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Climat: réunion sur l’avenir de l’accord de Paris à Montréal…sans les Américains

septembre 16, 2017

Réunion de ministres de l’Environnement d’une trentaine de pays, le 16 septembre 2017, à Montréal / © AFP / Alice CHICHE

Les ministres de l’Environnement d’une trentaine de pays se réunissaient samedi à Montréal pour fixer des règles afin d’atteindre les objectifs de réduction des émissions convenus dans l’accord de Paris, une réunion sans les Etats-Unis de Donald Trump, sortis de l’accord.

A l’initiative du Canada, de l’Union européenne et de la Chine, cette conférence se tient 30 ans jour pour jour après la signature du Protocole de Montréal pour la protection de la couche d’ozone, « un accord international historique », selon la ministre canadienne du Changement climatique Catherine McKenna.

Le Protocole de Montréal est l’exemple de ce « que le monde doit continuer à faire pour affronter la menace des changements climatiques », a-t-elle dit.

« Nous sommes ici ensemble et nous devons agir ensemble », a déclaré Mme McKenna en guise de bienvenue aux ministres ou représentants de plus de 30 pays en leur rappelant les récents épisodes météorologiques (typhon, inondations, ouragans…).

« Les phénomènes météorologiques extrêmes sont plus fréquents, plus puissants et plus destructeurs » avec les changements climatiques. Et la ministre canadienne de prendre l’exemple « des enfants à Barbuda qui n’ont même plus d’école » après le passage de l’ouragan Irma qui a dévasté l’île des Caraïbes il y a une semaine.

Afin de respecter un calendrier ébranlé par le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat (COP21) –décidé en juin par le président Donald Trump–, l’Union européenne, la Chine et le Canada ont pris les rênes et affiché leur volonté d’aller de l’avant.

« Ce n’est pas une discussion bureaucratique, c’est une discussion politique avec des gens qui ont en tête l’objectif de l’accord (de Paris) avec d’importantes étapes face à eux pour arriver à une transition vers des énergies propres pour arrêter le réchauffement », a souligné avant la réunion Miguel Arias Cañete, commissaire européen à l’Action pour le climat.

– ‘Recueil de règles’ –

Le temps presse, a-t-il assuré, et les partenaires doivent « réduire leurs différences et avoir une bonne compréhension de la meilleure façon de mettre en oeuvre ce très ambitieux accord » conclu en décembre 2015.

Pour cela, « nous avons besoin d’un recueil de règles pour nous permettre de suivre, de vérifier et de comparer » le niveau des émissions par pays, a-t-il confié à l’AFP.

Cela permettra, selon lui, de mesurer le chemin qu’il reste à accomplir pour atteindre l’objectif de la COP21 de limiter dans l’idéal la hausse de la température moyenne de la planète à +1,5 degré Celsius en 2050 par rapport à son niveau de l’ère pré-industrielle.

Le calendrier, a souligné M. Arias Cañete, est d’avoir ce « recueil de règles (…) avant la COP24 de Katowice (Pologne) fin 2018 ». D’ici là, la prochaine Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP23) se déroulera à Bonn sous la présidence des Fidji en novembre.

L’Union européenne doit sous peu faire des propositions à ses Etats membre pour réduire ses émissions de carbone dans le secteur des transports, avait indiqué plus tôt cette semaine son président Jean-Claude Juncker.

Autre gros émetteur de CO2, la Chine a fait part de son intention d’interdire la vente d’automobiles propulsées par des moteurs à carburants fossiles, un objectif ambitieux pour le premier marché automobile au monde.

Le Royaume-Uni a également dit vouloir aller dans ce sens, comme la France dont le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot a affiché sa volonté d’interdire dès 2040 la vente de voitures diesel et essence.

L’objectif de protéger la couche d’ozone avec l’élimination progressive des hydrofluorocarbones (HFC), gaz extrêmement nocifs pour le climat utilisé dans les réfrigérateurs et climatiseurs, « a été plutôt réussi », a estimé Xie Zhenhua, négociateur chinois pour le climat.

Sur cet élan, « nous devons prendre des mesures » dès maintenant pour « nous assurer que nous pouvons réaliser les objectifs » fixés par l’accord de Paris, a-t-il ajouté.

Reste à savoir, « comment nous devrions allier les actions sur le climat avec la croissance économique, la protection des populations et la création d’emplois ».

« Si nous pouvons combiner tous ces sujets, nous ferons de l’accord de Paris un grand succès », a-t-il assuré.

Romandie.com avec(©AFP / 16 septembre 2017 18h25)                

Face au changement climatique, l’Afrique, première victime, peut devenir un modèle à suivre

mai 30, 2015

Face au changement climatique, l'Afrique, première victime, peut devenir un modèle à suivre
Face au changement climatique, l’Afrique, première victime, peut devenir un modèle à suivre © AFP

EnvironnementContinent le plus exposé aux conséquences du changement climatique, l?Afrique possède pourtant un immense potentiel en matière d?énergies renouvelables, qui peut lui éviter de répéter les erreurs des pays développés en devenant un modèle de croissance verte.

« Nous avons une opportunité extraordinaire de voir un continent qui croît vite, croître de manière verte », s’enthousiasme Makthar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l?Afrique, interrogé par l?AFP.

« L »Afrique peut devenir un modèle à suivre », confirme Kurt Lonsway, directeur du département Environnement à la Banque africaine de développement (BAD), qui assure que le continent peut se développer « sans reproduire les conséquences négatives qu?ont connues les pays industrialisés ».

Pour devenir un modèle, les pays africains ont cependant besoin de 45 milliards d?euros par an pour s?adapter au changement climatique, selon les Nations unies – une facture salée pour un continent qui ne contribue qu’à 4% des émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

Après quatre années de gestation, le Fonds vert pour le climat, promis par les pays industrialisés pour aider les pays pauvres, a reçu des moyens certes significatifs, mais encore insuffisants: 21 pays se sont pour le moment engagés à verser près de 10 milliards de dollars.

« L’essentiel des financements pour lutter contre le changement climatique vient encore des pays développés », déplore l’ex-ministre des Finances sud-africain Trevor Manuel, aujourd’hui co-président de l’organisation internationale Global Ocean Commission, qui lutte contre la dégradation des océans.

Mais pour Donald Kaberuka, le président sortant de la BAD, il est possible de trouver « d’autres moyens de financement », en multipliant les « taxes carbone » ou les « taxes sur la marine marchande ».

Face à la crise énergétique, qui coûte chaque année « 2% de PIB » au continent selon M. Kaberuka, les pays pauvres ont aujourd’hui les moyens de lutter en proposant eux-mêmes des solutions durables.

Car « les énergies renouvelables ne sont plus aussi chères que par le passé », souligne Makhtar Diop, qui souhaite convaincre les investisseurs privés de soutenir des projets de plus grande envergure en Afrique.

– Pas un ‘problème de riches’ –

Des exemples à suivre existent sur le continent.

Le Cap Vert produit déjà 20% de son électricité grâce à l?éolien et espère atteindre 50% avant 2020, tandis que les Comores projettent d’alimenter tout le pays grâce à la géothermie. En Ethiopie, le gigantesque barrage de la Renaissance, financé par l’Etat, doit voir le jour en 2017 sur les eaux du Nil et apporter 6. 000 mégawatts de courant pour toute la région.

Souvent présentée comme un problème de riches, la protection de l’environnement commence désormais à apparaître à l’agenda des gouvernements africains.

« Demandez aux Tchadiens qui ont vu leur lac pratiquement disparaître, s’ils ne se sentent pas concernés! », s’exclame Donald Kaberuka. « On peut concilier développement et protection de l’environnement, et d’ailleurs l’Afrique commence à le faire! », renchérit Makthar Diop.

Plusieurs sommets sous-régionaux, à Djibouti et au Congo, ont été organisés cette année sur l’adaptation au changement climatique, preuve de la mobilisation de l’Afrique pour arriver au sommet sur le climat à Paris, prévu en décembre, avec une position commune.

Pour Trevor Manuel, il ne faudra plus seulement se contenter de « discuter », mais arriver « enfin à un accord contraignant ».

Le but de la conférence sur le climat à Paris, organisée par l’ONU, est de parvenir à un accord pour limiter à 2 degrés le réchauffement climatique d’ici la fin de ce siècle par rapport à l’ère pré-industrielle.

Il y a urgence: les scientifiques estiment que les températures vont augmenter d’au moins 2 degrés en moyenne d’ici à la fin du siècle, exposant directement des millions d’Africains aux risques de submersion marine ou de sécheresses à répétition.

Jeuneafrique.com