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Dialogue politique en RDC: les grandes lignes de l’accord

décembre 23, 2016

 

Les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) Marcel Utembi et Fridolin Ambongo, lors de la reprise de la médiation entre l’opposition et le gouvernement en place, le 21 décembre 2016.
© REUTERS/Thomas Mukoya

« Ce vendredi 14 heures, nous atterrirons », a déclaré le vice-président de la Cenco, Mgr Fridolin Ambongo. « Le président Kabila a fait suffisamment de concessions, l’accord sera signé ce vendredi », a tenu également à rassurer Adolphe Lumanu, délégué de la majorité présidentielle. Même ton chez Félix Tshisekedi du Rassemblement de l’opposition.

L’optimisme était de mise jeudi soir pour un projet d’accord finalement proche des positions défendues par l’Eglise catholique au dialogue national, mais jusque-là jamais acceptées par la majorité présidentielle. Leur délégué avait fini par claquer la porte, s’attirant l’ire des signataires de l’accord d’octobre qui en était issu.

Des élections en 2017

En quelques heures, elle a fini par accepter une transition d’un an seulement avec des élections en 2017, et non plus en 2018. Par ailleurs, le président Kabila s’engagerait à ne pas briguer de troisième mandat et à ne pas réviser la Constitution.

Quant à l’exécutif, les cartes pourraient être rebattues pour inclure maintenant les ténors de l’opposition. Le poste de Premier ministre resterait à l’opposition, mais rien ne dit que Samy Badibanga, nommé il y a une semaine, sera maintenu. On garderait un gouvernement d’union. Mais là encore, l’équipe pourrait être modifiée pour être plus inclusive.

Enfin, la Commission électorale serait remaniée même si son président, pourtant tant décrié par le Rassemblement, resterait en fonctions.

Un comité de suivi

Autre point : l’instauration d’un comité de suivi capable d’imposer le respect de l’accord. Et ce comité, le Rassemblement de l’opposition aimerait le voir appeler Conseil national de la transition. Etienne Tshisekedi, sa figure de proue, pourrait en devenir le président. Comme une contrepartie au maintien de Joseph Kabila au pouvoir pour un an. Ce comité a encore des contours flous. La communauté internationale et la conférence épiscopale en feront-elles partie ? Quatre juristes issus des deux parties planchent sur ses contours.

Reste l’épreuve du passage en plénière avec notamment parmi les délégués des membres du tout nouveau gouvernement Samy Badibanga. En tout cas, si un accord n’est pas signé ce vendredi soir, les évêques ont indiqué qu’ils mettraient fin à leur médiation. Et ils promettent d’en tirer toutes les conséquences et de s’adresser directement à la population.

 

Conclusion de l’accord de la CENCO (Points saillants):

1- Joseph Kabila reste Président mais ne se présente plus à la prochaine présidentielle; ( Bien élucidé dans le corpus du document)
pas de Référendum pendant cette transition;
2- Élections au quatrième trimestre 2017;
3- Libération de 7 prisonniers politiques;
4-Retour de Moïse Katumbi;
5- Gouvernement de transition avec le Rassemblement (Tchisekedi);
6- Comité de suivi de l’accord de la Cenco mis en place

Avec Rfi.fr par Laura Martel

Crise en RD Congo : ultimatum des évêques à la classe politique pour un accord avant Noël

décembre 21, 2016

Kinshasa – Les évêques catholiques de la République démocratique du Congo ont adressé mercredi un ultimatum aux hommes politiques du pays, les pressant de s’entendre avant Noël sur une voie de sortie de la crise provoquée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) n’est pas disposée à des prolongements indus et à des manœuvres dilatoires, a déclaré son président, Mgr Marcel Utembi, à la reprise des négociations arbitrées par l’Église.

Notre souhait est de clôturer avant Noël. Si les acteurs politiques et de la société civile n’arrivent pas à un compromis à cette échéance, à faire des concessions pour une gestion consensuelle de la période transitoire, la Cenco en tirera toutes les conséquences qui s’imposent, a-t-il ajouté.

La RDC a connu mardi, jour du terme du mandat du président Kabila, une journée de violences liées à la contestation de son maintien au pouvoir au-delà du terme de son mandat.

Selon un bilan provisoire donné à la presse par le chef du Bureau conjoint des Nations unies pour les droits de l’Homme en RDC (BCNUDH), José Maria Aranaz, 19 personnes ont été tuées mardi à Kinshasa, Lubumbashi (Sud-Est) et Matadi (Ouest), et 45 autres blessées.

Selon les autorités, il y a eu onze morts : neuf dans la capitale et deux à Lubumbashi. Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, a mis au défi quiconque de prouver que le bilan officiel des morts à Kinshasa n’était pas conforme à la réalité.

L’Église catholique a joué un rôle majeur dans l’ouverture démocratique de la décennie 1990 en RDC pendant les dernières années du règne du dictateur Mobutu Sese Seko, renversé en 1997 par Laurent-Désiré Kabila, père de l’actuel président congolais.

Elle jouit en RDC d’une audience sur les questions politiques qui dépasse largement le cercle de ses fidèles, qui représentent environ 40% de la population.

Romandie.com avec(©AFP / 21 décembre 2016 15h07)             

Crise politique en RDC: les négociations suspendues, reprise le 21 décembre

décembre 17, 2016

Kinshasa – Les négociations entre pouvoir et opposition pour tenter de trouver une issue à la crise politique en République démocratique du Congo sont suspendues et reprendront le 21 décembre, a annoncé samedi le président de la conférence des évêques catholiques, qui assure la médiation.

Les discussions reprendront au lendemain de l’échéance officielle du mandat du président Joseph Kabila, le 20 décembre. Une partie de l’opposition et de la population réclament son départ à cette date alors que le chef de l’Etat entend, lui, rester au pouvoir, après le report sine die de l’élection présidentielle prévue cette année.

Les négociations directes sont suspendues. (…) Les échanges entre les parties se poursuivront mercredi, a annoncé Mgr Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale national du Congo (Cenco).

Les négociations, entamées le 8 décembre et qui devaient initialement s’achever vendredi, avaient été prolongées samedi dans l’espoir d’arracher un accord entre représentants et soutiens de la majorité au pouvoir et de l’opposition avant le 20 décembre.

Les parties ont une nouvelle fois constaté leur désaccord samedi, avant que les évêques de la Cenco ne s’envolent dans la soirée pour un voyage au Vatican prévu de longue date, avec un retour en RDC mardi soir.

Il n’y a aucun accord. La majorité (présidentielle) campe sur ses positions, ne faisant aucune concession sur des matières qui exigent une réponse politique, a déclaré le secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de l’opposant historique Etienne Tshisekedi.

Le peuple est invité à prendre ses responsabilités par rapport à la date du 19 décembre 2016 qui consacre la fin du mandat de M. Kabila, a-t-il poursuivi.

Les négociations visent à trouver un compromis sur la mise en place d’une période de transition politique devant mener à la tenue d’une présidentielle pour désigner un successeur à Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter.

Les détracteurs du président l’accusent d’avoir orchestré le report de l’élection et d’envisager de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

La Cenco, comme la communauté internationale, avaient fait part de leurs craintes d’une flambée de violences en l’absence de solution politique avant la fin du mandat de M. Kabila.

Les 19 et 20 septembre, après l’officialisation du report de la présidentielle, une cinquantaine de personnes avaient trouvé la mort à Kinshasa – mégapole de 10 millions d’habitants – lors d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre en marge d’une manifestation d’avertissement au chef de l’État.

De nombreuses forces de l’ordre sont déployées dans la capitale Kinshasa depuis vendredi.

Romandie.com avec(©AFP / 17 décembre 2016 17h04)

RD Congo : ultimes négociations pour sortir de la crise politique

décembre 17, 2016

Etienne Tshisekedi, à l’aéroport de Kinshasa le 27 juillet 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

Les discussions pour tenter de trouver une sortie de crise politique en République démocratique du Congo avant la fin du mandat du président Joseph Kabila ont repris samedi, mais les négociateurs n’ont plus que quelques heures pour trouver un accord.

Cette journée apparaît comme la dernière chance de trouver un compromis avant le 20 décembre, date d’échéance du mandat de M. Kabila, qui entend rester au pouvoir après le report sine die de la présidentielle qui devait avoir lieu cette année.

Les parties prenantes – représentants et soutiens de la majorité au pouvoir, de l’opposition et de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui assure le rôle de médiateur – se sont retrouvées vers 11H00 (10H00 GMT).

Entamées le 8 décembre, les négociations sous l’égide des évêques catholiques devaient s’achever vendredi. Faute d’accord sur les principaux points de contentieux, elles ont été prolongées d’une journée. Mais les prélats doivent s’envoler samedi soir pour un voyage au Vatican prévu de longue date et ne revenir en RDC que mardi soir.

Les discussions visent à trouver un compromis sur la mise en place d’une période de transition politique devant mener à la tenue d’une présidentielle devant désigner un successeur à M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la Constitution interdit de se représenter.

Vital Kamerhe, dirigeant d’une fraction minoritaire de l’opposition, a affiché une certaine confiance en vue d’un accord à son arrivée aux discussions samedi.

Cette fraction de l’opposition a signé en octobre avec la majorité un accord de partage du pouvoir validant le maintien en fonction de M. Kabila.

La secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo (MLC, opposition) Eve Bazaïba a demandé « au pouvoir de cesser avec sa suffisance et son arrogance pour permettre un atterrissage en douceur du dialogue aujourd’hui ».

– Forces de l’ordre déployées –

Les détracteurs du président Kabila l’accusent d’avoir orchestré le report de l’élection et d’envisager de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir.

M. Kabila, 45 ans, ne dévoile rien de ses projets, si ce n’est sa volonté de se maintenir en poste jusqu’à l’élection d’un successeur.

Deux délégations sont autour de la table.

La première regroupe les signataires de l’accord d’octobre, qui renvoie la présidentielle au plus tôt à avril 2018.

L’autre camp regroupe les opposants à cet accord, essentiellement rassemblés autour d’Étienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition congolaise, âgé de 84 ans.

Les négociations sont laborieuses. Les deux camps soufflent le chaud et le froid avec des déclarations contradictoires, compliquant ainsi la tâche des évêques.

La Cenco a exprimé début décembre la crainte que le pays ne sombre dans « une situation incontrôlable » de violences si aucune solution politique n’est trouvée avant le 20 décembre.

La communauté internationale partage cette inquiétude.

Vendredi, le Département d’État américain a exhorté « le gouvernement et l’opposition à coopérer pleinement et de bonne foi » avec la Cenco, disant être « très inquiet de la possibilité de troubles et de violences » dans les jours à venir.

Les ambassades occidentales en RDC ont renouvelé jeudi et vendredi leurs conseils de prudence à leurs ressortissants, incitant à ne pas rester au Congo sauf en cas de nécessité impérieuse.

La police congolaise a mis en place vendredi des barrages routiers à Kinshasa. Des blindés de la Garde républicaine ont été déployés samedi dans le quartier administratif de la capitale, a proximité du palais présidentiel, selon des journalistes de l’AFP.

Les autorités ont également demandé aux opérateurs internet de filtrer ou couper les réseaux sociaux à compter de 23H59 dimanche.

Les 19 et 20 septembre, après l’officialisation du report de la présidentielle, une cinquantaine de personnes avaient trouvé la mort à Kinshasa – mégapole de 10 millions d’habitants – lors d’affrontements entre jeunes et forces de l’ordre en marge d’une manifestation « d’avertissement » au chef de l’État.

La RDC n’a connu aucune alternance démocratique depuis son indépendance de la Belgique en 1960.

État-continent de 70 millions d’habitants, l’ex-Zaïre a été ravagé par deux guerres entre 1996 et 2003. L’immense majorité de la population vit dans la misère et ses conditions de vie ne font qu’empirer avec la crise économique qui frappe le pays depuis 18 mois.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : le dialogue relancé entre pouvoir et opposition, Moïse Katumbi évoque son retour

décembre 8, 2016

Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle en RD Congo. © Gwenn Dubourthoumieu/JA

Majorité et opposition congolaise devaient entamer ce jeudi des discussions organisées sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Quant à l’opposant en exil Moïse Katumbi, il a déclaré qu’il envisageait de rentrer au pays « pour être aux côtés du peuple ».

C’est un rebondissement de plus dans la vie politique particulièrement mouvementée en RD Congo. Dans un communiqué publié tard dans la soirée de mercredi, la Cenco a annoncé que l’ouverture de nouveaux pourparlers entre l’opposition et le camp Kabila était « prévue ce jeudi 8 décembre 2016 » à 10 heures (9 heures GMT) à Kinshasa.

Les évêques catholiques ont « reçu les responsables de la majorité et de toutes les tendances de l’opposition », selon l’abbé André Masinganda, secrétaire général adjoint de la Cenco. Ils ont notamment rencontré l’opposant historique Étienne Tshisekedi, président de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), qui exige toujours le départ du chef de l’État Joseph Kabila à la date du 19 décembre, dernier jour de son mandat présidentiel actuel.

« Véritable dialogue inclusif »

L’enjeu des négociations, qui ne devraient durer que trois jours, est de conclure un accord permettant d’organiser une transition jusqu’à l’élection du successeur de Joseph Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter. Une telle solution rendrait de fait caduc l’Accord politique signé en octobre entre la majorité présidentielle et une frange minoritaire de l’opposition.

Celui-ci consacrait le renvoi de la présidentielle à une date non fixée et le maintien au pouvoir du chef de l’État en contrepartie de la nomination d’un Premier ministre issu de l’opposition. Le « Rassemblement » de l’opposition constitué autour de l’UDPS avait refusé cet accord, exigeant un « véritable dialogue inclusif ».

Début à Kinshasa d’un nouveau dialogue politique pour sortir de l’impasse

L’Église catholique a lancé jeudi à Kinshasa de nouvelles négociations entre Congolais pour permettre à la République démocratique du Congo de sortir de l’impasse politique à moins de quinze jours de la fin du mandat du président Joseph Kabila, a rapporté un journaliste de l’AFP.

Nous nous retrouvons ici pour la séance inaugurale des discussions politiques pour un plus large consensus sur le processus électoral, a déclaré Mgr Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), en accueillant les 30 participants à ce dialogue qui pourrait durer jusqu’à mardi.

Les conclusions de ces travaux vont conduire urgemment à la paix, à la réconciliation, à la tenue d’élections apaisées afin d’obtenir l’alternance politique, comme prescrit dans la Constitution, a ajouté le prélat.

Aujourd’hui, l’enlisement est là et les conséquences sont incalculables.

Le pape recommande aux acteurs politiques congolais de construire des ponts, pas des murs, a déclaré Mgr Utembi, sous le regard du nonce apostolique (ambassadeur du Vatican) en RDC.

L’évêque a affirmé que des signaux forts et très encourageants avaient été donnés par M. Kabila et que cet élan d’encouragement (avait) été relayé par Étienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition dans l’ancien Congo belge.

La RDC traverse une crise politique aiguë depuis la réélection de M. Kabila en 2011 à l’issue d’un scrutin marqué par des fraudes massive dont M. Tshisekedi n’a jamais reconnu les résultats officiels, se proclamant président élu.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter.

Néanmoins, la présidentielle n’a pas été organisée à temps et la volonté affichée de M. Kabila de se maintenir à son poste au-delà du terme de son mandat, le 20 décembre, face à une opposition qui brandit la menace de manifestations pour le faire partir, fait craindre une éruption de violences dans un pays qui ne parvient pas à se relever des deux guerres de 1996 à 2003.     

Moïse Katumbi de retour ? 

Si Étienne Tshishekedi prend part à ses négociations, ce n’est pas le cas de Moïse Katumbi, l’autre poids lourd de l’opposition. Celui-ci les suit toutefois attentivement. Depuis Washington, il a affirmé au Financial Times qu’il envisageait de rentrer en RD Congo si le dialogue venait à échouer et si Joseph Kabila ne quittait pas la présidence.

« Je serai aux côtés du peuple », a-t-il expliqué au journal américain le 8 décembre, se disant « pas effrayé » par la possibilité d’être arrêté.

Jeuneafrique.com avec Romandie.com avec (©AFP / 08 décembre 2016 15h38)

L’Église craint que la RDC sombre dans « une situation incontrôlable »

décembre 3, 2016

Un militant de L’UDPS d’Etienne Tshisekedi fait face à la police anti émeute alors que cette dernière disperse les manifestants rassemblés devant l’aérport de Ndjili à Kinshasa le 26 novembre 2011. © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.

Les évêques catholiques de la République démocratique du Congo ont déclaré vendredi craindre que le pays ne sombre dans « une situation incontrôlable » en l’absence d’un compromis politique avant la fin du mandat du président Kabila le 20 décembre.

« L’heure est grave », la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), « prenant à témoin le peuple congolais et la communauté internationale en appelle à la responsabilité et à la bonne volonté politique des uns et des autres pour éviter à notre pays de sombrer dans une situation incontrôlable », a déclaré l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco lors d’une conférence de presse à Kinshasa.

L’appel des évêques intervient après plusieurs semaines de médiation entre le « Rassemblement » (coalition de la majeure partie de l’opposition) d’une part, et la majorité au pouvoir et une frange minoritaire de l’opposition ayant participé au « dialogue national » en septembre.

En octobre, les participants à ce forum ont convenu de renvoyer à une date indéterminée la présidentielle et les législatives qui auraient dû avoir lieu cette année, ainsi que du maintien au pouvoir de M. Kabila au delà du 20 décembre.

« Nous avons pris acte de cet échec » de la médiation de la Cenco, « nous recommandons au président de la République, aux autres institutions ainsi qu’au facilitateur » de l’Union africaine, l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo « de poursuivre la mise en œuvre de l’accord politique », a déclaré à la télévision publique Geneviève Inagosi, une porte-parole de la Majorité présidentielle (MP).

Le « Rassemblement » rejette pour l’heure ce compromis, tout en affirmant être ouvert à la médiation des évêques « pour une sortie pacifique de la crise ».

Vendredi soir, ce regroupement politique a promis de donner incessamment sa position officielle aussi bien sur la déclaration des évêques que celle de la majorité.

Depuis des jours, le « Rassemblement » agite la menace des manifestations populaires le 19 décembre pour contraindre M. Kabila de quitter le pouvoir en cas d’échec de cette tentative de rapprochement menée par les évêques.

« La Cenco estime que, autour d’une table (…) un compromis politique est encore possible si les parties prenantes s’y engagent et font preuve de bonne volonté », a encore dit l’abbé Nshole.

La RDC traverse une crise politique profonde depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011, aggravée par la non-tenue de la présidentielle et des législatives.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Le chef de l’État reste sourd aux exhortations de ses détracteurs qui le pressent de déclarer publiquement qu’il ne sera pas candidat à la prochaine présidentielle.

Jeuneafrique.com avec AFP

Élections en RDC : Kinshasa accuse les évêques de critiques antidémocratiques

juillet 3, 2014

Kinshasa – Le gouvernement de Kinshasa a accusé jeudi les évêques catholiques de la République démocratique du Congo de violer l’ordre démocratique des choses en critiquant comme ils l’ont fait son projet de modification constitutionnelle destiné à modifier la loi électorale.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a déploré mardi la décision prise par le gouvernement de tenir au scrutin indirect les prochaines élections des députés des parlements des onze provinces du pays (retardées à plusieurs reprises), quand la Constitution stipule qu’ils doivent être élus directement.

Ce faisant, la Cenco se lance dans un débat politique où elle donne l’impression de croire, à tort, que les options fondamentales relèvent du dogme, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende lors d’une conférence de presse, avant d’ironiser : Déformation professionnelle peut-être.

Croire que la [Cenco] peut imposer [sa préférence pour le scrutin direct] à la nation en se substituant au législateur attitré […] ou à l’administration électorale constitutionnelle […] vouloir cela, n’est pas dans l’ordre démocratique des choses, a ajouté M. Mende.

Le porte-parole, a également reproché à l’Église de tomber dans le procès d’intention en déclarant être opposée à toute modification ou altération de la substance de l’article 220 de la Constitution, selon lequel le nombre et la durée des mandats du président de la République […] ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.

Soupçonnant le président Joseph Kabila de chercher à tout prix à s’accrocher au pouvoir au-delà de la présidentielle prévue pour 2016, à laquelle il ne pourra pas se représenter, la majeure partie de l’opposition congolaise met en garde depuis plusieurs mois contre les projets qu’elle prête au chef de l’Etat de modifier la Constitution.

Il est regrettable que la Cenco s’en fasse l’écho, a estimé M. Mende.

M. Kabila est arrivé à la tête du Congo en 2001 par succession monarchique à la mort de son père, Laurent Désiré Kabila, qui avait chassé du pouvoir par les armes le dictateur Mobutu Sese Seko en 1997.

Élu président en 2006 à l’issue des premières élections libres depuis l’indépendance du pays en 1960, il s’est maintenu à la tête de l’État en 2011 à l’issue d’élections à la légitimité contestée par la communauté internationale et l’opposition.

Dans son message de mardi, intitulé Protégeons notre nation. Pour un processus électoral apaisé et porteur d’un avenir meilleur, la Cenco a souhaité que l’élection présidentielle de 2016 soit l’occasion d’une transition véritablement démocratique et a exhorté M. Kabila à s’effacer du pouvoir à cette date.

Dans ce texte, la Cenco recommande au Parlement de s’abstenir de voter des modifications constitutionnelles susceptibles de rompre un vouloir-vivre collectif et des valeurs fondamentales acceptées par l’ensemble du peuple.

M. Mende a qualifié cette exhortation d’injonction comminatoire dont il a remis en question la légalité et la légitimité.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juillet 2014 15h00)

RDC : les évêques demandent à Kabila de partir en 2016

juillet 1, 2014
En 2016, Joseph Kabila arrive à la fin de son deuxième mandat. © AFP

En 2016, Joseph Kabila arrive à la fin de son deuxième mandat. © AFP

Dans un communiqué rendu public mardi, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a exhorté le président Joseph Kabila à ne pas briguer un troisième mandat en 2016 pour permettre une alternance démocratique en RDC.

En 2016, Joseph Kabila partira, ou partira pas ? La question ne cesse d’alimenter les débats à Kinshasa. Le président congolais, lui, continue d’entretenir le suspense : aucun mot sur la question lors de son discours à la nation le 29 juin à la veille de la commémoration du 54e anniversaire de l’indépendance du pays. Un silence qui a poussé les évêques de la RDC à prendre les devants, dans un communiqué publié le 1 juillet, pour l’exhorter à ne pas se représenter à la présidentielle prévue en 2016.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a également appelé la population congolaise à « faire preuve de vigilance pour s’opposer par tous les moyens légaux et pacifiques à toute tentative de modification des articles verrouillés de la Constitution ».

La Constitution actuelle du pays stipule en effet que « le président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ». Et cette disposition est verrouillée par l’article 220, selon lequel « le principe du suffrage universel et le nombre et la durée des mandats du président de la République (…) ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».

« Il faut respecter la Constitution »

« Ce que dit la Constitution est clair, a déclaré le porte-parole de la CENCO, l’abbé Léonard Santedi, lors d’une conférence de presse. C’est pourquoi, les évêques disent cinq ans renouvelables une fois, c’est tout. Pour nous, il faut respecter la Constitution ».

Le message de la Cenco publié à l’issue d’une assemblée plénière des évêques va plus loin et « désapprouve également toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’article 220, viserait à le vider de son contenu essentiel, alors que celui-ci a été conçu pour assurer la stabilité du pays et garantir la nature de l’État congolais, qui est une République et non une monarchie ». Allusion faite au projet de révision constitutionnelle annoncé début juin par le gouvernement congolais qui voudrait notamment organiser l’élection des députés provinciaux en 2015 au scrutin indirect alors que, constitutionnellement, cette consultation doit avoir lieu au scrutin direct.

Les évêques, qui avaient déjà mis en garde en février contre une telle manœuvre, critiquent cette décision qui, estiment-ils, « privera le peuple de son droit de désigner ses gouvernants ».

Jeuneafrique.com avec AFP