Posts Tagged ‘CHINE’

Canada: une juge douche les espoirs de libération rapide de la fille du fondateur de Huawei

mai 27, 2020

La justice canadienne a infligé mercredi un revers à une dirigeante du géant chinois Huawei, en se prononçant pour la poursuite de la procédure en vue de son extradition vers les États-Unis qui est à l’origine d’une crise sans précédent entre Ottawa et Pékin.

Meng Wanzhou, directrice financière du numéro un mondial des équipements 5G, accusée par les États-Unis d’avoir contourné les sanctions américaines contre l’Iran, avait été arrêtée fin 2018 à Vancouver. Cette arrestation avait provoqué la fureur de la Chine, qui depuis n’a cessé d’exiger sa libération.

Mais mercredi, une juge de la Cour suprême de Vancouver a douché les espoirs chinois d’une remise en liberté rapide de Mme Meng, en liberté surveillée dans l’une de ses luxueuses résidences de Vancouver.

La juge Heather Holmes a estimé que contrairement à ce qu’allèguent les avocats de la dirigeante, la procédure d’extradition respecte le principe de la «double incrimination»: le délit reproché à la dirigeante aux États-Unis existe également au Canada, condition sine qua non pour qu’elle puisse être éventuellement extradée.

«La nécessité d’une double incrimination en vue d’une extradition peut être remplie dans ce cas», écrit la magistrate dans son jugement de 23 pages. «La demande de Mme Meng est par conséquent rejetée.»

Présents au prononcé du jugement, Mme Meng et ses avocats ne s’étaient pas exprimés en début d’après-midi. Une prochaine audience est prévue mi-juin, au cours de laquelle les avocats de Mme Meng devraient cette fois contester la légalité de son arrestation à l’aéroport de Vancouver le 1er décembre 2018.

Les procureurs canadiens accusent Mme Meng d’avoir commis une fraude en mentant à une banque américaine, ce qui est un crime à la fois au Canada et aux États-Unis. Mais les avocats de la défense affirment que l’affaire porte sur des violations de sanctions américaines contre l’Iran, qui n’avaient pas d’équivalent au Canada au moment des faits reprochés.

Pékin a clairement indiqué que sa libération était une condition sine qua non à une amélioration de ses relations avec Ottawa et à la libération de deux Canadiens détenus sur des soupçons d’espionnage.

Par Le Figaro avec AFP

De la chair humaine vendue sur un marché chinois

mai 24, 2020

Un homme est suspecté d’avoir tué une vingtaine de jeunes gens, de les avoir dépecés et d’avoir vendu une partie de leur chair comme de la « viande d’autruche ».

Photo d'illustration
Photo d’illustration © AFP/ Peter Parks

La Chine est «au bord d’une nouvelle Guerre froide» avec les États-Unis

mai 24, 2020

 

«Certaines forces politiques américaines prennent en otage les relations entre la Chine et les Etats-Unis et poussent nos deux pays au bord d’une nouvelle Guerre froide» a dit le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

La Chine et les Etats-Unis sont «au bord d’une nouvelle Guerre froide», a averti dimanche 24 mai le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, déplorant le regain de tensions avec Washington autour de l’épidémie de Covid-19.

Les premiers malades du nouveau coronavirus ont été signalés à la fin de l’an dernier dans la ville chinoise de Wuhan (centre). Il s’est depuis répandu sur la planète et fait quelque 340.000 morts. Donald Trump a accusé régulièrement ces dernières semaines les autorités chinoises d’avoir tardé à communiquer des données cruciales sur la gravité du virus dont la propagation aurait pu, selon lui, être endiguée.

«Outre la dévastation causée par le nouveau coronavirus, un virus politique se propage aux États-Unis» a regretté devant la presse le chef de la diplomatie chinoise, sans nommer le président américain. «Ce virus politique saisit toutes les occasions pour attaquer et diffamer la Chine», a fustigé Wang.

Pékin et Washington étaient déjà à couteaux tirés depuis deux ans et la guerre commerciale lancée par l’administration Trump à base de surtaxes douanières réciproques qui pénalise le commerce international. Mais la pandémie de nouveau coronavirus a poussé la tension entre les deux puissances à des sommets.

«Certaines forces politiques américaines prennent en otage les relations entre la Chine et les Etats-Unis et poussent nos deux pays au bord d’une nouvelle Guerre froide» avec la crise du coronavirus, a regretté Wang Yi.

Donald Trump a évoqué la possibilité de demander à Pékin de payer des milliards de dollars de réparations pour les dommages causés par l’épidémie. Et les Etats-Unis ont appelé à une enquête internationale sur l’origine du virus.

Pékin «prêt» à une coopération internationale sur l’origine du virus

La Chine est «prête» à une coopération internationale afin d’identifier la source du nouveau coronavirus, a déclaré dimanche le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dont le pays est mis en cause pour la propagation de l’épidémie.

Une telle coopération devra s’abstenir de toute «ingérence politique», a souligné Wang Yi lors d’une conférence de presse, accusant au passage des responsables politiques américains de vouloir «propager des rumeurs» afin de «stigmatiser la Chine», où le Covid-19 a fait son apparition à la fin de l’an dernier

Lundi, le président chinois Xi Jinping s’est dit favorable à une «évaluation complète» de la réponse mondiale au nouveau coronavirus une fois que l’épidémie aura été enrayée.

Par Le Figaro avec AFP

L’ambassadeur de Chine en Israël retrouvé mort chez lui

mai 17, 2020

L’ambassadeur de Chine en Israël a été retrouvé mort dimanche 17 mai dans sa résidence en banlieue de Tel-Aviv, où la police a ouvert une enquête, ont annoncé des sources israéliennes.

Du Wei, 57 ans et entré en fonction en février, a été retrouvé mort dans sa résidence à Herzliya, ville huppée près de la métropole Tel-Aviv, a indiqué le porte-parole de la police Micky Rosenfeld.

La police était sur place dimanche pour mener l’enquête, a précisé à l’AFP une source israélienne requérant l’anonymat et disant ne pas en savoir davantage à ce stade sur les causes possibles du décès du diplomate, dont la femme et le fils n’étaient pas en Israël avec lui.

Une enquête a été ouverte.

Selon des sources citées par le journal Haaretz, l’ambassadeur serait mort dans son sommeil d’un arrêt cardiaque. Le ministère chinois des Affaires étrangères a indiqué qu’il ne ferait de commentaires que lorsqu’il serait en possession d’«informations solides».

Du Wei avait été ambassadeur en Ukraine avant de prendre ses fonctions en Israël, selon sa biographie sur le site de l’ambassade.

Son décès intervient quelques jours après la visite à Jérusalem du chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo qui a récemment exhorté Israël, allié des Etats-Unis, à limiter les investissements chinois dans des secteurs stratégiques sur son sol, selon des informations de presse.

Les Etats-Unis ont accusé implicitement la Chine de camoufler des informations sur la pandémie de Covid-19, voire de chercher à pirater des recherches sur un vaccin.

Par Le Figaro avec AFP

La Chine demande aux États-Unis de payer leurs dettes à l’Onu

mai 15, 2020

La Chine demande aux membres de l’Onu de «remplir pleinement leurs obligations financières» à l’égard de l’organisation, indique vendredi un communiqué chinois en citant explicitement les États-Unis qui ont accusé en retour Pékin de chercher à faire oublier sa «mauvaise gestion» de la pandémie.

«Au 14 mai, les contributions à devoir au budget de fonctionnement et au budget des opérations de paix sont respectivement de 1,63 milliard et 2,14 milliards de dollars», précise le communiqué de la mission chinoise auprès de l’Onu, qui s’appuie sur un rapport récent du secrétariat des Nations unies et une réunion jeudi. Incluant des arriérés remontant sur plusieurs années, «les États-Unis sont le plus gros débiteur, devant 1,165 milliard» pour le budget de fonctionnement «et 1,332 milliard de dollars» pour les opérations de paix, affirme aussi le communiqué chinois, des chiffres qui sont contestés par Washington.

Les États-Unis sont le premier contributeur financier à l’Onu en payant 22% du budget annuel de fonctionnement (totalisant environ trois milliards de dollars) et 25% du budget annuel des opérations de paix (environ six milliards de dollars). Formellement, les États-Unis sont tenus d’acquitter près de 28% de ce dernier budget, mais en vertu d’une décision du Congrès appliquée par le président Donald Trump depuis 2017, les États-Unis ne payent que 25%, accumulant chaque année l’équivalent de près de 200 millions de dollars de dettes.

Interrogée sur l’appel chinois, la mission diplomatique américaine à l’Onu a estimé que la Chine cherchait à nouveau à «détourner l’attention de sa dissimulation et de sa mauvaise gestion de la crise du Covid-19». «Les États-Unis ont récemment effectué un paiement de 726 millions de dollars pour sa contribution aux opérations de paix» et comme chaque année paieront la majorité de celle-ci en fin d’année, a ajouté un porte-parole de la mission. Concernant les arriérés américains pour les opérations de paix, ils sont de «888 millions de dollars», dont «deux tiers» viennent de la différence entre les pourcentages de 27,89% et 25% depuis 2017, a aussi fait valoir la mission américaine.

A l’Onu, le paiement des contributions des pays membres pour les opérations de paix a une incidence directe sur le remboursement dû aux pays contributeurs de troupes pour sa quinzaine d’opérations de paix dans le monde. Dans son rapport du 11 mai, le secrétaire général de l’Onu Antonio Guterres note à ce sujet qu’il «pourrait y avoir des retards importants vers le milieu de l’année, à moins que la situation de trésorerie de toutes les missions ne s’améliore sensiblement».

Au 14 mai, près d’une cinquantaine d’États sur 193, dont la Chine, avaient payé la totalité de leurs contributions dues à l’Onu, comme le relève dans son communiqué Pékin, deuxième contributeur financier aux Nations unies, loin derrière les États-Unis. La Chine paie environ 12% du budget de fonctionnement et 15% du budget des opérations de paix.

Avec Le Figaro avec AFP

Plus de 280.000 morts dans le monde

mai 10, 2020

 

La pandémie de nouveau coronavirus a fait plus de 280.000 morts dans le monde, dont près de 85% en Europe et aux Etats-Unis, depuis son apparition en Chine en décembre, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles.

Au total, 280.011 décès ont été recensés dans le monde (pour 4.052.677 cas), dont 156.095 en Europe (1.730.916 cas), continent le plus touché. Les États-Unis sont le pays ayant enregistré le plus de morts (78.862), devant le Royaume-Uni (31.855), l’Italie (30.560), l’Espagne (26.621) et la France (26.380).

Coronavirus: 776 morts aux Etats-Unis en 24 heures

Les Etats-Unis ont enregistré 776 décès dus au coronavirus en 24 heures, le chiffre le plus bas depuis mars, ce qui porte le total à 79.522, selon le comptage samedi soir de l’université Johns Hopkins, qui fait référence.

Depuis plusieurs semaines, le bilan quotidien oscillait entre 1.000 et 2.500 morts. D’après cette université de Baltimore (est), il y a eu 1.329.072 cas détectés dans le pays le plus touché par la pandémie, si l’on se fie à des données qui pourraient néanmoins sous-estimer le nombre de cas aux Etats-Unis comme un peu partout dans le monde, faute de tests suffisants.

Coronavirus: en Chine, cinq nouveaux cas à Wuhan, berceau de la pandémie

Les autorités sanitaires chinoises ont indiqué dimanche avoir confirmé la veille 17 nouveaux cas de contamination au coronavirus en Chine continentale, dont sept infections concernant des personnes arrivées de l’étranger. Cinq nouveaux cas ont été répertoriés à Wuhan, ville où s’est déclaré l’épidémie de coronavirus à la fin de 2019.a fait 4.633 morts en Chine continentale, et contaminé plus de 82.918 personnes.

Coronavirus: plus de 350 cas supplémentaires en Allemagne

Le nombre de cas de contamination confirmés au coronavirus en Allemagne a grimpé à 169.575, et l’épidémie a désormais causé 7.417 décès dans le pays, selon les données publiées jeudi par l’Institut Robert Koch (RKI) pour les maladies infectieuses. Cela représente 357 cas de contamination supplémentaires et 22 nouveaux décès en l’espace de vingt-quatre heures, d’après le bilan rapporté par le RKI.

70 morts en 24 heures en France, plus faible bilan quotidien depuis le confinement

L’épidémie de coronavirus a causé la mort de 70 personnes sur les dernières 24 heures en France, soit le plus faible bilan quotidien depuis le début du confinement le 17 mars, a indiqué la direction générale de la Santé, à la veille du début du déconfinement de la population.

Le bilan total depuis le 1er mars s’élève désormais à au moins 26.380 décès, alors que la pression sur les services d’urgence hospitaliers se réduit toujours, avec 36 malades en moins, pour un total de 2 776 cas graves en réanimation, selon le bilan quotidien de la DGS. C’est trois fois moins que le pic constaté le 8 avril, avec 7 148 personnes en réanimation. 22.569 personnes restent aujourd’hui hospitalisées pour Covid-19 en France, contre 22.614 samedi.

Le Figaro par Aude Bariety, Julien Boudisseau, Morgane Rubetti, Pierre Sautreuil avec AFP et Reteurs

Coronavirus : «le monde aurait dû écouter l’OMS», affirme son patron

avril 27, 2020

Le monde «aurait dû écouter» l’OMS qui a tiré la sonnette d’alarme sur le nouveau coronavirus dès la fin janvier, a affirmé lundi 27 avril le patron de l’organisation, soulignant que les autorités sanitaires mondiales ne peuvent pas obliger les pays à suivre ses recommandations.

«Le monde aurait dû écouter attentivement l’OMS, car l’urgence mondiale a été déclenchée le 30 janvier», avec alors, en dehors de la Chine, 82 cas et aucun décès, a déclaré le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d’une conférence de presse à Genève.

Trump: la Chine aurait pu empêcher la propagation du coronavirus

Le président américain Donald Trump a déclaré lundi que la Chine aurait pu stopper le coronavirus avant qu’il ne se propage à travers le monde, et a fait savoir que son administration menait une «sérieuse enquête» sur les origines de l’épidémie. «Nous ne sommes pas contents de la Chine», a-t-il dit lors d’un point de presse quotidien à la Maison blanche sur le coronavirus.

«Nous pensons que (le virus) aurait pu être stoppé à la source. Il aurait pu être stoppé rapidement et il ne se serait pas propagé partout dans le monde», a ajouté le président américain.

Par Le Figaro avec Reuters

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus : comment la Chine cherche à redorer son image en Afrique

avril 16, 2020

En Chine, des ressortissants africains jetés à la rue par leurs hôtels, de peur du Covid-19. Guangzhou, avril 2020.

En Chine, des ressortissants africains jetés à la rue par leurs hôtels, de peur du Covid-19. Guangzhou, avril 2020. © Photo EyePress via AFP

 

Berceau de la pandémie de coronavirus, la Chine envoie du matériel sanitaire à travers le continent. Mais ces efforts suffiront-ils à faire oublier ses manquements dans la gestion de la crise et les traitements discriminatoires dont sont victimes les ressortissants africains sur son territoire ?

« Lorsque la neige et la glace fondront, ce sera le printemps. Après la victoire contre l’épidémie, la communauté de destin Chine-Afrique sera encore plus solide. » Pour conclure la visioconférence qu’il avait organisée, le 10 mars, avec les ministres des Affaires étrangères d’une cinquantaine de pays d’Afrique, Wang Yi, conseiller d’État et chef de la diplomatie chinoise, s’est voulu poétique et prophétique.

La belle amitié sino-africaine affichée à longueur de discours a pourtant pris de sérieux coups ces dernières semaines. D’abord parce que d’Abidjan à Lubumbashi, à mesure que la peur du virus se répandait, les Chinois présents en Afrique étaient montrés du doigt et ostracisés.

Signe de cette défiance, les appareils d’Ethiopian Airlines – seule compagnie aérienne africaine qui continue à desservir la Chine – ont été interdits jusqu’à nouvel ordre au Kenya. À Ouagadougou, l’un de ses avions a été bloqué sur le tarmac de l’aéroport, le temps que les passagers soupçonnés de porter le Covid-19 soient testés. À Brazzaville, un groupe de travailleurs chinois débarqués fin mars d’un vol en provenance d’Addis-Abeba ont été mis d’office en quarantaine dans un hôtel malgré leurs protestations.

Mais depuis quelques jours, c’est de Guangzhou, en Chine continentale, qu’arrivent des témoignages alarmants. Il est cette fois question de pratiques discriminatoires infligées par les autorités provinciales aux milliers d’Africains établis dans l’ancienne Canton. Beaucoup affirment avoir été expulsés de leurs hôtels ou de leurs appartements, soupçonnés d’être porteurs du virus. D’autres ont été placés en isolement malgré des tests négatifs ou ont vu leur visa mystérieusement révoqué.

La situation est telle que, le 10 avril, le groupe des ambassadeurs africains à Pékin s’est formellement plaint du traitement réservé aux ressortissants du continent et que, trois jours plus tard, l’Union africaine (UA) a demandé aux autorités chinoises de prendre des mesures pour éviter tout débordement.

Péché originel

Si le gouvernement chinois a paru réceptif, c’est parce qu’il ne veut pas que l’épisode vienne ternir une image à peine redorée par l’aide massive qu’il a envoyée vers le continent ces dernières semaines. Comme pour se débarrasser du péché originel d’avoir laissé naître le Covid-19 en son sein, la Chine exporte dans le monde son matériel, son personnel et l’expertise qu’elle a acquise dans la lutte contre un virus qu’elle dit avoir jugulé chez elle.

Depuis le 1er mars, elle a expédié pour 1,33 milliard d’euros d’équipements médicaux divers (3,86 milliards de masques, 37,5 millions de vêtements de protection et 16 000 respirateurs, selon les douanes chinoises) dans plus de 80 pays, y compris africains.

Sur le continent, chacun a également reçu, fin mars, les 1 000 tenues de protection, les 20 000 kits de test et les 100 000 masques promis par la Fondation Jack Ma, du nom du richissime fondateur d’Alibaba, et remis sous le patronage insistant de l’ambassadeur chinois local.

D’autres entreprises chinoises participent à l’effort. L’opérateur Huawei distribue du matériel et des chèques dans les différents pays où il est implanté. China Merchants a importé 1 million de masques à Djibouti. CSCEC, le géant du BTP, a envoyé pour plus de 420 000 euros de matériel en Algérie et Hunan Construction a fait de même au Sénégal.

Des fournitures médicales données par le Chinois Jack Ma arrivent à l'aéroport d'Abuja, au Nigeria, le 25 mars 2020.
Des fournitures médicales données par le Chinois Jack Ma arrivent à l’aéroport d’Abuja, au Nigeria, le 25 mars 2020. © Kola SULAIMON / AFP

Aide bilatérale ciblée

En avril a ensuite débuté l’aide bilatérale proprement dite et clairement ciblée. La RD Congo a reçu 65 tonnes de matériel de dépistage et de protection, l’Éthiopie plus de 1 million de tests et 6 millions de masques, le Zimbabwe et l’Algérie, un hôpital de campagne. Le 6 avril, un avion d’Air China s’est posé à Accra pour y décharger plusieurs dizaines de tonnes d’équipements, par la suite redistribués dans 18 pays (Ghana, Nigeria, Sénégal, Gabon, Sierra Leone, Guinée-Bissau, Guinée, Côte d’Ivoire, Gambie, Liberia, Mali, Burkina Faso, Congo, Guinée équatoriale, Togo, Bénin, Cap-Vert et São Tomé).

« Contrairement à ce qu’elle prétend, la Chine ne sauvera pas l’Afrique à elle toute seule », affirment les experts de l’OCDE

Savamment mises en scène, parfaitement relayées par les médias chinois, ces opérations semblent pourtant trop sporadiques pour être suffisantes. «Contrairement à ce qu’elle prétend, la Chine ne sauvera pas l’Afrique à elle toute seule», affirment les experts de l’OCDE. Elle n’en a tout simplement pas les moyens.

Moteur grippé

Pékin vient de dépenser 14 milliards d’euros pour faire face à sa propre crise sanitaire. Plus d’un demi-million de PME ont mis la clé sous la porte depuis le mois de janvier et la zone économique de Shenzhen encaisse de plein fouet la chute de 20% des volumes d’exportation en mars.

Pékin saura-t-il sortir de la « diplomatie du masque », pour retrouver son costume de premier partenaire économique de l’Afrique ?

Les économistes s’attendent à ce que la croissance chinoise avoisine les 5% en 2020, soit le plus faible indice enregistré depuis longtemps par « le moteur du monde », toujours grippé donc, faute de demande sur les marchés. La Chine reste aujourd’hui « celle qui aide » aux yeux des Africains. Et demain ? Une fois remportée la « bataille des narratifs » dénoncée par les responsables européens, Pékin saura-t-il sortir de la « diplomatie du masque », pour retrouver son costume de premier partenaire économique de l’Afrique ?

Les grands chantiers déjà lancés se poursuivent, mais d’autres gros projets d’infrastructures pourraient être retardés, voire annulés, en fonction de l’état des finances chinoises et des chaînes d’approvisionnement. Les flots attendus de touristes chinois vont se tarir et les délocalisations industrielles promises, notamment à l’Éthiopie, risquent d’être, au mieux, repoussées à des lendemains moins incertains.

Un créancier intransigeant

La chute des cours des matières premières alourdit enfin d’autant la dette contractée par les pays producteurs d’hydrocarbures et de certains minerais auprès de la Chine, qui détient à elle seule près d’un quart des créances des pays de la zone Cemac. « C’est en annulant [cette dette], tout simplement, que la Chine montrera vraiment son soutien à l’Afrique », insistent de plus en plus les économistes du continent.

Le problème, c’est que Pékin passe pour être un créancier intransigeant. « Je ne doute pas une seule seconde que, pour le président chinois, la situation de l’Afrique justifie un geste de cette importance, a pourtant affirmé le président français, Emmanuel Macron, le 14 avril, dans une interview à RFI. Donc c’est une discussion que nous aurons […] parce que je vais le solliciter sur ce point. » Mais sera-t-il entendu ?

Enfin, certains voient dans les difficultés de Pékin une occasion pour le continent « de redéfinir les liens économiques qui le lient au reste du monde, et notamment aux Chinois ». Avec la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) et l’arrivée annoncée de la monnaie, l’eco, dans les 15 pays de la Cedeao, l’Afrique est en train de se doter des outils qui doivent lui permettre de mieux s’insérer dans une économie internationale elle-même rebattue. C’est l’un des scénarios rendus possibles par la pandémie. Pas forcément celui retenu par les stratèges de Pékin.

Jeuneafrique par Olivier Caslin

Chine: excuses de McDonald’s pour avoir interdit un restaurant aux Noirs

avril 14, 2020

 

McDonald’s a dû présenter des excuses pour avoir interdit aux Noirs l’entrée d’un de ses restaurants du sud de la Chine, où des Africains se plaignent de discriminations sur fond de lutte contre le coronavirus.

Après plusieurs cas positifs au Covid-19 parmi la communauté nigériane de la métropole de Canton, des Africains se sont dit victimes d’expulsions, d’interdictions d’entrer dans des commerces, de placements en quarantaine et de dépistages abusifs. L’Union africaine a fait part samedi de son «extrême préoccupation».

Dans ce contexte, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux a montré un avis expliquant en anglais à la porte d’un restaurant que «les Noirs n’ont pas le droit d’entrer» dans un McDo de la ville. La chaîne américaine de restauration rapide a présenté des excuses et un des ses porte-parole a précisé mardi à l’AFP que l’établissement avait été fermé temporairement dimanche pour une séance de formation du personnel.

Parallèlement, une vingtaine d’ambassadeurs africains ont été reçus lundi à Pékin au ministère des Affaires étrangères par un secrétaire d’Etat, Chen Xiaodong. M. Chen a promis à cette occasion de «lever les mesures sanitaires concernant les Africains, à l’exception des patients confirmés» du Covid-19, selon un compte-rendu de la diplomatie chinoise. Il a appelé les ambassadeurs à «expliquer la vérité objectivement» et de façon «rationnelle» à leur pays.

Par Le Figaro avec AFP

Le Canada a bâti un nouveau réseau d’approvisionnement en Chine

avril 13, 2020
Déjà trois livraisons ont été réalisées dans le cadre de ce plan et le Canada en prévoit plusieurs autres.
© Twitter/Cargojet Déjà trois livraisons ont été réalisées dans le cadre de ce plan et le Canada en prévoit plusieurs autres.
Alors que les canaux traditionnels d’approvisionnement en matériel médical et en équipement de protection ne suffisent pas à satisfaire la demande internationale depuis plusieurs semaines, le gouvernement canadien a entrepris de mettre sur pied son propre réseau d’approvisionnement parallèle en matériel de protection individuelle fabriqué en Chine.

Ce nouveau réseau d’approvisionnement, créé en urgence, a déjà permis la livraison par avion de trois cargaisons de matériel médical. La plus récente, arrivée samedi, contenait des millions de masques N95 destinés au personnel médical à travers le pays.

Le gouvernement a dû rapidement mettre sur pied un système fiable avec l’aide de diplomates, de consultants, de deux transporteurs aériens et d’un entrepôt français de Shanghai. La crise prenant de l’ampleur partout dans le monde, les fonctionnaires fédéraux autant que les équipes politiques étaient arrivés à l’évidence : la lutte entre les pays pour se procurer de tels équipements, souvent déloyale, rendait trop peu fidèles les fournisseurs traditionnels.

Les masques respiratoires N95 sont particulièrement en demande.

© Guy Leblanc/Radio-Canada Les masques respiratoires N95 sont particulièrement en demande.
Les prix grimpaient au rythme des enchères officieuses, des cargaisons se voyaient détournées par d’autres acheteurs – souvent des pays alliés comme les États-Unis – sur les tarmacs. Certaines histoires qui circulent, mais qui n’ont pu être confirmées, évoquent des avions envoyés par des pays étrangers avec à leur bord des mallettes remplies d’argent comptant pour racheter des cargaisons destinées à d’autres dans les aéroports et les usines chinoises.

C’est vraiment comme le Far West quand il s’agit d’acheter des fournitures médicales, disait la vice-première ministre, Chrystia Freeland, la semaine dernière. Pendant ce temps, le personnel médical canadien criait au manque d’équipements de protection, craignait pour sa sécurité et voyait le taux d’absentéisme s’accroître.

Les problèmes d’approvisionnement ne disparaîtront pas du jour au lendemain avec quelques cargaisons. La solution du gouvernement se veut partielle, pas miraculeuse. Mais il semble tout de même qu’elle fonctionne.

Le rôle clé de l’ambassadeur

«On est chanceux d’avoir [Dominic] Barton», a expliqué à la CBC un fonctionnaire affecté à cet effort d’approvisionnement à propos du rôle de l’ambassadeur du Canada à Pékin. «C’est avant tout un homme d’affaires. Il a de bons contacts en Chine, il connaît les Chinois et il comprend comment ils font affaire.»

M. Barton n’est pas ambassadeur de carrière. Ce n’est que depuis quelques mois qu’il est diplomate. Au cours des dernières années, il a notamment dirigé la branche asiatique de la firme de consultants McKinsey et a siégé au conseil d’administration de la Banque de Développement de Chine, une banque gouvernementale de grande ampleur souvent impliquée dans d’imposants projets.

Ces derniers temps, le corps diplomatique canadien en Chine a converti ses activités. Au lieu de « vendre » le Canada aux Chinois, les employés de l’ambassade, des consulats et des bureaux commerciaux du Canada sont désormais principalement chargés de dégoter et d’acheter du matériel médical.

«Nous avons déployé l’équipe de notre ambassade sur le terrain dans des efforts pour nous assurer que nos commandes sont livrées dans les délais et pour identifier de nouvelles opportunités pour nous», a résumé le 7 avril la ministre des Services publics et de l’Approvisionnement, Anita Anand.

Pour aider le personnel diplomatique, dont les tâches étaient chamboulées pour en faire des commerçants, Ottawa a engagé une société de conseil. Cette firme, une multinationale, n’a pas été identifiée pour des raisons stratégiques. Une source gouvernementale de la CBC a toutefois indiqué qu’il ne s’agit pas de McKinsey, l’ancien employeur de l’ambassadeur Barton.

Les consultants de l’entreprise contribuent à identifier des fabricants de matériel médical fiables dans leur production et leurs livraisons, qui respectent les standards canadiens de qualité alors que plusieurs pays ont dû renvoyer en Chine des cargaisons de matériel défectueux.

Des gens d’affaires canadiens issus de la diaspora chinoise ont aussi été appelés à aider les gouvernements fédéral et provinciaux à trouver des partenaires d’affaires fiables.

L’entrepôt français à Shanghai

Même si ce plan fonctionne, il a ses limites logistiques. Une fois le fournisseur trouvé et la commande passée, encore faut-il qu’elle arrive à bon port et dans un bon état. Là-dessus, les contacts de l’ambassadeur Barton sont relativement impuissants.

«Une commande n’est pas une garantie de livraison», avait prévenu la ministre Anand. Le Canada doit donc s’impliquer dans l’ensemble du processus, mais a aussi besoin de partenaires.

Ottawa a décidé de faire affaire avec l’entreprise française Bolloré Logistics, qui se spécialise dans le transport et qui est implantée de longue date au Canada. Bolloré a des bureaux un peu partout dans le monde, dont à Shanghai.

Shanghai est une des plaques tournantes du trafic aérien en Asie, avec 2 des 20 aéroports les plus fréquentés du continent.

© Johannes Eisele/AFP Shanghai est une des plaques tournantes du trafic aérien en Asie, avec 2 des 20 aéroports les plus fréquentés du continent.
Sur le terrain, les employés de Bolloré récupèrent les commandes canadiennes et les acheminent vers son entrepôt près d’un des aéroports de Shanghai, depuis lequel elles sont exportées vers le Canada. Comme il est entreposé, le matériel médical acheté par le Canada ne peut pas être récupéré par d’autres pays alors qu’il attend sur un tarmac que les procédures administratives liées à son transport soient réglées.

Et comme les vols commerciaux se font rares, les transporteurs et les pilotes prêts à livrer les cargaisons ne manquent pas pour établir un pont aérien.

Les transporteurs

C’est sans tambour ni trompette qu’est arrivée la première cargaison le 1er avril à Toronto, puis une autre, cinq jours plus tard. À bord du deuxième avion se trouvaient quelque huit millions de masques commandés par le gouvernement fédéral, mais aussi du matériel acheté par le Québec et la Nouvelle-Écosse. À cela s’ajoute maintenant la livraison de samedi.

Pour le transport des cargos que Bolloré garde dans son entrepôt, le gouvernement a conclu des ententes avec Air Canada et Cargojet. C’est un avion de Cargojet qui s’est posé à Hamilton samedi, alors qu’Air Canada doit envoyer des appareils à Shanghai cette semaine pour ramener d’autres cargaisons. Si tout va bien, ces livraisons seront de plus en plus fréquentes.

Air Canada a entrepris la conversion d'appareils qui transportent habituellement des passagers pour en faire des avions cargo.

© Air Canada Air Canada a entrepris la conversion d’appareils qui transportent habituellement des passagers pour en faire des avions cargo.
Le gouvernement du Canada a demandé à Air Canada de fournir des services de transport aérien d’urgence pour effectuer des vols de fret, peut-on lire dans un mémo interne adressé le 7 avril aux pilotes de l’entreprise, sur lequel la CBC a mis la main. Cette opération nécessitera beaucoup de pilotes au cours des sept à dix prochains jours.

Samedi, le jour de l’arrivée de l’appareil de Cargojet, Air Canada annonçait la conversion de trois Boeing 777 dont les sièges ont été retirés pour doubler leur capacité en termes de cargo

Avec CBC/Radio-Canada