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Congo: Hommage national à Céline Claudette Eckomband

octobre 31, 2013
Céline Eckomband

Dépouille mortelle de Céline Eckomband

Décédée le 18 octobre à l’âge de 81 ans, l’ancienne sénatrice Céline Claudette Eckomband a été inhumée le 29 octobre au mausolée Marien Ngouabi à Brazzaville. La mise en terre a été précédée d’un hommage solennel rendu à l’illustre personnalité, au Palais des congrès, en présence du chef de l’Etat Denis Sassou N’Guesso.

Céline Claudette Eckomband est une femme dont le parcours scolaire, politique et professionnel aura marqué l’histoire de la République du Congo. Elle est née le 28 mai 1932 à Brazzaville des feux Moïse Ecomband et de Marie Issombo Kani.

Mme Eckomband a fait ses études primaires à l’école Saint Joseph à Pointe-Noire avant de regagner plus tard Brazzaville pour des études secondaires au collège Javouhet. L’une des brillantes élèves de sa promotion, elle s’engage tôt dans la vie active en qualité d’institutrice et fait parallèlement ses premiers pas en politique.

Céline Eckomband jouissait d’un bel héritage politique de son père qui fut l’un des proches de l’ancien vice-président de la République Jacques Opagault, ainsi que de son époux Gérard Yandza.

En 1955, elle a animé une causerie-débat sur l’émancipation de la femme congolaise. Au cours de cette rencontre, Céline Eckomband incite les Congolaises à s’inspirer de l’exemple des Africaines et des femmes d’autres continents engagées dans les luttes de libération et le combat pour l’indépendance nationale. Elle faisait notamment allusion à Jeanne Martin Cisse de la Guinée Conakry, Caroline Diop du Sénégal, Awa Keita du Mali, Marie-Hélène Leboucheux de France et Eléonor Roosevelt des Etats-Unis d’Amérique.

Publié dans la ’’Revue Liaison’’, l’exposé de Céline Claudette Eckomband avait suscité un intérêt auprès des Françaises dont les époux assumaient des responsabilités importantes au haut-commissariat général. Elle avait ensuite engagé des échanges avec l’élite féminine congolaise en vue de la sensibilisation, la conscientisation et la responsabilisation, l’implication dans la création des associations à connotation politique pouvant jouer un rôle dans la société.

C’est une femme qui a su se distinguer parmi celles de sa génération, c’est une figure de proue de la lutte pour l’émancipation de la femme congolaise et africaine, a déclaré en substance le deuxième secrétaire du Sénat, Dominique Lékoyi, qui a lu l’oraison funèbre.

Il sied par ailleurs, de signaler qu’en raison de ses opinions politiques, Mme Eckomband avait été arrêtée et condamnée sans jugement le 26 juin 1966 et elle passa 25 mois en prison. Comme un roseau, elle ne courba pas l’échine et continua de participer aux réunions politiques (1963-1968).

Commandeur dans l’ordre du mérite congolais, Céline Eckomband a assumé des fonctions politiques et administratives importantes dont celles de première présidente de l’Union révolutionnaire des femmes du Congo (URFC) en 1965, ambassadeur du Congo en Guinée Conakry (1979-1984), membre de la haute cour de justice, sénatrice (2002-2005) et première femme commissaire politique dans la région du Niari.

Congo-site.com par Christian Brice Elion