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Espagne: Puigdemont serait arrêté malgré son immunité

janvier 20, 2018

Le président catalan destitué Carles Puigdemont s’exprime lors d’une conférence de presse, le 22 décembre 2017 à Bruxelles / © AFP / EMMANUEL DUNAND

Le parquet général en Espagne a averti samedi l’ex-président indépendantiste catalan Carles Puigdemont que son immunité de député n’empêcherait pas son arrestation s’il rentrait de Belgique en Espagne pour se faire investir à la tête de la région.

M. Puigdemont s’était installé fin octobre en Belgique, juste avant d’être poursuivi par la justice espagnole pour « sédition », « rébellion » et « détournement de fonds », suite à la proclamation à Barcelone d’une « République catalane » restée sans effets. Réélu député régional le 21 décembre, il est actuellement le seul candidat à la présidence du gouvernement catalan.

« Immunité » ne signifie pas « impunité »: tel est le message que lui a envoyé le parquet général, à travers un communiqué.

« La garantie de l’immunité ne signifie pas qu’on ne puisse pas ordonner le placement en détention sur ordre judiciaire », a-t-il écrit.

Le parquet général considère que M. Puigdemont « en s’enfuyant et en défendant des agissements qui avaient culminé avec la déclaration d’indépendance, montre qu’il persiste dans son plan délictueux ».

Le parquet général fait par ailleurs valoir que d’autres indépendantistes – bénéficiant aussi de l’immunité parlementaire – sont actuellement en prison: « La Cour suprême a déjà décidé pour ces mêmes faits, compte tenu de leur extrême gravité, la mise en examen et le placement en détention de personnes ayant le même statut de député », écrit le parquet.

« Il est inadmissible qu’une interprétation du privilège d’immunité parlementaire dérive en impunité », a conclu le parquet.

Le 5 janvier, la Cour suprême avait décidé de maintenir en prison l’ancien vice-président indépendantiste catalan Oriol Junqueras. Il venait lui aussi d’être réélu député régional.

Depuis les élections du 21 décembre, les indépendantistes jouissent de nouveau de la majorité absolue en sièges au nouveau parlement catalan (70 sur 135) mais huit d’entre eux ne peuvent siéger: ils sont soit en fuite en Belgique soit en prison pour trois d’entre eux.

M. Puigdemont avait assuré vendredi pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique et éviter ainsi d’être emprisonné s’il rentrait.

Son avocat Jaume Alonso-Cuevillas a cependant expliqué samedi, dans un entretien à la télévision publique catalane, que tous les scénarios étaient encore envisagés, y compris un retour de M. Puigdemont à Barcelone.

« Le président Puigdemont n’a jamais écarté la possibilité de se présenter et de se soumettre à l’investiture en personne », a assuré son avocat, tout en le disant « conscient des risques qu’il encourt ».

L’avocat avait plaidé que M. Puigemont jouissait de l’immunité parlementaire et « ne pourrait pas être arrêté » s’il se présentait à Barcelone.

Romandie.com avec(©AFP / 20 janvier 2018 15h12)                

Carles Puigdemont assure pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique

janvier 19, 2018

Le président catalan déchu Carles Puigdemont à Bruxelles, le 12 janvier 2018 / © AFP / JOHN THYS

Le dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont a assuré vendredi pouvoir diriger la Catalogne depuis la Belgique et éviter ainsi d’être emprisonné en revenant en Espagne où il est poursuivi par la justice, malgré les avertissements du gouvernement espagnol sur une investiture à distance.

« En prison, je ne pourrais pas m’adresser aux gens, ni écrire, ni recevoir de visiteurs… La seule manière est de pouvoir continuer à le faire en liberté, en sécurité. Je ne peux pas agir comme président (régional) si je suis prisonnier », a expliqué M. Puigdemont lors d’une interview à la radio catalane Catalunya Radio depuis la Belgique où il s’est exilé avec plusieurs de ses anciens ministres.

« Il est évident que ce ne sont pas les conditions de normalité que nous aimerions, mais malheureusement il serait beaucoup plus difficile de le faire depuis l’Etat espagnol, où nous serions en prison… que de le faire d’ici », a-t-il expliqué.

« Aujourd’hui, les grands projets d’entreprises, universitaires ou de recherche se dirigent aussi principalement en utilisant les nouvelles technologies » à distance, a-t-il ajouté.

Ses déclarations interviennent alors que le nouveau président du parlement catalan, Roger Torrent, consulte les différents partis pour proposer un candidat à la présidence régionale, après les élections du 21 décembre où les indépendantistes ont remporté la majorité absolue des sièges.

Carles Puigdemont, qui est parti pour Bruxelles peu avant son inculpation pour rébellion et sédition, entend être investi à distance, ce que les services juridiques du parlement catalan jugent illégal.

M. Puigdemont est le seul candidat au poste de président régional, après un accord entre sa formation Ensemble pour la Catalogne et l’autre grand parti séparatiste Gauche républicaine de Catalogne (ERC).

Les trois formations indépendantistes ont remporté la majorité absolue lors des élections du 21 décembre, ce qui lui donne en théorie toutes les chances de remporter le vote d’investiture prévu à la fin du mois.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a prévenu qu’il empêcherait la nomination de Puigdemont, qui doit être signée par le roi Felipe VI, et maintiendrait la tutelle imposée à la Catalogne depuis fin octobre si M. Puigdemont se faisait investir depuis la Belgique.

– ‘Restitution démocratique’ –

« Si le parlement m’investit comme président, le chef de l’Etat n’a en aucun cas le droit d’empêcher ce mandat », a affirmé M. Puigdemont.

Le dirigeant catalan assure avoir assez de légitimité pour gouverner. « Je suis un député comme un autre, parfaitement apte à être investi comme président (…) J’ai tout le droit du monde et j’espère qu’il sera respecté », a-t-il ajouté sur Catalunya Radio.

Il compte présenter par vidéoconférence son programme de gouvernement -passage obligé de la procédure d’investiture-, ou bien le faire lire par quelqu’un d’autre.

Au final, la décision d’autoriser les députés catalans à voter pour un candidat qui n’est pas physiquement présent dans l’hémicycle reviendra au bureau du parlement, composé de M. Torrent, le président de la chambre, et de six autres membres. Parmi ceux-ci, trois sont pro-indépendance et trois y sont opposés.

Sans dévoiler sa position, M. Torrent a déclaré au journal catalan Ara que sa fonction est de « garantir qu’il y ait un candidat qui puisse être investi et un gouvernement qui puisse gouverner dès la première minute ». Interrogé sur la possibilité de gouverner depuis Bruxelles, il s’est borné à répondre « le gouvernement doit être réel ».

Président de Catalogne depuis 2016, M. Puigdemont a été destitué par M. Rajoy le 27 octobre, quelques heures après la déclaration unilatérale d’indépendance du parlement catalan.

Dans la foulée, l’autonomie de la région avait été suspendue, après plusieurs semaines d’extrême tension après le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre, marqué par des violences policières.

Dans son interview, M. Puigdemont a promis de rétablir son précédent gouvernement, ainsi que sa politique, axée sur la désobéissance à la justice espagnole, et sur une stratégie de rupture unilatérale avec l’Espagne.

« Nous avons un plan de restitution démocratique, des institutions et des politiques (…) Le résultat des élections (du 21 décembre) est la validation de notre programme de gouvernement », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 19 janvier 2018 13h22)                

Catalogne/élections: Puidgemont salue une victoire « que personne ne peut discuter »

décembre 21, 2017

Bruxelles – Le dirigeant séparatiste catalan en exil Carles Puigdemont a salué jeudi soir à Bruxelles la victoire du camp indépendantiste lors des élections régionales en Catalogne, soulignant que c’est « un résultat que personne ne peut discuter ».

Le Premier ministre espagnol Mariano « Rajoy a perdu le plébiscite qu’il cherchait » et le fait que le camp indépendantiste reste majoritaire est « une claque », a jubilé M. Puigdemont devant un petit parterre de militants indépendantistes catalans et de sympathisants nationalistes flamands réunis dans une salle du centre-ville de Bruxelles.

Après dépouillement de près de 99% des bulletins, les trois formations indépendantistes disposaient, avec 70 sièges sur 135 au parlement régional, de la majorité absolue comme avant le référendum d’indépendance interdit du 1er octobre.

« Je veux féliciter le peuple catalan parce qu’il a donné une leçon au monde », « une leçon de civisme et de démocratie ! », a lancé M. Puigdemont, un grand sourire au lèvre, après avoir été acclamé par l’assistance aux cris de « Président, président ! »

« Nous avons gagné cette nuit le droit d’être écoutés! », a-t-il martelé.

Mais la dureté de la campagne électorale et le risque que le bras de fer entre indépendantistes et gouvernement espagnol perdure « nous empêchent de sabrer le +cava+ », a-t-il ajouté en référence au vin pétillant espagnol, l’un des produits phares de la Catalogne.

« L’Europe doit en prendre bonne note, la recette de Rajoy ne fonctionne pas » en Catalogne, a-t-il également jugé, en vilipendant la procédure utilisée par Madrid pour destituer l’exécutif régional et prendre le contrôle des institutions après que la région eut déclaré son indépendance.

Mais, interrogé par l’AFP jeudi soir, un porte-parole de la Commission européenne a prévenu que l’UE « ne changera pas » de position sur la crise catalane après le vote de jeudi.

« Notre position sur la question de la Catalogne est bien connue et a été réitérée régulièrement, et à tous les niveaux. Elle ne changera pas. S’agissant d’une élection régionale, nous n’avons pas de commentaire à faire », a indiqué ce porte-parole à Bruxelles, Alexandre Winterstein.

Depuis le début de la crise, l’UE s’est refusée à reconnaître l’indépendance unilatéralement proclamée par le Parlement de Catalogne, considérant qu’il s’agissait d’une « affaire intérieure » espagnole et appelant au « respect de la Constitution espagnole » que Madrid affirme défendre.

Romandie.com avec(©AFP / 21 décembre 2017 23h51)

Tous contre tous en Catalogne à trois jours d’élections cruciales

décembre 18, 2017

Carles Puigdemont le président destitué de la Catalogne s’adresse par vidéo-conférence depuis Bruxelles à une réunion électorale à Barcelone, le 15 décembre 2017 / © AFP / JAVIER SORIANO

En Catalogne, au sein du camp indépendantiste comme chez les partisans de l’Espagne, les couteaux sont tirés et les attaques fratricides se multiplient à trois jours du scrutin crucial de jeudi.

Le principal dirigeant indépendantiste emprisonné, Oriol Junqueras, a lancé lundi, sans le nommer, une flèche en direction du président du gouvernement régional destitué Carles Puigdemont, réfugié en Belgique alors qu’il est visé en Espagne par un mandat d’arrêt, en déclarant qu’il était resté en Catalogne parce que lui refusait de se cacher.

« Je ne me cache pas parce que j’assume ce que je fais, j’assume mes actes, mes décisions, mes sentiments et ma volonté » a-t-il déclaré dans une interview accordée depuis la prison d’Estremera, près de Madrid, à la radio catalane Rac 1.

Le scrutin de jeudi va permettre de mesurer le poids réel du mouvement indépendantiste catalan, à la suite de la crise politique majeure provoquée par la déclaration unilatérale d’indépendance du 27 octobre et la mise sous tutelle de la région par le gouvernement central de Madrid, qui a destitué le gouvernement régional de Catalogne, accusé par la justice de rébellion et de tentative de sédition.

Oriol Junqueras dirige le parti Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, gauche républicaine de Catalogne), actuellement en tête des sondages pour l’élection de jeudi, à égalité avec le parti libéral pro-union Ciudadanos, sans qu’aucune formation ne semble en mesure de remporter une majorité absolue.

– « Fake basé sur la post-vérité » –

Les enquêtes d’opinion récentes montrent une poussée de la liste de Carles Puigdemont, « Unis pour la Catalogne », longtemps distancé par l’ERC.

Dans le camp favorable à l’union avec l’Espagne, Ciudadanos et sa candidate Inés Arrimadas dispute au Parti socialiste de Catalogne (PSC) la première place des formations qui veulent en finir avec la possibilité d’une indépendance catalane.

Le candidat socialiste en Catalogne, Miquel Iceta, a traité de « démocrate de pacotille » le leader national de Ciudadanos, Albert Rivera, qui avait affirmé qu’accorder son scrutin à toute autre formation unioniste que la sienne était inutile.

« Je ne dirai pas, comme l’a fait Albert Rivera, que tous les votes qui ne me sont pas accordés vont à la poubelle. Démocrate de pacotille ! a lancé M. Iceta lors d’un meeting.

Dans le camp indépendantiste, une troisième formation, la Candidature d’unité populaire (CUP, extrême-gauche) accuse ses anciens alliés parlementaires sécessionnistes d’avoir renoncé à se séparer unilatéralement de Madrid, sans la permission du gouvernement espagnol. « Si nous faisons preuve de la moindre hésitation, ils nous annihilerons et nous dénigrerons en tant que peuple », a déclaré lors d’une réunion publique le candidat du CUP, Pere Vidal Aragonés.

Carles Mundo, de l’ERC, qui a été emprisonné avant d’être libéré sous condition, lui a répondu: « Il est clairement plus facile de parler que de faire, nous qui avons écopé de semaines de prison, nous devons mettre certaines de ces accusations dans un contexte de réalité ».

Pour sa part, le Parti populaire (PP, conservateur) du chef du gouvernement Mariano Rajoy distancé dans les sondages (qui le placent en Catalogne en cinquième position) se vante d’avoir « décapité » le mouvement indépendantiste, selon les termes de la vice-présidente du gouvernement Soraya Saenz de Santamaria, par opposition au PSC, qui a collaboré avec les indépendantistes dans certains conseils municipaux catalans.

Lundi, Mme Saénz de Santamaria a accusé le processus sécessionniste de la Catalogne d’être un « épisode de déloyauté envers les Catalans eux-mêmes » et un « fake basé sur la post-vérité ».

Après que le gouvernement espagnol a accusé les indépendantistes d’avoir reçu l’appui de comptes Twitter basés en Russie afin de diffuser des calomnies et que les indépendantistes ont suggéré que Madrid était prêt à manipuler le scrutin, la vice-présidente a assuré que toutes les mesures étaient prises pour s’assurer du bon déroulement du scrutin.

Une simulation du processus électoral a été réalisée, avec l’analyse de toute la sécurité du système de comptage, et tout s’est bien passé, a-t-elle assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 18 décembre 2017 19h10)                

Espagne: Valls, un ancien Premier ministre français « en campagne » en Catalogne

décembre 17, 2017

L’ancien Premier ministre français Manuel Valls arrive à un meeting du parti de centre-droit Ciudadanos à Barcelone, le 16 décembre / © AFP / LLUIS GENE

L’ancien Premier ministre socialiste français Manuel Valls se souvient beaucoup ces jours-ci de ses racines catalanes, au point de s’impliquer pleinement dans la campagne contre les indépendantistes qui tentent de retourner au pouvoir lors des élections du 21 décembre.

Il multiplie les interviews aux médias espagnols. En début de semaine, il était à Barcelone, puis à Madrid. Il a rencontré le roi, le chef de file socialiste catalan Miquel Iceta et des entrepreneurs. Samedi à l’aube il quittait à nouveau Paris pour la Catalogne, pour une vraie journée de politique en campagne: petit déjeuner-colloque, débat sur l’Europe et rencontre avec une association anti-indépendantiste le soir.

Il soutient des candidats de partis opposés à la sécession: le Parti socialiste, mais aussi le Parti populaire de Mariano Rajoy (droite) et le libéral Ciudadanos, fer de lance de la lutte contre les séparatistes.

« Je fais campagne pour la Catalogne, l’Espagne, l’Europe », répond-il quand on lui demande de quel côté il se place.

L’ancien chef du gouvernement (2014-2016), né espagnol mais naturalisé français, aime rappeler qu’il a grandi à Barcelone où il a même participé à une manifestation pour défendre l’autonomie catalane, « en 1976 ou 77 », alors que l’Espagne découvrait la démocratie, après la mort du dictateur Francisco Franco.

« Je viens ici bien sûr avec ces racines qui sont celles de ma famille, mais je viens d’abord comme Français et d’abord comme Européen », a-t-il confié à l’AFPTV samedi.

Plus tard, participant à un débat organisé par le parti Ciudadanos, avec le prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, il assure que les clivages gauche-droite sont dépassés par celui qui oppose les partisans de l’Europe des Nations et les « populismes ».

– Interpellé sur Twitter –

Témoin des débats qui agitent les familles catalanes, sa propre soeur, Giovanna Valls, qui vit à Barcelone et s’oppose à la mise sous tutelle de la région par Madrid, l’a interpellé sur Twitter, contre son soutien affiché à cette suspension de facto de l’autonomie catalane.

« Basta, au nom du grand-père Magi », lui-a-t-elle écrit.

M. Valls répond que sa soeur n’en est pas pour autant indépendantiste et qu’ils gardent des « relations affectueuses ». Il demande de ne pas l’inclure dans le débat car elle n’est pas « une politique ».

Il refuse d’entrer dans les controverses sur les violences policières qui ont émaillé le référendum interdit du 1er octobre, ou encore sur l’absence de dialogue entre le gouvernement de Mariano Rajoy et les dirigeants catalans qui a précédé la tentative de sécession du 27 octobre suivie de la destitution immédiate du gouvernement régional par Madrid.

« Je pourrais parler des rendez-vous réussis ou ratés, dit-il à l’AFP, mais « j’interviens car il y a un Etat démocratique (…) et je considère que le séparatisme aurait des conséquences majeures pour l’Espagne et l’Europe ».

En France, le député Manuel Valls avait annoncé en juin qu’il quittait le Parti socialiste et affiche son soutien au mouvement du président Emmanuel Macron, La République en marche (LREM).

Il siège comme député apparenté du groupe LREM. Depuis quelques mois, il multiplie les voyages à l’étranger.

Son engagement catalan est-il la première étape d’un nouveau projet politique ?

Manuel Valls répond simplement que c’est « le fruit d’une réflexion approfondie sur l’Europe, qui « est à un tournant » après avoir vécu le Brexit, l’essor des populismes, la crise des réfugiés, la multiplication des attentats jihadistes. « Elle est en manque de projets » et il faut la défendre.

Un de ses adversaires les plus féroces en France, Jean-Luc Mélenchon, le président de la France Insoumise, fait lui aussi campagne en Catalogne, au côté de la liste Catalunya en Comun, proche de son allié Podemos (extrême-gauche).

Podemos est contre la sécession mais pour un référendum d’autodétermination.

M. Mélenchon en a profité pour l’égratigner. « Vous n’avez pas besoin qu’un ex-Premier ministre français vienne vous dire comment vous taper dessus n’est-ce pas? », a-t-il ironisé dans un entretien à un journal catalan, en assurant que M, Valls aimait « la bagarre ».

Celui-ci a préféré ne pas répondre « à une énième polémique avec ce personnage ».

Romandie.com avec(©AFP / 17 décembre 2017 10h31)                

Puigdemont s’est rendu à la police belge avec ses quatre conseillers

novembre 5, 2017

Puigdemont s'est rendu à la police belge avec ses quatre conseillers

Accompagné de quatre de ses anciens ministres, il a gagné la Belgique après la mise sous tutelle de la région autonome.@ NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
Carles Puigdemont et ses quatre conseillers se sont rendus à la police belge, a indiqué dimanche le parquet de Bruxelles.

Carles Puigdemont, président de l’exécutif catalan destitué par Madrid, s’est livré à la police belge, avec ses quatre conseillers, a indiqué dimanche le parquet de Bruxelles confirmant une information de la radio-télévision flamande (VRT). Ils seront présentés dans l’après-midi à un juge. « Ils ont été privés de liberté à 9h17″ dimanche. Un juge d’instruction sera saisi et aura 24 heures, jusqu’à lundi 9h17, pour décider de les placer en détention, de les libérer sous condition ou caution », a annoncé le parquet. La décision du juge d’instruction, qui doit décider sous 24 heures de les placer en détention ou de les libérer, sous conditions ou caution, devrait intervenir dans la soirée, a-t-il avancé.

« Ils ont honoré » le rendez-vous ».

« Nous avions des contacts réguliers avec les avocats des cinq personnes et il avait été convenu un rendez-vous au commissariat » de la police fédérale, a expliqué le parquet. « Ils ont honoré ce rendez-vous », a-t-il ajouté. Carles Puigdemont est poursuivi en Espagne pour sédition, rébellion et détournement de fonds publics. Accompagné de quatre de ses anciens ministres, il a gagné la Belgique après la mise sous tutelle de la région autonome qui a suivi la déclaration unilatérale d’indépendance du Parlement catalan.

Puigdemont va s’opposer au mandat d’arrêt.

Carles Puigdemont avait écrit sur Twitter samedi après-midi qu’il se tenait à disposition des autorités belges. « Nous sommes prêts à collaborer pleinement avec la justice belge après l’émission du mandat d’arrêt européen par l’Espagne », avait-il écrit sur le réseau social, recourant pour l’occasion au néerlandais. Le mandat d’arrêt européen a été créé pour faciliter l’extradition entre Etats membres, mais c’est malgré tout probablement une assez longue procédure judiciaire qui s’ouvre. Carles Puigdemont et son avocat ont en effet déjà fait part de leur volonté de s’opposer à ce mandat.

Selon lui, il n’existe pas à Madrid les garanties d’une « sentence juste, indépendante qui puisse échapper à cette énorme pression, à cette énorme influence de la politique sur le pouvoir judiciaire en Espagne ». Selon la loi, une décision sur l’exécution du mandat d’arrêt européen doit être prise dans les 60 jours suivant l’arrestation de la personne visée.

Europe1.fr

Un million de manifestants pour l’unité de l’Espagne, selon la préfecture

octobre 29, 2017

Manifestation pour l’unité de l’Espagne à Barcelone, le 29 octobre 2017, deux jours après la déclaration unilatérale d’indépendance du Parlement régional / © AFP / LLUIS GENE

Un million de personnes ont manifesté dimanche à Barcelone en faveur de l’unité de l’Espagne, selon l’estimation livrée par la préfecture, représentant l’Etat en Catalogne.

La police municipale a pour sa part estimé que 300.000 personnes avaient participé au défilé où flottaient des milliers de drapeaux de l’Espagne et de la Catalogne. Les organisateurs avançaient pour leur part, à la fin de la manifestation, le chiffre de 1,3 million.

Romandie.com avec(©AFP / 29 octobre 2017 15h05)                

Catalogne: Puigdemont appelle « à s’opposer démocratiquement » à la mise sous tutelle

octobre 28, 2017

Le président catalan Carles Puigdemont chante l’hymne catalan, après une session parlementaire et le vote du Parlement catalan en faveur de l’indépendance, le 27 octobre 2017 à Barcelone / © AFP / Josep LAGO

L’indépendantiste Carles Puigdemont, destitué par Madrid de la présidence de Catalogne, a appelé samedi à « s’opposer démocratiquement à l’application de l’article 155 » de la Constitution espagnole déclenché pour mettre la région sous tutelle.

« Nous continuerons à oeuvrer pour construire un pays libre », a-t-il ajouté lors d’un discours télévisé. La version écrite de l’allocution diffusée en parallèle est signée « Carles Puigdemont, président de la Generalitat (gouvernement) de Catalogne ».

Romandie.com avec(©AFP / 28 octobre 2017 15h04)                

Madrid reprend en main la Catalogne dans une Espagne déchirée

octobre 28, 2017

Manifestation pour l’unité de l’Espagne à Madrid, le 28 octobre 2017, au lendemain de la déclaration d’indépendance du parlement régional de Catalogne / © AFP / JAVIER SORIANO

Madrid poursuivait samedi sa mise sous tutelle de la Catalogne, en prenant les rênes du gouvernement et de la police de la région, au lendemain d’une déclaration d’indépendance sans précédent du parlement régional, largement rejetée en Europe.

A la mi-journée, à Madrid, plusieurs milliers de partisans du maintien de la Catalogne en Espagne ont manifesté dans le centre-ville, brandissant des drapeaux espagnols.

Ce drapeau continuait aussi à flotter aux côtés du drapeau catalan sur le palais du gouvernement régional à Barcelone, où le calme régnait, les badauds ayant remplacé les manifestants indépendantistes de la veille.

Mais la sécurité avait été drastiquement renforcée aux abords de la préfecture, symbole de l’Etat central en Catalogne.

Dès l’aube, le journal officiel a annoncé la destitution du chef de la police catalane, l’emblématique Josep Lluis Trapero, déjà sous le coup d’une enquête pour « sédition ».

Le ministère de l’Intérieur prend le contrôle de la police locale, et le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy devient la première autorité en Catalogne, explique le document. Selon la presse, près de 150 hauts responsables de l’administration catalane seront démis de leurs fonctions.

La gestion quotidienne de la Catalogne est déléguée à la n°2 du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, qui prend la place de l’indépendantiste Carles Puigdemont, destitué vendredi soir avec son équipe.

Resté silencieux depuis, M. Puigdemont devait s’exprimer à 12H30 GMT.

L’incertitude régnait sur la réponse des dirigeants indépendantistes à leur destitution, alors que le parquet général doit engager la semaine prochaine des poursuites pour « rébellion » contre M. Puigdemont, qui risque la prison.

Cette accusation est une « blague absolue. Le délit de rébellion exige un soulèvement public et violent » pour être constitué, a déclaré à l’AFP l’avocat du dirigeant catalan Jaume Alonso Cuevillas.

La mise sous tutelle de la Catalogne, au titre d’un article de la Constitution jamais utilisé auparavant, a été enclenchée par Madrid quelques heures seulement après la proclamation vendredi par le parlement catalan de « la République catalane ».

Outre la destitution de l’exécutif catalan, Mariano Rajoy a convoqué des élections pour le 21 décembre, présentées comme un moyen de sortir l’Espagne de sa pire crise politique depuis son retour à la démocratie en 1977.

– Inquiétude –

« Ce que nous voulons c’est l’interdiction des partis sécessionistes. Car s’ils se présentent de nouveau aux élections, ils dirigeront la Catalogne et tout recommencera », affirmait une manifestante opposée aux indépendantistes à Madrid, Candida Jimenez, ancienne fonctionnaire de la police municipale de la capitale, munie d’une banderole « Non à l’impunité des putschistes ».

Convoquer des élections « est une honte. C’est prolonger le problème de deux mois », estime également Carlos Fernandez, 41 ans.

A Barcelone, dans des rues vides comme un lendemain de fête, l’inquiétude était dans l’air. « Je suis content à 10% que l’indépendance ait été déclarée, mais à 90% je pense que ça va mal se passer, car l’autre partie n’écoute pas », craignait Juan Rosset, retraité de 74 ans.

Les conséquences de la déclaration d’indépendance unilatérale de la Catalogne, territoire grand comme la Belgique où vivent 16% des Espagnols, sont incalculables, tout comme celles de la mise sous tutelle par Madrid.

Signe de l’inquiétude en Europe, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (conservateur du Parti Populaire européen) a souligné vendredi que l’UE n’a « pas besoin d’autres fissures », tandis que les grandes capitales occidentales annonçaient soutenir l’unité de l’Espagne.

Cependant, le président du Conseil européen Donald Tusk a appelé Madrid à choisir « la force de l’argument plutôt que l’argument de la force », alors que beaucoup craignent que la Catalogne ne soit entraînée dans une spirale de troubles.

La réponse du gouvernement permet de « donner la parole aux citoyens, avec les garanties démocratiques », a déclaré le n°2 du Parti Populaire de Mariano Rajoy, Javier Maroto.

Le petit parti d’extrême gauche indépendantiste CUP affirmait qu’il ne se « soumettrait pas » à la mise sous tutelle.

Lors des dernières élections régionales, en 2015, l’ensemble des formations pro-sécession -de l’extrême gauche au centre droit- n’avaient obtenu que 47,8% des suffrages, mais une majorité en sièges au parlement catalan. La résolution déclarant l’indépendance a été adoptée vendredi par 70 voix pour (sur 135 députés), en l’absence de la plus grande partie de l’opposition, qui avait quitté l’hémicycle.

L’indépendantisme avait tout particulièrement commencé à prospérer quand le parti de M. Rajoy avait obtenu en 2010, de la Cour constitutionnelle, qu’elle ampute largement un statut conférant de plus larges pouvoirs à la Catalogne.

Romandie.com avec(©AFP / 28 octobre 2017 14h39)                

Le Parlement catalan rompt avec l’Espagne

octobre 27, 2017

Des Catalans célèbrent la déclaration d’indépendance proclamée par le Parlement régional, à Barcelone, le 27 octobre 2017 / © AFP / PAU BARRENA

Le Parlement de Catalogne a adopté vendredi une résolution déclarant que la région devient un « Etat indépendant prenant la forme d’une République », une rupture sans précédent en Espagne.

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy a immédiatement réagi sur Twitter en promettant de « restaurer la légalité » en Catalogne.

La résolution a été adoptée en l’absence de l’opposition, qui avait quitté l’hémicycle, par 70 voix pour, dix voix contre et deux abstentions. Les partis séparatistes – allant de l’extrême gauche au centre droit – sont majoritaires en sièges (72 sur 135) au parlement.

Les élus ont ensuite entonné l’hymne nationaliste et crié « Vive la Catalogne! ».

A l’extérieur du parlement, plusieurs dizaines de milliers de manifestants indépendantistes ont salué par des clameurs de joie l’annonce du résultat.

« Oui, nous avons gagné la liberté de construire un nouveau pays », a tweeté le vice-président catalan Oriol Junqueras.

Cette résolution constitue « la République catalane, comme Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social ».

Dans ses attendus, elle demande à l’exécutif catalan de négocier sa reconnaissance à l’étranger, alors qu’aucun Etat n’a manifesté son soutien aux indépendantistes.

Avant ce vote, l’opposition avait quitté l’hémicycle, laissant derrière elle des drapeaux de Catalogne et de l’Espagne, côte à côte sur les sièges du parlement.

Brandissant la résolution, Carlos Carrizosa, du parti anti-indépendantiste Ciudadanos, avait déclaré: « Ce papier que vous avez rédigé détruit ce qu’il y a de plus sacré, la coexistence » en Catalogne.

« Comment a-t-on pu en arriver là? », s’est demandé Alejandro Fernandez du Parti populaire (conservateur) de Mariano Rajoy, évoquant « un jour noir pour la démocratie ».

– ‘Etat catalan’ –

La Catalogne n’en est pas à ses premières tentatives d’éloignement du gouvernement central. Mais son exécutif n’était jamais allé aussi loin. Et le dernier épisode remonte à plus de 80 ans.

C’était en 1934. Le 6 octobre, le président du gouvernement autonome de Catalogne, Lluis Companys, proclamait un « Etat catalan dans le cadre d’une République fédérale d’Espagne ».

« Catalans! » s’écriait-il alors depuis le balcon du siège du gouvernement catalan. « En cette heure solennelle, au nom du peuple et du Parlement, le gouvernement que je préside assume tous les pouvoirs en Catalogne, proclame l’Etat catalan de la République fédérale espagnole ».

La réponse du gouvernement ne s’était pas fait attendre: Le commandant militaire en Catalogne avait proclamé l’état de guerre. Les affrontements avaient fait entre 46 et 80 morts, selon les historiens.

Alors que la région menaçait depuis des semaines de faire sécession, le gouvernement de Mariano Rajoy a demandé aux sénateurs l’autorisation de déclencher l’article 155 de la Constitution – jamais appliqué jusqu’alors – qui permet de suspendre de facto l’autonomie de la région.

Il devait obtenir le feu vert du Sénat dans l’après-midi.

Les conséquences de la déclaration d’indépendance comme de la mise sous tutelle de la région par l’Etat sont incalculables.

Inquiètées par l’insécurité juridique, plus de 1.600 sociétés ont déjà décidé de transférer leur siège social hors de Catalogne, agitée depuis des semaines par des manifestations pour et contre l’indépendance.

Elle avait aussi inquiété l’Europe qui, il y a à peine une semaine, a voulu exprimer son soutien au gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, en dépêchant le trio qui incarne ses institutions à Oviedo (nord-ouest), pour recevoir un prix de la Concorde: Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, Antonio Tajani, président du parlement européen et Donald Tusk, président du Conseil européen.

« N’élevons pas de frontières entre Européens. (…) Trop souvent par le passé, la perspective de changer les frontières a été présentée comme une panacée divine et s’est transformée en un chaos infernal », avait déclaré M. Tajani.

– ‘Mandat’ –

La déclaration d’indépendance va pourtant à l’encontre des souhaits d’une grande partie des Catalans, au moins la moitié selon les sondages, qui veulent rester dans le royaume d’Espagne.

Lors des dernières régionales, en 2015, les indépendantistes avaient obtenu 47,8% des suffrages.

Les partis séparatistes présentent comme un « mandat » les résultats – invérifiables – du référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre, qui avait été émaillé de violences policières: 90% de « oui » à la sécession, avec 43% de participation.

L’article 155 est une mesure délicate à appliquer.

Pour la Catalogne, il suppose un recul important, qui rappellerait la dictature de Francisco Franco (1939-1975) pendant laquelle elle avait été privée de cette autonomie.

Le gouvernement espagnol affirme cependant qu’il veut uniquement en faire usage pour « restaurer l’ordre constitutionnel », pendant six mois, face aux menaces de sécession des indépendantistes. Il promet d’y organiser des élections au plus vite, dans un délai de six mois maximum.

Mais la mesure choque d’autant plus localement que c’est justement autour du débat sur les compétences de la Catalogne, meurtrie par l’annulation partielle en 2010 par la justice d’un statut lui conférant de très larges pouvoirs, que s’est nouée la crise actuelle.

Romandie.com avec(©AFP / 27 octobre 2017 16h03)