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Centrafrique : manifestations et violences, Bangui sous tension

octobre 8, 2014

Des soldats français patrouillent près d'une mosquée à Bangui, le 24 avril 2014.
Des soldats français patrouillent près d’une mosquée à Bangui, le 24 avril 2014. © AFP

De violentes manifestations et des pillages ont eu lieu mercredi matin à Bangui alors qu’une partie des anti-balaka demande la démission de la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza.

Détonations, manifestations et pillages… Bangui sent le soufre ce mercredi 8 octobre. En début de matinée, des détonations d’armes lourdes ont été signalées dans plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine, PK4 et PK5.

Dans le même temps, une manifestation hostile était organisée devant le siège de la Minusca (Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine). Des jeunes musulmans, certains armés, souhaitant dénoncer le lynchage de l’un des leurs mardi dans le quartier de Gobongo (4e arrondissement) ont pillé et détruit les commerces avoisinants. La Minusca est intervenue, dispersant la foule à coup de gaz lacrymogènes.

Bangui semble paralysée, situation aggravée par la grève menée par les conducteurs de taxis à la suite de l’assassinat de l’un d’entre eux.

Contexte politique tendu

Ces tensions interviennent dans un contexte politique particulièrement brûlant. Lundi, le leader d’une des deux franges des anti-balaka, Pierre-Éduard Ngaissona, a publié un communiqué appelant à la démission de Catherine Samba-Panza et donnant 48 heures aux ministres affiliés à sa milice pour quitter le gouvernement. Ces derniers devraient déposer leur démission aujourd’hui.

Rentrée la semaine dernière des États-Unis, la présidente de la transition se trouve placée dans une situation délicate. Elle s’est exprimée mardi devant les membres du Conseil national de transition, revenant notamment sur la gestion des fonds donnés par l’Angola.

« Cet argent a été utilisé pour assurer la sécurité du pays et la défense de la politique du chef de l’État, comme dans tous les pays du monde, a-t-elle déclaré. Le moment venu, je donnerai les éléments de réponse. Beaucoup seront surpris de la longue liste des bénéficiaires, dont ceux qui crient aujourd’hui au voleur, a assuré mardi la présidente, qui a déjà nié toute malversation dans cette affaire. »

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Jeuneafrique.com par Vincent DUHEM

Centrafrique: la présidente Catherine Samba Panza nie toute malversation

octobre 2, 2014

 

Centrafrique: la présidente Catherine Samba Panza nie toute malversation
Centrafrique: la présidente Catherine Samba Panza nie toute malversation © AFP

La présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba Panza, a nié avoir détourné de l’argent depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2014, dans une déclaration à la radio nationale mercredi soir.

Cette déclaration fait suite à des révélations du magazine Jeune Afrique paru le 29 septembre, évoquant la gestion « pour le moins opaque » d’un don de 10 millions de dollars accordé par l’Angola, qui a suscité l’inquiétude des bailleurs de fonds internationaux.

Mme Samba Panza a affirmé avoir rassuré à ce sujet la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) en marge de l’Assemblée générale de l’ONU la semaine dernière, où la communauté internationale a promis de nouvelles aides à la Centrafrique.

« Nous avons réglé ce problème » a affirmé la présidente, indiquant avoir proposé aux deux institutions financières d' »envoyer un audit pour venir voir si ces fonds ont été détournés ou mal utilisés ».

« Nous sommes en démocratie et toutes les opinions sont (. . . ) permises et peuvent s’exprimer. Cela dit, j’ai pour principe de laisser les choses mourir de leur propre poison, j’avance. Je me suis engagée avec détermination pour essayer d’apporter ma contribution au relèvement de mon pays, rien ne m’arrêtera », a-t-elle encore affirmé.

« J’ai besoin qu’au-delà de tout ce qui se raconte, ma population continue à espérer en moi, parce que c’est elle qui m’a permis d’être là où je suis, et je me battrai pour répondre à ses espérances », a-t-elle ajouté.

L’Angola avait annoncé début mars l’octroi d’une aide de 10 millions de dollars à la Centrafrique pour « soutenir le fonctionnement du gouvernement de transition et répondre à la crise humanitaire en cours ».

Selon les informations de Jeune Afrique, un quart de cette somme –distribuée en liquide par les autorités angolaises– aurait disparu dans la nature.

La Centrafrique, ancienne colonie française riche en diamants et en uranium, à l’histoire jalonnée de coups d’État, a plongé dans un chaos sans précédent début 2013 avec l’arrivée au pouvoir d’une coalition de rebelles à majorité musulmane, qui ont pillé et placé le pays en coupe réglée jusqu’à leur départ, en janvier 2014. Les troubles inter-communautaires

Le pays, dont l’économie est à genoux, vit depuis sous perfusion de l’aide internationale, notamment des pays de la région comme le Congo Brazzaville et l’Angola.

Jeuneafrique.com

Centrafrique : Samba-Panza, dos Santos et les 10 millions de dollars

octobre 1, 2014

Catherine Samba-Panza et Eduardo dos Santos, à Luanda, le 4 mars.
Catherine Samba-Panza et Eduardo dos Santos, à Luanda, le 4 mars. © DR

En mars, le président angolais José Eduardo dos Santos avait octroyé un don de 10 millions de dollars à son homologue centrafricaine Catherine Samba-Panza afin de renflouer son pays en faillite. Un quart de cette somme n’est pas entré dans les caisses de l’État. Simple oubli ?

Quand on préside – ne serait-ce que par intérim – aux destinées d’un pays pauvre, sinistré, instable et entièrement dépendant de l’aide financière et militaire étrangère, on se doit d’être irréprochable côté gouvernance. Cette leçon, Catherine Samba-Panza devrait la méditer alors que la Centrafrique vient de passer sous quasi-tutelle onusienne et que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale s’apprêtent à examiner son cas, début octobre, à Washington.

Au coeur des préoccupations des grands argentiers de la planète, qui devront décider s’ils accordent ou non un ballon d’oxygène aux finances exsangues du gouvernement centrafricain : la gestion, pour le moins opaque, d’une importante somme d’argent remise en main propre à la présidente Samba-Panza par son homologue angolais.

L’affaire date d’il y a sept mois. Le 4 mars 2014, Catherine Samba-Panza (CSP) se rend en urgence à Luanda. À Bangui, les caisses du Trésor sont vides et la chef de l’État, étranglée, doit absolument assurer le salaire des fonctionnaires, conformément à ses engagements. Son hôte, le président José Eduardo dos Santos, est riche, et il ne lui déplaît pas de prendre la relève du Congolais Denis Sassou Nguesso, qui, jusqu’ici, comblait seul, tel Sisyphe, les déficits sans fond de la Centrafrique.

Il se montre donc compréhensif et, après avoir longuement reçu CSP, s’engage sur un don de 10 millions de dollars (7,8 millions d’euros), dont la moitié lui est remise sur-le-champ, en liquide, dans des valisettes. Pourquoi en liquide ? Parce que l’Angola n’est pas membre de la zone franc, qu’un virement via Paris prendrait trop de temps et que Mme Samba-Panza est très pressée.

5 millions en cash

De retour à Bangui le lendemain, la présidente remet elle-même les 5 millions cash à trois personnes de confiance, avec pour consigne – aucune banque commerciale de Bangui ne disposant des liquidités nécessaires – d’aller les changer contre des francs CFA à Douala, au Cameroun.

Le ministre centrafricain des Finances, Rémi Yakoro, est curieusement tenu à l’écart de toute la transaction.

Le 6 mars, Mahamat Kamoun, conseiller spécial à la présidence (et actuel Premier ministre), Christelle Sappot, fille et chef de cabinet de CSP, et Robert Bokoyo, directeur adjoint du Trésor, se rendent dans la capitale économique du Cameroun et procèdent à l’opération de change auprès d’Ecobank. Le 8 mars, un peu plus de 2 milliards de F CFA (Ecobank empochant au passage une belle commission de 6 %) sont transférés sur le compte du Trésor centrafricain auprès de la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac). Jusqu’ici, tout va bien – si ce n’est que le ministre centrafricain des Finances, Rémi Yakoro, est curieusement tenu à l’écart de toute la transaction. Une bonne partie des fonctionnaires recevront, ce mois-là, leur salaire.

Quelques semaines plus tard – fin mars, début avril -, la deuxième tranche du don angolais, soit 5 millions de dollars cash, parvient à la présidence de Bangui via un émissaire. Et c’est là que le bât blesse. Le 28 avril, à la demande de Mahamat Kamoun, le directeur général du Trésor, Gabriel Madenga, se fait remettre par Christelle Sappot, la fille de CSP, la somme de 2,5 millions de dollars qu’il transfère aussitôt sur le compte centrafricain à la Beac, via Ecobank, dont l’agence banguissoise dispose, cette fois, des liquidités nécessaires en francs CFA.

« Disparition » de 1,132 milliards de F CFA

À nouveau, le ministre des Finances, pourtant unique ordonnateur des finances de l’État, est mis de côté. Il ne sera informé qu’a posteriori, deux jours plus tard, par un courrier du DG du Trésor. Une anomalie et une question évidente : quid de la seconde moitié de la seconde tranche, soit l’équivalent de 1,132 milliard de F CFA, un pactole à l’échelon centrafricain ? Pressée de questions par le FMI, qui a eu vent du don, et par la présidence angolaise, qui apprécie peu cette « disparition » d’une partie du magot, Catherine Samba-Panza charge son directeur de cabinet, Joseph Mabingui, de réagir.

En guise de réponse, ce dernier confectionne un tableau  daté du 14 juillet 2014, dans lequel il est « expliqué » que l’argent manquant a été utilisé sous forme de « fonds politiques » et réparti entre le Premier ministre de l’époque, André Nzapayeké, la présidente et des chapitres aux intitulés aussi vagues (« composantes de la société civile », « assistance sociale et humanitaire », « actions gouvernementales »…) qu’incontrôlables.

Samba-Panza plaide la bonne foi

Il va de soi que la procédure normale en la matière, qui veut que ces fonds de souveraineté doivent d’abord être inclus et comptabilisés au sein du compte courant du Trésor à la Beac avant d’en ressortir, n’a absolument pas été respectée. Face aux bailleurs de fonds internationaux, mais aussi à José Eduardo dos Santos, qui l’a convoquée le 20 août à Luanda pour une brève séance d’explications, et Denis Sassou Nguesso, qui ne cache plus l’agacement qu’elle lui inspire, la présidente par intérim a plaidé la bonne foi et (encore) l’urgence de la situation, sans lever pour autant les soupçons qui pèsent quant à l’utilisation des 2,5 millions de dollars.

En visite à New York mi-­septembre en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, Catherine Samba-Panza a décrit avec des mots justes et émouvants la situation catastrophique dans laquelle se trouve son pays. Elle ne parlait pas, on l’aura compris, de sa propre gestion.


Le justificatif des dépenses portant sur 2,5 millions de dollars, présenté aux bailleurs de fonds par la présidence centrafricaine.

Jeuneafrique.com par François Soudan

Catherine Samba-Panza menace de licenciement les ministres incapables

août 29, 2014
Catherine Samba-Panza menace de licenciement les ministres incapables

Catherine Samba-Panza menace de licenciement les ministres incapables

La présidente de la Transition en Centrafrique, Catherine Samba-Panza a exhorté au travail les membres du nouveau Gouvernement centrafricain dirigé par le Premier ministre,Kamoun Mahamat, avant d’avertir qu’elle procédera à une évaluation de leurs actions au bout de trois mois et que ceux qui n’auront répondu aux attentes placées en eux ‘’seront remerciés’’.

 »Le travail de tous les membres du gouvernement sera évalué au bout de trois mois. Ceux qui n’auront pas démontré leur capacité à diriger un département ministériel seront remerciés », a notamment dit Catherine Samba-Panza, dans un message d’orientation au gouvernement Kamoun, lors du premier Conseil des ministres tenu jeudi au palais de la renaissance à Bangui.

 »La tâche de chaque membre du gouvernement, a-t-elle ajouté, est lourde au regard des nombreuses attentes de la population. Comme vous le savez, tout est prioritaire et par conséquent il n’y aura pas de période de grâce pour les membres du gouvernement ».

Parlant des priorités du Gouvernement Kamoun, Catherine Samba-Panza a énuméré la poursuite de la mise en application de la feuille de route telle qu’elle a été adoptée par le Conseil national de transition.

A ce propos, elle a cité ‘’la sécurité, l’action humanitaire, la restauration de l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue du territoire, la relance de la machine économique et administrative, la mobilisation des ressources internes ainsi que le processus électoral ».

Selon Mme Samba-Panza, les priorités du gouvernement Kamoun portent aussi sur les conclusions du forum de Brazzaville qui devraient mener à l’organisation dans les seize préfectures de la Centrafrique à des consultations relatives à la réconciliation nationale et la tenue du dialogue national.

 »La mise en œuvre urgente et efficace de ces priorités nécessite un engagement patriotique et républicain de tous. J’exhorte tous les membres du gouvernement à se désengager de leur attachement partisan et autres afin de se mettre à la disposition de la république », a-t-elle dit.

Apanews.net

Centrafrique : Mahamat Kamoun a formé son gouvernement

août 22, 2014
Mahamat Kamoun, le nouveau Premier ministre centrafricain. © AFP

Mahamat Kamoun, le nouveau Premier ministre centrafricain. © AFP

Quelques heures après le discours à la nation de la présidente de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, au cours duquel elle a confirmé Mahamat Kamoun au poste de Premier ministre, celui-ci a annoncé vendredi avoir formé la nouvelle équipe gouvernementale.

Malgré les critiques, Catherine Samba-Panza n’a pas fléchi. Au lendemain de son retour de Luanda où elle a rencontré les autorités angolaises, la présidente de la transition a confirmé, le 22 août, son choix de nommer Mahamat Kamoun pour former un « gouvernement élargi » en Centrafrique, lors d’un discours à la nation prononcé en sango. Elle avait demandé au nouveau Premier ministre de rendre public son équipe gouvernementale au plus tard dans la soirée.

Dans la foulée, Mahamat Kamoun est passé sur les ondes de la radio nationale pour annoncer le nouveau gouvernement. Celui-ci est composé d’une trentaine de ministres dont deux portefeuilles d’État occupés par Marie Noëlle Ande Koyara (Travaux publics) et Aristide Sokambi (Défense nationale). Contacté par Jeune Afrique, ce dernier s’est réjoui « de voir le gouvernement tant attendu par les Centrafricains être enfin mis en place », espérant que cela mette fin aux « supputations diverses » et au « blocage ». « Il est temps de se mettre au travail pour le retour de la paix dans le pays », a-t-il ajouté.

Fin du blocage ?

Pourtant, à en croire des sources diplomatiques centrafricaines à Paris, jusqu’à la dernière minute, « il n’était pas exclu de voir la présidente Catherine Samba-Panza nommer un autre homme afin de mettre fin au blocage ». Des tractations étaient engagées avec le Conseil national de transition pour trouver la « solution la plus adaptée ». D’autant que le président du Conseil, Alexandre Ferdinand Nguendet, avait pris tout le monde de court, le 18 août, en demandant de « sursoir » à la mise en place du nouveau gouvernement. Une déclaration faite à Brazzaville à l’issue d’un entretien de deux heures avec le président congolais, Denis Sassou Nguesso, médiateur dans la crise centrafricaine.

Depuis sa nomination le 10 août au poste de Premier ministre, Mahamat Kamoun était au cœur d’une virulente polémique en Centrafrique. Beaucoup, surtout dans l’ancienne coalition Séléka, estimaient que « son choix [n’était] pas consensuel ». Au final, trois ministères ont été attribués à des membres de l’ancienne rébellion : il s’agit de Mahamat Tahib Yacoub (Élevage), Arnaud Djoubaye Abazène (Transports), et Abdallah Kadre Hassane (Postes et Télécommunications).

Douze ministre reconduits

Les milices anti-balaka n’ont pas été oubliées. Un de ses dirigeants, Jacob Désiré Ngaya, a été nommé ministre délégué aux Finances. Il en est de même d’Armel Ningatoloum Sayo, commandant du mouvement Révolution et justice (rébellion armée active dans le Nord-Ouest), qui hérite du ministère de la Jeunesse et des sports.

Il faut noter également que 12 membres de l’ancien gouvernement démissionnaire ont été maintenus dans la nouvelle équipe. Sept d’eux ont gardé leur portefeuille. Il s’agit de Toussaint-Kongo Doudou (Affaires étrangères), Abdallah Kadre Hassane (Postes et Télécommunications), Marie-Florence Limbio (Économie), Éloi Anguimate (Fonction publique), Gisèle Bedan (Éducation nationale), Gertrude Zouka (Commerce) et Marguerite Samba (Santé).

Sur un total de 31 membres du gouvernement (2 ministres d’État, 27 ministres et 2 ministres délégués), ils ne sont que 17 à faire leur entrée. C’est le cas du général de gendarmerie Thierry-Marie Métinkoué, nommé ministre à la Sécurité.
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Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Centrafrique: le Premier ministre démissionne suite à l’accord de paix de Brazzaville

août 5, 2014

Bangui – Le Premier ministre centrafricain André Nzapayéké a démissionné mardi, suite à l’accord de paix conclu fin juillet à Brazzaville entre protagonistes de la crise et censé relancer la transition dans le pays, a-t-on appris de source officielle.

La présidente de transition (Catherine Samba Panza) a demandé et obtenu du Premier ministre, chef du gouvernement de transition, sa démission et celle de son gouvernement pour permettre la mise en œuvre effective des engagements émanant du Forum de Brazzaville, a annoncé un porte-parole de la présidence sur les ondes de la radio d’État.

Ces dernières semaines, la présidente avait préconisé à plusieurs reprises le réaménagement du gouvernement sur des critères de technocratie, de région et de compétence, mais qui intègrent aussi la dimension politique et les nouvelles donnes issues du forum de Brazzaville, a expliqué le porte-parole.

Elle avait annoncé que ledit réaménagement se ferait dans l’esprit de Brazzaville de large ouverture et de réconciliation nationale, a-t-il rappelé.

Sous la pression des pays de la région et de la communauté internationale, un fragile accord de cessez-le-feu avait été paraphé le 23 juillet dans la capitale du Congo voisin par des chefs de l’ex-rébellion Séléka et des délégués des miliciens anti-balaka, ainsi que par des représentants politiques, religieux et de la société civile.

Le gouvernement de transition, nommé fin janvier après l’élection de Mme Samba Panza, et formé surtout de techniciens, s’est avéré impuissant face aux bandes armées qui continuent de s’affronter dans le pays, et incapable jusqu’à présent de redresser un État failli depuis des décennies.

Début juillet, la France et l’ONU avaient déploré une transition en panne, et une situation politique nettement détériorée.

A Bangui, qui connaît une relative accalmie après les violences intercommunautaires de ces derniers mois, la composition du futur cabinet suscite depuis plusieurs jours de nombreuses interrogations concernant l’arrivée possible de représentants des groupes armés –ex-Séléka à dominante musulmane et milices anti-balaka majoritairement chrétiennes– dans le prochain gouvernement.

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2014 17h43)

Centrafrique : calme précaire à Bangui, les chrétiens veulent désarmer les musulmans

mai 31, 2014
Des résidents musulmans en colère dans le quartier PK-5 à Bangui. © AFP

Des résidents musulmans en colère dans le quartier PK-5 à Bangui. © AFP

Un calme précaire régnait samedi matin à Bangui dont les habitants chrétiens réclament « le désarmement immédiat » du quartier PK-5 où vivent reclus les derniers musulmans de la capitale centrafricaine, inquiets pour leur sécurité et hostiles à la présidente Catherine Samba-Panza.

Plusieurs milliers de musulmans seulement se terrent encore dans le PK-5. L’immense majorité de la population musulmane a pris le chemin de l’exode vers le Tchad, le Nord et l’Est du pays pour fuir les exactions des milices chrétiennes anti-balaka, rivales de la Séléka, ex-rebelles musulmans dirigés par Michel Djotodia au pouvoir de mars 2013 à janvier dernier.

Les voitures et les boutiques ouvertes étaient rares samedi à Bangui, où des restes fumants de barricades jonchent la plupart des axes, stigmates des violences qui déchirent la ville depuis l’attaque sanglante mercredi de l’église Fatima au cours de laquelle 17 personnes ont été tuées. Entre 200 et 300 musulmans ont marché dans le calme samedi matin dans le PK-5 pour dire leur colère, a constaté l’AFP. Certains s’en prenaient à la présidente de transition Catherine Samba-Panza qu’ils accusent d’être la « mère » des anti-balakas. « Ban Ki-moon, nous voulons partir vers le nord pour rejoindre nos frères musulmans », pouvait-on lire sur une pancarte alors que de nombreux musulmans craignent de ne pouvoir se défendre si le quartier est désarmé.

Dans ce quartier du PK-5, beaucoup de « non à la France » sont tagués sur les murs. Signe de la confusion qui règne à Bangui, certains habitants applaudissaient les Français au passage de patrouilles de la force Sangaris, tandis que d’autres leur faisaient signe de partir, a constaté l’AFP. Cette hostilité se retrouve dans d’autres quartiers, majoritairement chrétiens de la ville, où des habitants criaient « voleurs de diamants », au passage des soldats Français, faisant référence à l’une des principales richesses minières du pays.

Près du PK-5, dans le quartier chrétien de Miskine, des jeunes huaient les blindés français samedi, demandant qu’on « réarmes les FACA », l’armée régulière qui était en place sous la présidence de François Bozizé, pour « laisser les Centrafricains régler les problèmes de la Centrafrique ».

« Nous observons une trêve »

Une grande majorité de la population est persuadée que l’attaque de Fatima, un « acte terroriste » selon la présidente Catherine Samba-Panza, a été menée par des ex-rebelles Séléka musulmans et planifiée à partir du PK-5. Vendredi, des milliers de Centrafricains ont manifesté pour demander le désarmement des musulmans et le départ du contingent burundais des forces africaines de la Misca qu’ils accusent d’avoir laissé faire le massacre de Fatima. Trois personnes ont été tuées et une dizaine blessées lors de ces manifestations.

« Nous avons manifesté pour demander le désarmement immédiat du PK-5, un quartier qui prend en otage toute la Centrafrique », a expliqué samedi à l’AFP Sergio Mescheba, un des organisateurs du « mouvement du 28 mai » qu’il présente comme un « mouvement citoyen » lancé après l’attaque de l’église Fatima. « Là nous observons une trêve pour respecter la période de deuil mais les manifestations repartiront dès lundi si les musulmans ne sont pas désarmés », menace-t-il. « Le problème n’est pas politique, un changement de gouvernement ne nous ramènera pas la paix », ajoute le responsable.

Alors que depuis quelques semaines Bangui semblait retrouver un début de normalité – du moins pendant la journée -, le massacre de l’église Notre-Dame de Fatima a servi de détonateur. Les forces française Sangaris et africaine Misca, massivement déployées dans la ville depuis la tuerie de Fatima, ont été toutes les deux prises pour cibles.

Et depuis cette attaque, Médecins Sans Frontières a reçu 27 blessés à « l’hôpital communautaire » qu’il gère. « C’est beaucoup alors qu’on s’était habitué à en recevoir 70 par mois en moyenne », selon un de ses responsables. La crise centrafricaine a pris un tour interconfessionnel en janvier, après le départ forcé du président Djotodia et de son mouvement, la Séléka. Après la mise en déroute de la Séléka, les populations musulmanes de Bangui, accusées de connivence avec la rébellion, ont été victimes de nombreuses exactions de la part des anti-balaka, conduisant la plupart d’entre eux au départ ou à l’exil.

Jeuneafrique.com

Violences en Centrafrique : Samba-Panza appelle au calme et décrète un deuil national de trois jours

mai 30, 2014

Au moins deux personnes sont mortes vendredi lors d’une manifestation organisée à Bangui. La présidente de la transition Catherine Samba-Panza a appelé les Centrafricains au calme et décrété un deuil national de trois jours après l’attaque contre une église, mercredi.

La Centrafrique traverse une nouvelle crise aigüe. Depuis le début de la matinée, vendredi 30 mai, des rafales sont entendues dans plusieurs quartiers de Bangui. Des barricades ont été érigées dans les rues de la capitale paralysée. Des marches rassemblant des milliers de personnes ont également été organisées lors desquelles deux personnes ont été tuées par balles, selon des témoignages de manifestants, confirmés par une source militaire. Au moins trois autres personnes ont été blessées par balle, dont deux grièvement, et ont été conduites à l’hôpital communautaire de Bangui.

La majorité de ces manifestants sont à l’heure actuelle rassemblés dans le quartier de Lakouanga, où une mosquée a été incendiée jeudi. Ils réclament le départ du contingent burundais et la démission de la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza.

Selon une source sécuritaire française, la force Sangaris a été visée par des tirs. « Des groupes armés refusent de désarmer et s’en prennent à la Misca et à Sangaris », a indiqué cette source. « Nous essuyons des tirs sporadiques quand des véhicules de la force passent mais ces groupes armés ne tiennent pas de position », a-t-elle poursuivi.

Confrontée à une nouvelle crise majeure, Samba-Panza, qui a regagné Bangui jeudi après un tête à tête avec le chef de l’État congolais, Denis Sassou Nguesso, à Brazzaville, s’est exprimée au palais de la Renaissance appelant ses concitoyens au calme. Elle a également décrété un deuil de trois jours pour rendre hommage aux victimes de l’attaque de l’église Notre-Dame de Fatima, point d’orgue d’une semaine de violences.

Pressions

Dimanche, trois jeunes musulmans du quartier Pk5 à Bangui sont enlevés puis mutilés. Les habitants du dernier bastion musulman de la capitale centrafricaine décident alors de répliquer. Lorsque, mercredi, un groupe d’anti-balaka infiltrés dans le camp de déplacés de l’église Notre-Dame de Fatima attaquent le PK5, des hommes en armes les attendent et les pourchassent jusque dans la cour de l’église. Le lourd bilan fait état d’au moins 15 morts dont un prêtre italien.

Certaines sources imputent ce regain de tensions à l’incertitude qui entoure le remaniement ministériel. Annoncé il y a plus d’un mois, le gouvernement tarde a être formé. « Certains pourrissent la situation pour mettre la pression en espérant obtenir un poste en retour », estime un conseiller de la présidente. À la demande de la communauté internationale, Catherine Samba-Panza a consulté ses pairs de la sous-région. Ces derniers ont demandé des ajustements, ce qui expliquerait en partie ce retard, poursuit le conseiller.

Dans le même temps, la présidente a d’ores et déjà annoncé à certains ministres, comme ceux de la Défense et de la Sécurité, qu’ils ne feraient pas partie de la nouvelle équipe.
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Jeuneafrique.com Par Vincent DUHEM

Gouvernement centrafricain : remaniement en vue

avril 29, 2014
Catherine Samba-Panza

Catherine Samba-Panza

Particulièrement visé par la critique, le gouvernement centrafricain du Premier ministre André Nzapayéké devrait prochainement subir un profond lifting.

Mécontente du travail d’une partie du gouvernement d’André Nzapayéké, Catherine Samba-Panza, la présidente de la transition, devrait procéder rapidement à un remaniement – peut-être à la fin de ce mois, à l’occasion de ses cent jours à la tête de l’État centrafricain. Plusieurs ministres importants devraient faire leurs valises. Des changements au sein de son cabinet sont également attendus.

C’est dans cette perspective que la présidente de transition multiplie depuis le 17 avril les consultations. Des représentants de l’ex-Séléka et des anti-balaka, des responsables des différents partis et des membres de la société civile ont été tour à tour reçus au palais présidentiel.

Ce remaniement pourrait être annoncé le 5 mai à l’occasion d’un discours à la nation

Jeuneafrique.com

Centrafrique : Catherine Samba-Panza superstar à Kinshasa

mars 3, 2014
Catherine Samba-Panza élue présidente de transition de Centrafrique, le 20 janvier 2014 à Bangui. Catherine Samba-Panza élue présidente de transition de Centrafrique, le 20 janvier 2014 à Bangui. © AFP

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba-Panza. © AFP

La chef de l’État de la transition, première femme à la tête d’un État francophone, a été accueillie avec honneurs et enthousiasme à Kinshasa, où s’ouvre ce lundi le Forum mondial des femmes francophones.

Acclamations, crépitement de flashs, hommages… La chef de l’État de la transition centrafricaine, Catherine Samba-Panza, était la star incontestée de la cérémonie d’ouverture du Forum mondial des femmes francophones de Kinshasa, ce lundi 3 mars.

Dans la salle des Congrès du Palais du Peuple, près de 3000 délégués, dont une majorité de femmes issues de la société civile, se sont en effet levés à l’appel de son nom pour lui délivrer une standing ovation retentissante – la seule véritable de la matinée.

La « solidarité féminine », qui sera l’un des sujets de ce forum, a visiblement joué à plein en faveur de la « première femme chef de l’État dans l’espace francophone », ainsi que l’a rappelé la ministre congolaise du Genre, Geneviève Inagosi. La ministre française déléguée à la Francophonie et initiatrice de ce forum, Yamina Benguigui, auteur d’un discours vibrant et emphatique (« les femmes vont instaurer un nouveau siècle des lumières », a-t-elle prophétisé) a également été généreusement applaudie.

« Seule la femme peut apporter la paix »

Dans son discours, Catherine Samba-Panza a su, aussi, attirer l’adhésion des femmes. « Seule la femme peut apporter la paix, la cohésion nationale et réunir ceux que la politique a séparés, a-t-elle déclaré. Je veux compter sur toutes mes sœur pour faire de la République centrafricaine un exemple de transition réussie dirigée par une femme ».

« Je l’ai trouvé géniale », s’enthousiasmait Pascal Terrasse, député de l’Ardèche et Secrétaire général du Parlement de la Francophonie. Après la photo de famille, où apparaissaient aussi le président Joseph Kabila et Mary Robinson (première présidente de l’histoire de l’Irlande), le député français s’est d’ailleurs faufilé pour se rapprocher de Samba-Panza et prendre avec son smartphone un autoportrait aux côtés de la star du jour.

Arrivée à Kinshasa samedi en visite officielle à bord d’un avion affrété par Kinshasa Catherine Samba-Panza devait s’entretenir avec son hôte et voisin, le président Joseph Kabila. Ce dernier, qui craint que la crise centrafricaine et ses réfugiés ne déstabilise un peu plus le vaste territoire congolais, a notamment envoyé un bataillon servir au sein de la force africaine Misca, le long de la frontière entre les deux pays.

Catherine Samba-Panza devait repartir à Bangui dès l’après-midi, forte du soutien des femmes et des responsables politiques présents au Sommet. Mais avec toujours autant de problèmes à régler à son retour.
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Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet, envoyé spécial à Kinshasa