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Centrafrique : neuf opposants déposent un recours en annulation de l’élection présidentielle

janvier 8, 2021
Anicet-Georges Dologuélé à Paris, le 12 septembre 2016.

Neuf opposants, dont Anicet-Georges Dologuélé et Martin Ziguélé, ont déposé ce 6 janvier auprès de la Cour constitutionnelle un recours collectif en annulation de la présidentielle. Ils dénoncent des « fraudes massives » de la part des partisans du président Touadéra.

Anicet-Georges Dologuélé, Martin Ziguélé, Mahamat Kamoun, Crépin Mboli-Goumba, Alexandre Ferdinand Nguendet, Abdou Karim Meckassoua, Catherine Samba-Panza, Nicolas Tiangaye et Désiré Kolingba ont demandé collectivement à la Cour constitutionnelle de prononcer l’annulation du scrutin présidentiel du 27 décembre dernier et l’organisation d’une nouvelle élection. Le recours a été déposé jeudi 6 décembre, à 18h45 heure de Bangui.

Dans le document adressé à la présidente de la Cour, Danièle Darlan, les neuf candidats, qui contestent la victoire au premier tour de Faustin-Archange Touadéra, ont dénoncé une « proportion inquiétante de votes par dérogation », la « non-remise de procès-verbaux aux représentants des candidats », des manœuvres d’ « intimidation », des « achats de vote » ou encore des « fraudes massives ».

La Cour constitutionnelle a jusqu’au 19 janvier pour se prononcer sur ce recours, déposé au nom des neuf candidats par l’avocat et ancien Premier ministre Nicolas Tiangaye. Cette demande intervient dans un climat particulièrement tendu sur le plan sécuritaire – les groupes armés tentant toujours d’encercler Bangui – et fait figure de dernière chance de sortie de crise sur le plan politique.

Entre Dologuélé et Bozizé, le divorce

S’il ne figure pas dans ce recours, le Kwa na Kwa (KNK), parti de l’ancien président François Bozizé (qui n’a pas été autorisé à se porter candidat), soutient la requête. Cette formation s’était alliée avec Anicet-Georges Dologuélé quelques jours avant le premier tour, avant que Bozizé ne choisisse finalement d’appeler au boycott, au grand dam de son nouvel allié.

Le KNK et les autres ténors de l’opposition ont pourtant bien du mal à présenter un front uni. Selon nos informations, Anicet-Georges Dologuélé impute en partie l’issue du premier tour à la décision de François Bozizé d’appeler ses militants à ne pas se rendre aux urnes. Il n’avait d’ailleurs pas été prévenu des intentions de boycott de l’ancien président, qui a finalement soutenu les groupes armés.

Le 27 décembre, alors que Dologuélé tentait de rassembler ses soutiens et de les pousser vers les urnes, Bozizé a même dépêché des partisans pour perturber la tenue du scrutin dans son fief de l’Ouham, qui était également l’un des potentiels réservoirs de voix du candidat Dologuélé. « Notre alliance avec Dologuélé était utile dans un contexte où l’élection était crédible. Mais quand le président Bozizé a constaté qu’elle ne le serait pas, il lui a fallu changer de plan », justifie un cadre du KNK.

Selon nos sources, François Bozizé pourrait prochainement se rapprocher des groupes armés rassemblés au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Ses leaders, avec lesquels l’ancien président est en contact régulier, lui ont proposé de s’allier officiellement à eux, en exerçant un rôle et un leadership similaire à celui de Michel Djotodia dans la Séléka en 2013.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

Présidentielle en Centrafrique : Faustin-Archange Touadéra réélu dès le premier tour

janvier 5, 2021
Le président Faustin-Archange Touadéra, candidat à un second mandat, lors d’un meeting à Bangui, le 19 décembre 2020.

Selon les résultats provisoires annoncés ce 4 janvier par l’Autorité nationale des élections, Faustin-Archange Touadéra a été réélu pour un second mandat, avec 53,92 % des suffrages. Anicet-Georges Dologuélé arrive en deuxième position.

Dans un contexte particulièrement tendu et sous la pression des groupes armés qui continuent de menacer Bangui, l’Autorité nationale des élections (ANE) a rendu publics ce 4 janvier les résultats provisoires de l’élection présidentielle dont le premier tour s’est tenu le 27 décembre dernier.

Un second mandat pour Touadéra

Selon ces chiffres, Faustin-Archange Touadéra est parvenu à remporter un second mandat, en totalisant 53,92 % des voix.

Derrière lui, Anicet-Georges Dologuélé, de l’Union pour le renouveau en Centrafrique (Urca), est le mieux placé des opposants avec 21 % des suffrages. Il devance lui-même un autre poids lourd de l’opposition, Martin Ziguélé, du Mouvement de libération du peuple centrafricain (MLPC, 7,46%).

Selon les résultats de l’ANE, les deux hommes échouent toutefois à pousser le président sortant au second tour.

Sous la pression de François Bozizé et des groupes armés

La tenue du scrutin du 27 décembre est longtemps restée incertaine, une partie de l’opposition ayant jusqu’au bout réclamé un report. Quelques jours avant le premier tour, les principaux groupes armés du pays s’étaient en outre rassemblés au sein d’une Coalition des patriotes pour le changement (CPC), laquelle s’était ensuite alliée à François Bozizé, devenu l’un des fers de lance de l’opposition depuis son retour en Centrafrique fin 2019.

Un temps candidat, avant que son dossier ne soit rejeté début décembre par la Cour constitutionnelle, l’ancien président avait rebattu les cartes de l’élection. Il avait apporté son soutien à Anicet-Georges Dologuélé, appelant à une candidature unique de l’opposition, avant de prendre le parti de la CPC et de prôner – à l’inverse de Dologuélé – le boycott des opérations de vote.

Les groupes armés avaient quant à eux lancé plusieurs manœuvres militaires en direction de la capitale afin de mettre la pression sur le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra. Celui-ci, soutenu par la Minusca, la Mission de l’ONU, ainsi que par ses alliés russes et rwandais, était parvenu tant bien que mal à les tenir à distance de Bangui – où la peur reste toutefois de mise.

LA PEUR RESTE DE MISE À BANGUI

« Globalement, le vote a eu lieu et les électeurs sont venus. Il y a eu un engouement […] malgré de petits soucis sécuritaires dans quelques endroits », avait indiqué Momokoama Théophile, rapporteur général de l’ANE, après le premier tour.

« Nous avons eu des élections crédibles, engagées et populaires « , a quant à lui assuré le porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazagui. Selon les chiffres de l’ANE, 655 019 électeurs sont allés voter (pour 642 956 suffrages valables) sur les 910 784 Centrafricains inscrits sur les listes électorales.

70 % des Centrafricains n’ont pas pu voter, selon l’opposition

L’opposition, qui a d’ores et déjà demandé l’annulation du scrutin, estimait quant à elle avant même l’annonce des chiffres de l’ANE qu’environ 70 % des Centrafricains n’avaient pas pu prendre part au vote, en raison du contexte sécuritaire.

En outre, plusieurs candidats, dont Mahamat Kamoun, Martin Ziguélé, Karim Meckassoua ou Nicolas Tiangaye, ont dénoncé le 3 janvier des malversations supposées ayant eu lieu le 27 décembre : recours abusif au vote par procuration, bourrage d’urnes, non-présentation de procès-verbaux aux représentants de l’opposition… Ils ont réclamé à l’ANE des clarifications sur les opérations de vote.

Vers un nouveau dialogue national ?

« Touadéra mérite plus que jamais son surnom de « président de Bangui », a déploré un opposant contacté par Jeune Afrique. Le pays reste aux mains des groupes armés et les élus n’ont aucune légitimité dans la mesure où près des trois quarts des Centrafricains n’ont pas pu voter. » « Les élections groupées n’ont pas été justes et inclusives et ne sont nullement l’expression de la volonté du peuple centrafricain », a résumé la coalition de l’opposition (COD-2020).

Selon nos informations, peu avant l’annonce des résultats, plusieurs groupes armés déclaraient encore souhaiter « aller jusqu’au bout » et « prendre Bangui ». Leurs combattants, qui ont notamment tenté ces derniers jours un coup de force sur Bangassou, font aujourd’hui face à quelque 11 500 Casques bleus de la Minusca, appuyés par plusieurs centaines de soldats rwandais et de mercenaires russes présents sur le terrain.

La Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) a invité ces dernières semaines le président Touadéra à organiser un nouveau dialogue national inclusif, sitôt les opérations électorales achevées, espérant empêcher une nouvelle escalade de la violence avec les groupes armés. Présidée par le chef de l’État congolais Denis Sassou N’Guesso, l’organisation régionale s’est déclarée disposée à superviser une concertation nationale.

Avec Jeune Afrique par Mathieu

Centrafrique : des groupes armés contrôlent la ville de Bangassou

janvier 4, 2021
Un soldat de la Minsuca à Bangui, le 26 décembre 2020 à la veille du scrutin présidentiel.

Des groupes armés ont pris le contrôle dimanche de Bangassou après avoir lancé une attaque à l’aube, a indiqué le chef du bureau régional de la Minusca dans la ville, à la veille des premiers résultats de l’élection présidentielle.

« Les rebelles contrôlent la ville, ils sont partout », a déclaré Rosevel Pierre Louis, le chef du bureau régional de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) à Bangassou, dans le sud-est du pays. Les forces armées de Centrafrique (FACA) ont « abandonné leur position et se trouvent dans notre base », a poursuivi Rosevel Pierre Louis.

« Les corps de cinq éléments armés ont été retrouvés », a twitté la Minusca, sans plus de précision. Une quinzaine de blessés ont été transportés par Médecins sans frontières, a de son côté déclaré l’ONG.

Depuis le 19 décembre, la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), alliance de groupes rebelles occupant les deux tiers du territoire, mène une offensive qui avait initialement pour but de perturber l’organisation des élections présidentielle et législatives dont le premier tour a eu lieu le 27 décembre.

« Les gens s’attendaient à une attaque »

En 2017, la ville de Bangassou, frontalière avec la RDC, avait été ravagée par des miliciens anti-balaka, qui avaient massacré des dizaines de civils musulmans et tué plusieurs casques bleus. « Beaucoup de gens se sont réfugiés au Congo, sur l’autre rive, ça fait deux semaines que les gens s’attendaient à une attaque. Mes enfants sont partis, moi je suis resté avec ma femme », a déclaré à l’AFP Ismail, un habitant de Bangassou, pendant que des tirs résonnaient.

La veille, des groupes armés avaient attaqué à l’aube la ville de Damara, située à 70 km au nord de Bangui, fief du président sortant et favori du scrutin, Faustin-Archange Touadéra. » Il y a eu une incursion des groupes armés ce matin (samedi) avec des tirs. Mais les FACA sont intervenus et les groupes armés ont fui », avait précisé Vladimir Monteiro, porte-parole de la Minusca. « Des patrouilles de la Minusca ont été envoyées sur place », a-t-il ajouté. La Minusca n’était pas en mesure de fournir un bilan humain de l’attaque de Damara.

 Par Jeune Afrique avec AFP

Centrafrique : un humanitaire de MSF tué, des locaux de la Croix-Rouge saccagés

décembre 30, 2020

Les ONG Médecins sans frontières, dont l’un des employés a été tué, et le Comité international de la Croix rouge (CICR), ont dénoncé mercredi «la nouvelle vague de violence» et les combats qui se poursuivent en Centrafrique après les élections présidentielle et législatives de dimanche.

Un humanitaire de MSF est mort après l’attaque lundi d’un camion de transport public à Grimari, près de Bambari, la quatrième ville du pays située à quelque 380km au nord-est de Bangui, qui avait été prise temporairement la semaine dernière par des rebelles lors d’une offensive visant à perturber le processus électoral.

«Notre collègue n’était pas en service et avait emprunté ce camion de transport public pour se rendre de Bambari à Bangui quand la fusillade a éclaté», a déclaré mercredi l’ONG dans un communiqué. «Il y a eu 19 blessés et 3 morts», a précisé à l’AFP Emmanuel Lampaert, chef de mission de MSF en Centrafrique. Dans la soirée du 27 décembre, les locaux du CICR à Bouar, dans l’ouest du pays, ont également été saccagés par des hommes armés qui ont aussi blessé trois employés de la sécurité.

«Nous sommes choqués, c’est une attaque violente avec utilisation d’armes à feu», s’est indigné auprès de l’AFP Taoffic Touré, le coordinateur communication du CICR en Centrafrique. «Ces incidents surviennent alors que les conditions de sécurité se sont fortement dégradées depuis quelques semaines à la suite d’affrontements entre groupes armés et forces étatiques», a précisé l’ONG dans un communiqué.

Les deux organisations ont tenu à rappeler que les humanitaires ne devaient pas être pris pour cible des combats entre les rebelles et les forces du gouvernement, suppléées par des renforts venus du Rwanda et de Russie.

La Centrafrique a été ravagée par la guerre civile après qu’une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime du président François Bozizé en 2013. Depuis 2018, la guerre a évolué en un conflit de basse intensité, où les groupes armés contrôlent les deux tiers du territoire et se disputent le contrôle des ressources du pays, tout en perpétrant régulièrement des exactions contre les populations civiles.La rédaction vous conseille.

Par Le Figaro avec AFP

Présidentielle en Centrafrique : l’opposition demande l’annulation du scrutin

décembre 30, 2020
Une femme vote à l’occasion des élections présidentielle et législatives, au Lycée Boganda à Bangui, en Centrafrique, le 27 décembre 2020.

Quatre jours après un premier tour perturbé par les groupes rebelles, la coalition de l’opposition a demandé mercredi « l’annulation pure et simple » de la présidentielle et des législatives.

La Coalition de l’opposition démocratique (COD-2020), regroupant les plus importants partis et mouvements de l’opposition au président Faustin Archange Touadéra « constate que les élections groupées n’ont pas été justes et inclusives et ne sont nullement l’expression de la volonté du peuple centrafricain », a-t-elle fait savoir ce mercredi.  

« La COD-2020 rend responsable de cette mascarade électorale l’Autorité nationale des élections (ANE), le régime de Touadéra, le G5+ [qui compte notamment la France, la Russie, l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale, ndlr], plus particulièrement le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye », ajoute encore la coalition dans un communiqué.

Des élections « crédibles », selon le gouvernement

La COD-2020 dénonce par ailleurs l’impossibilité de voter dans plusieurs régions, affirme avoir constaté « des bourrages massifs des urnes » et évoque « un nombre de votants qui dépasse celui des inscrits » dans certains bureaux de vote.

« Nous avons eu des élections crédibles, engagées et populaires », avait au contraire assuré le porte-parole du gouvernement, Ange-Maxime Kazagui, lors d’une conférence de presse, mardi. Les autorités ont néanmoins reconnu que le vote avait été empêché dans 29 des 71 sous-préfectures, le rapporteur général, Momokoama Théophile, précisant à l’AFP que « dans six autres sous-préfectures, il n’y a eu qu’un vote partiel ».

« Certains avaient estimé que ces élections ne devaient pas avoir lieu et qu’il fallait tout faire pour effrayer et décourager les Centrafricains. Malgré cela, ils ont marqué leur volonté ferme d’aller voter, en dépit de tous les dangers », a insisté Ange-Maxime Kazagui. 

« Félicitations » de la Ceeac et de l’OIF

La mission d’observation de la Communauté des États de l’Afrique centrale (Ceeac) a pour sa part « félicité le peuple centrafricain pour sa maturité politique et sa détermination à faire barrage aux forces négatives qui menaçaient la tenue des élections » et adressé des félicitations à l’ANE pour avoir « relevé le défi de l’organisation des ces élections dans un contexte particulièrement difficile ».

Dans un communiqué daté du 29 décembre, signé de la main de Sylvestre Ntibantunganya, chef de la mission d’observation de la Ceeac, la mission d’observation enjoint également les candidats à « recourir aux voies constitutionnelles et légales pour des contestations éventuelles ».

L’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui avait également déployé des observateurs, a quant à elle salué la « participation massive des électeurs le jour du scrutin, dans les bureaux de vote visités à Bangui » où « les électeurs ont accompli leur devoir citoyen, dans le calme et la discipline »

Par Jeune Afrique avec AFP

Centrafrique : la Cour constitutionnelle rejette tout report des élections

décembre 26, 2020
Des soldats de l’Onu à Bangui en février 2016.

La Cour constitutionnelle a rejeté samedi d’ultimes recours de l’opposition pour reporter les élections présidentielle et législatives prévues dimanche en Centrafrique, en proie à une offensive des groupes rebelles.

Au moins six candidats opposés au président Faustin Archange Touadéra, favori du scrutin, avaient déposé des recours, arguant notamment de l’insécurité sur la majeure partie du territoire et du retrait récent d’un des candidats, de nature, selon eux à justifier un report du scrutin.

« Il y a lieu de rejeter les demandes de report », selon la décision lue à l’audience par la présidente de la Cour, Danielle Darlan.

Vendredi, trois Casques bleus burundais ont été tués en Centrafrique, où la coalition de rebelles a rompu son cessez-le-feu peu avant les élections présidentielle et législatives prévues dimanche.

« Trois casques bleus du Burundi ont été tués et deux autres blessés à Dékoa » (centre), a annoncé l’ONU vendredi, en condamnant des attaques menées par « des combattants armés non identifiés ».

Les attaques se sont produites à Dékoa et Bakouma (sud), a précisé l’ONU dans un communiqué.

La tenue des élections en Centrafrique, pays au territoire encore contrôlé aux deux tiers par des groupes armés, est un enjeu majeur pour le président sortant Faustin-Archange Touadéra, grand favori, et la communauté internationale.

La coalition rebelle avait décrété mercredi un « cessez-le-feu unilatéral » de trois jours arrivant à échéance avant le vote, tout en demandant au président Touadéra de « suspendre les élections dont les conditions de bon déroulement n’ont jamais été réunies ».

Mais Faustin-Archange Touadéra s’est montré déterminé dans son refus de tout report. En outre, Ange-Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement, avait réagi jeudi en dénonçant « un non-événement », disant n’avoir pas constaté de volonté des rebelles de « s’arrêter dans leurs actions ».

Reprise des combats

Le gouvernement a « rejeté de façon cavalière » cette « chance à la paix », a affirmé la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). « Il s’en est suivi plusieurs attaques sur les positions occupées par les patriotes de la CPC », selon un communiqué.

Face à « l’entêtement irresponsable du gouvernement », la coalition « décide de rompre la trêve de 72H qu’elle s’était jusque là imposée et de reprendre sa marche implacable jusqu’à son objectif final », selon le texte.

SOIT LE GOUVERNEMENT NOUS DISPERSE, SOIT NOUS MARCHONS SUR BANGUI, QUI EST NOTRE OBJECTIF FINAL

Après une légère accalmie jeudi matin, des combats ont repris à Bakouma, à environ 800 km au nord-est de Bangui, selon Vladimir Monteiro, porte-parole de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca).

« Désormais, soit le gouvernement nous disperse, soit nous marchons sur Bangui, qui est notre objectif final », a déclaré le général Bobo, commandant au sein du mouvement 3R (Retour, réclamation, réhabilitation), l’un des piliers de la coalition.

La progression des rebelles a été enrayée depuis mercredi, avec notamment la reprise de la quatrième ville du pays, Bambari, par les Casques bleus, l’armée, et des centaines de renforts dépêchés par le Rwanda et la Russie dans le cadre d’accords de coopération bilatérale.

Jeudi soir, la Minusca a également reçu le soutien de 300 Casques bleus rwandais « dans le cadre du plan intégré de sécurisation des élections ».

La semaine dernière, les principaux groupes armés se sont coalisés et ont lancé une offensive. Le camp Touadéra y a vu une tentative de « coup d’État » à l’instigation de l’ancien président François Bozizé, renversé en 2013 et dont la candidature a été invalidée, qui dément.

Demande de report

La menace persistante des groupes armés rend illusoire une participation conséquente dimanche, ou du moins libre et sereine. Et l’opposition exige un report, dénonçant par avance des fraudes massives pour faire réélire Faustin-Archange Touadéra dès le premier tour.

Dans les rues de Bangui, l’ambiance vendredi était davantage aux fêtes de Noël qu’aux élections. Mais le gouvernement exhorte encore des inscrits à aller retirer leur carte d’électeur. « Je n’ai pas peur. Je vais voter dimanche et je pense que la paix reviendra après les élections », estime Wallace, 27 ans.

Fin de campagne

Vendredi était le dernier jour de la campagne officielle mais la plupart des quelque 1 500 candidats à l’Assemblée nationale n’ont pu la mener pour des raisons de sécurité.

Le 20 décembre, le G5+, qui comprend notamment la France, la Russie, l’ONU, l’Union européenne et la Banque mondiale, a martelé que les élections, dans l’organisation desquelles la communauté internationale a investi plus de 30 millions d’euros, devaient « se tenir dans le respect du délai constitutionnel ».

Mais mercredi, l’ONU s’est déclarée « profondément alarmée » par les violences qui « présentent de sérieux risques pour la sécurité des civils et l’exercice du droit de vote ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Centrafrique : Bangui reprend le contrôle de Bambari, selon l’ONU

décembre 24, 2020
Deux ex-Séléka à Bambari, en mai 2014.e

Les Casques bleus et les forces centrafricaines ont repris mercredi Bambari, la quatrième ville du pays, aux rebelles qui s’en étaient emparés la veille, à cinq jours des élections présidentielle et législatives.

La ville avait été prise par les rebelles, avait confirmé à l’AFP le maire, Abel Matchipata. « Il n’y a pas eu de violence contre les habitants, mais ils ont pillé le commissariat, la gendarmerie et les maisons des particuliers », avait-il ajouté. Mais mercredi matin, le porte-parole de la force de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca), Abdoulaziz Fall, a affirmé que « la situation est sous contrôle à Bambari ». « Les civils commencent à revenir. Les groupes armés ont été repoussés dans la brousse », a-t-il précisé.

Des attaques ont repris depuis la semaine dernière, à quelques jours des élections présidentielles et législatives. Trois autres groupes armés qui ont formé une coalition s’en sont pris mardi à des axes routiers vitaux pour l’approvisionnement de la capitale.  La tenue des scrutins dimanche est un enjeu majeur pour l’ONU et le pouvoir du président sortant Faustin Archange Touadéra, grand favori, qui exclut tout report malgré les attaques des groupes armés.

Des éléments de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), un des nombreux groupes armés qui se partagent plus des deux tiers du pays et parmi ceux entrés en rébellion à l’approche des élections, avaient lancé une attaque mardi matin contre Bambari.

À Boali, une ville située à environ 60 kilomètres de Bangui sur la route nationale 1, l’axe vital qui relie la ville au Cameroun, la population prenait peur. Et femmes et enfants se réfugiaient à six kilomètres de la ville. Quelques heures plus tard, plusieurs pick-ups arrivaient à l’hôpital communautaire de Bangui avec leur plateau arrière rempli de blessés, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

L’inquiétude gagne également la capitale. « Il y a eu des paniques de la population ce matin » à Bangui, a déclaré mercredi à l’AFP le général Driss Oukaddour, Commandant de la Joint task force de Bangui (JTFB) de la Minusca.

Mais il a aussi tenu à rassurer, à présent « Bangui est calme, nous maitrisons la situation », a-t-il affirmé.

Soutien russe et rwandais

Le gouvernement a accusé le 19 décembre de « tentative de coup d’État » l’ex-président François Bozizé, dont la candidature à la présidentielle a été invalidée en raison de sanctions de l’ONU.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda a appelé mardi « toutes les parties, tous les groupes armés, les acteurs politiques et leurs partisans au calme au calme et à la retenue » avant les élections, sous peine de poursuites.

Le président Touadéra, qui a reçu des renforts militaires du Rwanda et de la Russie, a également exclu de négocier avec les rebelles. « Négocier comment, sous quelle forme ? Vous voyez bien qu’il y a des attaques, on n’a pas le temps de négocier, on ne sait pas avec qui négocier », a-t-il affirmé lundi soir.

« Pour aider Bangui à renforcer les capacités défensives de la Centrafrique, la Russie a répondu rapidement à la demande du gouvernement et envoyé 300 instructeurs supplémentaires pour la formation de l’armée nationale », a indiqué mardi le ministère russe des Affaires étrangères, après avoir assuré la veille qu’il ne s’agissait pas d’envoi de « troupes ».

Transparence

Après cette annonce, les États-Unis ont réclamé mercredi de la transparence et la fin des violences. « Notre position a toujours été que les pays qui apportent leur assistance, militaire ou autre, doivent le faire de manière transparente et coordonnée, afin que cette assistance vienne soutenir le désir de bonne gouvernance et de stabilité du peuple centrafricain », a déclaré un porte-parole du département d’État américain au sujet du rôle de Moscou. « Nous appelons toutes les parties à cesser les hostilités et à garantir que le peuple centrafricain puisse exercer son droit à participer à des élections pacifiques le 27 décembre », a-t-il ajouté.

Par Jeune Afrique avec AFP

Présidentielle en Centrafrique : le Rwanda et la Russie envoient des troupes

décembre 21, 2020
Des Casques bleus zambien de la Minsuca, à Birao le 18 juin 2019.

Le Rwanda a envoyé des troupes en Centrafrique, a annoncé dans la nuit de dimanche à lundi le ministère rwandais de la Défense. Bangui a également annoncé le déploiement de « plusieurs centaines » de soldats russes.

« La Russie a envoyé plusieurs centaines d’hommes des forces régulières et des équipements lourds » dans le cadre d’un accord de coopération bilatérale, a déclaré Ange Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement centrafricain, sans préciser leur nombre exact ni la date de leur arrivée. Le Kremlin a exprimé lundi sa « sérieuse inquiétude » face aux vives tensions préélectorales, sans toutefois s’exprimer sur la présence de troupes en Centrafrique, où des sociétés de sécurité russes assurent déjà la protection du président, Faustin-Archange Touadéra.

« Les Rwandais ont également envoyé plusieurs centaines d’hommes qui sont sur le terrain et ont commencé à combattre », a ajouté le porte-parole. « Le gouvernement rwandais a déployé une force de protection en République centrafricaine, dans le cadre d’un accord bilatéral de défense, avait indiqué peu auparavant le ministère rwandais de la Défense dans un communiqué. Le déploiement est en réponse au ciblage du contingent des Forces de Défense du Rwanda (RDF) sous la force de maintien de la paix de l’ONU par les rebelles soutenus par [l’ancien président] François Bozizé. »

Le G5+ demande à Bozizé de déposer les armes

Ces annonces surviennent après que trois des plus puissants groupes armés, qui occupent plus des deux-tiers du pays, ont progressé sur des axes routiers vitaux pour l’approvisionnement de la capitale, Bangui. Vendredi soir, ils avaient également annoncé leur fusion.

Dans la foulée, le gouvernement a accusé samedi François Bozizé de « tentative de coup d’État » avec une « intention manifeste de marcher avec ses hommes sur la ville de Bangui », alors que le premier tour des élections présidentielle et législatives est prévu le 27 décembre. Faustin-Archange Touadéra en est le grand favori. Dimanche, le parti de François Bozizé, dont la candidature à la présidentielle a été invalidée par la Cour constitutionnelle, a démenti toute tentative de coup d’État.

LA SITUATION EST SOUS CONTRÔLE. »

Ces annonces n’ont pas suffi à rassurer les partenaires de la Centrafrique. La France, la Russie, les États-Unis, l’Union européenne et la Banque mondiale ont appelé dimanche François Bozizé et les groupes armés à déposer les armes. Ces pays et institutions « demandent que Bozizé et les groupes armés alliés déposent immédiatement les armes, s’abstiennent de toute action de déstabilisation et respectent la décision de la Cour constitutionnelle du 3 décembre 2020 ».

Le même jour, Vladimir Monteiro, porte-parole de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), qui compte près de 11 500 hommes dans le pays, a déclaré que les rebelles avaient été bloqués ou repoussés dans plusieurs localités. « La situation est sous contrôle », affirmait-il dimanche soir.

Par Jeune Afrique avec AFP

Centrafrique : Bangui réclame l’extradition du chef de guerre Abdoulaye Miskine, arrêté au Tchad

novembre 20, 2019

Des combattants de l'ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives).

Des combattants de l’ex-Séléka, à Bangui en 2013 (Archives). © Rebecca Blackwell/AP/SIPA 

Le chef de guerre Abdoulaye Miskine, leader du Front démocratique du peuple Centrafricain (FDPC), a été arrêté au Tchad, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement centrafricain, qui a demandé son extradition aux autorités centrafricaines.

L’arrestation du leader et fondateur du Front Démocratique du peuple centrafricain (FDPC), de son vrai nom Martin Koumtamadji, a été confirmée par un haut responsable des services de sécurité tchadiens – qui a requis l’anonymat. « Abdoulaye Miskine a été arrêté au Tchad. Nous demandons son extradition », a déclaré à la presse Ange Maxime Kazagui, le porte-parole du gouvernement centrafricain.

« Il a été arrêté à la frontière entre le Tchad et la Centrafrique, à Harare Mangueigne, et amené à N’Djamena où il a aussitôt été mis aux arrêts à l’Agence nationale de sécurité (ANS) », le service du contre espionnage, a précisé un responsable tchadien de la sécurité. « Nous n’avons pas encore d’instructions quant à une possible extradition », a-t-il ajouté.

Perte d’influence

Figure historique de la rébellion depuis la guerre civile qui a éclaté en Centrafrique en 2004, année au cours de laquelle il a créé le FDPC, Abdoulaye Miskine, de même que son groupe, a beaucoup perdu de son influence et de son pouvoir sur le terrain ces derniers temps, selon les observateurs du conflit.

Après avoir rejoint la Séléka, une coalition de groupes armés qui a renversé le régime du président François Bozizé en 2013, le « général » autoproclamé Miskine avait signé l’accord de paix de Khartoum du 6 février 2019 entre le gouvernement et 14 groupes armés, par lequel les signataires se partageaient notamment des postes au gouvernement. Il avait été nommé à un poste de conseiller dans le nouveau gouvernement centrafricain formé le 5 mars mais « n’a jamais pris ses fonctions », a précisé Maxime Kazagui.

Alors que la Centrafrique est ravagée depuis 2013, par les combats entre de nombreuses milices rebelles et les forces gouvernementales, mais aussi entre ces groupes armés eux-mêmes, depuis l’accord de Khartoum, les violences ont baissé dans le pays mais n’ont pas réellement cessé, notamment les combats entre groupes rebelles qui continuent de faire des victimes parmi les civils.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique: 3 morts dans le crash d’un hélicoptère de l’ONU

septembre 27, 2019

 

Un hélicoptère de combat utilisé par les forces de l’ONU en Centrafrique s’est écrasé vendredi 27 septembre au moment de son atterrissage à Bouar, dans l’ouest du pays, faisant trois morts et un blessé, a annoncé vendredi l’ONU.

«C’est avec une peine immense que j’ai appris le crash d’un hélicoptère de combat sénégalais avec trois morts et un blessé au moment de son atterrissage à Bouar», a écrit le chef de la Mission des Nations Unies en Centrafrique (Minusca) sur Twitter.

Le crash de cet hélicoptère russe de type Mi-35 a été confirmé par l’armée sénégalaise dans un communiqué publié vendredi après-midi. «L’état-major général des armées est en contact permanent avec les autorités de l’ONU en vue de l’évacuation du blessé et du rapatriement des dépouilles», a indiqué le ministère des forces armées. L’aéronef «revenait d’une mission opérationnelle» au profit de la Minusca, a-t-il ajouté. La Minusca a mené jeudi une attaque contre le groupe armé centrafricain Retour réclamation réhabilitation (3R) à Koui, dans le nord-ouest du pays. Jeudi soir, le mouvement rebelle avait affirmé qu’une de ses bases avait été bombardée par des casques bleus. 3R fait partie des 14 groupes armés signataires le 6 février d’un accord de paix avec le gouvernement centrafricain, qui a pour ambition de mettre fin aux conflits qui déchirent le pays depuis 2013.

Mercredi, le porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, avait appelé le leader des 3R, Sidiki Abass, «à livrer les auteurs des massacres commis en mai dernier dans la région de Paoua». Quarante-six civils avaient été tués par des éléments des 3R dans cette région du nord du pays. A ce jour, seuls trois auteurs présumés ont été livrés aux autorités. Le 4 septembre, Sidiki Abass, également connu sous le nom de Sidi Bi Soulemane, avait annoncé sa démission de son poste de conseiller militaire auprès du gouvernement centrafricain, qu’il occupait dans le cadre de l’accord de paix. Sidi Bi Soulemane avait intégré le gouvernement le 6 mars, en même temps que d’autres représentants des 14 groupes armés signataires de l’accord de Khartoum.

Malgré une relative accalmie depuis la signature de cet accord de paix, les violences contre les civils et entre groupes armés se poursuivent en Centrafrique. Le 14 septembre, deux groupes armés signataires de l’accord se sont affrontés à Birao, dans l’extrême nord-est du pays. Quelque 13.000 personnes ont été déplacées par ces combats, qui ont causé la mort de 23 miliciens. Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée depuis 2013 par une guerre qui a forcé près d’un quart de ses 4,7 millions d’habitants à fuir leur domicile.

Par Le Figaro.fr avec AFP