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Les manifestations se multiplient en Chine contre le « zéro COVID »

novembre 27, 2022
Manifestation à Pékin.

Ces manifestations constituent une rare démonstration d’hostilité envers le régime de Xi Jinping. Photo: Obtained by Reuters

Des centaines de personnes sont descendues dans les rues dimanche à Pékin, Shanghai et d’autres villes de Chine pour protester contre les confinements à outrance, une rare démonstration d’hostilité envers le régime du président Xi Jinping et sa politique de « zéro COVID » draconienne pratiquée depuis près de trois ans.

Confinements inopinés, massifs et interminables à la découverte du moindre cas, mises en quarantaine systématiques des cas contact dans des camps et tests PCR négatifs exigés presque quotidiennement pour avoir accès à l’espace public exaspèrent de plus en plus la population chinoise. Un mécontentement attisé par plusieurs cas très médiatisés dans lesquels les services d’urgence, lors d’accidents, auraient été ralentis par les restrictions sanitaires, avec des conséquences fatales.

 Image tirée de la vidéo de manifestants criant des slogans face aux policiers à Shanghai.

Des foules en colère sont descendues dans les rues de Shanghai aux premières heures dimanche et des images similaires proviennent de plusieurs autres villes chinoises. Photo: Getty Images

Un incendie qui a fait dix morts jeudi à Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang, a exacerbé ces récriminations. De nombreuses publications circulant sur les réseaux sociaux ont accusé les mesures anti-COVID d’avoir aggravé ce drame, des voitures garées depuis des semaines pour cause de confinement dans l’étroite ruelle menant à l’immeuble en flammes ayant entravé l’arrivée des secours.

Dimanche après-midi, des centaines de personnes ont manifesté en silence dans le centre de Shanghai, métropole de 25 millions d’habitants soumise au début de l’année à un épuisant confinement de deux mois.

Brandissant fleurs blanches et feuilles de papier blanc – devenues un symbole de protestation contre la censure – les contestataires se sont postés en silence à plusieurs intersections avant d’être dispersés par la police, selon des témoins.

Une femme portant un masque de protection traverse une rue presque vide.

Une femme portant un masque de protection traverse une rue presque vide avec ses bagages dans le Central Business District à Pékin. Photo: Getty Images/Kevin Frayer

Une autre protestation avait déjà eu lieu la nuit précédente non loin de là. Une vidéo largement diffusée sur Internet et que l’AFP a géolocalisée a montré des personnes crier Xi Jinping, démission ! et s’en prendre aussi au Parti communiste chinois, une très rare démonstration d’hostilité envers le président et le régime dans la capitale économique du pays.

Cette première protestation s’est déroulée dimanche à l’aube dans la rue Wulumuqi – le nom en mandarin de la ville d’Urumqi. Il y a eu quelques échauffourées mineures, mais dans l’ensemble, le maintien de l’ordre a été civilisé, a dit un témoin à l’AFP. C’est fou de savoir que, dans ces circonstances, il y a encore tant de gens courageux qui se font remarquer, s’est-il exclamé.

Plusieurs témoins ont rapporté qu’au moins deux personnes ont été emmenées par les forces de l’ordre. Sollicitée par l’AFP, la police locale n’a pas réagi.

Entre 200 et 300 étudiants de la prestigieuse Université Tsinghua à Pékin ont également manifesté dimanche sur leur campus, selon un témoin interrogé par l’AFP et des images publiées sur les réseaux sociaux.

Ce témoin a rapporté que vers 11 h 30, une étudiante a commencé par brandir une feuille de papier blanc et a été rejointe par d’autres femmes.

On a chanté l’hymne national et l’Internationale, et scandé :  » la liberté triomphera  »,  » pas de tests PCR, on veut de la nourriture  »,  »non aux confinements, nous voulons la liberté  », a encore dit ce témoin.

Manifestation à Shanghai.

Cette capture d’écran montre des manifestants criant des slogans face aux policiers à Shanghai. Photo: Getty Images

Sur Internet, des vidéos montraient une foule devant la cantine de l’université, réunie autour d’un orateur qui criait : Ce n’est pas une vie normale, nous en avons assez. Nos vies n’étaient pas comme ça avant!

Une autre vidéo apparemment prise au même endroit montrait des étudiants criant : démocratie et État de droit, liberté d’expression, mais elle a été rapidement retirée d’Internet.

Une veillée à la mémoire des victimes de l’incendie d’Urumqi a aussi eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche à l’Université de Pékin, voisine de l’Université Tsinghua. Selon un étudiant y ayant participé, les protestataires ont commencé à se rassembler samedi soir vers minuit sur le campus, et la foule a atteint entre 100 et 200 personnes.

J’ai entendu des gens crier :  » non aux tests COVID, oui à la liberté  », a-t-il raconté, en montrant à l’AFP des photos et vidéos corroborant ses dires.

Des vidéos sur les réseaux sociaux ont par ailleurs montré une importante veillée à l’Institut des communications de Nankin, ainsi que de petits rassemblements à Xian, Wuhan et Canton, mais l’authenticité de ces images n’a pas pu être vérifiée par l’AFP.

L’entrée d’une zone résidentielle surveillée par des gardiens en tenue de protection contre la COVID-19 à Pékin.

Les confinements inopinés et les mises en quarantaine systématiques exaspèrent la population chinoise. Photo: Getty Images/Noel Celis

Les hashtags relatifs aux protestations étaient censurés sur la plateforme Weibo, et les vidéos sensibles étaient effacées des sites de partage Duoyin et Kuaishou.

Des protestations sporadiques et parfois violentes ont déjà eu lieu à travers le pays ces derniers jours, notamment dans la plus grande usine d’iPhone du monde située à Zhengzhou, ainsi qu’à Urumqi après l’incendie.

La Chine a recensé dimanche 39 506 cas de COVID-19, un record quotidien qui reste très faible par rapport aux chiffres enregistrés ailleurs dans le monde au plus fort de la pandémie.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Kris Wu, une vedette sino-canadienne, condamné à 13 ans de prison en Chine

novembre 25, 2022
Kris Wu, face à la caméra.

Kris Wu arrive au défilé Burberry, le 19 septembre 2016. Il a vécu plusieurs années durant son enfance à Vancouver. Photo: AP/ Joel Ryan Associated Press

Vendredi, un tribunal chinois a condamné la vedette pop sino-canadienne Kris Wu à 13 ans de prison pour des accusations de viol.

Le tribunal de district de Chaoyang, à Pékin, a déclaré que Kris Wu a été condamné à 11 ans et 6 mois de prison pour un viol qu’il aurait commis en 2020, et à 1 an et 10 mois, pour le crime d’avoir rassemblé une foule pour se livrer à la promiscuité sexuelle lors d’un événement de 2018 au cours duquel d’autres hommes et lui auraient agressé deux femmes qu’ils avaient enivrées.

Le tribunal a déclaré que les trois victimes de l’affaire de viol étaient également ivres et n’étaient pas en mesure de consentir.

Il a déclaré qu’une peine combinée de 13 ans avait été convenue et que Kris Wu serait immédiatement expulsé après avoir purgé sa peine.

Selon les faits, la nature, les circonstances et les conséquences néfastes du crime, le tribunal a rendu le jugement ci-dessus, a déclaré le tribunal dans un communiqué en ligne.

Un diplomate canadien était au tribunal pour entendre la condamnation, a-t-il ajouté.

Kris Wu a également été condamné à une amende de 600 millions de yuans (83,7 millions $ US) pour évasion fiscale parce qu’il n’aurait pas déclaré tous ses revenus provenant notamment de spectacles et de publicités.

Kris Wu est né à Guangzhou, en Chine, et a passé son adolescence à Vancouver, où il a effectué sa scolarité, notamment dans les écoles West Point Grey et Sir Winston Churchill. Il a commencé dans la chanson, mais il a joué dans plusieurs films, dont certains qui ont fait sensation en Chine et en Amérique du Nord, selon plusieurs biographies en ligne. Il est citoyen chinois et canadien.

Le procès de l’ancien membre du groupe sud-coréen EXO, âgé de 32 ans, qui a eu lieu en juin, a été interdit au public pour protéger la vie privée des victimes.

Kris Wu est en prison depuis août 2021. La police avait alors ouvert une enquête en réponse à des commentaires en ligne selon lesquels il aurait attiré à plusieurs reprises de jeunes femmes pour qu’elles aient des relations sexuelles, selon un communiqué de la police à l’époque.

Cette année-là, une adolescente l’avait accusé d’avoir eu des relations sexuelles avec elle alors qu’elle était ivre. Kris Wu, connu en chinois sous le nom de Wu Yifan, a nié l’accusation.

Chine: six millions de personnes confinées après une flambée de Covid et de violentes manifestations

novembre 24, 2022

Chine: six millions de personnes confinees apres une flambee de Covid et de violentes manifestations
Chine: six millions de personnes confinées après une flambée de Covid et de violentes manifestations© AFP/Noel CELIS

Zhengzhou, ville du centre de la Chine qui héberge une immense usine d’iPhone, a ordonné jeudi le confinement de six millions de personnes après une flambée de Covid-19 qui a entraîné de violentes manifestations sur le site industriel.

Des centaines d’ouvriers ont défilé mercredi devant l’usine et ont fait face à des policiers, lesquels étaient armés de matraques et habillés en combinaisons intégrales de protection blanches.

Dans la foulée, les autorités de Zhengzhou ont ordonné une grande campagne de dépistage dans plusieurs districts de la ville. Ces quartiers sont confinés pour cinq jours à partir de vendredi minuit.

Les habitants du centre-ville ne sont plus autorisés à quitter la zone sans un test PCR négatif et l’autorisation des autorités locales. Il leur est conseillé de ne pas sortir de chez eux, « sauf si nécessaire ».

Ces mesures concernent plusieurs quartiers, touchant environ la moitié des habitants de Zhengzhou. Elles ne couvrent pas la zone de l’usine d’iPhone, où les ouvriers sont déjà soumis à des restrictions depuis plusieurs semaines.

Un ouvrier a déclaré à l’AFP que les manifestations ont débuté en raison d’une polémique autour du montant d’une prime promise aux ouvriers de l’usine, propriété du géant taïwanais Foxconn, principal sous-traitant d’Apple.

Selon ce travailleur, la prime serait passée de 3.000 à 30 yuans (de 400 à 4 euros), ce qui aurait provoqué un fort mécontentement au sein du personnel.

Plusieurs employés sont également excédés par les conditions de vie « chaotiques » sur le site en raison des restrictions anti-Covid, a déclaré cet ouvrier, qui veut rester anonyme pour éviter d’éventuelles représailles.

« Erreur technique »

Foxconn s’est excusé jeudi, assurant qu’une « erreur technique » dans son système de paiement était à l’origine du problème autour des primes. Le groupe a dit « totalement comprendre » les inquiétudes des ouvriers.

« La société fera également de son mieux pour résoudre de façon proactive les préoccupations et les demandes raisonnables des employés », a indiqué l’entreprise taïwanaise.

Le géant américain Apple, dont l’iPhone est le produit phare, a indiqué jeudi à l’AFP avoir des réprésentants actuellement présents sur le site.

Le groupe californien « examine la situation et travaille en étroite collaboration avec Foxconn pour s’assurer que les préoccupations de leurs employés soient prises en compte », a-t-il indiqué.

Le mois dernier, des ouvriers, paniqués par le confinement inopiné de l’usine, avaient fui le site à pied.

Dans le cadre de la stricte politique sanitaire « zéro Covid » de la Chine, la moindre hausse des cas conduit à fermer des villes entières et à placer les personnes testées positives en quarantaine.

Mais cette stratégie suscite aujourd’hui la lassitude d’une grande partie de la population. Et le nombre d’infections atteint des sommets.

Le ministère de la Santé a annoncé jeudi un nouveau record du nombre de personnes testées positives en 24 heures, à 31.444 cas locaux – dont 27.517 asymptomatiques.

Ce nombre dépasse le précédent record (29.317) enregistré à la mi-avril, lorsque la métropole de Shanghai était confinée.

Hôpitaux de fortune

Ces chiffres apparaissent toutefois faibles au regard de la population chinoise (1,4 milliard d’habitants) et des records observés dans les pays occidentaux.

Plusieurs autres grandes villes chinoises, dont Pékin, Shanghai et Chongqing, ont également renforcé les restrictions.

La capitale exige désormais un test PCR négatif de moins de 48 heures pour pouvoir entrer dans les lieux publics comme les centres commerciaux, les hôtels et les bâtiments administratifs.

De nombreuses écoles sont passées en enseignement à distance. La plupart des restaurants, bars et commerces sont fermés.

Le centre manufacturier de Canton (sud), épicentre de l’actuelle vague de Covid, a construit des milliers de chambres d’hôpital temporaires pour accueillir les patients.

Le gouvernement avait annoncé le 11 novembre une « optimisation » des restrictions anti-Covid, avec l’assouplissement de plusieurs mesures, dont la réduction de la durée des quarantaines, notamment pour les voyageurs arrivant de l’étranger.

Mais Shijiazhuang, une commune voisine de Pékin qui était considérée comme une ville pilote pour tester cette stratégie de réouverture, est revenue sur la plupart des assouplissements – tout comme d’autres localités.

« Le chemin vers la réouverture pourrait être lent, coûteux et cahoteux », a estimé dans une note Ting Lu, économiste pour la banque Nomura.

Par Le Point avec AFP

Chine : explosion dans une usine chimique

novembre 21, 2022

Nouvel incident industriel dans une usine de la ville de Taiyuan, au nord de la Chine. Le bilan humain de l’explosion est encore inconnu.

Une explosion a eu lieu dans la ville de Taiyuan, au nord de la Chine. Il s'agirait d'un accident industriel. (Photo d'illustration)
Une explosion a eu lieu dans la ville de Taiyuan, au nord de la Chine. Il s’agirait d’un accident industriel. (Photo d’illustration)© STR / AFP

L’incident s’est produit à Taiyuan, la capitale de la province du Shanxi, selon Dahebao, quotidien officiel provincial qui cite les autorités. Une explosion s’est produite lundi 21 novembre dans une usine chimique du nord de la Chine, d’après le média qui n’a pas avancé de bilan humain mais des dégâts matériels dans les immeubles alentour. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent qu’un incendie s’est déclenché sur le site industriel, dégageant une fumée grise qui a formé un énorme champignon dans le ciel.

D’autres images montrent des logements au sol jonché d’éclats de verre, des gens apeurés sortir des bâtiments ou encore des montants de fenêtres tombés au pied d’immeubles, en raison du souffle de l’explosion. « Du personnel a été dépêché sur place, le feu a été éteint et le bilan humain n’est pas encore connu », a indiqué le journal Dahebao sur le réseau social Weibo, citant les autorités.

Les accidents industriels sont fréquents en Chine

Selon des habitants interrogés par des médias locaux, l’explosion s’est produite vers 17 h 25 (9 h 25 GMT) et des personnes ont été blessées par des éclats de verre. L’usine, nommée Jiangyang, avait déjà été frappée par une explosion en septembre 2021, selon Dahebao.

Des accidents industriels surviennent régulièrement en Chine, en raison souvent d’un mauvais respect des règles de sécurité. En mars 2019, l’explosion d’une usine chimique à Yancheng, ville située à 260 kilomètres au nord de Shanghai, avait causé la mort de 78 personnes et dévasté des habitations sur plusieurs kilomètres à la ronde.

Mais un des plus graves accidents industriels est celui survenu en 2015 à Tianjin (Nord). Une gigantesque explosion dans un entrepôt de produits chimiques avait fait au moins 165 morts dans cette grande ville portuaire située à 120 kilomètres au sud-est de Pékin.

Par Le Point avec AFP

Radio-Canada ferme son bureau de Pékin

novembre 2, 2022
Un soldat chinois devant un bâtiment.

Les autorités chinoises refusent d’accréditer l’équipe journalistique du diffuseur public canadien. Photo : Getty Images/Noel Celis

Après 40 ans de présence en Chine, CBC/Radio-Canada annonce la fermeture de son bureau de Pékin en raison du refus des autorités chinoises d’accréditer le personnel de ses équipes journalistiques.

Dans un texte publié mercredi matin, la directrice générale de l’Information, Luce Julien, et la première directrice Programmation nouvelles, actualités et déploiement, Ginette Viens, expliquent que CBC/Radio-Canada ne peut faire autrement dans la mesure où toutes les tentatives d’obtenir un visa et une accréditation pour le nouveau correspondant en Asie, Philippe Leblanc, se sont soldées par un refus.

« Ça fait plus de deux ans que nous tentons d’obtenir un visa pour notre correspondant Philippe Leblanc en Asie. »— Une citation de  Luce Julien, directrice générale de l’information, Radio-Canada

La société d’État avait cependant été autorisée par Pékin à envoyer des équipes aux Jeux olympiques l’hiver dernier, mais sous de strictes conditions. Aucun correspondant Radio-Canada n’a été autorisé depuis à y séjourner.

En dépit de rencontres avec le consul de Chine à Montréal, toutes les demandes d’accréditation et de visa pour le journaliste Philippe Leblanc se sont soldées par des fins de non-recevoir.

Une lettre cosignée du directeur général de l’information de CBC, Brodie Fenlon, et de Luce Julien à l’ambassadeur de Chine au Canada, Cong Peiwu, n’a eu pour réponse qu’un accusé de réception.

C’est donc à contrecœur que la direction de l’information a dû se résoudre à fermer son bureau de Pékin après quatre décennies de présence en Chine.

Radio-Canada n’est hélas pas seul à vivre d’importantes difficultés dans sa mission journalistique en Chine, soulignent Luce Julien et Ginette Viens.

« Les relations entre les médias étrangers et le gouvernement chinois ont été de tout temps complexes. Elles sont devenues particulièrement tendues ces dernières années. »— Une citation de  Extrait du Mot de l’info publié par la direction de l’information de Radio-Canada

Afin de continuer d’offrir aux Canadiens une couverture de l’actualité internationale dans cette partie de l’Asie, le journaliste Philippe Leblanc sera basé à Taïwan au moins pour les deux prochaines années.

D’une importance géostratégique primordiale, cette île de 24 millions d’habitants située au cœur de cette région du monde, sera aussi l’un des points de tension des prochaines années avec la Chine, précisent Luce Julien et Ginette Viens.

La pratique du journalisme international n’a jamais été de tout repos, mais elle a été particulièrement difficile pour Radio-Canada cette année en raison des tensions importantes entre l’Occident et la Chine, mais aussi avec la Russie. Dans le contexte de la guerre en Ukraine, le gouvernement de Vladimir Poutine a révoqué les accréditations des équipes de CBC/Radio-Canada, qui n’a eu d’autre choix que de fermer son bureau de Moscou.

À notre connaissance, c’est la première fois qu’un de nos bureaux se voit ainsi expulsé d’un pays. Et le seul à ce jour à avoir subi une telle fermeture de tous les médias étrangers qui ont une présence à Moscou, déplorent Luce Julien et Ginette Viens.

En attendant de pouvoir un jour retourner en Russie, la correspondante de Radio-Canada Tamara Alteresco est contrainte de couvrir l’actualité en Russie à partir des pays limitrophes. Le diffuseur public canadien était présent en Russie depuis 44 ans.

Depuis janvier dernier, Radio-Canada a déployé des journalistes dans 36 pays, dont une quinzaine d’équipes qui se sont succédé afin d’assurer la couverture de la guerre en Ukraine.

Avec Radio-Canada par Stéphane Bordeleau

États-Unis: S’imposer à la Chine plus tard, à la Russie tout de suite: Biden confirme sa stratégie internationale

octobre 12, 2022
S'imposer a la Chine plus tard, a la Russie tout de suite: Biden confirme sa strategie internationale
S’imposer à la Chine plus tard, à la Russie tout de suite: Biden confirme sa stratégie internationale© AFP/SAUL LOEB

S’imposer à la Chine à long terme, et contrer dans l’immédiat la Russie afin de rester la première puissance mondiale incontestée: la Maison Blanche a réaffirmé mercredi les priorités stratégiques du président Joe Biden.

« Nous sommes entrés dans une décennie décisive », a dit le principal conseiller diplomatique du président américain, Jake Sullivan, à la presse.

Il a identifié « deux défis essentiels ».

« Le premier est la compétition entre les grandes puissances pour façonner l’ordre international de demain », a dit le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.

« Le second (…) est que nous devons affronter un ensemble de défis transnationaux qui affectent les gens où qu’ils soient, y compris aux Etats-Unis: le changement climatique, l’insécurité alimentaire, les maladies contagieuses, le terrorisme, la transition énergétique, l’inflation », a-t-il détaillé.

« Tout pour gagner »

Le « plus pressant », selon un document diffusé par l’exécutif américain, consiste à tenir tête aux régimes autoritaires.

Et d’abord à Moscou et à Pékin.

« La Russie présente une menace immédiate pour un ordre international libre et juste, en bafouant sans vergogne les règles internationales fondamentales », estime la Maison Blanche.

« La Chine, par contraste, est le seul rival qui ait à la fois la volonté de changer l’ordre international et, de plus en plus, les moyens économiques, diplomatiques, militaires et technologiques de poursuivre cet objectif », constate encore l’administration Biden.

En introduction, Joe Biden signe une déclaration imprégnée de son habituel optimisme: « Les Etats-Unis ont tout pour gagner la compétition du XXIème siècle. Nous sortons plus forts de chaque crise. Et il n’y a rien que nous ne puissions faire. »

Se livrant à une explication de texte, Jake Sullivan a assuré: « Nous n’essaierons pas de diviser le monde en blocs rigides. Nous ne cherchons pas à transformer la compétition en confrontation ou en une nouvelle +Guerre froide+ ».

« Et nous ne considérons pas chaque pays simplement comme un terrain de confrontation par procuration », a-t-il dit, en référence aux nombreuses « proxy wars », guerres à distance, menées par les Américains et les Soviétiques entre 1945 et 1989.

Ukraine

« Je ne crois pas que la guerre en Ukraine ait modifié sur le fond l’approche de Joe Biden en matière de politique étrangère, qui date de bien avant sa présidence, et elle n’a fait que se renforcer et s’amplifier depuis qu’il est en fonction », a encore dit le conseiller à la sécurité nationale.

Jake Sullivan a, sans surprise, dû répondre à de nombreuses questions sur l’Arabie saoudite, après que Joe Biden a lui-même menacé le royaume de « conséquences » pour avoir conduit l’Opep+ à une baisse drastique de ses quotas de production.

D’influents parlementaires démocrates appellent le président américain à cesser les ventes d’armement américain à Ryad, historiquement massives, après cette décision qui selon Washington sert ouvertement les intérêts de la Russie.

Le conseiller du président a indiqué qu’il n’y avait pas de décision « imminente » au sujet des exportations de défense, mais ajouté: « C’est quelque chose que nous allons examiner. »

Par Le Point avec AFP

L’ONU alerte sur la situation au Xinjiang, Pékin s’énerve

septembre 1, 2022

Le rapport de l’ONU sur des violations présumées des droits humains dans le Xinjiang a fait réagir Pékin, qui dénonce un « outil politique ».

Une manifestation a Istanbul en soutien a la population musulmane dans le Xinjiang, en Chine.
Une manifestation à Istanbul en soutien à la population musulmane dans le Xinjiang, en Chine.© MUHAMMED ENES YILDIRIM / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

L’ONU a publié mercredi 31 août un rapport très attendu sur les violations présumées des droits humains dans la région chinoise du Xinjiang (Nord-Ouest), notamment contre des minorités musulmanes. Ce qui n’a pas plu à la Chine, qui avait déjà émis des réserves avant même la publication dudit document. Pékin a dénoncé jeudi les conclusions de l’ONU, considérant ce rapport comme un « outil politique » utilisé, donc, contre la Chine.

« Ce rapport est un ramassis de désinformation et un outil politique au service de la stratégie des États-Unis et de l’Occident, qui vise à utiliser le Xinjiang pour entraver (le développement) de la Chine », a déclaré lors d’un point presse régulier Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Malgré les pressions de Pékin, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme (HCDH) a publié mercredi soir son rapport, très attendu, sur le Xinjiang.

Des positions anti-chinoises ?

Mélange d’entretiens réalisés par ses soins et d’informations directes ou de seconde main, il évoque la possibilité de « crimes contre l’humanité » dans la région, mais ne reprend pas le terme de « génocide » utilisé, notamment, par les États-Unis.

Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé jeudi la Chine à « suivre les recommandations » du rapport de sa haute commissaire aux droits de l’homme, qui évoque des crimes contre l’humanité dans la région chinoise du Xinjiang, a indiqué son porte-parole.

Le rapport publié mercredi « confirme ce que le secrétaire général dit depuis un moment sur le Xinjiang : que les droits de l’homme doivent être respectés et que la communauté ouïghoure doit être respectée », a déclaré Stéphane Dujarric lors d’un point presse.

« Le HCDH a créé de toutes pièces ce rapport, s’appuyant sur la conspiration politique de certaines forces anti-chinoises à l’étranger, a dénoncé Wang Wenbin. Cela prouve une fois de plus que le HCDH est devenu le sbire et le complice des États-Unis et de l’Occident pour punir un grand nombre de pays en développement. »

Des études occidentales accusent depuis plusieurs années la Chine d’avoir interné plus d’un million de Ouïghours et de membres d’autres groupes ethniques musulmans dans des « camps de rééducation », voire d’imposer du « travail forcé » ou des « stérilisations forcées ».

La Chine dénonce des rapports biaisés et parle de « centres de formation professionnelle » destinés à développer l’emploi et à éradiquer l’extrémisme au Xinjiang, longtemps frappé par des attentats sanglants attribués à des séparatistes et des islamistes ouïghours.

Berlin met Pékin en garde

De son côté, l’Allemagne a également réagi au rapport de l’ONU et a appelé la Chine « à accorder immédiatement à tous les habitants du Xinjiang le plein exercice de leurs droits humains » après le rapport de l’ONU.

Selon Berlin, ce rapport « confirme qu’il y a lieu de s’inquiéter au plus haut point ». « Toutes les personnes détenues arbitrairement doivent être libérées immédiatement », ajoute la diplomatie allemande qui appelle aussi Pékin « à autoriser une nouvelle enquête indépendante sur ces allégations de graves violations des droits humains en Chine ».

Par Le Point avec AFP

Dette : la Chine efface une partie de l’ardoise africaine

août 23, 2022

En plus d’annuler le remboursement de prêts accordés à 17 pays africains, Pékin veut renforcer son soutien aux secteurs agricole et manufacturier sur le continent et mettre en place une aide alimentaire.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi © Massoud Hossaini/AP/SIPA

Inédit. Le 18 août, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a annoncé que Pékin s’apprêtait à annuler 23 prêts sans intérêt, arrivés à échéance fin 2021, et accordés à 17 pays africains.

La Chine, qui n’a communiqué ni le montant ni la liste des pays concernés, est le premier créancier bilatéral de plusieurs africains. Parmi eux : Djibouti (55% du stock de la dette du pays est chinoise), la RDC (42%), l’Angola (34%), la Guinée (32%), les Comores (31%), le Cameroun (29%), la Zambie (25%) et le Togo (24%). Au total, ce sont plus de 150 milliards de dollars qui ont été prêtés depuis le début des années 2000 par la Chine, majoritairement par l’intermédiaire de ses banques de développement, la China Eximbank (60 %) et la China Development Bank (25 %).

Une somme colossale, accordée sous forme de prêts aux conditions jugées opaques par certains experts. Ce qui a valu à Pékin des critiques, notamment de la part des pays occidentaux, qui mettent régulièrement en garde contre le « piège de la dette chinoise ». Lors de sa tournée africaine, Antony Blinken n’avait pas manqué d’insister sur le sujet.

« Mentalité de guerre froide »

Des accusations que Pékin réfute par les mots, et désormais par les actes. Selon Wang Yi, entre 2000 et 2019, son pays avait déjà annulé quelque 3,4 milliards de dollars de dette et restructuré environ 15 autres milliards de dollars de dette, dont 5,7 milliards dans le cadre du plan d’allègement de la dette du G20 pour les pays pauvres.

S’exprimant le même jour, dans le cadre d’une conférence de presse, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères (MAE), Wang Wenbin, a insisté sur le fait que « les accusations » des Occidentaux étaient « infondées » et qu’elles sont « utilisées [notamment] par les États-Unis et d’autres officiels pour rejeter leurs [propres] responsabilités ». Et d’ajouter que « les prêts accordés par la Chine disposaient de taux d’intérêt fixes et inférieurs aux taux commerciaux et aux prêts accordés par la Banque africaine de développement (BAD), dont les taux sont généralement compris entre 4 et 10 %. »

L’officiel chinois a par ailleurs condamné la « mentalité de guerre froide à somme nulle de l’Occident », et proposé la mise en place d’un modèle basé sur une « coopération multipartite avec l’Afrique qui apporte des résultats gagnant-gagnant ».

« Coopération mutuellement bénéfique »

Outre l’annulation de dette, le ministre chinois des Affaires étrangères a indiqué que Pékin va accroître son implication en Afrique et fournir des aides alimentaires, économiques et militaires supplémentaires, tout en maintenant son soutien à l’Union africaine (UA) dans les efforts de cette dernière pour rejoindre le G20.

« Nous continuerons à augmenter les importations en provenance d’Afrique, à soutenir un plus grand développement des secteurs agricole et manufacturier [des économies du continent], et à étendre la coopération dans les industries émergentes telles que l’économie numérique, la santé, les secteurs verts et à faible émission de carbone », a-t-il précisé.

Ces derniers mois, Pékin a conclu des accords avec 12 pays du continent pour supprimer les droits de douane sur 98% des produits qu’ils exportent vers la Chine, ce qui permettra d’augmenter la compétitivité des produits africains. En parallèle, 2,17 milliards de dollars supplémentaires ont été investis par les entreprises chinoises en Afrique, et 2 milliards sur les 10 milliards promis pour le commerce ont déjà été engagés.

Dette cachée

Le rapport de l’Institut William and Mary « Banking on the Belt and Road », publié le 27 septembre en 2021, indique que 385 milliards de dollars (330 milliards d’euros) de dettes « cachées » n’apparaissaient pas dans le système de déclaration officiel de la Banque mondiale. En tout, 26 États africains en seraient indirectement débiteurs.

Avec Jeune Afrique par Yara Rizk

La Chine relance ses manœuvres militaires autour de Taïwan

août 15, 2022
Un pilote dans un jet

L’agence de nouvelles chinoise Xinhua a publié cette photo d’un pilote du Théâtre oriental de l’Armée populaire de libération chinoise, le 7 août dernier, lors d’une première série d’exercices militaires lancée par Pékin. Photo: via AP / Wang Xinchao

La Chine a annoncé lundi avoir organisé de nouveaux exercices militaires autour de Taïwan, où cinq parlementaires américains sont en visite, deux semaines après la venue de Nancy Pelosi qui avait déjà déclenché la colère de Pékin.

L’Armée populaire de libération a organisé une patrouille de préparation au combat interarmées et des exercices de combat dans la mer et l’espace aérien autour de Taïwan, a indiqué lundi le Commandement Est de l’armée chinoise.

La délégation américaine, dont la visite n’avait pas été annoncée, est arrivée dimanche soir à Taipei et devait rencontrer la présidente de l’île, Tsai Ing-wen, lundi, avant une réception organisée au ministère des Affaires étrangères.

La Chine prendra des mesures fermes et énergiques pour sauvegarder sa souveraineté et son intégrité territoriale, a averti lundi devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin.

Le déplacement de deux jours porte essentiellement sur le commerce, la sécurité de la région et le changement climatique, selon l’Institut américain à Taïwan, l’ambassade de facto des États-Unis dans l’île.

Les officiels posent pour une photo.

La délégation américaine (Alan Lowenthal, John Garamendi, Ed Markey, Aumua Amata Coleman Radewagen, Don Beyer) est accompagné du politicien taïwanais Joseph Wu. Photo : AP

Il survient moins de deux semaines après la visite de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi sur cette île revendiquée par les autorités chinoises.

La Chine avait alors réagi avec colère et lancé les plus importantes manoeuvres militaires de son histoire autour de Taïwan. Pendant cinq jours, l’armée avait déployé navires de guerre, missiles et avions de chasse, simulant un blocus de l’île.

Taipei a accusé la Chine d’avoir pris prétexte de la visite de Mme Pelosi pour s’entraîner à une invasion. En réponse, les États-Unis ont réaffirmé leur engagement dans la région.

Les nouvelles manoeuvres lundi constituent une dissuasion solennelle contre les États-Unis et Taïwan qui sapent la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan, a indiqué dans un communiqué le porte-parole du Commandement Est de l’armée chinoise, Shi Yi.

L’armée s’entraîne et se prépare au combat, a précisé le porte-parole, reprenant un vocabulaire déjà utilisé par Pékin.

La délégation américaine est composée d’un sénateur Ed Markey (Massachusetts, démocrate) et des représentants Alan Lowenthal (Californie, démocrate), John Garamendi (Californie, démocrate), Don Beyer (Virginie, démocrate) et Aumua Amata Coleman Radewagen (Samoa, républicaine).

Taipei souhaite le statu quo et la stabilité dans le détroit de Taïwan ainsi qu’en Asie-Pacifique, leur a indiqué la dirigeante Tsai Ing-wen, selon un communiqué de la présidence de l’île.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie montre la menace que les États autoritaires représentent pour l’ordre mondial, a souligné Mme Tsai, tout en remerciant Washington pour son soutien face aux menaces chinoises.

Représailles et menaces

La Chine estime que Taïwan, peuplée d’environ 23 millions d’habitants, est l’une de ses provinces, qu’elle n’a pas encore réussi à réunifier avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949.

Opposé à toute initiative donnant aux autorités taïwanaises une légitimité internationale, Pékin est vent debout contre tout contact officiel entre Taïwan et d’autres pays.

Des responsables américains se rendent fréquemment dans cette île, mais la Chine avait jugé que la visite de Mme Pelosi, la plus haute responsable américaine à se rendre sur l’île depuis des décennies, était une provocation majeure.

Face aux manoeuvres lancées par Pékin en représailles, Taïwan avait organisé ses propres exercices simulant l’organisation de sa défense face à une invasion chinoise.

Pékin n’a mis fin à ses exercices qu’après avoir réitéré ses menaces envers Taipei et déclaré qu’elle continuerait à patrouiller dans le détroit de Taïwan.

Dans son point quotidien, le ministère taïwanais de la Défense a affirmé dimanche avoir détecté 22 avions et 6 navires chinois opérant près du détroit. Onze des avions ont dépassé la ligne médiane, une démarcation non officielle entre Taïwan et la Chine que Pékin ne reconnaît pas.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Chine : 80 000 touristes coincés sur une île après des cas de COVID-19

août 7, 2022
Un agent de santé prélève un échantillon par écouvillonnage sur un homme afin de le tester pour le coronavirus COVID-19.

Dimanche, 483 cas de coronavirus ont été signalés dans la cité balnéaire de Sanya, qui compte plus d’un million d’habitants, sur l’île de Hainan (archives). Photo : Getty Images

Plus de 80 000 touristes sont coincés sur l’île de Hainan, dans le sud de la Chine, après la détection de cas de COVID-19 qui ont poussé les autorités à annuler tous les vols et trains desservant la cité balnéaire de Sanya.

Dimanche, 483 cas de coronavirus ont été signalés dans la cité balnéaire de Sanya, qui compte plus d’un million d’habitants, sur l’île de Hainan, surnommée le Hawaï chinois.

Tous les vols au départ de Sanya, un endroit prisé notamment des surfeurs, ont été annulés durant le week-end, et la vente de billets de train a été suspendue.

Les touristes souhaitant en partir doivent avoir eu cinq tests PCR négatifs au cours des sept derniers jours, ont indiqué les autorités sanitaires.

Les hôtels de la ville doivent offrir à leurs clients une réduction de 50 % jusqu’à la levée des restrictions de voyage, a indiqué un représentant des autorités lors d’un point presse samedi.

À Sanya, les lieux publics de divertissement comme les spas, les bars karaoké et les bars sont fermés depuis la semaine dernière, mais les services essentiels comme les supermarchés et les pharmacies restent ouverts.

La Chine est la seule grande économie qui continue d’appliquer une stratégie zéro COVID, imposant des confinements et de longues quarantaines qui pénalisent le tourisme local.

Les frontières du pays sont presque totalement fermées depuis début 2020, empêchant l’entrée de visiteurs étrangers.

Par Radio-Canada avec AFP