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Centrafrique: la garde rapprochée russe du président Touadéra

avril 16, 2018

 

Faustin Archange Touadéra, président centrafricain, ici en janvier 2012. © Photo de Vincent Fournier/Jeune Afrique

Une quarantaine d’éléments des forces spéciales russes ont été affectés à la garde rapprochée du président Faustin-Archange Touadéra. Ils font partie des militaires russes déployés en Centrafrique pour une « mission de formation et de sécurisation » dans le cadre d’une livraison d’armes en janvier 2018.

Depuis la mi-mars, des militaires russes assurent la protection rapprochée du président Centrafricain. Il s’agit d’une section de forces spéciales russes assurant la « première ceinture » de la garde rapprochée de Faustin-Archange Touadera. « Nous avons jugé nécessaire de renforcer la sécurité autour du président et les Russes, avec qui nous entamons une coopération militaire, sont les mieux placés », précise une source proche du président.

L’information est confirmée par le directeur de cabinet du président centrafricain, Firmin Ngrebada qui ajoute que « ce dispositif vise à renforcer la capacité des forces armées centrafricaines à protéger le président ». Considéré par plusieurs diplomates en poste à Bangui comme « la main qui a finalisé l’arrivée des Russes dans le pays », Firmin Ngrabada assure à Jeune Afrique que « les décisions viennent du président ».

Les Russes devant la Minusca

Les soldats russes ont fait leur première apparition officielle aux côtés du président centrafricain le 30 mars, lors de la célébration des deux années de son quinquennat organisée dans le grand stade de football de Bangui. Depuis la transition avec Catherine Samba-Panza, la sécurité présidentielle était confiée aux Casques bleus rwandais déployés dans le cadre de la Minusca. Désormais, lors des déplacements présidentiels, ce sont les éléments des forces spéciales russes qui ouvrent la voie, devant les Rwandais et les forces centrafricaines.

« Ils travaillent à tous les niveaux et ils sont là pour observer et former la garde présidentielle centrafricaine dans cette tâche », a déclaré à Jeune Afrique Albert Yaloké-Mokpem, porte-parole de la présidence, qui insiste sur le fait que ce dispositif « fait partie du package de la formation à l’endroit des forces centrafricaines ».

Mi-décembre, après de longues négociations avec le Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie avait été autorisée à livrer un stock d’armement à la Centrafrique. Les autorités russes avaient alors obtenu une exemption à l’embargo sur les armes imposé au pays depuis le début de la crise, en 2013. La première cargaison a été livrée fin janvier.

Craintes de coup d’État

En faisant appel à la Russie pour assurer sa sécurité, Touadéra serait en outre « conscient des choses qui se manigancent contre lui depuis l’accord militaire avec la Russie », commente un autre conseiller du président, qui pense que « des occidentaux sont capables d’organiser la chute de Touadéra ».

Dans la nuit du 8 au 9 avril, l’attaque qui a visé le camp Fidel – une base des Casques bleus située à quelques mètres de la résidence présidentielle – a renforcé les craintes de coup d’État, largement relayées sur les réseaux sociaux.

Signe de la nervosité qui s’est emparée alors de Bangui, au lendemain de l’attaque, plusieurs riverains ont assuré à Jeune Afrique avoir vu une colonne de véhicules remplis d’éléments de la garde présidentielle patrouiller dans les environs du palais et de la résidence de Touadéra. Selon nos sources à la présidence, d’autres éléments des forces spéciales russes sont attendus dans les prochains jours en vue de renforcer la sécurité autour du président.

Jeuneafrique.com par

Centrafrique: enquête de l’ONU sur un Casque bleu soupçonné de trafic de munitions

avril 15, 2018

 

Des Casques bleus à Bangui en 2016. © Jerome Delay/AP/SIPA

La mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca) a ouvert une enquête après l’arrestation vendredi d’un Casque bleu soupçonné de s’être livré à un trafic des munitions, a annoncé samedi la mission de l’ONU.

« Un Casque bleu de la Minusca, en tenue civile, a été appréhendé vendredi à Bangui par la gendarmerie centrafricaine, en possession de munitions », selon un communiqué. Une « enquête préliminaire » menée par la Minusca est en cours.

Selon une source militaire, le soldat est soupçonné de trafic de munitions. La tension règne à Bangui depuis plusieurs jours, notamment avec des affrontements entre forces de sécurité et groupes armés.  « La Minusca condamne ce grave manquement présumé aux directives en vigueur en matière de détention et d’usage d’armes et de munitions », ajoute le communiqué.

Le Casque bleu appartient au contingent gabonais, selon une source militaire. « L’État membre du Casque bleu concerné sera notifié de cet incident en vertu des procédures en cours », selon le texte.

Annonce du retrait de 450 soldats gabonais

Le Gabon avait annoncé le 10 mars le retrait de ses quelque 450 soldats de la mission de l’ONU en Centrafrique, à la suite « des manquements constatés dans ce contingent » car il y aurait eu « des problèmes d’équipement et d’abus sexuels », selon un responsable à New York.

Cette décision du Gabon tombe mal pour l’ONU et sa mission en Centrafrique, qui a été renforcée à l’automne 2017 avec 900 hommes par le Conseil de sécurité de l’ONU pour faire face à une dégradation de la situation sécuritaire. La Minusca, a besoin « de plus de muscle », avait déclaré à l’AFP un responsable au siège de l’ONU.

Opération militaire dans le quartier du PK5 à Bangui

Les Casques bleus ont tiré pour se défendre contre des « assaillants », lors d’affrontements meurtriers mardi 10 avril à Bangui.

La Minusca a voulu « se protéger et protéger la population » en ripostant contre des « assaillants » lors de combats meurtriers mardi, deux jours après le début d’une opération militaire dans le quartier du PK5 à Bangui visant à déloger des groupes armés, a indiqué jeudi son porte-parole, Vladimir Monteiro.

Le 3 avril un Casque bleu rwandais avait été tué dans des affrontements à Bangui qui avaient fait 19 morts et plusieurs blessés.

Jeuneafrique.com

Soldats français accusés de viols d’enfants en Centrafrique: les juges ordonnent un non-lieu

janvier 15, 2018

La force Sangaris de l’armée française a été déployée en 2013 en Centrafrique alors en proie au chaos après des violences entre rebelles musulmans, les Séléka, et miliciens chrétiens, les anti-balaka / © AFP/Archives / MARCO LONGARI

Les juges d’instruction ont ordonné un non-lieu dans l’enquête sur les accusations de viols en Centrafrique portées par des enfants contre des soldats français de l’opération Sangaris, en 2013-2014, faute d’avoir pu établir leur implication, a appris lundi l’AFP de sources concordantes.

Conformément aux réquisitions du parquet de Paris, les juges ont rendu jeudi un non-lieu dans ce dossier clos sans aucune mise en examen, selon une source judiciaire. Révélées en 2015, les accusations avaient terni la réputation de l’armée française déployée dans le pays pour restaurer la sécurité après des mois de violences interconfessionnelles.

Dans ses réquisitions, le parquet soulignait qu' »il ne peut être affirmé à l’issue de l’information qu’aucun abus sexuel n’a été commis », mais il estimait que les incohérences matérielles et « la variation des témoignages ne (permettaient) pas d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires », selon une source proche du dossier.

L’affaire avait été révélée en avril 2015 par le quotidien britannique The Guardian qui avait fait état d’une note interne de l’ONU relatant les auditions de six garçons de 9 à 13 ans. Ils accusaient des militaires français d’avoir abusé d’eux, entre décembre 2013 et juin 2014, dans le camp de déplacés de l’aéroport M’Poko de Bangui, en échange de rations de nourriture.

Saisi par le ministère de la Défense, le parquet de Paris avait ouvert dès juillet 2014 une enquête préliminaire, mais cette dernière était restée secrète et ce silence avait été reproché aux autorités françaises ainsi qu’à l’ONU.

Depuis, d’autres scandales ont éclaté concernant des contingents d’autres pays et les Nations unies ont souvent été critiquées pour leur manque de réactivité face au phénomène.

La force Sangaris de l’armée française a été déployée en 2013 en Centrafrique alors en proie au chaos après des violences entre rebelles musulmans, les Séléka, et miliciens chrétiens, les anti-balaka.

Les accusations visaient une dizaine de militaires, dont plusieurs désignés comme pouvant être des agresseurs et qui ont été entendus, dont un en garde à vue. Les enquêteurs se sont rendus sur place en 2015 et 2016 pour entendre de nouveau les enfants.

« Il est vraisemblable que nous allons faire appel pour ne pas donner le sentiment, à celles et ceux qui se sont battus dès le départ, que l’affaire est terminée et que nous renoncerions à identifier les auteurs des infractions et à établir les responsabilités et les culpabilités », a déclaré à l’AFP Emmanuel Daoud, avocat de l’ONG Ecpat qui lutte contre l’exploitation sexuelle des enfants.

Romandie.com avec(©AFP / 15 janvier 2018 12h14)                

Centrafrique: des « centaines » de personnes fuient des affrontements

décembre 31, 2017

Bangui – Des « centaines » de personnes ont fui les affrontements entre groupes armés qui ont lieu depuis mercredi soir autour de la ville de Paoua, dans le nord-ouest de la Centrafrique, a appris dimanche l’AFP auprès de Médecins sans frontières (MSF).

« Il y a des affrontements sur presque tous les axes autour de Paoua. Nous avons vu des centaines de personnes fuir leurs villages pour se réfugier à Paoua », a déclaré par téléphone Jean Hospital, coordinateur projets de MSF à Paoua.

Ces affrontements opposent depuis mercredi soir le groupe armé Mouvement national pour la libération de la Centrafrique (MNLC) créé en octobre par le « général » autoproclamé Ahamat Bahar, au groupe armé Révolution et Justice (RJ).

Les affrontements dans cette zone ont violemment repris fin novembre après qu’un chef de RJ, Clément Bélanga, accusé de nombreuses exactions contre la population, a été tué par des membres du MNLC, selon des sources concordantes.

Depuis mercredi et le début des combats autour de Paoua, MSF indique avoir admis huit blessés à l’hôpital de la ville, dont certains dans un état critique. « On a reçu des civils qui ont été directement visés par des tirs d’armes à feu ou ont été attaqués à la machette. D’autres sont des victimes collatérales des affrontements », a affirmé M. Hospital.

« Les RJ ont dit à la population de s’enfuir pour laisser la voie ouverte au cas où ils attaqueraient », a de son côté raconté à l’AFP Roy-Rodrigue Doutoumbaye, pasteur de la ville de Bétoko, proche de Paoua.

« Ils voulaient vraiment me tuer, mais comme j’avais 110.000 francs (environ 190 euros) sur moi ils ont pris l’argent et m’ont laissé en vie » a pour sa part raconté Jope, un habitant de Bétoko de 52 ans atteint de tuberculose et blessé par balle à la tête, admis à l’hôpital de Paoua.

« Si nous restons seules en ville nous risquons de nous faire violer. Nos maris sont partis au champ pour s’occuper des récoltes », a elle expliqué Marie-Angèle Dembaye, sur la route entre Betoko et Paoua. « Des hommes armés commençaient à tourner en ville pour chercher des femmes », selon elle.

« La situation va être rapidement très compliquée, car ces personnes n’ont pas toutes de famille pour les accueillir à Paoua », s’inquiète dimanche Jean Hospital d’MSF.

Selon les derniers bilans du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) et de la Croix rouge (CICR), il y avait mi-décembre entre 15.000 et 17.000 personnes déplacées à Paoua.

La Centrafrique est embourbée dans un conflit meurtrier depuis 2013. L’Etat, décimé, n’a de contrôle que sur une maigre partie du territoire national, tandis que les groupes armés s’affrontent dans les provinces pour le contrôle du diamant, de l’or et du bétail dans ce pays qui est l’un des plus pauvres du monde.

Romandie.com avec(©AFP / 31 décembre 2017 13h18)                                            

Centrafrique: le FMI débourse une nouvelle tranche de prêt

décembre 16, 2017

 

Logo du Fonds monétaire international. © AFP

Le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé vendredi le versement d’une troisième tranche de prêt de 40,2 millions de dollars à la Centrafrique ainsi que l’augmentation de son programme d’aide à destination de ce pays.

Quelques jours après que le président centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, a annoncé à la radio locale Ndeke-Luka que moins de 10 % des fonds qui avaient été promis à son pays lors de la Conférence des bailleurs de novembre 2016 ont été effectivement décaissés, le Fonds monétaire international (FMI) a approuvé, le 15 décembre, le versement d’une troisième tranche de prêt de 40,2 millions de dollars (34 millions d’euros).

Cette nouvelle tranche a été débloquée dans le cadre de la facilité de crédit négociée en juillet 2016, rappelle l’institution dans un communiqué.

Le Fonds a par ailleurs donné son accord pour augmenter le programme de 55,1 millions de dollars, pour un total de 189 millions de dollars, afin d’aider le gouvernement à soutenir « la croissance économique et la cohésion sociale ».

En dépit de conditions de sécurité et humanitaires difficiles, le pays mène son programme économique conclu avec le FMI « de manière satisfaisante », estime l’institution.

« Les autorités ont mis en place leur réforme en parallèle d’efforts pour restaurer progressivement la sécurité pour créer dans de nouveaux centres urbains des espaces de stabilité, de reconstruction et de croissance », a commenté Mitsuhiro Furusawa, directeur adjoint, cité dans le communiqué.

Jeuneafrique.com

Centrafrique: Antonio Guterres attendu pour la première visite aux Casques bleus

octobre 22, 2017

 

Antoni Guterres, le secrétaire général des Nations unies, le 29 janvier 2017 au siège de l’Union africaine. © Zakarias Abubeker pour J.A

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, est attendu mardi en Centrafrique, où les violences ont redoublé ces deniers mois dans les provinces, au moment où le mandat des 12.500 Casques bleus de la Minusca déployés dans le pays est sur le point d’être renouvelé.

« C’est un peu un geste de solidarité, pour être ce jour-là avec les forces de maintien de la paix dans un des environnements les plus dangereux », a-t-il expliqué dans un entretien à l’AFP et Radio France Internationale (RFI).

Cette visite en Centrafrique – « une crise dramatique mais une crise oubliée » -, sera sa première visite à une mission de maintien de la paix depuis sa prise de fonctions le 1er janvier.

Elle intervient dans un contexte financier délicat pour l’ONU, avec une forte pression du président américain Donald Trump pour des coupes budgétaires au sein de l’organisation internationale et certaines de ses missions de paix.

Elle coïncidera par ailleurs avec la « journée des Nations unies », proclamée en 1947 et qui marque l’entrée en vigueur de la charte de l’ONU.

Pour M. Guterres, le « niveau de souffrances du peuple (centrafricain) mais aussi les drames subis par les humanitaires et les forces de maintien de la paix méritent une solidarité et une attention accrues ».

Le secrétaire général arrivera à Bangui dans un contexte sécuritaire tendu: si la capitale reste épargnée par les violences, groupes armés et autre milices « d’autodéfense » ont repris leurs affrontements à grande échelle dans le Sud-Est, dans le centre et dans le Nord-Ouest, faisant des centaines de morts parmi les populations civiles, invariablement prises pour cibles.

– Déplacement à Bangassou –

Douze Casques bleus ont été tués depuis le début de l’année, notamment à Bangassou (six morts en mai), où doit se rendre M. Guterres. « Il veut aller leur rendre hommage », dit-on à l’ONU à Bangui.

Cette région, en particulier l’axe Alindao-Bangassou, est théâtre d’affrontements et massacres à répétition ces dernières semaines, faisant des dizaines de tués, selon des bilans encore provisoires.

La visite de M. Guterres en RCA, quelques semaines avant le très probable renouvellement du mandat de la Minusca (12.500 hommes depuis 2014, alors que la France a mis fin en 2016 à sa mission militaire Sangaris), est un message politique fort, à un moment où les critiques pleuvent sur la mission de l’ONU.

Accusés par leurs détracteurs de « passivité » et parfois même de « collusion » face aux groupes armés, les contingents onusiens font aussi face à une avalanche d’accusations d’agressions sexuelles.

En juin, un bataillon de plus de 600 soldats du Congo-Brazzaville avait été renvoyé chez lui après des accusations d’agressions sexuelles et divers trafics. En 2016, 120 Casques bleus congolais avaient déjà été renvoyés pour les mêmes motifs.

Accompagné de Jane Connors, avocate des droits des victimes de l’ONU, le secrétaire général a déclaré vouloir rencontrer des victimes d’abus et leurs familles.

Ancien haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés, M. Guterres connait bien la Centrafrique, où il s’est rendu à plusieurs reprises.

– ‘Impunité zéro’? –

Il lui sera sans doute demandé de se prononcer sur les « signes avant-coureurs de génocide » dont s’était alarmé fin août son secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Stephen O’Brien, mais démenti depuis par un autre responsable onusien, Adama Dieng, conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide. Ce dernier a pointé des « indicateurs » pouvant « aboutir, (…) s’ils ne sont pas maîtrisés, aux crimes de génocide ».

A Bangui, cette visite est très attendue : « Les Casques bleus doivent plus nous aider et être plus présents, il faut que le chef de l’ONU leur dise », dit Régis, déplacé de l’est du pays et désormais Banguissois.

Au pouvoir depuis un an, le président Faustin-Archange Touadéra, dont l’élection en 2016 avec le plein soutien de l’ONU et de la France avait suscité une vague d’espoir, n’a pas réussi jusqu’à présent à restaurer l’autorité de l’Etat.

Sa décision d’intégrer des représentants des groupes armés au sein du gouvernement, malgré ses promesses d’une « justice implacable », a suscité le scepticisme, alors que ces mêmes groupes sont unanimement désignés comme les principaux responsables des violences.

Les Nations unies plaident pour une « impunité zéro » pour les auteurs de crimes commis en Centrafrique. La Minusca tente par ailleurs depuis septembre de mettre en oeuvre un délicat programme de désarmement (DDR) des membres des groupes armés.

Dans un rapport présenté au Conseil de sécurité, le secrétaire général a demandé l’envoi de 900 hommes supplémentaires pour la Minusca.

« Ce n’est pas de la quantité qu’il faut ajouter, c’est de la qualité », estime quant à lui un soldat d’un contingent africain de la force de l’ONU

Jeuneafrique.com avec AFP

Centrafrique: au moins 2 morts à Bocaranga, 23.000 nouveaux déplacés

septembre 26, 2017

Bangui – Au moins deux personnes ont été tuées et cinq blessées dans l’attaque de Bocaranga, dans le nord-ouest de la Centrafrique, et quelque 23.000 personnes ont fui Bocaranga et Niem, deux villes du Nord-Ouest proches du Cameroun, en raison des violences, a-t-on appris mardi de sources militaire et humanitaire.

« Au moins deux personnes ont été tuées » à Bocaranga où « on signale aussi d’autres victimes », sans plus de précision sur le nombre, a déclaré mardi à l’AFP une source militaire à Bangui.

« La grande majorité des habitants de Bocaranga, 15.000, et ceux de Niem, 8.000, se sont réfugiés dans la brousse où ils ne peuvent avoir accès à l’assistance humanitaire », a rapporté mardi le Bureau des Nations unies pour les affaires humanitaires (Ocha) dans un communiqué.

Samedi, des hommes armés du groupe armé 3R (« Retour, réclamation et réhabilitation ») ont attaqué Bocaranga, malgré la présence en ville de Casques bleus de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca).

La Minusca, qui dit avoir « aussitôt réagi et réussi à repousser ces éléments armés », a pris en charge samedi cinq blessés, dont un « dans un état jugé sérieux » et « évacué six membres du personnel humanitaire vers la base de la Mission », selon un communiqué publié dimanche.

Apparu fin 2015 dans le nord-ouest de la Centrafrique, le groupe 3R prétend protéger la communauté peule contre les attaques des milices antibalaka.

Selon l’Ocha, la ville de Niem, située à une quarantaine de kilomètres de Bouar, dans l’ouest du pays, a aussi été « prise » par un groupe armé.

Mi-septembre, le nombre de réfugiés et de déplacés ayant fui les violences en Centrafrique a atteint son « plus haut niveau » avec 1,1 million de personnes ayant dû fuir leur domicile sur 4,5 millions d’habitants.

La Centrafrique est depuis 2013 en proie à des violences continues. L’intervention de la France (2013-2016) et de la Minusca (12.500 hommes) ont permis la tenue d’une élection présidentielle début 2016 et le retour d’un calme relatif à Bangui, mais pas dans l’intérieur du pays victime d’un regain de violences.

A la tribune de l’ONU, la semaine dernière, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a appelé la communauté internationale à « ne pas oublier » la Centrafrique.

Romandie.com avec(©AFP / 26 septembre 2017 20h36)                                            

« J’étais parmi les cadavres »: après un massacre en Centrafrique, un survivant témoigne

août 16, 2017

Jonas Ngobo, membre de la Croix-Rouge centrafricaine et survivant d’un massacre à Gambo, dans le sud-est de la Centrafrique, photographié dans la chapelle Saint-André de Loungougba, le 14 août 2017 / © AFP / Alexis HUGUET

« J’étais parmi les cadavres et les blessés »: Jonas Ngobo, de la Croix-Rouge centrafricaine, a survécu à un massacre dans le sud-est de la Centrafrique, région isolée qui subit une flambée de violences depuis début mai, avec pour conséquence des milliers de réfugiés en RDC voisine.

Jonas Ngobo, 54 ans, a vu mourir plusieurs de ses collègues humanitaires dans la tuerie du 5 août à Gambo à environ 450 km à l’est de la capitale Bangui. Six au total, selon le bilan du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) publié le 9 août.

A un correspondant de l’AFP, il raconte cet épisode de violences envers les civils, emblématique du conflit entre groupes armés de l’ex-Séléka, prétendant défendre les musulmans, et anti-balaka, majoritairement chrétiens. La guerre porte aussi sur le contrôle des ressources naturelles, explique un récent rapport du think tank américain Enough Project.

A Gambo, la tuerie a commencé vers midi quand des ex-Séléka ont voulu reprendre la ville à des anti-balaka, après l’arrivée d’un contingent marocain de la Mission des Nations unies (Minusca), se souvient M. Ngobo qui travaillait au dispensaire.

« Tout le monde pensait que l’hôpital était le refuge. Les gens se sont agglutinés en pensant qu’ils étaient sous protection de la Croix-Rouge », raconte cet homme aux traits tirés rencontré lundi dans le village de Loungougba où il s’est réfugié après les combats, à 50 km vers l’est en direction de Bangassou.

« En arrivant, un des Séléka a pris son couteau pour déchirer le drapeau de la Croix-Rouge. Avec des armes, avec des machettes, ils ont égorgé des gens. Ils ont attaqué à l’intérieur, à l’extérieur, dans tous les bureaux. Ils ont cassé toutes les portes », poursuit l’ancien « major » (responsable d’un pavillon du dispensaire).

« Ils ont continué jusqu’à 16h00 avant se replier. On a retrouvé des morts et des blessés en ville. Le soir, la ville était déserte. Tout le monde a fui en brousse », selon M. Ngobo.

Il ajoute avoir été « pris en otage (par les assaillants) dans leur base pour soigner leurs blessés durant cinq heures ». « Après, ils m’ont ramené à l’hôpital et m’ont dit de ne pas bouger. J’étais parmi les cadavres et les blessés ».

« Vers 23h00, le samedi 5, je me suis enfui en brousse. J’aidais des blessés à partir vers Bangassou (à 75 km vers l’est). Certains ont mis une semaine pour arriver jusqu’ici, d’autres sont arrivés aujourd’hui même » (lundi dernier), confie M. Ngobo.

« Le bilan provisoire que j’avais fait samedi soir, c’était 32 morts dans les pavillons et dans la cour », dit-il.

– ‘Pourquoi nous haïssent-ils?’ –

En mai, ce sont des anti-balaka -d’après la Minusca- qui avaient attaqué Bangassou et sa région, tuant six Casques bleus. Ils contrôlent toujours la ville depuis, a constaté le correspondant de l’AFP, même si des contingents marocains, gabonais et bangladeshi de la Minusca y sont visibles.

A Bangassou, plusieurs centaines de musulmans sont toujours réfugiés à l’intérieur du petit séminaire Saint Louis à côté de la cathédrale. Ils craignent pour leur vie s’ils en sortent.

« Pourquoi ils nous haïssent, pourquoi ils nous font ça? Les femmes ont été attaquées, les enfants égorgés », se lamente l’un d’eux, Djamal Mahamat Salet, fils du grand imam de Bangassou. Il affirme que son père est mort le dimanche 14 mai lors de l’attaque des anti-balaka.

Contrôlé par les groupes d’auto-défense en civil, Bangassou est quasiment déserte, surtout le quartier administratif. L’activité au marché reprend peu à peu, selon l’évêque espagnol de Bangassou, Juan José Aguirre.

Dimanche dernier, ce dernier a traversé en pirogue la Mbomou pour aller dire la messe aux milliers de réfugiés centrafricains qui ont fui les violences de l’autre côté de la frontière, en République démocratique du Congo, dans le village reculé de Ndu.

Une fois passé le poste de douane, il a délivré son homélie en sango, la langue nationale de la Centrafrique, et donné aux réfugiés des nouvelles, en français cette fois, des derniers événements qui ravagent leur pays, de l’autre côté de la rivière, à Bangassou et Gambo.

Ils sont des « milliers dans des zones reculées de la RDC où très peu d’acteurs humanitaires sont présents », s’est inquiété mercredi le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés dans un communiqué.

« Le dernier grand mouvement a été signalé par les autorités dans la ville (congolaise) de Yakoma, où plus de 10.000 individus sont arrivés depuis la semaine dernière. Ils ont fui l’insécurité à Bema, situé en face de la ville congolaise de Yakoma », détaille le HCR.

Romandie.com avec(©AFP / 16 août 2017 13h38)                

Centrafrique: 77 morts dans un accident de la route

juillet 5, 2017

Bangui – Au moins 77 personnes ont trouvé la mort dans l’accident d’un camion de marchandises qui transportait aussi des passagers, mardi, sur une route du centre de la Centrafrique, entre les agglomérations de Bambari et Ippy, a-t-on appris mercredi de sources hospitalière et sécuritaire.

« Cinquante-neuf corps ont été déposés à la morgue de l’hôpital préfectoral de Bambari et 18 [récupérés] par les proches pour inhumation », a déclaré à l’AFP Michel Zahandji, membre du personnel de l’hôpital de Bambari.

Une soixantaine de blessés ont été admis dans le même hôpital, selon Médecins sans frontières (MSF), ONG présente sur place.

« Il s’agit d’un véhicule de 10 roues, transportant des tonnes de marchandises et des personnes en partance pour le marché hebdomadaire de Maloum, qui est tombé à la renverse avec toute sa cargaison », a expliqué Abel Matchipata, maire de Bambari.

« On a dénombré en tout 77 morts, pour la plupart des hommes. Mais il y a de nombreux blessés dont certains sont dans un état grave », a confirmé un gendarme de Bambari, qui a ajouté qu’une enquête a été ouverte pour déterminer les causes de l’accident.

L’accident pourrait être lié « à des défaillances techniques et à la surcharge », a-t-il estimé.

« Ce n’est pas la première fois qu’un tel accident survient [dans cette zone]. Il y a des éléments de la gendarmerie, des forces onusiennes [sur place], mais on laisse passer des véhicules sur lesquels des personnes sont perchées comme des oiseaux », s’est insurgé auprès de l’AFP Hubert Tchénebou, habitant de Bambari joint par téléphone depuis Bangui.

Faute de moyens de transport suffisants en Centrafrique, de nombreux voyageurs s’entassent régulièrement dans des camions surchargés et souvent en très mauvais état.

Romandie.com avec(©AFP / 05 juillet 2017 19h19)                   

Centrafrique/violences: au moins 15 morts à Kaga-Bandoro (centre)

juillet 2, 2017

Bangui – Une quinzaine de personnes sont mortes dans la ville centrafricaine de Kaga-Bandoro (centre) lors d’échanges de tirs samedi entre des éléments armés de l’ex-Séléka et les Casques bleus de la mission de l’ONU (Minusca), a-t-on appris dimanche de source humanitaire.

« Il y a au moins 15 morts parmi les combattants », a indiqué à l’AFP le responsable d’une ONG internationale présent à Kaga-Bandoro, située à 400 km au nord de la capitale Bangui.

Selon des sources sécuritaires, dont la Minusca, des membres du groupe armé ex-Séléka du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) seraient à l’origine des violences.

« Les hommes du MPC semaient la pagaille dans la ville pour une histoire de vengeance », a relaté une source onusienne proche du dossier. Puis ils « se sont confrontés aux contingents pakistanais et burundais (de la Minusca, ndlr) stationnés dans la ville ».

« Les forces de la Minusca ont fait leur travail en protégeant les populations civiles des éléments du MPC », a assuré le porte-parole de la Minusca Vladimir Monteiro.

Joint par téléphone par l’AFP, le porte-parole du MPC, Aboulkassim Algoni Tidjani, n’a pas souhaité s’exprimer.

Les violences ont repris depuis la fin du mois de mai 2017 à Kaga-Bandoro (centre), chef-lieu de la préfecture de Nana-Grébizi qui accueille depuis l’automne 2016 près de 20.000 déplacés et où les humanitaires ont de grandes difficultés à travailler.

La Centrafrique a basculé dans les tueries de masse en 2013 avec le renversement du président Bozizé par la rébellion majoritairement musulmane Séléka, entraînant des représailles de groupes anti-balaka se disant défenseurs des chrétiens.

Les interventions de la France (2013-2016) et de la Minusca (12.500 hommes) ont ramené le calme dans Bangui mais 50 à 60% du pays reste sous le contrôle de groupes armés.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2017 23h56)