Posts Tagged ‘Chibok’

Nigeria : sept ans après son enlèvement, une « fille de Chibok » retrouve sa famille

août 8, 2021
Les lycéennes de Chibok enlevées par Boko Haram dans une vidéo diffusée par le groupe terroriste, le 12 mai 2014.

Une des quelque 300 jeunes Nigérianes enlevées par Boko Haram dans un collège de Chibok en 2014 est libre et a retrouvé sa famille, a annoncé samedi le bureau du gouverneur de l’État de Borno au Nigeria.

Le 14 avril 2014, une centaine de jihadistes de Boko Haram (nom qui signifie « l’éducation occidentale est un péché ») avaient enlevé 276 jeunes filles, âgées de 12 à 17 ans, dans un collège de filles de Chibok, dans l’État de Borno. Cet enlèvement avait provoqué une énorme vague d’indignation internationale et une campagne intitulée #BringBackOurGirls pour leur libération. Au fil des ans, la majorité des filles ont été relâchées ou retrouvées par l’armée, mais une centaine d’entre elles sont toujours portées disparues, avait rappelé Amnesty international en avril dernier, à l’occasion du septième anniversaire de leur enlèvement.

Dans un communiqué, le gouverneur de l’État de Borno, Babagana Umara Zulum, a précisé que Ruth Ngladar Pogu s’était présentée auprès de l’armée le mois dernier en compagnie d’une personne qu’elle a identifiée comme son mari. « Je connais le sentiment des familles de celles qui sont encore en captivité mais nous devons garder espoir, surtout après le développement d’aujourd’hui », a déclaré le gouverneur. Selon son bureau, la jeune fille s’est présentée le 28 juillet auprès de l’armée mais la nouvelle n’avait pas été rendue publique pour lui donner le temps de contacter ses parents.

Depuis le début de la rébellion du groupe islamiste radical Boko Haram en 2009 dans le nord-est du Nigeria, le conflit, qui s’est propagé aux pays voisins, a fait plus de 36 000 morts et trois millions de personnes ont dû fuir leur domicile, selon l’ONU. De nombreux autres enlèvements de masse se sont produits dans le nord du Nigeria depuis Chibok, entraînant la fermeture de centaines d’établissements scolaires. Depuis décembre, près de mille élèves ont été enlevés, principalement dans les États du nord-ouest et du centre du pays. La plupart ont été libérés, mais certains sont toujours détenus après des mois de captivité.

Par Jeune Afrique avec AFP

Nigeria: une autre adolescente de Chibok kidnappée par Boko Haram retrouvée

mai 17, 2017

Abuja – Le gouvernement nigérian a annoncé mercredi qu’une autre écolière de Chibok, kidnappée il y a plus de trois ans par le groupe jihadiste Boko Haram, avait été retrouvée par l’armée nigériane alors qu’elle fuyait ses ravisseurs.

Elle a été « retrouvée par des soldats de l’armée nigériane alors qu’elle s’échappait », a précisé un responsable gouvernemental.

Le vice-président nigérian, Yemi Osinbajo, a informé de cette nouvelle des ministres lors d’une réunion mercredi, selon le porte-parole de la présidence, Femi Adesina.

« Nous n’avons pas encore tous les détails, mais je peux vous garantir que c’est vrai », assuré M. Adesina.

« J’ai appris qu’elle était déjà à Abuja, mais je ne l’ai pas encore vue », a-t-il ajouté.

Bashir Ahmad, le secrétaire général de la Présidence a également confirmé la nouvelle sur son compte Twitter, déclarant: « Une #Chibokgirl qui avait pris la fuite de ses ravisseurs, a été retrouvée par les troupes nigérianes ».

Aucun détail n’a été donné sur le lieu où elle a été retrouvée, mais désormais 107 des 219 lycéennes kidnappées par Boko Haram en avril 2014 sont libres.

Début mai, 82 d’entre elles ont été libérées dans un échange avec des prisonniers suite à des négociations entre le gouvernement d’Abuja et les jihadistes. 21 autres ont été échangées de la même manière en octobre. Trois ont été retrouvées également par l’armée, aux abords de la forêt de Sambisa, le fief du groupe.

Le gouvernement a assuré récemment que des négociations étaient en cours pour libérer les 112 jeunes filles toujours détenues, l’une des promesses électorales du président Muhammadu Buhari.

Dans une vidéo publiée par le groupe la semaine dernière, l’une d’elles assure ne pas vouloir rentrer chez elle.

Le conflit entre l’armée nigériane et Boko Haram a fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés en huit ans.

Romandie.com avec(©AFP / 17 mai 2017 22h40)                                            

Nigeria: plusieurs dizaines de lycéennes de Chibok libérées des mains de Boko Haram

mai 6, 2017

Images tirée d’une vidéo de Boko Haram montrant des jeunes filles enlevées par le groupe islamiste à Chibok (Nigéria) en avril 2014 / © BOKO HARAM/AFP/Archives / HO

Au moins 80 lycéennes de Chibok ont été libérées des mains de Boko Haram samedi, après plus de trois ans de captivité aux mains du groupe jihadiste nigérian Boko Haram, ont indiqué un ministre, des sources de sécurité et le père de deux filles.

« Je peux confirmer qu’elles ont été libérées », a déclaré un ministre à l’AFP sous couvert de l’anonymat, tandis qu’une source militaire a affirmé qu' »au moins 80 jeunes filles de Chibok » ont été amenées à Banki (nord-est du Nigeria). Enoch Mark, père de deux jeunes filles enlevées, a dit avoir été informé.

Romandie.com avec(©AFP / 06 mai 2017 22h49)                

Chibok : Boko Haram diffuse une nouvelle vidéo de supposées lycéennes

août 14, 2016

Capture réalisée le 14 août 2016 d’une vidéo diffusée sur Youtube et attribuée à Boko Haram montrant celles que le groupe islamiste affirme être les lycéennes kidnappées à Chibok au Nigeria en avril 2014. © AFP

Boko Haram a diffusé dimanche une vidéo de jeunes filles présentées comme des lycéennes enlevées par le groupe jihadiste nigérian en avril 2014 à Chibok, dans le nord-est du Nigeria, affirmant que certaines étaient encore vivantes et que d’autres avaient été tuées dans des raids aériens.

« Ils devraient savoir que leurs enfants se trouvent encore entre nos mains », a déclaré un homme au visage masqué par un turban sur une vidéo d’une durée de 11 minutes et postée sur YouTube. On y voit notamment des jeunes filles portant des voiles assises par terre et d’autres debout à l’arrière-plan.

« Une quarantaine de ces filles ont été mariées conformément à la volonté d’Allah », ajoute cet homme sur la vidéo. « D’autres ont été tuées dans des bombardements aériens », poursuit-il.

L’insurrection sanglante de Boko Haram a fait plus de 20.000 morts au Nigeria depuis 2009. Le groupe jihadiste a également enlevé plusieurs milliers de femmes, d’enfants et de jeunes hommes, enrôlés de force. Parmi ces femmes et ces filles, certaines ont été transformées en esclaves sexuelles et domestiques, et parfois même forcées à combattre, ou à mener des attentats suicide.

Les 276 adolescentes de Chibok avaient été enlevées dans le lycée public pour filles de cette ville le 14 avril 2014. Ce kidnapping sans précédent avait provoqué une vague d’indignation au Nigeria et dans le monde entier.

Au cours de l’année 2015, l’armée nigériane a annoncé avoir libéré des centaines de personnes, en majorité des femmes et des enfants, kidnappées par Boko Haram, mais les lycéennes de Chibok ne figuraient pas parmi elles.

En mai dernier, Amina Ali, l’une des lycéennes enlevées à Chibok, avait été découverte par des milices locales et par l’armée dans une zone encore contrôlée par Boko Haram dans l’Etat de Borno. Le retour de cette lycéenne avait représenté une rare lueur d’espoir dans le calvaire des captives de Chibok.

Jeunefarique.com

Nigeria: La lycéenne de Chibok et son bébé reçus par le président Buhari

mai 19, 2016

La jeune fille, découverte, mardi, 17 mai, par des milices locales et par l’armée, dans une zone, encore, sous l’influence du groupe islamiste, est arrivée, à Abuja, par avion, depuis Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno (Nord-Est), avec sa mère, Binta.

Toutes deux se sont couvert le visage d’une écharpe au moment où elles entraient dans le bureau du président, dans sa résidence d’Aso Rock (notre photo montrant le président avec le bébé dans ses bras).

Elles étaient accompagnées par le gouverneur de l’Etat de Borno, Kashim Shettima, ainsi que, par plusieurs membres du gouvernement, dont le conseiller national à la Sécurité, le ministre de la Défense, et le chef d’Etat-Major des armées.

Le 14 avril 2014, Boko Haram avait enlevé 276 jeunes filles d’un lycée de Chibok. Cinquante-sept d’entre elles avaient réussi à s’échapper dans les heures suivant leur rapt par le groupe islamiste.

Ce kidnapping sans précédent avait provoqué une vague d’indignation au Nigeria et dans le monde entier. Mais, malgré cette mobilisation, jusqu’à la découverte d’Amina Ali, on était, toujours, sans nouvelles des 219 captives.

Selon des responsables locaux, la jeune femme, aujourd’hui, âgée de 19 ans, a affirmé à sa famille, lors de brèves retrouvailles dans son village natal de Mbalala, près de Chibok, que la plupart des autres victimes se trouvaient, toujours, dans la forêt de Sambisa, un bastion de Boko Haram, mais, que « six d’entre elles sont, déjà, mortes ».

Cela fait des semaines que l’armée nigériane traque les islamistes et leurs otages et détruit des camps de Boko Haram dans la savane de cette ancienne réserve naturelle.
A un moment, on affirmait y avoir repéré les filles de Chibok sur des images satellites fournies par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Mais, l’ancien ambassadeur de Grande Bretagne au Nigeria, Andrew Pocock, a déclaré, en mars, au Sunday Times, que l’armée nigériane n’avait rien fait de ces renseignements.

L’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, a été très critiqué dans sa gestion de la lutte contre Boko Haram, ce qui lui a, sans doute, coûté sa défaite, à la présidentielle, l’année dernière.
Selon l’armée, Amina Ali a été transportée, à Maiduguri, dans un hélicoptère militaire, depuis une caserne de Damboa, à 90 km de là, avec son bébé de quatre mois, Safiya, et un homme qu’elle présente comme son mari.

« Avant cela, ils ont été examinés par un médecin de l’armée de l’air et leur état de santé a été jugé stable, avec une tension normale », a indiqué, mercredi, 18 mai, le porte-parole de l’armée, le colonel, Sani Usman.
Des commandants de la lutte contre Boko Haram ont, ensuite, confié l’ancienne otage, l’homme et le bébé au gouverneur Shettima.

L’armée nigériane a publié des photos sur lesquelles on voit Amina Ali, son bébé dans les bras, recevant des soins médicaux.
La jeune fille, très mince, a les traits tirés. Sur une des photos, son mari, que l’armée considère comme « le terroriste présumé de Boko Haram », Mohammed Hayatu, est assis sur un lit d’hôpital et tient l’enfant dans ses bras.

Selon le colonel Usman, M. Hayatu « fait l’objet d’une enquête approfondie au Centre conjoint de renseignements » et il est « bien traité ».
Depuis 2009, Boko Haram est tenu responsable de l’enlèvement d’au moins 2.000 personnes, dans une insurrection qui a fait quelque 20.000 morts.
Certaines des otages ont été mariées de force et transformées en esclaves sexuelles. D’autres ont servi de kamikazes lors d’attentats suicide perpétrés par le groupe islamiste.

Afriqueeducation.com avec AFP

Nigeria: une des filles de Chibok retrouvée dans une zone contrôlée par Boko Haram

mai 18, 2016

Kano (Nigeria) – Pour la première fois, l’une des 219 lycéennes enlevées en 2014 par les islamistes de Boko Haram à Chibok, dans le nord-est du Nigeria, a été retrouvée saine et sauve, ont annoncé mercredi l’armée nigériane et des responsables locaux d’associations.

Nous confirmons que l’une des lycéennes enlevées à Chibok (…) faisait partie de personnes secourues par nos troupes, a indiqué sans plus de détails le porte-parole de l’armée nigériane, le colonel Sani Usman, dans un communiqué parvenu mercredi à l’AFP.

Cette information avait été annoncée peu avant par plusieurs responsables locaux d’associations de la région de Chibok.

L’un des responsables à Chibok du mouvement BringBackOurGirls, Tsambido Hosea Abana, avait annoncé que la jeune fille, Amina Ali, avait été découverte mardi dans la forêt de Sambisa, dans l’Etat de Borno, qui passe pour un des derniers bastions de Boko Haram.

Elle a été ramenée dans son village de Mbalala, près de Chibok, par les vigiles qui l’ont découverte et qui assistent les militaires nigérians dans la lutte contre Boko Haram.

Elle a retrouvé ses parents, qui l’ont identifiée, avant d’être amenée dans une base militaire à Damboa, avait expliqué à l’AFP Ayuba Alamson Chibok, l’un des chefs de la communauté de Chibok.

Son père s’appelle Ali, et elle Amina. Je les connais bien parce que j’ai travaillé avec eux comme porte-parole des familles des filles de Chibok, avait-il ajouté.

Le chef de l’association des Parents des filles enlevées de Chibok, Yakubu Nkeki, a également confirmé le nom de la jeune fille et indiqué qu’elle était âgée de 17 ans au moment de son enlèvement, le 14 avril 2014.

C’est la fille de mon voisin, ils l’ont amenée chez moi, a-t-il affirmé à l’AFP.

Selon les trois hommes, la jeune fille semble avoir eu un enfant durant sa captivité.

D’autres jeunes filles de Chibok se trouveraient encore dans la forêt de Sambisa, qui fait l’objet de multiples opérations de l’armée nigériane depuis plusieurs semaines, selon eux.

En avril 2014, le groupe Boko Haram avait enlevé 276 jeunes filles d’une école secondaire de Chibok. Cinquante-sept d’entre elles avaient réussi à s’échapper dans les heures suivant leur enlèvement, qui avait soulevé une vague mondiale d’émotion et d’indignation.

Les filles de Chibok sont les victimes les plus tristement célèbres de Boko Haram, qui utilise le kidnapping comme une arme. Depuis 2009, Boko Haram est tenu responsable de l’enlèvement d’au moins 2.000 personnes, dans une insurrection qui a déjà fait quelque 20.000 morts.

Selon les ONG qui militent pour les droits de l’Homme, plusieurs milliers de femmes et de jeunes filles ont ainsi été enlevées depuis le début du conflit.

Boko Haram en fait des esclaves sexuelles ou des bombes humaines, tandis que les garçons et les hommes sont enrôlés de force par les rebelles qui veulent instaurer un État islamique dans le nord-est du Nigeria.

Romandie.com avec(©AFP / 18 mai 2016 15h51)

Le Nigeria va interroger au Cameroun la kamikaze qui dit avoir été enlevée à Chibok

mars 27, 2016

Lagos – Le Nigeria devrait envoyer une délégation à Yaoundé, sous réserve de l’aval des autorités camerounaises, pour y rencontrer une jeune kamikaze, arrêtée vendredi, qui affirme être l’une des 276 lycéennes enlevées en avril 2014 à Chibok (nord-est du Nigeria) par les islamistes de Boko Haram.

Cette délégation, composée entre autres de parents de filles enlevées à Chibok, doit se rendre dans la capitale camerounaise pour vérifier si (elle) est une des lycéennes enlevées à Chibok, a déclaré Garba Shehu, le porte-parole du président nigérian Muhammadu Buhari, dans un communiqué diffusé samedi soir.

Le haut-commissaire du Nigeria au Cameroun (…) a confirmé que les filles arrêtées pourraient être emmenées dans la capitale Yaoundé lundi et que la Haute Commission (du Nigeria) demandera la permission de les rencontrer, précisait-il dans ce communiqué.

Dès que nous obtiendrons la permission (du Cameroun), nous mettrons (la délégation) dans le premier vol disponible, a-t-il redit dimanche à l’AFP.

La jeune femme en question a été arrêtée avec une autre aspirante kamikaze vendredi au Cameroun dans la région de l’Extrême-Nord, frontalière du Nigeria. Elles portaient chacune une ceinture de 12 kg d’explosifs.

Le 14 avril 2014, 276 jeunes filles avaient été enlevées par Boko Haram alors qu’elles se préparaient à passer des examens scolaires, à Chibok, dans l’Etat de Borno, berceau du groupe islamiste.

Cinquante-sept d’entre elles ont réussi à s’échapper dans les heures et les jours qui ont suivi leur rapt. Ces événements avaient provoqué une vague d’indignation internationale. Mais, près de deux ans après leur enlèvement, on est toujours sans nouvelles des 219 autres captives, et l’enquête ne semble pas progresser.

Si l’affirmation (de la jeune fille) s’avère vraie, cela ravive notre espoir que les filles sont vivantes, a déclaré à l’AFP Rotimi Olawale, porte-parole du mouvement Bring back our girls, qui milite pour la libération des lycéennes.

Mais cela donne également un sentiment d’urgence, car (cela voudrait dire que) Boko Haram pourrait utiliser ces filles comme kamikazes, a-t-il ajouté, s’exprimant depuis Abuja.

M. Shehu souligne cependant que des doutes pèsent sur cette affirmation suite à de nouvelles informations selon lesquelles les deux filles n’auraient même pas 15 ans, peut-être environ dix ans, alors que la plus jeune fille enlevée à Chibok était selon lui âgée de 16 ans.

Une des deux (filles arrêtées) est également soupçonnée d’avoir été fortement droguée et donc pas en pleine possession de ses moyens, a ajouté le porte-parole.

Boko Haram mène depuis six ans des assauts meurtriers, en vue d’établir un califat islamique dans le nord du Nigeria, majoritairement musulman. Le groupe, qui il y a un an a fait allégeance à l’Etat islamique (EI), recourt régulièrement à des attentats-suicides utilisant des femmes et des jeunes filles.

Environ 20.000 personnes auraient été tuées dans l’insurrection de Boko Haram dans l’État de Borno (nord-est du Nigeria), selon un rapport de la Banque mondiale qui chiffre à 5,9 milliards de dollars le coût des destructions.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2016 15h06)

Nigeria: Malala appelle le monde à faire plus pour la libération des lycéennes de Chibok

avril 13, 2015

Lagos – Malala, la jeune lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix, a appelé lundi les dirigeants nigérians et la communauté internationale à faire plus pour la libération des lycéennes enlevées à Chibok l’an dernier et toujours otages des islamistes de Boko Haram au Nigeria.

Presque un an jour pour jour après le kidnapping massif des jeunes filles dans un lycée du nord-est du Nigeria, on est toujours sans nouvelle de 219 d’entre elles.

Ce rapt, puis les propos choquants tenus par le chef de Boko Haram Abubakar Shekau promettant dans une vidéo de les vendre comme esclaves ou de les marier de force, avaient suscité une vague d’indignation internationale.

A mon avis, les dirigeants nigérians et la communauté internationale n’ont pas fait assez pour vous aider, déclare Malala Yousafzai dans une lettre ouverte aux adolescentes otages, à la veille de l’anniversaire de leur enlèvement.

Mes courageuses sœurs, écrit-elle, ils doivent faire beaucoup plus d’efforts pour votre libération. Avec beaucoup d’autres, je fais pression sur eux pour que vous soyez libérées.

La lettre de Malala, qu’elle présente comme un message de solidarité et d’espoir, est publiée alors qu’une série d’initiatives est prévue dans le monde pour marquer les douze mois de captivité des lycéennes, telles que des marches, prières et veillées.

Le 14 avril 2014, des combattants de Boko Haram avaient pénétré dans un dortoir du lycée de Chibok, une ville de l’Etat de Borno dans le nord-est du Nigeria où l’insurrection islamiste faisait rage depuis des années, et avaient emmené 276 adolescentes. Cinquante-sept jeunes filles étaient parvenues à échapper à leurs ravisseurs par la suite.

Les autorités nigérianes, en particulier le président Goodluck Jonathan, battu à l’élection présidentielle du 28 mars dernier, avaient été très critiquées pour leur insensibilité et leur inaction apparentes devant le sort tragique des jeunes filles.

– ‘Ne perdez pas espoir’ –

Une campagne internationale relayée par les réseaux sociaux avec le message Ramenez-nous nos filles (Bring back our girls) s’était déroulée pendant plusieurs semaines pour faire pression sur les autorités nigérianes.

Pour Malala, il y a maintenant des raisons d’espérer. Les forces nigérianes regagnent des territoires et protègent davantage d’écoles, écrit-elle.

Le nouveau président élu du Nigeria Muhammadu Buhari a promis de faire de votre libération une priorité, et que son gouvernement ne tolérera pas les violences contre les femmes et les filles, a-t-elle ajouté.

J’attends avec impatience le jour où je pourrai embrasser chacune d’entre vous, prier avec vous et fêter votre libération avec vos familles. Jusque là, restez fortes et ne perdez jamais espoir. Vous êtes mes héroïnes, écrit Malala.

Âgée de 17 ans, gravement blessée en 2012 par les balles des taliban qui refusent que les filles aillent à l’école – à l’instar de Boko Haram, dont le nom signifie l’éducation occidentale est un péché – Malala a été récompensée par le prix Nobel de la paix en 2014 et est devenue une championne de la défense du droit des femmes à l’éducation.

Elle a annoncé qu’un fonds monté à son nom permettra aux lycéennes de Chibok de poursuivre leur scolarité après leur libération.

Malala avait déjà lancé un appel en leur faveur en février, au 300e jour du rapt, et s’était rendue au Nigeria en juillet 2014 pour pousser les autorités à agir.

Romandie.com avec(©AFP / 13 avril 2015 14h32)

Nigeria : les familles des jeunes filles « choquées » par l’annonce de leur mariage

novembre 1, 2014

Image tirée d'une vidéo fournie le 31 octobre 2014 par Boko Haram.
Image tirée d’une vidéo fournie le 31 octobre 2014 par Boko Haram. © AFP

Les familles des 219 jeunes filles enlevées par Boko Haram dans le nord-est du Nigeria se sont déclarées samedi « choquées » mais pas surprises de l’annonce de leur mariage forcé par le groupe islamiste.

Dans une vidéo obtenue vendredi par l’AFP, Boko Haram a affirmé que les 219 lycéennes enlevées à Chibok ont toutes été converties à l’islam et mariées et a nié tout accord de cessez-le-feu avec les autorités nigérianes, excluant toute perspective future de négociation.

Le chef du Conseil des anciens de Chibok, Pogo Bitrus, a déclaré que cette annonce « était choquante, même si nous savons que Boko Haram n’est pas fiable ». « Nous restions dubitatifs quant à des négociations autour de la libération de nos filles. Nous n’avons jamais pris le cessez-le-feu au sérieux: ils n’ont jamais arrêté leurs attaques », a-t-il ajouté. « Ainsi, l’annonce de leur mariage ne nous surprend pas », a assuré M. Bitrus, dont quatre nièces ont été enlevées. « Nous espérons seulement que le gouvernement redouble ses efforts pour tarir cette insurrection ».

Esclaves sexuelles

L’armée et la présidence nigérianes avaient annoncé, mi-octobre, avoir conclu un accord de cessez-le-feu avec Boko Haram, prévoyant notamment la libération des otages de Chibok. Mais les violences n’ont pas cessé depuis et de nouveaux enlèvements ont même eu lieu, la semaine dernières, dans le Nord-Est, épicentre de l’insurrection islamiste qui a fait 10.000 morts ces cinq dernières années.

S’il avait précédemment menacé de vendre les jeunes filles et d’en faire des esclaves sexuelles, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, avait cependant laissé la porte ouverte à un possible échange d’otages contre la libération d’islamistes emprisonnés. Dans sa dernière vidéo, il dit en éclatant de rire: « Nous les avons toutes mariées, elles se trouvent dans leurs foyers conjugaux ».

Souffrance

Selon un rapport de Human Rights Watch publié cette semaine, Boko Haram détient plus de 500 femmes et jeunes filles et les mariages forcés sont une pratique courante dans les camps du groupe islamiste.

Enoch Mark, pasteur à Chibok, dont la fille et la nièce comptent parmi les otages, a dit que les familles des filles n’avaient « plus les mots » pour exprimer leur souffrance. « Depuis qu’elles ont été kidnappées, nous n’avons aucune certitude sur leur situation. Des informations contradictoires ne cessent de nous parvenir », a témoigné M. Mark. « Dieu seul sait combien de filles ont été kidnappées par Boko Haram », a-t-il lancé. « Nous continuons d’espérer qu’elles nous soient rendues ou, si elles ne le sont pas, qu’elles trouvent du réconfort auprès de Dieu ».

Jeuneafrique.com avec AFP