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En Irlande du Nord, les catholiques désormais plus nombreux que les protestants

septembre 22, 2022
En Irlande du Nord, les catholiques desormais plus nombreux que les protestants
En Irlande du Nord, les catholiques désormais plus nombreux que les protestants© AFP/Archives/Paul Faith

Les catholiques sont désormais majoritaires en Irlande du Nord, selon les résultats d’un recensement publié jeudi, un retournement historique dans cette province britannique marquée par les conflits interreligieux et de nature à encourager les partisans d’une réunification avec la République d’Irlande.

L’Irlande du Nord a vu le jour il y a 101 ans avec un découpage géographique y assurant une majorité protestante et ainsi le pouvoir aux unionistes, partisans du rattachement avec le Royaume-Uni. Dans le reste de l’île, aujourd’hui la République d’Irlande, les catholiques sont majoritaires.

Désormais, 42,3 % de la population nord-irlandaise s’identifie comme catholique, contre 37,3 % comme protestant ou d’autres religions chrétiennes, selon les résultats de ce recensement publié par l’Agence de statistiques et de recherches d’Irlande du Nord (Nisra).

Lors du dernier recensement en 2011, 48 % de la population s’identifiait comme protestant et 45 % comme catholique ou autres religions chrétiennes. En 2001, 53 % des habitants se disaient protestants, 44 % catholiques.

Plus largement, 45,7 % des Nord-irlandais se disent catholiques ou élevés dans la religion catholique, quand 43,5 % se disent protestants ou élevés dans cette religion. Le nombre de personnes ne revendiquant aucune appartenance religieuse personnelle ou dans leur éducation a lui bondi à 9,3 %.

Les appels pour plus d’égalité entre protestants et catholiques – majoritairement partisans d’une réunification avec la République d’Irlande – avaient été l’une des premières sources de violence dans le cadre des trois décennies de « Troubles ». Après 3.500 morts, elles se sont terminées avec l’accord du Vendredi Saint en 1998, qui a établi un partage du pouvoir entre les communautés.

Les résultats du recensement pourraient ainsi remettre sur la table une réunification de la province avec la République d’Irlande.

Déjà en mai, les républicains du Sinn Fein, ancienne branche politique des paramilitaires de l’IRA et partisans d’une réunification, ont remporté pour la première fois les élections locales en Irlande du Nord.

La vice-présidente du Sinn Fein Michelle O’Neill a salué « un signe clair d’un changement historique en cours sur cette île et de la diversité de la société ».

Nouvelles élections ?

Avant le résultat, les unionistes avaient tenté de minimiser ce que signifierait une majorité catholique sur l’opportunité d’un référendum d’indépendance. Mais selon l’accord du Vendredi Saint, Londres doit organiser un référendum « s’il apparaît probable pour lui qu’une majorité de votants exprimeraient le souhait que l’Irlande du Nord ne fasse plus partie du Royaume-Uni ».

Depuis mai, le principal parti unioniste, le DUP, bloque l’exécutif en refusant de partager le pouvoir avec le Sinn Fein tant que les dispositions post-Brexit s’appliquant dans la province ne sont pas modifiées, estimant que la frontière douanière créée de fait entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne menacent l’intégrité du Royaume-Uni.

Pour tenter de calmer les tensions, la Première ministre britannique Liz Truss, qui était à l’époque cheffe de la diplomatie, a introduit une loi pour modifier unilatéralement des dispositions de l’accord de Brexit, tendant les relations avec l’Union Européenne mais aussi avec Joe Biden, aux origines irlandaises.

Dans le même temps, le nouveau ministre britannique en charge de l’Irlande du Nord, Chris Heaton-Harris, a appelé les unionistes à retourner à l’Assemblée locale d’ici au 28 octobre, faute de quoi de nouvelles élections pourraient être convoquées.

La division entre protestants et catholiques cache une diversité d’opinions: le parti de l’Alliance, troisième force politique de la province, est soutenu par la classe moyenne des deux communautés et défend l’idée d’un statu quo.

Une question du recensement demande d’ailleurs aux répondants de quelle identité nationale ils se revendiquent. 31,8 % se sentent « seulement Britanniques », en net recul par rapport aux 40 % d’il y a dix ans. 29,1 % se sentent seulement Irlandais, et 19,7 % répondent uniquement Nord-Irlandais.

Outre ces tensions en Irlande du Nord, le gouvernement britannique fait également face aux velléités d’indépendance en Ecosse, relancées par le Brexit, où le gouvernement local veut organiser l’année prochaine un nouveau référendum.

Par Le Point avec AFP

Nostalgie multiethnique: un musulman de Bosnie construit une église catholique

août 12, 2022
Nostalgie multiethnique: un musulman de Bosnie construit une eglise catholique
Nostalgie multiethnique: un musulman de Bosnie construit une église catholique© AFP/Archives/ELVIS BARUKCIC

À la sortie de l’église tout juste consacrée par une messe, les fidèles remercient chaleureusement un homme de bonne stature en chemise blanche. Husejn Smajic n’a pas assisté aux célébrations religieuses, mais l’édifice catholique n’existerait pas sans ce musulman qui pense qu’une Bosnie fraternelle est toujours possible.

Depuis la guerre intercommunautaire qui fit 100.000 morts dans les années 1990, la Bosnie est divisée selon des lignes de fractures ethniques, avec une entité serbe et une fédération croato-musulmane où les deux communautés cohabitent péniblement.

Bugojno n’est pas épargnée. La plupart des Croates catholiques, avant-guerre 34 % des 47.000 habitants de cette localité de Bosnie centrale, furent expulsés en 1993 par les forces musulmanes bosniaques et moins d’un tiers sont revenus. Des crimes ont été commis des deux côtés.

Husejn Smajic, 68 ans, ne veut pas de cette Bosnie là.

Voici huit ans, en faisant construire un lac artificiel sur sa propriété, l’homme d’affaires retraité a découvert les fondations d’une église catholique médiévale. Le cardinal Vinko Puljic, alors chef de l’Eglise catholique de Bosnie, avait inspecté le site où furent retrouvés 12 squelettes ainsi que les lambeaux d’un habit doré, peut-être selon les archéologues celui de la reine Jelena Gruba, seule femme à avoir dirigé le royaume bosnien médiéval vers la fin du XIVe siècle.

Husejn Smajic décida alors de concrétiser sa vision de la Bosnie multiethnique.

Il a cédé à l’Eglise catholique une partie du terrain hérité de ses parents, et lancé les travaux pour édifier une nouvelle église près des vestiges de celle qui fut probablement détruite lors de l’invasion ottomane du XVe siècle.

Mariages mixtes

Propriétaire d’une scierie et de deux petites centrales hydroélectriques, il est relativement aisé et a financé en grande partie les opérations. Il a aussi fait appel à ses partenaires et bénéficié de dons d’argent et de matériel de Croates mais aussi de musulmans et de Serbes.

« J’ai fait ça pour que les gens voient qu’on peut vivre bien tous ensemble. Il ne peut pas y avoir ici de beauté sans mélange des communautés, c’est notre richesse », explique-t-il à l’AFP.

Il est marié à une catholique, Vesna, et sait de quoi il parle. « J’ai réussi depuis 45 ans déjà à vivre avec mon ennemie », ironise-il. Leurs trois enfants gèrent désormais les entreprises familiales.

« Sa famille, un mariage mixte, lui musulman et sa femme catholique, ses filles mariées à des catholiques, c’est la particularité de ce pays dans lequel nous vivons avec nos différences et où nous pouvons vivre ensemble si nous nous respectons les uns les autres », dit à l’AFP Mgr Puljic dans un sourire approbateur, après avoir consacré la nouvelle église.

Dans les années 1970, les mariages mixtes étaient fréquents dans le petit pays des Balkans de 3,5 millions d’habitants, des Bosniaques musulmans, Croates catholiques et Serbes orthodoxes. La guerre a largement déchiré les trois communautés, y compris les familles, et les coins multiethniques sont rares. Souvent, même dans des localités multiethniques, les enfants ne fréquentent pas les mêmes écoles.

En sortant de l’église, les larmes aux yeux mais « heureuse et fière », Zeljka Sistov Franjic, Croate de 61 ans qui vit aujourd’hui en Croatie, pense que le geste de Smajic est d’une « grande importance pour la cohabitation à Bugojno et en Bosnie ».

Son père de 78 ans vit seul à Bugojno et des voisins musulmans s’en occupent. « C’est ça la vie ici », raconte-t-elle.

« Nous ferions une Suisse« 

« Si nous étions tous comme lui, si nous avions tous cet amour pour l’autre, je pense que ce pays serait tellement heureux et que plus personne n’irait en Allemagne, en Autriche, en Suisse. Nous ferions une Suisse ici », dit Mihovil Klisanin, la soixantaine, parmi les centaines de fidèles qui ont assisté à la messe dans l’église et à l’extérieur.

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de Bosniens fuient leur pays, l’un des plus pauvres d’Europe, pour des raisons économiques et à cause de l’absence de perspectives dans un système où des élites politiques accrochées au pouvoir n’ont pas intérêt au changement.

« Les gens comme Husejn sont rares en Bosnie, surtout après ces conflits tragiques. Il a un cœur grand comme une montagne », dit Frano Glavas, 58 ans, Croate originaire de Bugojno et qui vit lui aussi en Croatie.

L’intéressé invoque plutôt l’amour pour la Bosnie.

« Si on aime ce pays et si on aime ce peuple, je dis bien tout son peuple, il faut travailler contre les hommes politiques et vous êtes alors certainement sur la bonne voie. Ce qu’ils font ne mène nulle part », dit Husejn Smajic.

En attendant, la cérémonie se conclut autour de vastes tablées de cevapis, saucisses prisées dans tous les Balkans.

Par Le Point avec AFP

Pour le Pape, un catholique exemplaire doit accueillir les migrants

avril 9, 2018

Le pape François lors d’une audience Place Saint-Pierre le 4 avril 2018 au Vatican / © AFP/Archives / Tiziana FABI

Le pape François a fermement répliqué lundi à ses détracteurs catholiques parfois plus réceptifs à la question de l’avortement qu’à son plaidoyer sur l’accueil des migrants, en dévoilant son mode d’emploi pour être un croyant exemplaire et tendre vers « la sainteté ».

En cinq années de pontificat, le pape argentin de 81 ans a été le chantre des pauvres, des exploités économiques et des migrants, en martelant sans relâche les vertus de la miséricorde et de la justice sociale, des idéaux au centre de cette troisième « exhortation apostolique » très attendue, signée de sa main.

Dans la tradition catholique, tous les baptisés sont appelés à devenir des saints à travers des petits gestes quotidiens, même si la quasi-totalité d’entre eux ne figureront jamais parmi les célèbres canonisés reconnus officiellement par l’Eglise après leur mort.

Le chef des près de 1,3 milliard de catholiques de la planète adresse à ces « saints de la porte d’à côté » ou saints « de la classe moyenne » une centaine de pages de recommandations.

Et il réplique de manière inattendue aux catholiques rivés sur les traditionnels dossiers éthiques de l’Eglise et dubitatifs sur ses appels constants à un large accueil des migrants.

« Certains catholiques affirment » que la situation des migrants est « un sujet secondaire à côté des questions +sérieuses+ de la bioéthique », note le pape. « Qu’un homme politique préoccupé par ses succès dise une telle chose, on peut arriver à le comprendre; mais pas un chrétien », souligne-t-il.

Citant l’Ancien testament qui recommande d’accueillir les étrangers à bras ouverts, François ajoute, tranchant: « Il ne s’agit pas d’une invention d’un pape ou d’un délire passager ».

Les appels du pape en faveur des migrants déboussolent une frange des catholiques, dans une Europe où, notamment, le dirigeant national-conservateur hongrois Viktor Orban, icône des droites populistes européennes, a remporté dimanche ses troisièmes législatives d’affilée.

« Le pape répond de manière très directe à ses opposants en insistant sur la centralité du thème des migrants. Et il critique certains expressions du mouvement catholique pro-vie », relève le vaticaniste américain John Allen, du site Crux.

« La défense de l’innocent qui n’est pas encore né doit être sans équivoque, ferme et passionnée », souligne en effet le pape dans son exhortation. Avant d’ajouter: « Est également sacrée la vie des pauvres qui sont déjà nés, de ceux qui se débattent dans la misère ».

François a intitulé son appel « Gaudete et exsultate » (réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse) car il exalte en particulier l’humour et la joie de vivre.

La sainteté peut être atteinte en s’occupant simplement de ses proches, en accomplissement honnêtement son travail, « en faisant silence devant les défauts de ses frères », explique-t-il.

– Zapping et diable –

Pour orienter les catholiques, il se réfère aux préceptes de l’un des passages les plus connus du Nouveau testament, les « Béatitudes », même si « c’est mal vu, suspecté, ridiculisé » dans le monde actuel.

Le pape prône ainsi la douceur qu’il oppose au « règne de l’orgueil et de la vanité, où chacun croit avoir le droit de s’élever au-dessus des autres ».

Il recommande « la justice pour les pauvres et les faibles », même si « la réalité nous montre combien il est facile d’entrer dans les bandes organisées de la corruption ».

Parmi les obstacles contemporains à une vie catholique exemplaire, il énumère « la négativité et la tristesse », « l’individualisme » et « de nombreuses formes de fausse spiritualité sans rencontre avec Dieu qui règnent dans le marché religieux actuel ».

Réaliste, il constate aussi que la sphère religieuse est souvent anéantie par « les nouveautés constantes des moyens technologiques, l’attraction des voyages, les innombrables offres de consommation ».

Le pape, qui n’a ni ordinateur ni télévision, mais des dizaines de millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, insiste particulièrement sur les effets d’une société hyper connectée.

« La consommation de l’information superficielle et les formes de communication rapide et virtuelle peuvent également être un facteur d’abrutissement », dit-il.

Et de s’inquiéter pour ces jeunes exposés « au zapping constant », naviguant « sur deux ou trois écrans simultanément » afin d’interagir sur différents lieux virtuels.

Enfin le pape argentin n’oublie pas d’évoquer longuement les « tentations du diable », « un être personnel qui nous harcèle » avec sa haine et ses vices. Pour prévenir que « le chemin vers la sainteté est une lutte constante ».

Romandie.com avec(©AFP / 09 avril 2018 15h19)                

La révolte d’un curé provoque l’émotion en Pologne

juillet 15, 2013

VARSOVIE – Le curé d’une paroisse de l’est de la Pologne, le père Wojciech Lemanski, sanctionné par son évêque pour avoir critiqué l’épiscopat, s’est rebellé en refusant lundi de quitter sa paroisse, avant de se résoudre à obéir à son supérieur, un conflit qui suscite l’émotion dans ce pays très catholique.

Vigoureusement défendu par ses paroissiens, le père Lemanski a été démis de sa fonction de curé pour avoir critiqué sur son blog un document de l’épiscopat polonais condamnant en bloc la fécondation in vitro, l’avortement, l’euthanasie et la contraception.

Il devait quitter sa paroisse de Jasienica (est) lundi pour manque de respect et désobéissance à son supérieur, Mgr Henryk Hoser, archevêque de Varsovie-Praga et président de la commission de bioéthique de l’épiscopat, selon un décret de Mgr Hoser.

Le père Lemanski, 53 ans, est aussi très actif au sein d’un Conseil de dialogue entre juifs et chrétiens, organisateur notamment de prières sur le site de l’ancien camp d’extermination de juifs de Varsovie à Treblinka (est).

Dans une déclaration publiée lundi, ce Conseil a pris la défense du prêtre, l’homme de mérites exceptionnels pour perpétuer la mémoire de l’ancienne présence de juifs et de la tragédie de l’Holocauste.

Lundi matin, les paroissiens de Jasienica ont empêché l’administrateur délégué de l’archevêque d’entrer au presbytère, selon les images de chaînes de télévision. Le père Lemanski a déclaré devant les caméras qu’il avait fait appel du décret de Mgr Hoser entendait rester en fonction jusqu’à la décision finale.

Des spécialistes du droit canon ont toutefois fait valoir qu’il devait quitter sa fonction de curé et il a fini par obéir à l’archevêque.

Je transmettrai sans tarder la direction de la paroisse à l’administrateur délégué, je quitterai le presbytère et j’attendrai une décision définitive du Saint-Siège, a-t-il assuré dans une déclaration publiée lundi après-midi sur le site internet de la paroisse de Jasienica, tout en remerciant ses paroissiens de leur soutien.

Le père Lemanski a par ailleurs révélé que Mgr Hoser lui avait demandé lors d’une entrevue s’il appartenait lui-même au peuple juif et s’il était circoncis, propos vigoureusement démentis vendredi par l’archevêché de Varsovie-Praga.

Ce conflit entre le curé et l’archevêque est très suivi par les médias en Pologne, pays catholique à 90% où l’Église est très présente dans la vie publique.

Romandie.com avec (©AFP / 15 juillet 2013 15h53)

Centrafrique: avec l’arrivée des rebelles, la crainte d’affrontements religieux

mars 30, 2013
Centrafrique: avec l'arrivée des rebelles, la crainte d'affrontements religieux Centrafrique: avec l’arrivée des rebelles, la crainte d’affrontements religieux © AFP

Avec l’arrivée au pouvoir en Centrafrique de rebelles en majorité musulmans, beaucoup craignent des affrontements « inter-religieux », malgré les déclarations apaisantes du nouvel homme fort Michel Djotodia.

« On est assis sur une bombe. Un mauvais sorcier peut faire exploser la maison. Je ne veux pas qu’on relativise le problème », s’inquiète Mgr Dieudonné Nzapalainga, l’archevêque catholique de Bangui.

Michel Djotodia, président auto-proclamé depuis une semaine et premier dirigeant musulman du pays, a rappelé vendredi: « La République centrafricaine est un Etat laïc. Que ce soient les chrétiens et les musulmans, ils vivent dans un Etat laïc. Il est bien vrai: je suis musulman, mais je dois servir ma patrie, tous les Centrafricains ».

« Je ne suis pas venu pour les musulmans, je ne suis pas venu seulement non plus pour les chrétiens (. . . ) je suis venu pour tout le monde », a souligné M. Djotodia.

Il a reconnu toutefois que « certaines personnes mal intentionnées ont voulu drainer le pays vers un conflit inter-religieux ».

Depuis le début de l’offensive en décembre du Séléka jusqu’à la prise de Bangui, la religion de ses combattants a souvent été mise en cause par le régime de François Bozizé, qui a notamment accusé les rebelles de « prêcher le wahhabisme », une interprétation ultra-conservatrice de l’islam proche du salafisme, ou carrément d’être des « terroristes musulmans ».

Les comités d’auto-défense des partisans du président Bozizé, qui avaient érigé des barrières en ville pendant la crise, s’en sont régulièrement pris aux musulmans banguissois, les assimilant aux rebelles.

D’un autre côté, les rebelles se sont appuyé sur la communauté musulmane qui organisait régulièrement des collectes de soutien. Lors des pillages, les biens des musulmans ont été épargnés quand ceux de chrétiens étaient saccagés, donnant l’impression d’un conflit religieux à peine masqué.

L’image de milliers de musulmans scandant « Allah Akbar » (Dieu est grand) lors de l’arrivée de Michel Djotodia, à la grande mosquée de Bangui pour la prière du vendredi a aussi « choqué » certains chrétiens, selon un Banguissois.

« Nous ne sommes plus chez nous. Ils pillent nos biens et ceux-ci sont ensuite revendus par des musulmans qui les exportent vers le nord (Tchad et Soudan) », affirme un habitant du centre-ville sous couvert d’anonymat.

« Ils disent: +c’est notre tour maintenant. On va vous faire payer », explique une habitante du quartier Benz-Vi.

Aujourd’hui, la Centrafrique, 5 millions d’habitants, compte 45% de protestants, 35% de catholiques, 15% de musulmans, majoritairement originaires du nord d’où vient la rebellion, et 5% d’animistes. Ils ont toujours cohabité sans problème majeur.

Le Pasteur Nicolas Guere Koyame, à la tête de l’Alliance des Évangélistes en Centrafrique estime qu’il y a un « chantage » à éviter, qui consiste à dire qu’avec « un musulman au pouvoir, on va islamiser le pays ».

« Les nouvelles autorités (. . . ) ne sont pas là pour un but religieux mais un but politique. Elles doivent présenter leur programme politique pour convaincre la population », précise-t-il.

L’imam Oumar Kobline Layama, président de la communauté islamique de Centrafrique, juge pour sa part: « Il ne faut pas casser cette cohabitation que nous avons depuis plus de 50 ans ».

« Je demande aux musulmans de ne pas dire +Aujourd’hui, c’est notre tour+ . Il n’y a pas un tour, nous sommes tous des Centrafricains. Les dirigeants du Séléka doivent tenir compte des principes de l’islam (. . . ) L’islam n’encourage pas la division, ni les vols ni les pillages », poursuit-il.

« Que le comportement de certains éléments Séleka ne donne pas raison à ceux qui ont voulu faire de ce changement un problème religieux, parce qu’hier des gens ont fait l’amalgame religieux disant qu’ils venaient imposer le wahhabisme ou l’islamisme », conclut-il.

Mgr Nzapalainga refuse aussi « l’amalgame »: « Le départ de la crise n’est pas religieux mais politique. Or en cours de route, des paroles, des gestes à l’égard des communautés chrétiennes ont fait penser qu’il s’agit d’une crise religieuse.  »

Des analystes militaires mais aussi politiques et diplomatiques soulignent que l’islam pratiqué par le Séléka les inquiète moins que l’absence de l’Etat et le vide sécuritaire, qui, associé à la pauvreté, pourrait favoriser l’implantation de groupes radicaux venus de la bande sahélienne ou des islamistes nigérians de Boko Haram.

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye: la minorité chrétienne craint la montée du fondamentalisme musulman

février 10, 2013
 

Libye: la minorité chrétienne craint la montée du fondamentalisme musulman Libye: la minorité chrétienne craint la montée du fondamentalisme musulman © AFP

« Pas un jour ne passe sans que les tombes ne soient vandalisées », se lamente Dalmasso Bruno, gardien du cimetière italien à Tripoli, illustrant les inquiétudes grandissantes de la communauté chrétienne en Libye face au fondamentalisme musulman.

« Des restes d’ossements humains ont été sortis de leur tombe et éparpillés dans le cimetière », situé au centre de Tripoli, déplore le gardien.

Selon lui, « les autorités libyennes sont venues prendre des photos et ont promis des dispositions. Mais rien n’a été fait ».

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la minorité chrétienne en Libye exprime des craintes quant à la montée de l’extrémisme musulman, en particulier après l’attentat perpétré fin décembre contre une église près de Misrata, à 200 km à l’est de Tripoli, qui a tué deux coptes égyptiens.

Mais malgré les inquiétudes, des dizaines de fidèles, philippins, indiens et africains pour la plupart, affluent chaque semaine pour assister à la messe à l’église catholique Saint François, près du centre de Tripoli, où ils prient « afin que la Libye retrouve sa sécurité et sa stabilité ».

« Regardez, il n’y a aucune disposition sécuritaire à l’extérieur de l’église et les fidèles se déplacent librement », souligne le Père Dominique Rézeau.

« Tel n’est pas le cas en Cyrénaïque (est) où des pressions sont exercées sur les chrétiens, notamment les soeurs, qui ont été contraintes de quitter leur congrégations (. . . ), dans l’est du pays », déplore-t-il.

« Sur les 100. 000 chrétiens que comptait le pays avant la révolution (de 2011 qui a renversé le régime de Kadhafi), seuls quelques milliers sont restés », regrette le prêtre.

Mgr Giovanni Innocenzo Martinelli, le vicaire apostolique de l’Eglise catholique, affirme toutefois qu’à Benghazi, berceau de la révolution en proie à l’insécurité dans l’est de la Libye, l’église « est toujours ouverte », malgré une « atmosphère très tendue » et une « situation critique » affectant les chrétiens.

Mgr Martinelli a mis en garde récemment contre un fondamentalisme musulman qui « conditionne les décisions » de manière indirecte, ce qui fragilise la présence chrétienne dans le pays.

Les chrétiens, toutes dénominations confondues, représentaient moins de 3% des 6,3 millions d’habitants de ce pays musulman. La quasi-totalité sont étrangers, dont une grande partie venus d’Egypte, où les Coptes sont la plus importante minorité religieuse.

Après la messe, les fidèles discutent et échangent des nouvelles dans un brouhaha de langues, tandis que des Nigérianes parées dans leurs habits traditionnels exposent sur des tables en bois des produits exotiques et traditionnels.

Un fidèle, Antony Amstrong, déplore « la violence et l’insécurité ». Ce Ghanéen, qui enseigne le français en Libye depuis une vingtaine d’années, regrette que « tous les sacrifices et le prix payé par les Libyens n’aient pas apporté la stabilité à ce pays ».

« Le problème de l’insécurité concerne tout le monde », affirme Ftsing Giscard, un Camerounais de 30 ans installé en Libye depuis trois ans.

Selon lui « les Africains rencontrent plus de problèmes parce qu’ils sont africains, en situation irrégulière et certains ne disposent pas de papiers d’identité ».

« Les Libyens les accusent d’être des mercenaires et d’avoir combattu aux côtés des troupes de Kadhafi. C’est pourquoi ils sont régulièrement arrêtés », affirme cet électricien.

Jeuneafrique.com avec AFP

Assassinat d’une religieuse en RDC

février 10, 2012

La République démocratique du Congo étonne et continuera d’étonner.  Une religieuse de la Congrégation des Soeurs ou Fille de la charité de Jésus et Marie a été assassinée à Kananga. Elle a été poignardée, sans scrupule, par ses assassins cyniques à 13h00 au bureau de l’école de Bwena Muntu. Elle était chargée de préparer le dispositif pour la Marche des chrétiens prévue le 16 février, organisée par l’Église catholique. Cette manifestation s’inscrit pour la restauration d’un état de droit en RDC. Car ce pays est en perpétuel violation des droits humains où le citoyen ne peut pas faire prévaloir ses droits à la contestation d’un système anti-démocratique.  Les citoyens sont devenus des bêtes de pâture que l’on tue comme des poulets et des cabris.

Adresse mes condoléances à la Congrégation des Soeurs ou Fille de Jésus et Marie pour cette mort gratuite.

Que Dieu ait son âme !

Bernard NKOUNKOU