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Coronavirus: le Chili prolonge de trois mois «l’état de catastrophe»

juin 15, 2020

 

Le Chili a prolongé lundi pour trois mois l’«état d’exception constitutionnel pour catastrophe» pour freiner l’épidémie de coronavirus, base légale qui permet notamment aux autorités de recourir à l’armée pour assurer l’ordre public. «Il s’agit de protéger la vie des Chiliens», a justifié le ministre de la Défense, Alberto Espina. La mesure, décrétée une première fois le 18 mars, permet notamment de maintenir le couvre-feu nocturne en vigueur depuis trois mois et d’instaurer un confinement.

Le Chili est durement frappé par le pandémie de coronavirus. Le pays sud-américain de 18 millions d’habitants a enregistré 179.436 cas déclarés, dont 3362 décès. La gestion de la pandémie et une controverse sur la méthodologie de décompte des décès ont coûté son poste au ministre de la Santé, Jaime Mañalich, qui a annoncé sa démission samedi. Il a été remplacé par Enrique Paris, pédiatre et ancien président de l’Ordre des médecins.

Le Chili a été l’un des premiers pays d’Amérique latine à décréter un état d’urgence sanitaire préventif dès le 7 février. Quelques semaines plus tard, il a fermé ses frontières, suspendu les cours, décrété un couvre-feu et mis en oeuvre une politique de dépistage massif. Mais contrairement à d’autres pays d’Amérique latine, le pays a opté pour des confinements modulables en fonction des foyers et non pas pour un confinement général.

Si ces quarantaines sélectives ont donné de bons résultats dans les quartiers aisés, elles se sont révélées bien moins efficaces dans les quartiers pauvres.

Par Le Figaro avec AFP

Situation du coronavirus à Abou Dhabi et au Chili

mai 31, 2020

Coronavirus: Abou Dhabi s’isole pendant une semaine

Abou Dhabi, la plus importante des composantes de la fédération des Emirats arabes unis, a décidé dimanche 31 mai de s’isoler pendant une semaine pour lutter contre la pandémie du nouveau coronavirus.

A partir de mardi 2 juin, personne ne sera admis dans l’émirat d’Abou Dhabi, capitale de la fédération, sans un permis spécial, selon une annonce des autorités.

Ces autorités ont imposé «une interdiction d’entrer et de sortir de l’émirat» à partir du 2 juin, a tweeté dimanche le bureau des médias d’Abou Dhabi. Il a ajouté que les résidents de l’émirat sont autorisés à se déplacer librement dans leur propre région entre 6h et 22h.

Les centres commerciaux, les restaurants et les plages des hôtels sont autorisés à rouvrir dès lundi à un taux de 40% de leur capacité, a déclaré le bureau des médias. Les activités de plein air, telles que l’équitation, le cricket, le cyclisme, le golf et la voile sont désormais également autorisées.

Les autorités n’ont pas précisé la raison d’une telle décision, ni les chiffres spécifiques de cas et de morts à Abou Dhabi. Les Emirats arabes unis ont jusqu’à présent enregistré plus de 34.000 cas de contamination dont 264 décès.

En début de semaine, l’émirat voisin de Dubaï a décidé de lever les restrictions imposées aux entreprises commerciales et de raccourcir le couvre-feu nocturne.

 

Le Chili déplore 1000 morts, 100.000 contaminations au coronavirus

Le Chili a passé dimanche 31 mai le cap des 1000 morts du Covid-19 et 100.000 contaminations au nouveau coronavirus, selon les derniers chiffres officiels.

Ces dernières 24 heures, 4.830 nouveaux cas de coronavirus ont été officiellement enregistrés dans ce pays de 18 millions d’habitants ainsi que 57 décès supplémentaires, un record quotidien, a annoncé le ministère de la Santé. Au total, depuis l’apparition du premier cas de Covid-19 au Chili, le 3 mars, ce sont 99.688 personnes qui ont contracté cette maladie, dont 1.054 ont perdu la vie.

La plupart des malades qui ont trouvé la mort sont des personnes âgées souffrant d’autres pathologies, mais les autorités ont récemment souligné que la moitié des personnes contaminées ces dernières semaines avaient moins de 40 ans et qu’elles représentaient 12% des hospitalisations.

Vendredi, plus de 80% des contaminations étaient concentrées dans la seule capitale Santiago, qui compte sept millions d’habitants.

L’Amérique latine est devenue le principal terrain de progression du nouveau coronavirus.

Par Le Figaro avec AFP

Chili: l’Onu dénonce les «violations des droits humains» par la police

décembre 13, 2019

 

L’Onu a dénoncé vendredi dans un rapport les «multiples violations des droits humains» commises par la police lors des manifestations au Chili, des dérapages que «regrette» le gouvernement chilien tout en soulignant le «contexte» de violence dans lequel ils ont été commis. Ce rapport a été élaboré par des experts du Haut-Commissariat de l’Onu aux droits de l’Homme, qui se sont rendus au Chili du 30 octobre au 22 novembre.

«La majorité» des protestataires ont manifesté de «manière pacifique» mais «la gestion des manifestations par les policiers s’est déroulée d’une manière fondamentalement répressive», a déclaré la chef de la mission, Imma Guerras-Delgado, lors de la présentation à Genève du rapport. Celui-ci pointe le «nombre élevé de violations graves des droits humains» et contient des exemples précis de torture, mauvais traitements, viols perpétrés par des carabiniers contre des détenus, dont beaucoup auraient été détenus de manière arbitraire.

Pendant sa mission, l’équipe du Haut-Commissariat a pu documenter 113 cas de torture et mauvais traitements, et 24 cas de violences sexuelles sur des femmes, des hommes et des jeunes filles, commis par des membres de la police et des militaires. Les experts de l’Onu dénoncent aussi le «nombre alarmant de personnes» – environ 350 – souffrant de blessures aux yeux ou au visage, la majorité étant liées à des tirs de plombs.

Le rapport indique que, sur la base des informations recueillies auprès d’une grande variété de sources, «les policiers n’ont, à plusieurs reprises, fait aucune distinction entre manifestants pacifiques et manifestants violents». «Les fusils anti-émeutes ont été utilisés de manière indiscriminée et inappropriée, et c’est pour cela qu’il y a autant de blessés», a expliqué Mme Guerras-Delgado, soulignant que les policiers ont tiré en étant trop près des manifestants. «La police a une responsabilité dans la commission de violations des droits humains. En ce qui concerne les responsabilités individuelles au sein de la police, nous ne pouvons pas tirer de conclusion. Elles devront être établies au niveau national», a-t-elle relevé.

Selon les informations officielles citées dans le rapport, plus de 28.000 personnes ont été détenues entre le 18 octobre et le 6 décembre, et la plupart d’entre elles ont été libérées. En présentant le rapport, Mme Guerras-Delgado a indiqué qu’environ 1.600 sont encore détenues selon les autorités.

«Nous regrettons profondément les plaintes reçues par l’équipe de la Haut-Commissaire (…) Chacune d’entre elles fait l’objet d’une enquête et sera (le cas échéant) sanctionnée», a réagi la sous-secrétaire d’Etat chilienne en charge des droits de l’homme, Lorena Recabarren. «A partir du 18 octobre, le Chili a vécu une situation imprévue et inédite de violence (…) C’est cette situation de violence et non les manifestations pacifiques (…) qui nous a décidés à décréter l’état d’urgence. Cette décision n’a pas été prise à la légère et sans (prendre en compte) le contexte», a-t-elle ajouté, parlant au nom du gouvernement chilien.

Le mouvement de contestation sociale qui secoue le Chili depuis le 18 octobre est le plus grave depuis le retour de la démocratie en 1990. Le Haut-Commissariat a pu vérifier les informations concernant 11 de ces 26 décès sur lesquels les autorités enquêtent. Quatre de ces cas constituent «une privation arbitraire de la vie et des décès illégaux impliquant des agents de l’Etat». Le rapport signale que les autorités ont eu connaissance de la gravité des blessures dès le 22 octobre, mais n’ont pas pris de mesures efficaces pour mettre fin à l’usage des armes anti-émeutes.

Dans un communiqué, la Haut-Commissaire de l’Onu aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, appelle à «regarder l’avenir de manière constructive» et demande l’établissement d’un «mécanisme de suivi», en coopération avec son bureau pour l’Amérique du Sud, chargé d’évaluer la situation dans trois mois. Une hausse du prix du ticket de métro dans la capitale a été le détonateur de cette fronde sociale inédite. Malgré la suspension de la mesure, le mouvement s’est amplifié, nourri par le ressentiment face aux inégalités sociales.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Chili : des débris retrouvés en mer sur le site de la disparition d’un avion militaire

décembre 11, 2019

 

L’appareil disparu, un Hercules C130, avait décollé lundi de la base Chabunco de Punta Arenas, au sud du pays, avec 38 personnes à bord.

L’armée de l’Air chilienne a annoncé mercredi soir avoir retrouvé des débris en mer sur le site de la disparition d’un avion militaire, introuvable depuis deux jours et qui transportait 38 personnes. «La découverte a été faite par le bateau battant pavillon chilien Antarctic Endeavour et il pourrait s’agir de morceaux de mousse des réservoirs internes de combustible du C-130», a annoncé à la presse Eduardo Mosqueira, commandant de la IVe Brigade aérienne à Punta Arenas, à 3000 km au sud de Santiago.

L’appareil disparu, un Hercules C130, avait décollé lundi de la base Chabunco de Punta Arenas (pointe sud du Chili) à 16H55 (19H55 GMT) pour rejoindre la base antarctique Eduardo Frei. Le contact radio avec l’avion de transport militaire a été «perdu» à 18H13 (21H13 GMT), selon un communiqué de la Force aérienne chilienne (FACH). Il survolait alors le passage de Drake, bras de mer qui sépare l’extrémité sud de l’Amérique latine et l’Antarctique et qui est considéré comme redoutable par les marins.

L’avion a été déclaré «sinistré» sept heures après l’incident, a indiqué l’armée de l’Air, en soulignant qu’il disposait de réserves de carburant suffisantes pour voler jusqu’à 00H40 (03H40 GMT). Depuis, une quinzaine d’avions et cinq bateaux participaient aux opérations de recherche. Outre le Chili, l’Argentine, l’Uruguay, le Brésil et les Etats-Unis ont envoyé des moyens aériens et maritimes sur place. «Toute l’armée de l’Air chilienne et les forces armées sommes en train de faire tout notre possible pour chercher le C-130 qui a disparu», avait déclaré mercredi matin le commandant Eduardo Mosqueira.

La zone de recherche a été étendue mercredi, «les conditions étant meilleures», a-t-il ajouté. A bord de l’appareil, 38 personnes avaient pris place : 17 membres d’équipage et 21 passagers. Parmi ces derniers figurent 15 militaires de la FACH, trois de l’armée de Terre, deux d’une entreprise privée de construction, Inproser, ainsi qu’un fonctionnaire de l’université de Magallanes. Ils devaient effectuer des «tâches de soutien logistique», et notamment réviser un oléoduc flottant alimentant en carburant la base antarctique, la plus importante du Chili.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Chili: recrudescence des violences, l’exécutif appelle au calme

novembre 22, 2019

Le gouvernement chilien a lancé vendredi un appel au calme devant la recrudescence des violences dans les manifestations de protestation sociale qui durent depuis cinq semaines et ont fait 23 morts et plus de 2.000 blessés.

«Je souhaite lancer un appel profond et sincère à toutes les forces politiques pour qu’elles appellent à la paix», a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gonzalo Blumel. Parvenir à rétablir le calme «est la mission la plus importante que nous ayons aujourd’hui en tant que pays», a ajouté le ministre.

Les autorités ont annoncé vendredi que le nombre des personnes mortes dans le cadre des manifestations qui ont débuté le 18 octobre était passé à 23, avec le décès la veille d’un adolescent de 13 ans à Arica (nord). «La police a annoncé le décès d’un mineur de 13 ans renversé par une camionnette pendant une manifestation», a déclaré dans un communiqué le sous-secrétariat à l’Intérieur.

La victime se trouvait jeudi sur une barricade érigée avec des pneus sur la route qui relie Arica, à 2.800 kilomètres au nord de Santiago, près de la frontière péruvienne, au reste du pays. Un automobiliste a percuté les manifestants, tuant l’adolescent et blessant «grièvement» un adulte qui l’accompagnait, selon le parquet d’Arica. Le conducteur a été arrêté.

Un 23e décès

La protestation, déclenchée le 18 octobre par une augmentation du prix du ticket de métro à Santiago, s’est vite étendue à des revendications plus larges, débouchant sur la plus grave crise sociale que le Chili ait connue en trois décennies.

Bien que les manifestations antigouvernementales mobilisent moins qu’au début du mouvement, les pillages et incendies ne cessent pas et on observe dernièrement une recrudescence des actes de violence. Des troubles graves se sont ainsi produits jeudi à Santiago et dans d’autres villes comme Valparaiso, Viña del Mar, Arica, Antofagasta et Concepcion. Outre le 23e décès, le bilan des troubles de jeudi a été de 128 blessés (civils et membres des forces de l’ordre) et 767 arrestations, a annoncé vendredi le sous-secrétariat à l’Intérieur.

A Santiago, en particulier, et dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale comme Puente Alto, Quilicura ou Maipu, la nuit de jeudi à vendredi avait été marquée par des attaques contre des commerces, un poste de police et une station-service. Des milliers de personnes se sont de nouveau rassemblées vendredi sur la plaza Italia, dans le centre de la capitale, pour la cinquième «plus grande marche du Chili», une manifestation convoquée chaque vendredi sur cette place depuis le début du mouvement.

«Nous ne pouvons pas baisser les bras», a déclaré à l’AFP une jeune manifestante, Claudia Ortolani. «Il faut continuer à manifester parce que nous n’avons rien obtenu, parce que la répression continue et parce que le gouvernement continue de signer des accords mensongers», a-t-elle dit. Dans les environs, des manifestants encagoulés affrontaient la police, qui dispersait la foule avec du gaz lacrymogène et des camions lanceurs d’eau, a constaté l’AFP.

Violence systématique

Commentant les troubles de la veille, le chef de la police, Enrique Basseletti, a dénoncé «une situation d’anormalité absolue». La police est critiquée par des habitants des quartiers touchés par les violences qui se plaignent de n’y voir personne pour les protéger. Pendant les neuf premiers jours du mouvement, le président chilien Sebastian Piñera avait déployé l’armée dans les rues et décrété un couvre-feu. Mais à présent la police est seule à tenter de rétablir l’ordre. Pour le gouvernement, les violences les plus graves sont le fait de «clubs de supporters d’équipes de football liés au trafic de drogue et à la délinquance la plus dure», a déclaré vendredi la porte-parole de l’exécutif, Karla Rubilar, sur la radio Cooperativa.

Amnesty International avait publié jeudi un rapport accusant les forces de l’ordre chiliennes d’appliquer une politique de violence systématique pour décourager les manifestants. Le gouvernement avait aussitôt rejeté ce rapport, même si le président Piñera avait admis que «dans certains cas» il était possible que les procédures de maintien de l’ordre n’aient pas été respectées. La police et les forces armées ont nié toute violence délibérée.

Sur les plus de 2.000 blessés enregistrés depuis le début de la crise, plus de 200 ont subi des lésions oculaires graves dues à des munitions spéciales employées par les forces de l’ordre. La police avait annoncé mardi qu’elle suspendait l’utilisation de ces munitions.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Crise sociale: le Chili renonce à organiser la COP 25

octobre 30, 2019

 

Le Chili renonce à organiser la conférence mondiale sur le climat COP 25 qui devait s’y tenir en décembre, ainsi que le sommet du forum de Coopération économique Asie-Pacifique (Apec) en raison du mouvement de contestation inédit qui agite le pays, a annoncé le président Sebastian Piñera mercredi.

«C’est avec un profond sentiment de douleur, parce que c’est douloureux pour le Chili, que notre gouvernement a décidé de ne pas organiser le sommet de l’Apec (…), ni celui de la COP 25», a déclaré le chef de l’Etat conservateur. Le sommet de l’Apec devait avoir lieu à Santiago les 16 et 17 novembre et la COP 25 du 2 au 13 décembre.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Chili : émeutes à Santiago, l’état d’urgence décrété

octobre 19, 2019

 

Le président chilien Sebastian Pinera a confié à un militaire la responsabilité d’assurer la sécurité après une journée de violences et d’affrontements nés de protestations contre l’augmentation des prix des transports.

Chil

Le bâtiment emblématique de la multinationale de l’énergie ENEL en feu suite aux émeutes à Santiago du Chili le 18 octobre REUTERS/Ramon Monroy

Le président chilien Sebastian Pinera a décrété vendredi soir l’état d’urgence à Santiago et a confié à un militaire la responsabilité d’assurer la sécurité après une journée de violences et d’affrontements nés de protestations contre l’augmentation des prix des transports. «J’ai décrété l’état d’urgence et, à cette fin, j’ai nommé le général de division Javier Iturriaga del Campo à la tête de la défense nationale, conformément aux dispositions de notre législation concernant l’état d’urgence», a déclaré Sebastian Pinera dans un message au palais gouvernemental.

Santiago du Chili a été le théâtre de violentes confrontations une bonne partie de la journée de vendredi entre les forces de l’ordre et des manifestants, qui ont obligé les autorités à boucler toutes les stations de métro. Les affrontements se sont multipliés à la tombée de la nuit et plusieurs bâtiments ont été pillés et incendiés.

Avant que les stations de métro ne soient bouclées, des appels à monter dans les trains sans billet avaient circulé, pour protester contre l’augmentation des prix des tickets de métro, passés de 800 à 830 pesos (1,04 euro) aux heures de pointe, après déjà une première augmentation de 20 pesos en janvier dernier. «L’ensemble du réseau est fermé en raison des émeutes et des destructions qui empêchent les conditions minimales de sécurité pour les passagers et les travailleurs», a annoncé sur Twitter le gestionnaire du métro, après des attaques contre presque l’intégralité des 164 stations, où beaucoup de barrières et tourniquets ont été détruits.

Le métro de Santiago, le plus étendu (140 km) et le plus moderne d’Amérique du sud, devrait rester clos ce week-end et pourrait rouvrir progressivement la semaine prochaine. En attendant, beaucoup d’habitants de Santiago ont dû rentrer chez eux à pied, parcourant parfois de longue distances, ce qui a provoqué des scènes de chaos et de désespoir.

En divers endroits de la ville, des manifestants ont érigé des barricades et se sont heurtés à la police, qui a fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogènes, des scènes de bataille de rue plus vues depuis longtemps dans la capitale chilienne. Le président Sebastian Pinera a qualifié les manifestants de délinquants. «Ce désir de tout casser n’est pas une protestation, c’est criminel», a-t-il déclaré dans une interview à la radio.

Jeudi, 133 personnes avaient été arrêtées pour des dégradations dans les stations de métro, où les dommages se montent selon le gestionnaire à 400 à 500 millions de pesos (630.000 euros). Les transports en commun sont très utilisés à Santiago, une ville très polluée et congestionnée.

Par Le Figaro avec AFP

Chili: des familles de victimes de la dictature poursuivent les ministres de Pinochet

septembre 11, 2019

 

Des proches de victimes de la dictature d’Augusto Pinochet au Chili ont déposé plainte ce mercredi 11 septembre pour complicité contre les ministres de l’ancien dirigeant, que la justice n’a jusqu’à présent pas inquiétés.

«Nous venons de déposer une plainte contre chacun de ceux qui ont occupé un poste de ministre pendant les 17 années de la dictature (…) car, pendant ces 17 ans, les meurtres n’ont pas été seulement commis par les agents de l’appareil répressif», a déclaré Lorena Pizarro, présidente du Collectif des familles de détenus-disparus (AFDD). Ces plaintes ont été déposées à l’occasion du 46e anniversaire du coup d’Etat contre le gouvernement socialiste de Salvador Allende. Le 11 septembre 1973, des militaires chiliens dirigés par le général Pinochet avaient renversé ce gouvernement démocratiquement élu. Salvador Allende s’était suicidé dans son palais présidentiel pris d’assaut.

Comme chaque année, des organisations de gauche ont rappelé la mémoire des 3200 morts et disparus sous le régime de Pinochet (1973-1990), décédé en 2006 à 91 ans sans jamais avoir été condamné. «Vous savez pourquoi nous continuons à commémorer le 11 septembre ? Parce que c’est le peuple qui se souvient, pas seulement nous», a ajouté Lorena Pizarro, au premier rang d’une manifestations où étaient brandis des portraits de disparus et des oeillets rouges. Dimanche, plus de 4.000 personnes ont manifesté à Santiago pour rappeler cet épisode sombre de l’histoire chilienne, dont le souvenir continue de diviser profondément le pays. Selon les chiffres officiels, 38.000 personnes ont aussi été torturées à cette période.

Le président conservateur Sebastian Piñera, qui a entamé en mars 2018 un deuxième mandat, a décidé cette année de ne pas commémorer l’événement, préférant faire une brève allocution à la presse pour appeler les Chiliens à la réflexion et à l’unité. Jusque-là, cet anniversaire donnait lieu à une cérémonie au palais présidentiel de La Moneda. «J’invite tous mes compatriotes à réfléchir avec sérénité et bonne volonté sur les causes et les conséquences du 11 septembre 1973, à tirer les leçons et enseignements des erreurs du passé», a déclaré le chef de l’Etat. Signe des divisions qui traversent la société, un encart signé par une soixante de personnes paru dans le quotidien El Mercurio, estime que «le 11 septembre de 1973, le Chili a échappé à ce que le Venezuela est aujourd’hui». La députée du Parti communiste Carmen Hertz, dont le mari, le journaliste Carlos Berguer, a été exécuté en 1973, a exprimé «honte et dégoût devant l’encart du Mercurio équivalent à un groupe de nazis en Allemagne publiant dans un média la justification et la relativisation de la Shoah».

Selon un rapport sur les droits humains de l’Université Diego Portales, seuls 22% des cas d’exécutions ou de disparitions reconnus officiellement ont donné lieu à des condamnations entre 1995 et juin 2018.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Chili : six touristes meurent intoxiqués dans une location Airbnb

mai 23, 2019

 

Six touristes brésiliens sont morts intoxiqués au monoxyde de carbone à Santiago du Chili dans un appartement loué via la plateforme de location saisonnière Airbnb, dont les installations n’avaient pas été vérifiées.

Les quatre adultes et deux mineurs, issus de la même famille et originaires du sud du Brésil, étaient arrivés la semaine dernière dans la capitale chilienne.

Mercredi après-midi, la famille avait alerté les autorités locales, sentant que quelque chose d’anormal se passait. Un fonctionnaire du consulat du Brésil et la police chilienne ont finalement découvert dans l’appartement les corps sans vie des six vacanciers.

Dans un communiqué, Airbnb a confirmé que l’appartement avait été loué via sa plateforme. Mais l’entreprise a ajouté que « les hôtes (propriétaires) devaient s’assurer de respecter les lois et les règlements locaux ».

La plateforme a ajouté avoir lancé un programme de distribution gratuite de détecteurs de fumée et de monoxyde de carbone aux propriétaires qui en feraient la demande et indiqué que le client est informé de la présence ou non de tels détecteurs dans les appartements proposés à la location.

Sur les 500 millions de locations opérées depuis le lancement de la plateforme, les « incidents négatifs sont extrêmement rares », a ajouté Airbnb.

L’entreprise nationale d’électricité et de gaz du Chili (SEC), qui a ouvert une enquête pour déterminer l’origine de l’accident, a confirmé à l’AFP que l’immeuble où se trouvait l’appartement ne possédait pas la pastille verte indiquant que les installations fonctionnaient correctement.

« Selon les premiers éléments, alors qu’il faisait froid (à Santiago), un appareil à gaz à l’intérieur (de l’appartement) aurait mal fonctionné », a indiqué à des médias locaux Luis Avila, président de la SEC. La température était de zéro degré mercredi dans la capitale chilienne.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Pérou: Fujimori hospitalisé après l’annulation de sa grâce par la justice

octobre 4, 2018

Un juge péruvien a annulé mercredi la grâce accordée fin 2017 à l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité et corruption / © Peruvian Judiciary/AFP/Archives / HO

La justice péruvienne a annulé mercredi la grâce accordée fin 2017 à l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité, et a ordonné son arrestation, ravivant la controverse autour de cette figure aussi adulée que détestée.

Quelques heures après, l’ex-président de 80 ans a été hospitalisé dans une clinique de Lima, où il restera pour une période indéterminée, le temps de réaliser des examens, a indiqué dans la nuit son médecin, Alejandro Aguinaga.

M. Fujimori a été admis à l’hôpital après « avoir souffert d’une décompensation avec une accélération du rythme cardiaque. Il a eu une chute de tension. Pour ce motif, il a été transporté à la clinique pour une série d’examens et de traitements », a dit à la presse M. Aguinaga.

« Un juge a ordonné que l’on localise et arrête l’ancien président Fujimori afin qu’il soit placé en détention », a écrit l’administration judiciaire péruvienne sur son compte Twitter.

La décision d’Hugo Nuñez, magistrat de la Cour suprême du Pérou, fait suite à un recours des familles des victimes du gouvernement Fujimori demandant de revenir « sur la grâce pour raison de santé en faveur » de celui qui a présidé le Pérou d’une main de fer de 1990 à 2000, a déclaré l’institution.

Carlos Rivera, l’avocat des parties civiles à l’origine de l’annulation, a affirmé à l’AFP que la décision de mercredi était fondée car « des irrégularités avaient été commises au moment de la grâce ».

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a estimé que cette décision était une grande « victoire pour les victimes et un pas en avant dans la lutte contre l’impunité ».

« En fin de compte, justice a été rendue », a déclaré Rosa Rojas, qui a perdu son fils âgé de 8 ans et son mari en 1991 dans un des massacres pour lesquels M. Fujimori a été condamné.

Keiko Fujimori, 43 ans, fille de l’ancien chef de l’Etat et dirigeante de l’opposition, a dénoncé une décision « inhumaine » et a suspendu une tournée en province.

« C’est le jour le plus triste de nos vies, ça fait mal », a-t-elle déclaré en pleurs devant les journalistes.

– Appels –

Accompagné de son plus jeune fils, Kenji Fujimori, l’ex-président a été transporté en ambulance vers la Clinica Centenario Peruano-Japonesa, un établissement hospialier de Lima où il avait déjà été admis plusieurs fois pour divers problèmes de santé.

« En tant que fils d’Alberto Fujimori, il est de mon devoir de rester à ses côtés dans ses moments les plus difficiles », a tweeté Kenji.

L’avocat de l’ancien président, Miguel Perez, a formé deux recours, l’un pour contester l’annulation de la grâce et l’autre pour permettre à son client de rester en liberté pendant que la justice analyse son premier appel.

Biographie de l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori / © AFP / Anella RETA

L’ex-homme fort du Pérou, gracié en décembre pour raison de santé alors qu’il purgeait une peine de 25 années de prison pour crimes contre l’humanité, a récemment fêté ses 80 ans.

– Massacres –

Retiré de la vie politique, il vivait depuis seul dans une maison en location dans un quartier chic de Lima. Ce père de quatre enfants et grand-père de deux petites-filles disait se consacrer à la rédaction de ses mémoires et à prendre soin de ses plantes, une de ses passions.

Ces dernières années, l’ancien président avait multiplié les séjours à l’hôpital. M. Fujimori avait notamment subi plusieurs opérations en raison d’un cancer de la langue.

Alberto Fujimori avait été reconnu coupable d’avoir commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991-1992.

Fin 2017, sa libération anticipée au bout de 12 ans, décidée par Pablo Pedro Kuczynski, alors président du Pérou, avait déclenché une crise politique et de vives protestations d’organisations de défense des droits de l’homme et des victimes de la répression du régime Fujimori.

Mi-juin, la Cour interaméricaine des Droits de l’homme a épinglé le Pérou pour cette grâce.

Dans une lettre manuscrite adressée en juillet à l’AFP, M. Fujimori défendait son héritage qui devait permettre, selon lui, de faire du Pérou « un pays leader en Amérique latine ».

Mais le passage au pouvoir de celui que l’on surnomme « El Chino » (« le Chinois ») a laissé des souvenirs contrastés.

Pour certains, il est l’homme qui a combattu avec succès la guérilla maoïste du Sentier lumineux et dopé l’essor économique du pays.

D’autres se souviennent surtout de ses méthodes musclées dans le cadre de la lutte contre le Sentier lumineux.

Jusqu’à présent, le patriarche du clan Fujimori n’a pas réussi à réconcilier deux de ses enfants, Keiko et Kenji, 38 ans, devenus ouvertement rivaux en politique. Au point qu’ils pourraient s’affronter lors de la prochaine élection présidentielle en 2021.

Romandie.com avec(©AFP / (04 octobre 2018 05h15)