Posts Tagged ‘Chili’

Deux envoyés du pape au Chili pour « demander pardon » aux victimes de prêtres pédophiles

juin 12, 2018

Santiago du Chili – Deux émissaires du pape François sont arrivés mardi au Chili pour une nouvelle mission auprès d’une Eglise chilienne en crise à la suite d’un énorme scandale de pédophilie.

Le pape a accepté lundi la démission de trois évêques chiliens, dont le controversé Mgr Juan Barros qu’il avait d’abord défendu, sanctionnant ainsi une hiérarchie de l’Église accusée d’omerta par des victimes de prêtres pédophiles.

 Le souverain pontife a par ailleurs demandé à l’archevêque de Malte Charles Scicluna et au prêtre espagnol Jordi Bertomeu, déjà dépêchés en février au Chili, de revenir dans le pays pour recueillir de nouveaux témoignages de victimes et leur exprimer la compassion du Vatican.

« Nous sommes venus demander pardon en son nom », a brièvement déclaré à son arrivée à Santiago le père Bertomeu, un proche du pape François, qui avait reconnu de « graves erreurs » de jugement dans cette affaire.

Interrogé sur la possibilité de nouvelles démissions dans le clergé chilien, le père Bertomeu a déclaré que cette décision était « dans les mains » du pape.

L’ensemble de l’épiscopat chilien avait présenté sa démission en bloc le 18 mai dernier après une série de dures rencontres avec le pape argentin au Vatican, une démarche inédite dans l’histoire récente de l’Eglise catholique.

Au Chili, les envoyés du pape doivent également apporter aux membres du clergé « une aide technique et juridique » pour que ces derniers répondent de manière « adéquate à chaque cas d’abus sexuel de mineurs commis par des prêtres ou des religieux », a ajouté l’archevêche de Malte.

Ils se rendront aussi en fin de semaine dans le diocèse d’Osorno, à quelque 900 kilomètres au sud de Santiago, dont Mgr Juan Barros était l’évêque.

C’est le pape François lui-même qui l’avait nommé à cette fonction en janvier 2015, alors que Mgr Barros était déjà soupçonné d’avoir fermé les yeux sur les abus sexuels répétés d’un vieux prêtre dont il était proche.

Envoyés une première fois au Chili en février dernier pour enquêter sur les accusations portées contre des prêtres, les deux émissaires avaient remis au pape un rapport décrivant « une culture d’abus » au sein de l’Eglise chilienne.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2018 22h14)                                                        

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Pédophile: le pape accepte la démission de 3 évêques chiliens dont Mgr Barros

juin 11, 2018

/ © AFP/Archives / Vincenzo PINTO

Le pape François a accepté la démission de trois évêques chiliens dont celle du très controversé Mgr Juan Barros, à la suite d’un vaste scandale de pédophilie dans le clergé chilien, a annoncé lundi le Vatican.

L’ensemble de l’épiscopat chilien avait présenté sa démission en bloc le 18 mai dernier après une série de rencontres avec le pape argentin au Vatican, une démarche inédite dans l’histoire récente de l’Église catholique.

Le pape a fait une marche arrière radicale par rapport à son voyage au Chili de janvier, quand il avait défendu avec beaucoup force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné pourtant d’avoir caché les actes de pédophilie du prêtre Fernando Karadima.

L’opinion publique chilienne avait été scandalisée par l’omniprésence de Mgr Barros dans les messes célébrées par le pape François.

A la lecture en avril des conclusions de 2.300 pages d’enquête, dont 64 témoignages recueillis au Chili et aux États-Unis, le souverain pontife avait reconnu avoir commis de « graves erreurs » d’appréciation et parlé d’un « manque d’informations véridiques et équilibrées ».

Avant de recevoir les évêques, le pape avait aussi accueilli début mai au Vatican trois victimes du père Fernando Karadima, reconnu coupable en 2011 par un tribunal du Vatican d’avoir commis des actes de pédophilie dans les années 1980 et 1990. Ils avaient dénoncé devant la presse l’omerta d’une partie de la haute hiérarchie de l’Église du Chili.

Romandie.com avec (©AFP / 11 juin 2018 14h50)

Vatican: trois victimes d’un prêtre pédophile chilien chez le pape

avril 27, 2018

Cité du Vatican – Les trois victimes d’un prêtre pédophile chilien invitées par le pape François au Vatican ont commencé vendredi une série d’entretiens privés avec le souverain pontife.

S’exprimant brièvement devant l’une des grilles d’entrée de la Cité du Vatican, les trois hommes ont promis de relater leurs entretiens avec le pape au cours d’une conférence de presse mercredi.

En revanche, Greg Burke, le porte-parole du Vatican, a fait savoir vendredi soir que le pape argentin ne prévoyait aucune déclaration officielle à l’issue de ces entretiens.

La priorité du pape est « d’écouter les victimes, leur demander leur pardon et respecter la confidentialité de ces conversations », a précisé ce porte-parole dans un communiqué.

François dit aussi vouloir les écouter autant de temps qu’il faudra, sans horaire défini.

Jose Andrés Murillo devait s’entretenir en privé dès vendredi avec le pape François, des rencontres étant prévues avec les deux autres victimes durant le weekend.

« L’invitation est pour parler, recevoir des suggestions sur le thème de l’abus sexuel clérical sur mineurs, l’abus de pouvoir, de conscience », a noté M. Murillo.

Il a souhaité que les rencontres « portent rapidement leurs fruits », « au nom de nombreuses personnes qui ont souffert d’abus sexuels du clergé et qui se sont suicidé » et au nom d’autres « en train de souffrir ».

« Ce qui se passera à l’avenir dépend de beaucoup de facteurs et du pape », a estimé pour sa part James Hamilton, une autre victime.

« Ce n’est pas facile d’être là, en dépit du fait que nous ayons reçu un accueil plus que bon, très chaleureux », a-t-il confié, soulignant la nécessité de « maintenir la tranquillité » autour de ces rencontres avec le pape.

Les représentants des victimes espèrent apporter leur contribution pour endiguer « une culture de l’abus et de la dissimulation parmi les évêques de l’Eglise » catholique, a commenté Juan Carlos Cruz, un Chilien qui vit désormais aux Etats-Unis.

Arrivé la veille, il avait déjà confié à une équipe chilienne de CNN qu’il ne souhaitait pas que cette invitation soit « un exercice de relations publiques ». « C’est une vraie rencontre pour lui raconter ce qui se vit réellement au sein de l’Eglise chilienne », avait-il indiqué, en donnant les noms de « personnes toxiques » selon lui, dont un cardinal proche du pape.

Au cours de ces journées de rencontre « personnelle et fraternelle », le pape « désire leur demander pardon, partager leur douleur et sa honte pour ce qu’ils ont souffert », avait précisé mercredi le Vatican.

François avait reconnu début avril avoir commis de « graves erreurs » d’appréciation de la situation au Chili, après avoir lu les conclusions d’une enquête qu’il avait diligentée sur des abus sexuels commis par le clergé.

Son voyage au Chili du 15 au 18 janvier avait été miné par le dossier de la pédophilie au sein du clergé chilien. Le pape avait été critiqué pour avoir défendu avec force l’évêque chilien Juan Barros, pourtant soupçonné d’avoir tu les crimes du vieux prêtre pédophile Fernando Karadima, condamné par la justice vaticane.

Romandie.com avec(©AFP / 27 avril 2018 21h14)                                            

Pédophilie/Chili: le pape reconnait de « graves erreurs » d’appréciation (Vatican)

avril 11, 2018

Cité du Vatican – Le pape François a reconnu mercredi avoir commis « de graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation » au Chili, après avoir pris connaissance des conclusions d’une enquête sur des abus sexuels commis par le clergé.

Dans une lettre aux évêques chiliens, diffusée par le Vatican, le pape indique vouloir les convoquer à Rome pour discuter des conclusions de l’enquête qu’il avait diligentée, qui comprend de nombreux témoignages de victimes.

Au cours d’un voyage au Chili en janvier, le pape François avait défendu avec force l’évêque chilien Juan Barros, soupçonné d’avoir tu les crimes d’un vieux prêtre pédophile, se déclarant persuadé de son innocence et demandant aux victimes présumées des preuves de culpabilité.

Il avait ensuite présenté des excuses pour ses propos maladroits, et dépêché au Chili un enquêteur renommé du Vatican pour recueillir des témoignages de victimes présumés.

Dans sa lettre aux 32 évêques chiliens, le pape François ne fait aucune mention spécifique du cas de l’évêque Juan Barros.

Exprimant dans ce texte sa « honte » et sa « douleur » pour les vies sacrifiées des victimes d’abus, il propose aussi de les recevoir.

Romandie.com avec(©AFP / 11 avril 2018 19h46)                                            

Chili: 26 camions brûlés dans des zones réclamés par les Mapuche

février 16, 2018

Camiones de compañías forestales, calcinados en Temuco, en el centro de Chile, el 8 de noviembre de 2017. / © AFP / Martin BERNETTI

Vingt-six camions ont été incendiés vendredi matin dans le sud du Chili, sans faire de blessés, sur des territoires revendiqués par les indigènes Mapuche, ont annoncé les autorités.

« Il s’agit de faits délictuels graves, non seulement en raison de la destruction matérielle mais aussi du degré d’organisation et de l’usage d’armes » dans ces incendies, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Mario Fernandez.

Les camions ont été visés dans trois attaques distinctes, la plus importante ayant eu lieu dans la région de Bio Bio, où 14 camions ont été entièrement détruits par le feu après l’irruption d’un groupe d’inconnus cagoulés qui ont tiré en l’air avec des fusils avant d’incendier les véhicules, selon des témoins.

Une autre attaque a eu lieu dans la même région et une troisième dans celle, voisine, de l’Araucania.

Le gouverneur local, Humberto Toro, a assuré à la radio ADN avoir « des informations qui nous permettent de penser que les attaques ont été menées de façon coordonnée ».

Le ministre Fernandez a lui annoncé que le gouvernement porterait plainte pour « le délit d’incendie terroriste ».

Dans ces régions, les attaques incendiaires sur des camions ou des engins forestiers sont fréquentes, dues selon la police à des groupes radicaux Mapuche.

Les Mapuche (700.000 personnes, 7% de la population chilienne) occupaient un vaste territoire à l’arrivée des conquistadors espagnols au Chili en 1541. A partir de 1961 et durant une vingtaine d’années, l’armée chilienne a occupé cette zone afin de la « pacifier ».

Au fil des procès et des décisions de justice, ces indigènes ont été réduits à vivre sur près de 5% de leurs anciennes terres, mais une partie d’entre eux se sont radicalisés et ont décidé d’incendier des véhicules, des maisons et des églises.

Romandie.com avec(©AFP / 16 février 2018 20h58)                

Mort de Margot Duhalde, la pilote chilienne qui a volé au secours de la France

février 5, 2018

La pilote chilienne Margot Duhalde pendant une interview à l’AFP à Santiago le 8 août 2017 / © AFP/Archives / Martin BERNETTI

Margot Duhalde, seule femme pilote des Forces françaises libres durant la Seconde Guerre mondiale, est décédée à 97 ans à Santiago, a annoncé lundi le gouvernement chilien.

« Nous regrettons le décès de Margot Duhalde, première femme pilote du Chili », a écrit sur Twitter le ministère de la Femme et de l’Egalité des genres.

Le gouvernement, qui n’a pas précisé les causes de sa mort, a rendu hommage à « son courage pour réaliser le rêve de toute une vie, combattre les stéréotypes et ouvrir la voie aux autres femmes ».

« Pionnière de notre aviation, première femme pilote dans la FACH (armée de l’air chilienne), combattante contre le nazisme dans les forces françaises et britanniques durant la Seconde Guerre mondiale. Margot Duhalde a prouvé dans un monde d’hommes qu’il n’y a rien d’impossible pour les femmes », a réagi sur Twitter la présidente chilienne Michelle Bachelet.

« Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu voler », avait-elle confié à l’AFP en 2017.

A peine âgée de 16 ans, elle était parvenue à convaincre ses parents de la laisser quitter Rio Bueno, localité du sud du Chili, pour s’installer à la capitale, Santiago, afin d’apprendre à voler. Quitte à mentir sur son âge.

A 20 ans et avec à peine une cinquantaine d’heures de vol à son actif, cette femme au caractère bien trempé est engagée comme sergent-pilote par le consulat de la France Libre à Santiago, en cachant son astigmatisme avant d’embarquer pour l’Angleterre.

Grâce à l’intervention d’un pilote français rencontré au Chili, elle rejoint finalement l’Air Transport Auxiliary (ATA), organisation au service de la Royal Air Force, pour assurer le transfert des avions entre les usines et les aérodromes, dont le célèbre Spitfire, l’un des chasseurs de combat les plus utilisés par les Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces « ferry pilots » de l’ATA recevaient des formations théoriques sur les appareils à convoyer, qu’il devaient ensuite manier en s’appuyant uniquement sur un manuel.

« Les hommes disaient toujours que les femmes n’allaient pas être capables de piloter les avions, mais ils devaient ravaler leur fierté, parce qu’en réalité nous volions aussi bien qu’eux! », se rappelait-elle.

Avec ses actes héroïques, cette mère d’un enfant a fait l’unanimité: elle été décorée par l’Angleterre, le Chili et la France, où elle a reçu la Légion d’honneur.

Margot Duhalde a volé pour la dernière fois en 2007 à 86 ans.

Romandie.com avec(©AFP / 05 février 2018 21h01)

Le pape présente des excuses aux victimes d’abus sexuels

janvier 22, 2018

Le pape François lors d’une conférence de presse à bord de l’avion papal, le 22 janvier 2018 / © AFP / Vincenzo PINTO

Le pape François a présenté lundi « des excuses » aux victimes d’abus sexuels, après le tollé provoqué au Chili par son soutien à un évêque chilien controversé faute selon lui de « preuve » à son encontre, un mot dont il a reconnu qu’il avait « blessé ».

« Le jour où vous m’apportez une preuve contre l’évêque Barros, je vous parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Tout est calomnie. C’est clair? », avait lancé abruptement jeudi le pontife argentin, apostrophé par des journalistes au Chili.

Dans ce pays où le catholicisme est en chute, François a aussi choqué en donnant une accolade à Mgr Juan Barros, évêque soupçonné d’avoir gardé le silence sur les agissements d’un vieux prêtre pédophile défroqué par le Vatican.

« Je dois présenter des excuses parce que le mot +preuve+ a blessé tant de personnes victimes d’abus », a déclaré François lors d’une conférence de presse dans l’avion qui le ramenait à Rome.

« Entendre le pape leur dire en face +apportez-moi une lettre avec la preuve+, c’est une gifle et je me rends compte maintenant que mon expression n’a pas été heureuse », a-t-il dit.

Il a cependant rappelé que le Vatican avait enquêté sur Mgr Barros, sans trouver « d’élément pour le condamner ». Au risque de déplaire aux Chiliens, il s’est déclaré « convaincu » de l’innocence de l’évêque.

« Vous me dites qu’il y a des victimes, mais je ne les ai pas vues, elles ne se sont pas présentées à moi », a-t-il argué, en reprenant son expression de « calomnie ».

Dans l’avion, le pape a estimé qu’il aurait dû parler d' »élément à charge ». « Le mot +preuve+ n’était pas le meilleur pour me rapprocher d’un cœur endolori », a-t-il convenu. « Je sais qu’il y a beaucoup de personnes victimes d’abus qui ne peuvent apporter de preuve ».

« Je sais combien elles souffrent », a insisté François, qui a rencontré au Chili en privé deux victimes de prêtres pédophiles. Selon le Vatican, il a « prié et pleuré » avec elles.

« Le drame des victimes d’abus est horrible, horrible. Il y a deux mois, j’ai été en contact avec une femme victime il y a 40 ans. Mariée avec trois enfants, cette femme ne communiait pas depuis cette époque, parce que dans la main du curé, elle voyait la main de l’auteur d’abus sexuels », a confié le pape.

Samedi, le cardinal Sean Patrick O’Malley -qui dirige une commission anti-pédophilie en cours de renouvellement au Vatican- avait mis en avant la sincérité de François lorsqu’il prône la tolérance zéro contre la pédophilie dans l’Église.

Mais dans une critique inhabituelle du pape, il avait jugé « compréhensible » que les propos du souverain pontife aient pu provoquer « une grande douleur ».

« Sa déclaration a été très juste », a estimé le pape dans l’avion. « Il a rappelé tout ce que j’ai fait et ce que je fais, et ce que fait l’Église, et puis il a dit la douleur des victimes ».

Romandie.com avec(©AFP / 22 janvier 2018 16h09)

Le pape célèbre le premier mariage à bord de l’avion papal

janvier 18, 2018

Le pape François (d) célèbre le mariage d’une hôtesse et d’un steward à bord de l’avion qui le transporte entre deux villes au Chili, le 18 janvier 2018 / © OSSERVATORE ROMANO/AFP / HO

Le pape François a marié jeudi religieusement à bord de l’avion qui le transportait entre deux villes au Chili une hôtesse et un steward, une première, a constaté l’AFP.

La cérémonie a eu lieu à 11.000 mètres d’altitude, selon le Vatican, entre Santiago et Iquique, ville située au pied des Andes à 1.850 km au nord de la capitale.

Au terme de la cérémonie célébrée à l’écart et en présence d’un témoin, les deux employés de la compagnie Latam ont signé un certificat signé de la main du pape « François ».

Carlos Ciuffardi, 41 ans, et Paula Podest, 39 ans, étaient déjà mariés civilement depuis 2010 et ont deux enfants. Il n’avaient pas pu se marier religieusement à l’époque car l’église où la cérémonie devait avoir lieu avait été détruite dans un tremblement de terre.

Le pape achève jeudi sa visite au Chili par une grande messe à Iquique, dans l’extrême nord, où affluent des migrants latino-américains attirés par le dynamisme économique du pays, avant de poursuivre son voyage au Pérou.

Romandie.com avec(©AFP / 18 janvier 2018 15h53)                

Chili: attaque contre des églises à Temuco avant la visite du pape

janvier 17, 2018

Des policiers dans une rue de Temuco avant l’arrivée du pape François, le 17 janvier 2018 au Chili / © AFP / GUILLERMO SALGADO SANCHEZ

Plusieurs églises catholiques ont été attaquées mercredi avec des engins incendiaires dans la région de Temuco, dans le sud du Chili, avant la visite du pape François dans cette ville, a annoncé la police.

Les attaques ont été menées par des inconnus qui s’en sont pris aussi à trois hélicoptères d’entreprises forestières et ont tendu une embuscade à des policiers dans la région d’Araucania, dont Temuco est la capitale. Elles avaient pour but de « provoquer du désordre » à l’occasion de la visite papale, a déclaré le directeur de la police chilienne, Bruno Villalobos.

Romandie.com avec(©AFP / 17 janvier 2018 13h50)                

Chili: le pape rend hommage aux victimes de la dictature Pinochet

janvier 17, 2018

Le pape François célèbrent une messe à l’aéroport de Maquehue à Temuco, au Chili, le 17 janvier 2018 / © AFP / Vincenzo PINTO

Le pape François a condamné le recours à la violence des indigènes pour faire entendre leurs revendications, mercredi lors d’une messe aux tons très politiques durant sa visite au Chili marquée par une série d’attaques contre des églises, des entreprises et la police.

La messe est célébrée « sur cet aérodrome de Maquehue sur lequel eurent lieu de graves violations des droits de l’Homme », a précisé le pape argentin, ajoutant qu’elle était offerte « à tous ceux qui ont souffert et qui sont morts, et à ceux qui, chaque jour, portent sur les épaules le poids de nombreuses injustices ».

La base aérienne de Maquehue était un des principaux centres de détention de la région dans les années 1970, sous la dictature d’Augusto Pinochet. De nombreux cas de tortures et des exécutions de prisonniers politiques y ont été rapportés.

Sa dernière remarque sur « les injustices » s’adresse aussi aux peuples indigènes chiliens qui l’ont gratifié au début de son homélie d’une danse rituelle et ont participé à la liturgie au côté du pape.

Le souverain pontife argentin a toutefois critiqué l’usage de la violence de certains groupuscules indigènes pour mettre en avant leurs revendications légitimes.

« Il est indispensable d’affirmer qu’une culture de la reconnaissance mutuelle ne peut pas se construire sur la base de la violence et de la destruction qui finissent par coûter des vies humaines », a-t-il dit.

« On ne peut demander la reconnaissance en détruisant l’autre, car la seule chose que cela éveille, c’est davantage de violence et de division. La violence appelle la violence, la destruction augmente la fracture et la séparation. La violence finit par faire mentir la cause la plus juste. C’est pourquoi nous disons +non à la violence qui détruit+, sous toutes ses formes », a ajouté le pape.

« Mari, Mari » (bonjour en langue Mapuche) avait lancé le pape au début de son homélie.

« Küme tünngün ta niemün » (La paix soit avec vous), a-t-il ajouté, avant de rendre un hommage à la nature luxuriante de la région d’Araucania, terres ancestrales des peuples autochtones du Chili, en particulier des Mapuches les plus nombreux.

« De nombreuses générations d’hommes et de femmes ont aimé et aiment ce sol d’une jalouse gratitude », a noté le pape.

Et je veux m’arrêter et saluer spécialement les membres du peuple Mapuche, ainsi que les autres peuples autochtones qui vivent sur ces terres australes : Rapanui (Ile de Pâques), Aymara, Quechua et Atacamenos, et tant d’autres », a énuméré le pape, dans une ambiance colorée et chaleureuse.

Romandie.com avec (©AFP / 17 janvier 2018 15h48)