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Ukraine : frappes sur le site d’une centrale nucléaire, départ de trois cargos chargés de céréales

août 5, 2022
Ukraine : frappes sur le site d'une centrale nucleaire, depart de trois cargos charges de cereales
Ukraine : frappes sur le site d’une centrale nucléaire, départ de trois cargos chargés de céréales© AFP/Bulent KILIC

L’Ukraine et la Russie se sont mutuellement accusées vendredi de frappes sur le site de la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, le jour où trois nouveaux chargements de céréales, cruciaux pour la sécurité alimentaire mondiale, ont quitté des ports ukrainiens.

Dans le même temps, le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan se sont rencontrés à Sotchi, dans le sud-ouest de la Russie, sur les rives de la mer Noire, où ils ont décidé de « renforcer les échanges commerciaux » entre leurs pays et d' »aller à la rencontre des attentes mutuelles dans le domaine de l’économie et de l’énergie », selon le Kremlin.

M. Poutine a en outre remercié M. Erdogan pour ses efforts qui ont permis de trouver à Istanbul un accord entre Moscou et l’Ukraine sur les livraisons de céréales en provenance des ports ukrainiens.

De son côté, l’ONG Amnesty International a persisté à accuser l’armée ukrainienne de mettre en danger la vie des civils dans la guerre avec la Russie, tandis qu’une nouvelle frappe russe sur Mykolaïv, dans le sud de l’Ukraine, a fait 22 blessés, ont affirmé les autorités locales.

Frappes sur le site d’une centrale nucléaire

La situation était confuse vendredi soir concernant la situation à la centrale de Zaporijjia, sous occupation russe depuis début mars, Kiev et Moscou se rejetant la responsabilité de frappes sur le site.

« Aujourd’hui, les occupants ont créé une autre situation extrêmement risquée pour toute l’Europe : ils ont frappé à deux reprises la centrale nucléaire de Zaporijjia. Tout bombardement de ce site est un crime éhonté, un acte de terreur », a martelé le président Volodymyr Zelensky dans son message vidéo quotidien.

« Malgré les provocations des Russes, la centrale continue de fonctionner et de fournir de l’électricité au système énergétique de l’Ukraine grâce à des lignes en service. Conformément à leur capacité, il a été décidé de décharger et de déconnecter l’un des réacteurs », a pour sa part fait savoir la société d’Etat ukrainienne Energoatom.

Toutefois, « il existe des risques de fuite d’hydrogène et de pulvérisation de substances radioactives. Le danger d’incendie est élevé », a-t-elle prévenu.

L’armée russe a quant à elle parlé dans un communiqué de « tirs d’artillerie » de « formations armées ukrainiennes », à la fois « contre le territoire de la centrale de Zaporijjia et la ville d’Energodar », et dénoncé des « actes de terrorisme nucléaire ».

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait jugé mardi que la situation était « volatile » et « de plus en plus dangereuse de jour en jour » à la centrale de Zaporijjia.

Au moment de la prise de ce site en mars, les militaires russes y avaient ouvert le feu sur des bâtiments, au risque d’un accident nucléaire majeur.

Du maïs via la mer Noire

Cinq jours après le départ du port méridional ukrainien d’Odessa d’un premier cargo – attendu dimanche au Liban – transportant des céréales ukrainiennes depuis le déclenchement de l’offensive russe, trois autres chargements, également de maïs, ont quitté l’Ukraine en convoi, a annoncé le ministère turc de la Défense.

Ils sont destinés à l’Irlande, l’Angleterre et la Turquie.

Devrait s’ensuivre une série de rotations régulières pour ravitailler les marchés agricoles.

Simultanément, un bâtiment fait route, lui aussi pour y récupérer des céréales, vers le port ukrainien de Tchernomorsk, qu’il doit atteindre samedi.

« L’essentiel maintenant est l’augmentation constante des exportations », a noté le président Zelensky.

La Russie et l’Ukraine ont signé deux accords séparés, validés par la Turquie et les Nations unies, qui permettent l’exportation des céréales ukrainiennes immobilisées par le conflit et de produits agricoles russes malgré les sanctions occidentales. Avec pour objectif d’atténuer la crise alimentaire dans certains des pays les plus pauvres liée au blocage des ports ukrainiens.

Des « investigations de grande ampleur »

Suscitant l’ire de l’Ukraine, Amnesty International a, dans un rapport paru jeudi après une enquête de quatre mois, reproché aux militaires ukrainiens d’installer des bases dans des écoles et des hôpitaux et de lancer des attaques à partir de zones peuplées – une violation du « droit international humanitaire », selon l’ONG.

Le chef de l’Etat ukrainien l’a en retour accusée de « tenter d’amnistier l’Etat terroriste » russe et de « transférer la responsabilité de l’agresseur à la victime ».

Vendredi, Amnesty International a pleinement confirmé ses « conclusions », « fondées sur des preuves obtenues lors d’investigations de grande ampleur soumises aux mêmes normes rigoureuses et au même processus de vérification » que tout son travail habituel.

L’ONG a toutefois, dans son rapport, insisté sur le fait que les tactiques ukrainiennes ne « justifient en aucun cas les attaques russes aveugles » qui ont touché la population.

22 blessés à Mykolaïv

Sur le terrain, les Russes ont une fois de plus bombardé vendredi Mykolaïv, une ville située non loin du front sud.

Bilan : 22 blessés, dont un adolescent de 13 ans, et de nombreuses habitations endommagées, a dit son maire, Oleksandr Senkevitch.

Un couvre-feu a été instauré dans cette cité jusqu’à lundi matin afin de neutraliser les « collaborateurs » des Russes, a fait savoir le gouverneur de la région Vitali Kim.

Les forces ukrainiennes mènent actuellement une contre-offensive dans le sud, où elles affirment avoir repris plus de 50 villages tombés aux mains des soldats russes.

Par Le Point avec AFP

Les ports ukrainiens fonctionnent à nouveau, un pont clef frappé par l’armée de Kiev dans le sud

juillet 27, 2022
Les ports ukrainiens fonctionnent a nouveau, un pont clef frappe par l'armee de Kiev dans le sud
Les ports ukrainiens fonctionnent à nouveau, un pont clef frappé par l’armée de Kiev dans le sud© UKRAINIAN EMERGENCY SERVICE/AFP/STR

Les trois ports ukrainiens désignés pour les exportations de céréales ont recommencé mercredi à fonctionner, tandis que l’armée ukrainienne a en partie détruit un pont d’importance stratégique dans la région méridionale de Kherson occupée par les Russes et que les forces de Kiev cherchent à reprendre.

Le gouvernement ukrainien s’attend à ce que les premiers chargements puissent quitter « dès cette semaine » les ports de la mer Noire où ils étaient bloqués depuis le début de l’invasion russe le 24 février, sur fond de flambée des prix des denrées alimentaires à travers le monde.

En application là aussi des accords signés pour quatre mois le 22 juillet à Istanbul, le Centre de coordination conjointe (CCC) chargé du contrôle du transport via la mer Noire des grains ukrainiens a été officiellement inauguré le même jour dans cette métropole turque.

Autre conséquence de l’offensive russe, le gazoduc Nord Stream 1 entre la Russie et l’Allemagne n’est désormais plus en service, comme cela était prévu, qu’à environ un cinquième de sa capacité, renforçant les risques de pénuries cet hiver en Europe.

Des convois pour transporter les céréales

« Les ports d’Odessa, de Tchornomorsk et de Ioujny (Pivdenny, ndlr) ont repris le travail », a annoncé mercredi la marine ukrainienne.

« La sortie et l’entrée des navires dans les ports maritimes se feront par la formation d’un convoi qui accompagnera le navire de tête », a-t-elle poursuivi.

Kiev et Moscou se sont mis d’accord à Istanbul, via une médiation de la Turquie et sous l’égide de l’ONU, pour permettre la livraison à l’étranger des quelque 25 millions de tonnes de céréales coincées dans les ports ukrainiens.

Les responsables ukrainiens ont toutefois dit à plusieurs reprises ne pas faire confiance à Moscou pour assurer la sécurité des convois et rappellent les tirs de missiles russes samedi sur le port d’Odessa.

Le Kremlin a pour sa part déclaré ne pas voir d’obstacles à la reprise des exportations, également entravées par la présence de mines marines déposées par les forces ukrainiennes pour se prémunir d’un assaut amphibie russe.

Le déminage n’aura lieu que « dans le couloir nécessaire aux exportations », a souligné Kiev.

Pont « très endommagé »

Enjambant le Dniepr en banlieue de Kherson, le pont Antonovski, clef pour le ravitaillement, a été partiellement mis hors d’état mercredi par une attaque ukrainienne.

Cet ouvrage « est très endommagé » et « les Russes n’ont pas les spécialistes et l’équipement pour le réparer à court terme », a commenté le chef adjoint du conseil régional, Iouri Sobolevski, affirmant que « le pont ne pourra pas être utilisé pour faire traverser des équipements militaires lourds ».

« Ceux qui ont tiré sur le pont ont juste rendu la vie un peu plus difficile à la population », a relativisé Kirill Stremooussov, un haut représentant des autorités d’occupation russes.

Kherson est située à quelques kilomètres du front sud où les forces ukrainiennes ont déclenché une contre-offensive afin de reconquérir ces territoires perdus dans les premiers jours de l’assaut russe contre l’Ukraine.

Essentielle pour l’agriculture ukrainienne, la région est aussi stratégique car limitrophe de la péninsule de Crimée, annexée par Moscou en 2014.

Dans l’est de l’Ukraine, le bassin minier du Donbass a été le théâtre d’intenses combats.

Deux personnes ont été tuées et cinq blessées dans le bombardement d’un hôtel à Bakhmout, ont annoncé les services d’urgence ukrainiens.

Des journalistes de l’AFP présents dans cette cité, l’une des dernières du Donbass à rester sous contrôle ukrainien, ont entendu des tirs d’artillerie sporadiques et vu une maison touchée par un obus russe.

« J’étais dans la grange et j’allais sortir. J’ai entendu un sifflement. Et je ne me souviens plus de rien. Ça a explosé et j’ai été projeté dans la grange » par le souffle, a raconté à l’AFP Roman, 51 ans.

Moins de gaz russe livré à l’Europe

Dans le contexte du bras de fer énergétique entre Moscou et les Occidentaux depuis le début du conflit, l’arrivée de gaz en provenance de Russie en Allemagne était mercredi de quelque 14,4 gigawattheures (GWh), contre près de 29 GWh en moyenne ces derniers jours, a déploré l’opérateur allemand Gascade, qui gère le réseau sur le territoire allemand.

L’approvisionnement de l’Allemagne – particulièrement dépendante du gaz russe – mais aussi d’autres pays européens via ce tuyau installé au fond de la mer Baltique avait déjà été réduit à 40 % de la normale mi-juin, avant un arrêt complet pour une maintenance annuelle entre les 11 et 21 juillet.

Lundi, Gazprom a fait savoir qu’il allait encore diviser par deux ses livraisons quotidiennes via Nord Stream, invoquant une opération d’entretien sur une turbine.

Un porte-parole du Kremlin a affirmé mardi que la réduction de débit s’expliquait par les sanctions occidentales prises contre la Russie.

Mais les Européens accusent Moscou d’utiliser le gaz en tant qu’arme économique et politique.

Face à des risques de pénurie, les prix du gaz ont continué à monter. Mercredi matin le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, avait progressé de plus de 9 %. Depuis le début de la semaine, le TTF a bondi de 35 %.

Mercredi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a par ailleurs assuré que son pays s’apprêtait à augmenter ses exportations d’électricité vers l’Union européenne pour aider l’Europe à « résister à la pression énergétique » de Moscou.

« Nous allons augmenter nos exportations d’électricité aux consommateurs de l’Union européenne », a déclaré M. Zelensky dans son adresse vidéo quotidienne.

« Nos exportations nous permettent non seulement d’augmenter nos revenus en devises, mais aussi d’aider nos partenaires à résister à la pression énergétique russe. Nous allons progressivement faire de l’Ukraine un pays garant de la sécurité énergétique de l’Europe », a-t-il dit.

Par Le Point avec AFP

Pas d’entente en vue pour la reprise des exportations de céréales ukrainiennes

juin 8, 2022
MM. Lavrov et Cavusoglu discutent en marchant.

Les ministres des Affaires étrangères de la Russie et de la Turquie, Sergueï Lavrov (à gauche) et Mevlüt Cavusoglu, se sont rencontrés mercredi à Ankara. Photo : Getty Images/AFP/Adem Altan

Aucun mécanisme concret permettant à l’Ukraine de reprendre l’exportation de ses céréales n’a été annoncé au terme de la rencontre entre les chefs de la diplomatie de la Russie et de la Turquie, mercredi, à Ankara.

Sergueï Lavrov et son homologue Mevlüt Cavusoglu discutaient des moyens d’établir des corridors maritimes sécurisés en mer Noire pour permettre à des navires de transporter ces denrées à l’étranger.

Un blocus naval de la marine russe empêche les navires de quitter le port d’Odessa, le plus important pour les exportations céréalières, alors que d’autres ports, dont ceux de Berdyansk et de Marioupol, sont désormais aux mains de l’armée russe.

Le blocage des céréales ukrainiennes fait flamber les prix et laisse planer le spectre d’une crise alimentaire mondiale, notamment dans plusieurs pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Les marchés étant mondialisés, les répercussions se feront toutefois sentir partout dans le monde.

À la demande des Nations unies, la Turquie a proposé son aide pour escorter les convois maritimes depuis les ports ukrainiens, malgré la présence de mines dont certaines ont été détectées jusqu’à proximité des côtes turques.

En conférence de presse après la rencontre, M. Lavrov a répété que la Russie est prête à offrir des garanties de sécurité et ne profiterait pas de la situation pour pousser son avantage sur le terrain militaire. Ce sont des garanties données par le président de la Russie, Vladimir Poutine, a-t-il déclaré.

« Nous disons tous les jours que nous sommes prêts à garantir la sécurité des navires qui quittent les ports ukrainiens […] en coopération avec nos collègues turcs. »— Une citation de  Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères des la Russie

La responsabilité de déminer les ports de la mer Noire revient toutefois à Kiev, mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky refuse catégoriquement de le faire, a-t-il ajouté.

Le gouvernement ukrainien a effectivement miné ses ports pour empêcher des débarquements russes sur ses côtes.Un terminal céréalier, dans un port.

Le terminal céréalier de Mykolaïv, photographié ici en 2013, a été détruit par des frappes russes au cours des derniers jours, a affirmé lundi Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’Union européenne. Cette situation contredit les dires de Moscou, qui soutient ne pas être responsable des difficultés d’exportation, a-t-il souligné. Photo : Reuters/Vincent Mundy

Des demandes russes légitimes aux yeux des Turcs

M. Cavusoglu a rappelé que la Russie exige cependant la levée des sanctions qui frappent indirectement ses exportations agricoles, pour faciliter les exportations ukrainiennes.

« Si nous devons ouvrir le marché international ukrainien, nous pensons que lever les obstacles aux exportations russes est légitime. »— Une citation de  Mevlüt Cavusoglu, ministre des Affaires étrangères de la Turquie

Il a cité spécifiquement les exportations de céréales et d’engrais russes, qui ne sont pas directement visées par les sanctions occidentales, mais qui sont empêchées par la suspension des échanges bancaires et financiers.

Selon M. Cavusoglu, le plan de l’ONU est raisonnable et réalisable. L’Ukraine et la Russie devraient l’accepter.

À Moscou et à Kiev, les réactions n’ont été guère encourageantes.

Dans un appel avec des journalistes, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a souligné qu’il n’y avait aucune discussion de fond sur la levée des sanctions exigées par Moscou.

Le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko, a pour sa part déclaré dans un tweet que les garanties de sécurité offertes par M. Lavrov ne sont que des paroles creuses.

« De l’équipement militaire est requis pour protéger le littoral et une mission navale [est nécessaire] pour patrouiller sur les routes d’exportation. La Russie ne peut pas utiliser les corridors pour le grain pour attaquer le sud de l’Ukraine. »— Une citation de  Oleg Nikolenko, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Ukraine

La véritable cause de cette crise : il s’agit de l’agression russe, pas des sanctions, a ensuite déclaré à la presse le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba.

Kiev veut participer aux négociations

L’ambassadeur ukrainien en Turquie, Vasyl Bodnar, a en outre souligné qu’aucune entente ne pourra être conclue en l’absence de Kiev à la table des négociations.Des dizaines d'hommes sont assis de part et d'autre d'une table.

Les pourparlers de mercredi, à Ankara, se sont déroulés en l’absence d’une délégation ukrainienne. Photo : La Presse Canadienne/AP/Ministère des Affaires Étrangères de la Russie

Il a soutenu que la Russie demandait à pouvoir faire des vérifications sur les navires qui emprunteraient un éventuel corridor, une proposition qu’il juge irréaliste.

L’ambassadeur Bodnar a toutefois reconnu que la médiation turque était essentielle dans ce dossier.

Le porte-parole de l’administration de la région d’Odessa, Serguiï Bratchouk, a quant à lui défendu le point de vue ukrainien. Si l’Ukraine démine le port de la ville, la Russie voudra attaquer, elle rêve de parachuter des troupes, a-t-il déclaré dans un message vidéo sur Telegram.

La flotte russe de la mer Noire fera semblant de se retirer vers la Crimée annexée. Mais dès qu’on déminera les accès au port d’Odessa, la flotte russe sera là, a-t-il ajouté, en plaidant pour que les convois de céréales ukrainiennes soient escortés par les pays de l’OTAN, l’alliance militaire dont la Turquie est membre.

Des silos à grain à moitié pleins à l’aube de la récolte

Les silos à grains du territoire ukrainien contrôlé par Kyiv sont déjà à moitié pleins alors qu’approche la récolte annuelle et que la Russie continue de bloquer les ports du pays, a déclaré mercredi le chef de l’Association ukrainienne des producteurs de grains, Mykola Gorbachov.

Quelque 30 millions de tonnes de céréales sont stockées dans les territoires tenus par l’Ukraine, sur une capacité totale d’environ 55 millions de tonnes, a-t-il déclaré lors d’une conférence du Conseil international des céréales à Londres. Une capacité de stockage de 13 à 15 millions de tonnes existe dans les zones occupées par la Russie.

Sans accès à ses ports de la mer Noire, l’Ukraine pourra au mieux exporter 20 millions de tonnes de céréales l’année prochaine, les itinéraires alternatifs routiers, fluviaux et ferroviaires limitant les exportations à un maximum de 2 millions de tonnes par mois. L’an dernier, 44,7 millions de tonnes de céréales ont été exportées.

Selon M. Gorbachov, la moitié de la récolte de maïs de l’Ukraine, quatrième exportateur mondial, restera en terre si la Russie maintient son blocus des ports de la mer Noire. Je peux vous dire que nous ne trouverons pas de solution (pour) les exportations sans accès à ces ports, a-t-il affirmé.

À ces tensions s’ajoutent des accusations selon lesquelles Moscou aurait volé et exporté 600 000 tonnes de céréales ukrainiennes, et expédié par transport maritime 100 000 tonnes de céréales en Syrie, selon des preuves enregistrées par les États-Unis, a affirmé mercredi le directeur adjoint de l’Union des producteurs agricoles ukrainiens. Ces affirmations ne peuvent être vérifiées.

M. Gorbachov estime que les pourparlers russo-turcs sur la reprise des exportations ukrainiennes ne sont pas susceptibles de déboucher sur les garanties de sécurité nécessaires. Il appelle conséquemment les États-Unis, le Royaume-Uni et la France à fournir un convoi sûr aux navires transportant des céréales ukrainiennes hors du pays.

Avant la guerre, Kiev exportait chaque mois 12 % du blé mondial, 15 % du maïs et 50 % de l’huile de tournesol.

Avec Radio-Canada par François Messier

Céréales: le président de l’Union africaine « rassuré » après sa rencontre avec Poutine

juin 3, 2022
Cereales: le president de l'Union africaine "rassure" apres sa rencontre avec Poutine
Céréales: le président de l’Union africaine « rassuré » après sa rencontre avec Poutine© SPUTNIK/AFP/Mikhail KLIMENTYEV

Le président du Sénégal et en exercice de l’Union africaine Macky Sall s’est dit vendredi « rassuré » après sa rencontre avec Vladimir Poutine, à qui il a fait part de ses craintes sur l’impact en Afrique d’une crise alimentaire provoquée par l’offensive russe en Ukraine.

« Nous sortons d’ici très rassurés et très heureux de nos échanges », a déclaré M. Sall aux journalistes à l’issue d’un entretien de trois heures à Sotchi (sud de la Russie), ajoutant avoir trouvé le président russe « engagé et conscient que la crise et les sanctions créent de sérieux problèmes aux économies faibles, comme les économies africaines ».

M. Poutine a évoqué « plusieurs moyens de faciliter l’exportation, soit par le port d’Odessa », qui doit toutefois être déminé, soit « par le port de Marioupol », qui a récemment repris du service avec la conquête de la ville par Moscou, ou encore « par le Danube » ou « la Biélorussie », a indiqué M. Sall.

Au début de l’entrevue, M. Sall, qui était accompagné du chef de la Commission de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, avait demandé à Vladimir Poutine de « prendre conscience » que l’Afrique était « victime » de la situation.

L’ONU craint en effet « un ouragan de famines », essentiellement dans des pays africains qui importaient plus de la moitié de leur blé d’Ukraine ou de Russie, d’autant que plus aucun navire ne peut sortir des ports d’Ukraine en raison de l’offensive.

M. Sall a souligné que « la majorité des pays africains » avait « évité de condamner la Russie » lors de deux votes de l’ONU et, qu’avec « l’Asie, le Moyen-Orient ainsi que l’Amérique latine, une bonne partie de l’humanité » avait préféré se tenir à l’écart du conflit.

Le président sénégalais a également relevé que les tensions alimentaires avaient été aggravées par les sanctions occidentales, qui affectent la chaîne logistique, commerciale et financière de la Russie.

Il a donc appelé à ce que le secteur alimentaire soit « hors des sanctions » imposées par les Occidentaux contre Moscou.

En raison de ces mesures punitives, « nous n’avons plus accès aux céréales venant de Russie, mais surtout aux engrais », a affirmé Macky Sall, jugeant que cela créait « de sérieuses menaces sur la sécurité alimentaire du continent ».

Vladimir Poutine, de son côté, n’a pas abordé ce sujet dans la partie publique de leur rencontre. En revanche il a rappelé le « soutien » de l’Union soviétique aux pays africains « dans la lutte contre la colonisation » et vanté le développement des relations russo-africaines.

Flambée des cours

L’offensive russe en Ukraine a paralysé les exportations alimentaires de ces deux géants de l’agriculture.

Cela a entraîné une flambée des cours des céréales et des huiles, dont les prix ont dépassé ceux des printemps arabes de 2011 et des émeutes de la faim de 2008.

Le programme de l’ONU pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a indiqué que huit à 13 millions de personnes supplémentaires pourraient souffrir de sous-nutrition dans le monde, si la crise dure.

Or, les voyants sont au rouge, plus aucun navire ne sortant d’Ukraine, qui était aussi le quatrième exportateur de maïs, en passe de devenir le troisième exportateur mondial de blé et assurait seule 50 % du commerce mondial de graines et d’huile de tournesol avant le conflit.

Moscou affirme que le blocage n’est pas de sa faute, ni le résultat de la présence de sa flotte de guerre au large de l’Ukraine, mais qu’il est le résultat du minage des ports ukrainiens par Kiev.

En outre, les exportations russes de céréales sont largement bloquées à cause des sanctions logistiques et financières imposées par l’Occident pour punir la Russie.

Pour éviter que la crise ne perdure, le Kremlin a réclamé la levée des sanctions et le déminage des ports ukrainiens, position dénoncée comme un « chantage » par Kiev.

Lundi, Vladimir Poutine s’est toutefois dit prêt à travailler avec la Turquie pour l’instauration de « corridors maritimes » permettant la libre circulation des marchandises en mer Noire, y compris des « céréales provenant des ports ukrainiens ».

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, sera en Turquie le 8 juin pour discuter avec son homologue Mevlüt Cavusoglu de l’instauration de ces corridors.

Avec Jeune Afrique

Levée du blocus d’Odessa : Macron propose de passer par l’ONU

mai 31, 2022

Moscou bloque tous les navires présents dans le port ukrainien depuis plusieurs semaines. En conséquence, l’Occident redoute une pénurie de céréales.

20 millions de tonnes de cereales sont actuellement bloquees a Odessa.
20 millions de tonnes de céréales sont actuellement bloquées à Odessa.© BENJAMIN FURST / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le président français Emmanuel Macron a annoncé mardi 31 mai avoir proposé à Vladimir Poutine le vote d’une résolution à l’ONU pour lever le blocus russe du port d’Odessa, l’objectif étant de permettre l’exportation des céréales ukrainiennes qui y sont bloquées. « J’ai proposé, dans la discussion que nous avons eue avec (le chancelier allemand) Olaf Scholz samedi dernier, au président Poutine que nous prenions l’initiative d’une résolution aux Nations unies pour donner un cadre très clair à cette opération », a-t-il déclaré à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles.

En effet, depuis plusieurs semaines, la Russie impose dans la mer Noire un blocus aux ports ukrainiens, en particulier à celui d’Odessa. Et ce, alors que l’Ukraine cherche désespérément à exporter les quelque 20 millions de tonnes de céréales stockées dans les silos du pays d’ici aux prochaines récoltes prévues cet été, qui nécessiteront à leur tour d’être entreposées.

« La décision dépend d’un accord de la Russie et des garanties qu’elle apporte : face au déminage (du port d’Odessa) qui est indispensable pour que les vraquiers et bateaux puissent être acheminés et prendre ces céréales, (il faut) des garanties de sécurité apportées aux Ukrainiens pour éviter qu’ils ne soient attaqués », a insisté le président français. Kiev a besoin de « garanties légitimes de sécurité, c’est le cadre des Nations unies qui nous permettra de le faire », a ajouté le chef de l’État, tout en soulignant également « le rôle très important de la Turquie, compte tenu de sa responsabilité dans la mer Noire » et de ses échanges récents avec Moscou.

Des « routes prioritaires » temporairement mises en place

« Il n’est pas question que, sous le couvert d’un corridor maritime pour des raisons humanitaires, il y ait une fragilisation de la situation sécuritaire de l’Ukraine », a renchéri devant la presse Charles Michel, président du Conseil, l’organe de représentation des États membres.

Dans l’immédiat, la Commission européenne a également proposé de mettre sur pied des « routes prioritaires » par route et par chemin de fer, en mobilisant les capacités de fret de l’UE, pour acheminer une partie des stocks de céréales bloqués. « Nous travaillons sur cette proposition de la Commission, et avons discuté lors du sommet sur les différentes possibilités pour trouver des routes alternatives, mais c’est compliqué, pour des raisons logistiques, et c’est plus onéreux », a souligné le président du Conseil européen. Ces voies alternatives par train et par route permettront au mieux de transporter un tiers des stocks de blé, a confié à l’Agence France-Presse un responsable européen.

Par Le Point avec AFP

Alimentation: vers une consommation réduite de céréales, viandes et huiles

juillet 10, 2017

Des cultures de céréales à Bossée, dans le centre de la France, le 5 mai 2017 / © AFP/Archives / GUILLAUME SOUVANT

La planète devrait consommer toujours plus de produits laitiers au cours des dix ans à venir, mais la croissance de la consommation mondiale de céréales, de viandes et d’huiles végétales devrait marquer le pas, ont indiqué l’OCDE et la FAO lundi.

Les raisons de ce ralentissement, qui devrait aussi porter sur « les prix réels de la plupart des produits agricoles », viennent à la fois de la décélération de la croissance économique en Chine et de celle de la demande pour les biocarburants, soulignent les auteurs des « Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2017-2026 ».

« D’après les projections, la demande de produits agricoles destinés à la production de biocarburants est appelée à stagner compte tenu de la baisse des prix de l’énergie et de l’adoption d’une politique plus modérée concernant les biocarburants dans plusieurs pays », précise le rapport.

Cette correction permettra de réorienter les denrées de base vers leur destination normale: l’alimentation, et non plus l’énergie.

Pour mémoire, la crise alimentaire mondiale en 2007-2008, parallèle à la crise financière, avait eu pour origine une flambée du prix des denrées alimentaires de base, notamment de certains oléagineux utilisés pour les biocarburants, devenus trop chers et générant des émeutes de la faim dans plusieurs pays parmi les plus pauvres du monde.

– Outils anti-crise –

Dix ans après, le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, a estimé lundi qu’une crise similaire était désormais « beaucoup moins probable ».

De nouveaux outils, développés sous l’égide du G20, permettent d’étudier en temps réel la production de denrées alimentaires de base (céréales, oléagineux, viande de porc, de poulet, etc.), les cours mondiaux, la consommation pays par pays et les stocks.

« En 2007-2008, lorsque les cours ont commencé à grimper, nous ne savions pas ce qui se passait et la spéculation a pu faire ce qu’elle voulait », a rappelé José Graziano da Silva, directeur général de l’Organisation des Nations unies pour l’Alimentation et l’agriculture (FAO).

« Maintenant, nous avons les informations, et il reste peu de place pour la spéculation », a-t-il poursuivi.

Dans les dix ans à venir, la demande alimentaire pour la plupart des produits de base devrait progresser « moins vite » qu’au cours des dix années passées, ajoute le rapport.

La consommation de céréales par habitant devrait être à peu près inchangée, sauf dans les pays les moins développés, où elle progressera.

Côté production, celle de céréales devrait augmenter de 12% d’ici 2026, essentiellement en raison de l’amélioration des rendements. Le Brésil devrait dépasser les Etats-Unis durant la décennie pour devenir le premier producteur mondial de soja.

Pour la viande, la demande croîtra régulièrement mais la croissance sera freinée dans de nombreux pays, notamment pour des raisons sociétales comme en Inde, et globalement la consommation de viande par habitant devrait stagner à 34,6 kilos par an d’ici 2026.

Etant donnée l’augmentation de la population mondiale, la consommation globale de viande devrait néanmoins progresser de 1,5% par an.

– Petits agriculteurs en difficulté –

« Les prix des productions agricoles vont baisser, ce qui devrait être une grande difficulté pour les agriculteurs, surtout les petits exploitants familiaux », a dit M. Graziano da Silva, inquiet de voir que, sur quelque 800 millions de personnes sous-alimentées, « beaucoup » sont des agriculteurs.

« Il y aura de plus en plus de protestations de petits agriculteurs en difficulté (dans le monde, NDLR), et il faudra plus de politiques publiques dans ces domaines », a-t-il averti.

Les deux dirigeants ont aussi averti d’un risque accru d’obésité dans les pays en voie de développement, en raison notamment de la hausse prévisible de la consommation de sucre.

D’ici 2026, la croissance de la consommation des produits laitiers devrait s’accélérer, surtout en Inde et au Pakistan, pays essentiellement végétariens, où ils remplacent la viande pour les apports de protéines.

Ainsi l’OCDE prévoit que la production mondiale de lait augmente à 178 millions de tonnes (+22%) d’ici 2026 comparé à la période de référence 2014-2016.

Romandie.com avec(©AFP / 10 juillet 2017 20h46)                

Les prix du blé et du riz devraient atteindre des records à la baisse (FAO)

octobre 6, 2016

Rome (awp/afp) – Les bonnes récoltes attendues pour le blé et le riz devraient contribuer à de nouveaux records à la baisse pour les prix de ces céréales de base, a estimé jeudi l’Organisation des Nations unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO).

Les perspectives favorables en ce qui concerne particulièrement les céréales de base devraient faire baisser leur prix à un niveau record jamais vu depuis six ans, a expliqué la FAO dans un communiqué.

La production mondiale de céréales devrait atteindre cette année quelque 2,569 milliards de tonnes, soit une hausse de 1,5% par rapport à l’année précédente.

La valeur des importations de produits alimentaires devrait baisser cette année de quelque 11% à 1.168 milliards de dollars.

La FAO a revu ses prévisions à la hausse pour la production mondiale de blé, qui devrait atteindre 742,4 millions de tonnes, aidée par des augmentations en Inde, aux Etats-Unis et en Fédération de Russie, pays appelé à remplacer l’Union européenne en tant que plus grand exportateur de céréales. Or, selon la FAO, l’utilisation totale de blé ne devrait atteindre que 730,5 millions de tonnes.

Dans le même temps, pour la première fois en trois ans, la production mondiale de riz devrait connaître une hausse (+1,3%) qui lui fera atteindre le plus haut niveau de son histoire avec 497,8 millions de tonnes.

La production de céréales secondaires est également appelée à augmenter de 1,8% cette année, du fait de récoltes record aux Etats-Unis, en Argentine et en Inde.

Selon la Bourse de commerce de Chicago, les prix à terme du blé et du maïs ont baissé de plus de 16% depuis le début de l’année, tandis que les prix du riz ont atteint leur plus bas niveau depuis le début de l’année 2008.

La production de manioc, un aliment de base dans le continent africain, où la consommation par habitant dépasse les 100 kilos à l’année, devrait également augmenter de 2,6% cette année pour atteindre les 288 millions de tonnes.

Romandie.com avec(AWP / 06.10.2016 12h43)