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RDC-Religion : la Cénco fustige la haine contre l’Eglise catholique

août 2, 2021

Les cardinal, archevêques et évêques indignés face aux attaques perpétrés contre l’Eglise promettent, par ailleurs, de continuer à jouer leur rôle de sentinelle et réitère leur engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie.

Des lieux de culte catholiques profanés

Dans leur réaction du 2 août, le cardinal, les archevêques et évêques catholiques membres du comité permanent de la Conférence épiscopale nationale de la République démocratique du Congo (Cénco) ont exprimé leur peine face à la haine contre leur église ainsi que des actes de vandalisme perpétrés contre certains lieux de culte et des installations de cette confession religieuse. « La Cénco condamne fermement ces actes de violence inadmissibles qui sont une atteinte à la  liberté religieuse et d’expression, mais aussi une entorse à la démocratie. C’est un grand recul sur le chemin de l’état de droit auquel aspire tout le peuple congolais », ont fait savoir les prélats catholiques.

Face à ces actes décriés, le cardinal, les archevêques et évêques, qui notent que le cardinal n’a pas pris une position qui n’est pas celle de la Cénco dans le cadre de sa mission prophétique, leur peine est d’autant plus grande que tous ces actes manifestent une haine contre l’Eglise catholique.  Pour la Cénco, dans sa position prise, elle ne fait qu’accomplir sa mission prophétique, dans la recherche du bien-être du peuple congolais. « Pourquoi s’en prendre à la Cénco quand elle prêche la cohésion nationale ? Pourquoi l’attaquer quand elle défend l’indépendance de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) ? », se sont-ils demandé. Ils ne s’expliquent pas que leur position leur attire la foudre.

La poursuite de sa mission

Malgré ces actes d’agression et de vandalisme, la Cénco promet de continuer à mener sa mission et réitère son engagement à poursuivre l’accompagnement du peuple congolais dans la consolidation de la démocratie et l’amélioration de ses conditions de vie. « Pour l’amour des Congolais, la Cénco ne se taira point », ont dit les prélats.

Toutefois, la Cénco, qui condamne ces actes ignobles, demande à ses fidèles chrétiens et aux défenseurs de la démocratie de ne pas réagir violemment. « La violence est l’arme de ceux qui maquent les arguments dans un débat démocratique et citoyen. Elle tue la démocratie qu’elle remplace par la dictature », a-t-elle noté.

Les prélats catholiques attendent, cependant, des commanditaires de ces actes, d’arrêter alors qu’au gouvernement, ils demandent de pendre cette situation en  main, en identifiant ces inciviques qui ont opéré à visage découvert afin qu’ils soient sévèrement sanctionnés et que plus jamais pareils attaques ne se répètent.

Dans les faits, la Cénco note, par ailleurs, que c’est depuis le mois d’avril que des actes abominables de profanation sur les lieux de culte sont enregistrés notamment à Mbuji-Mayi dans le Kasaï. Elle se dit aussi consternée de voir sur la toile, le 31 juillet, le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Augustin Kabuya, tenir des propos désobligeants à l’endroit du cardinal archevêque de Kinshasa et son secrétaire général, les accusant entre autres de politiser l’Eglise.

Les prêtres se disent choqués de constater que, juste après ces déclarations d’un de haut cadre du parti au pouvoir, des actes de vandalisme accompagnés des injures macabres sont posés à l’archevêché de Kinshasa et à la résidence du cardinal par un groupe de jeunes non autrement identifiés qui, dans leur discours, ont repris certains propos du secrétaire général de l’UDPS.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC – Donatien N’shole (Cenco) : « L’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés »

novembre 14, 2020
L'abbé Donatien N'shole, secrétaire général de la Cenco, en janvier 2019 à Kinshasa.

La Conférence épiscopale nationale du Congo tente de jouer les médiateurs entre Tshisekedi et Kabila. Son secrétaire général, l’abbé Donatien N’shole, insiste : les consultations en cours doivent permettre de « changer les choses » en profondeur.

Lundi 9 novembre, au Palais de la Nation. Face à une forêt de micros, entouré des évêques congolais, le cardinal Fridolin Ambongo se fait solennel. Si la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a accepté de participer aux discussions que Félix Tshisekedi a lancées pour tenter de constituer cette « union sacrée » qu’il appelle de ses voeux, c’est parce que « le peuple attend beaucoup de ces consultations ».

« La situation actuelle a démontré ses limites. Le peuple n’est plus au coeur des soucis de ceux qui nous gouvernent. Il faut que quelque chose change », martèle l’archevêque de Kinshasa.

Quelques jours plus tard, une délégation de la Cenco, conduite par son président, Mgr Marcel Utembi, l’archevêque de Kisangani, a rencontré Joseph Kabila, qui a demandé aux cadres du Front commun pour le Congo (FCC) de ne pas participer de manière individuelle aux consultations. Objectif de cette rencontre :  « Lui donner des conseils, en ce moment, et aussi l’écouter afin de continuer à réfléchir », a déclaré à l’issue de l’entretien l’abbé Donatien N’shole, secrétaire général de la Cenco.

La Cenco a également rencontré Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle qui a refusé de participer aux consultations, ainsi que le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba, membre du FCC de Kabila.

L’abbé Donatien N’shole, qui a reçu Jeune Afrique au au siège de la Cenco, à Kinshasa, insiste sur le fait que la démarche des évêques congolais n’entre pas en concurrence avec les consultations menées par le chef de l’État, mais vise à favoriser l’émergence d’une « solution politique appropriée ». Et pour Donatien N’shole, l’une des principales urgences est de procéder à des réformes électorales consensuelles car « la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle ».

Jeune Afrique : En quelques jours, les évêques ont rencontré le président Félix Tshisekedi, son prédécesseur Joseph Kabila, l’opposant Martin Fayulu et le Premier ministre, Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Quel a été le message porté ?

Donatien N’shole : La crise est profonde et les évêques ont voulu dire leur regret face au fait que, malgré leurs multiples interpellations sur les querelles intestines qui déchirent la coalition FCC-Cach [Cap pour le changement], la situation ne fait qu’empirer.

Les Congolais souffrent énormément et il n’y a pas d’avancées sur les réformes attendues. Nous sommes arrivés à la conclusion que, dans la dynamique actuelle, on ne peut pas espérer reconstruire le pays. Il faut donc une solution politique appropriée.À LIRE RDC – Matthieu Kalele : « Nous avons assisté à une régression sociale qui est allée en s’amplifiant »

Que préconisez-vous ?

Nous n’avons pas de recettes politiques à donner.

Votre initiative ne risque-t-elle pas de perturber les consultations lancées par Félix Tshisekedi ?

Pas du tout. Nous ne faisons qu’apporter notre contribution, pour impliquer les acteurs politiques et faire comprendre à tous qu’il faut mener des réformes consensuelles, en particulier en ce qui concerne les élections.

Il faut le dire avec insistance : la mauvaise gestion des élections de 2018 est la principale raison de la crise actuelle. Il faudra donc se préparer pour organiser des scrutins [en 2023] qui nous feront sortir de la crise et donneront des institutions fortes et légitimes.

La dissolution de la coalition au pouvoir vous semble-t-elle inévitable ?

Il faut une nouvelle dynamique politique. La dynamique actuelle, malheureusement, ne peut pas nous offrir de bonnes choses.

À la fin des consultations de Félix Tshisekedi, quelle option vous semble-t-elle préférable ?

Encore une fois, il ne revient pas aux évêques de dicter au président sa conduite. Mais il lui revient de prendre ses responsabilités, tout en privilégiant l’intérêt supérieur de la nation, le respect de la Constitution et l’intégrité du pays.

Comment espérer une solution consensuelle alors que certains des principaux acteurs politiques, dont les alliés de Joseph Kabila ou l’opposant Martin Fayulu, s’opposent à la démarche du président Tshisekedi ?

C’est bien pour cela que nous nous impliquons ! Tout le monde doit comprendre que la raison première de cette crise que nous traversons réside dans la mauvaise gestion des élections passées. La meilleure solution est donc de préparer, dès à présent, de bonnes élections pour 2023. Il faut atteindre le consensus sur ce point.

Pour cela, il n’est pas utile d’organiser un grand dialogue comme celui qui a débouché sur l’accord de la Saint-Sylvestre en 2016. On a surtout besoin que les principaux acteurs politiques se concentrent sur l’essentiel. Il faut plutôt imaginer un mécanisme dans lequel les grandes forces politiques peuvent se retrouver et mettre en place des réformes qui vont protéger les intérêts des uns et des autres et, surtout, répondre aux besoins de la population.

Martin Fayulu, pour avoir échangé avec lui, n’est pas fermé à l’idée échanger avec le président Tshisekedi. Mais c’est le cadre de ces consultations qui lui pose problème.À LIRE Tensions entre Tshisekedi et Kabila en RDC : l’armée appelle à ne pas « opposer les militaires les uns aux autres »

Craignez-vous que la situation actuelle débouche sur une période d’instabilité politique ?

Nous ne le souhaitons évidemment pas, mais c’est possible, si les acteurs politiques ne se montrent pas responsables. Mais l’alternance de 2018 ne donne pas les résultats escomptés. Les éléments positifs qui ont été salués au début [du mandat de Félix Tshisekedi] ne font plus espérer. Il faut changer des choses.

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala – à Kinshasa

RDC: l’épiscopat exige la « libération » du prêtre catholique enlevé à Kinshasa

février 3, 2018

Kinshasa – La conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a exigé samedi la « libération » d’un prêtre catholique enlevé dans la matinée à Kinshasa en République démocratique du Congo où les relations sont tendues entre l’Église et le gouvernement.

Ce matin, « nous avons appris comme tout le monde que le père Sébastien Yebo a été enlevé par des agents en tenue civile. Jusque-là, nous n’avons aucune nouvelle de lui », a déclaré à l’AFP l’abbé Jean-Marie Bomengola, secrétaire de la commission des communications sociales de la Cenco.

« Au niveau de la Cenco, nous condamnons cet enlèvement et exigeons sa libération », a-t-il dit.

« Nous dénonçons et condamnons également l’acharnement qui s’observe actuellement à l’égard des prêtres, religieux et religieuses dont certains sont molestés, battus et arrêtés sans un motif valable », a ajouté l’abbé Bomengola.

Curé de la paroisse Saint Robert dans la périphérie Est de Kinshasa, « le père Sébastien a été enlevé juste après la messe matinale par des policiers », avait déclaré à l’AFP dans la matinée une religieuse de cette paroisse.

Pendant la messe, un homme non identifié « filmait le prêtre » à l’aide d’un téléphone portable et à la sortie, « un véhicule de la police est arrivé, des policiers sont descendus, ils ont commencé à frapper le curé, ils l’ont jeté dans leur jeep et sont partis avec lui », avait rapporté une autre religieuse, témoin de l’événement.

Religieux passioniste, le père Sébastien Yebo est le curé de la paroisse Saint Robert depuis août 2017.

Les autorités congolaises n’ont pas réagi aux sollicitations de l’AFP.

Cet incident a eu lieu alors que Kinshasa et l’Église sont à couteaux tirés depuis des marches interdites de catholiques les 31 décembre et 21 janvier contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

Selon l’ONU, quinze personnes au moins ont été tuées dans la répression de ces marches, dont une aspirante à la vie religieuse. Les autorités congolaises ont fait état d’un nombre de décès bien moindre.

Les catholiques demandent à M. Kabila de déclarer publiquement qu’il ne se représentera pas à un nouveau mandat.

Le climat politique est très tendu en RDC où le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin le 20 décembre 2016.

Des élections prévues fin décembre 2017 ont finalement été reportées en décembre 2018.

Romandie.com avec(©AFP / 03 février 2018 20h44)                                            

Dialogue en RDC : les évêques mettent fin à leur médiation et dénoncent l’impasse des discussions

mars 28, 2017

Les évêques catholiques se rendent à une réunion à Kinshasa le 21 décembre 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

La Conférence épiscopale nationale des évêques (Cenco) a mis fin à la médiation entre le pouvoir et l’opposition, a-t-elle indiqué lundi, tard dans la soirée. Les évêques en appellent à la responsabilité du chef de l’État pour la poursuite des négociations.

« La Cenco n’entend pas conduire les bons offices indéfiniment », a fait savoir cette dernière lundi 27 mars, après plus de trois mois passés à arbitrer le dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition.

« À ce niveau, la Cenco porte à la connaissance de l’opinion tant nationale qu’internationale l’impasse politique de ces discussions » a souligné Mgr Marcel Utembi, président de la Cenco, dans son discours de clôture des travaux portant sur « l’arrangement particulier », ce document additif du compromis politique signé le 31 décembre 2016 sous l’égide des évêques dans lequel toutes les modalités d’application de l’accord entre le pouvoir et l’opposition devaient être définies, mais qui n’a toujours pas été adopté.

Les discussions dans l’impasse

Devant la presse, le vice-président de la Cenco, Mgr Fridolin Ambongo, a pour sa part déploré « les jeux d’intérêt partisans qui priment sur l’intérêt de la nation ». « Il y a des petites questions qu’on pouvait facilement traiter qu’on fait traîner en longueur comme si la souffrance du peuple ne leur disait rien », a-t-il renchéri, regrettant qu’aujourd’hui, « plus personne ne parle des élections ».

Très critique envers « la classe politique », dont il pointe « l’inconscience et l’insensibilité par rapport à la gravité de la situation », en référence notamment aux violences dans le Kasaï (centre) et dans l’est de la RDC, Mgr Fridolin Ambongo a lancé un appel au peuple, affirmant que « la pression ne peut venir uniquement de la Cenco ».

Appel au chef de l’État

Pour conclure, la Cenco « en appelle à l’implication personnelle et à la responsabilité du Chef de l’État en tant que garant de la nation, dans la mise en oeuvre rapide de l’accord de la Saint-Sylvestre« . Dans ce compromis, le chef de l’État congolais – dont le mandat est échu depuis le 20 décembre –  peut rester au pouvoir, mais il doit nommer un Premier ministre issu du Rassemblement, la principale plateforme de l’opposition.

« Après trois mois de médiation, nous constatons que les évêques ont échoué dans la mission que le président Joseph Kabila leur avait confiée. Le chef de l’État, en sa qualité de garant de la nation, va prendre ses responsabilités », a réagi mardi Barnabé Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique du chef de l’État en visite à Berlin, contacté par JA.

Nous avons fait tout ce qui était dans la mesure du possible

« Nous prenons acte de la déclaration de la Cenco qui vient de mettre fin à la médiation. C’est un jour triste pour le Congo et pour les Congolais », a déclaré lundi devant la presse Félix Tshisekedi (le fils d’Étienne), de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS).

Parlant au nom du Rassemblement de l’opposition, il a estimé que ce dernier avait « fait tout ce qui était dans la mesure du possible pour essayer de trouver une solution à cette crise qui est due au fait qu’on n’a pas organisé des élections libres et démocratiques dans ce pays ».

Le Rassemblement, qui est parvenu, bon an, mal an, à rester soudé après la disparition d’Étienne Tshisekedi le 1er février à Bruxelles, s’exprimera publiquement ce mardi, à Kinshasa, au sujet de la situation politique en RDC, a indiqué le fils de l’opposant historique.

Jeuneafrique.com par

Dialogue en RD Congo : l’interminable partage du gâteau exaspère les évêques

janvier 23, 2017

Deux évêques congolais, membres de la Cenco et médiateurs des pourparlers politiques en RDC, le 21 décembre 2016 à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

Plus de vingt jours après la signature de l’accord politique global et inclusif en RDC, les modalités de son application tardent à être adoptées. Principal blocage : le partage des postes. Au grand dam des évêques congolais, médiateurs de ces tractations, qui l’ont fait savoir dimanche.

« La Cenco [Conférence épiscopale nationale du Congo, médiatrice des pourparlers en cours en RDC, ndrl] lance un appel aux négociateurs à se montrer plus sensibles aux besoins du peuple congolais et à ne pas perdre de vue l’objectif principal de ces négociations qui est l’organisation des élections dans moins d’une année ». Dans un communiqué publié le dimanche 22 janvier, les évêques congolais tirent, une fois de plus, la sonnette d’alarme.

« Il n’est pas concevable que les tractations pour mettre en oeuvre un accord prennent plus de temps que les négociations initiales pour signer le même accord », explique à Jeune Afrique un prêtre congolais qui participe aux travaux. « Nous avons de plus en plus l’impression que des politiques se préoccupent plus des postes à conserver ou à occuper qu’à l’intérêt supérieur de la nation », s’exaspère-t-il.

Dans son communiqué, la Cenco revient en effet sur les « avancées enregistrées » jusqu’ici, mais surtout sur les « divergences persistantes », « à plus ou moins 11 mois de l’organisation des élections », l’accord de la Saint-Sylvestre ayant prévu la tenue de la présidentielle, des législatives et des scrutins provinciaux au plus tard en décembre 2017.

Un « triumvirat » à la tête du CNSA

C’est à l’issue d’âpres tractations qu’un accord a été trouvé lundi à Kinshasa sur la répartition des sièges au sein du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA) dont la direction a été confiée à l’opposant historique Étienne Tshisekedi.

Le CNSA sera ainsi composé de 28 membres dont neuf délégués de la Majorité présidentielle (MP), six du Rassemblement, principal regroupement de l’opposition rangé derrière Étienne Tshisekedi, quatre de l’opposition signataire de l’accord de la Cité de l’Union africaine conduite par Vital Kamerhe, quatre du Front pour le respect de la Constitution, deux de l’opposition dite « républicaine » dirigée par Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, et trois représentants de la société civile.

Pour contourner la question de l’ordre de préséance des trois vice-présidents du CNSA, les parties ont convenu de mettre en place un présidium. Il s’agit d’un espace présidentiel qui regroupera le président et ses trois vice-présidents. Ces derniers proviendront chacun de la MP, du Front pour le respect de la Constitution et de l’opposition signataire de l’accord de la Cité de l’Union africaine.

En cas d’absence éventuelle d’Étienne Tshisekedi qui s’apprête à se rendre de nouveau en Belgique pour un « check-up médical », c’est ce présidium qui exercera l’intérim, selon la médiation. « Il fonctionnera sous forme de triumvirat : les trois vice-présidents vont se concerter, avec l’accompagnement de la Cenco », a précisé Mgr Fridolin Ambongo, vice-président de la Cenco.

Interminable partage des postes ministériels

Les évêques catholiques indiquent par ailleurs que les parties peinent encore à s’entendre sur « le mode de la présentation du candidat Premier ministre : le Rassemblement exige de présenter un seul nom, la MP exige au moins cinq noms. » « Il en est de même sur la répartition des postes ministériels du gouvernement (…) », soulignent-ils.

Le prochain gouvernement ne doit pas dépasser la barre symbolique de 50 ministres

À ce stade, les protagonistes se sont tout juste accordés sur « les principes à prendre en compte pour fixer la taille du gouvernement ». « La prochaine équipe gouvernementale ne doit pas dépasser la barre symbolique de 50 ministres », assure une source proche du dossier.

S’inspirant de la formule « 1+4 » (un président et quatre vice-présidents de la République) issue du dialogue de Sun City en 2003, le futur Premier ministre sera entouré de quatre-vice Premiers ministres, « titulaires chacun d’un portefeuille et chargés d’une commission gouvernementale ».

« Décrispation au compte-gouttes »

Quant aux mesures de décrispation attendues, les autorités ne se montrent pas pressées pour prendre des décisions dans ce sens. Les évêques notent toutefois le retour de Roger Lumbala, ex-allié du Mouvement du 23-Mars (M23), la rébellion vaincue fin 2013 dans l’est de la RDC.

« Cette décrispation se passe au compte-gouttes. Ce n’est pas normal ! », a tonné dimanche Olivier Kamitatu, ancien président de l’Assemblée nationale et cadre du Rassemblement de l’opposition. « La décrispation [du climat politique] ne doit pas attendre un arrangement particulier. Que ce soit la libération des prisonniers politiques, que ce soit la réouverture des médias, elle se fait de manière trop lente », a-t-il dénoncé.

Concernant le cas de Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, qui a refusé que son sort bloque la conclusion de l’accord du 31 décembre, la Cenco indique qu’une commission ad hoc a été mise en place pour suivre ce dossier. Il en est de même concernant celui de l’opposant Jean-Claude Muyambo.

Quid du calendrier électoral ?

Priorité des priorités, les élections censées avoir lieu avant la fin de l’année ne semblent pas être au cœur des préoccupations des politiques. Il ne reste pourtant que, théoriquement, 11 mois ! Ce qui pousse les évêques à anticiper et à faire une « recommandation particulière » : la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) est en effet appelée à publier le calendrier global du processus électoral d’ici le 15 avril.

En attendant, la médiation a fixé, en accord avec les protagonistes, au 28 janvier l’adoption de « l’arrangement particulier », document additif du compromis politique conclu le 31 décembre dans lequel toutes les modalités d’application de l’accord seront définies.

« La Cenco n’est pas prête à conduire les bons offices indéfiniment sans résultats », avertit le communiqué des évêques. Ces derniers appellent, une fois de plus, le camp de Kabila et celui de l’opposition à « se faire les concessions majeures » pour un aboutissement heureux des négociations.

Y parviendront-ils d’ici le 28 janvier, comme l’espèrent les évêques ? Rien n’est moins sûr.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Gouvernement de la Transition en RDC avec 46 ministres

janvier 16, 2017

Voici la composition du nouveau Gouvernement de la RDC, rendu public par la Cenco, à Kinshasa.

 Premier Ministre : Félix Tshisekedi / Rassop
VICES-PREMIERS MINISTRES
Vice-Premier Ministre des Affaires étrangères et Intégration régionale : Léonard She Okitindu / MP
Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, Sécurité et Affaires Coutumières : Valentin Mubake / Rassop
Vice-Premier Ministre en charge des Transports et Communication : Samy Badibanga / Rassop
Vice-Premier Ministre en charge du Budget : Henry Yav / MP

MINISTRES D’ETAT
Ministre d’Etat & Ministre de l’Economie Nationale : Modeste Bahati / MP
Ministre d’Etat & Ministre du Plan : Martin Fayulu / Rassop
Ministre d’état Ministre des Finances : Freddy Matungulu / Rassop
Ministre d’Etat Ministre de la Décentralisation et Réforme Institutionnelle : Emmanuel Ramazani Shadary / MP

MINISTRES
Ministre de la Justice, Droits Humains et Garde des sceaux : Christopher Ngoie / Rassop
Ministre de la Fonction Publique : Michel Bongongo / Opp
Ministre de la Défense Nationale, Anciens combattants et Réinsertion sociale : Crispin Atama Tabe / MP
Ministre du Travail Emploi et Prévoyance Sociale : Lambert Matuku / MP
Ministre de la Communication et Médias : Lambert Mende / MP
Ministre des Postes Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et Communication : Alexis Tambwe Mwamba / MP
Ministre Portefeuille : Protaïs Lumbu / Rassop
Ministre des Relations avec le Parlement : Pierre Kangudia / Opp
Ministre des Affaires Foncières : Joseph Kokonyangi / MP
Ministre des Infrastructures Travaux Publics et Reconstruction: Marie Madeleine Kalala / SC
Ministre de l’Urbanisme et Habitat : Amy Ambatobe / MP
Ministre des Mines : Martin Kabwelulu / MP
Ministre des Hydrocarbures : Adam Bombole / Rassop
Ministre de l’Industrie, Petites et Moyennes Entreprises : Guy Mikulu / MP
Ministre de l’Energie et recherche Hydraulique : Joseph Olengankoy / Rassop
Ministre du Tourisme : André Moke / MP
Ministre du Commerce Extérieur : Clément Kanku / Opp
Ministre de l’Agriculture et Développement Rural : Patrick Mayombe / Opp
Ministre de l’Enseignement Primaire Secondaire, Professionnel et Initiation à la Nouvelle Citoyenneté : Gaston Musemena / MP
Ministre du Genre Enfant et Famille : Marie Ange Lukiana / MP
Ministre des affaires sociales Solidarité et Actions Humanitaires : Paluku Kisaka / MP
Ministre Sports, Jeunesse et Loisirs : Willy Bakonga / MP
Ministre de l’Environnement et Développement Durable : José Endundo / Rassop
Ministre de l’Enseignement Supérieur, Universitaire et Recherche Scientifique : Steve Mbikayi / Opp
Ministre de la Santé Publique : Félix Kabange Numbi / MP
Ministre de la Pêche et Elevage : Christian Mwando / Rassop
Ministre de la Culture et Arts : Vidiye Tshipanda Tshimanga / Rassop
Ministre Délégué au près du premier Ministre & en charge des relations avec le comité de suivi : Peter Kazadi / Rassop

VICES- MINISTRES
Vice-Ministre des Affaires Étrangères et des congolais de l’Etranger : Rassop
Vice-Ministre de l’Intérieur : Marie Louise Muange / MP
Vice-Ministre de la Justice : Jonas Tshiombela / SC
Vice-Ministre Budget : Maguy Kiala / SC
Vice-Ministre du Plan : Franck Mwedi Apenela / MP
Vice-Ministre de la Défense : José Makila / Opp
Vice-Ministre des Finances : Jean-Lucien Bussa / Opp
Vice-Ministre de l’Enseignement Supérieur : Mboso Nkodia / MP
Vice-Ministre de la Santé Publique : Pierre Matusila / Opp

Par le Secrétariat Général de la CENCO

RDCongo : Quand Kabila devient le principal supporteur de la CENCO pour la signature d’un accord

janvier 5, 2017

Le président rdcongolais, Joseph Kabila (sur notre photo recevant les évêques), a reconduit, mercredi, 4 janvier, la médiation de l’épiscopat congolais en vue de l’application de l’accord de cogestion de la République démocratique du Congo (RDC) jusqu’à l’élection de son successeur, a-t-on appris des sources concordantes.

« Les choses sont claires après l’échange entre les évêques et le président de la République qui leur a demandé de tout faire pour mettre en application l’accord », a déclaré une source ecclésiastique.
« Les évêques ont été reçus en audience par le président Kabila. Mais le contenu des entretiens n’est pas destiné à la presse », a déclaré un proche collaborateur du chef de l’Etat.

Mercredi, en début de soirée, les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) ont présenté « en primeur » à Joseph Kabila, l’accord de sortie de crise née du maintien du chef de l’Etat au-delà du terme de son mandat, le 20 décembre.

Mardi, la majorité au pouvoir en RDC avait conditionné sa participation aux négociations sur les modalités d’application de l’accord du 31 décembre à la reconduction du mandat des évêques par M. Kabila. L’accord entérine une décision de la Cour constitutionnelle autorisant M. Kabila à demeurer à la tête du pays, en contrepartie de la création d’un Conseil de surveillance de l’accord et la désignation d’un premier ministre de l’opposition.

Joseph Kabila, âgé de 45 ans et au pouvoir depuis 2001, ne peut briguer un nouveau mandat. Le 20 décembre, date de la fin de son mandat, au moins, 40 personnes, selon l’ONU, ont été tuées dans des affrontements avec les forces de l’ordre.

La RDC n’a pas connu de transition politique pacifique depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

Afriqueeducation avec AFP

RDC : le pouvoir et l’opposition doivent discuter mardi de la mise en application de l’accord du 31 décembre

janvier 2, 2017

Etienne Tshisekedi, à l’aéroport de Kinshasa le 27 juillet 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

En République démocratique du Congo, un contact est prévu ce mardi entre le pouvoir et l’opposition afin de définir les modalités d’application de l’accord signé le 31 décembre. Celui-ci doit poser les jalons de la cogestion du pays après la fin du mandat du président Joseph Kabila le 20 décembre dernier.

Trois jours après l’accord historique du 31 décembre, “un premier contact dans le sens de déterminer les modalités de sa mise en application est prévu mardi”, a annoncé l’abbé Donatien Nshole, porte-parole de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Négocié grâce à la médiation des évêques du pays, cet accord autorise le président Joseph Kabila à demeurer au pouvoir jusqu’à l’élection de son successeur, au plus tard fin décembre 2017.

“L’accord étant déjà en vigueur depuis sa signature, nous avons convenu de discuter d’un arrangement particulier sur la composition du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSAP), le mode de désignation des 28 membres de cet organe, de la composition du gouvernement de transition”, a confirmé Christophe Lutundula, signataire de l’accord pour le compte du Rassemblement, la coalition de l’opposition menée par Étienne Tshisekedi.

Dix signatures manquantes

À cela s’ajoute la question de la représentativité de cet accord, dix délégués de l’opposition n’ayant pas apposé leur signature sur ce document. Il s’agit des représentants du Mouvement de libération du Congo (MLC), de l’ancien vice-président de la République Jean-Pierre Bemba, actuellement détenu à La Haye pour crimes contre l’humanité, et de certains négociateurs appartenant à la frange minoritaire de l’opposition.

Lors des discussions, le MLC avait réclamé la présidence du CNSAP, en dénonçant le fait que l’opposant Étienne Tshisekedi soit président de cet organe et que le Premier ministre de transition soit également issu du Rassemblement.

Ce refus d’entériner l’accord avait d’ailleurs conduit la majorité au pouvoir à signer sous réserve le document de sortie de crise. “Pour notre famille politique (majorité), cet arrangement particulier doit régler cette question d’absence d’inclusivité de l’accord du 31 décembre », a ainsi déclaré le ministre des Médias Lambert Mende.

Jeuenafrique.com avec AFP

Urgent/RDC: la Cenco annonce la signature de l’accord entre la majorité et l’opposition

décembre 31, 2016

Selon la conférence épiscopale, la signature de l’ accord a eu lieu à 22h40 heure locale en présence de représentants de la communauté internationale au centre interdiocésain de Kinshasa. Selon les termes de cet accord, le Premier ministre sera choisi par le rassemblement de l’opposition. Le président Kabila reste en fonction jusqu’à l’élection de son successeur qui doit intervenir avant fin 2017. Toutefois, certaines questions doivent faire l’objet d’un «arrangement particulier» qui devra être discuté à partir du début de la semaine prochaine. Ces questions sont entre autres le chronogramme de l’application de l’accord, la composition du gouvernement d’union nationale et des gouvernements provinciaux.

Accord en RDC: Moïse Katumbi ne veut pas être «un point de blocage»
L’opposant Moïse Katumbi escorté par ses partisans, alors qu’il se rendait au palais de justice, à Lubumbashi, le 11 mai 2016
© © REUTERS/Kenny Katombe

Les négociations entre majorité et opposition en République démocratique du Congo achoppaient ce samedi 31 janvier sur plusieurs points. Parmi les points de blocage le sort de Moïse Katumbi.

Joint par RFI, l’opposant en exil en Belgique a assuré qu’il ne voulait pas être « un point de blocage pour le pays » et demande au rassemblement de l’opposition de signer l’accord.

« Le plus important, c’est le pays. Et je ne veux pas être un point de blocage pour le pays, alors je veux faciliter la tâche, a-t-il déclaré. C’est pourquoi j’ai demandé au rassemblement [de l’opposition] de ne pas bloquer la signature à cause de moi, de signer l’accord. On n’aura pas de troisième mandat du président Kabila. Au mois de décembre, on n’aura pas besoin d’un référendum et c’est le plus important. »

« Je reste avec mes ambitions en tant que candidat à la présidence de la République mais j’appartiens au rassemblement, a-t-il poursuivi. J’ai demandé à ce qu’on signe l’accord pour qu’il puisse y avoir une élection présidentielle, qu’on puisse avoir la première alternance de notre pays ».

La Cenco a depuis annoncé qu’un accord entre majorité et opposition avait été trouvé. Selon la conférence épiscopale, la signature de cet accord a eu lieu ce samedi à 22h40 heure locale en présence de représentants de la communauté internationale au centre interdiocésain de Kinshasa.

Par Rfi.fr, le 31-12-2016 à 22:53

RDC: pouvoir et opposition sont pratiquement arrivés à conclure un accord

décembre 30, 2016

Kinshasa – La majorité et l’opposition sont pratiquement arrivés à conclure un accord de sortie de la crise provoquée en RDC par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, après quinze jours des discussions, a annoncé vendredi à Kinshasa l’épiscopat congolais, médiateur de ces négociations.

Les deux camps sont pratiquement arrivés à conclure un accord. Les différents délégués viennent de s’accorder pratiquement sur les différends points de divergence qui ont fait l’objet des présentes assisses, a déclaré Mgr Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) lors d’une brève cérémonie solennelle.

Aujourd’hui, le compromis politique est là, la signature de l’accord est prévue dans la matinée de demain samedi, a ajouté Mgr Utembi, archevêque de Kisangani, grande ville du nord-est de la RDC.

La crise politique qui mine la RDC est provoquée par le maintien à la tête de la République démocratique du Congo du président Kabila dont le mandat a expiré le 20 décembre dans un climat de violences meurtrières.

Âgé de 45 ans, M. Kabila est au pouvoir depuis 2001. La Constitution lui interdit de se représenter. La présidentielle qui aurait dû avoir lieu cette année a été reporté sine die.

Jeudi, la Cenco avait exprimé son intention de mettre un terme le lendemain aux négociations qui avaient été suspendues la veille de Noël, la première date-butoir fixée, sans accord.

Commencées le 8 décembre à l’initiative des évêques, une ultime session de négociations s’est déroulée à Kinshasa sous l’égide de la Cenco.

Selon le président de la conférence épiscopale, l’accord trouvé prévoit le maintien au pouvoir de M. Kabila jusqu’à l’élection d’un successeur élu lors d’un scrutin devant être organisé fin 2017 en même temps que les législatives nationales et provinciales.

En contre-partie, l’accord prévoit également la nomination d’un nouveau Premier ministre issu du Rassemblement, une coalition qui regroupe la majeure partie de l’opposition constituée autour de la figure d’Étienne Tshisekedi, opposant historique en RDC.

Les différentes parties prenantes ont convenu de la gestion consensuelle de l’État, a aouté le prélat.

Une commission des hauts magistrats a été instituée pour examiner les différents dossiers liés aux questions de décrispation politique: libération des prisonniers politiques et retour des exilés, a-t-il dit.

État-continent de plus de 70 millions d’habitants, la RDC n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

Romandie.com avec(©AFP / 30 décembre 2016 22h37)