Posts Tagged ‘Ceni’

RDC: la candidature de Bemba « irrecevable », la tension remonte

août 24, 2018

L’opposant congolais Jean-Pierre Bemba s’adresse à la presse le 2 août 2018 à Kinshasa. / © AFP / Junior D. KANNAH

La tension est repartie à la hausse en République démocratique du Congo où la candidature de l’ex-chef de guerre Jean-Pierre Bemba a été jugée « irrecevable » vendredi par la commission électorale, ce qui a suscité la colère de l’opposition contre le président Joseph Kabila et un « simulacre » d’élection.

La commission électorale nationale et indépendante (Céni) a officiellement rejeté la candidature de M. Bemba, adversaire du président Kabila depuis 2006, en raison de sa condamnation par la Cour pénale internationale dans une affaire annexe de subornation de témoins.

M. Bemba avait fait un retour triomphal à Kinshasa le 1er août après son acquittement en juin par la CPI dans l’affaire principale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité (18 ans de prison).

Début juillet, l’affaire pour subornation de témoins est revenue devant un procureur de la CPI qui a requis un maximum de cinq ans de prison. Les avocats de M. Bemba plaident la relaxe, mettant en avant ses dix ans déjà passés derrière les barreaux.

A Kinshasa, le cas Bemba est avant tout politique.

Juste avant l’annonce de la commission électorale, l’ensemble de l’opposition au président Joseph Kabila avait lancé un appel à la « mobilisation générale » en accusant « le pouvoir en place » de vouloir « exclure » plusieurs de ses candidats.

L’opposition exige « que monsieur Kabila et sa famille politique libèrent le processus électoral, en arrêtant de donner des injonctions à la commission électorale », lit-on dans ce communiqué signé par M. Bemba, l’opposant en exil Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi.

– Liste définitive le 19 septembre –

Au total, la commission électorale a écarté six candidats sur les 25 qui avaient déposé leur dossier à l’élection présidentielle prévue le 23 décembre.

Outre M. Bemba, la commission a écarté trois anciens premiers ministres de M. Kabila, Samy Badibanga, Adolphe Muzito, et Antoine Gizenga, 92 ans, ex-frère d’armes du héros de l’indépendance Patrice Lumumba en 1960.

« Ces invalidations sont inacceptables et montrent encore une fois l’instrumentalisation totale de la Céni par Kabila », a réagi sur Twitter Moïse Katumbi.

Ex-gouverneur du Katanga passé à l’opposition en 2015, M. Katumbi affirme avoir été lui-même empêché de rentrer en RDC pour déposer sa candidature lorsqu’il s’est présenté les 3 et 4 août au poste-frontalier entre la Zambie et le Congo.

Il vit depuis mai 2016 en Belgique et a été condamné en son absence à trois ans de prison. « Un fugitif », pour le ministre de la Justice, qui fait état d’un mandat d’arrêt international contre lui.

« Avec la population, l’opposition, la société civile, et nos partenaires, faisons front, augmentons la pression, refusons le simulacre d’élections +kabilistes+ », ajoute M. Katumbi.

Les six candidats écartés peuvent saisir la Cour constitutionnelle dans les 48 heures. La commission électorale doit publier la liste définitive -après recours- des candidats le 19 septembre.

La commission a en revanche retenu le dossier de Félix Tshisekedi, président du parti historique d’opposition UPDS, et fils de son fondateur, Etienne Tshisekedi, décédé à Bruxelles le 1er février 2017.

Elle a aussi validé la candidature de l’ex-ministre de l’Intérieur et chef du parti présidentiel PPRD Emmanuel Ramazani Shadary, le « dauphin » désigné par le président Kabila et sa coalition Front commun pour le Congo (FCC).

Le retrait de M. Kabila, qui ne pouvait plus se représenter mais que ses adversaires soupçonnaient de vouloir passer en force, avait été perçu comme un signe encourageant par certains observateurs.

« Le renoncement de M. Kabila à un troisième mandat inconstitutionnel ne constituait pas la fin du combat dans la quête d’élections inclusives, transparentes, crédibles et apaisées », préviennent les opposants dans leur communiqué.

Plus grand pays d’Afrique sub-saharienne (2,3 millions de km2, quelque 80 millions d’habitants), la RDC n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir.

Le pays regorge de coltan, cobalt cuivre, or…mais le revenu moyen de ses habitants est de 1,25 dollar par jour.

La commission électorale a aussi validé 15.222 candidatures aux élections législatives, en écartant 283 dossiers.

Les trois élections présidentielle, législatives, et provinciales doivent se tenir le 23 décembre. Elles ont été deux fois reportées depuis décembre 2016, date de la fin officielle du deuxième et dernier mandat de M. Kabila.

Romandie.com avec(©AFP / (25 août 2018 04h09)

Présidentielle en RDC: vers un report de la publication des candidats ?

août 24, 2018

 

Jean-Pierre Kalamba, porte-parole de la Ceni de la RDC lors de la présentation à la presse des machines à voter. © DR / Ceni RDC

La liste provisoire des candidats retenus pour les législatives et la présidentielle devait être rendue publique le 24 août. Mais « il reste encore beaucoup à faire », selon la commission électorale, en particulier concernant des « vérifications » portant sur d’éventuelles inéligibilités de certains candidats.

« Nous délibérons depuis le 20 août. Hier [jeudi 23 août], nous avons travaillé jusqu’à 4 heures du matin. » Ce membre du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), contacté par Jeune Afrique, justifie ce « rythme intense » par le « nombre important » de dossiers de candidats députés nationaux à examiner : « Près de 16 000 », 15 450 plus précisément.

Sur les réseaux sociaux, la Ceni a fait savoir le soir du 23 août que « les travaux de délibération des candidats aux législatives et à la présidentielle vont se poursuivre jusqu’à l’épuisement des dossiers ». La publication de la liste provisoire, programmée le 24 août par le calendrier électoral, pourrait ainsi être reportée. « Il reste encore beaucoup à faire, confirme la Ceni à Jeune Afrique. Nous publierons les deux listes [pour les candidats à la présidentielle et à la députation nationale, ndlr], probablement le 25 août, mais si nous terminons les travaux aujourd’hui, tant mieux. »

D’après nos informations, les délibérations de la plénière de la Ceni s’annoncent beaucoup plus complexes pour les 25 candidatures au scrutin présidentiel du 23 décembre. « Certains ont déposé leur dossier sans réellement payer la caution [environ 86 400 euros, ndlr]. Nous procédons donc à des vérifications », indique un responsable de la commission électorale. Des « vérifications » qui concernent surtout d’éventuelles inéligibilités de certains candidats à la présidentielle.

Des « gros poissons dans le filet » ?

Le cas de Jean-Pierre Bemba est le plus cité. L’ancien chef de guerre et leader du Mouvement de libération du Congo (MLC) pourrait voir sa candidature rejetée par la Ceni. Il a été acquitté début juin de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité mais il reste, pour l’instant, condamné pour subornation de témoins par la Cour pénale internationale (CPI).

Nous allons appliquer la loi. Celle-ci dit que la personne qui a volé ou corrompu ne peut être candidate, il en sera ainsi

Toutefois, dans cette seconde affaire annexe, la CPI a demandé à sa première chambre d’instance de réexaminer le dossier : le bureau du procureur a requis cinq ans de prison contre Jean-Pierre Bemba, la défense de ce dernier a plaidé la relaxe. La décision des juges, elle, se fait encore attendre. Qu’à cela ne tienne, du côté de la Ceni, la messe semble être dite : « Nous allons appliquer la loi congolaise. Celle-ci dit que la personne qui a volé ou corrompu ne peut être candidate, il en sera donc ainsi », affirme un membre du bureau de la Commission.

La question qui divise encore la Ceni est la suivante : peut-on considérer la subornation de témoins comme de la corruption ? Les 13 membres de la plénière en débattent. S’ils ne parviennent pas à trouver un consensus, ils procéderont alors au vote.

« Des candidats vont certainement tomber, assure notre source au sein du bureau de la Ceni. Si un gros poisson se retrouve dans les cas d’inéligibilité définis par la loi, il sera pris dans le filet. » Modifiée fin décembre, la loi électorale de la RDC frappe d’inéligibilité les personnes, entre autres, « condamnées par un jugement irrévocable du chef de viol, d’exploitations illégales des ressources naturelles, de corruption, de détournement des deniers publics, d’assassinat, des tortures, de banqueroute et les faillis ».

Vingt-cinq candidats avaient déposé leurs dossiers pour le scrutin présidentiel. Parmi eux : quelques gros poissons de l’opposition – Jean-Pierre Bemba, Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe et Martin Fayulu – qui risquent finalement de ne pas être alignés pour le sprint final. Contraint à l’exil depuis deux ans, l’opposant Moïse Katumbi a de son côté saisi le Conseil d’État après avoir été empêché de regagner le pays, à la suite de deux tentatives début août à la frontière de Kasumbalesa, entre la RDC et la Zambie.

Jeuneafrique.com par

 

Élections en RDC: s’achemine-t-on vers un nouveau report ?

juillet 6, 2018
 

Une des machines à voter prévues pour les élections du 23 décembre 2018 en RDC. © John Bompengo/AP/SIPA

À 48 heures de la fermeture des bureaux de réception de la Ceni, la plupart des partis et regroupements politiques n’avaient toujours pas déposé vendredi les dossiers de leurs candidats aux provinciales. Quelles conséquences en cas de prolongation ?

« Ça devient stressant », avoue Azarias Ruberwa. Pour ce ministre d’État et leader du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), comme pour beaucoup d’autres chefs des partis, c’est la course contre la montre. Le dimanche 8 juillet, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a prévu de clôturer, suivant le calendrier électoral, la réception des candidatures pour les provinciales. Mais beaucoup de formations politiques ne sont pas prêtes.

Azarias Ruberwa a pris part, le jeudi 5 juillet, au début des travaux de la tripartite Ceni, gouvernement et Conseil national de suivi de l’accord (CNSA). Parmi les sujets sur la table : possibilité de prolonger, ou non, la date de la fin du dépôt des candidatures pour les provinciales. « Plusieurs problèmes logistiques n’ont pas permis aux partis politiques de respecter ce délai », justifie un membre du CNSA.

La tripartite Ceni-gouvernement-CNSA n’est pas compétente pour changer le calendrier électoral, assure Corneille Nangaa

Au-delà de la caution d’un million de franc congolais (environ 555 euros) par siège pourvu, des partis se plaignent de ne pouvoir pas transmettre à temps les documents originaux – lettre de consentement et lettre d’investiture du candidat entre autres – à leurs mandataires à travers le pays. « Il faut prendre l’avion, la voiture, voire la pirogue, pour atteindre certaines contrées », confirme Molendo Sakombi, président de l’Union pour la nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe à Kinshasa. Cela explique sans doute le fait que, au moment où nous écrivons ces lignes, la Ceni a enregistré zéro candidat dans au moins neuf provinces sur 26 que compte la RDC.

Vers un énième glissement ?

Hors-micro, des politiques de tous les bords plaident en faveur d’une prolongation des délais. Des pressions sont même exercées en ce sens sur Corneille Nangaa. Mais, pour l’instant, le président de la Ceni campe sur sa ligne. « Nous clôturons [la réception des candidatures pour les provinciales] le 8 juillet à minuit, indique-t-il à Jeune Afrique. La tripartite en cours [Ceni-gouvernement-CNSA] n’est pas compétente pour changer le calendrier électoral. »

Pour la Ceni, prolonger la durée initialement prévue (deux semaines) pour le dépôt des candidatures aux provinciales aurait forcément une incidence sur les autres échéances du calendrier électoral, voire sur la date prévue pour la tenue des élections combinées du président de la République, des députés nationaux et des élus provinciaux.

« Nous, nous tenons à organiser ces scrutins le 23 décembre », martèle Corneille Nangaa. Prévu fin 2016, l’élection du successeur de Joseph Kabila dont le second et dernier mandat constitutionnel est arrivé à terme depuis près de deux ans, n’a toujours pas eu lieu. De fait, personne ne veut prendre la responsabilité d’un énième glissement du calendrier électoral.

Qui va endosser la responsabilité du glissement ?

« On se prépare pour être prêt dimanche [8 juillet] », assure André-Alain Atundu Liongo, porte-parole de la Majorité présidentielle. « En octobre 2016, l’opposition avait demandé un délai de quatre jours. Maintenant, ils se rendent compte que même deux semaines c’est court ! La loi, c’est la loi. Nous, nous ne sommes pas dans une logique de report des élections. Et s’il y a des difficultés, ce sont des difficultés normales », poursuit-il.

« Si les partis d’opposition veulent une rallonge, ils doivent s’assumer parce qu’il y aura forcément une incidence sur le calendrier électoral », complète Adam Chalwe Munkutu, secrétaire national du PPRD, le parti du président Kabila.

Du côté de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de Félix Tshisekedi, on refuse, pour l’instant, de s’étendre sur le sujet. Mais dans le camp de l’opposant en exil Moïse Katumbi, on se veut rassurant. « Ensemble pour le changement travaille en fonction de l’échéance de dimanche [8 juillet] : nous ne voulons pas endosser la responsabilité d’un quelconque retard », affirme le député Christophe Lutundula.

Mais ce cadre de la plateforme électorale pro-Katumbi estime néanmoins qu’« une prolongation d’une semaine ne serait pas une première lorsqu’il s’agit des dépôts des candidatures en RDC et cela n’aurait aucune incidence sur le calendrier électoral ». Réponse d’ici le 8 juillet.

Jeuneafrique.com par et

RDC-Corée du Sud: Séoul dézingue les « machines à voter » de Miru Systems

avril 3, 2018

 

Jean-Pierre Kalamba, porte-parole de la Ceni de la RDC lors de la présentation à la presse des machines à voter. © DR / Ceni RDC

Après l’article de Jeune Afrique sur les dessous du contrat entre la Commission nationale électoral indépendante (Ceni) et le sud-coréen Miru Systems pour les « machines à voter », l’ambassade de Corée du Sud se désolidarise du fabricant et prévient des risques de « retard additionnel » à la tenue des élections.

À la suite de notre enquête sur la transparence des élections en Afrique (publié dans le n°2982 de Jeune Afrique, et diffusé sur notre site le 15 mars) l’ambassade de Corée du Sud à Kinshasa nous a adressé un e-mail précisant sa « position officielle » sur le sujet.

 

En termes très directs, elle s’y désolidarise de Miru Systems, le fabricant sud-coréen des fameuses « machines à voter », qui doivent être utilisées lors des prochaines élections congolaises.

Le gouvernement coréen a dûment expliqué au fabricant les risques potentiels en cas d’exportations de ces machines

« Le gouvernement coréen a dûment expliqué au fabricant […] les risques potentiels en cas d’exportations de ces machines, lit-on dans ce document dont la traduction a été assurée par les services de l’ambassade sud-coréenne à Kinshasa. Plus particulièrement, exporter ses machines au Congo pourrait donner au gouvernement congolais un prétexte pour [obtenir] des résultats indésirables liés aux élections, notamment [un] retard additionnel [à leur] tenue. »

L’ambassade nous informe par ailleurs que l’Association mondiale des organes de gestion des élections (A-WEB), une organisation sud-coréenne qui fournissait un soutien technique à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) congolaise, « a rompu ses liens avec le Congo, suivant la position du gouvernement coréen » en décembre 2017.

Jeuneafrique.com

RDC: pas d’élection pour remplacer Kabila avant début 2019 (Commission électorale)

octobre 11, 2017

Kinshasa – La République démocratique du Congo ne pourra pas organiser d’élection pour remplacer le président Joseph Kabila avant « 504 » jours, soit début 2019, a annoncé mercredi la commission électorale, alors qu’une présidentielle devait initialement avoir lieu fin 2017.

« La CENI (commission électorale, ndlr) a besoin de 504 jours après la fin du recensement pour arriver au jour du scrutin », explique la commission sur son site internet.

Ce recensement est encore en cours dans la région troublée du Kasaï.

Le délai peut être réduit « si on accepte d’utiliser la machine à voter et si l’on change la loi électorale », a indiqué à l’AFP un porte-parole de la commission électorale.

Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a pris fin en décembre 2016, la Constitution lui interdisant de se représenter.

Un accord pouvoir-opposition sous l’égide de l’église catholique conclu le 31 décembre 2016 prévoyait « l’organisation des élections en une seule séquence présidentielle, législatives nationale et provinciale au plus tard en décembre 2017 ».

Ce délai était devenu légalement impossible à tenir le 1er octobre, la loi prévoyant une convocation du corps électoral trois mois avant la fin du scrutin.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2017 23h04)                                            

Élections en 2018: les « grands lignes » d’un calendrier électoral (très attendu) en RDC

octobre 9, 2017

Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), le 26 juin 2016 à Kinshasa. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA.

Après son passage la semaine dernière au siège d’Atlantic Council à Washington, Corneille Nangaa, président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a regagné dimanche soir Kinshasa où il compte publier incessamment le calendrier électoral tant attendu en RDC. En voici les « grandes lignes ».

Visiblement serein et imperturbable, Corneille Nangaa est rentré dimanche 8 octobre à Kinshasa après un échange très musclé au centre Afrique de l’Atlantic Council à Washington. Il s’agissait d’un « briefing » sur les prévisions de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) en RDC, organisé le jeudi 5 octobre par ce think tank pro-républicain.

En face du président de la Ceni congolaise, une vingtaine de personnalités triées sur le volet : responsables politiques américains, Elizabeth Jaffee du bureau Afrique du département d’État américain et Gregory Simpkings, directeur du sous-comité de la chambre des représentants sur l’Afrique, la santé globale et les droits de l’Homme, entres autres, mais aussi des personnalités de la société civile américaine (surtout) et congolaise.

Tripartite d’abord, calendrier électoral ensuite

Lors des discussions modérées par Bronwyn Bruton, directeur des programmes et études au centre Afrique d’Atlantic Council, Corneille Nangaa, accompagné de François Balumuene, ambassadeur congolais aux États-Unis, est revenu sur les enjeux du processus électoral en cours en RDC et les contraintes techniques, logistiques et financières – 528 millions de dollars pour les scrutins présidentiel, législatif et provincial – auxquelles la Ceni est confrontée. Mais « il n’a jamais indiqué que le calendrier électoral sera publié cette semaine », comme on a pu le lire sur le site d’Atlantic Council, souligne-t-on dans l’entourage du président de la Ceni.

D’après nos informations, le calendrier électoral ne pourra être rendu public avant la deuxième réunion d’évaluation du processus électoral. Celle-ci est programmée ce jeudi 12 octobre entre la Ceni, le gouvernement et le Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

L’accord dont la mise en oeuvre en cours est dénoncée par le Rassemblement de l’opposition et les évêques catholiques, médiateurs des pourparlers, avait prévu cette tripartite pour « unanimement apprécier le temps nécessaire pour le parachèvement [des] élections ».

De janvier à novembre 2018 ?

En attendant, quelques « grandes lignes » de ce calendrier tant attendu en RDC ont été révélées à la réunion d’Atlantic Council. Après recoupement avec des sources au sein de la Ceni, il en ressort que l’enrôlement des électeurs sera « clôturé en janvier [2018] au Kasaï ». Mais, « entre-temps, la consolidation des données du fichier électoral est déjà enclenchée », rassure-t-on du côté de la Ceni. Mais cette vérification pourrait s’étendre jusqu’au mois de février.

Ce n’est qu’après que pourraient intervenir les « activités critiques du processus », celles qui nécessitent la fin de l’une pour déclencher le début de l’autre. À commencer par l’examen et l’adoption de la proposition ou du projet de loi sur la répartition des sièges.

À ce stade, le président de la Ceni souhaite que tous les acteurs politiques, parlementaires compris, s’impliquent réellement pour l’aboutissement du processus. « Corneille Nangaa a effet expliqué qu’en réalité la plupart de ceux qui, à Kinshasa, exigent des élections n’en veulent pas », rapporte un autre participant à la réunion d’Atlantic Council.

Viendra ensuite l’étape de l’ouverture des candidatures. « Avec plus de 600 partis, il faudra s’attendre à environ 28 000 candidats pour la députation nationale et un peu plus pour les élections provinciales », fait savoir à Jeune Afrique le président de la Ceni. C’est pourquoi, pour ce dernier, « la machine à voter n’est pas une proposition mais une option prise » pour faire face à cette situation. Une fois les candidatures enregistrées, la Ceni procédera à la « commande des matériels sensibles », notamment des bulletins de vote.

Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit

Nangaa a enfin rappelé ses trois options présentées aux politiques pour la tenue des scrutins : une seule élection – la présidentielle – en décembre 2017, deux élections – présidentielle et législatives – en mai 2018 ou trois élections – présidentielle, législatives et provinciales – en novembre 2018.

L’accord de la Saint-Sylvestre, on le sait, a choisi le troisième cas de figure, mais en ramenant l’échéance « au plus tard en décembre 2017 ». Ce qui est « techniquement impossible » jure-t-on à la Ceni qui semble s’accrocher à son schéma initial. Le Rassemblement de l’opposition a déjà indiqué que si les élections n’ont pas lieu cette année, une « transition sans Kabila » doit être mise en place.

Corneille Nangaa peine à convaincre sur le Kasaï

À Washington, Corneille Nangaa s’est également évertué à « [démentir] les allégations selon lesquelles la violence actuelle [notamment dans le Kasaï, dans le centre du pays, NDRL] serait liée au processus électoral et à l’impossibilité d’organiser les élections », rapporte un autre participant à la réunion.

Mais, à en croire le compte rendu publié sur le site internet d’Atlantic Council, pendant les échanges, les explications de Corneille Nangaa n’ont pas convaincu la plupart des invités.

« Difficile d’en être autrement lorsque chacun a déjà ses appréhensions », commente un proche du président de la Ceni. Et Nangaa lui-même de conclure : « Je ne suis pas allé à Washington pour convaincre qui que ce soit, mais pour présenter les faits. »

Jeuneafrique.com par

RDC: le calendrier des élections repoussé

octobre 1, 2016

Kinshasa – La commission électorale de la République démocratique du Congo (Céni) a annoncé samedi aux participants au dialogue national pour intégration dans l’accord politique à conclure, son intention de convoquer l’électorat pour la présidentielle, les législatives nationales et provinciales en novembre 2017, une proposition rejetée par l’opposition.

La convocation de l’électorat pour les élections présidentielles, législatives nationales et provinciales en une seule séquence interviendra en novembre 2017, a déclaré à la presse Corneille Naanga président de la Céni, rendant compte de sa présentation aux participants au dialogue national qui se tient depuis le 1 septembre à Kinshasa et qui est censé baliser la voie à des élections apaisées, crédibles et transparentes.

Cette convocation coïncidera avec l’inscription des candidatures, a ajouté M. Naanga.

Devant la plénière du dialogue, il a précisé que la Céni doit disposer de 504 jours à partir du 31 juillet 2017 pour faire face aux contraintes techniques liées à l’organisation simultanée de la présidentielle, les législatives nationales et provinciales, une proposition que rejette l’opposition, parce qu’elle retarde la présidentielle.

Les experts de l’OIF et de l’ONU sont clairs là dessus. Il faut à la Céni six mois maximum après le 31 juillet 2017 pour organiser les trois scrutins, a réagi notamment Jean Lucien Bussa, porte-parole de l’opposition au dialogue national, évoquant l’expérience de la Céni en 2006 et en 2011.

La Céni doit recevoir des assignations du dialogue et non faire ce qu’elle veut, a martelé l’opposant. Nous cherchons à résoudre la crise, le peuple n’attend pas la présidentielle au 25 novembre 2018, a-t-il ajouté.

La publication du calendrier est une compétence exclusive de la Céni, a aussitôt relevé M. Naanga, précisant n’avoir donné que des indications aux participants au dialogue national.

On peut tout finir en une année et avoir la présidentielle dans un court délai, c’est franchement exagéré de faire pareille projection, a déclaré pour sa part l’abbé Nshole, le délégué de l’Eglise catholique au dialogue à l’AFP.

Dans un message intitulé Pour la RDC je ne me tairai pas, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a exhorté la majorité et la frange de l’opposition qui boudent le dialogue à poser des actes de grandeur qui débloqueraient la situation en acceptant la création d’un cadre inclusif en vue de la mise en commun des positions des uns et des autres.

L’Eglise catholique a suspendu sa participation aux travaux du dialogue depuis le 20 septembre en vue de rechercher un consensus plus large, après les violences des 19 et 20 septembre lors des manifestations d’opposition qui visaient à demander au président congolais Joseph Kabila de quitter le pouvoir à la fin de son mandat le 20 décembre et ayant fait 49 morts selon l’ONU.

La crise actuelle remonte à la réélection contestée de M. Kabila en 2011 à l’issue d’élections entachées de fraudes massives. Il est au pouvoir depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter. Ses opposants le soupçonnent depuis lors de manoeuvrer pour se maintenir à la tête du pays à la fin de son mandat quitte à retarder la présidentielle.

Romandie.com avec(©AFP / 01 octobre 2016 22h00)

Présidentielle au Tchad: la société civile se retire de la Commission électorale

avril 1, 2016

N’Djamena – Les représentants de la société civile au Tchad se sont retirés de différentes institutions, notamment de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), et maintiennent pour le 5 avril une marche pacifique interdite, a annoncé vendredi l’Union des syndicats du Tchad (UST).

En tenant compte de tout ce qui se passe et du maintien de nos camarades en prison (4 leaders détenus depuis 10 jours) nous avons décidé à partir d’aujourd’hui le retrait de tous nos camarades de plusieurs institutions dont la Céni, a déclaré à la presse, au nom de la plate-forme de la société civile, le secrétaire général adjoint de l’UST, Goukouni Vaima.

La société civile, qui regroupe l’UST et les mouvements Ça suffit, Trop c’est trop et Iyina (On est fatigués), se retire aussi du Cadre national de dialogue politique (CNDP), du Conseil économique et social, du Collège de contrôle des revenus pétroliers et de l’Initiative de transparence pour les industries extractives (Itie).

L’attitude du gouvernement ne nous permet pas de collaborer avec ces institutions car nous nous sentons bâillonnés, a ajouté Goukouni Vaina, avant de confirmer le maintien d’une marche interdite mardi.

Nous disons que la marche du 5 avril est maintenue. Nous avons écrit au ministre de la Sécurité pour demander l’itinéraire à suivre mais le ministre a refusé, a-t-il poursuivi. En dépit de cette décision nous allons marcher et ferons en sorte que cette marche réussisse.

Ouvert jeudi à N’Djamena, le procès des quatre responsables de la société civile – Mahamat Nour Ahmed Ibedou, Younous Mahadjir, Nadjo Kaina Palmer et Céline Narmadji – a été interrompu au bout de vingt minutes et reporté au 7 avril.

Nos clients sont détenus arbitrairement depuis 10 jours, ce renvoi est une manoeuvre dilatoire pour les faire souffrir, a déclaré à la presse l’avocate de la défense, Me Delphine Kemneloum Djiraibé.

Les quatre opposants sont accusés de provocation à un attroupement non autorisé, tentative d’atteinte à l’ordre public et opposition à l’exercice d’une autorité légitime, après avoir appelé à manifester contre la candidature du président Idriss Déby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, à un cinquième mandat.

Le pouvoir au Tchad, pays producteur de pétrole à la population très pauvre, a été confronté ces dernières semaines à une contestation inédite à la suite d’un mouvement de lycéens qui dénonce depuis le 15 février le viol d’une jeune Tchadienne par des fils de dignitaires.

Idriss Deby Itno, arrivé au pouvoir par la force en 1990 en renversant son ancien allié Hissène Habré, affrontera 13 autres candidats au premier tour de la présidentielle du 10 avril.

Romandie.com avec(©AFP / 01 avril 2016 14h26)

Niger: l’opposition ne reconnaît pas les résultats de la présidentielle

février 23, 2016

Niamey – L’opposition nigérienne ne reconnaît pas les résultats partiels de l’élection présidentielle annoncés depuis la veille par la commission électorale (Céni), a affirmé mardi le porte-parole de la coalition d’opposition en dénonçant des fraudes dans le scrutin.

Tel que cela a été proclamé jusqu’à maintenant, on ne peut pas les reconnaître, a déclaré à Niamey Amadou Boubacar Cissé, dit ABC le porte-parole de la Coalition pour l’alternance 2016 (COPA 2016) en commentant l’annonce par la Céni des premiers résultats du scrutin de dimanche et lundi.

On demande aux militants de résister, de ne pas accepter ce qui se passe parce que c’est totalement contraire à ce qui été exprimé par les urnes, a-t-il ajouté refusant de commenter les modalités d’action: Comment’ Enfin, vous verrez bien comment. Je n’ai pas besoin de vous dire la stratégie que nous adoptons.

ABC, lui même candidat, qui s’exprimait aux côtés d’un des principaux favoris du scrutin, Seini Oumarou, au siège du parti de ce dernier, a déclaré que la Commission électorale nationale indépendante (Céni) diffuse des résultats pour le moins fantaisistes. Des résultats sont en désaccord total avec les données réelles récoltées par les représentants des partis membres de la COPA 2016.

A Zinder (sud, 2e ville du pays) et dans d’autres régions, les résultats proviennent de bureaux de vote fictifs, a-t-il poursuivi.

Près de 7,5 millions d’électeurs devaient choisir entre 15 candidats lors du scrutin présidentiel couplé à des législatives.

Le président Mahamadou Issoufou qui brigue un deuxième quinquennat, a promis une victoire au premier tour, face une opposition qui n’a cessé d’agiter le spectre de la fraude électorale. La campagne s’est déroulée dans une ambiance tendue.

Selon les autorités, les résultats globaux devraient être annoncés dans les cinq jours après la clôture du scrutin.

Nous confronterons en temps opportun nos données et celles dont ils disposent. Face à cette situation très grave, la COPA invite tous ses militants à se mobiliser comme un seul homme contre le coup de force en préparation et défendre la légitimité populaire qui s’est exprimée dans les urnes, a souligné M. Cissé.

Dans nombre de zones où le PNDS (Parti du président Issoufou) a été largement battu, la Céni présente des résultats surprenants qui nous montrent clairement que le président Issoufou persiste dans son illusion d’+un coup KO+ qu’il veut imposer par une trituration irresponsable des résultats du vote sanction des populations nigériennes, a-t-il accusé.

En fait les représentants du PNDS à la Céni disposent déjà de la totalité des résultats fabriqués sur toute l’étendue du territoire qu’ils font valider par et publier par la Céni qui agit par grave complicité, a ajouté ABC.

Romandie.com avec(©AFP / 23 février 2016 14h16)

Niger/présidentielle: controverse sur le vote par témoignage

février 17, 2016

 

Niamey – L’autorisation mercredi au Niger du vote par témoignage (vote sans pièce d’identité mais avec deux personnes attestant de l’identité du votant) a suscité la colère de l’opposition et de la société civile, à quatre jours de la présidentielle de dimanche.

La télévision nationale a annoncé que le Conseil d’Etat avait donné un avis favorable au vote par témoignage des inscrits ne disposant pas de pièces d’identité.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Boubé Ibrahim, a pris un arrêté pour autoriser ce type de vote, selon la télévision.

Sa décision ne fait pas l’unanimité des représentants de l’opposition et de la société civile qui siègent à la Céni, a confié à l’AFP une source proche de la Commission.

Le vote par témoignage concerne environ 1,5 million d’électeurs dans le pays sur près de 7,5 millions d’inscrits. Ce chiffre a été mis au jour lors de l’audit du ficher électoral nigérien par l’Organisation internationale de la francophonie en janvier.

Le vote par témoignage pose problème parce que ça permet des fraudes, a affirmé à l’AFP Moussa Tchangari, figure de la société civile et opposant notoire.

Quelqu’un vient avec une carte d’électeur qui peut ne pas être la sienne, il trouve deux personnes qui peuvent témoigner et il peut voter. Dans un contexte très partisan, ce n’est pas difficile de trouver quelques témoins, ajoute M. Tchangari.

Ce type de vote avait certes été accepté en 2011 mais c’était une disposition transitoire en attendant d’établir les fichiers biométrique qui n’ont pas été faits, rappelle-t-il.

Au sein de l’opposition, on dénonce le fait que des milliers de cartes d’électeurs, fausses ou non distribuées, circulent et pourraient être utilisées lors du vote. Les cartes correspondent aux noms inscrits sur les listes mais ne comportent pas de photo ou d’empreinte digitale.

S’exprimant au nom de la Coalition pour l’Alternance (COPA 2016, opposition), Tahirou Kalilou rappelle que Le vote par témoignage n’est pas inscrit dans la loi. En réalité, l’action du Premier Ministre (qui a saisi le Conseil d’Etat) cache mal l’intention du pouvoir sortant de troubler la sincérité, la fiabilité et la crédibilité des élections.

La COPA 2016 prend à témoin l’opinion relativement à la fraude massive planifiée par le pouvoir. Le vote par témoignage participe de cette tromperie à grande échelle, a-t-il conclu.

Des sources de l’opposition critiquent également le manque de préparation de la Céni, notamment en province dans un pays où les déplacements sont longs.

Ces accusations ont été réfutées par le vice président de la Céni Kadri Oumarou Sanda. C’est trop tôt pour le dire qu’on n’est pas prêt! On est en train de travailler, on fait des formations en cascades (par niveau national, régional, local). On essaie de tenir le timing, c’est toujours comme cela qu’on procède, a-t-il confié à l’AFP.

Quelque 15 candidats s’affronteront dimanche lors du scrutin présidentiel qui sera couplé à des législatives au terme d’une campagne sous tension.

Le président Mahamadou Issoufou, 63 ans, qui brigue un second mandat, a prédit une victoire par un coup KO dès le premier tour alors que l’opposition, divisée, a promis de s’unifier au second.

Romandie.com avec(©AFP / 17 février 2016 20h25)