Posts Tagged ‘chauffeur de taxi’

Centrafrique: une vingtaine de morts en deux jours à Bangui lors de heurts entre Seleka et habitants

avril 14, 2013

BANGUI – Une vingtaine de personnes ont été tuées samedi et dimanche à Bangui lors d’affrontements entre des habitants et des éléments de la coalition Séléka au pouvoir depuis le 24 mars, d’après des sources médicale, policière et des témoins.

On n’a pas tous les détails sur les victimes, mais d’après ce que nous avons vu, et les informations qui nous sont parvenues des autres formations sanitaires, on approche déjà 20 morts, a affirmé une source de la morgue de l’hôpital communautaire de Bangui.

Les premières informations en notre possession et celles fournies par la Croix-rouge font état de près de 20 morts et plusieurs dizaines de blessés dans les deux arrondissements. Un bilan encore provisoire, selon une source policière.

Selon plusieurs témoins joints par l’AFP, 12 personnes ont été tuées dans le 7e arrondissement de Bangui (sud de la capitale). Une source policière a indiqué que les affrontements avaient eu lieu lors d’opérations du Séléka pour retrouver des armes.

Dans le 7e arrondissement, le maire du quartier Joseph Tagbalet fait partie des blessés et a été transporté à l’hôpital, selon des témoins. Selon ces témoins, les tirs ont fait fuir une partie de la population du quartier donnant sur l’Oubangui que certains ont traversé pour se réfugier au Congo voisin.

Un élément du Séléka a ouvert le feu sur un jeune qui tenait le pousse-pousse (avec le corps à inhumer) et qui est mort sur le champ, a affirmé un chauffeur de taxi, Freddy, présent sur les lieux au moment de l’incident. Cela a suscité la colère des membres du cortège et des habitants du quartier, des cris et des heurts ont suivi, a-t-il expliqué.

Selon une source de la Croix rouge, quatre personnes sont mortes à Boy-Rabé, trois autres à Gobongo, deux quartiers du 4e arrondissement (nord de la capitale). Boy-Rabé avait déjà vécu des moments de tension la semaine dernière avec des échanges de coups de feu qui n’avaient toutefois pas fait de victimes mortelles.

D’après un bilan provisoire établi par la Croix-rouge centrafricaine avant les heurts de samedi et dimanche, les évènements liés à la prise de pouvoir ont fait 119 morts (civils, militaires et éléments de la Séléka confondus) et 456 blessés.

Le Séléka peine à établir l’ordre dans Bangui depuis sa prise de la ville le 24 mars et la fuite du président François Bozizé. Les pillages d’éléments incontrôlés de l’ancienne rébellion ou de bandits se poursuivent dans un climat de tension. Les habitants vivent dans la peur mais sont aussi excédés par l’insécurité et les pillages.

Romandie.com avec (©AFP / 15 avril 2013 00h05)

Buenos Aires en liesse après l’élection du pape François

mars 13, 2013

Les Argentins eux-mêmes n'osaient croire à l'élection du cardinal Bergoglio.
Les Argentins eux-mêmes n’osaient croire à l’élection du cardinal Bergoglio. Crédits photo : STRINGER/ARGENTINA/REUTERS
 
 

REPORTAGE – Les fidèles de la capitale argentine se sont rués vers la cathédrale dès l’annonce du sacre de «leur» pape, ne prêtant qu’une oreille distraite aux polémiques liées au rôle du cardinal Bergoglio sous la dictature.

Buenos AiresSous une bruine de fin d’été, les klaxons ont retenti à Buenos Aires dès l’annonce du sacre du cardinal Bergoglio. «Quand j’ai appris la nouvelle à la radio, j’ai brutalement freiné, je ne pouvais pas y croire», conte un chauffeur de taxi qui nous mène vers la cathédrale de la capitale argentine. Ici, la foule afflue et une prière spontanée s’est organisée. Devant l’église, croyants et non-croyants partagent la même surprise. Un pape du pays, un pape latino-américain, c’est une première, et personne ne semblait vraiment s’attendre à cette nouvelle. Il faut dire que l’archevêque de Buenos Aires n’avait pas spécialement été mis en avant dans la presse locale ces derniers jours. Même les autorités religieuses locales, qui ont annoncé une messe d’action de grâce à 19 heures, ont confié à la presse leur étonnement. «C’est quelque chose qu’on n’osait pas espérer», a réagi le provicaire de l’archidiocèse de Buenos Aires, Mgr Garcia.

«J’ai du mal à vous parler, tellement je suis émue, confie Lita, 82 ans, qui porte de petites Vierges en boucles d’oreilles. Pour toute l’Amérique latine et les pays en développement, c’est une fierté.» «Pour une fois, on ne parlera pas de nous que pour le foot!» ajoute Maxi, 31 ans.

Le nom de Francisco, très commun en Argentine, est perçu comme un hommage à son pays, une référence aussi à saint François d’Assise, reflet de la simplicité du cardinal, appréciée des fidèles argentins: «C’est un pape du peuple. D’ailleurs, ce n’était pas un archevêque, c’était un curé, qui aimait prêcher, qui était proche des paroissiens et se comportait comme tel avec eux, riches ou pauvres», poursuit Maxi.

Une revanche pour certains

Beaucoup soulignent aussi la fermeté du cardinal. «Je venais souvent l’écouter. Dans ses homélies, il s’emportait toujours contre les oppresseurs, les puissants, et n’a pas hésité à critiquer le pouvoir en place», ajoute Guadalupe, mère de deux enfants. Pour les Argentins opposés au gouvernement de Cristina Kirchner, de plus en plus nombreux, cette élection sonne comme une revanche. «Cela apprendra à la présidente à ne pas cracher vers le haut», lance un passant. Cristina Kirchner a toutefois adressé ses «salutations» au Souverain Pontife, lui souhaitant dans une lettre une «fructueuse tâche pastorale».

Dans la presse et dans la rue, l’élection du pape a aussi fait resurgir une question restée présente en Argentine, celle du rôle du jésuite durant la dernière dictature militaire, ses détracteurs l’accusant d’avoir collaboré. Lors d’une conférence de presse, l’association des Mères de la place de Mai, l’a accusé de leur «avoir tourné le dos». Un rôle que le Pape a toujours nié, et auquel les fidèles argentins ne veulent pas croire, surtout pas en ce jour de fête catholique.

Reuters par Alice Pouyat

Tollé en Afrique du Sud après la mort d’un Mozambicain

mars 1, 2013

 

Pour s’être mal garé, un chauffeur de taxi mozambicain est mort dans un commissariat d’Afrique du Sud. Auparavant, il avait été attaché au camion de policiers qui l’ont traîné à terre, selon une vidéo amateur qui a scandalisé jeudi le gouvernement mozambicain.

« Les images de cet incident sont horribles, indignes et inacceptables », a réagi le président sud-africain Jacob Zuma. « Aucun être humain ne devrait être traité ainsi », a-t-il ajouté, avant de demander une enquête au ministre de la Police.

L’affaire a pris une tournure diplomatique dans la soirée quand le ministre mozambicain des Affaires étrangères Oldemiro Baloi a déclaré: « Evidemment, nous sommes scandalisés par ce qui est arrivé. Il est très triste qu’une vie ait été perdue aussi stupidement. » M. Baloi a aussi évoqué « la violence extrême » avec laquelle les Mozambicains sont traités en Afrique du Sud « quand ils commettent des crimes ».

Enquête ouverte

Les faits remontent à mardi soir. Mido Macia, 27 ans, a arrêté son minibus-taxi dans une rue de Daveyton, township à 25 kilomètres de l’aéroport international de Johannesburg, a indiqué la police des polices qui a ouvert une enquête pour meurtre.

Interpellé, il s’est retrouvé encerclé par une demi-douzaine d’agents, l’un d’eux au moins brandissant son arme, selon les images divulguées par le quotidien Daily Sun.

La vidéo montre le jeune homme menotté et attaché à un camion de police. Il a ensuite été traîné à terre par le véhicule faisant route jusqu’au commissariat, sous l’oeil incrédule de nombreux passants.

« Des allégations »

Placé en détention préventive, Mido Macia est mort moins de deux heures et demie plus tard, selon le communiqué de la police des polices (IPID). « Nous sommes choqués par la vidéo diffusée », a dit le porte-parole de l’IPID, Moses Dlamini.

« Les circonstances entourant sa mort restent pour l’heure des allégations. Attendons de savoir ce qui s’est réellement passé », a-t-il ajouté. Il assure que l’homme aurait tenté de désarmer un officier de police, version cependant démentie par des témoins.
Romandie.com