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Libye: manifestation en faveur d’un général dissident

mai 23, 2014
Libye: manifestation en faveur d'un général dissident © AFP

Libye: manifestation en faveur d’un général dissident © AFP

Des milliers de Libyens ont manifesté vendredi leur soutien à une campagne d’un général dissident contre les groupes islamistes, sur fond d’une profonde crise dans le pays où les nombreuses milices font la loi.

Cette manifestation, l’une des plus importantes depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 après huit mois de révolte, a eu lieu une semaine après le lancement par le général à la retraite Khalifa Haftar d’une opération baptisée « Dignité » contre les « groupes terroristes » à Benghazi (est).

A l’étranger, les puissances occidentales ont réclamé une transition politique sans violences en Libye, s’alarmant des risques de « chaos » à un mois d’élections législatives annoncées pour le 25 juin.

« Oui à la Dignité », « la dignité de la patrie est notre dignité à nous tous », « oui à un État civil », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par une foule nombreuse sur la place des martyrs à Tripoli, en appui à l’opération Haftar à laquelle se sont ralliées plusieurs brigades de l’armée et de la police.

Des milliers de personnes se sont également rassemblées devant l’hôtel Tibesti à Benghazi, bastion de la révolution libyenne et fief des groupes islamistes radicaux, ainsi qu’à Al-Bayda, plus à l’est.

– ‘Pas un nouvel Afghanistan

« Oui à l’armée, oui à la police », « Non aux milices, la Libye ne sera pas un nouvel Afghanistan », proclamaient également des banderoles.

Lors des rassemblements, des slogans contre le Congrès général national (CGN, Parlement), la plus haute autorité politique et législative, ont été scandés malgré l’annonce des législatives pour élire un nouveau Parlement.

Le CGN, issu du premier scrutin libre du pays en juillet 2012, s’est attiré de nombreuses critiques surtout pour avoir unilatéralement rallongé son mandat jusqu’en décembre 2014. Ses détracteurs accusent aussi les blocs parlementaires islamistes de « complicité » avec les groupes radicaux qui sévissent en particulier dans l’Est.

Le général Haftar a accentué cette semaine la pression sur le CGN en exigeant la mise en place d’un « Conseil présidentiel » pour mener une période de transition. Sa feuille de route prévoit la suspension du parlement.

La demande du CGN à une milice armée de la ville de Misrata (ouest) de se déployer à Tripoli et « protéger les institutions de l’État », a provoqué aussi la colère du gouvernement et d’une partie de la population.

Le cabinet du Premier ministre sortant Abdallah Al-Theni, dont les relations sont extrêmement tendues avec le CGN, a mis en garde contre une flambée de la violence entre milices.

– L’Occident craint le ‘chaos’ –

Une vive rivalité oppose les milices de Misrata et celles de Zenten qui sont très bien implantées dans la capitale malgré plusieurs tentatives de les en chasser.

L’arrivée jeudi d’une force de Misrata à Tripoli a suscité la panique au sein des habitants qui craignaient des affrontements avec les Zentanis. Mais un compromis conclu entre les deux camps a évité une escalade.

Les autorités intérimaires ont été incapables de contenir les puissantes milices armées formées de rebelles qui ont participé à la révolte de 2011, n’ayant pas pu mettre en place une police ou une armée disciplinées.

Dans un communiqué conjoint, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, qui ont participé à degrés différents à l’offensive de l’Otan en 2011 contre le régime Kadhafi, « s’inquiètent profondément d’actes de violences répétés et appellent toutes les parties à s’abstenir de recourir à la force et à régler leurs différends par des voies politiques ».

Ils mettent en garde par ailleurs contre les risques de « chaos, fragmentation, violences et terrorisme » en Libye.

Des violences ont été encore signalées à Benghazi. Vingt personnes ont été blessées par la chute d’une roquette sur une maison et le QG d’une unité d’élite de l’armée régulière a été touchée par un tir de roquette, selon des sources médicales et de sécurité.

Jeuneafrique.com avec AFP

Libye: affrontements autour des locaux du Congrès

mai 18, 2014

Tripoli – Des affrontements ont eu lieu dimanche dans le sud de Tripoli, après une attaque contre des locaux du Congrès général national (CGN, Parlement), dont les membres ont été évacués, selon des témoins et un député.

L’attaque a été menée par des hommes armés en civil, selon le député, qui n’était cependant pas en mesure d’identifier les assaillants.

On ignore si ces violences sont liées à l’offensive lancée vendredi par l’ancien général Khalifa Haftar contre des groupes d’islamistes radicaux à Benghazi (est), que les autorités ont qualifié de tentative de coup d’Etat.

Le président du CGN, Nouri Abou Sahmein, n’a toutefois pas écarté que cette attaque soit commandée par Khalifa Haftar, dans une déclaration à la chaîne Al-Nabaa.

Une colonne de fumée s’élevait au dessus du Congrès, après que les assaillants aient mis le feu dans un bâtiment annexe, et plusieurs voitures ont été endommagées, a constaté un journaliste de l’AFP. Les routes menant au Parlement ont été fermées à la circulation, tandis que les Tripolitains se pressaient de rentrer chez eux.

Les assaillants se sont retirés des lieux peu de temps après l’attaque et ont rebroussé chemin, et des affrontements ont été ensuite entendus sur la route de l’aéroport. Des témoins avaient affirmé dans l’après-midi qu’un convoi de voitures blindées était entré dans Tripoli depuis cette route avant de se diriger vers les locaux du CGN.

Selon des témoins, il s’agissait des puissantes brigades de Zenten, qui contrôlent plusieurs sites sur la route de l’aéroport, dans le sud de la capitale libyenne. Les Zentanis sont connus par leur opposition aux islamistes.

En février, ils avaient donné au CGN, la plus haute autorité politique du pays, quelques heures pour quitter le pouvoir, sans toutefois passer à l’action après l’expiration de leur ultimatum.

Le Congrès avait aussitôt dénoncé cette initiative comme une menace de coup d’Etat. Le gouvernement de transition avait ensuite annoncé un compromis avec ces ex-rebelles ayant combattu le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, sans donner de détails.

Fin avril, des hommes armés avaient déjà attaqué les locaux du CGN, régulièrement cible d’attaques de groupes armés, comme celle perpétrée le 2 mars, dans laquelle deux députés avaient été blessés par balle.

Romandie.com avec(©AFP / 18 mai 2014 18h41)

Libye: les islamistes se retirent du gouvernement

janvier 21, 2014

TRIPOLI – Les islamistes du Parti pour la Justice et la construction (PJC) ont annoncé mardi le retrait de leurs ministres du gouvernement d’Ali Zeidan, critiqué notamment sur le dossier de la sécurité.

Le PJC a annoncé dans un communiqué le retrait de ses ministres du gouvernement d’Ali Zeidan ajoutant qu’il faisait porter la totale responsabilité à la partie soutenant le gouvernement, après avoir échoué à obtenir un retrait de confiance à ce cabinet devant le Congrès général national (CGN, équivalent du Parlement).

Le PJC estime que le gouvernement n’est pas capable d’amener le pays à bon port, ajoutant qu’il avait échoué dans les principaux dossiers de la période de transition.

Le PJC, bras politique des Frères musulmans libyens, détenait cinq des 32 portefeuilles du gouvernement, ceux du Pétrole, de l’Electricité, de l’Habitat, de l’Economie et des Sports.

Une centaine de membres du CGN ont annoncé mardi avoir échoué à retirer la confiance au gouvernement d’Ali Zeidan, en l’appelant à démissionner pour éviter une aggravation de la crise dans le pays.

Dans un communiqué signé par 99 membres du CGN, les détracteurs du Premier ministre ont reconnu ne pas avoir réuni les 120 voix nécessaires à un retrait de confiance, après trois semaines de tractations entre différents blocs politiques du Congrès.

Ils ont précisé devant la presse que les tractations en vue d’atteindre le quorum pour faire tomber le gouvernement allaient se poursuivre.

La plupart des signataires du communiqué sont membres de blocs politiques d’obédience islamiste.

Selon le texte, leur demande est motivée par l’échec cuisant du gouvernement dans les dossiers de la sécurité, des réformes administratives en vue d’une décentralisation et des ports pétroliers dans l’est du pays, bloqués par des protestataires depuis plusieurs mois.

Les signataires affirment que la confiance a été politiquement retirée au gouvernement, avec les 99 signatures favorables à sa chute, sur les 194 membres que compte le Congrès.

Comptant sur l’appui des membres du parti libéral de l’Alliance des forces nationales (AFN, libérale), M. Zeidan a affirmé à nouveau mardi qu’il ne démissionnerait pas.

Dans une déclaration à la chaîne privée Libya al-Ahrar, M. Zeidan a accusé à nouveau les Frères musulmans d’être derrière les initiatives visant à déstabiliser le gouvernement.

Romandie.com avec(©AFP / 21 janvier 2014 15h45)