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Canada: Découverte d’un champ de patates datant de 3800 ans

décembre 27, 2016

Des restes de pomme de terre découverts sur la côte pacifique du Canada sont la « première preuve » que les populations autochtones d’Amérique du Nord cultivaient déjà des potagers il y a 4 millénaires. Une étude dans la dernière édition de Science Advances l’atteste.

Le champ de tubercules, découvert sur les terres ancestrales de la tribu Katzie, devenues aujourd’hui la Colombie-Britannique, est la « première preuve » de jardinage par les tribus de chasseurs-cueilleurs de la région pendant cette période, affirme cette étude menée par Tanja Hoffmann et des archéologues de l’Université Simon Fraser, à l’est de Vancouver, au Canada.

Ils ont conclu que les populations autochtones de la région du nord-ouest Pacifique avaient aménagé des zones marécageuses pour augmenter la production de ces plantes alimentaires sauvages.

La tribu locale a vraisemblablement installé des pierres pour délimiter la culture et favoriser la pousse des wapatos, l’équivalent des pommes de terre d’aujourd’hui. Les chercheurs ont aussi découvert 150 fragments d’outils durcis par le feu sur le site d’excavation, qu’ils pensent être le bout de bâtons servant à travailler la terre.

L’équivalent antique de la pomme de terre, qui poussait entre octobre et février, était pour les tribus autochtones une importante source de féculents pendant les mois d’hiver. Les fouilles ont mis au jour 3768 wapatos, également appelées « patates indiennes ».

« Les restes que nous avons retrouvés étaient brun foncé ou noirci, et bien que seule la surface extérieure ait survécu sur la plupart des spécimens, certains contenaient également de la pulpe à l’intérieur », mentionne encore l’étude.

Romandie.com(ats / 27.12.2016 20h51)      

Les larmes de Cérès

août 24, 2012

 

Elles coulent sur le gril de sa belle peau

en fragments liquéfiés de grands flots

les larmes de Cérès depuis son tombeau

baignent et remontent le cours du berceau

Interdites d’arroser les champs de céréales

pour la culture d’avoine et du maïs de la volaille

elles tombent sans fertiliser le sol à temps

rencontrant l’agriculteur dans son moulin à vent

qui regarde asséchés le houblon et le sorgho

dans la tristesse d’orge et de seigle sans chapeau

Au loin aucun entrepôt ne contient plus le millet

rares sont les stocks satisfaisants du bon blé

Les graminées ne sont pas arrivées à maturité

mortes sous la chaleur comme des prématurés

au lieu de survivre pour le besoin alimentaire

afin de nourrir les animaux de la récolte agraire

puis l’attente de l’homme de sa farine salutaire

Les enfants de la moisson pensent à leur biscuit

et à leurs pâtisseries qui fonctionnent à minuit

tandis que les industriels d’amidon et de bière

risquent de connaître le chemin du cimetière.

 

Bernard NKOUNKOU

Degré de conscience sous le soleil

juin 22, 2012

 

Chaque matin je me réveille sur les bras du soleil

A midi je mange à table avec les rayons du soleil

L’après-midi je me promène avec la culotte du soleil

La journée je travaille avec mon casque au soleil

Conditionné à l’encablure je bois ma bouteille au soleil

Pour éviter de ne pas mourir d’hydratation au soleil

Mon ami qui cultive dans les champs a peur du soleil

Tandis que l’éleveur au désert son troupeau meurt au soleil

Je dois reboiser la Terre avant sa sécheresse au soleil

Persécuté sur la Terre j’ai enlevé ma chemise au soleil

Quand arrive le soir je rentre le dos fatigué au soleil

Ma chambre est devenue un four chauffé au soleil

Pendant la nuit mes draps sont mouillés à cause du soleil

Avec tous les degrés de la canicule je rêve mal sous le soleil

Même à minuit sur le toit de la conscience je vibre sous le soleil

A quelle existence puis-je m’attendre sous le soleil

Avant qu’à l’aube je ne reçoive les premiers baiser du soleil.

Bernard NKOUNKOU

Le message de Jean-Baptiste Placca au peuple congolais

mars 10, 2012

Une petite pensée pour les femmes de Brazzaville, pour toutes les mères du Congo, à nouveau endeuillées par ce qu’il faut bien appeler une lourde faute politique. Une pensée, aussi, pour ces milliers d’enfants, qui vont devoir grandir sans leurs parents, dans un environnement national dur où, pour prendre part au banquet de la colossale manne pétrolière, il faut, au moins, graviter dans la périphérie immédiate de la galaxie du pouvoir.

Un habitué des champs de guerre, venu en renfort médical, assimile le spectacle qu’il a vu aux dégâts d’un terrible bombardement. Une semaine après, des centaines de blessés n’ont toujours pas reçu les soins appropriés, tant est grand le dénuement des hôpitaux brazzavillois. Et voilà le peuple congolais une fois encore piégé par ses propres dirigeants. Une poudrière en plein milieu des habitations des populations civiles ! Ne nous parlez pas d’accident, non ! Si ce n’est pas délibéré, alors, c’est de l’inconscience, et c’est encore pire !
Ailleurs, le chef d’état-major de cette armée-là aurait déjà été limogé. Le ministre de la Défense aurait donné sa démission, et tous ses supérieurs seraient à genoux, en train d’implorer le pardon de la nation. Le général Denis Sassou Nguesso est chef de l’Etat congolais depuis 1979 (tente-trois ans !). Congédié par les urnes en 1992, il a repris le pouvoir par les armes, en 1997.
Quinze ans plus tard, il a encore manifestement toujours besoin d’un arsenal conséquent au cœur de la capitale, pour protéger son pouvoir. Le scandale, ici, ne réside pas uniquement dans le fait que l’on investisse des centaines de milliards dans l’armement, dans un pays qui n’a jamais été en guerre avec personne. Le scandale, c’est qu’un Etat pétrolier de ce rang, peuplé d’à peine 4 millions d’habitants, ne puisse pas investir quelques dizaines de millions dans les pansements, compresses et autre Bétadine dont ont cruellement besoin les hôpitaux du Congo. « Le sous-équipement des hôpitaux de Brazzaville est tel que, en quelques heures, ils étaient dépassés », dit le célèbre chirurgien français Alain Delloche, bouleversé par l’ampleur de la catastrophe. Et voilà le général Sassou Nguesso, si sourcilleux sur tout ce qui touche à son image, trahi par sa propre poudrière. La colère, contenue, des Congolais, peut se résumer à ce cri du cœur d’une femme – d’une mère –, qui a hurlé, dans le micro de RFI, que le régime en place dans son pays est un régime militaire. Elle aurait tout aussi bien pu dire, en écho au cri de ralliement de la jeunesse du Sénégal : « Y en a marre ! Vraiment, vraiment marre ! ».

Enfants d’Afrique

septembre 29, 2010

Dignes enfants de ma chère Afrique
Vous avez peuplé en vagues l’Amérique
Comme des bourgeons déracinés des familles
Saignant de ses pauvres entrailles

Quand le soleil pointait à l’horizon
Sous la brise minuscule du vent
Ces bras valeureux de nos villages
Étaient utilisés comme des sauvages

A la traversée d’un point à l’autre
Du vaste océan sans ventre
Quand le bateau sur le rivage
Accostait avec ses cordes à l’arrimage

Privés de liberté auprès des maîtres
Sans valeurs humaines comme des huîtres
Ils étaient trop bons pour les champs
Avec des mains noires pour le coton

Ce coton que les mains noires
Ont planté dans la déchirure de la chair
A enrichi la grande Amérique
Pour appauvrir la très chère Afrique.

Bernard NKOUNKOU