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Espagne: Rajoy destitue le gouvernement Catalan au bord de la sécession

octobre 21, 2017

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, le 21 octobre 2017 à Madrid / © AFP / GABRIEL BOUYS

Le chef du gouvernement espagnol a annoncé samedi la destitution de l’exécutif catalan de Carles Puigdemont et la convocation d’élections régionales dans les six mois, afin de reprendre le contrôle de la Catalogne au bord de la sécession.

Invoquant l’article 155 de la Constitution, jamais encore utilisé, Mariano Rajoy a demandé au Sénat de lui confier la faculté de dissoudre le parlement catalan, afin de « convoquer des élections dans un délai maximum de six mois ».

M. Rajoy demande aussi que tout le gouvernement catalan présidé par Carles Puigdemont soit démis de ses fonctions, qui seront exercées « en principe par les ministères (nationaux) aussi longtemps que durera cette situation exceptionnelle ».

« Ni l’autonomie catalane ni la gouvernance autonome ne sont suspendues », a affirmé Mariano Rajoy, pour tenter de rassurer des Catalans très attachés à leur utonomie récupérée après la fin de la dictature de Francisco Franco en 1975.

Il s’agit seulement selon lui de destituer « les personnes qui ont placé ce gouvernement hors la loi », en faisant voter des lois contraires à la constitution espagnole et au statut d’autonomie de la Catalogne.

Ces mesures doivent être approuvées au Sénat, fin octobre, où le parti du Premier ministre est majoritaire. Il s’est assuré de l’appui du parti socialiste (PSOE), principale force d’opposition, et des centristes de Ciudadanos, et o.

Mariano Rajoy prétend revenir à la légalité en Catalogne, rétablir la coexistence dans une communauté qui s’est déchirée depuis des mois sur la question de l’indépendance, et préserver le redressement économique dans une des régions les plus riches d’Espagne.

Le gouvernement séparatiste de Catalogne n’a pas laissé à Madrid d’autre choix, selon lui. « Le gouvernement a été obligé d’appliquer l’article 155 de la Constitution. Ca n’était ni notre souhait, ni notre intention », a-t-il expliqué.

– Risque de mobilisation populaire –

Carles Puigdemont doit faire une déclaration à 21H00 (19H00 GMT), selon un porte-parole officiel de la Generalitat, le gouvernement catalan.

L’ambiance est tendue en Catalogne, où une manifestation est prévue à 17H00 (15H00 GMT) à Barcelone pour réclamer la libération de deux leaders indépendantistes emprisonnés pour sédition.

La mobilisation populaire risque d’être importante avec l’annonce de la destitution du gouvernement régional en place depuis 2016.

« Tout cela va rentrer dans l’ordre, sans faire davantage de tort à qui que ce soit », a assuré Rajoy.

La veille, le roi d’Espagne avait affirmé que l’Etat saurait faire face à cette « tentative inacceptable de sécession (…) avec ses institutions démocratiques légitimes » alors que le pays traverse la pire crise depuis la fin de la dictature de Francisco Franco en 1975.

M. Puigdemont et son cabinet indépendantiste affirment avoir un mandat pour faire sécession, après avoir organisé un référendum d’autodétermination interdit par la justice, un processus déclenché en novembre 2015 avec pour objectif d’instaurer une république indépendante au plus tard en 2017.

D’après eux, plus de deux millions de Catalans, soit 43% de l’électorat, ont voté à 90% oui à l’indépendance malgré des interventions parfois violentes de la police pour les en empêcher.

L’aile dure de la coalition pousse Carles Puigdemont à consommer la rupture mais cet ancien journaliste de 54 ans temporise devant l’impact économique de la crise et le manque d’appuis à l’étranger.

La France et l’Allemagne ont fermement condamné ses efforts en vue de la sécession et l’UE répète qu’elle ne reconnaîtra pas l’indépendance de la Catalogne, qui quitterait automatiquement l’Union.

Vendredi, le président du Parlement européen Antonio Tajani avait dénoncé avec virulence ceux qui « sèment la discorde (et) ignorent volontairement les lois », dans une allusion transparente aux dirigeants catalans qui défient l’Etat depuis deux ans.

Emmenées par les deux plus grandes banques catalanes, Caixabank et Sabadell, près de 1.200 entreprises ont transféré leur siège social hors de Catalogne, les investissements sont suspendus et les réservations d’hôtel chutent dans la région la plus touristique d’Espagne.

Romandie.com avec(©AFP / 21 octobre 2017 15h16)                

Espagne: Madrie que la crise en Catalogne menace la croissance

octobre 13, 2017

Un couple se promène dans le port de Barcelone le 13 octobre 2017 / © AFP / JORGE GUERRERO

Le gouvernement espagnol a averti vendredi que la crise en Catalogne pourrait l’amener à revoir à la baisse sa prévision de croissance pour 2018, renforçant encore la pression sur le leader séparatiste, Carles Puigdemont, déjà aux prises avec la faction la plus dure de son propre camp.

« Les événements en Catalogne mettent en péril la reprise économique », a déclaré la vice-présidente du gouvernement conservateur, Mme Soraya Saenz de Santamaria, à la sortie d’un conseil des ministres.

Madrid tablait jusqu’à présent sur une croissance de 2,6% en 2018. « S’il n’y avait pas une solution rapide à cette affaire, nous serions obligés de revoir à la baisse » ce chiffre, a averti Mme Santamaria.

« Quand l’incertitude s’installe, la facture est toujours payée par les citoyens de Catalogne, les entreprises et les travailleurs », a-t-elle insisté, appelant les séparatistes à opérer un retour à la « normalité institutionnelle ».

Le leader séparatiste Carles Puigdemont a déclaré unilatéralement l’indépendance de la Catalogne mardi, avant de la suspendre aussitôt pour laisser une chance au « dialogue » avec Madrid.

Rejetant toute médiation, le gouvernement espagnol lui a donné jusqu’à jeudi prochain pour faire machine arrière. Dans le cas contraire, Madrid annoncera les mesures nécessaires pour suspendre l’autonomie de la Catalogne, un acte inédit depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne et susceptible de mettre le feu aux poudres.

Depuis cet ultimatum, le leader séparatiste est pris entre deux feux. Avec d’un côté les milieux d’affaires qui prédisent une « catastrophe » en cas de divorce d’avec Madrid. Et, de l’autre, la frange la plus dure des indépendantistes qui réclame un passage en force.

– Mouvement irréversible –

« Nous ne serons capables de respecter ce que la majorité a exprimé dans les urnes qu’à travers une proclamation de la République », a averti vendredi dans une lettre ouverte la CUP, allié d’extrême gauche de l’exécutif catalan, dont certains membres s’étaient sentis « trahis » par le discours ambigu de M. Puigdemont mardi.

Les séparatistes affirment avoir gagné le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre avec 90% des voix et 43% de participation.

L’influente association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC) a également pressé M. Puigdemont d’aller de l’avant « face au rejet par l’Etat espagnol de toute proposition de dialogue ».

Carles Puigdemont, qui hormis quelques tweets s’est fait discret depuis mardi, n’a pas réagi à ces injonctions. Concernant la situation économique, il avait déclaré mardi que la décision de dizaines d’entreprises de transférer leur siège social hors de Catalogne n’avait « pas un véritable impact sur notre économie ».

Mais du côté des milieux d’affaires, le ton est tout autre. Ils sont nombreux à craindre un mouvement irréversible et une répétition du scénario au Québec lorsque, après l’arrivée au pouvoir des indépendantistes en 1976, plus de 200 entreprises avaient déménagé leurs sièges sociaux en quelques mois, pour ne jamais revenir.

– Le tourisme touché –

« C’est une catastrophe pour la Catalogne et son économie. Je doute fortement qu’une seule entreprise revienne avant au moins trois à cinq ans de stabilité absolue », s’alarme Juan Ignacio Sanz, spécialiste des questions bancaires à l’Ecole de Commerce de Barcelone ESADE.

Jeudi, l’agence de notation Standard and Poors (SP) a même pointé le risque d’une récession en cas de crise prolongée dans cette région qui est, avec 19% du PIB espagnol en 2016, l’une des plus riches d’Espagne mais aussi l’une des plus endettées, à hauteur de 35,4% de son PIB.

L’impact sur le tourisme commence à se faire sentir en Catalogne, qui accueille un visiteur sur quatre en Espagne. Dans certains hôtels de Barcelone, les prix des chambres ont chuté de moitié. La vice-présidente du gouvernement a fait état vendredi d’une « chute spectaculaire » de « 20 à 30% sur les réservations à Barcelone ».

Selon le journal économique en ligne El Confidencial, l’ouverture fin février dans cette ville du Congrès mondial de la téléphonie mobile (MWC), le plus grand salon du genre dans le monde et source majeure de revenus pour Barcelone, est susceptible d’être retardée.

« Nous continuons à surveiller les événements en Espagne et en Catalogne et à évaluer tout impact potentiel », a réagi une porte-parole du Congrès, interrogée par l’AFP, sans démentir l’information.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 16h06)                

Catalogne: les dirigeants séparatistes défient le roi et son discours de fermeté

octobre 4, 2017

Le président indépendantiste de la région catalane, Carles Puigdemont, le 2 octobre 2017 à Barcelone / © AFP / LLUIS GENE

Les dirigeants indépendantistes de Catalogne ont relancé la mise mercredi en annonçant qu’ils allaient proclamer leur indépendance dans les prochains jours, malgré la mise en garde sans précédent du roi Felipe VI qui les a accusés de se montrer « déloyaux ».

Depuis le « référendum d’autodétermination » organisé dimanche en Catalogne, marqué par des violences policières, Madrid et Barcelone n’ont cessé de durcir le ton. Dans cette crise, la plus grave depuis la tentative de putsch de 1981, aucun des deux camps ne semble prêt à céder du terrain.

Galvanisé par le référendum qu’il estime avoir remporté, une grève générale et des manifestations qui ont réuni mardi 700.000 personnes à Barcelone contre les violences, le président du gouvernement catalan Carles Puigdemont doit s’exprimer à 21h00 (19h00 GMT).

Il a auparavant assuré que son gouvernement s’apprêtait à déclarer l’indépendance « à la fin de la semaine ou au début de la semaine prochaine ».

« Nous allons déclarer l’indépendance 48 heures après le décompte des résultats officiels » du référendum, a-t-il dit à la BBC.

La crise catalane doit aussi être abordée mercredi lors d’un débat au Parlement européen.

D’après les résultats provisoires, le oui à l’indépendance l’a emporté avec 90% des votants dans ce scrutin sans liste électorale et sans observateurs.

Dans sa première réaction mardi soir au vote, une allocution d’une fermeté inédite, le roi Felipe VI a accusé le gouvernement régional catalan d’avoir bafoué « de façon répétée (…) et délibérée » la Constitution et de « mettre en danger la stabilité » de la Catalogne et de toute l’Espagne.

Il a fustigé les dirigeants catalans et leur « déloyauté inadmissible ».

Son discours, martelant qu’il est de « la responsabilité des pouvoirs légitimes de l’Etat d’assurer l’ordre constitutionnel », ouvre la voie à de nouvelles mesures du gouvernement de Mariano Rajoy contre les dirigeants indépendantistes.

– ‘Huile sur le feu’ –

M. Rajoy, silencieux depuis dimanche soir, n’avait pas réagi mercredi à la mi-journée. Mais il pourrait notamment invoquer l’article 155 de la Constitution, jamais encore utilisé, qui permet de prendre le contrôle des institutions catalanes.

Un groupe de Catalans anti-indépendantistes, appuyé par le Parti populaire (conservateur) au pouvoir à Madrid, a appelé « tous les Catalans qui ne sont pas d’accord » à manifester dimanche à Barcelone.

Pour sa part, le porte-parole du gouvernement catalan Jordi Turull a accusé le roi d’avoir « jeté de l’huile sur le feu » avec son discours.

La première réaction de l’Etat après l’allocution royale a été la convocation « en vue de leur inculpation » du chef de la police catalane Josep Lluis Trapero ainsi que d’une de ses subalternes et des dirigeants des deux principales associations indépendantistes, dans le cadre d’une « enquête pour sédition ».

L’enquête porte sur des faits survenus le 20 septembre, lorsque l’arrestation de 14 hauts responsables de l’exécutif séparatiste catalan avait provoqué d’importantes manifestations à Barcelone. La police catalane a été accusée d’avoir tardé à intervenir pour dégager des Gardes civils encerclés dans un bâtiment après une perquisition.

La sédition est passible de quinze ans de prison pour un fonctionnaire.

Les Mossos d’Esquadra, que dirige M. Trapero, ont rétorqué sur Twitter qu’ils n’avaient fait qu' »obéir aux ordres de la justice et du parquet ».

Avant le référendum, le procureur général d’Espagne n’avait pas non plus exclu l’arrestation de Carles Puigdemont.

– ‘Plus notre roi’ –

Jusqu’à présent, M. Puigdemont et son équipe ont résisté à toutes les pressions du gouvernement de Madrid, ignorant les décisions de justice et préparant en secret le référendum que celui-ci avait juré d’empêcher.

Les images des interventions brutales de policiers casqués pour fermer des bureaux de vote, faisant au moins 92 blessés, ont fait le tour de la planète et indigné les Catalans de tous bords.

Le gouvernement catalan « a l’initiative, et le gouvernement central court derrière en essayant maladroitement de boucher les trous », a estimé Antonio Torres del Moral, professeur de droit constitutionnel à l’Université d’enseignement à distance (UNED).

Une grande majorité de Catalans (80% selon les sondages) souhaite un référendum légal. En revanche ils sont partagés sur la sécession: le dernier sondage des autorités catalanes, publié en juillet, montrait que les adversaires de l’indépendance restaient plus nombreux que ses partisans (49,4% contre 41,1%).

Mais les violences policières ont creusé le fossé entre Madrid et cette région où vivent 16% des Espagnols et le discours du roi a été mal reçu à Barcelone.

« Il sait déjà qu’il n’est plus notre roi. Il parle comme si nous ne faisions plus partie de l’Espagne », a martelé Trinidad Garcia, éducatrice de 49 ans.

La crise influait sur la bourse espagnole. L’indice Ibex 35 abandonnait 2,30% à la mi-journée et les banques catalanes CaixaBank et Banco de Sabadell perdaient respectivement 6,22% et 6,34%.

Romandie.com avec(©AFP / 04 octobre 2017 14h47)                

Le Parlement européen débattra mercredi de la situation en Catalogne

octobre 2, 2017

Strasbourg – Les députés européens ont décidé lundi d’ajouter à leur ordre du jour de mercredi un débat consacré à la situation en Catalogne, marquée par des violences policières lors du référendum d’autodétermination dimanche.

Ce débat d’urgence aura lieu mercredi après-midi à Strasbourg, a annoncé le président du Parlement, Antonio Tajani, après un vote sur cette question organisé en ouverture de la session plénière.

Sur proposition de trois des principaux groupes politiques au Parlement – les conservateurs, les socialistes et les libéraux -, ce débat aura pour thème: « Constitution, Etat de droit et droits fondamentaux en Espagne, à la lumière des récents événements en Catalogne ».

Cet intitulé a été approuvé par les députés lors d’un vote à main levée. Il a été préféré à un titre plus critique envers Madrid, qu’avaient proposé les Verts: « Violences policières contre des citoyens pacifiques en Catalogne ».

Cette décision du Parlement européen de bousculer son ordre du jour survient alors que la Commission européenne est prudemment sortie lundi de sa réserve à propos de la crise catalane.

Tout en rappelant que le référendum de dimanche n’était « pas légal » au regard de la Constitution espagnole, le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas, a souligné que « la violence ne peut jamais être un instrument en politique ».

« Nous appelons tous les acteurs pertinents à passer rapidement de la confrontation au dialogue », a-t-il dit.

Le Parlement régional catalan pourrait proclamer dans les jours à venir l’indépendance de la riche région du nord-est de l’Espagne, à la suite du référendum qui s’est soldé par 90% de « oui » à l’indépendance, avec un taux de participation de 42,3%.

Cette consultation, que Madrid a tenté d’empêcher, a plongé le pays dans l’une de ses plus graves crises depuis le retour à la démocratie.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2017 18h02)                                            

Espagne: la police tente d’empêcher par la force le référendum en Catalogne

octobre 1, 2017

Heurts entre la police et des partisans de l’indépendance de la Catalogne devant le bureau de vote de Ramon Llull à Barcelone le 1er octobre 2017 / © AFP / Fabio Bucciarelli

 

La police espagnole a fait usage de la force dimanche pour empêcher des milliers de Catalans de voter lors du référendum interdit sur l’indépendance de leur région, faisant plus de 90 blessés, Madrid et Barcelone se renvoyant la responsabilité des incidents.

De Gérone à Figueras, des milliers de Catalans s’étaient massés dès l’aube pour faire barrage et protéger pacifiquement les installations de ce scrutin qui constitue, selon le quotidien El Pais, le « plus grand défi » de l’Etat espagnol depuis la mort de Franco en 1975.

Rapidement les policiers anti-émeutes ont forcé plusieurs bureaux de vote pour saisir bulletins de vote et urnes. A Barcelone, selon des témoins, ils ont tiré des balles en caoutchouc puis chargé à coups de matraques contre des milliers de personnes qui étaient descendues dans la rue pour participer au scrutin.

« Ils ont emporté six ou sept urnes (…). Ils sont entrés en défonçant la porte. Nous étions à l’intérieur en chantant l’hymne catalan et nous entendions des coups très violents sur la porte », a raconté Marc Carrasco, chargé d’un bureau de vote dans la capitale de cette riche région dont la sécession aurait des conséquences incalculables.

De son côté, le ministère de l’Intérieur a annoncé que 11 membres des forces de l’ordre avaient été blessés, certains ayant été visés par des jets de pierres.

Selon les services de santé régionaux, au total en Catalogne, 92 personnes ont été blessées, dont deux gravement – une victime d’un infarctus et une atteinte à l’oeil – dans des heurts entre la police et des partisans du référendum.

Des milliers de citoyens ont quand même réussi à voter, selon les images des télévisions. Les électeurs devaient répondre par « oui » ou par « non » à la question: « Voulez-vous que la Catalogne soit un Etat indépendant sous forme de république ? ».

Quelque 2.300 bureaux avaient été mis en place par l’exécutif régional pour permettre aux 5,3 millions de Catalans de voter mais le gouvernement espagnol avait annoncé la veille avoir mis sous scellés 1.300 bureaux. En fin de matinée, le gouvernement catalan assurait que 73% des bureaux restaient ouverts.

« Personne ne peut me voler mon vote et la satisfaction d’avoir voté, quoi qu’il arrive. J’ai même pleuré parce que cela fait des années que nous nous battons pour cela, et j’ai vu devant moi une femme de 90 ans qui votait en un siège roulant », a raconté à l’AFP dans le petit village de Llado Pilar Lopez, 54 ans.

Dans le quartier barcelonais de Nou Barris, Enrique Calvo, un retraité de 67 ans originaire d’une région voisine, lui n’a pas voté parce qu’il ne voulait pas donner de « légitimité » au scrutin. « C’est mal géré, tant par le gouvernement catalan que par le gouvernement central de Madrid ».

– Tribunes vides au Barça –

Dans l’après-midi, le silence régnait à Barcelone, troublé ponctuellement par le vrombissement d’hélicoptères, des cris de manifestants et des sirènes de police. Des dizaines d’hommes et de femmes faisaient la queue pour voter.

Signe du caractère exceptionnel de la situation dans un pays passionné de football, le Camp Nou du FC Barcelone n’a pas ouvert aux spectateurs en signe de protestation. Le club, « inquiet » par les heurts, a décidé de jouer à huis clos son match contre Las Palmas, la Ligue de football ayant refusé de reporter le match.

C’est donc sans ses milliers de spectateurs, massés en vain devant les grilles, que le Camp Nou a accueilli ce match de la 7e journée du Championnat d’Espagne. Et l’enceinte, considérée comme la plus grande d’Europe avec 99.000 places, sonnait étonnamment creux à chaque accélération du capitaine et quintuple Ballon d’Or Lionel Messi…

– Barcelone et Madrid se renvoient la responsabilité –

Le président indépendantiste de l’exécutif catalan Carles Puigdemont a dénoncé la « violence injustifiée » dont a fait usage la police nationale.

M. Puigdemont lui-même n’a pas pu voter comme prévu dans un centre sportif de sa ville de Gérone car des policiers sont entrés de force pour saisir le matériel électoral. Il est finalement allé dans un autre bureau proche de Gérone.

La numéro deux du gouvernement espagnol Soraya Saenz de Santamaria et le préfet de Catalogne Enric Millo l’ont pressé de mettre fin à la « farce » du référendum, le rendant responsable des éventuelles violences qui en découleraient.

Une sécession de la Catalogne, pesant 19% du PIB du pays, serait au saut dans l’inconnu, comparable à celui du Brexit déclenché par un référendum en juin 2016.

– Une majorité souhaitait un référendum légal –

Les habitants de la région, où l’indépendantisme gagne du terrain depuis le début des années 2010, sont divisés presque à parts égales sur l’indépendance. Mais les Catalans souhaitent majoritairement, à plus de 80%, un référendum d’autodétermination légal, selon les derniers sondages.

Ni les poursuites judiciaires ni les arrestations ou perquisitions n’ont dissuadé les indépendantistes de cette région où vivent 16% des habitants du pays d’organiser le scrutin qui, souligne Madrid, ne dispose ni de listes électorales transparentes, ni de commission électorale, ni de comptage des voix par un organisme impartial.

Lors d’un entretien avec l’AFP samedi Carles Puigdemont avait déclaré qu’en cas de victoire du oui il y aurait des « décisions politiques » qui pourraient déboucher sur une déclaration d’indépendance.

Romandie.com avec(©AFP / 01 octobre 2017 19h08)                

Catalogne: des pays européens appellent leurs ressortissants à la prudence

septembre 29, 2017

Berlin – Des pays européens ont appelé vendredi leurs ressortissants à la prudence avant la tenue dimanche d’un référendum interdit sur l’indépendance de cette région d’Espagne.

Le ministère allemand des Affaires étrangères a modifié sur son site internet ses recommandations pour les voyageurs et conseille aux Allemands se trouvant en Catalogne « de suivre les médias locaux, d’éviter les grands rassemblements (…) et de suivre à la lettre les recommandations des forces de l’ordre ».

« Une escalade ne peut pas être exclue », insiste le ministère.

« Evitez les manifestations. Soyez vigilants », a prévenu de son côté le ministère néerlandais. Mêmes mises en garde en provenance de Londres.

La veille, le ministère des Affaires étrangères français avait déjà recommandé de « rester à l’écart d’éventuels mouvements de foule ».

L’Espagne vit depuis le début du mois de septembre l’une de ses pires crises depuis presque 40 ans.

Le 6 septembre, le Parlement catalan a voté une loi pour organiser un référendum sur l’indépendance malgré son interdiction par la Cour constitutionnelle.

Le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy et la justice sont décidés à empêcher le vote quitte à faire bloquer l’accès aux bureaux par les forces de l’ordre.

La Cour d’appel de Catalogne, emboîtant le pas au parquet, a ordonné mercredi à la police régionale, à la police nationale et à la Garde civile de faire fermer les bureaux de vote qui seraient utilisés pour ce référendum, interdit par la Cour constitutionnelle.

De leur côté, des militants séparatistes s’apprêtaient à occuper certains bureaux pour éviter leur mise sous scellés.

Romandie.com avec(©AFP / 29 septembre 2017 18h09)                                            

Espagne-attentats: un suspect admet que la cellule préparait une attaque plus importante

août 22, 2017

Madrid – L’un des quatre suspects encore en vie des attentats en Catalogne, Mohamed Houli Chemlal, a admis devant un juge mardi que la cellule préparait un attentat de plus grande envergure, a-t-on appris de source judiciaire.

Le suspect a confirmé devant le juge d’instruction ses déclarations en garde à vue, selon lesquelles la cellule préparait un attentat plus important que les deux attaques de Barcelone et Cambrils, jeudi et vendredi. Elles ont fait 15 morts et plus de 120 blessés.

Mohamed Houli Chemlal blessé dans la déflagration de la maison d’Alcanar où la cellule aurait préparé les attaques, est à ce titre un suspect clef pour les enquêteurs: il est le seul en vie dont on sait avec certitude qu’il avait séjourné dans cette maison et qui puisse raconter ce que les suspects y faisaient.

« Sur les quatre personnes que nous avons en garde à vue, évidemment toutes sont interrogées et certains ont apporté des informations intéressantes », avait déclaré dimanche le chef de la police de Catalogne, le major Josep Lluis Trapero, laissant entendre que certains des détenus avaient parlé.

Jusqu’à lundi, la police catalane s’était d’ailleurs bien gardée de révéler son identité et elle était restée très discrète sur lui.

Sous les décombres, les policiers avaient découvert 120 bombonnes de gaz et des traces de substances habituellement utilisées pour fabriquer du TATP, un explosif prisé par le groupe Etat islamique (EI) qui a revendiqué les attentats.

Selon la police l’explosion a peut-être privé les auteurs des attaques des moyens de perpétrer des attentats beaucoup plus sanglants.

L’AFP n’était pas en mesure mardi de contacter l’avocat du prévenu, commis d’office, et dont l’identité n’a pas été diffusée par la justice.

Romandie.com avec(©AFP / 22 août 2017 16h32)                                            

Attentats en Catalogne: Younes Abouyaaqoub, principal suspect de la tuerie de Barcelone, a été abattu par la police

août 21, 2017

Photos de Younes Abouyaaqoub, diffusées par la police espagnole le 21 août 2017. © Police espagnole

 

Younès Abouyaaqoub, auteur présumé de l’attentat de Barcelone, a été abattu lundi à Subirats. Le Marocain portait une ceinture d’explosifs factice lors de sa localisation par la police, qui a confirmé l’information en fin de journée.

Sa cavale n’aura duré que quelques jours. L’homme considéré comme le conducteur du véhicule ayant foncé dans la foule à Barcelone le 17 août a été abattu lundi 21 août par les forces de l’ordre espagnoles à Subirats, une commune de la province de Barcelone, située sur les hauteurs de la capitale catalane. Les forces de l’ordre ont officialisé l’information.

Selon des sources policières citées par le journal El País, Younès Abouyaaqoub portait, au moment où les policiers ont tenté de l’interpeller, une fausse ceinture d’explosifs. Les autorités espagnoles avaient auparavant confirmé que le Marocain était bien le principal auteur de la tuerie de Barcelone et avaient diffusé sa photographie.

Un des membres d’une filière marocaine

Younès Abouyaaqoub n’était qu’un des Marocains impliqués dans les attaques du 17 août en Catalogne. La police espagnole a en effet mis au jour une cellule d’une douzaine de personnes, dont quatre fratries, originaires du royaume chérifien. Cinq terroristes avaient déjà été abattus dès la soirée du 17 août, lors de la seconde attaque perpétrée par les terroristes à Cambrils.

Deux Marocains sont toujours officiellement recherchés : Abdelbaki Es Satty, imam suspecté d’avoir radicalisé les membres de la cellule, et Youssef Aalla, dont deux frères sont également impliqués dans les attaques. Les deux hommes pourraient toutefois avoir trouvé la mort dans l’explosion d’une maison d’Alcanar, dans laquelle les jihadistes semblaient confectionner leurs explosifs. Des analyses ADN sont toujours en cours.

Jeuneafrique.com

Attentats en Espagne: des victimes de 34 nationalités

août 18, 2017

Un dessin en hommage aux victimes de l’attentat de Barcelone, le 18 août 2017 dans la capitale catalane / © AFP / Pascal GUYOT

Les victimes des attentats perpétrés jeudi et vendredi en Catalogne sont d’au moins 34 nationalités: treize personnes ont été tuées dans l’attaque à Barcelone et une quatorzième a succombé à ses blessures dans l’attentat de Cambrils, et les deux attaques ont fait plus de 100 blessés.

– Les victimes sont de nationalité allemande, algérienne, argentine, australienne, autrichienne, belge, marocaine, canadienne, chinoise, colombienne, cubaine, équatorienne, égyptienne, espagnole, américaine, philippine, française, britannique, grecque, néerlandaise, taïwanaise, hondurienne, roumaine, hongroise, irlandaise, italienne, koweïtienne, macédonienne, mauritanienne, pakistanaise, péruvienne, dominicaine, turque et vénézuélienne, selon un bilan « provisoire » de la protection civile catalane.

– ATTAQUE A BARCELONE:

+ Les morts:

– ITALIE : deux Italiens ont été tués et trois blessés, selon le ministère italien des Affaires étrangères.

Le ministère n’a pas précisé l’identité des victimes, mais la branche italienne de l’entreprise informatique Tom’s Hardware a annoncé sur son site internet la mort d’un de ses employés, Bruno Gulotta, 35 ans, heurté de plein fouet alors qu’il marchait aux côtés de sa compagne et de leurs deux jeunes enfants.

– BELGIQUE: une femme de nationalité belge et originaire de Tongres (est, partie néerlandophone) a été tuée. Elle était en vacances à Barcelone avec sa famille.

– PORTUGAL: une femme figure parmi les tués, a indiqué une porte-parole du secrétariat d’Etat portugais.

+ Les blessés –

– FRANCE: 26 Français ont été blessés, dont au moins onze gravement, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Le ministre français de l’Intérieur Gérard Collomb a évoqué de son côté « des chiffres un peu plus importants sur le nombre de blessés graves, peut-être autour de 17 ».

– ALLEMAGNE/GRECE: au moins « 13 ressortissants allemands ont été blessés » lors de l’attentat de Barcelone, « certains gravement et si gravement qu’ils se battent pour leur vie », a déclaré le porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères Martin Schäfer. Il a ajouté: « nous ne pouvons pour le moment ni confirmer, ni exclure que des Allemands se trouvent parmi les morts ».

De son côté, le consulat honoraire grec à Barcelone a annoncé qu’une mère de famille de nationalité allemande a été hospitalisée dans un état grave.

Ses deux enfants de nationalité gréco-allemande ont été blessés plus légèrement, selon la même source.

– BELGIQUE: deux Belges ont été hospitalisés, dont un dans un état grave, selon le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

– GRANDE-BRETAGNE : « quelques » Britanniques ont été blessés dans les attaques, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale.

– IRLANDE: une famille de quatre personnes – un couple et ses deux enfants – ont été touchés par l’attentat. Le père, blessé au genou, et son fils – âgé de cinq ans et qui souffre d’une fracture à la jambe – sont toujours à l’hôpital, a indiqué le ministère irlandais des Affaires étrangères.

– PAYS-BAS: trois Néerlandais ont été blessés. « Ils sont hors de danger et ont été pris en charge à l’hôpital », a fait savoir le ministre des Affaires étrangères Bert Koenders dans un communiqué.

– RUSSIE: une femme russe a été « blessée légèrement », a indiqué dans un communiqué l’agence russe pour le Tourisme (Rostourisme). « Elle a reçu de l’aide médicale sur place, sans être hospitalisée ».

– ROUMANIE: deux hommes, âgés de 33 et 42 ans, et de nationalité roumaine ont été blessés, et sont dans un état stable. Un autre homme de nationalité roumaine a été légèrement blessé et a déjà quitté l’hôpital.

– AUTRICHE: une Autrichienne a été « légèrement » blessée.

– HONGRIE: une femme a été légèrement blessée et a déjà quitté l’hôpital.

– MACEDOINE: un ressortissant macédonien a été blessé et a été hospitalisé pour une fracture à la jambe, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères à Skopje.

– TURQUIE: un homme d’affaires turc âgé de 33 ans est hospitalisé pour des blessures aux jambes. Sa vie n’est pas en danger.

– ASIE: deux ressortissants de Taïwan ont été « gravement blessés » et ont été hospitalisés.

Un ressortissant de Hong Kong a de son côté été légèrement blessé et a déjà quitté l’hôpital.

– ATTENTAT A CAMBRILS (nord-est de l’Espagne): un mort et plusieurs blessés:

+ Peu après minuit, quelques heures après l’attentat à Barcelone, une voiture a renversé des passants sur la promenade de la mer. Elle a percuté une voiture des Mossos d’Esquadra – la police catalane – et une fusillade a éclaté, selon le gouvernement régional.

Une femme a succombé à ses blessures, a annoncé vendredi la protection civile catalane. Cinq personnes ont également été blessées, dont un policier.

Au cours de l’opération, « cinq terroristes présumés » ont été abattus par la police.

Romandie.com avec(©AFP / 18 août 2017 14h41)

Six civils et un policier sont blessés dans un second attentat en Espagne

août 17, 2017

Des policiers espagnols en armes à Barcelone après l’attaque sur les Ramblas, le 17 août 2017 / © AFP / PAU BARRENA

Six civils et un policier ont été blessés tôt vendredi quand des « terroristes présumés » ont foncé dans la foule dans une station balnéaire de Catalogne (nord-est de l’Espagne), avant d’être abattus par la police, quelques heures après un attentat qui a fait 13 morts à Barcelone.

La voiture a fauché des piétons vers 02H00 du matin (00H00 GMT) sur la promenade de bord de mer à Cambrils, une ville touristique à 120 km au sud de Barcelone, comme la camionnette qui jeudi avait descendu en trombe les Ramblas, une grande avenue de Barcelone bondée de touristes.

Un des civils blessés est dans un état critique, ont annoncé les services d’urgence de Catalogne sur leur compte Twitter.

Les cinq occupants de la voiture ont été tués, ont annoncé les Mossos d’Esquadra, la police régionale de Catalogne, région du nord-est de l’Espagne. Les Mossos avaient auparavant annoncé avoir abattu « quatre terroristes présumés » mais le cinquième est mort de ses blessures.

Certains d’entre eux portaient des ceintures d’explosifs, a ajouté un porte-parole des Mossos.

« Les terroristes présumés circulaient dans une Audi A3 et ont apparemment renversé plusieurs personnes avant de se heurter à une patrouille des Mossos d’Esquadra et la fusillade a commencé », a annoncé un porte-parole du gouvernement régional.

« Entre deux heures et deux heures et demie, nous étions sur la promenade de la plage. Nous avons entendu des tirs et pensé « ça doit être des fusées » mais c’était des coups de feu, a raconté à l’AFP Markel Artabe, 20 ans, employé dans un restaurant de Cambrils.

« J’ai vu une étrangère morte d’une balle dans la tête, ses amis criaient « Help », J’ai vu aussi d’autres morts qui semblaient être des terroristes parce qu’ils portaient des ceintures d’explosifs ».

La police a fait savoir sur son compte Twitter qu’elle considérait cette attaque comme liée à l’attentat qui a fait 13 morts et une centaine de blessés d’au moins 18 nationalités différentes jeudi à Barcelone.

Le conducteur de la camionnette meurtrière avait réussi à s’enfuir. Mais deux suspects ont été arrêtés dans deux autres localités de Catalogne, un Marocain du nom de Driss Oukabir et un Espagnol arrêté après l’explosion d’une maison dont les occupants préparaient apparemment un engin explosif selon la police.

Romandie.com avec(©AFP / 18 août 2017 04h57)