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RDC : pas de consensus sur le choix du président de la commission électorale

août 1, 2021
Le siège de la Ceni à Kinshasa, en 2017.

Chargés de désigner le futur président de la commission électorale en RDC, les huit chefs des confessions religieuses ont achevé des mois de délibérations sans parvenir à s’entendre sur un nom.

Le processus de désignation par les confessions religieuses du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), relancé en mars après une interruption due à des violences en juillet 2020, s’est conclu sur une « note de manque de consensus », selon le rapport transmis à l’Assemblée nationale.

Griefs contre deux candidats

Ce document, signé par huit chefs religieux, comporte deux points de vue divergents sur le plan « éthique, indépendance et réputation ». « Deux confessions religieuses considèrent que, sur le plan éthique et de l’indépendance, les griefs (informations et allégations) contre deux candidats de la liste (les meilleurs sur le plan technique) affectent leur indépendance et leur crédibilité », peut-on y lire. Ces deux confessions ont donc demandé que les deux candidats en question soient écartés de la course, est-il indiqué sans autre précision.

LE CONTRÔLE DE CETTE STRUCTURE STRATÉGIQUE EST UN ENJEU PRIMORDIAL POUR CONQUÉRIR OU CONSERVER LE POUVOIR EN RDC

En revanche, les six autres confessions religieuses ont estimé que « les griefs relevés contre les deux candidats soit ne sont pas prouvés soit ne concernent pas directement les candidats » et ont appelé au vote, mais le président de la plateforme regroupant les huit chefs religieux n’a pas voulu organiser de vote « dans ces conditions », selon le rapport.

« Pressions et menaces »

Sollicités par l’AFP, les responsables religieux n’ont pas voulu révéler les noms des candidats concernés ni les reproches qui les visent. Le 23 juillet, les chefs religieux avaient « dénoncé des pressions, des intimidations et des menaces de toutes sortes dont sont victimes certains membres de la plateforme pour nous empêcher de faire librement notre travail ».

En RDC, la loi charge huit confessions reconnues de désigner le président de la Céni, choix qui doit ensuite être entériné par l’Assemblée nationale, avant la nomination officielle par le chef de l’État. En juillet 2020, les Églises catholique et protestante avaient mis leur veto au choix de Ronsard Malonda, accusé d’être trop proche de l’ex-président Joseph Kabila. Le contrôle de cette structure stratégique est un enjeu primordial pour conquérir ou conserver le pouvoir en RDC, a souligné dans un récent rapport le Groupe d’experts sur le Congo (GEC), lié à l’Université de New York.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC/Processus électoral : Martin Fayulu exhorte les confessions religieuses à ne pas désigner leurs représentants à la Céni

juillet 10, 2021

Le leader de Lamuka en appelle à la mise en place d’une Commission électorale neutre dont le Bureau serait exclusivement constitué des membres de la société civile.  

Dans un entretien accordé, le 9 juillet, à une radio locale, le leader de Lamuka et président du parti politique Ecidé a réfuté la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) récemment promulguée par le chef de l’Etat. Il considère que les modifications apportées à la loi ne garantissent pas l’organisation des élections crédibles, transparentes et démocratiques en 2023.

L’évolution actuelle du processus électoral marquée essentiellement par la promulgation de la loi sur le fonctionnement de la Céni ne serait, pour Martin Fayulu, qu’un stratagème pour justifier le report de la date de l’élection présidentielle. « On n’est en train de nous distraire pour convoquer des négociations pour postposer les élections », a-t-il précisé. A cet effet, l’intéressé a rappelé que la centrale électorale ne peut pas aller au-delà du 23 octobre 2023 pour la convocation de l’électorat au scrutin présidentiel. Ce qui permettra, a-t-il dit, d’organiser l’investiture du nouveau président de la République le 23 janvier 2024.

Pour éviter le dépassement du délai constitutionnel, le président de l’Ecidé propose, l’adoption d’un texte consensuel de la loi organique portant organisation et fonctionnement de la Céni qui consacrerait la neutralité de ladite institution. Il invite, par conséquent, les confessions religieuses en général et les catholiques et les protestants, en particulier, à faire obstacle au processus en cours en refusant de désigner leurs représentants à la Céni. «Si toutes les confessions religieuses sont proches du peuple et entendent ce que le peuple dit, ils ne peuvent pas cautionner cette forfaiture », a dit Martin Fayulu.
 
Sans pour autant manifester une quelconque intention de boycotter les prochaines élections, en cas de maintien de la réforme actuelle, le leader de Lamuka  a tenu à marquer son opposition face une loi qui plante le décor de la tricherie aux prochaines élections.  Il en appelle à une Commission électorale neutre dont le bureau serait exclusivement constitué des membres de la société civile. 

Avec Adiac-Congo par Jules Tambwe Itagali

[Chronique] Réforme de la Ceni en RDC : tout ça pour ça ?

juin 14, 2021
Kash

La réforme de la Commission électorale nationale indépendante adoptée en vue de la présidentielle de 2023 est critiquée. Au cœur de la polémique : le maintien de la prédominance de la majorité sur les postes stratégiques en son sein.

C’était la réforme qui devait permettre à la RDC de dépasser enfin les accusations de manque de transparence dans les élections. La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) congolaise n’a en effet pas très bonne réputation, y compris au sein de la communauté internationale. Au point que le président sortant, Corneille Nangaa, a fait l’objet de sanctions.

Le Trésor américain – sous l’administration de Donald Trump, soit dit en passant – l’a notamment accusé d’avoir « sapé le processus électoral » lors de la dernière présidentielle. Signe on ne peut plus patent des dysfonctionnements profonds qui perturbent la Ceni : alors que son mandat se terminait officiellement le 30 juin 2019, Corneillee Nangaa est, aujourd’hui encore, en poste, en attendant que les acteurs politiques s’entendent sur un éventuel successeur…

Couper le cordon

Au-delà de la seule question de la personnalité des membres de la Ceni, c’est à propos des équilibres internes à celle-ci que le débat a le plus violemment fait rage ces dernières années. Société civile, représentants religieux, cadres de l’opposition et même diplomates occidentaux avaient un objectif en tête dès qu’était évoquée une future réforme de la commission : sa dépolitisation. En clair, couper le cordon ombilical entre l’exécutif et la Ceni, jusqu’ici nationale certes, mais dont l’indépendance était sans cesse mise en doute.

Sauf que, dans la réforme adoptée par l’Assemblée nationale, et entérinée par un vote du Sénat le 11 juin, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) estime que le compte n’y est pas. Les partis politiques obtiennent ainsi dix postes au sein de la plénière de la Ceni, contre cinq pour la société civile. Au sein du bureau, le déséquilibre est encore plus marqué : sur les sept membres, quatre sont désignés par la majorité, deux par l’opposition et un seul par la société civile.

De quoi donner du grain à moudre aux irrédentistes de Lamuka, Martin Fayulu en tête, mais aussi alimenter quelques inquiétudes au sein de la communauté internationale. Risque-t-on, en 2023, de voir à nouveau les résultats du scrutin remis en question par une partie de la classe politique et la société civile congolaise ?

Par  Kash

Caricaturiste, bédéiste, peintre, designer et publicitaire congolais installé à Kinshasa.

Guinée – Kabinet Cissé, président de la Ceni : « Nous ne céderons pas aux pressions extérieures »

juillet 25, 2020

 Kabinet Cissé (au centre), après son élection à la présidence de la Commission électoral nationale indépendante de Guinée, le 26 mai 2020.

Kabinet Cissé (au centre), après son élection à la présidence de la Commission électoral nationale indépendante de Guinée, le 26 mai 2020. © DR / CENI Guinée

À quelques mois de la présidentielle, c’est lui qui a la charge d’organiser des « élections libres, transparentes et inclusives ». Kabinet Cissé, président de la Ceni, expose sa feuille de route et affiche sa volonté d’indépendance.

En acceptant la présidence de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Kabinet Cissé savait qu’il prenait les rênes de l’une des institutions les plus difficiles à gérer à Conakry. Mais le nouveau président a vite pris ses marques. À peine investi, il a proposé à Alpha Condé la date du 18 octobre pour la tenue du scrutin. En attendant la validation du chef de l’État, il a d’ores et déjà fixé le chronogramme à suivre.

Le nouveau patron de la Ceni entend marquer une rupture avec ses prédécesseurs. Les querelles politiques ne sont pas ses affaires, confie-t-il à Jeune Afrique, exprimant son souhait de voir naître une réforme globale de la Commission, basée sur une « Ceni technique » où les commissaires désignés par les partis politiques seraient relégués à une fonction administrative.

Jeune Afrique : La Ceni a proposé la date du 18 octobre prochain pour la tenue des élections présidentielles. Ce calendrier est-il tenable, dans le contexte actuel ? 

Oui, cette date est tout à fait tenable, et nous y travaillons avec tous les commissaires de la Ceni. Par ailleurs, il est important de préciser qu’elle est indicative et n’est en aucun cas définitive. Conformément à la loi, il appartient au président de la République de l’entériner ou non.

Son mandat prenant fin entre le 20 et le 21 décembre prochain, il était de notre devoir de fixer une date « technique ». En effet, toujours selon la loi, l’élection présidentielle doit se tenir 60 jours au moins et 90 jours au plus avant l’expiration du mandat précédent. C’est ainsi que nous avons privilégié la date du 18 octobre.

Quoi qu’il en soit, la Ceni a déjà commencé à dérouler son chronogramme depuis le 20 juillet. L’objectif est d’assainir le fichier électoral pour favoriser une élection libre, transparente et inclusive.

Lors du double scrutin du 22 mars 2020, le chronogramme de la Ceni a longtemps divisé en son sein. Les commissaires issus de l’opposition l’ont maintes fois rejeté, ainsi que plusieurs organisations internationales. Allez-vous prendre en compte ces critiques ? 

Oui, la Ceni a connu quelques difficultés ces dernières années, mais nous ne céderons pas aux pressions extérieures et nous n’accorderons aucun crédit aux polémiques. Seul le respect de la loi nous importe.

La principale mission de la Commission est de régler la question relative aux 2,4 millions d’électeurs qui ont été écartés lors du double scrutin de mars car considérés comme « problématiques ». Certains ont prétendu que ces électeurs étaient fictifs, c’est faux. Ils existent, mais nombres d’entre eux ne possèdent pas de carte d’identité numérique ou n’ont pas participé à la dernière campagne de recensement.

La tâche qui nous incombe aujourd’hui est de régulariser la situation de ces citoyens pour les intégrer dans le processus électoral.

Le débat sur le fichier électoral est récurent. D’où vient réellement ce problème ?

Je pense que la difficulté fondamentale vient d’une mauvaise interprétation de la loi. Conformément au code électoral, un recensement ordinaire de 90 jours doit se tenir tous les ans. Celui-ci doit débuter entre le 1er octobre et le 31 décembre. Or cette règle n’a jamais été respectée. De facto, on se retrouve avec un fichier électoral non qualifié, qui n’est pas mis à jour, et, les années passant, des millions de Guinéens disparaissent des radars électoraux.

Comment va se dérouler cette campagne de recensement ?

Nous avons déployé 2 000 kits d’enrôlement sur tout le territoire et 2 000 équipes composées de cinq personnes chacune. Nous avons également mis à contribution les autorités locales, qui connaissent les citoyens de leurs circonscriptions. Une campagne de sensibilisation va venir renforcer le processus.

Cette campagne de révision exceptionnelle nous permettra d’enrôler en quinze jours les citoyens qui ne se sont jamais fait recenser, d’effacer les doublons à l’aide de la prise d’empreintes et de munir les électeurs d’une carte d’identité conforme à la législation actuelle.

Allez-vous  demander à nouveau une assistance technique à l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ou à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao)?

Dans la phase où nous nous trouvons actuellement, nous n’avons pas besoin de ces organisations. Nous sommes dotés d’outils et de logiciels solides – développés par l’entreprise sud-coréenne Miru Systems et la société Innovatrices – qui nous permettent de mener ces opérations en toute autonomie.

Vous affirmez que tous les commissaires de la Ceni vous soutiennent pour mener à bien le scrutin à venir. Or, le 20 juin dernier, les commissaires issus de l’opposition ont publié un communiqué dans lequel ils remettent en cause le chronogramme que vous avez proposé. Que leur répondez-vous ?

J’ai constaté que lors de la discussion autour de la date du 18 octobre, un seul commissaire avait exprimé sa réserve. J’entends les revendications, mais il ne faut pas nécessairement avoir une lecture négative des critiques. Je considère qu’elles permettent aussi d’améliorer le processus. Une chose est sûre : aujourd’hui, le dialogue est bien instauré entre tous les commissaires. C’est ce qui m’importe.

Doit-on réformer la Ceni ?

À terme, une réforme apparaît nécessaire. Actuellement, la Commission est composée de commissaires issus de la mouvance et de l’opposition, ce qui permet d’équilibrer les points de vue. Mais je pense fondamentalement qu’il est dans l’intérêt de tous de mettre en place une Ceni constituée de techniciens. Il faut ainsi réduire le rôle des commissaires et limiter ces derniers à une gestion administrative. Cette réforme peut notamment permettre de balayer les critiques qui disent que la Commission est trop politisée.

Comment allez-vous faire pour retrouver la confiance de ceux qui reprochent à la Ceni d’être instrumentalisée par la majorité présidentielle ?

Il faut arrêter de faire de tels raccourcis ! La Ceni ne se résume pas aux commissaires nommés par les partis politiques. Dans son fonctionnement, la loi oblige que la présidence soit briguée par un membre de la société civile. C’est ainsi que j’ai été nommé, tout comme mes prédécesseurs. Depuis que j’ai pris mes fonctions, c’est cette démarche que je prône. Je suis à l’écoute de tous les camps, de leurs préoccupations, et j’encourage tout un chacun à s’exprimer.

L’opposition affirme qu’elle n’ira pas aux élections si Alpha Condé se présente à nouveau. Si ce scénario se vérifie, comment garantir le caractère inclusif de l’élection ? 

Il faut que les choses soient claires : la Ceni est une organisation apolitique. Les demandes de l’opposition ne nous concernent pas mais s’adressent à l’État et à la classe politique, notamment la mouvance présidentielle.

Si l’opposition pose des conditions qui doivent se régler dans d’autres instances, cela ne nous regarde pas. Oui, la Ceni souhaite des élections libres, transparentes et inclusives. La question relative à cette transparence est de notre prérogative. Le reste relève du domaine politique.

Avec Jeun Afrique par Fatoumata Diallo

RDC : Jean-Pierre Bemba salue le « bilan positif » de la marche contre le nouveau président de la Ceni

juillet 13, 2020

Plusieurs milliers de personnes, dont l'opposant Jean-Pierre Bemba, ont manifesté à Kinshasa, ce 13 juillet, avant que la marche, interdite par les autorités, ne soit dispersée.

Plusieurs milliers de personnes, dont l’opposant Jean-Pierre Bemba, ont manifesté à Kinshasa, ce 13 juillet, avant que la marche, interdite par les autorités, ne soit dispersée. © Stanis Bukakera pour JA 

Des milliers de personnes se sont rassemblées lundi à Kinshasa pour une marche interdite par les autorités contre le choix d’un nouveau président de la Commission électorale, quatre jours après des affrontements qui ont fait cinq morts. Jean-Pierre Bemba, seul leader de la coalition Lamuka à s’être joint aux manifestants, s’est félicité de l’ampleur de la mobilisation.

Les manifestants ont envahi le boulevard Lumumba, en présence de l’ancien chef de guerre Jean-Pierre Bemba, un des leaders de l’opposition. La manifestation, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes, a été le théâtre de heurts, en début d’après-midi, au niveau de l’échangeur de Limete, où les forces de l’ordre avaient pris position pour bloquer la poursuite de la marche, tirant des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants.

« Bilan positif », pour Jean-Pierre Bemba

« De manière pacifique, nous disons non à la désignation frauduleuse, non consensuelle et non transparente des animateurs de la Commission électorale nationale indépendante », a déclaré Jean-Pierre Bemba, seul leader de la coalition Lamuka a s’être joint aux manifestants, lors d’un court point presse face à une poignée de journalistes. « Je pense que le bilan est positif. Je n’ai pas entendu parler des blessés, de morts ou de pillages. Je m’en réjouis, et je remercie la population », a-t-il ajouté.

« Un grand merci pour votre forte mobilisation. Unis et déterminés nous ferons basculer les décisions pernicieuses et arbitraires à l’encontre de la volonté du peuple », a par ailleurs écrit Jean-Pierre Bemba dans un tweet, adressant par ailleurs des remerciements à la police pour « avoir encadré les manifestants tout au long de la marche ».

Ailleurs dans le pays, des rassemblements ont été dispersés à Bukavu (est) et Kananga (centre) à coup de gaz lacrymogènes. Ces marches dénoncent le choix du nouveau président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), accusée par les opposants de fraudes électorales à chaque scrutin.

La Ceni contestée

La marche de lundi était organisée par la principale coalition des partis d’opposition Lamuka. La manifestation a été « reportée » dans la deuxième ville Lubumbashi, ont indiqué les organisateurs, qui redoutent des incidents provoqués par des « infiltrés » pour mettre en cause un des leaders de Lamuka, Moïse Katumbi.

Des marches semblables avaient été organisées jeudi par le parti présidentiel Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Cinq manifestants avaient alors été tués (deux à Kinshasa et trois à Lumbumbashi), selon un bilan du ministre de l’Intérieur. De plus, 20 policiers ont été blessés à Kinshasa dont deux grièvement, selon ce même bilan qui par ailleurs ne confirme pas une rumeur assurant qu’un policier avait été lynché par la foule dans la capitale.

En conseil des ministres, le président Félix Tshisekedi a indiqué qu’il « peut comprendre » ces réactions face aux « irrégularités » dans le choix du nouveau président de la Commission électorale, mais qu’« il condamne » les violences.

C’est le président qui doit valider in fine le choix du nouveau président de la Commission électorale. Il a été entériné par l’Assemblée nationale, sur proposition de la société civile. Les autorités justifient l’interdiction des marches par l’état d’urgence sanitaire face à la pandémie de Covid-19. Une troisième marche est prévue dimanche à l’appel d’un collectif catholique et de mouvements citoyens.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC : Ronsard Malonda prend la tête de la Ceni, mais la controverse ne faiblit pas

juillet 3, 2020

Siège de la Ceni, à Kinshasa, en 2017.

Siège de la Ceni, à Kinshasa, en 2017. © John Wessels / AFP

 

L’Assemblée nationale a entériné le choix de Ronsard Malonda pour présider la commission électorale, après plusieurs jours de tractations. La société civile et l’opposition dénoncent un passage en force.

Corneille Nangaa tient son successeur : Ronsard Malonda, dont le nom a été choisi par six des huit confessions religieuses chargées de désigner le prochain président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a été confirmé en plénière à l’issue d’une séance tendue. Sa nomination doit désormais être entérinée par le président de la République.

L’opposition et la société civile dénoncent depuis plusieurs jours ce choix, accusant Ronsard Malonda d’avoir joué un rôle lors du scrutin controversé de décembre 2018.

L’intéressé a occupé plusieurs postes au sein de la Ceni au cours des quinze dernière années. Depuis 2015, il était secrétaire exécutif national auprès de Nangaa, une fonction qui consiste, selon la loi organique, à appliquer les décisions de la Commission.

À l’issue d’une réunion tenue les 8 et 9 juin sous l’égide du cardinal Ambongo, les huit représentants des confessions religieuses n’étaient pas parvenus à un consensus.

« Passage en force »

Menée par les kimbanguistes, soutenus par cinq autres confessions (la Communauté islamique, l’Union des Églises indépendantes du Congo, l’Église du réveil du Congo, l’Église orthodoxe et l’Armée du salut), un premier groupe avait opté pour Ronsard Malonda. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et les protestants de l’Église du Christ au Congo (ECC) s’étaient opposés à sa nomination, au motif qu’il avait participé au précédent scrutin.

Le PV portant nomination de Malonda, signé à l’issue d’un vote que la Cenco et l’ECC conteste, était néanmoins parvenu jusqu’à l’Assemblée nationale. « Notre seul mission est d’entériner ce choix comme la loi le prévoit », nous explique-t-on au sein de l’équipe de Jeanine Mabunda, la présidente de l’Assemblée.

Plusieurs députés affirment ne pas avoir été informés que la question serait à l’ordre du jour.

Depuis plusieurs jours, société civile et opposition s’étaient mobilisées contre Ronsard Malonda. La Cenco et l’ECC ont notamment dénoncé un « passage en force » de la majorité.

Lors de son homélie pour le 60e anniversaire de l’indépendance de la RDC, le 30 juin, le cardinal Ambongo avait appelé la population à se tenir prête à se mobiliser. « Lorsque le moment viendra, lorsqu’ils s’obstineront à faire passer ces lois et ces personnages à la tête de la Ceni, il faudra qu’ils nous trouvent sur leur chemin », avait-il affirmé.

Dans une réponse publiée par communiqué le lendemain, les six autres confessions religieuses qui soutiennent Malonda ont dénoncé des « évangiles de croisade » et affirmé que la RDC n’avait besoin ni de martyrs ni d’un mouvement insurrectionnel.

Report de la réforme judiciaire

Cette décision est intervenue alors que cette question ne figurait pas à l’ordre du jour de la plénière. Le matin même, plusieurs députés affirmaient ne pas en avoir été informés. L’entérinement a par ailleurs eu lieu alors qu’une réunion bilatérale se tenait entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour évoquer les points de crispation entre la coalition Cach et le Front commun pour le Congo (FCC).

L’examen des propositions de réforme judiciaire initiée par le FCC de Joseph Kabila a en revanche été reporté à la prochaine session parlementaire, en septembre. Le camp Kabila affirme vouloir faire « de la pédagogie » sur ces lois qui ont provoqué une levée de boucliers au sein de l’opposition, du camp Tshisekedi et de la société civile.

Avec Jeune Afrique par Romain Gras

Guinée : Amadou Salif Kébé, le président de la Ceni, emporté par le coronavirus

avril 17, 2020

Me Salif Kébé, président de la Ceni de Guinée Conakry, le 30 janvier 2018.

Me Salif Kébé, président de la Ceni de Guinée Conakry, le 30 janvier 2018. © Diawo Barry pour JA

 

À la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) depuis juillet 2018, l’avocat Amadou Salif Kébé avait notamment supervisé le double scrutin du 22 mars dernier.

Le président de la Commission électorale et indépendante guinéenne (Ceni), Me Amadou Salif Kebé, est décédé ce vendredi 17 avril à l’hôpital de Donka, à Conakry, des suites du Covid-19.

Confiné chez lui depuis une dizaine de jours, il avait été admis le 14 avril au CHU de Donka, un établissement en première ligne dans la lutte contre la pandémie, à la suite d’une dégradation de son état de santé, aggravé par le diabète. Selon une source proche de la mouvance présidentielle, Amadou Salif Kebé aurait été contaminé par des observateurs de la société civile africaine venus en Guinée pour superviser le double scrutin électoral du 22 mars dernier. L’un d’entre eux est toujours hospitalisé.

Le président de la Ceni est la troisième victime du Covid-19 en Guinée, qui compte 438 cas confirmés, dont 49 guérisons, au 17 avril.

Un homme déterminé

Ancien avocat, Amadou Salif Kebé avait été porté à la tête de l’institution par 18 commissaires sur 19 à la suite d’une motion de défiance déclenchée contre son prédécesseur, Bakary Fofana. Depuis, il avait la lourde tâche d’assainir le fichier électoral guinéen et de conduire le double scrutin boycotté par une partie de l’opposition. « Mon équipe et moi faisons du mieux que nous pouvons afin que les élections soient de qualité », avait-il affirmé à Jeune Afrique en février 2018.

Souvent décrié par les détracteurs du pouvoir, le patron de la Ceni n’a jamais flanché et s’est toujours dit « serein », ne cessant de défendre l’institution qu’il a présidée durant un an et demi.

Sa dernière apparition publique date du 2 avril, lorsqu’il a annoncé les résultats provisoires des élections législatives et du référendum constitutionnel.

Avec Jeuneafrique par Fatoumata Diallo

Élections en RDC: la liste des candidats officialise l’exclusion de Bemba et Katumbi

septembre 19, 2018

Kinshasa – Le processus électoral en République démocratique du Congo aborde sa dernière ligne droite avec la publication mercredi de la liste définitive des candidats qui doit officialiser l’exclusion de deux poids lourds de l’opposition, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba.

Deux autres opposants, Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe, et le « dauphin » du président Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, sont les principales figures de la liste d’une vingtaine de noms que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) doit publier dans la journée, à 94 jours du scrutin.

Cette liste ouvre la voie à la campagne électorale (à partir du 22 novembre) puis aux élections présidentielle, législatives et provinciales prévues le 23 décembre pour désigner le successeur du président Kabila, qui ne pouvait pas constitutionnellement se représenter.

Enjeu: une première transition pacifique dans le plus grand pays d’Afrique sub-saharienne, où les défis politiques et logistiques pour des élections « crédibles, transparentes, apaisées » sont encore immenses.

Le calendrier électoral se déroule toujours au jour près, malgré les tensions suscitées par la mise à l’écart de MM. Katumbi et Bemba.

Allié du président Kabila passé à l’opposition fin 2015 et qui vit en exil à l’étranger depuis 2016, M. Katumbi affirme avoir été empêché de rentrer en RDC où il est poursuivi par la justice début août quand il s’est présenté au poste-frontière avec la Zambie.

Ex-chef rebelle et vice-président, la candidature de M. Bemba a été invalidée en raison de sa condamnation pour subornation de témoins par la Cour pénale internationale (CPI) qui l’avait acquitté de sa peine pour crimes de guerre et contre l’humanité.

« Kabila a eu peur de moi », a lancé M. Bemba.

Privée de deux de ses leaders, l’opposition cherche un candidat commun pour défier le « dauphin » du président Kabila, mais n’exclue pas le boycott des élections sur fond du refus de « machines à voter » controversées.

Jean-Pierre Bemba a résumé la situation en affirmant que « si l’opposition s’unit derrière un candidat, alors oui, je pourrai faire abstraction de ma personne. Je soutiendrai quelqu’un et je le ferai gagner ».

Un boycott des élections « ne serait pas ma décision personnelle, mais celle de l’opposition. Nous n’en sommes pas là », a ajouté le chef du Mouvement de Libération du Congo (MLC), l’un des principaux partis d’opposition.

– « Des actes qui rassurent » –

L’opposition en dira plus sur sa stratégie d’ici une réunion publique qu’elle annonce pour le 29 septembre à Kinshasa, après de récents conciliabules à Bruxelles, et une rencontre à Johannesburg avec le parti au pouvoir en Afrique du Sud, l’ANC.

Ce rassemblement sera un test sur le climat politique en RDC où la plupart des manifestations sont interdites sous prétexte que la campagne n’a pas encore commencé.

Les élections ont déjà été reportées deux fois, fin 2016 et fin 2017.

« Après avoir été roulé en décembre 2016 et 2017, le peuple craint de revivre les mêmes travers et les mêmes mésaventures qui éloignent l’alternance au sommet de l’État », écrivait mercredi le quotidien Le Potentiel, à l’unisson de ceux qui craignent un nouveau report.

« Chaque jour qui passe, la commission électorale pose des actes qui rassurent sur la tenue effective des scrutins tant attendus par l’ensemble du peuple congolais », a assuré au contraire mardi la Céni en annonçant l’arrivée d' »un premier lot de 17.944 isoloirs » et « la fin de la production en Corée du Sud des 105.257 machines à voter ».

Acheminées vers la RDC via Matadi ou Dar es Salaam, les machines « seront déployées sans attendre la configuration définitive des bulletins de vote », selon la Céni.

Pour cette tâche titanesque, la commission électorale refuse toute aide extérieure, même celle de la Mission des Nations unies (Monusco) présente depuis 20 ans en RDC, au nom de la souveraineté nationale.

L’opposition et la société civile demandent l’abandon de ces machines qu’elles surnomment « machines à tricher, à voler ou à frauder ».

Des experts britanniques ont énuméré « quinze risques à atténuer » dans son utilisation.

L’opposition critique également les millions d’électeurs sans empreintes digitales sur le fichiers électoral qui comprend 40 millions de noms et qui a déjà été nettoyé de ses doublons.

A l’instar de l’ANC mardi, les « partenaires » de la RDC redoutent « le chaos, l’instabilité et la violence » en cas d’échec du processus électoral dans cet immense pays au coeur du continent.

Romandie.com avec(©AFP / 19 septembre 2018 10h41)                                                        

RDC: manifestations contre la « machine à voter »

septembre 3, 2018

Kinshasa – Des militants de Lucha (Lutte pour le changement) ont été dispersés ou interpellés lundi lors des manifestations contre la « machine à voter » en République démocratique du Congo, à moins de quatre mois de la présidentielle qui doit élire le successeur du président Joseph Kabila.

A Kinshasa, 22 militants ont été brièvement interpellés devant le siège de la commission électorale (Céni). « Ils ont tenté de marcher, la police les a interpellés. Mais, il n’y avait pas de motif pour les arrêter, je les ai relâchés », a déclaré à l’AFP le général Sylvano Kasongo, chef de la police de Kinshasa.

« Les jeunes de Lucha sont venus, ils n’avaient pas peur, ils sont allés jusque devant la Céni en scandant: non à la machine à voter, non à la machine à voter », a témoigné un vendeur des carte téléphonique.

« Ils ont été interpellés sans opposer de résistance, ils ont été jetés dans une jeep de la police », a ajouté un autre témoin.

A Goma, capitale du Nord-Kivu (est), une manifestation de Lucha a violemment été dispersée par les forces de l’ordre. Plusieurs militants ont été bastonnés et d’autres interpellés, selon un correspondant de l’AFP.

« Nous avons rétabli l’ordre public, il y a une vingtaine des jeunes interpellés », a déclaré à l’AFP le colonel Job Alisi, commandant de la police de Goma (Nord-Kivu).

« Je n’ai pas autorisé la marche d’aujourd’hui, la police n’a fait que son travail de rétablir l’ordre », a dit le maire de Goma, Timothée Mwissa Kiense.

A Bukavu, chef-lieu de la province du Sud-Kivu (est), 17 militants ont été interpellés pendant une heure, selon le mouvement.

« Nous avons été brutalisés, tabassés, torturés. Deux d’entre nous sont grièvement blessés et d’autres ont des égratignures, d’autres ont perdu de l’argent et leurs téléphones portables », a déclaré à l’AFP la militante Judith Maroy.

« Ces militants de la Lucha n’ont été ni brutalisés ni torturés, ils ont été dispersés et les interpellés ont été relâchés sans être verbalisés », a réagi Linda Marhegane, porte-parole de la police.

Des interpellations ont eu lieu ailleurs: 18 à Mbandaka (nord-ouest), deux à Lubumbashi (sud-est), sept à Tshikapa et six à Mbuji-Mayi (centre). Une marche a été dispersée à Kisangani.

A Kananga, grande ville du Kasaï (centre) les militants ont manifesté jusqu’au siège de la Céni où ils ont déposé un mémorandum dans lequel ils exigent « l’abandon de la machine à voter et l’extirpation de 16% d’électeurs fictifs » du fichier électoral, a rapporté un correspondant de l’AFP.

Lucha avait appelé à des marches pour exiger l’abandon des « machines à voter ».

Ces machines, qui servent à choisir les candidats et à imprimer les bulletins de vote, sont au coeur d’une controverse entre la Céni et l’opposition.

Jeudi, la Céni avait dénoncé un « débat politique » et des « intoxications » au sujet des machines à voter et du fichier.

Joseph Kabila, dont le second mandat aurait dû s’achever en décembre 2016 et qui ne pouvait pas se représenter, a désigné comme candidat de son parti Ramazani Shadary.

Romandie.com avec(©AFP / 03 septembre 2018 14h43)                                                        

Élections en RDC: émois autour de la candidature d’un milicien condamné pour viols sur enfants

août 28, 2018

Bukavu (RD Congo) – La candidature d’un milicien, condamné à perpétuité pour des viols sur des fillettes, a été jugée recevable aux élections provinciales en République démocratique du Congo, suscitant la colère d’une ONG contre la commission électorale.

« Son cas nous avait échappé. Des corrections sont en cours », a assuré cette même commission à l’AFP.

La candidature de Frédéric Batumike, 64 ans, a été retenue dans la circonscription de Kabare dans la province du Sud Kivu (est), selon une liste provisoire en date du 26 juillet disponible sur le site de la Commission électorale nationale et indépendante (Céni).

Ce même 26 juillet, la Haute cour militaire avait confirmé en appel sa condamnation à la réclusion à perpétuité pour le viol d’une quarantaine de fillettes âgées de 18 mois à 12 ans dans la région de Bukavu entre 2013 et 2016.

Il avait été condamné en première instance en décembre par un tribunal militaire « pour crime contre l’humanité par viol et par meurtre », avec dix complices. Il était accusé d’appartenir à la milice « Djeshi ya Yesu » (Armée de Jésus).

Parties civiles et ONG avaient salué une victoire historique contre l’impunité des crimes sexuels en zone de conflit.

Une organisation citoyenne locale, la Nouvelle dynamique de la société civile, a exprimé mardi « sa désagréable surprise de retrouver le nom de Frédéric Batumike sur les listes définitives des candidats députés provinciaux ».

« Maintenir des criminels et écarter certains citoyens sur la base de considérations et d’injonctions politiques vient enlever le peu de confiance et de crédibilité qui restait à la Céni », ajoute le communiqué.

La Céni a déclaré vendredi irrecevables six candidats -sur 25- à l’élection présidentielle, dont l’ex-chef de guerre et ex-vice président Jean-Pierre Bemba.

L’opposition a accusé la Céni d’obéir aux « injonctions » du pouvoir pour écarter des candidats.

« Nous avons été informés en retard de sa condamnation. Batumike sera invalidé », a déclaré à l’AFP le président de la Céni, Corneille Nangaa.

Les élections présidentielle, législatives et provinciales sont prévues le 23 décembre.

Romandie.com avec(©AFP / 28 août 2018 23h11)