retrait.

L’opposition anti-indépendantiste avait refusé de participer au vote au parlement régional.

« Vous êtes installés dans le passé (…) et ici les gens veulent penser à l’avenir, à comment ils vont payer leurs factures, les retraites », a déclaré la chef de l’opposition anti-indépendantiste au parlement catalan, Inès Arrimadas, du parti libéral Ciudadanos.

Elle a souligné que les séparatistes n’avaient pas une majorité « dans la rue » et rappelé que la tentative de sécession avait entraîné le déménagement des sièges sociaux de 3.000 entreprises hors de Catalogne.

La loi électorale implique une pondération des voix en faveur des provinces plus rurales qui a profité aux séparatistes de Catalogne: avec 47,5% des voix, ils ont la majorité des sièges.

M. Puigdemont a par ailleurs annoncé qu’une équipe d’avocats internationaux avait présenté jeudi une plainte en son nom contre l’Etat espagnol, devant le comité des droits de l’homme des Nations unies, pour activement défendre ses droits.

Il a promis à ses sympathisants qu’il restaient ensemble « sur le chemin d’une république d’hommes et de femmes libres » en Catalogne.

« Nous n’abandonnerons pas », a-t-il promis.

Romandie.com avec(©AFP / 01 mars 2018 23h20)                

Mandat d’arrêt en Espagne contre une indépendantiste catalane exilée en Suisse

février 21, 2018

L’indépendantiste catalane Anna Gabriel à Barcelone le 9 septembre 2016 / © AFP/Archives / Josep LAGO

La justice espagnole a lancé mercredi un mandat d’arrêt applicable uniquement en Espagne contre l’indépendantiste catalane Anna Gabriel, qui s’est exilée en Suisse pour échapper à une éventuelle incarcération en lien avec la tentative de sécession.

Dans sa décision, le juge de la Cour suprême « ordonne l’arrestation » de Mme Gabriel, qui ne s’est pas présentée à une convocation mercredi devant le magistrat. Ce mandat d’arrêt ne s’appliquera que dans un cadre « national », a précisé un porte-parole du tribunal à l’AFP.

Le juge n’a qu’en partie suivi les réquisitions du parquet, qui avait requis un mandat d’arrêt assorti d’une demande d’extradition auprès des autorités suisses.

Interrogé plus tôt dans la journée sur la possibilité d’une extradition par la Suisse, un porte-parole de l’Office fédéral de la Justice, Folco Galli, avait répondu que « selon les bases légales relatives à la coopération entre la Suisse et l’Espagne (…) la Suisse n’accorde pas – comme la plupart des autres Etats – l’extradition et toute autre forme d’entraide judiciaire pour des délits politiques ».

« S’il y a une demande, il faut examiner cela de manière approfondie. A priori, d’après ce que disent les médias, il semble s’agir de délit politique, donc il n’y a pas d’extradition », a-t-il ajouté.

Anna Gabriel est l’ex-porte-parole parlementaire du parti d’extrême-gauche indépendantiste CUP (Candidature d’unité populaire).

Elle est la dernière séparatiste catalane à avoir quitté le pays depuis que Carles Puigdemont, président destitué de la Catalogne, et quatre anciens membres du gouvernement régional sont partis en Belgique, peu de temps après une tentative avortée de sécession d’avec l’Espagne.

M. Puigdemont et les anciens ministres échappent depuis à la justice espagnole qui les a inculpés pour rébellion et sédition. Ils risquent, comme Anna Gabriel, d’être arrêtés s’ils rentrent en Espagne.

Mme Gabriel avait justifié sa décision mardi dans des médias suisses, expliquant qu’elle jugeait excessives les enquêtes policières, judiciaires et les inculpations visant des centaines de personnes pour leur rôle dans la tentative de sécession en Catalogne.

« C’est une persécution politique (…) ce n’est pas un tribunal impartial », a-t-elle déclaré à la télévision suisse RTS.

Romandie.com avec(©AFP / 21 février 2018 15h05)                

Nouvelle menace d’arrestation pour Puigdemont s’il va au Danemark

janvier 21, 2018

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont (c) le 12 janvier 2018 à Bruxelles / © AFP/Archives / JOHN THYS

Le parquet espagnol a menacé dimanche de demander l’arrestation de Carles Puigdemont si, comme il l’a prévu, il se rend au Danemark lundi, mettant de nouveaux bâtons dans les roues à l’indépendantiste qui tente une reconquête du pouvoir en Catalogne depuis la Belgique.

Si Carles Puigdemont participe bien lundi à un débat à l’Université de Copenhague, le parquet « agira immédiatement pour demander au juge d’instruction de la Cour suprême d’activer le mandat d’arrêt européen », prévient-il dans un communiqué.

L’annonce intervient alors qu’à Barcelone le président du parlement catalan, l’indépendantiste Roger Torrent, doit décider lundi s’il présente la candidature de Carles Puigdemont à la présidence de la région.

S’il l’officialise, un débat suivi d’un vote sur cette candidature sera organisé à la chambre à la fin du mois.

Le camp indépendantiste domine toujours le parlement régional, avec 70 élus sur 135, même si plus de 50% des Catalans votent pour des partis non indépendantistes: dans la région, la pondération des voix profite en effet aux provinces rurales, traditionnellement indépendantistes, qui ont donc plus d’élus.

Et le candidat des grandes formations séparatistes reste M. Puigdemont, qui a rendu possible la tentative de sécession, en organisant un référendum interdit suivi d’une déclaration d’indépendance unilatérale le 27 octobre.

– Gageure –

Mais d’un point de vue logistique et juridique sa candidature est hasardeuse.

S’il reste à l’étranger, il devra être investi à distance, et les services juridiques du parlement ont déjà jugé cette investiture contraire à la Constitution. Et s’il rentre, il a toutes les chances d’être arrêté.

Il doit aussi obtenir un permis de résidence en Belgique ou quitter aussi ce pays au risque de s’exposer — comme l’a bien fait savoir le parquet dimanche — à une arrestation ailleurs.

Dans le cas ou les élus indépendantistes ignorent quand même les avertissements des juristes, ils s’exposeront ensuite à la saisine de la Cour constitutionnelle par le gouvernement.

Cette cour pourrait alors suspendre leur vote, leur imposant indirectement de trouver un nouveau candidat, voire d’organiser de nouvelles élections.

« Prétendre être le président du gouvernement catalan en étant à Bruxelles est illégal », a prévenu le chef du gouvernement Mariano Rajoy samedi avant d’expliquer que dans ce cas de figure la région ne retrouverait pas l’autonomie qu’il lui avait retirée après la tentative de sécession.

Le président du parlement n’en reste pas moins face à un choix cornélien car s’il ne valide pas la candidature de Carles Puigdemont lundi il peut susciter une crise au sein de son camp, entre la liste Ensemble pour la Catalogne (centre-droite) de M. Puigdemont et l’autre grande formation, la sienne (Gauche républicaine de Catalogne, ERC).

Au sein du parti ERC, la tendance n’est cependant plus à l’affrontement direct avec Madrid, mais plutôt à une stratégie de plus long terme visant à gagner du terrain dans une société catalane très divisée.

D’autant qu’en cas de nouvelles élections, les séparatistes pourraient perdre du terrain.

« On doit mesurer les coûts et bénéfices de toutes les décisions », déclarait samedi Ernest Maragall (ERC), doyen des élus à la chambre catalane.

L’horizon semble donc complexe pour Carles Puigdemont.

En décembre, le juge espagnol Pablo Llarena avait retiré les mandats d’arrêt internationaux visant le président destitué et quatre autres anciens ministres-conseillers catalans installés à Bruxelles et poursuivis en Espagne pour « rébellion », « sédition » et « malversation de fonds ».

Il préférait éviter que la justice belge n’efface au passage les poursuites pour rébellion, pour des raisons liées au droit belge, une décision qui se serait imposée à l’Espagne.

Mais cet avantage juridique pour Carles Puigdemont n’existera pas forcément ailleurs en Europe, a admis dimanche son avocat Jaume Alonso-Cuevillas, qui estime qu’en cas de départ de Belgique « le risque d’arrestation est élevé ».

Romandie.com avec(©AFP / 21 janvier 2018 17h55)

Espagne: Puigdemont serait arrêté malgré son immunité

janvier 20, 2018

Le président catalan destitué Carles Puigdemont s’exprime lors d’une conférence de presse, le 22 décembre 2017 à Bruxelles / © AFP / EMMANUEL DUNAND

Le parquet général en Espagne a averti samedi l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont que son immunité de député n’empêcherait pas son arrestation s’il rentrait de Belgique en Espagne pour se faire investir à la tête de la région.

M. Puigdemont s’était installé fin octobre en Belgique, juste avant d’être poursuivi par la justice espagnole pour « sédition », « rébellion » et « détournement de fonds », suite à la proclamation à Barcelone d’une « République catalane » restée sans effets. Réélu député régional le 21 décembre, il est actuellement le seul candidat à la présidence du gouvernement catalan.

« Immunité » ne signifie pas « impunité »: tel est le message que lui a envoyé le parquet général, à travers un communiqué.

« La garantie de l’immunité ne signifie pas qu’on ne puisse pas ordonner le placement en détention sur ordre judiciaire », a-t-il écrit.

Le parquet général considère que M. Puigdemont « en s’enfuyant et en défendant des agissements qui avaient culminé avec la déclaration d’indépendance, montre qu’il persiste dans son plan délictueux ».

Le parquet général fait par ailleurs valoir que d’autres indépendantistes – bénéficiant aussi de l’immunité parlementaire – sont actuellement en prison: « La Cour suprême a déjà décidé pour ces mêmes faits, compte tenu de leur extrême gravité, la mise en examen et le placement en détention de personnes ayant le même statut de député », écrit le parquet.

« Il est inadmissible qu’une interprétation du privilège d’immunité parlementaire dérive en impunité », a conclu le parquet.

Le 5 janvier, la Cour suprême avait décidé de maintenir en prison l’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras. Il venait lui aussi d’être réélu député régional.

Depuis les élections du 21 décembre, les indépendantistes jouissent de nouveau de la majorité absolue en sièges au nouveau parlement catalan (70 sur 135) mais huit d’entre eux ne peuvent siéger: ils sont soit en fuite en Belgique soit en prison pour trois d’entre eux.

M. Puigdemont avait assuré vendredi pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique et éviter ainsi d’être emprisonné s’il rentrait.

Son avocat Jaume Alonso-Cuevillas a cependant expliqué samedi, dans un entretien à la télévision publique catalane, que tous les scénarios étaient encore envisagés, y compris un retour de M. Puigdemont à Barcelone.

« Le président Puigdemont n’a jamais écarté la possibilité de se présenter et de se soumettre à l’investiture en personne », a assuré son avocat, tout en le disant « conscient des risques qu’il encourt ».

L’avocat avait plaidé que M. Puigemont jouissait de l’immunité parlementaire et « ne pourrait pas être arrêté » s’il se présentait à Barcelone.

Romandie.com avec(©AFP / 20 janvier 2018 15h12)