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Mali : la Cedeao salue des « progrès » mais en attend davantage

juin 20, 2021
Le colonel Assimi Goïta, ici le 24 août 2020 à Bamako après le coup d’État contre IBK, a poussé le président de la transition Bah N’Daw à la démission.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a salué samedi des « évolutions positives » au Mali vers la restauration d’un pouvoir civil après un nouveau putsch en mai mais a exigé davantage de progrès pour réintégrer le pays dans ses instances.

Les chefs d’État de la Cedeao réunis en sommet à Accra, la capitale du Ghana, ont décidé de maintenir la suspension du Mali, décidée après le deuxième coup d’État en moins de neuf mois du colonel Assimi Goïta, le 24 mai.

« À ce stade, bien qu’ils aient constaté des évolutions positives, ils ont estimé devoir maintenir la suspension, car ils veulent vérifier la solidité des progrès accomplis », a déclaré aux journalistes le président de la Commission de la Cedeao, Jean-Claude Brou. « Les chefs d’État veulent davantage d’assurances sur ces progrès », a-t-il insisté.

Lors de son investiture en tant que nouveau président de transition, le 7 juin, le colonel Goïta, qui avait déjà renversé le 18 août 2020 le président Ibrahim Boubacar Keïta, réélu deux ans auparavant, a réitéré son engagement à organiser des élections en février 2022.

Pression internationale

Cet engagement avait été mis en doute lorsque le colonel Goïta a fait arrêter le 24 mai le président et le Premier ministre de transition, après la formation d’un nouveau gouvernement dont certaines figures du putsch d’août 2020 avaient été écartées de portefeuilles stratégiques. Aussitôt investi, le colonel Goïta a accédé à une des exigences de la communauté internationale en nommant un Premier ministre civil, Choguel Kokalla Maïga, qui a formé un gouvernement dans lequel plusieurs militaires putschistes retrouvent des postes clé.

La France, qui a réagi au coup de force du 24 mai par la suspension de ses opérations conjointes avec l’armée malienne après des années de coopération contre les jihadistes, a annoncé le 10 juin la fin programmée de son opération Barkhane au Sahel. Le président français Emmanuel Macron a déploré à cette occasion que la Cedeao ait choisi de « reconnaître un putschiste militaire » comme président de la transition au Mali. Cette décision « crée une mauvaise jurisprudence pour les Africains eux-mêmes (…) pour la Cedeao elle-même et par le précédent que cela crée chez beaucoup de voisins », a-t-il déclaré.

Par Jeune Afrique avec AFP

Mali : la Cedeao lève les sanctions après la nomination du gouvernement de transition

octobre 6, 2020
Le Premier ministre de la transition au Mali, Moctar Ouane, en mars 2016 à Alger.

L’organisation ouest africaine a décidé de la levée des sanctions qui pesaient sur le Mali au lendemain de la nomination d’un gouvernement de transition. Celui-ci est composé de militaires, qui y tiennent plusieurs postes-clés, de membres de groupes armés, de technocrates et de quelques personnalités issues du M5.

Évoquant des « avancées notables vers la normalisation constitutionnelle et pour soutenir ce processus », les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont décidé de la levée des sanctions qui pesaient encore sur le Mali.

Annoncée dans une déclaration datée du 5 octobre, signée de la main du président ghanéen Nana Akufo Ado, président en exercice de la Cedeao, cette décision a été rendue publique ce mardi, quelques heures après l’annonce de la nomination d’un gouvernement de transition, qui était l’une des conditions requises par la Cedeao en préalable à la levée des sanctions.

Plus d’une semaine après la nomination du diplomate Moctar Ouane comme Premier ministre de la transition, la composition de son gouvernement a e effet été rendue publique le lundi 5 octobre dans la soirée par le secrétaire général de la présidence, Sékou Traoré.

Les 25 membres de cet exécutif aux allures de gouvernement d’union nationale seront chargés de conduire la transition dans les dix-huit prochains mois.

Trois membres de la junte

La junte s’y taille une place de choix. Plusieurs portefeuilles régaliens ont été en effet confiés à des militaires : quatre officiers, dont trois sont membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) qui a renversé Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août, ont été nommés à des postes-clés.

Le colonel Sadio Camara, ancien directeur du Prytanée militaire de Kati et deuxième vice-président du CNSP, devient ministre de la Défense et des anciens Combattants.

Le colonel Modibo Koné, ancien commandant à Koro (Centre) et troisième vice-président de la junte, est pour sa part nommé à la Sécurité et à la Protection civile.

Autre ministère stratégique, qui échoit à l’un des officiers ayant conduit le coup d’État : celui de la Réconciliation nationale, dont les rênes sont confiées au colonel-major Ismaël Wagué, chef d’état-major adjoint de l’armée de l’air et porte-parole du CNSP (il en fut la figure la plus médiatique dans les jours qui ont suivi le putsch).

Quatrième militaire à faire son entrée au gouvernement, le colonel Abdoulaye Maïga dirigera le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation – un portefeuille capital puisque, en attendant une éventuelle réforme du système électoral, c’est lui qui aura la charge de l’organisation des scrutins.

Des ministres issus de groupes armés

Des membres de groupes armés signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation de 2015 rejoignent également le gouvernement.

Mossa Ag Attaher et Mahmoud ould Mohamed, de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), ont été nommés respectivement ministre de la Jeunesse et des Sports et ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche.

La Plateforme n’a pas été oubliée : deux de ses leaders font leur apparition : Harouna Mahamadou Toureh, ministre du Travail et de la Fonction publique, assurera également les fonctions de porte-parole du gouvernement, et Alhamdou Ag Ilyene devient ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine.

Société civile

À noter aussi que plusieurs personnalités issues de la société civile, dont certaines affiliées au Mouvement du 5 juin- Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), ont été nommées.

C’est le cas de Mohamed Salia Touré, ancien président du Conseil national de la jeunesse (CNJ) et membre de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’imam Mahmoud Dicko. Il « hérite » du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle.

L’ancien procureur du pôle anti-corruption, Mohamed Sidda Dicko, fait quant à lui une entrée remarquée comme ministre de la Justice et des Droits de l’homme. Un poste d’autant plus stratégique que les nouvelles autorités sont particulièrement attendues sur les questions de lutte contre l’impunité et la corruption.

Autre figure issue de la société civile, Mohamed Coulibaly, proche de Cheick Oumar Sissoko, qui se voit confier la Refondation de l’État et les Relations avec les institutions.

Hamadoun Touré, ancien secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications, est nommé ministre de la Communication et de l’Économie numérique. S’il ne comptait pas parmi ses leaders les plus médiatiques, il était membre du M5.

Technocrates

Conduit par Moctar Ouane, ce gouvernement compte aussi de plusieurs personnalités aux profils de technocrates.

Zeïni Moulaye, ancien ministre des Transports et du Tourisme de 1989 à 1991, ex-ambassadeur du Mali en Arabie saoudite de 2016 à 2020 et ex-conseiller diplomatique d’IBK, a été nommé ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale.

Alhousseini Sanou devient ministre de l’Économie et des Finances, tandis que Doulaye Konaté est nommé ministre de l’Éducation nationale.

La portion congrue pour les femmes

En revanche, la nouvelle équipe gouvernementale, forte de 25 membres, ne compte que quatre femmes. Outre le fait que c’est contraire à la législation, qui prévoit qu’au moins 30% des postes électifs et nominatifs soient confiés aux femmes, aucune n’a obtenu de ministère régalien.

Kadiatou Konaré, fille de l’ancien président Alpha Omar Konaré, a été nommée ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Fanta Siby devient ministre de la Santé et du Développement social et Bernadette Keïta aura la charge de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable. Enfin, Bintou Founé Samaké est la nouvelle ministre de la promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille.

La Cedeao demande la dissolution du CNSP

En annonçant la levée des sanctions, la Cedeao a notamment « pris acte » de l’investiture de Bah N’Daw en tant que président de la transition et de la nomination de Moctar Ouane, un civil, comme Premier ministre.

Elle a également noté que, dans la Charte de la transition publiée au Journal officiel, les dispositions permettant au vice-président – en l’occurrence le colonel Assimi Goïta – de remplacer le président de la transition ont été retirées.

L’organisation régionales demande cependant aux nouvelles autorités de « mettre en oeuvre rapidement les autres décisions du Sommet (d’Accra du 15 septembre dernier), en particulier la libération de tous les officiels militaires et civils arrêtés le 18 août 2020 et la dissolution du CNSP »

Avec Jeune Afrique par Aissatou Diallo

Sommet de la Cedeao : les dessous de l’opération « Sauver IBK »

juillet 28, 2020

 Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta lors de la visioconférence entre chefs d'États de la Cédeao, le lundi 27 juillet.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta lors de la visioconférence entre chefs d’États de la Cédeao, le lundi 27 juillet. © Présidence malienne DR 

Alors que le président malien Ibrahim Boubacar Keïta vient mettre en place un gouvernement restreint, ses homologues ouest-africains proposent de prendre des sanctions à l’encontre de « tous ceux qui ne respecteront pas l’ordre constitutionnel ».

Les 15 présidents de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont réaffirmé ce lundi leur soutien au président malien, au cours d’un sommet virtuel qui a duré trois heures. Le chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta (« IBK ») a réagi en début de soirée par un décret lu à la télévision par la secrétaire générale de la présidence, Kamissa Camara.

Elle a annoncé la constitution immédiate, autour du Premier ministre Boubou Cissé, d’une « équipe ministérielle restreinte dont la mission est de négocier avec les parties prenantes, en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale à même de contribuer à l’apaisement de la situation ».

Plusieurs poids lourds de la précédente équipe, qui avait démissionné après les législatives de mars-avril, conservent leurs postes : Tiébilé Dramé à la tête de la diplomatie, le général Ibrahima Dahirou Dembélé à la Défense ou encore Boubacar Alpha Bah à l’administration territoriale.

L’avocat et homme politique Kassoum Tapo devient ministre de la Justice et le général de division M’Bemba Moussa Keïta ministre de la Sécurité.

Le pouvoir a fait un geste en direction de l’opposition en confiant le ministère de l’Économie et des Finances à un ancien banquier, Abdoulaye Daffé, considéré comme étant proche du Chérif de Nioro, le mentor de la figure de proue de la contestation, l’imam Mahmoud Dicko.

Régime de sanctions

Les présidents de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont donc soutenu leur homologue IBK dans sa volonté de maintenir Boubou Cissé à la tête de son gouvernement, estimant qu’il était « libre » de choisir son Premier ministre. Cette nomination constitue, selon eux, une « prérogative régalienne du chef de l’État ». Cette question avait été au centre du huis clos, le 23 juillet à Bamako, entre Muhammadu Buhari, Mahamadou Issoufou, Alassane Ouattara, Nana Akufo-Addo, Macky Sall et IBK.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou lors du sommet extraordinaire de la Cedeao sur la crise au Mali
Le président nigérien Mahamadou Issoufou lors du sommet extraordinaire de la Cedeao sur la crise au Mali © © PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE DU NIGER 

Le choix d’un nouveau Premier ministre de consensus constitue pourtant une condition a minima de l’aile modérée du Mouvement du 5 juin (M5-RFP), qui partage les positions de l’imam Mahmoud Dicko.

« Je soutiens la proposition de notre frère Alassane [Ouattara] qui est de prendre des sanctions contre tous ceux qui iront à l’encontre de l’ordre constitutionnel […], a notamment déclaré le chef de l’État guinéen Alpha Condé le 27 juillet au cours de la conférence. Nous devons réaffirmer de façon incontestable la légitimité du président IBK, président élu dans un régime présidentiel, qui doit nommer et garder son Premier ministre et disposer des postes de souveraineté : affaires étrangères, défense, sécurité et finances. Le peuple malien composera ensuite un gouvernement qui reflétera toutes les tendances. » Le sommet a fermement exclu un départ forcé du président Keïta, réclamé par l’aile dure de la contestation. « En défendant le Mali, nous défendons nos propres pays. C’est pourquoi, notre soutien à IBK doit être total et sans condition », a ajouté le président guinéen.

Les dirigeants ouest-africains ont également insisté pour que les mesures prônées soient mises en œuvre « au plus tard » le 31 juillet. Parmi ces mesures, la « démission immédiate des 31 députés dont l’élection est contestée, y compris le président du Parlement », Moussa Timbiné. Ces démissions ouvriraient la voie à des législatives partielles. Le sommet a également demandé une « recomposition rapide de la Cour constitutionnelle ».

Trêve fragile

Les dirigeants de la contestation ont jusqu’à présent refusé d’entrer dans un gouvernement d’union nationale, soulignant que les problèmes de mal-gouvernance dépassaient les simples questions électorales. Malgré ces réticences, la Cedeao « encourage » le Mouvement du 5-Juin, qui mène la contestation, à y « participer dans un esprit de patriotisme ».

«Le M5-RFP, réaffirmant sa détermination à mener son combat pour sauver le Mali menacé de disparition en tant qu’État, nation, démocratie et République laïque, exige plus que jamais la démission de M. Ibrahim Boubacar Keïta et de son régime qui portent l’entière responsabilité de cette sinistre perspective pour notre pays », a réaffirmé ce 28 juillet le mouvement qui mène la contestation.

Le 10 juillet, la troisième grande manifestation contre le pouvoir avait dégénéré en trois jours de troubles meurtriers à Bamako, les pires dans la capitale depuis 2012, qui ont fait entre 11 et 23 morts. Le sommet de la Cedeao a demandé à ce qu’une « commission d’enquête » détermine « les responsabilités » dans ces violences.

Le mouvement de contestation M5-RFP, une coalition hétéroclite de religieux, d’opposants politiques et de membres de la société civile, avait annoncé le 21 juillet une « trêve » jusqu’à la fête musulmane de l’Aid prévue le 31 juillet. Samedi 25 juillet, la jeunesse du M5 se réunissait à Bamako à la veille du sommet de la Cedeao, et lançait un appel à la reprise des manifestations après le 3 août.

Par Jeune Afrique avec AFP

Coronavirus : la Cedeao nomme Muhammadu Buhari « champion » de la lutte contre la pandémie

avril 24, 2020

Sommet extraordinaire de la Cedeao par visioconférence, le 23 avril 2020.

Sommet extraordinaire de la Cedeao par visioconférence, le 23 avril 2020. © DR 

Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ont tenu une visioconférence le 23 avril pour évoquer l’impact de la pandémie de Covid-19 sur la sous-région. Ils ont notamment choisi le Nigérian Muhammadu Buhari pour coordonner les efforts de l’organisation.

C’était une première : un sommet de la Cedeao par visioconférence, à l’initiative de Mahamadou Issoufou, président en exercice de l’organisation ouest-africaine. Le chef de l’État nigérien a échangé jeudi 23 avril derrière son écran avec ses homologues de la sous-région au sujet de l’évolution et des effets de la pandémie de Covid-19.

Étaient connectés les présidents béninois, Patrice Talon, burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, cap-verdien, Jorge Carlos Fonseca, ivoirien Alassane Ouattara, gambien, Adama Barrow, ghanéen, Nana Akufo-Addo, guinéen, Alpha Condé, bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embaló (officiellement reconnu lors de ce même sommet), libérien, George Weah, malien, Ibrahim Boubacar Keita, nigérian, Muhammadu Buhari, sénégalais Macky Sall, sierra-léonais Julius Maada Bio et togolais Faure Gnassingbè.

Plusieurs diplomates ouest-africains ont également participé aux échanges : le président de la commission de la Cedeao, l’Ivoirien Jean-Claude Kassi Brou, le président de la commission de l’Union africaine (UA), le Tchadien Moussa Faki Mahamat, ainsi que le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest, le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas.

L’économie au cœur des échanges

Si les chefs d’État ont exprimé leur « vive préoccupation » quant à la propagation de la pandémie dans la région (qui avait fait 158 morts au 22 avril pour plus de 6 000 cas déclarés), ils ont surtout discuté de la « grave menace » qu’elle représentait pour l’intégration économique de la sous-région.

Sommet extraordinaire de la Cedeao par visioconférence, le 23 avril 2020.
Sommet extraordinaire de la Cedeao par visioconférence, le 23 avril 2020. © DR

Le taux de croissance de la zone Cedeao, initialement prévue à 3,3 %, devrait en effet se situer autour de 2%, « si la pandémie prenait fin en juin 2020 », explique l’organisation ouest-africaine. Il pourrait même devenir négatif, à -2,1%, « si la pandémie persistait au-delà du second semestre 2020 ».

La Cedeao pour accroître les tests de dépistage

Mahamadou Issoufou et ses pairs ont donc convenu de la nécessité de mettre en place à l’échelle régionale un « plan de riposte contre la propagation de la pandémie et un plan de relance économique post-pandémie ». Ils ont convenu d’apporter leur contribution au Fonds de solidarité de l’UA, laquelle devra négocier « avec les partenaires pour une annulation de la dette publique et une restructuration de la dette privée des pays africains ».

La Cedeao, qui a a affirmé vouloir « accroître les tests de dépistage » afin de limiter les effets de la pandémie, a nommé Muhammadu Buhari « champion » de la riposte contre le Covid-19 (qu’il sera chargé de coordonner). Le président nigérian a été particulièrement touché par la pandémie, à laquelle a succombé l’un de ses plus proches collaborateurs le 17 avril dernier, son chef de cabinet, Abba Kyari.

Buhari et ses pairs ouest-africains se sont enfin engagés à allouer « au moins 15 % » du budget annuel de leur pays « au renforcement de leurs systèmes de santé ». Une promesse entendue pour la première fois en 2014, lors d’un sommet, moins connecté celui-là, de l’organisation à Accra, au Ghana.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Côte d’Ivoire/Jeudi, c’est Koulibaly! «Eco, Soro, Cedeao: Ado, un chef d’Etat affaibli et isolé. Levons la tête»

décembre 26, 2019

 

Publiée le 26 décembre 2019 par Nathalie Yamb

Guinée-Bissau : le président Vaz reçoit un chef de l’armée et garde le silence après les mises en garde de la Cedeao

novembre 9, 2019

José Mário Vaz, le 3 mars 2014, alors candidat à la présidentielle.

José Mário Vaz, le 3 mars 2014, alors candidat à la présidentielle. © Sylvain Cherkaoui

Le président de Guinée-Bissau José Mario Vaz a reçu samedi un haut responsable militaire sur fond de rumeurs de possible coup d’État, mais gardait le silence au lendemain d’un vigoureux message des États d’Afrique de l’Ouest à son encontre.

L’issue de la crise profonde dans laquelle se trouve la Guinée-Bissau dépend largement du président Vaz après le sommet extraordinaire de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) vendredi à Niamey.

La Cedeao, médiatrice historique en Guinée-Bissau, a mis en garde contre les « risques de guerre civile » causés par les agissements de José Mario Vaz.

Ce dernier est entré en conflit ouvert avec la communauté internationale le 28 octobre en limogeant et en remplaçant le Premier ministre chargé par celle-ci en juin de diriger les affaires du pays et de préparer l’élection présidentielle prévue le 24 novembre.

Pression de la Cedeao

Depuis, la Cedeao et la communauté internationale font pression pour que le nouveau chef de gouvernement nommé par le président, Faustino Imbali, démissionne, ce que celui-ci a fini par faire vendredi parce que, selon un proche, il ne voulait pas « être responsable d’un conflit armé ».

On ignore si cette démission prélude à une sortie de crise, qui paraît suspendue à la décision de José Mario Vaz d’accepter ou non les décisions de la communauté internationale.

Samedi matin, ce dernier n’avait pas réagi publiquement à la démission annoncée de son nouveau Premier ministre, ni au communiqué de la Cedeao. Lui-même candidat à sa propre succession, il a poursuivi sa campagne.

Arrivé dans la nuit à Ingoré (nord), il a reçu quelques minutes à son hôtel le vice-chef d’état-major, le général Mamadu Ture Kuruma, sans que rien ne filtre de la conversation.

Le président a jusqu’alors exclu de faire machine arrière. Il a menacé de recourir à la force pour contraindre le gouvernement qu’il a démis de céder la place. Les craintes d’un possible coup de force sont nourries par l’histoire de l’ancienne colonie portugaise qui est allée de putsch en tentatives de coups d’État depuis son indépendance conquise de haute lutte en 1974.

Jeuneafrique.com avec AFP

Monnaie unique de la Cedeao : pour Alassane Ouattara, une partie des pays seront prêts à adopter « Eco » en 2020

juillet 10, 2019

Alassane Ouattara et Emmanuel Macron, le 9 juillet 2019 à Paris. © Ludovic MARIN/AFP

 

Les pays d’Afrique de l’Ouest qui respectent les critères de convergence devront se prononcer ensemble pour savoir s’ils adoptent dès 2020 Eco comme monnaie commune, a déclaré le 9 juillet le président ivoirien Alassane Ouattara, à l’issue d’un entretien à Paris avec Emmanuel Macron.

« Les chefs d’État de la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) ont décidé qu’ensemble, à 15, nous allons mettre en place une nouvelle monnaie qui s’appelle l’Eco. À terme le franc CFA s’appellera l’Eco », a réaffirmé depuis Paris Alassane Ouattara, commentant la décision annoncée le 29 juin lors d’un sommet de la Cedeao à Abuja d’adopter cette monnaie commune. « On espère que ça pourra se faire le plus tôt possible, c’est le vœu des populations ».

Mais tous ne pourront adopter cette nouvelle monnaie en 2020, a souligné le président ivoirien. « Cela dépend de la volonté de chaque État. La Côte d’Ivoire respecte les critères de convergence pour 2020, d’autres les respectent, mais de nombreux pays ne les respectent pas », a-t-il estimé. « Il faudrait que les critères de convergence soient atteints par tous les pays avant d’y aller », a-t-il averti.

Le Franc CFA condamné ?

En revanche « nous avons arrêté que les pays qui sont prêts, comme ceux de la zone UMOA (Union monétaire ouest-africaine), et qui ont fait des efforts importants de bonne gestion, de bonne gouvernance, de maîtrise des déficits, de maîtrise de la dette, seront prêts sans doute en 2020. Il appartiendra aux chefs d’État de cette zone de prendre une décision, ce n’est pas à moi de le dire », a-t-il conclu.

Cette décision condamnera-t-elle le Franc CFA, monnaie très critiquée ? « Aucune monnaie n’est condamnée, les monnaies vivent au rythme des États », s’est contenté de répondre le chef d’État ivoirien.

Par Jeune Afrique avec AFP

Pétrole et Gaz: l’Afrique de l’ouest déteint le tiers des réserves du continent

mai 7, 2018

Vue d’une raffinerie de pétrole à Abidjan, le 14 novembre 2016 / © AFP/Archives / ISSOUF SANOGO

L’Afrique de l’ouest détient le tiers des réserves de pétrole et de gaz naturel du continent noir, a annoncé lundi à Abidjan, un haut responsable de la Cédéao, évoquant une région au « cœur des enjeux géostratégiques ».

« Notre région regorge d’importantes ressources pétrolières et minières. L’Afrique de l’ouest représente 30% des réserves trouvées de pétrole et 30% des réserves trouvées de gaz naturel de l’Afrique », a déclaré M. Sediko Douka, le commissaire Énergies et Mines de la Cédéao (15 pays),

La région qui compte 330 millions d’habitants dispose également dans « son sous-sol de l’or, de l’Uranium, de la bauxite, du diamant, du fer , du manganèse etc.. avec par endroits des gisements de classe mondiale » , a souligné M. Douka qui s’exprimait lors du lancement de la deuxième édition du forum des mines et du pétrole de la Cedeao prévue du 9 au 11 octobre prochain à Abidjan.

L’Afrique de l’ouest est également passée première région minière aurifère devant L’Afrique du sud, affirme la Cédéao.

Outre l’or, la sous-région fournit 10% du manganèse, 8% de la bauxite et 7% de l’uranium mondial.

Entre 2006 et 2017, plusieurs nouvelles mines ont été autorisées en Côte d’Ivoire, Mali, Burkina Faso, Ghana et Guinée.

« Cette abondance de ressources minières et pétrolières place ainsi notre région au coeur des enjeux géostratégiques », a souligné le commissaire de la Cédéao.

« La plupart de ces ressources sont généralement exploitées sous forme brute sans transformation importante », a déploré de son côté le ministre ivoirien des Mines, Souleymane Diarrassouba, appelant à des « reformes vigoureuses » dans ces secteurs.

« Il s’agira pour la cédéao d’afficher sa vision d’une industrialisation. L’enjeu du développement minier de notre sous région est de faire en sorte que le secteur minier et pétrolier contribuent de façon significative au développement économique et social du fait de ses effets d’entrainements », a souligné M. Diarassouba.

Romandie.com avec (©AFP / 07 mai 2018 22h28)                

L’Afrique de l’Ouest veut toujours sa monnaie unique en 2020, mais ça sera dur

octobre 24, 2017

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest répéte sa volonté de créer une monnaie unique pour ses 15 pays dès 2020 / © AFP/Archives / ISSOUF SANOGO

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest a répété mardi sa volonté de créer une monnaie unique pour ses 15 pays dès 2020, mais le Nigeria, poids lourd de la zone, a exprimé sa réticence.

Serpent de mer dont il est question depuis 30 ans, une monnaie unique pour les 15 pays de la Cédéao, qui remplacerait le franc CFA et sept autres devises nationales, apparaît difficile à mettre en place rapidement au vu des difficultés énoncées lors du sommet des chefs d’Etat de la zone qui s’est tenu mardi à Niamey.

Le sommet a cependant proposé une piste pour contourner les gros problèmes de convergence économique et financière entre les Etats : « une approche graduelle privilégiant un démarrage avec les pays qui respectent les critères de convergence », selon le communiqué final du sommet lu par le ministre nigérien des Finances, Hassoumi Massoudou.

Créée en 1975, la Cédéao regroupe aujourd’hui 15 pays totalisant 300 millions d’habitants qui utilisent des monnaies différentes.

Huit de ces pays regroupant 155 millions d’habitants ont en commun le franc CFA, arrimé à l’euro, et sont rassemblés au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa): le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

Les économistes sont divisés sur les coûts et les bénéfices du franc CFA, à la fois garant de stabilité mais monnaie trop forte pour des pays aux économies fragiles. Certains plaident pour sa réforme, par exemple en l’arrimant à un panier de monnaie euro-dollar-yuan chinois.

Le communiqué final n’a pas fait état de cette question.

Chacun des sept autres pays de la Cédéao a sa propre monnaie: l’escudo pour le Cap-Vert, le dalasi pour la Gambie, le cédi pour le Ghana, le franc guinéen pour la Guinée, le dollar libérien pour le Liberia, le naira pour le Nigeria et le leone pour la Sierra Leone.

Ces monnaies ne sont pas convertibles entre elles, ce qui ne facilite pas les échanges.

Le président de la Commission de la Cédéao, Marcel De Souza, avait indiqué dès le début du sommet qu’il pensait impossible qu’une monnaie unique voit le jour en 2020, contrairement au programme prévu.

Malgré des « progrès sur la convergence macro-économique », « les résultats sont faibles »: « nous ne pouvons pas aller en 2020 à la monnaie unique », a-t-il déclaré.

M. De Souza a dressé un bilan sévère. « La feuille de route » pour la monnaie unique « n’a pas été mise en oeuvre vigoureusement ». « De 2012 à 2016, aucun de nos pays n’a pu respecter de manière continue les critères » du programme de convergence macro-économique ».

« L’harmonisation des politiques monétaires » entre les huit monnaies de la Cédéao, qui devait précéder la monnaie unique, « n’est pas faite ». Et « l’institut monétaire », prélude à une Banque centrale commune, n’a pas vu le jour, a-t-il noté.

Les chefs d’Etat ont néanmoins décidé de faire preuve de volontarisme politique, réaffirmant leur « engagement à la poursuite et l’accélération de la réalisation de l’agenda de l’intégration économique et monétaire », et demandant au comité ministériel de la Cédéao de « se réunir dans un délai de trois mois pour proposer une nouvelle feuille de route en vue d’accélérer la création de la monnaie unique en 2020 », selon le communiqué final.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou a suggéré la mise en « circulation à partir de 2020 » d’une monnaie unique au sein des pays de la Cédeao « qui sont techniquement prêts », suivant le modèle européen avec l’euro. « L’adhésion » des autres Etats pourrait se faire « au fur et à mesure », a-t-il dit. Une proposition reprise dans le communiqué final.

Le Nigeria, poids lourd économique et démographique de la zone – avec environ les deux tiers de la population totale et du PIB de la Cédéao -, s’est nettement démarqué, exprimant sa réticence à l’égard d’une devise unique.

Dans un communiqué séparé, le président Muhammadu Buhari a invité ses pairs à « avancer avec prudence vers l’intégration », citant l’exemple des déboires de l’Union européenne avec l’euro.

Le président Buhari a pointé la persistance d’importantes disparités macro-économiques entre les pays de la Cédéao, et le manque de « préparation » des Etats pour aller vers une monnaie unique.

Un nouveau sommet des chefs d’Etat est programmé en févier 2018 à Accra.

Romandie.com avec(©AFP / 24 octobre 2017 19h43)                

Pourquoi la Tunisie veut intégrer la Cédéao?

août 25, 2017
Youssef Chahed, le chef du gouvernement tunisien, lors d’une conférence le 7 avril 2017. © Hassene Dridi/AP/SIPA

Après avoir fait aboutir son adhésion au Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa), dont elle deviendra le 20ème membre, le 20 octobre 2017, la Tunisie s’emploie à intégrer la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

C’est ce qu’a annoncé le 22 août à Tunis le chef du gouvernement, Youssef Chahed à l’ouverture du forum  » Tunisian africain empowerment « . Il a précisé que « le repositionnement de la Tunisie sur le continent africain reste tributaire d’une action diplomatique globale qui accorde une place de choix à la communication culturelle et les échanges économiques ».

Cette démarche entreprise depuis quelques mois devrait être finalisée en décembre, à l’occasion de la prochaine rencontre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à Lomé (Togo) à laquelle est convié le président tunisien, Béji Caïd Essebsi. Suite à sa demande d’adhésion, la Tunisie a d’ores et déjà été admise, le 4 juin 2017, comme membre observateur lors de la Conférence des chefs d’État de la Cedeao, qui s’est tenue à Monrovia (Libéria).

« Devenir un hub sur l’Afrique »

La Tunisie, qui après la période Bourguiba dans les années 60, n’a pas vraiment développé ses partenariats sur le continent, s’est engagée depuis 2015 dans une stratégie de diplomatie économique qui cible notamment l’Afrique subsaharienne. « À court et moyen terme nous souhaitons réaliser une croissance de nos échanges ; à long terme, notre objectif est de devenir un hub sur l’Afrique », explique Ali Marouani directeur au Ministère des Affaires étrangères.

Dans cette course à la conquête des marchés africains, la Tunisie devra faire face à la concurrence ardue du Maroc, qui a intégré la Cedeao en juin, et qui est bien plus largement introduit en Afrique de l’Ouest. Il lui faudra aussi savoir se positionner sur un marché qui, de l’aveu des adhérents, est encore en deçà des attentes en matière d’échanges.

Jeuneafrique.com par – À Tunis