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Niger/présidentielle: controverse sur le vote par témoignage

février 17, 2016

 

Niamey – L’autorisation mercredi au Niger du vote par témoignage (vote sans pièce d’identité mais avec deux personnes attestant de l’identité du votant) a suscité la colère de l’opposition et de la société civile, à quatre jours de la présidentielle de dimanche.

La télévision nationale a annoncé que le Conseil d’Etat avait donné un avis favorable au vote par témoignage des inscrits ne disposant pas de pièces d’identité.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Boubé Ibrahim, a pris un arrêté pour autoriser ce type de vote, selon la télévision.

Sa décision ne fait pas l’unanimité des représentants de l’opposition et de la société civile qui siègent à la Céni, a confié à l’AFP une source proche de la Commission.

Le vote par témoignage concerne environ 1,5 million d’électeurs dans le pays sur près de 7,5 millions d’inscrits. Ce chiffre a été mis au jour lors de l’audit du ficher électoral nigérien par l’Organisation internationale de la francophonie en janvier.

Le vote par témoignage pose problème parce que ça permet des fraudes, a affirmé à l’AFP Moussa Tchangari, figure de la société civile et opposant notoire.

Quelqu’un vient avec une carte d’électeur qui peut ne pas être la sienne, il trouve deux personnes qui peuvent témoigner et il peut voter. Dans un contexte très partisan, ce n’est pas difficile de trouver quelques témoins, ajoute M. Tchangari.

Ce type de vote avait certes été accepté en 2011 mais c’était une disposition transitoire en attendant d’établir les fichiers biométrique qui n’ont pas été faits, rappelle-t-il.

Au sein de l’opposition, on dénonce le fait que des milliers de cartes d’électeurs, fausses ou non distribuées, circulent et pourraient être utilisées lors du vote. Les cartes correspondent aux noms inscrits sur les listes mais ne comportent pas de photo ou d’empreinte digitale.

S’exprimant au nom de la Coalition pour l’Alternance (COPA 2016, opposition), Tahirou Kalilou rappelle que Le vote par témoignage n’est pas inscrit dans la loi. En réalité, l’action du Premier Ministre (qui a saisi le Conseil d’Etat) cache mal l’intention du pouvoir sortant de troubler la sincérité, la fiabilité et la crédibilité des élections.

La COPA 2016 prend à témoin l’opinion relativement à la fraude massive planifiée par le pouvoir. Le vote par témoignage participe de cette tromperie à grande échelle, a-t-il conclu.

Des sources de l’opposition critiquent également le manque de préparation de la Céni, notamment en province dans un pays où les déplacements sont longs.

Ces accusations ont été réfutées par le vice président de la Céni Kadri Oumarou Sanda. C’est trop tôt pour le dire qu’on n’est pas prêt! On est en train de travailler, on fait des formations en cascades (par niveau national, régional, local). On essaie de tenir le timing, c’est toujours comme cela qu’on procède, a-t-il confié à l’AFP.

Quelque 15 candidats s’affronteront dimanche lors du scrutin présidentiel qui sera couplé à des législatives au terme d’une campagne sous tension.

Le président Mahamadou Issoufou, 63 ans, qui brigue un second mandat, a prédit une victoire par un coup KO dès le premier tour alors que l’opposition, divisée, a promis de s’unifier au second.

Romandie.com avec(©AFP / 17 février 2016 20h25)

Guinée: Majorité absolue pour Alpha Condé au 1er tour

octobre 17, 2015

Le président guinéen Alpha Condé a été réélu pour un 2e mandat avec un total de 58% des suffrages dès le premier tour de l’élection présidentielle, a annoncé samedi la commission électorale. Selon les résultats définitifs, son principal rival a obtenu 31% des voix.

Selon la somme des résultats bruts annoncés depuis mercredi par la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Alpha Condé l’emportait avec près de 2,3 millions de voix, soit environ 57,8 % des suffrages exprimés. Il devance le chef de l’opposition Cellou Dalein Diallo, en tête à Ratoma et New York, crédité de quelque 1,24 million de voix, soit 31,5 % des suffrages. Les six autres candidats, dont une femme, étaient très nettement distancés.

La participation s’établissait à environ 68 % des quelque six millions d’électeurs inscrits, sensiblement moins que l’estimation de 75 % initialement donnée par la Céni.

Fraudes dénoncées
M. Diallo a annoncé qu’il ne reconnaîtrait pas les résultats et a appelé ses partisans à dénoncer des fraudes lors du scrutin de dimanche dernier. Les observateurs électoraux ont estimé que le scrutin était valable malgré quelques problèmes logistiques.

M. Diallo a accusé la commission et le gouvernement de s’être livrés à des abus dont des bourrages d’urnes, des votes de mineurs, un changement de la carte électorale et des intimidations.

« J’invite les autres candidats et les citoyens, qui sont les véritables victimes de ce hold-up électoral, à organiser des manifestations pacifiques dans le respect du droit pour exprimer leur colère », a déclaré Diallo dans un communiqué.

Calme relatif
La commission électorale a diffusé au cours de la semaine des résultats partiels montrant une tendance en faveur du président sortant. Les candidats disposent de huit jours pour contester les résultats avant que ceux-ci soient validés par la Cour constitutionnelle. Alpha Condé est arrivé au pouvoir en 2010, mettant fin à deux années de régime militaire.

Les Guinéens avaient voté dans le calme le 11 octobre, mais sous tension, la campagne de M. Condé visant une réélection au premier tour. Un objectif jugé par ses adversaires irréalisable sans fraude caractérisée, cinq ans après sa victoire sur le fil au second tour sur le chef de l’opposition.

Romandie.com

RDC : démission du président de la commission électorale

octobre 10, 2015

Kinshasa – Le président de la commission chargée d’organiser les élections en République démocratique du Congo a démissionné de ses fonctions, a-t-on annoncé samedi de source officielle, à un peu plus de 13 mois de l’échéance de la prochaine présidentielle.

L’abbé Apollinaire Malu-Malu a présenté sa démission de ses fonctions de président de la Céni (Commission électorale nationale indépendante) au président de la République Joseph Kabila, pour raisons de santé et celui-ci en a pris acte, selon un communiqué officiel lu à la télévision publique.

La Céni est composée de membres représentatifs de diverses composantes de la population congolaise. Selon le communiqué officiel lu à la télévision, M. Kabila demande à la société civile, dont était issu l’ecclésiastique quinquagénaire, de se réunir pour désigner son remplaçant.

Cette démission est un nouveau coup de tonnerre dans le paysage politique congolais, a rapidement réagi sur son compte Twitter Olivier Kamitatu, un des dirigeants du G7, groupe de sept partis récemment passés à l’opposition en septembre en accusant M. Kabila de chercher à se maintenir au pouvoir coûte que coûte.

La RDC traverse une crise politique depuis la réélection contestée de M. Kabila en 2011 lors d’élections entachées de fraudes massives.

Aucun des scrutins qui devaient être organisés depuis lors ne s’est tenu.

M. Kabila dirige la RDC depuis 2001 et la Constitution lui interdit de se représenter en 2016, mais l’opposition le soupçonne de manoeuvrer pour se maintenir au pouvoir au-delà de la fin de son mandat, qui s’achève en décembre 2016, quitte à retarder les élections.

Soigné à l’étranger pour une maladie non rendue publique, l’abbé Malu-Malu était absent de la scène publique depuis des mois. Il avait fait une brève apparition en avril pour une conférence de presse où il était apparu fort affaibli, coiffé d’une casquette pour dissimuler la cicatrice d’une opération chirurgicale.

Romandie.com avec(©AFP / 10 octobre 2015 20h50)

Guinée : la présidentielle pourra se tenir dimanche

octobre 7, 2015

Conakry – La Commission électorale nationale indépendante en Guinée (Céni) a assuré mercredi être en mesure de tenir la présidentielle à la date prévue, dimanche, dont l’opposition a demandé le report, faisant état de dysfonctionnements et d’anomalies.

Cette annonce coïncide avec l’entrée dans la dernière ligne droite de la campagne des principaux candidats, dont le président sortant Alpha Condé, qui s’apprêtaient à regagner la capitale Conakry après avoir bouclé leur tournée de l’intérieur du pays.

L’état des préparatifs du scrutin du 11 octobre est largement satisfaisant, a déclaré le porte-parole de la Céni, Amadou Salif Kébé, lors d’une conférence de presse à Conakry.

Rien à notre niveau ne nous dit que nous ne pouvons pas aller aux élections le 11 octobre, a-t-il précisé.

Interrogé sur la position de la Céni quant à la demande de l’opposition d’un report d’au moins une semaine, notamment en raison de doutes sur la fiabilité des listes électorales et de problèmes de distribution des cartes d’électeur, M. Kébé a néanmoins indiqué qu’elle n’en avait pas encore délibéré mais qu’elle se prononcerait avant le scrutin.

Pour ce qui concerne la distribution des cartes d’électeur, nous avons des fortunes diverses, a-t-il reconnu.

Pour certaines régions, ça va jusqu’à 80 %, pour d’autres, elles sont à 45 %, d’autres à 50 %, à quatre jours du vote, a précisé le responsable de la Céni.

En termes de matériel électoral dans les bureaux de vote, les cinq communes de Conakry, qui sont les dernières à être servies, sont en train d’être servies, a-t-il souligné.

La capitale guinéenne vit au rythme des chants et des danses et sous les couleurs des partisans des principaux candidats, Alpha Condé en tête.

Au calicots jaunes et aux affiches omniprésentes du chef de l’Etat, qui fait campagne sur le progrès en marche, répondent plus modestement ceux de ses adversaires.

Choisissons ensemble notre avenir, propose le chef de l’opposition et ancien Premier ministre Cellou Dalien Diallo, candidat malheureux au second tour face à Alpha Condé en 2010.

5 ans pour rien, pouvait-on lire sur les tee-shirts bleu et blanc des partisans d’un autre ex-Premier ministre, Sidya Touré, le troisième homme de la présidentielle de 2010, rassemblés pour l’accueillir à son retour à Conakry mercredi soir.

La demande de report émane de l’ensemble des sept candidats en lice face au président Condé.

L’opposition a néanmoins exclu de boycotter l’élection, comme elle en a laissé planer la menace.

Les deux précédents scrutins en Guinée, la présidentielle de 2010 et les législatives de 2013, ont été émaillés de violences et d’accusations de fraude.

Depuis l’ouverture de la campagne le 10 septembre, seuls des incidents localisés, à Koundara (nord) le 20 septembre et à N’Zérékoré (sud-est) la semaine dernière, ont été signalés.

Alpha Condé, ancien opposant qui a connu la prison, est le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française, dirigée jusqu’alors par des pouvoirs autoritaires ou dictatoriaux.

Romandie.com avec(©AFP / 07 octobre 2015 21h37)

Burundi : le taux de participation « tend vers les 100 % à l’intérieur du pays », selon la Ceni

juin 29, 2015
Un bureau des élections au Burundi

Un bureau des élections au Burundi

Prosper Ntahorwamiye, porte-parole de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) du Burundi, a confié lundi soir à Jeune Afrique que les législatives et les communales se sont tenues dans le calme et que le taux de participation avoisinerait les 100 % à l’intérieur du pays.

Malgré l’appel au boycott de l’opposition et de la société civile burundaises, les législatives et les communales ont bien eu lieu le 29 juin au Burundi. À ceux qui réclamaient le report de ces scrutins, soutenant que les conditions n’étaient pas réunies, Prosper Ntahorwamiye, porte-parole de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), joint au téléphone par Jeune Afrique, tient à répondre que « sur toute l’étendue du territoire, les élections ont bel et bien eu lieu. Et la journée d’aujourd’hui a été calme, aucun incident n’a été signalé », prétend-il.

Pourtant, plusieurs centres de vote ont été attaqués dans nuit du 28 au 29 juin, à Bujumbura et en province. Une nouvelle grenade a même explosé lundi à quelques centaines de mètres du centre de vote de Musaga.

Quid du taux de participation ? À en croire le porte-parole de la Ceni, « [il] tend vers les 100 % à l’intérieur du Burundi ». « En tout cas, plus de 90 % de taux de participation » à l’arrière-pays, a-t-il affirmé, soulignant qu’il ne s’agit là que de tendances.

Taux de participation faible dans quatre communes de Bujumbura

En revanche, dans la capitale burundaise, Prosper Ntahorwamiye admet qu’il y a eu « des problèmes sérieux dans la mairie de Bujumbura pour des raisons que tout le monde connaît ». Allusion faite aux importantes manifestations anti-Nkurunziza qui ont eu lieu dans certains quartiers de Bujumbura ces derniers mois.

« On a constaté un taux de participation faible dans quatre communes de la capitale : Musaga, Nyakabika, Ngagara et Cibitoke », a relevé le porte-parole de la Ceni. Avant de nuancer aussitôt : « Mais suivant l’ancien découpage, Bujumbura est composée de 13 communes. Et nous avons enregistré un taux de participation très satisfaisant dans les neuf autres communes. »

Il faudra attendre « deux à trois jours » pour avoir les chiffres exacts. « Le taux de participation sera publié le jour de la proclamation des résultats de ces scrutins », a affirmé le porte-parole de la Ceni.

Jeunefrique.com par Trésor Kibangula

Burundi : deux membres de la Ceni en fuite, officialisent leur démission, Nkurunziza menace

juin 1, 2015

Deux membres de la Ceni au Burundi ont confirmé, le 1e juin 2015, leur démission.
Deux membres de la Ceni au Burundi ont confirmé, le 1e juin 2015, leur démission. © AFP

Deux parmi les cinq membres du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) du Burundi ont confirmé lundi leur démission. Le président Nkurunziza lui menace contre toute nouvelle tentative de putsch.

« Techniquement, c’est mort ! » lâche un membre de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) qui a requis l’anonymat. À l’en croire, « avec la confirmation de la démission de deux commissaires de la Ceni, il est impossible d’organiser les élections communales et législatives prévues, jusqu’ici, le 5 juin ». « D’autant qu’il faut nécessairement remplacer les deux membres qui ont claqué la porte », explique-t-il, joint au téléphone par Jeune Afrique.

Spes Caritas Ndironkeye, vice-présidente la Ceni qui s’est exilée au Rwanda voisin, et Illuminata Ndabahagamye, commissaire chargée de l’Administration et des Finances, ont en effet officialisé, le 1e juin, leur démission de l’institution électorale nationale, en adressant deux lettres séparées au président burundais, Pierre Nkurunziza.

Burundi: un second membre de la commission électorale en fuite

Un second membre de la commission électorale au Burundi (Céni) a démissionné de ses fonctions et a fui le pays, a-t-on appris de source proche de sa famille, après la fuite de la vice-présidente de cette même commission. Illuminata Ndabahagamye se cachait depuis vendredi, elle avait peur, elle a subi beaucoup de pression et était suivie par les services de renseignements, a déclaré cette source à l’AFP. Elle a envoyé sa lettre de démission ce matin, maintenant elle est en lieu sûr, a indiqué cette source. Cette démission avait été évoquée mais pas encore confirmée. Elle intervient après la démission et la fuite au Rwanda en fin de semaine dernière de Spes Caritas Ndironkeye, la vice-présidente de la Céni.

La Céni compte au total cinq commissaires nationaux, désignés par le président et approuvés par l’Assemblée nationale. A ce jour, ce sont donc deux d’entre eux qui ont fait défection. Avec le départ de Mme Ndabahagamye, la Céni n’est théoriquement plus en mesure de prendre de décisions, qui nécessitent au minimum les trois quarts des votes de ses commissaires, soit quatre votes sur cinq.

Les membres du bureau (de la Céni) n’ont pas encore vu ce courrier formellement, a réagi le président de la commission, Pierre-Claver Ndayicariye. Si ce courrier existe, il est d’abord destiné au chef de l’Etat. Est-ce que nous pouvons travailler à trois’ Oui, la preuve, depuis vendredi jusqu’à aujourd’hui nous sommes en train de travailler, a-t-il affirmé à l’AFP.

« Deux braves dames »

Spes Caritas Ndironkeye évoque « le contexte politico-sécuritaire du moment [qui] n’offre pas les conditions requises à l’encadrement de cet événement majeur pour le peuple burundais ». Autrement dit, la situation actuelle dans le pays ne permettrait pas l’organisation sereine des scrutins pourtant cruciaux pour l’avenir démocratique du Burundi.

Abondant dans le même sens, Illuminata Ndabahagamye estime que « l’état sécuritaire qui prévaut et le contexte politique du moment ne créent pas des conditions favorables à l’accomplissement satisfaisant de la mission qui [lui] avait été confiée ». La commissaire chargée de l’Administration et des Finances a fui le pays avant d’envoyer sa lettre de démission. « [Elle] se cachait depuis vendredi, elle avait peur, elle avait subi beaucoup de pression et était suivie par les services de renseignements », selon une source proche de sa famille contactée par l’AFP.

Deux décisions saluées par la société civile burundaise. Pacificique Nininahazwe, l’un des leaders de la campagne anti-troisième mandat, a qualifié les deux démissionnaires de « braves dames », rappelant au pouvoir que « les remplacer ne sera pas une mince affaire puisqu’il faut obtenir trois quart des voix à l’Assemblée nationale et au Sénat ». Deux chambres du Parlement burundais dont le mandat a expiré fin avril, selon le militant.

Mise en garde du président

Pas sûr que le calendrier publié des scrutins qui prévoit, jusqu’ici, la tenue des communales et des législatives au 5 juin et de la présidentielle au 26 juin, soit respecté. Déjà dimanche, à Dar es Salaam, les chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est ont préconisé le report des élections d’au moins un mois et demi au Burundi.

En attendant, Pierre Nkurunziza, « [met en garde] toute personne qui tentera de prendre le pouvoir par le renversement des institutions élues par la population, assurant que ce genre de tentative ne fera pas un seul pas », rapporte un communiqué du CNDD-FDD, parti au pouvoir, publié lundi à Bujumbura. Le président burundais a tenu ses propos ce weekend dans sa ville natale de Ngozi, dans le nord du pays, où il est allé retiré sa carte d’électeur.

Le Burundi est plongé depuis un mois dans une grave crise politique, avec des manifestations quotidiennes pour contester la candidature du président Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, à un troisième mandat à l’élection présidentielle du 26 juin. Les violences ont fait plus d’une trentaine de morts. Des élections législatives et communales, déjà repoussées de 10 jours sous la pression de la communauté internationale, sont prévues vendredi prochain, suivies du scrutin présidentiel le 26 juin, puis des sénatoriales le 17 juillet.

Réunis en sommet dimanche en Tanzanie, les pays d’Afrique de l’Est ont demandé leur report au moins jusqu’à la mi-juillet. Interrogé sur ce report, M. Ndayicariye a expliqué: en matière de report, il y a le report technique qui est du ressort de la Céni, et les reports politiques, qui sont du ressort de la présidence. Aujourd’hui, nous sommes en train de discuter avec la présidence si la décision du sommet de Dar es Salam est du ressort politique ou technique, a-t-il affirmé. (©AFP / 01 juin 2015 18h42)

Romandie.com avec Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

RDC : les Nations unies prêtes à soutenir des élections « libres »

février 14, 2015

Martin Kobler (g) et des officiers à Beni, le 23 octobre 2014.
Martin Kobler (g) et des officiers à Beni, le 23 octobre 2014. © AFP

Les Nations unies ont dit vendredi leur « engagement » à soutenir financièrement des élections « libres » en République démocratique du Congo au lendemain de la publication d’un calendrier électoral fixant à novembre 2016 la date de la prochaine présidentielle.

« Je réitère l’engagement des Nations unies à soutenir la RDC pour la tenue d’élections libres, démocratiques et transparentes », déclare Martin Kobler, chef de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) dans un communiqué. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) a publié jeudi un « calendrier électoral global » très attendu dans un contexte d’intense crispation politique, qui fixe la date de la prochaine présidentielle au 27 novembre 2016.

Ce scrutin, s’il a lieu, pourrait marquer la première transition démocratique du pouvoir depuis que la RDC a pris son indépendance de la Belgique en 1960. M. Kobler « encourage l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux impliqués dans le processus électoral à tout mettre en oeuvre pour [permettre] l’exécution dudit calendrier ».

Plusieurs « contraintes »

La Céni a averti que la tenue de la présidentielle et des scrutins prévus avant elle dépendait de plusieurs « contraintes » liées notamment au décaissement des quelque 1,1 milliard de dollars dont elle estime avoir besoin pour organiser pas moins de sept élections (dont trois au scrutin indirect) en moins de deux ans. Après les violences meurtrières provoquées en janvier par l’examen de la nouvelle loi électorale – finalement adoptée le 25 janvier – la mise en oeuvre effective du calendrier de la Céni sera au coeur des enjeux politiques des mois à venir.

La RDC traverse une crise politique depuis la réélection du président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001, à l’issue d’un scrutin marqué par des irrégularités massives. Aucune élection n’a eu lieu depuis lors. L’opposition soupçonne M. Kabila, âgé de 43 ans et à qui la Constitution interdit de se représenter en 2016, de chercher à retarder la présidentielle pour rester à son poste au-delà du terme de son mandat, et accuse la Céni d’être inféodée au pouvoir.

Calendrier « irréaliste »

Pour Samy Badibanga, chef du groupe parlementaire UDPS (Union pour la démocratie et le progrès social, premier parti de l’opposition à l’Assemblée nationale), le calendrier de la Céni est tout simplement « irréaliste » compte tenue du temps imparti pour organiser les élection prévues et des moyens financiers du pays. Pour 2015, le budget de l’Etat s’établit à environ 9 milliards de dollars.

Le rapporteur de la Céni, Jean-Pierre Kalamba, a assuré au contraire jeudi que le « calendrier était [faisable], pourvu que les fonds soient libérés » à temps, et a appelé la communauté des donateurs étrangers à jouer « aussi sa part ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Abbé Malumalu : « En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution de la RDC soit respectée »

décembre 17, 2014

Le prêtre est à la tête de la Ceni depuis juin 2013.
Le prêtre est à la tête de la Ceni depuis juin 2013. © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.

Faut-il organiser les scrutins locaux avant la présidentielle et les législatives de 2016 en RDC ? Non, selon l’opposition, qui redoute un report de ces échéances nationales. Oui, dit le président de la Ceni, l’abbé Apollinaire Malumalu Muholongu.

Apollinaire Malumalu Muholongu, 53 ans, est un prêtre catholique du diocèse de Beni-Butembo, dans le Nord-Kivu, sa province natale. De retour à Butembo en 1997 après avoir obtenu un doctorat en sciences politiques à Grenoble (où il fut curé de 1993 à 1996) et un DEA à Lyon, c’est en 2003 que l’abbé fait son entrée dans la vie politique congolaise. Il est alors nommé expert au service d’études stratégiques attaché au cabinet du chef de l’État et désigné membre de la Commission électorale indépendante (CEI), qu’il présidera jusqu’en 2011.

Depuis son retour, en juin 2013, à la tête de l’institution (rebaptisée Commission électorale nationale indépendante, Ceni), il s’attelle à organiser les élections urbaines, municipales et locales de façon qu’elles se tiennent dès 2015. Une démarche très critiquée par certains partis d’opposition, qui craignent un report de la présidentielle prévue en 2016.

Jeune Afrique : La Conférence épiscopale nationale du Congo s’était prononcée contre la désignation d’un membre du clergé catholique à la tête de la Ceni. N’avez-vous pas violé sa « consigne » ?

Apollinaire Malumalu : Je n’ai jamais été candidat à ce poste. Je suis revenu à la Ceni parce que j’ai été choisi par les confessions religieuses, l’une des composantes de la société civile chargées de désigner l’un de ses membres. Les huit confessions devaient élire la personnalité la plus compétente pour les représenter, sur des critères bien définis. J’ai obtenu 7 voix sur 8, le suffrage de l’Église catholique étant le seul à ne pas se porter sur moi. Cela dit, je reste prêtre diocésain. Il appartenait à l’évêque [du Nord-Kivu] de décider si je pouvais être membre de la Ceni ou pas. Après s’être concerté avec ses pairs, il a accepté.

Pour stabiliser le pays, nous estimons que la tenue d’élections locales est une urgence.

Et que répondez-vous à ceux qui vous accusent d’être proche du président Kabila et de vouloir faciliter sa réélection ?

Il faut éviter de vouloir trop personnaliser les choses. Je n’ai jamais travaillé avec Joseph Kabila dans un cadre qui ne soit pas institutionnel ! En outre, les décisions de la Ceni sont prises de manière collégiale avec les autres membres du bureau, qui sont issus de la majorité, mais aussi de l’opposition parlementaire. Alors de quoi parle-t-on ?

La plateforme Sauvons la RDC estime que le cycle engagé en novembre 2011 avec la présidentielle et les législatives devait se poursuivre avec les sénatoriales et l’élection des gouverneurs. Pourquoi avoir décidé de faire passer avant les élections urbaines, municipales et locales ?

La loi électorale, telle qu’elle a été modifiée pour les scrutins de 2011, porte sur toutes les élections, et c’est pure cécité que de penser que les locales n’étaient pas prévues. Nous sommes dans un État fortement décentralisé. Pourtant, de nombreux conseils municipaux n’ont jamais été élus et l’on continue à nommer l’exécutif de ces collectivités [en avril 2012, le gouvernement a créé des centaines de nouvelles entités : au moins 3 villes et 10 communes dans chacune des 10 provinces du pays, hors Kinshasa].

On ne peut pas faire comme si de rien n’était ! Le passage de 21 à 88 villes et de 97 communes urbaines et non urbaines à 601 constitue un énorme bouleversement sur le plan local. Dans ces conditions, pour stabiliser le pays, nous estimons que la tenue d’élections locales est une urgence.

Ne risquent-elles pas de retarder l’organisation de la présidentielle ?

Pour le moment non. En revanche, pour les élections des députés nationaux, le législateur a introduit dans la loi organique une disposition selon laquelle le recensement administratif doit être fait préalablement à la tenue du scrutin. Très tôt, sans ambages et en toute transparence, la Ceni a attiré l’attention des responsables politiques sur ce problème. Ils ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas.

Il leur appartient de revenir, ou pas, en arrière. C’est-à-dire de revenir à la délimitation des circonscriptions électorales en fonction du nombre d’électeurs, telle qu’elle existait auparavant, et non en fonction du nouveau rescensement. Si l’on n’accepte pas de la déconnecter des législatives, la présidentielle risque d’être rattrapée à son tour par ce problème.

Que pensez-vous du débat sur une éventuelle révision de la Constitution ?

Concernant les articles verrouillés de la Constitution, personne n’a pris l’initiative de leur révision. Tout le reste n’est que spéculation.

C’est un débat légitime, mais il ne doit pas se transformer en procès d’intention. Il faut arrêter d’agiter la population, d’écrire des livres sur le sujet… En tant que citoyen, je souhaite que la Constitution soit respectée et je note que pour l’instant, concernant les articles verrouillés [portant notamment sur la limitation du nombre de mandats présidentiels], personne n’a pris l’initiative de leur révision. Tout le reste n’est que spéculation.

Treize… à la Ceni comme à la cène

Depuis la loi du 27 avril 2013, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) compte 13 membres : 6 désignés par la majorité (dont 2 femmes), 4 par l’opposition (dont 1 femme) et 3 par la société civile. Parmi ces derniers, l’un doit être élu par les associations d’éducation civique et électorale, un autre par les associations de défense des droits de la femme, le dernier par les 8 confessions religieuses du pays.

Le bureau de la Ceni, élu le 7 juin 2013, est composé quant à lui de 6 membres. Présidé par l’abbé Malumalu (société civile), il compte 3 représentants de la majorité – André Pungwe, du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), Onésime Kukatula, du Parti lumumbiste unifié (Palu), et Chantal Ngoyi, du Mouvement social pour le renouveau (MSR) – et 2 de l’opposition : Jean-Pierre Kalamba, de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et Micheline Biye Bongenge, du Mouvement de libération du Congo (MLC).

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Jeuneafrique.com Propos recueillis par Trésor Kibangula

 

Manifestations en Guinée : le pouvoir prêt à employer la force

mai 11, 2012

Face à la résurgence de manifestations publiques de l’opposition pour la tenue de législatives crédibles, le pouvoir guinéen compte désormais employer la force dans les rues. Un bras de fer qui fait planer le spectre de nouvelles violences politiques.

Jeudi 10 mai, Kaloum (centre administratif de Conakry). Bâtiments administratifs vides, commerces fermés, rues désertes. Autre quartier, autre ambiance à Bambéto. Dans ce quartier où partent la plupart des contestations sociopolitiques, des manifestants brûlent des pneus sur la voie publique, et se dirigent vers le stade où Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré (principaux leaders de l’opposition) animent un meeting. En une journée, Conakry et d’autres villes du pays ont renoué avec les manifestations publiques souvent violentes. Bilan à Conakry : vingt-quatre opposants et dix-sept gendarmes blessés.

L’opposition avait appelé à manifester après le report sine die décidé par le président Alpha Condé, des législatives fixées au 8 juillet prochain par Louncény Camara, le très contesté président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). Après avoir laissé l’opposition manifester jeudi, le pouvoir guinéen a changé le ton de son discours. Alhassane Condé, ministre de l’Administration du territoire, a appelé les maires des communes de Conakry à « empêcher par tous les moyens tout attroupement dans leurs quartiers » ce vendredi 11 avril. Une fermeté rejetée par l’opposition qui compte maintenir la pression dans les rues jusqu’à ce que le pouvoir accepte « un dialogue franc » en vue de l’organisation de législatives transparentes.

Inquiétudes

Le succès de la manifestation de jeudi s’explique en partie par le découragement qui gagne davantage les Guinéens. Coût de la vie, chômage et manque d’électricité se mêlent au blocage du dialogue politique. Un contexte qui rend ce nouveau bras de fer inquiétant. D’autant plus que le temps passe, le parlement devait être élu au plus tard six mois après la prestation de serment d’Alpha Condé, fin décembre 2010.

Si les violences politiques s’amplifient, le pire serait une ré-intrusion de l’armée dans le débat politique. Un scénario que redoutent les Guinéens qui ont encore en mémoire la gestion calamiteuse du général Lansana Conté et du capitaine Moussa Dadis Camara. Nous n’en sommes pas encore là.

Jeuneafrique.com  par André Silver Konan
 

RDC : l’UDPS de Tshisekedi au bord de l’explosion ?

février 20, 2012

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) a exclu  lundi 20 février l’un de ses membres, le doyen des députés Timothée Kombo. Il  lui est reproché d’avoir siégé comme président du bureau provisoire de la  nouvelle Assemble nationale congolaise. Cette éviction en augure-t-elle  d’autres, voire de l’explosion prochaine de la formation politique d’Étienne  Tshisekedi ?

« Il est inconcevable qu’un membre du parti accepte de siéger dans une  institution issue des législatives dont les résultats ont été déclarés nuls par  sa propre formation politique ». Pour Valentin Mubake, conseiller politique  d’Étienne Tshisekedi, le comportement de Timothée Kombo, membre de l’UDPS mais investi nouveau président  du bureau provisoire de la nouvelle Assemblée nationale congolaise le 16  février, constitue « un opprobre jeté sur sa formation politique ». Conséquence  : le fautif a été exclu du parti lundi. Et l’UDPS ne compte pas s’arrêter  là.

« Tout député élu sous les couleurs du parti qui validera son mandat sera  exclu », prévient Valentin Mubake, lui-même candidat malheureux aux dernières  législatives dont les résultats partiels controversés publiés par la Commission  électorale nationale indépendante (CENI) ont crédité l’UDPS de 42 sièges sur  500.

« Dialogue en interne »

« Ce n’est pas le départ de 42 députés qui ébranlera un parti vieux de 30 ans », prévient-il. Un durcissement de ton que « ne comprend pas » José Nzau Vola,  membre de l’UDPS, élu député national dans la même circonscription électorale  que Timothée Kombo. S’il se refuse de commenter la décision d’exclusion qui  frappe son « ami », il préconise « le dialogue en interne » pour trouver un  compromis.

Pour lui, trois clivages se dessinent désormais à l’UDPS. « Un groupe qui  soutient qu’il ne faut pas siéger à la nouvelle Assemblée nationale ; un autre  qui recommande au parti de permettre aux membres élus de valider leur mandat et  non de siéger ; et un autre groupe qui appelle le parti à prendre part à  l’hémicycle, explique-t-il. Il faudrait donc parvenir à une voie commune ». Mais, les radicaux du parti ne l’entendent pas du tout de cette oreille.

« Dans une assemblée, ce qui compte c’est la loi du  nombre »

« Il n’y aura pas de négociation à ce sujet », tranche Valentin Mubake. Entre  le parti et l’hémicycle, « il faudra choisir. (…) Nous avons tiré une leçon de  la législature précédente. Ayant plus de députés,  la majorité actuelle a  fait récemment passer, à son avantage, le scrutin présidentiel de deux tours à  un tour, rappelle-t-il. Que pouvons-nous changer avec 42 députés là où le  Mouvement de libération du Congo (MLC) n’a rien pu faire avec 64 ? » Et de  conclure : « Dans une assemblée, ce qui compte c’est la loi du nombre ».

Un avis que ne partage pas son camarade du parti José Nzau Vola. « L’histoire  nous rappelle qu’en 1980, c’est avec un groupe de 13 parlementaires que l’UDPS  avait écrit une lettre ouverte de plusieurs pages à Mobutu Sese Seko  [ancien président de la RDC, ex-Zaïre] pour essayer de bouger les lignes ». L’élu de l’UDPS penche donc vers la participation de sa formation politique à la  nouvelle Assemblée. Mais, sa décision de siéger ou non à l’hémicycle ne sera  prise qu’« après avoir mûrement réfléchi la question », précise-t-il aussitôt.  Une plénière de la nouvelle Assemblée nationale est convoquée vendredi pour  valider le mandat de chaque député. Ce sera l’heure de vérité pour l’UDPS.

« S’il persiste dans sa stratégie de la chaise vide, c’est l’ensemble de  l’opposition qui en pâtira », souligne le professeur Philippe Biyoya, analyste  de la vie politique congolaise. « Dans les circonstances actuelles, ne pas  prendre part aux institutions ne profitera ni à l’UDPS, et encore moins au  peuple dont on prétend défendre les intérêts. Au contraire, la majorité risque  de tout contrôler ». Mais la direction du parti d’Etienne Tshisekedi ne semble  pas prêt à changer le fusil d’épaule. Du moins pour l’instant.

Jeuneafrique.com  par Trésor Kibangula