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Pérou: Fujimori hospitalisé après l’annulation de sa grâce par la justice

octobre 4, 2018

Un juge péruvien a annulé mercredi la grâce accordée fin 2017 à l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité et corruption / © Peruvian Judiciary/AFP/Archives / HO

La justice péruvienne a annulé mercredi la grâce accordée fin 2017 à l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori, condamné pour crimes contre l’humanité, et a ordonné son arrestation, ravivant la controverse autour de cette figure aussi adulée que détestée.

Quelques heures après, l’ex-président de 80 ans a été hospitalisé dans une clinique de Lima, où il restera pour une période indéterminée, le temps de réaliser des examens, a indiqué dans la nuit son médecin, Alejandro Aguinaga.

M. Fujimori a été admis à l’hôpital après « avoir souffert d’une décompensation avec une accélération du rythme cardiaque. Il a eu une chute de tension. Pour ce motif, il a été transporté à la clinique pour une série d’examens et de traitements », a dit à la presse M. Aguinaga.

« Un juge a ordonné que l’on localise et arrête l’ancien président Fujimori afin qu’il soit placé en détention », a écrit l’administration judiciaire péruvienne sur son compte Twitter.

La décision d’Hugo Nuñez, magistrat de la Cour suprême du Pérou, fait suite à un recours des familles des victimes du gouvernement Fujimori demandant de revenir « sur la grâce pour raison de santé en faveur » de celui qui a présidé le Pérou d’une main de fer de 1990 à 2000, a déclaré l’institution.

Carlos Rivera, l’avocat des parties civiles à l’origine de l’annulation, a affirmé à l’AFP que la décision de mercredi était fondée car « des irrégularités avaient été commises au moment de la grâce ».

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) a estimé que cette décision était une grande « victoire pour les victimes et un pas en avant dans la lutte contre l’impunité ».

« En fin de compte, justice a été rendue », a déclaré Rosa Rojas, qui a perdu son fils âgé de 8 ans et son mari en 1991 dans un des massacres pour lesquels M. Fujimori a été condamné.

Keiko Fujimori, 43 ans, fille de l’ancien chef de l’Etat et dirigeante de l’opposition, a dénoncé une décision « inhumaine » et a suspendu une tournée en province.

« C’est le jour le plus triste de nos vies, ça fait mal », a-t-elle déclaré en pleurs devant les journalistes.

– Appels –

Accompagné de son plus jeune fils, Kenji Fujimori, l’ex-président a été transporté en ambulance vers la Clinica Centenario Peruano-Japonesa, un établissement hospialier de Lima où il avait déjà été admis plusieurs fois pour divers problèmes de santé.

« En tant que fils d’Alberto Fujimori, il est de mon devoir de rester à ses côtés dans ses moments les plus difficiles », a tweeté Kenji.

L’avocat de l’ancien président, Miguel Perez, a formé deux recours, l’un pour contester l’annulation de la grâce et l’autre pour permettre à son client de rester en liberté pendant que la justice analyse son premier appel.

Biographie de l’ancien président du Pérou Alberto Fujimori / © AFP / Anella RETA

L’ex-homme fort du Pérou, gracié en décembre pour raison de santé alors qu’il purgeait une peine de 25 années de prison pour crimes contre l’humanité, a récemment fêté ses 80 ans.

– Massacres –

Retiré de la vie politique, il vivait depuis seul dans une maison en location dans un quartier chic de Lima. Ce père de quatre enfants et grand-père de deux petites-filles disait se consacrer à la rédaction de ses mémoires et à prendre soin de ses plantes, une de ses passions.

Ces dernières années, l’ancien président avait multiplié les séjours à l’hôpital. M. Fujimori avait notamment subi plusieurs opérations en raison d’un cancer de la langue.

Alberto Fujimori avait été reconnu coupable d’avoir commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991-1992.

Fin 2017, sa libération anticipée au bout de 12 ans, décidée par Pablo Pedro Kuczynski, alors président du Pérou, avait déclenché une crise politique et de vives protestations d’organisations de défense des droits de l’homme et des victimes de la répression du régime Fujimori.

Mi-juin, la Cour interaméricaine des Droits de l’homme a épinglé le Pérou pour cette grâce.

Dans une lettre manuscrite adressée en juillet à l’AFP, M. Fujimori défendait son héritage qui devait permettre, selon lui, de faire du Pérou « un pays leader en Amérique latine ».

Mais le passage au pouvoir de celui que l’on surnomme « El Chino » (« le Chinois ») a laissé des souvenirs contrastés.

Pour certains, il est l’homme qui a combattu avec succès la guérilla maoïste du Sentier lumineux et dopé l’essor économique du pays.

D’autres se souviennent surtout de ses méthodes musclées dans le cadre de la lutte contre le Sentier lumineux.

Jusqu’à présent, le patriarche du clan Fujimori n’a pas réussi à réconcilier deux de ses enfants, Keiko et Kenji, 38 ans, devenus ouvertement rivaux en politique. Au point qu’ils pourraient s’affronter lors de la prochaine élection présidentielle en 2021.

Romandie.com avec(©AFP / (04 octobre 2018 05h15)

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Le médecin de la secte d’un nazi au Chili n’ira pas en prison en Allemagne

septembre 25, 2018

Photo d’Hartmut Hopp prise au Chili le 12 août 1997 après son arrestation par la police chilienne / © AFP/Archives / STRINGER

La justice allemande a annoncé mardi son refus d’emprisonner un ancien médecin allemand de la Colonia Dignidad, la secte d’un vétéran nazi au Chili, malgré sa condamnation dans ce pays pour complicité de viols d’enfants.

Le tribunal régional de Düsseldorf a annulé ainsi le jugement d’une juridiction inférieure qui avait estimé en août 2017 que Hartmut Hopp, 74 ans, devait purger en Allemagne, où il s’est enfui, la peine de cinq de prison à laquelle il a été condamné en 2011 au Chili pour complicité de viols et de sévices sexuels sur des mineurs.

« Les faits constatés dans le jugement chilien ne suffisent pas, malgré l’ampleur des motifs de la décision, à remplir les conditions requises en droit allemand pour justifier de poursuites pénales contre Hopp », a estimé la cour, qui statuait en dernier ressort, selon un communiqué détaillant un arrêt rendu le 20 septembre.

Selon les juges, son « rôle dirigeant » et de médecin dans la secte de l’ancien caporal nazi Paul Schäfer, fondateur en 1961 de cette « colonie de la dignité », ne suffit pas à le rendre complice des crimes commis par Schäfer.

Pour la justice chilienne, à l’inverse, c’est grâce « au soutien de Hopp » que Schäfer a pu commettre ces sévices sexuels.

– Complice de Pinochet –

La justice chilienne avait condamné en 2011 le médecin allemand, réfugié dans son pays natal peu avant le verdict, à cinq ans et un jour de prison pour complicité dans quatre viols d’enfants de moins de 12 ans et d’abus sexuels à l’encontre de 16 mineurs.

Hartmut Hopp était le bras droit de l’ancien caporal nazi dans la « colonie de la dignité ». Ce lieu était présenté comme un village familial idyllique.

En réalité, Paul Schäfer a régné avec brutalité sur cette communauté allemande de quelques centaines de personnes, les soumettant à un traitement allant jusqu’à l’esclavage et multipliant les sévices sexuels sur les enfants.

Ce n’est qu’après sa fuite en 1997 que les Chiliens ont découvert que l’enclave allemande avait aussi été un enfer pour les opposants à la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990), nombre d’entre eux y ayant été torturés ou ayant disparu là-bas.

Arrêté en 2005 en Argentine, Paul Schäfer est mort en prison en 2010. Et Colonia Dignidad a été transformé en un centre touristique et agricole, sous le nom de Villa Baviera.

– L’Allemagne a ‘détourné le regard’ –

L’histoire a été portée à l’écran en 2015 avec la Britannique Emma Watson (Harry Potter) et l’Allemand Daniel Brühl (Goodbye Lenin) en tête d’affiche.

Berlin a de son côté admis avoir fermé les yeux sur les agissements dans cette communauté et a ouvert les archives du ministère des Affaires étrangères pour la justice chilienne qui continue d’enquêter sur le sujet.

De longues années durant, des années 60 aux années 80, des diplomates allemands « ont au mieux détourné le regard », avait regretté en 2016 le chef de la diplomatie Frank-Walter Steinmeier, devenu depuis président de l’Allemagne.

Même après la fin des exactions, les autorités allemandes n’ont pas fait preuve « de la détermination et de la transparence nécessaires pour identifier ses responsabilités et en tirer des leçons », avait-il jugé.

D’une manière générale, l’Allemagne a été critiquée pour le manque de zèle dont elle a fait preuve après la guerre pour pourchasser et traduire en justice les nazis qui avaient trouvé refuge en nombre en Amérique latine juste après la Seconde guerre mondiale.

Romandie.com avec(©AFP / (25 septembre 2018 15h12)

Chili: le nombre des enquêtes pour agressions sexuelles au sein du clergé passe de 38 à 119

août 31, 2018

Santiago du Chili – Le nombre des enquêtes ouvertes pour agressions sexuelles au sein du clergé chilien a été multiplié par trois, passant de 38 à 119 à la fin août, a annoncé vendredi le parquet.

« Nous informons que le nombre actualisé des enquêtes ouvertes pour des agressions sexuelles commises par des membres de l’Église catholique au 31 août est de 119 », peut-on lire dans le communiqué du parquet.

Selon les derniers chiffres, ces enquêtes visent 167 personnes, dont sept évêques et 96 prêtres.

L’Église catholique chilienne est en pleine tourmente depuis la multiplication des enquêtes par la justice pour agressions sexuelles présumées sur des mineurs et des adultes depuis les années 1960.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2018 18h08)                                                        

Chili: 2.000 étrangers en situation irrégulière expulsés d’ici fin 2018

juin 25, 2018

Des migrants patientent au stade Victor Jara à Santiago du Chili pour légaliser leur statut auprès des autorités migratoires chiliennes, le 23 avril 2018 / © AFP/Archives / Martin BERNETTI

Quelque 2.000 étrangers en situation irrégulière au Chili, ayant des antécédents judiciaires ou purgeant une peine de prison, seront expulsés d’ici la fin de l’année, a annoncé lundi le gouvernement du président de droite, Sebastian Piñera.

Les expulsions ont commencé vendredi, dans le cadre d’un plan mis en place par le gouvernement chilien pour faire face à l’arrivée massive de migrants ces quatre dernières années, passés de 400.000 à plus de 1,1 million dans le pays, dont 300.000 sont soupçonnés d’être en situation irrégulière.

Le Chili est le premier producteur mondial de cuivre et l’un des pays les plus riches d’Amérique latine.

« Effectivement, nous envisageons environ 2.000 expulsions de notre pays, d’ici la fin de l’année, d’étrangers ayant commis des délits », a indiqué Cecilia Pérez, porte-parole du gouvernement.

La première étape du plan visera les étrangers qui, après avoir purgé une peine de prison, n’ont pas été expulsés du pays. Puis, les migrants incarcérés seront expulsés du Chili dès leur sortie de prison, a-t-elle expliqué.

Enfin, seront expulsés les migrants n’ayant pas intégré le processus de régularisation lancé en avril, auquel participent plus de 140.000 étrangers, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Les autorités espèrent que 200.000 étrangers s’inscriront à ce programme avant sa fin prévue le 22 juillet.

Mme Pérez a assuré que le Chili garde « les portes ouvertes à tous les étrangers qui viennent contribuer à notre pays, qui veulent avoir de meilleures opportunités de vie. Mais pas à ceux qui ont commis des délits dans leur pays ou qui veulent en commettre dans le nôtre ».

Les Vénézuéliens et les Haïtiens sont les communautés ayant le plus augmenté leur flux migratoire vers le Chili ces dernières années.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juin 2018 23h24)

Deux envoyés du pape au Chili pour « demander pardon » aux victimes de prêtres pédophiles

juin 12, 2018

Santiago du Chili – Deux émissaires du pape François sont arrivés mardi au Chili pour une nouvelle mission auprès d’une Eglise chilienne en crise à la suite d’un énorme scandale de pédophilie.

Le pape a accepté lundi la démission de trois évêques chiliens, dont le controversé Mgr Juan Barros qu’il avait d’abord défendu, sanctionnant ainsi une hiérarchie de l’Église accusée d’omerta par des victimes de prêtres pédophiles.

 Le souverain pontife a par ailleurs demandé à l’archevêque de Malte Charles Scicluna et au prêtre espagnol Jordi Bertomeu, déjà dépêchés en février au Chili, de revenir dans le pays pour recueillir de nouveaux témoignages de victimes et leur exprimer la compassion du Vatican.

« Nous sommes venus demander pardon en son nom », a brièvement déclaré à son arrivée à Santiago le père Bertomeu, un proche du pape François, qui avait reconnu de « graves erreurs » de jugement dans cette affaire.

Interrogé sur la possibilité de nouvelles démissions dans le clergé chilien, le père Bertomeu a déclaré que cette décision était « dans les mains » du pape.

L’ensemble de l’épiscopat chilien avait présenté sa démission en bloc le 18 mai dernier après une série de dures rencontres avec le pape argentin au Vatican, une démarche inédite dans l’histoire récente de l’Eglise catholique.

Au Chili, les envoyés du pape doivent également apporter aux membres du clergé « une aide technique et juridique » pour que ces derniers répondent de manière « adéquate à chaque cas d’abus sexuel de mineurs commis par des prêtres ou des religieux », a ajouté l’archevêche de Malte.

Ils se rendront aussi en fin de semaine dans le diocèse d’Osorno, à quelque 900 kilomètres au sud de Santiago, dont Mgr Juan Barros était l’évêque.

C’est le pape François lui-même qui l’avait nommé à cette fonction en janvier 2015, alors que Mgr Barros était déjà soupçonné d’avoir fermé les yeux sur les abus sexuels répétés d’un vieux prêtre dont il était proche.

Envoyés une première fois au Chili en février dernier pour enquêter sur les accusations portées contre des prêtres, les deux émissaires avaient remis au pape un rapport décrivant « une culture d’abus » au sein de l’Eglise chilienne.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2018 22h14)                                                        

Pédophile: le pape accepte la démission de 3 évêques chiliens dont Mgr Barros

juin 11, 2018

/ © AFP/Archives / Vincenzo PINTO

Le pape François a accepté la démission de trois évêques chiliens dont celle du très controversé Mgr Juan Barros, à la suite d’un vaste scandale de pédophilie dans le clergé chilien, a annoncé lundi le Vatican.

L’ensemble de l’épiscopat chilien avait présenté sa démission en bloc le 18 mai dernier après une série de rencontres avec le pape argentin au Vatican, une démarche inédite dans l’histoire récente de l’Église catholique.

Le pape a fait une marche arrière radicale par rapport à son voyage au Chili de janvier, quand il avait défendu avec beaucoup force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné pourtant d’avoir caché les actes de pédophilie du prêtre Fernando Karadima.

L’opinion publique chilienne avait été scandalisée par l’omniprésence de Mgr Barros dans les messes célébrées par le pape François.

A la lecture en avril des conclusions de 2.300 pages d’enquête, dont 64 témoignages recueillis au Chili et aux États-Unis, le souverain pontife avait reconnu avoir commis de « graves erreurs » d’appréciation et parlé d’un « manque d’informations véridiques et équilibrées ».

Avant de recevoir les évêques, le pape avait aussi accueilli début mai au Vatican trois victimes du père Fernando Karadima, reconnu coupable en 2011 par un tribunal du Vatican d’avoir commis des actes de pédophilie dans les années 1980 et 1990. Ils avaient dénoncé devant la presse l’omerta d’une partie de la haute hiérarchie de l’Église du Chili.

Romandie.com avec (©AFP / 11 juin 2018 14h50)

Vatican: trois victimes d’un prêtre pédophile chilien chez le pape

avril 27, 2018

Cité du Vatican – Les trois victimes d’un prêtre pédophile chilien invitées par le pape François au Vatican ont commencé vendredi une série d’entretiens privés avec le souverain pontife.

S’exprimant brièvement devant l’une des grilles d’entrée de la Cité du Vatican, les trois hommes ont promis de relater leurs entretiens avec le pape au cours d’une conférence de presse mercredi.

En revanche, Greg Burke, le porte-parole du Vatican, a fait savoir vendredi soir que le pape argentin ne prévoyait aucune déclaration officielle à l’issue de ces entretiens.

La priorité du pape est « d’écouter les victimes, leur demander leur pardon et respecter la confidentialité de ces conversations », a précisé ce porte-parole dans un communiqué.

François dit aussi vouloir les écouter autant de temps qu’il faudra, sans horaire défini.

Jose Andrés Murillo devait s’entretenir en privé dès vendredi avec le pape François, des rencontres étant prévues avec les deux autres victimes durant le weekend.

« L’invitation est pour parler, recevoir des suggestions sur le thème de l’abus sexuel clérical sur mineurs, l’abus de pouvoir, de conscience », a noté M. Murillo.

Il a souhaité que les rencontres « portent rapidement leurs fruits », « au nom de nombreuses personnes qui ont souffert d’abus sexuels du clergé et qui se sont suicidé » et au nom d’autres « en train de souffrir ».

« Ce qui se passera à l’avenir dépend de beaucoup de facteurs et du pape », a estimé pour sa part James Hamilton, une autre victime.

« Ce n’est pas facile d’être là, en dépit du fait que nous ayons reçu un accueil plus que bon, très chaleureux », a-t-il confié, soulignant la nécessité de « maintenir la tranquillité » autour de ces rencontres avec le pape.

Les représentants des victimes espèrent apporter leur contribution pour endiguer « une culture de l’abus et de la dissimulation parmi les évêques de l’Eglise » catholique, a commenté Juan Carlos Cruz, un Chilien qui vit désormais aux Etats-Unis.

Arrivé la veille, il avait déjà confié à une équipe chilienne de CNN qu’il ne souhaitait pas que cette invitation soit « un exercice de relations publiques ». « C’est une vraie rencontre pour lui raconter ce qui se vit réellement au sein de l’Eglise chilienne », avait-il indiqué, en donnant les noms de « personnes toxiques » selon lui, dont un cardinal proche du pape.

Au cours de ces journées de rencontre « personnelle et fraternelle », le pape « désire leur demander pardon, partager leur douleur et sa honte pour ce qu’ils ont souffert », avait précisé mercredi le Vatican.

François avait reconnu début avril avoir commis de « graves erreurs » d’appréciation de la situation au Chili, après avoir lu les conclusions d’une enquête qu’il avait diligentée sur des abus sexuels commis par le clergé.

Son voyage au Chili du 15 au 18 janvier avait été miné par le dossier de la pédophilie au sein du clergé chilien. Le pape avait été critiqué pour avoir défendu avec force l’évêque chilien Juan Barros, pourtant soupçonné d’avoir tu les crimes du vieux prêtre pédophile Fernando Karadima, condamné par la justice vaticane.

Romandie.com avec(©AFP / 27 avril 2018 21h14)                                            

Pédophilie/Chili: le pape reconnait de « graves erreurs » d’appréciation (Vatican)

avril 11, 2018

Cité du Vatican – Le pape François a reconnu mercredi avoir commis « de graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation » au Chili, après avoir pris connaissance des conclusions d’une enquête sur des abus sexuels commis par le clergé.

Dans une lettre aux évêques chiliens, diffusée par le Vatican, le pape indique vouloir les convoquer à Rome pour discuter des conclusions de l’enquête qu’il avait diligentée, qui comprend de nombreux témoignages de victimes.

Au cours d’un voyage au Chili en janvier, le pape François avait défendu avec force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné d’avoir tu les crimes d’un vieux prêtre pédophile, se déclarant persuadé de son innocence et demandant aux victimes présumées des preuves de culpabilité.

Il avait ensuite présenté des excuses pour ses propos maladroits, et dépêché au Chili un enquêteur renommé du Vatican pour recueillir des témoignages de victimes présumés.

Dans sa lettre aux 32 évêques chiliens, le pape François ne fait aucune mention spécifique du cas de l’évêque Juan Barros.

Exprimant dans ce texte sa « honte » et sa « douleur » pour les vies sacrifiées des victimes d’abus, il propose aussi de les recevoir.

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2018 19h46)                                            

Chili: 26 camions brûlés dans des zones réclamés par les Mapuche

février 16, 2018

Camiones de compañías forestales, calcinados en Temuco, en el centro de Chile, el 8 de noviembre de 2017. / © AFP / Martin BERNETTI

Vingt-six camions ont été incendiés vendredi matin dans le sud du Chili, sans faire de blessés, sur des territoires revendiqués par les indigènes Mapuche, ont annoncé les autorités.

« Il s’agit de faits délictuels graves, non seulement en raison de la destruction matérielle mais aussi du degré d’organisation et de l’usage d’armes » dans ces incendies, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Mario Fernandez.

Les camions ont été visés dans trois attaques distinctes, la plus importante ayant eu lieu dans la région de Bio Bio, où 14 camions ont été entièrement détruits par le feu après l’irruption d’un groupe d’inconnus cagoulés qui ont tiré en l’air avec des fusils avant d’incendier les véhicules, selon des témoins.

Une autre attaque a eu lieu dans la même région et une troisième dans celle, voisine, de l’Araucania.

Le gouverneur local, Humberto Toro, a assuré à la radio ADN avoir « des informations qui nous permettent de penser que les attaques ont été menées de façon coordonnée ».

Le ministre Fernandez a lui annoncé que le gouvernement porterait plainte pour « le délit d’incendie terroriste ».

Dans ces régions, les attaques incendiaires sur des camions ou des engins forestiers sont fréquentes, dues selon la police à des groupes radicaux Mapuche.

Les Mapuche (700.000 personnes, 7% de la population chilienne) occupaient un vaste territoire à l’arrivée des conquistadors espagnols au Chili en 1541. A partir de 1961 et durant une vingtaine d’années, l’armée chilienne a occupé cette zone afin de la « pacifier ».

Au fil des procès et des décisions de justice, ces indigènes ont été réduits à vivre sur près de 5% de leurs anciennes terres, mais une partie d’entre eux se sont radicalisés et ont décidé d’incendier des véhicules, des maisons et des églises.

Romandie.com avec(©AFP / 16 février 2018 20h58)                

Mort de Margot Duhalde, la pilote chilienne qui a volé au secours de la France

février 5, 2018

La pilote chilienne Margot Duhalde pendant une interview à l’AFP à Santiago le 8 août 2017 / © AFP/Archives / Martin BERNETTI

Margot Duhalde, seule femme pilote des Forces françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale, est décédée à 97 ans à Santiago, a annoncé lundi le gouvernement chilien.

« Nous regrettons le décès de Margot Duhalde, première femme pilote du Chili », a écrit sur Twitter le ministère de la Femme et de l’Egalité des genres.

Le gouvernement, qui n’a pas précisé les causes de sa mort, a rendu hommage à « son courage pour réaliser le rêve de toute une vie, combattre les stéréotypes et ouvrir la voie aux autres femmes ».

« Pionnière de notre aviation, première femme pilote dans la FACH (armée de l’air chilienne), combattante contre le nazisme dans les forces françaises et britanniques durant la Seconde Guerre mondiale. Margot Duhalde a prouvé dans un monde d’hommes qu’il n’y a rien d’impossible pour les femmes », a réagi sur Twitter la présidente chilienne Michelle Bachelet.

« Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu voler », avait-elle confié à l’AFP en 2017.

A peine âgée de 16 ans, elle était parvenue à convaincre ses parents de la laisser quitter Rio Bueno, localité du sud du Chili, pour s’installer à la capitale, Santiago, afin d’apprendre à voler. Quitte à mentir sur son âge.

A 20 ans et avec à peine une cinquantaine d’heures de vol à son actif, cette femme au caractère bien trempé est engagée comme sergent-pilote par le consulat de la France Libre à Santiago, en cachant son astigmatisme avant d’embarquer pour l’Angleterre.

Grâce à l’intervention d’un pilote français rencontré au Chili, elle rejoint finalement l’Air Transport Auxiliary (ATA), organisation au service de la Royal Air Force, pour assurer le transfert des avions entre les usines et les aérodromes, dont le célèbre Spitfire, l’un des chasseurs de combat les plus utilisés par les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces « ferry pilots » de l’ATA recevaient des formations théoriques sur les appareils à convoyer, qu’il devaient ensuite manier en s’appuyant uniquement sur un manuel.

« Les hommes disaient toujours que les femmes n’allaient pas être capables de piloter les avions, mais ils devaient ravaler leur fierté, parce qu’en réalité nous volions aussi bien qu’eux! », se rappelait-elle.

Avec ses actes héroïques, cette mère d’un enfant a fait l’unanimité: elle été décorée par l’Angleterre, le Chili et la France, où elle a reçu la Légion d’honneur.

Margot Duhalde a volé pour la dernière fois en 2007 à 86 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 05 février 2018 21h01)