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Mali : la Chine et la Russie bloquent les sanctions au Conseil de sécurité

janvier 12, 2022
Des partisans d’une intervention russe au Mali, lors d’une manifestation en faveur des putschistes à Bamako, en septembre 2020. © /AP/SIPA

Pékin et Moscou ont fait front, mardi 11 janvier, pour empêcher l’adoption par le Conseil de sécurité d’une résolution, présentée par la France, soutenant les sanctions imposées par la Cedeao au Mali.

La passe d’armes était attendue. Elle s’est déroulée comme prévue. Deux jours après les sanctions imposées à Bamako par la Cedeao, le 9 janvier, la situation politique au Mali a été inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais impossible de trouver un consensus. Le texte présenté par la France, qui souhaitait que le Conseil soutienne les décisions prises par les chefs d’État ouest-africains lors du sommet extraordinaire d’Accra, a été retoqué. La Russie et la Chine ayant marqué leur opposition à ce que Vassily Nebenzia, le représentant de Moscou, a qualifié « d’ingérences étrangères excessives […] qui ne font que compliquer la situation ».

« Ce qui se passe au Mali est une véritable fuite en avant de la junte qui, au mépris de ses engagements, souhaite confisquer le pouvoir pendant des années et priver le peuple malien de ses choix démocratiques », avait déclaré quelques heures plus tôt Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères. « Une transition en cinq ans n’est pas dans l’intérêt du peuple malien », a déclaré en écho Linda Thomas-Greenfield, la représentante des États-Unis à l’ONU, lors des débats de ce mardi à New York, avant de s’inquiéter de la présence au Mali « d’individus liés au groupe Wagner ». Une « menace pour le peuple malien et la Minusma [mission de l’ONU au Mali] juge l’Américaine.

Les représentants du « A3 », les trois pays africains membres non permanents du Conseil (le Ghana, le Gabon et le Kenya), ont eux aussi plaidé en faveur d’un appui aux sanctions prononcées par la Cedeao. Le Conseil doit « appuyer la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la région et le Mali ainsi que le gel des avoirs de l’État malien dans les banques régionales de la Cedeao », a notamment déclaré Michel Xavier Biang, le représentant du Gabon, réclamant par ailleurs un soutien logistique, matériel et financier en faveur de la force militaire conjointe du G5 Sahel.

Pékin et Moscou sur la même ligne

En face, le représentant de la Russie a estimé que le retour à l’ordre constitutionnel devait « tenir compte des réalités sur le terrain » et insisté sur la nécessité de sécuriser le pays avant d’envisager d’éventuelles élections. « La Fédération de Russie soutient le principe “à problèmes africains, solutions africaines” », a déclaré le diplomate, affirmant par ailleurs – sans jamais prononcer le nom de la société Wagner – que « les Maliens ont le droit d’interagir avec d’autres partenaires qui sont prêts à coopérer avec eux dans le domaine du renforcement de la sécurité ».

Dai Bing, le représentant permanent adjoint de Pékin, lui a emboîté le pas, appelant «  les forces qui sont hors de la région à se garder d’exercer des pressions sur le Mali ».

« Ceux qui entretiennent cette campagne de fausses informations savent pertinemment que le Mali n’a pris aucun engagement auprès de Wagner et qu’il n’y a aucun mercenaire présent sur le sol malien », a pour sa part martelé Issa Konfourou, l’ambassadeur du Mali auprès des Nations unies, dénonçant une « campagne de désinformation ».

Paris devrait maintenant se tourner vers l’Union européenne (UE) pour tenter de faire pression sur le Mali. Emmanuel Macron a en effet assuré que la France et l’UE, dont son pays assure la présidence tournante, soutenaient la « position très claire et ferme » de la Cedeao face aux « dérives de la junte ».

Alger appelle à une transition « raisonnable »

Dans le bras de fer diplomatique qui s’est intensifié depuis l’annonce des sanctions « dures » prises à l’encontre de Bamako, Assimi Goïta a trouvé un allié auprès du colonel Mamadou Doumbouya, le président de transition en Guinée. Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) a en effet annoncé lundi que les frontières terrestres, aériennes et maritimes de son pays avec le Mali resteront ouvertes.

En revanche, Alger a joint sa voix aux tenants d’une réduction drastique de la durée de transition. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a enjoint les militaires maliens au pouvoir à adopter « une attitude responsable et constructive » et a jugé, selon des propos rapportés par les services de la présidence, « raisonnable et justifiable une période de transition d’une durée ferme de douze à seize mois ».

Par Jeune Afrique avec AFP

La Chine bouge, l’Occident ne sait plus sur quel pied danser

décembre 29, 2021
Un homme agite un drapeau chinois devant un groupe de soldats.

Des interprètes en uniformes militaires participent à une représentation du centième anniversaire de la fondation du Parti communiste chinois, à Pékin, le 28 juin 2021. Photo: Getty Images/Noël Celis

Pékin affirme sa puissance économique et militaire de façon chaque fois plus marquée. Les dirigeants chinois ne se gênent pas pour menacer ceux qui osent leur tenir tête, alors que les craintes d’une invasion de Taïwan augmentent. Quelles options pour les pays occidentaux face à cette Chine conquérante?

Une mobilisation plus agressive

Elbridge Colby a été sous-secrétaire adjoint à la Défense pour la stratégie et le développement des forces sous l’administration Trump (2017-2018). Il s’inquiète de l’influence grandissante de la Chine. L’objectif de la Chine est de devenir un hégémon, à tout le moins en Asie, et comme l’Asie représentera bientôt plus de 50 % du marché mondial, si elle atteint l’hégémonie en Asie, elle sera dominante dans le monde entier, affirme-t-il.

« Ce n’est pas simplement de l’ordre du possible, c’est plutôt hautement probable, à moins que nous prenions des mesures pour l’éviter. »— Une citation de  Elbridge Colby, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense

Militairement, cependant, les Chinois ne sont pas près de rattraper les Américains. Leur budget militaire (252 milliards de dollars américains) est le deuxième du monde, mais loin derrière celui des États-Unis (778 milliards).Un sous-marin avec des drapeaux chinois.

Un sous-marin nucléaire lanceur de missiles balistiques de l’armée chinoise lors d’une démonstration militaire en mer de Chine méridionale (archives). Photo: Reuters/ China Stringer Network

Les Américains ont une avance qualitative et quantitative très significative en matière de matériel militaire, croit Marc Julienne, chercheur, responsable des activités Chine au Centre Asie de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Pékin fait toutefois du rattrapage accéléré. Les Chinois sont en train de construire un troisième porte-avions et disposent d’un impressionnant arsenal de missiles balistiques.

La menace est-elle réelle?

Washington en rajoute sans doute un peu afin de justifier sa politique envers Pékin, souligne Marc Julienne. De l’autre côté, la Chine le fait aussi, en tenant un discours de puissance dans lequel elle répète à qui veut l’entendre qu’elle est une grande puissance et qu’elle est en mesure de faire face à toute provocation, y compris sur le plan militaire, souligne le chercheur.

Si l’Occident veut empêcher la Chine de dominer la région, ce qu’elle tenterait actuellement de faire, il doit agir rapidement en collaborant avec des alliés régionaux tels que l’Inde, le Vietnam, la Corée du Sud et le Japon, pour établir un meilleur rapport de force, estime M. Colby. Actuellement, on parle beaucoup, mais on agit peu, déplore-t-il.

« On fait bien des déclarations sur la Chine, mais en réalité, notre position militaire est figée. Il y a plus de paroles que d’actions. »— Une citation de  Elbridge Colby, auteur de The Strategy of Denial: American Defense in an Age of Great Power Conflict

Les États-Unis devraient réduire au minimum leur présence militaire au Moyen-Orient et en Europe afin de se concentrer sur l’Asie, croit-il, tout en poussant les Japonais et les Taïwanais à augmenter leur propre budget de défense. Ce sont des choses que nous avons dit que nous allions faire, mais qui ne se produisent pas.Trois soldats américains courent en pointant leur fusil d'assaut dans les rues d'un village en Lituanie.

Les Européens devraient assumer une plus grande partie de leur défense au sein de l’OTAN pour que les Américains puissent déployer leurs troupes ailleurs, estime M. Colby. Photo : Reuters/ Ints Kalnins

Masser des troupes américaines dans la région ne risque-t-il pas, au contraire, de provoquer Pékin?

Fort possible, pense Marc Julienne, responsable des activités Chine au Centre Asie de l’IFRI. L’émergence militaire et l’assurance stratégique de la Chine sont très préoccupantes. En revanche, je ne sais pas si la meilleure manière d’y répondre est une surenchère, notamment militaire.

Est-ce que la méthode américaine est la bonne, dans le sens où elle va permettre de rétablir un équilibre stratégique favorable aux États-Unis et de faire reculer la Chine dans ses ambitions et ses objectifs? J’ai peur, au contraire, que cela pousse la Chine à augmenter son développement militaire et à affirmer encore un peu plus sa puissance et sa coercition sur ses voisins.

« Sur la vision de la Chine, on peut assez facilement tomber d’accord. Mais sur la méthode à employer, je ne suis pas sûr du tout. »— Une citation de  Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’Institut français des relations internationales

Une vraie coalition

Il faut parler aux voisins de la Chine pour exercer une pression politique dans le cadre de partenariats et d’organisations internationales, prône M. Julienne. Tout le contraire de ce qui a été fait avec AUKUS (une alliance entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis), un pacte négocié secrètement au nez et à la barbe des alliés qui risque de fragiliser les alliances existantes, dont l’OTAN, croit le chercheur.Scott Morisson, devant un lutrin. Sur des écrans placés de part et d'autre, Boris Johnson et Joe Biden.

Le premier ministre australien Scott Morisson, son homologue britannique Boris Johnson (à gauche) et le président américain Joe Biden (à droite) lors de l’événement virtuel où la nouvelle alliance AUKUS a été annoncée. Photo : La Presse Canadienne/AP/MickTsikas

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a parlé d’un coup de poignard dans le dos en référence à ce partenariat, qui implique le partage d’intelligence artificielle, de capacités cybernétiques et de technologies quantiques.

Outre la France, qui a perdu un contrat de sous-marins de près de 84 milliards de dollars, les pays de la région, comme l’Indonésie, les Philippines, Singapour, la Malaisie, mais aussi le Japon et la Corée du Sud, auraient dû être au courant avant l’annonce, estime-t-il.

« C’est un drôle de signal envoyé aux alliés des États-Unis, dont ils ont besoin dans la région indo-pacifique. »— Une citation de  Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’IFRI

M. Julienne préconise plutôt une approche qui prend en compte la réalité de ces pays, très dépendants de la Chine sur le plan économique. Ils ne veulent pas avoir un choix de guerre froide entre la Chine et les États-Unis, puisqu’ils ont besoin de commercer avec la Chine et ont besoin des États-Unis comme partenaire de sécurité. Or on a le sentiment que l’approche américaine est un jeu à somme nulle : vous êtes avec nous ou contre nous.

La stratégie européenne, présentée cet automne, prend en compte les enjeux économiques, la gestion du changement climatique et les questions environnementales, pas seulement les aspects militaire et sécuritaire, avance M. Julienne.

« C’est une vision qui repose sur la paix, la coopération et le dialogue. Elle ne doit pas être naïve, mais elle est inclusive, c’est-à-dire qu’elle n’est pas fermée à la Chine. »— Une citation de  Marc Julienne, chercheur au Centre Asie de l’IFRI

Quel rôle pour le Canada?

Drapeaux canadiens et chinois.

Les relations entre le Canada et la Chine sont au plus bas depuis l’arrestation de Meng Wanzhou, en décembre 2018. Photo: Associated Press/Fred Dufour

Elbridge Colby s’étonne de ne pas voir le Canada jouer un rôle plus important dans la lutte contre l’hégémonie chinoise.

Si vous regardez les Five Eyes [Alliance des Cinq yeux, qui inclut les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’Australie et la Nouvelle-Zélande], vous verrez que le Royaume-Uni et l’Australie sont très actifs, alors que du côté du Canada, il ne se passe pas grand-chose, note-t-il.

Le Canada a pourtant dû se frotter aux façons de faire chinoises avec la détention arbitraire, en 2018, de Michael Kovrig et de Michael Spavor, emprisonnés en Chine après l’arrestation au Canada de Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei, à la demande des autorités américaines.

Étant donné les engagements passés du Canada, son silence dans ce dossier est frappant, croit l’analyste. Il garde espoir que le pays s’engagera plus résolument dans la défense de nos intérêts.

« Si les États-Unis craignent la Chine, le Canada devrait certainement en avoir peur aussi. »— Une citation de  Elbridge Colby, ancien sous-secrétaire adjoint à la Défense

Le gouvernement libéral n’a pas encore fixé sa stratégie Asie-Pacifique, promise lors de la campagne électorale et attendue impatiemment par plusieurs secteurs.

Avec Radio-Canada par Ximena Sampson

« Les États-Unis paieront le prix » de leur boycottage des JO, dit la Chine

décembre 7, 2021

Les alliés européens de Washington n’ont pas encore dit s’ils emboîteront le pas à l’administration Biden, affirmant qu’ils doivent coordonner leur décision.

Un homme passe devant un compte à rebours numérique indiquant qu'il reste 59 jours avant le début des Jeux olympiques.

À Pékin, l’horloge du compte à rebours pour les Jeux d’hiver rappelle aux Chinois qu’il reste moins de deux mois avant la cérémonie d’ouverture. Photo HOTO : Reuters/Carlos Garcia Rawlins

La Chine fulmine après l’annonce par les États-Unis d’un boycottage diplomatique des Jeux olympiques d’hiver de Pékin, que l’administration Biden présente comme une rebuffade pour le « génocide » des Ouigours et d’autres violations des droits de la personne.

La tentative des États-Unis de perturber les Jeux olympiques d’hiver de Pékin, fondée sur un préjugé idéologique, des mensonges et des rumeurs, ne fera qu’exposer aux yeux de tous les intentions malveillantes des États-Unis , a commenté mardi le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

Selon M. Zhao, les accusations des pays occidentaux sur la situation des musulmans du Xinjiang de mensonge du siècle. Pékin a toujours démenti enfermer des Ouïgours dans des camps de rééducation, affirmant plutôt qu’il s’agit de centres de formation professionnelle pour soutenir l’emploi et combattre l’extrémisme religieux.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a par ailleurs accusé le gouvernement américain d’avoir violé le principe de la neutralité politique du sport et a de nouveau évoqué des contre-mesures fermes contre Washington.

« Les États-Unis paieront le prix de leur mauvais coup. Restez à l’écoute. » – Une citation de  Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

Sur Twitter, l’ambassade chinoise à Washington s’est courroucée, accusant les politiciens américains d’adopter une posture ne servant que leur propre intérêt. En fait, personne ne devrait se soucier que ces gens viennent ou pas, et cela n’aura aucun impact sur le succès de Beijing 2022, a-t-elle écrit.

Franchement, les Chinois sont soulagés d’apprendre la nouvelle, car moins il y aura de responsables américains, moins il y aura de virus, aussi persiflé sur Twitter le tabloïd chinois Global Times, porte-voix du régime communiste.

À Pékin, des citoyens chinois n’ont pas manqué de faire part de leur ressentiment. Le sport, c’est le sport. Quel rapport avec la politique?, s’est demandé M. Wang, un Pékinois de 72 ans interrogé par l’Agence France-Presse.

« C’est un manque de respect envers les athlètes, vous ne trouvez pas? Les sportifs s’entraînent depuis des années (pour les Jeux) et les États-Unis disent sans aucune gêne que leurs diplomates ne viendront pas. Le gouvernement américain est lâche. » – Une citation de  M. Han, fonctionnaire chinois à la retraite, rencontré par l’AFP près du parc olympique

D’autres pays imiteront-ils les États-Unis?

Pour le moment, aucun autre pays n’a imité les États-Unis. Plusieurs alliés européens de Washington ont tour à tour dit mardi qu’ils en prenaient note, et qu’ils allaient coordonner leurs décisions.

Nous prenons bonne note du choix des Américains, a fait savoir la présidence française. Nous allons nous coordonner au niveau européen, a-t-elle ajouté.

Lorsque nous avons des préoccupations sur les droits de l’homme, nous le disons aux Chinois et nous avons pris des sanctions sur le Xinjiang en mars dernier, a ajouté l’Élysée.

En Allemagne, le futur chancelier Olaf Scholz a aussi évoqué une consultation à venir au niveau européen. Nous devons connaître nos désaccords, mais néanmoins nous entendre, a-t-il répondu lorsqu’il a été interrogé sur la relation entre son pays et la Chine.

Nous arrêterons notre position en temps voulu, s’est contenté de déclarer à Londres un porte-parole du premier ministre Boris Johnson.

On est toujours en discussion avec nos alliés, avait déjà indiqué lundi la ministre canadienne des Sports, Pascale Saint-Onge. Pour le moment, il n’y a pas encore de décision qui est prise.

En février dernier, la Chambre des communes a adopté à l’unanimité une motion stipulant qu’un génocide était actuellement perpétré par la Chine contre les Ouïgours. Le premier ministre Justin Trudeau et tous les ministres s’étaient abstenus étant donné la détention de deux Canadiens en Chine.

La Nouvelle-Zélande a réitéré qu’elle n’enverrait pas non plus de dignitaires dans la capitale chinoise pour les Jeux olympiques, mais en précisant que sa décision, communiquée à Pékin en octobre, était plutôt liée aux restrictions de voyage décidées en raison de la pandémie.

Ailleurs dans la région Asie-Pacifique, l’Australie n’a pas fait part de son point de vue sur la décision américaine, la Corée du Sud a refusé de la commenter et le Japon a fait savoir qu’il prendrait sa propre décision au moment opportun.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s’est plutôt rangé du côté chinois, en soutenant que les Jeux olympiques devaient rester libres de toute politiqueL’essentiel […] est que les athlètes [américains] ne soient pas concernés par le boycottage, a-t-il ajouté.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Après la disparition de Peng Shuai, la France se dit « préoccupée » et l’ONU exige des preuves de vie

novembre 19, 2021

Le patron de la WTA, qui gère le circuit professionnel féminin de tennis, a menacé de retirer de Chine les compétitions de tennis féminin, si Pékin ne tire pas l’affaire au clair.

Peng Shuai, le 4 octobre 2017, à l’Open de Chine, à Pékin.
Peng Shuai, le 4 octobre 2017, à l’Open de Chine, à Pékin. GREG BAKER / AFP

L’affaire Peng Shuai prend de l’ampleur. Le monde du tennis est sans nouvelles de la joueuse depuis qu’elle a accusé, au début de novembre, un ancien haut responsable du régime communiste de l’avoir contrainte à un rapport sexuel. Face à ce silence persistant, l’Organisation des Nations unies (ONU) a demandé, vendredi 19 novembre, des preuves que la championne de tennis chinoise se portait bien.

Liz Throssell, une porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, a déclaré lors d’un point de presse à Genève :

« Il serait important d’avoir des preuves sur le lieu où elle se trouve et de savoir si elle va bien. Et nous demandons instamment qu’une enquête soit menée en toute transparence sur ces allégations d’agression sexuelle. »

Vendredi, la diplomatie française s’est dite préoccupée par le sort réservé à la joueuse. « Nous sommes préoccupés par l’absence d’informations sur la situation de la joueuse de tennis Peng Shuai, qui inquiète la communauté internationale et les milieux sportifs », a rapporté le ministère des affaires étrangères dans un communiqué.

« Nous appelons les autorités chinoises à mettre en œuvre leurs engagements en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, notamment au titre de la loi nationale contre les violences domestiques entrée en vigueur en 2016. »

Le patron de la WTA menace de retirer la Chine du circuit

Steve Simon, le patron de la WTA, qui gère le circuit professionnel féminin de tennis, a de son côté menacé de retirer de Chine les compétitions de tennis féminin, si Pékin ne tire pas l’affaire au clair.

« Nous sommes tout à fait prêts à retirer [de Chine] nos activités et à faire face à toutes les complications qui en découlent », a-t-il affirmé, jeudi, dans un entretien à la chaîne américaine CNN. « Parce que ce sont [des accusations de viol et que c’est] plus important que les affaires », a ajouté M. Simon.

Avant l’épidémie de Covid-19, la WTA organisait dix tournois chaque année en Chine (sur plus de soixante), notamment son Masters de fin de saison, le plus lucratif, à Shenzhen (sud du pays). Ces tournois étaient dotés au total de 30 millions de dollars (26,4 millions d’euros). Selon la revue américaine Sports Illustrated, la Chine représentait avant la pandémie un tiers des revenus de la WTA. Ce chiffre est cependant contesté par Steve Simon.

Aujourd’hui, la WTA vit d’ores et déjà sans présence en Chine. Par la force des choses : aucun tournoi de tennis n’y a eu lieu depuis deux ans pour cause de Covid-19 et les compétitions ne semblent pas près de revenir compte tenu des règles sanitaires strictes observées dans le pays.

Des doutes sur l’authenticité d’un courriel

Peng Shuai, âgée de 35 ans, a accusé sur les réseaux sociaux l’ancien vice-premier ministre chinois Zhang Gaoli – qui a été, de 2013 à 2018, l’un des sept hommes politiques les plus puissants de Chine – de l’avoir contrainte à une relation sexuelle il y a trois ans, avant d’en faire sa maîtresse.

Cette accusation avait été brièvement postée le 2 novembre sur le compte officiel Weibo, équivalent chinois de Twitter, de la joueuse. La Chine avait très vite bloqué toute référence à ce message.

Depuis, Zhang Gaoli n’a jamais réagi publiquement à ces accusations, et la chaîne d’Etat chinoise CGTN a dévoilé, mercredi, sur Twitter, la capture d’écran d’un courriel attribué à Peng Shuai, que la joueuse aurait envoyé à la direction de la WTA, et qui dément les accusations d’agression sexuelle.

Le contenu de ce message a soulevé des doutes quant à son authenticité : des utilisateurs de Twitter ont relevé qu’un curseur était visible sur le message diffusé par CGTN, un phénomène inexplicable pour une capture d’écran.

Un hashtag #WhereIsPengShuai

« Je ne crois pas du tout que ce soit la vérité », a commenté M. Simon sur CNN, qualifiant de « mise en scène » le courriel en question. « Si elle a été contrainte de l’écrire, si quelqu’un l’a écrit pour elle, nous ne le savons pas (…) mais tant que nous ne lui aurons pas parlé en personne nous ne serons pas rassurés », a dit le responsable de la WTA.

Interrogés à plusieurs reprises, les porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères ont dit tout ignorer de cette affaire qu’ils ont refusé de commenter, arguant qu’il ne s’agissait pas d’un dossier diplomatique.about:blankhttps://acdn.adnxs.com/dmp/async_usersync.html

Le mystère qui entoure le sort de la joueuse chinoise suscite de nombreuses réactions. Le hashtag #WhereIsPengShuai (« où est Peng Shua ») fleurit sur les réseaux sociaux et a été repris par de nombreuses personnalités dont la joueuse japonaise Naomi Osaka. L’Américaine Serena Williams a joint sa voix à cette mobilisation. « Ça doit faire l’objet d’une enquête et nous ne devons pas rester silencieux », a écrit la star du tennis mondial sur Twitter.

Les précédents du basket américain et du football anglais

Les déclarations de la WTA pourraient lui valoir des « représailles » de la part des autorités chinoises. C’est ce qu’il s’est produit par exemple au niveau de la diffusion télévisuelle pour la NBA, la ligue nord-américaine de basket, ou pour la Premier League, le championnat de football anglais.

La NBA avait perdu 200 millions de dollars (170,25 millions d’euros), lorsque Daryl Morey, alors manageur général des Houston Rockets, avait tweeté en 2019 son soutien aux manifestants à Hongkong.

La plate-forme sport de Tencent, groupe technologique chinois, ne diffuse plus les matchs de NBA des Boston Celtics, depuis qu’un de ses basketteurs, Enes Kanter, a qualifié le président Xi Jinping de « dictateur brutal » et condamné la politique chinoise au Tibet.

La Premier League a aussi été touchée lorsque l’ancien milieu d’Arsenal, Mesut Ozil, a condamné le traitement réservé aux Ouïgours, une ethnie musulmane du nord-ouest de la Chine.

Par Le Monde avec AFP

L’épouse de l’ex-président d’Interpol s’en prend au gouvernement chinois

novembre 18, 2021

LYON, France — En Chine, elle profitait des privilèges que lui procurait le fait d’avoir épousé un important membre de l’élite du gouvernement. Son mari était un haut gradé de la police dans le système de sécurité chargé de maintenir le Parti communiste au pouvoir. Pékin l’avait en si haute estime qu’on l’a envoyé en France pour occuper un rôle prestigieux au sein d’Interpol.

© Fournis par La Presse Canadienne

Mais Meng Hongwei, l’ancien président d’Interpol, est depuis disparu dans les méandres du système pénal chinois, victime d’une purge après être tombé en disgrâce. Son épouse se retrouve ainsi seule en France avec les jumeaux du couple. La famille de réfugiés politiques vit sous protection policière constante depuis qu’elle aurait été la cible d’une tentative d’enlèvement alléguée par des agents chinois.

De membre d’un cercle d’initiés sélect, Grace Meng est devenue une étrangère qui observe les choses de l’extérieur — et elle se dit horrifiée par ce qu’elle voit.

Elle est si indignée qu’elle renonce à son anonymat, sachant qu’elle met sa famille à risque, pour dénoncer le régime autoritaire chinois que son époux — vice ministre de la Sécurité publique — a servi jusqu’à sa disparition en 2018. Il a ensuite été jugé et emprisonné.

«Le monstre», c’est ainsi que Mme Meng désigne le gouvernement chinois. «Parce qu’il dévore nos enfants.»

Au cours d’une entrevue exclusive accordée à l’Associated Press, Mme Meng a choisi de montrer son visage pour la première fois, acceptant d’être filmée et photographiée sans être dissimulée dans l’ombre comme elle l’a fait dans le passé.

«J’ai la responsabilité de montrer mon visage, de dire au monde ce qui s’est passé, a-t-elle déclaré à l’AP. Au cours des trois dernières années, j’ai appris à vivre avec le monstre, l’autorité, comme on a appris à vivre avec la COVID-19.»

Parmi toutes les voix qui critiquent Pékin, celle de Mme Meng offre une perspective unique puisqu’elle a vu la machine de l’intérieur avant d’en émerger et de voir sa perspective transformée. Elle a été si profondément transformée qu’elle a cessé d’utiliser son nom chinois Gao Ge, pour embrasser le prénom de Grace et le nom de famille de son époux, Meng. 

«Je suis morte avant de renaître», dit-elle en précisant se sentir davantage elle-même sous le nom de Grace Meng.

Au sujet de M. Meng, l’endroit où il se trouve, son état de santé en tant que détenu de presque 68 ans, demeurent totalement inconnus. La dernière communication entre les deux époux remonte au 25 septembre 2018. Au moment d’un voyage d’affaires à Pékin, M. Meng a écrit à sa femme un premier message disant: «attends mon appel». Puis, quelques minutes plus tard, elle recevait un simple emoji de couteau de cuisine qu’elle a interprété comme un signal de danger.

Elle croit qu’il a envoyé ces messages depuis son bureau au ministère de la Sécurité publique.

Depuis, plus rien. Elle n’a eu aucun contact avec son époux et toutes les lettres transmises par son avocat au gouvernement chinois sont demeurées sans réponse. Elle avoue ne même pas être certaine si son conjoint est toujours en vie.

«Cela m’a déjà attristé au point où je ne peux pas être plus triste, confie-t-elle. Et bien sûr, c’est tout aussi cruel pour mes enfants.»

«Je ne veux pas que mes enfants n’aient pas de père, a-t-elle ajouté en sanglots. Chaque fois que les enfants entendent quelqu’un frapper à la porte, ils vont toujours voir. Je sais qu’ils espèrent que ce soit leur père. Chaque fois, quand ils réalisent que ce n’est pas lui, ils baissent la tête en silence.»

La version officielle concernant le sort de M. Meng sort au compte-goutte. Un communiqué paru en octobre 2018, tout juste après la première sortie publique de son épouse, indiquait qu’il faisait l’objet d’une enquête pour des allégations de crimes non précisés. C’était le signe qu’il devenait la plus récente victime d’une purge au sein du gouvernement.

Interpol a plus tard annoncé que M. Meng avait démissionné de son poste de président. Cela avait rendu son épouse furieuse. Selon elle, le corps de police international n’a été «d’aucune aide».

Elle estime qu’en refusant de se montrer plus ferme, l’institution n’a fait qu’encourager Pékin dans ses pratiques autoritaires.

«Est-ce que quelqu’un que l’on a fait disparaître de force peut écrire sa propre lettre de démission volontairement?», demande-t-elle. «Est-ce qu’un corps de police peut fermer les yeux devant un acte criminel comme celui-là?»

En 2019, la Chine a annoncé que M. Meng avait été dépouillé de sa carte de membre du Parti communiste. On lui reprochait d’avoir abusé de son pouvoir pour satisfaire le style de vie extravagant de sa famille.

En janvier 2020, un tribunal a déclaré M. Meng coupable de corruption et l’a condamné à 13 ans et demi de prison pour avoir accepté deux millions $ en pots-de-vin. Selon la cour, l’accusé aurait tout avoué et exprimé des regrets.

Toutefois, son épouse maintient que ces accusations sont bidons et que M. Meng a été victime d’une purge parce qu’il utilisait sa position d’autorité pour promouvoir des changements dans le régime chinois.

«C’est un faux procès. C’est l’exemple d’un désaccord politique transformé en accusations criminelles, soutient-elle. L’ampleur de la corruption en Chine est extrêmement sérieuse. Elle est partout. Mais il y a deux opinions sur la manière de la combattre. L’une est la méthode actuelle et l’autre est d’adopter une démocratie constitutionnelle pour régler le problème à la source.»

Avec John Leicester, The Associated Press

En Chine, un porte-avions dans le désert

novembre 9, 2021

Selon des images satellite, Pékin aurait construit des maquettes de vaisseaux de guerre américain déployés dans le Pacifique, afin de s’en servir comme de cibles d’entraînement.

Dans le désert de Taklamakan, le 20 octobre.
Dans le désert de Taklamakan, le 20 octobre. HANDOUT / AFP

Un porte-avions américain de 100 000 tonnes en plein désert chinois, cela interpelle. Il ne s’agit certes que d’une maquette, bleue, posée sur rails. C’est assez pour que ces images satellites européennes, traitées par Maxar Technologies et publiées dimanche 7 novembre, soient très commentées par les observateurs de l’Armée populaire de libération (APL). Selon H. I. Sutton, spécialiste du domaine naval militaire qui a décrypté l’information sur USNI News, les installations repérées sont « une nouveauté » qui relève « d’une gamme beaucoup plus sophistiquée » que les précédentes.

Dans la région du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, sur les terres plates du Taklamakan, c’est un site militaire organisé autour de bateaux-cibles mobiles qui apparaît, consacré aux tests de missiles antinavires. Outre la maquette d’un porte-avions de la classe Ford, on peut voir celles de deux destroyers de type Arleigh Burke.

« Cible mouvante »

Reste à savoir si ces installations permettent vraiment de tester les phases délicates du vol d’un missile – précision pour toucher un bateau qui vogue à 30 km/h, guidage et recalage ultime vers la cible, impact de la frappe sur le navire ennemi. S’entraîner sur des cibles réalistes est en tout cas une pratique militaire partagée. Si les Français n’ont plus le droit de couler des épaves, les Américains tirent encore sur des objets en mer. Les gardiens de la révolution, en Iran, se seraient, eux aussi, entraînés en 2015 à frapper un porte-avions américain – un modèle réduit a été vu en 2020, à moitié chaviré, dans le port de Bandar Abbas.

Après de premiers tirs réels de missiles DF-21D dits « tueurs de porte-avions » en juillet 2019, la Chine « a, en 2020, tiré des missiles balistiques contre une cible mouvante en mer de Chine du Sud, sans avoir reconnu les faits », affirme le département américain de la défense, dans son rapport 2021 sur l’APL. Pour cette dernière, les armes antinavires sont une priorité. Elles seront cruciales en cas de crise militaire à Taïwan, pour tenir à distance la flotte des Etats-Unis.

Avec Le Monde par Nathalie Guibert

Chine-Afrique : quand Tshisekedi s’attaque au contrat signé par Kabila

septembre 14, 2021

Kash

Le président congolais a exigé la réévaluation des projets liés au contrat signé en 2008 par l’administration de Joseph Kabila avec un consortium chinois. Les investissements promis en échange de titres miniers ne sont pas à la hauteur…

LA RDC manque d’infrastructures, et c’est « une entrave au développement ». Lors du conseil des ministres, ce vendredi 10 septembre, Félix Tshisekedi a tapé du poing sur la table. Dans son viseur, les trop faibles retombées du contrat « sino-congolais », signé en 2008 par son prédécesseur Joseph Kabila, qui devait se traduire par un échange de bons procédés : à un consortium chinois les minerais extraits du sol congolais – sous forme de titres miniers sur le cobalt et le cuivre – ; aux Congolais des infrastructures dans lesquelles Pékin promettait d’investir plusieurs milliards de dollars.

Si le contrat initial prévoyait 9 milliards de dollars d’investissements, il a été ensuite revu à la baisse – à 6 milliards –, sous la pression du FMI, qui s’inquiétait du niveau de surendettement du pays. Et 13 ans après, seuls 2,74 milliards de dollars ont effectivement été décaissés par les entreprises chinoises.

Kabila ciblé ?

Si des « raisons techniques liées notamment à l’insuffisance d’énergie électrique pour la production minière » sont avancées par les autorités congolaises, Félix Tshisekedi a réclamé au ministre des Infrastructures, Alexis Gizaro Muvuni, et à celle des Mines, Antoinette Nsamba Kalambayi, de lui dresser « l’état des lieux de l’exécution technique et financière des projets inscrits dans le contrat dit sino-congolais ».

Cette première étape marque-t-elle un pas supplémentaire vers une renégociation plus globale, déjà promise par le chef de l’État congolais ? La « réévaluation » de ce contrat qui avait, à l’époque de sa signature, été qualifié de « léonin » par l’opposition, pourrait également donner lieu à de nouvelles révélations, notamment concernant des avantages octroyés à certains hauts responsables de l’ancienne administration… Voire à Joseph Kabila lui-même.

Par  Kash

Caricaturiste, bédéiste et peintre congolais installé à Kinshasa.

Bourses postdoctorales des domaines intégrés des géosciences et des sciences des données

septembre 10, 2021

Lieu : ville de Kunshan, province du Jiangsu, Chine

Catégorie : recherche (boursier postdoctoral)

Salaire : 53 000 USD par an (avant impôts)

Type de poste : temps plein

Critères d’admissibilités

Les candidats potentiels sont invités à postuler avec un doctorat en géosciences et dans d’autres domaines connexes des sciences de la Terre. Les candidats qui ont une connaissance et une expérience de l’utilisation de l’apprentissage automatique, de l’intelligence artificielle, de l’analyse des méga données et d’autres connaissances et outils et technologies des sciences des données aux géosciences, dans le cadre de leur thèse de doctorat d’un établissement d’enseignement supérieur accrédité, seront privilégiés.

 Les candidatures sont invitées de ceux qui ont obtenu au cours de la période des six dernières années.

Le candidat idéal aurait au moins une certaine expérience préalable dans des domaines tels que le traitement et l’analyse de données, l’outil de saisie de données, l’analyse et l’application de données volumineuses, la visualisation d’informations, les graphiques de connaissances, le système de stockage de données avec un intérêt pour le développement de produits et de compétences spécialisés.

Une expertise dans le domaine fusionné de la géologie et des sciences des données est hautement souhaitable. Le candidat doit parler couramment le chinois ou l’anglais. Les citoyens non chinois devraient être éligibles pour demander un visa de recherche de visite en Chine.

DDE met en œuvre une politique des EDI (égalité, diversité et inclusivité) dans tous ses recrutements, planification et opérations de talents.

Documents à soumettre (site Web DDE World). Chaque candidat doit soumettre les éléments suivants (en chinois ou en anglais) :

1. Une déclaration d’intérêt expliquant pourquoi vous postulez et quels sont vos projets après votre recherche postdoctorale au RCE (Suzhou).

2. Un curriculum vitae.

3. Noms, antécédents institutionnels, expertise et e-mails de contact de trois arbitres.

Processus de sélection et de recrutement

Les candidats intéressés sont priés d’envoyer une lettre de motivation/une déclaration et un CV détaillé sur le site Web suivant : https://www.ddeworld.org/career.

Toutes les candidatures reçues seront reconnues.

L’évaluation des candidats sera basée sur les qualifications ci-dessus. Seuls les candidats présélectionnés par la DDE /SC seront recontactés pour assister à la réunion d’entretien.

Coordonnées medjouel.com vous informe que le boursier postdoctoral recevra une somme annuelle avant impôts de 53 000 $ US couvrant le salaire, le logement, l’assurance et les frais de subsistance.

Ceux qui souhaitent opter pour un autre régime de soins de santé devraient couvrir eux-mêmes cette dépense. Le RCE (Suzhou) fournira des bureaux avec ordinateur ; l’accès à Internet et d’autres installations pour la recherche.

Pour plus d’informations, veuillez contacter : secretariat@ddeworld.org

Postulez via le recruteur : https://www.ddeworld.org/career.

Avec Adiac-Congo par concoursn

Comment la Chine « efface » certaines stars du divertissement

août 30, 2021

Zhao Wei, l’une des actrices les plus célèbres du pays, a disparu des réseaux sociaux et des plateformes, relate « Courrier inter » ce lundi.

Zhao Wei, une richissime actrice de 45 ans, a disparu des plateformes et reseaux sociaux chinois depuis plusieurs jours.
Zhao Wei, une richissime actrice de 45 ans, a disparu des plateformes et réseaux sociaux chinois depuis plusieurs jours.© EYEPRESS NEWS / EyePress / EyePress via AFP

En Chine, elle est une véritable star. Pourtant, son nom a disparu des réseaux sociaux du pays, ses films aux abonnés absents sur les plateformes. Zhao Wei, une richissime actrice de 45 ans, n’apparaît plus dans les moteurs de recherche depuis plusieurs jours. En cause : la comédienne serait visée par une campagne des autorités chinoises, dont le but est de reprendre la main sur l’industrie du divertissement et de la culture, relate Courrier international, ce lundi 30 août.

Aucune justification officielle n’a été donnée concernant ce « bannissement » d’Internet. Mais des pistes d’explications commencent à se dessiner. Depuis plusieurs années, Pékin s’en prend aux excès des stars du showbiz, dont certaines sont accusées de corrompre la jeunesse et de promouvoir l’argent et le consumérisme. Comme le relate RFI, Zhao Wei faisait affaires avec Jack Ma, le cofondateur tombé en disgrâce d’Alibaba. La businesswoman, propriétaire de plusieurs vignobles en France, a par ailleurs été condamnée pour des délits boursiers en 2017.

« Restaurer » le secteur de l’art et du divertissement

Le cas Zhao Wei entre en résonance avec d’autres affaires mêlant des stars chinoises. Ces derniers mois, les autorités du pays ont été échaudées par une série de scandales. Le régulateur chinois de l’audiovisuel a imposé le retrait des séries télévisées avec l’actrice Zheng Shuang, accusée de fraude fiscale et d’abandon de ses deux enfants après sa rupture avec son compagnon. Très populaire en Chine, la comédienne de 30 ans a été ordonnée par le fisc de régler une amende de 299 millions de yuans (39 millions d’euros) pour ne pas avoir déclaré des revenus.

Objectif pour Pékin : imposer une tolérance zéro vis-à-vis des déboires des célébrités. « Depuis un moment déjà, les manquements moraux et les violations de la loi par les artistes suscitent la vive attention de la société », avait averti la télévision publique CCTV, d’après des constatations de l’Agence France-Presse. La chaîne appelait alors à « restaurer » le secteur de l’art et du divertissement afin qu’il soit « sain et marqué par l’honnêteté ».

Par Le Point avec AFP

Côte d’Ivoire, Ghana réveillez-vous ! La Chine exporte du cacao vers la Belgique

août 19, 2021

Séchage des fèves de cacao au Ghana

Premiers fournisseurs mondiaux, les exportateurs africains de cacao ne touchent que 5 % des revenus de l’industrie du chocolat, sur un total annuel mondial de 130 milliards de dollars. Ils doivent maintenant faire face à l’arrivée de la Chine sur le marché.

En 2013, Mondelez, la société mère de Cadbury Australia, avait annoncé qu’elle allait investir 59 millions de dollars dans des essais de culture de cacaotiers le long de son usine de Hobart, en Tasmanie, au nord de l’Australie. Le but était d’augmenter la production annuelle de fèves.

Cela aurait dû être un premier signal d’alarme pour les producteurs africains. C’est désormais la Chine qui se lance dans la production de cacao, avec des projets expérimentaux qui ont déjà permis l’exportation de fèves vers la Belgique.

L’Afrique subsaharienne fournit aujourd’hui 86 % de la production mondiale de fèves de cacao, les 14 % restants étant apportés par le Brésil (12 %) et Trinidad-et-Tobago (2 %), mais elle ne touche que 5,35 % des revenus générés par l’ensemble de l’industrie (de la fève brute aux tablettes de chocolat).

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Pourquoi ? Pour certains, cela tient au fait que l’Afrique consomme elle-même peu de ses produits dérivés, avec seulement 1 % de la consommation mondiale.

D’autres estiment que l’Afrique, contrairement à l’Europe, n’a pas encore la capacité technique de construire des modèles intégrés pour transformer la matière première en produits finis et gérer la chaîne d’approvisionnement.

D’aucuns mettent en avant le manque d’investisseurs industriels, dû à des conditions d’emprunt difficiles (taux trop élevés, garanties exigées trop strictes), d’une préférence pour la liquidité et plus globalement d’un manque de confiance dans l’économie.

Une vision trop réduite des choses

Ces trois arguments sont tout à fait recevables. Mais si nous ne parvenons pas à capter plus de la valeur de la chaîne d’approvisionnement c’est parce que nos petits exploitants agricoles, nos coopératives, nos organismes de réglementation et les gouvernements en place ne voient pas assez grand.

Ils laissent l’ensemble de l’industrie locale planter les fèves, les récolter et les vendre à des courtiers internationaux à des prix inférieurs à ceux acceptés sur les marchés internationaux des matières premières.

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La chaîne de valeur est donc biaisée, au détriment des pays qui dépendent de la production primaire. En effet, l’agriculture comprend quatre socles : la production primaire, le stockage, la transformation et la distribution, mais ces différents niveaux ne sont pas rémunérés de la même manière. Plus on avance dans la chaîne d’approvisionnement, plus on gagne.

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Menace chinoise

C’est dans ce contexte inquiétant qu’il faut placer l’arrivée de la Chine sur le marché du cacao. L’Académie chinoise des sciences agricoles tropicales (CATAS) a travaillé à la culture du cacao dans la province de Haina et a récemment exporté 500 kg de fèves de cacao vers la Belgique, pour une valeur dérisoire de 3 044 euros (pour l’instant).

NOUS DEVONS CHANGER AU PLUS VITE LA FAÇON DONT NOUS PRODUISONS LE CACAO

Alors que le Cocobod du Ghana (l’organisme paraétatique qui organise la production de cacao du pays) a assuré que cette exportation chinoise n’avait rien d’inquiétant, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs agricoles du Ghana, Edward Kareweh, s’est montré lui beaucoup plus préoccupé. « Nous devons changer au plus vite la façon dont nous produisons le cacao dans ce pays. Nous utilisons des pioches et des couteaux dans nos exploitations depuis plus de 100 ans », a-t-il déclaré.

La Chine a compris qu’elle pouvait tirer parti de la fragilité du modèle africain en produisant suffisamment de fèves pour le vendre à l’Europe, dans le but de réduire sa balance commerciale due à l’importation de chocolat.

Elle songe même à développer ses propres industries pour fabriquer des barres de chocolat et d’autres produits dérivés qui serviront à nourrir 1,4 milliard de Chinois. La fève de cacao est riche, et peut être utilisée dans les barres de chocolat donc, mais aussi dans les préparations pour gâteaux, les aliments pour le petit-déjeuner, les boissons, la crème glacée.

Des solutions malgré tout

Pour tenter de s’emparer d’une plus grande partie de la chaîne de valeur le Ghana et la Côte d’Ivoire ont créé un « Chocopec », avec un prix plancher en dessous duquel les agriculteurs ne peuvent pas vendre leurs matières premières.

Mais la décision du Cocobod au Ghana et du gouvernement ivoirien de fixer un prix plancher pour la fève est en réalité contre-productive. Car si l’Afrique subsaharienne contrôle 86 % de la chaîne d’approvisionnement mondiale en intrants primaires, elle ne contrôle pas la division « achat » des produits dérivés, ni les sections secondaire (autrement dit la fabrication) et tertiaire (la logistique et la distribution) de la chaîne de valeur ajoutée.

La réponse se situe en partie dans l’intégration en amont, c’est-à-dire par la substitution des importations.

Certains pays comme la Côte d’Ivoire ont déjà entamé ce processus. Mais la plupart des additifs primaires nécessaires à la transformation du beurre de cacao en chocolat, comme le lait et le sucre, sont encore importés d’Europe.

Cacao

Pour que la Côte d’Ivoire puisse tirer pleinement profit de sa production primaire de fèves de cacao, elle doit en outre trouver des marchés dans son pays et sur le continent, car elle ne peut pas construire une chaîne d’approvisionnement sans acheteurs.

Une solution envisageable serait de veiller à ce que le Nigeria développe son plan national de transformation de l’élevage (NLTP) dans le cadre de son programme de développement laitier. Cela lui permettrait de fournir à ses voisins les matières premières et les additifs nécessaires à la transformation du cacao, sans avoir à aller les chercher en Amérique du Sud.

Autre possibilité, la construction au Ghana de fermes d’élevage entièrement mécanisées pour la production de lait, ou encore la mise en place de modèles verticalement intégrés pour pouvoir transformer la canne à sucre.

Ces projets doivent être débattus au niveau régional, par exemple lors des sommets économiques organisés par les dirigeants politiques du continent.

L’Institut de recherche sur le cacao du Ghana (CRIG) a de son côté produit des échantillons de produits issus de ses recherches sur les utilisations futures du cacao. Les usages futurs sont nombreux : cosmétiques, produits de toilette, engrais, boissons, biocarburants etc. La commercialisation des résultats de cette étude pourrait être très intéressante, à condition toutefois de trouver un financement privé.

Repenser le modèle de financement

Or les projets qui émergent ont en effet souvent du mal à se financer.

Aujourd’hui les entrepreneurs ne peuvent pas obtenir un prêt sans fournir aux banques des actifs physiques en garantie car il n’existe pas de système conçu pour analyser la solvabilité des emprunteurs. Autrement dit, il est impossible d’avoir accès au capital de long terme avec des garanties moins exigeantes.

Le cas d’Edmond Poky l’illustre bien. Cet homme d’affaires ghanéen, qui a obtenu un MBA à Columbia, a décidé de quitter son emploi chez Goldman Sachs pour créer son entreprise. Mais au moment du lancement de son projet, il n’a pu lever au Ghana que 2 millions de dollars sur les 40 qu’il espérait obtenir et a finalement dû se financer sur les marchés américains. Son entreprise, Niche Cocoa Processing Limited, a engrangé l’an dernier 120 millions de dollars de revenu.

Seul un fonds d’investissement dédié aux entreprises aux entreprises ayant des modèles commerciaux et financiers bancables de transformer la fève de cacao en produits finis permettrait de lever ces obstacles au financement.

Les gouvernements, en partenariat avec la Banque africaine de développement, la Banque africaine d’import-export (Afrexim) et la Société financière africaine, ainsi que les banques de dépôt, doivent s’unir pour fournir des capitaux « patients », au coût raisonnable aux entrepreneurs ayant des projets intéressants.

Comme le dit un célèbre proverbe chinois : « Le meilleur moment pour planter un arbre était il y a 20 ans, le deuxième meilleur moment est maintenant ». C’est aujourd’hui l’occasion pour le continent africain de récupérer sa part du gâteau.

Par Jeune Afrique avec

Kelvin Ayebaefie Emmanuel

* Kelvin Ayebaefie Emmanuel est le co-fondateur et le DG de Dairy Hills