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Espèces menacées: des députés européens demandent l’interdiction de la chasse aux trophées

août 18, 2019

 

Plus de 50 députés européens et une cinquantaine d’organisations de défense de la nature ont appelé dimanche les parties à la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) à interdire la chasse aux trophées ciblant des animaux en danger comme les rhinocéros et les éléphants.

La CITES interdit tout commerce de plus de 1000 espèces végétales et animales considérées comme en danger d’extinction, qui sont recensées dans son annexe 1.

Dans une lettre adressée à la secrétaire générale de la CITES Ivonne Higuero, les signataires déplorent que la chasse aux trophées, ayant un caractère récréatif et considérée comme «non commerciale», ait échappé à cette interdiction.

La lettre a été rendue publique au moment où sont réunis à Genève des milliers de délégués venus de plus de 180 pays, défenseurs de l’environnement et responsables politiques, qui doivent discuter de 56 propositions visant à modifier le degré de protection accordé aux animaux et aux plantes sauvages par la Convention. La question des trophées de chasse ne figure toutefois pas à l’ordre du jour de la conférence.

«Un nombre considérable de trophées d’espèces (relevant) de l’annexe 1 (du traité) sont commercialisés chaque année, dont les trophées d’espèces figurant sur la liste rouge de l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature) en tant qu’espèces ne subsistant plus à l’état sauvage, gravement menacées (ou) en danger d’extinction, vulnérables ou proches des seuils de menace», souligne la lettre.

Les signataires appellent les parties à la Convention à «traiter les trophées de chasse de la même manière que les autres formes de commerce de la vie sauvage», et à «appliquer un moratoire immédiat sur les importations de toutes les espèces (recensées) dans l’annexe 1»

Un grand nombre d’espèces sont convoitées par les chasseurs, dont les éléphants, les rhinocéros noirs et blancs, les girafes, les crocodiles, les perroquets gris, les guépards mais aussi les primates comme les chimpanzés. Les Etats-Unis sont les plus gros importateurs de trophées de chasse, suivis par la Chine.

La chasse aux trophées est légale dans de nombreuses régions d’Afrique. Les touristes payent pour tirer sur un petit nombre d’animaux sélectionnées.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Le président tanzanien va limiter la chasse aux trophées

juillet 26, 2019

 

Le président tanzanien John Magufuli a annoncé ce vendredi qu’il allait limiter la chasse aux trophées dans la réserve de Selous, un site du patrimoine mondial de l’Unesco.

Cette réserve de faune de 50.000 km/2 située dans le sud de la Tanzanie est une des plus grandes zones protégées d’Afrique, mais 92% de sa superficie sont actuellement ouverts à la chasse, le reste étant réservé aux safaris photographiques. John Magufuli a ordonné que la réserve soit divisée en deux parts égales, portant à 50% le territoire intégralement protégé.

«Des touristes viennent tuer nos lions mais nous ne bénéficions pas beaucoup de ces activités de chasse au trophée», a déclaré le président tanzanien. «Je veux que la réserve de Selous soit divisée en deux. Une plus grande partie de la réserve doit devenir un parc national où la chasse n’est pas autorisée», a-t-il ajouté.

John Magufuli a fait cette annonce pendant l’inauguration des travaux de construction d’un projet hydroélectrique controversé à l’intérieur de la réserve de Selous. Le projet, qui amputera selon lui de 3% le territoire de la réserve, est vivement critiqué par l’Unesco et par des organisations de défense de la nature comme le WWF.

Le tourisme est la première source de revenus de la Tanzanie grâce aux safaris photographiques, au Mont Kilimandjaro et aux plages de l’océan Indien, notamment à Zanzibar. Le secteur a rapporté 2,43 milliards de dollars l’an dernier.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Les « sorcières » du Malawi ne sont pas au bout de leur peine

juin 10, 2011

La chasse aux sorcières n’est pas près de s’arrêter au Malawi. Alors que le pays s’est doté en 1911 d’une loi interdisant les accusations de sorcellerie, la justice envoie toujours en prison de vieilles femmes soupçonnées de magie noire, lorsqu’elles ne sont pas tuées par leurs proches. Une loi pourrait même bientôt agraver la situation.

Lilongwe, capitale du Malawi, mardi 7 juin. Kanthukako Supaunyolo, une grand-mère de 82 ans est arrêtée et jetée en prison. Son crime ? Il n’y en a pas. Ses propres enfants l’ont simplement accusée de sorcellerie : un sort aurait été jeté l’un de ses petits-fils, pris un jour d’un saignement de nez au réveil. Condamnée à payer une amende de 33 dollars, comme deux de ses amies également mises en cause, elle est finalement libérée grâce au soutien financier de l’Association for Secular Humanism (ASH), une organisation de défense des droits de l’homme fondée en 2010 pour venir en aide aux personnes accusées de sorcellerie, principalement des femmes âgées.

Car le cas de cette Malawite n’est pas unique. « Ces derniers temps, les arrestations et les condamnations de gens accusés de sorcellerie se sont multipliées, observe George Thindwa, directeur de l’ASH. Le 31 mai, selon le quotidien malawite The Maravi Post, la plus vieille des femmes accusées de sorcellerie au Malawi a été libérée, après trois ans passés en prison. Elle avait été rendue coupable de la mort d’un enfant par magie noire.

Actuellement, quelques 50 sorciers supposés croupissent encore dans les prisons du Malawi, dont deux femmes de plus de 75 ans. «Elles sont malades, âgées et ont besoin de soins médicaux de toute urgence», alerte George Thindwa. Pour lui, il faut aboutir à la libération de toutes ces femmes, car elles « sont 100% innocentes. »

Eviter les règlements de compte

De fait, les accusations de sorcellerie ne manquent pas d’étonner les juristes : au Malawi, il existe une loi datant de 1911 qui interdit d’accuser quelqu’un de sorcellerie, ou de se prétendre sorcier. Kanthukako Supaunyolo, la grand-mère condamnée, peut donc s’insurger sans risque d’être conterdite : « La police est trop zélée et arrête des personnes innocentes qu’elle accuse de sorcellerie, ce qui ne peut être prouvé devant un tribunal ! »

De leur côté, la justice et les forces de l’ordre justifient d’une manière assez subjective ces arrestations. La première motive ses condamnations par « l’atteinte à l’ordre public », tandis que les secondes assurent agir dans l’intérêt des personnes accusées de sorcellerie. Il s’agirait de les protéger de la vindicte populaire et d’éviter les règlements de compte ou les lynchages.

Au Malawi, les présumés sorciers servent souvent de bouc-émissaires : ce que la population n’arrive pas à expliquer ou à endiguer – des décès ou des maladies inexpliquées, dues par exemple au sida -, elle le met sur le compte de la magie noire.

Une vingtaine de « sorcières » tuées chaque année

D’après Davie Chingwalu, porte-parole de la police à Lilongwe, face à des faits incompréhensibles, de nombreuses personnes se font justice elles-mêmes et tuent de présumées sorcières. Une vingtaine de personnes ainsi suspectées sont tuées chaque année dans le pays, le plus souvent battues à mort, affirme-t-il.

Récemment, le directeur de l’ASH, avec l’aide de la police, a dû mettre fin à une véritable chasse aux sorcières, organisée dans un village à 15 km de la capitale, rapportait The Maravi Post, le 1er juin dernier. Selon le journal, dix personnes soupçonnées de sorcellerie ont ensuite été libérées, et huit personnes ont été arrêtées parmi ceux qui ont engagé la traque.

Cependant, si la police semble s’associer de plus en plus au combat de l’ASH, des juristes du pays, réunis en comité, réfléchissent de leur côté à une modification de loi de 1911. Au lieu de la faire mieux appliquer, la sorcellerie pourrait devenir, à terme, criminalisée. Les prisons seraient alors de plus en plus engorgée de présumés sorciers. Et la population serait ainsi confortée dans des croyances qu’on pourrait croire d’un autre âge…

Jeuneafrique.com avec Pauline Tissot