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La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine est déclarée

juillet 6, 2018

La Chine a commencé à imposer des droits de douane de rétorsion après le lancement par les Etats-Unis d’une guerre commerciale / © AFP / –

Pékin a saisi vendredi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester l’entrée en vigueur de droits de douane américains de 25% sur 34 milliards d’importations chinoises, estimant l’administration Trump responsable du déclenchement de « la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique ».

La Chine avait promis « de ne pas tirer la première » mais avait prévenu: « pour défendre les intérêts fondamentaux du pays et de sa population », elle sera contrainte de riposter.

Après avoir annoncé la mise en oeuvre immédiate de droits de douane de 25% sur un montant « égal » sur quelque 540 produits américains, le ministère du Commerce a annoncé vendredi le recours à l’OMC.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle plainte mais d’un additif à celle qui avait été déposée par le géant asiatique pour contester l’imposition, en mars dernier, des taxes punitives de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium, a précisé une source à Genève.

Les nouveaux tarifs douaniers américains, entrés en vigueur vendredi, affectent 818 produits chinois dont des automobiles, des disques durs ou des composants d’avions mais épargnent des produits populaires comme les télévisions et téléphones.

Un second lot de taxes sur 16 milliards d’importations entrera prochainement en vigueur, a rappelé jeudi Donald Trump, évoquant un délai de « deux semaines ».

– « Acheter chinois » –

Au total, ce sont 50 milliards de dollars d’importations chinoises annuelles qui seront donc affectées par les mesures américaines, destinées à compenser ce que l’administration Trump considère comme le « vol » de propriété intellectuelle et de technologies par la Chine.

Les Etats-Unis ne devraient pas en rester là puisque Donald Trump menace de porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés, soit la grande majorité des importations venues du géant asiatique (505,6 milliards de dollars en 2017).

Les taxes américaines sur les marchandises chinoises / © AFP / afp

Paradoxalement, ce sont ces mêmes tensions commerciales qui ont fait tomber le déficit commercial des Etats-Unis en mai à 43,1 milliards, son plus bas niveau depuis octobre 2016 en dopant les exportations de soja vers la Chine (+89,6%) avant que cette denrée ne soit taxée.

Depuis des mois, la perspective d’une guerre commerciale fait toutefois redouter un coup d’arrêt des échanges de marchandises à travers la planète, actuels moteurs de la croissance mondiale.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang, actuellement en Bulgarie, a averti vendredi qu’une « guerre commerciale ne profite à personne ».

Dans les rues de Pékin, des consommateurs s’inquiétaient par ailleurs de possibles hausses des prix consécutives aux taxes sur les produits américains. Pour autant, ils se disent solidaires des autorités.

« Je ferai de mon mieux pour acheter chinois », a ainsi témoigné auprès de l’AFP M. Yang, client d’une supérette.

Du côté américain, la fédération des détaillants a affirmé que plusieurs produits vendus aux Etats-Unis pourraient voir leurs prix augmenter, « les étudiants devant débourser plus pour le mini-réfrigérateur dont ils auront besoin à l’université à l’automne ».

– Quelles conséquences ? –

Pékin accuse Trump de déclarer « la plus grande guerre économique / © AFP / Diana Simeonova, Myriam Adam, NICHOLAS KAMM

Cette confrontation avec Pékin est loin d’être isolée. Depuis le début de l’année, Donald Trump a multiplié les mesures protectionnistes à l’encontre de ses partenaires commerciaux, suscitant exaspération et inquiétude.

La Maison Blanche impose aussi depuis le 1er juin des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, de l’Union européenne, du Mexique ou de la Russie qui ont porté l’affaire devant l’OMC.

Dans le sillage de ces mêmes pays, Moscou a annoncé vendredi l’introduction de surtaxes sur une série de produits américains en réponse aux barrières douanières imposées à l’acier et l’aluminium.

La majorité des experts met en garde contre les dégâts potentiels d’une telle politique, non seulement sur l’économie américaine mais aussi sur l’économie mondiale.

L’imposition de taxes réciproques « va peser sur la croissance, la confiance (des ménages) et les marchés financiers », ont réagi vendredi les économistes d’Oxford Economics.

Ces dernières semaines, des entreprises américaines ont averti qu’elles pourraient licencier, faute de rester compétitives voire mettre la clé sous la porte.

Ces mises en garde ont laissé de marbre Donald Trump, qui avait balayé les arguments mardi dans un tweet. « L’économie se porte probablement bien mieux que par le passé, avant que nous réglions le problème des accords commerciaux inéquitables passés avec chaque pays », a-t-il estimé.

Du côté chinois, « la guerre commerciale va ralentir la croissance du PIB chinois de 0,2 point de pourcentage » en 2018, a estimé un responsable de la Banque centrale, jugeant toutefois l’impact « limité ».

Romandie.com avec(©AFP / 06 juillet 2018 23h33)

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Hong Kong: des milliers de manifestants malgré la pression croissante des autorités

juillet 1, 2018

Des militants pro-démocratie défilent dans le centre de Hong Kong pour dénoncer les pressions croissantes des autorités pour interdire les rassemblements et manifestations, le 1er juillet 2018 / © AFP / Philip FONG

Des milliers de manifestants pro-démocratie ont défilé dimanche dans le centre de Hong Kong, dénonçant les pressions croissantes des autorités à l’encontre de ce type de rassemblement.

Pékin tolère de moins en moins de tels signes de contestation à Hong Kong, un territoire qui bénéficie d’une certaine autonomie, depuis les rassemblements massifs de 2014 en faveur de la démocratie qui avaient quasiment bloqué certaines parties de la ville. Des activistes avaient réclamé l’indépendance du territoire vis-à-vis de la Chine.

Hong Kong bénéficie de droits non autorisés sur le continent tels que la liberté d’expression, mais les contestataires redoutent qu’ils ne soient menacés par Pékin et les autorités locales fidèles au gouvernement central.

Les autorités « ont eu recours à différents moyens pour mobiliser leur puissance et faire annuler le rassemblement », a accusé devant l’AFP Sammy Ip du Front civil pour les droits de l’Homme, à l’origine de la manifestation.

La police a ainsi mis en garde les riverains qu’ils pourraient être arrêtés pour rassemblement illégal s’ils se joignaient à la manifestation, un moyen d' »intimider les citoyens », selon Sammy Ip.

Le journal Ta Kung Pao, favorable à Pékin, a appelé le mois dernier dans un éditorial à l’interdiction du rassemblement.

Le défilé s’est achevé devant le quartier général du gouvernement de Hong Kong, les manifestants réclamant « la fin de la dictature du parti unique ».

Des militnats pro-démocratie défilent dans le centre de Hong Kong pour dénoncer les pressions croissantes des autorités pour interdire les rassemblements et manifestations / © AFP / Philip FONG

« Le gouvernement ne travaille pas pour le peuple et beaucoup de gens souffrent », a déclaré à l’AFP Iris Wong, 26 ans.

Depuis le « mouvement des parapluies » de 2014, les principaux militants pro-démocratie ont été poursuivis pour des motifs liés aux réglementations sur les manifestations.

Ces militants pro-démocratie et pro-indépendance ont également été interdits de présenter leur candidature aux élections à Hong Kong.

D’autres groupes se sont joints dimanche à la marche, comme des militants de défense des droits des personnes LGBT, ou encore des manifestants qui réclamaient de meilleures conditions de vie dans cette mégapole très densément peuplée et où l’écart des niveaux de vie ne fait que s’accentuer.

Romandie.com avec(©AFP / 01 juillet 2018 13h37)

Un nouveau fabricant de Smartphones chinois, Oppo, débarque en Europe

juin 19, 2018

Paris – Les smartphones du groupe chinois Oppo seront distribués à partir de juillet dans plusieurs pays européens, dont la France, nouvel exemple de l’appétit croissant des fabricants chinois pour un marché européen dont ils sont longtemps restés à l’écart.

Oppo, qui détenait 7,3% du marché mondial des smartphones au premier trimestre selon le cabinet Gartner, va commencer à attaquer à partir de juillet les marchés français, italien, espagnol et néerlandais.

Il réfléchira ensuite « au second semestre » ou « au début de l’année prochaine » à une implantation dans d’autres pays européens, a indiqué à l’AFP Alen Wu, le vice-président d’Oppo chargé de l’international.

Les annonces d’Oppo font suite à celle de ses rivaux chinois Xiaomi et OnePlus, qui ont annoncé il y a quelques semaines leur arrivée sur le marché français.

Ces constructeurs veulent marcher sur les traces de Huawei, le premier constructeur chinois à s’être lancé en Europe, et qui a réussi à y atteindre une part de marché d’environ 11% selon Gartner, derrière Samsung (30%) et Apple (40%).

Contrairement à ce qui se passait il y a encore 10 ans, les consommateurs européens peuvent désormais avoir une image favorable des produits technologiques chinois, a défendu M. Wu.

« Quand ils pensent aux marques chinoises, ils pensent à des entreprises qui innovent (…). C’est une fondation très solide pour attaquer le marché européen », a-t-il estimé.

Sur le marché français, Oppo veut vendre ses appareils via les distributeurs établis et les opérateurs de télécom, même s’il n’a encore aucun nom à annoncer pour l’instant.

« Nous sommes en discussion avec les principaux opérateurs télécoms », s’est contenté d’indiquer Alen Wu.

« Quand nous aurons établi une présence » sur le marché européen, « nous n’excluons pas de déployer nos propres boutiques », a-t-il ajouté.

Car l’industriel chinois ne veut pas ménager ses efforts. « Nous voulons que notre performance en Europe soit équivalente ou comparable à celle que nous avons dans le monde », a précisé M. Wu.

Selon Gartner, Oppo était le numéro 5 des fabricants mondiaux de smartphones au premier trimestre 2018, avec une part de marché de 7,3%.

Pour illustrer son intérêt pour le marché européen, Oppo a choisi le Louvre pour la présentation mondiale mardi soir de son nouveau smartphone haut de game, le Find X.

Concentré de technologie et de design, le smartphone dispose notamment d’un système de reconnaissance faciale « 20 fois plus sûr » que les systèmes de reconnaissance par empreintes digitales, selon Alen Wu.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2018 17h00)                                                        

Commerce: escalade Chine-États-Unis après de nouvelles menaces de Trump

juin 19, 2018

Les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping, le 9 novembre 2017 à Pékin / © AFP/Archives / Nicolas ASFOURI

La Chine et les États-Unis étaient mardi plus proches que jamais d’une guerre commerciale, Pékin promettant des « représailles » après des menaces la veille de Donald Trump d’imposer de nouvelles taxes prohibitives sur les produits chinois importés.

La tension commerciale inquiétait les places boursières mondiales, particulièrement en Chine, où Shanghai a clôturé en repli de près de 4%, à son plus bas niveau depuis septembre 2016, tandis que la Bourse de Shenzhen, deuxième place de Chine continentale a chuté de 5,77%.

M. Trump a demandé lundi au représentant américain au commerce Robert Lighthizer « d’identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue de tarifs supplémentaires de 10% ». Il entend ainsi compenser les mesures de rétorsion « inacceptables » prises par Pékin face à une première série de taxes américaines décidées vendredi.

Et le président américain pourrait aller encore plus loin: il taxera 200 milliards de dollars de biens supplémentaires « si la Chine augmente à nouveau ses tarifs douaniers » en réaction. Ces mesures pourraient porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés — soit la grande majorité des importations venues de Chine.

« Ces pratiques de pression extrême et de chantage s’écartent du consensus auquel les deux parties sont parvenues à maintes reprises durant leurs consultations » ces dernières semaines, a dénoncé le ministère chinois du Commerce mardi, dans un communiqué.

« Si les Etats-Unis perdent le sens commun et publient une liste (de produits visés), la Chine se verra dans l’obligation d’adopter une combinaison de mesures quantitatives et qualitatives en forme de représailles énergiques », a-t-il mis en garde.

En annonçant vendredi des droits de douane de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises, pour compenser selon lui le vol par la Chine de technologies et de propriété intellectuelle américaines, Donald Trump avait déjà prévenu: si Pékin venait à répliquer, il imposerait des droits de douanes additionnels.

Une menace à laquelle le géant asiatique était resté sourd puisqu’il avait annoncé dans la foulée qu’il imposerait des taxes à l’identique sur des marchandises américaines.

– ‘Pas énormément d’options’ –

« Des mesures supplémentaires doivent être prises pour encourager la Chine à changer ses pratiques déloyales et à ouvrir son marché aux biens américains », a justifié lundi soir Donald Trump dans un communiqué.

« Cette escalade dangereuse est l’ultime rappel que le Congrès doit intervenir et exercer son autorité sur la politique commerciale », a fustigé dans un communiqué la National Retail Federation, un lobby américain de la distribution.

Environ 455.000 emplois américains sont menacés par les dernières mesures punitives contre la Chine, a calculé la NRF, qui estime qu’une autre conséquence va être une hausse du prix des produits de base.

Les liens économiques entre la Chine et les Etats-Unis, entre 2007 et 2017 / © AFP / Gal ROMA

En 2017, les Etats-Unis ont exporté pour 130,4 milliards de dollars de marchandises vers le géant asiatique, deuxième puissance économique mondiale. Ils ont importé dans le même temps 505,6 milliards de biens chinois, selon les statistiques du département du Commerce. Soit un déficit de plus de 375 milliards.

Donald Trump entend forcer Pékin à réduire le déficit commercial des Etats-Unis de 200 milliards de dollars.

« La Chine n’a pas énormément d’options. Car elle importe peu des États-Unis et n’a pas davantage de marchandises à taxer », estime Christopher Balding, économiste à l’Ecole de commerce HSBC à Shenzhen (sud de la Chine).

« Elle peut lancer des enquêtes sur toutes les entreprises liées aux États-Unis, mais cela ne ferait que donner raison à Trump. A bien des égards, la Chine n’a pas beaucoup de force de frappe en matière de représailles ».

– Inquiétudes aux Etats-Unis –

« Les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine doivent être bien plus équitables », a martelé lundi Donald Trump, qui a imposé dès fin mars des taxes de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium chinois, également au nom de la défense de la sécurité nationale.

Les annonces de vendredi ont mis fin à une trêve entre les deux premières puissances mondiales, qui avait été annoncée le 19 mai à la suite d’âpres discussions entre de hauts responsables chinois et américains, d’abord à Pékin puis dans la capitale américaine.

L’administration Trump doit en outre publier d’ici le 30 juin des mesures de restrictions aux investissements chinois.

Aux Etats-Unis, la politique commerciale américaine suscite des inquiétudes chez les agriculteurs susceptibles d’être les plus durement touchés par les mesures chinoises. Les secteurs automobile et aéronautique redoutent eux aussi les conséquences de ce conflit.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2018 14h48)

Kim Jong Un reçu Xi Jinping à Pékin, après son sommet avec Trump

juin 19, 2018

Photo fournie le 13 juin 2018 par l’agence nord-coréenne Kcna du leader nord-coréen Kim Jong Un à son arrivée à l’aéroport de Pyongyang après le sommet avec le président américain Donald Trump à Singapour / © KCNA VIA KNS/AFP/Archives / KCNA VIA KNS

Kim Jong a été reçu mardi à Pékin par le président chinois Xi Jinping, une semaine après la rencontre historique entre le dirigeant nord-coréen et le président américain Donald Trump.

La télévision chinoise a diffusé des images de la rencontre entre les deux dirigeants accompagnés de leurs épouses lors d’une cérémonie d’accueil au rituel immuable dans le cadre solennel du Palais du peuple.

Cette visite non annoncée à l’avance survient alors que Pékin est engagé dans une vive escalade avec le même Donald Trump à propos du différend commercial sino-américain, escalade qui a fait baisser mardi les places boursières mondiales.

Alors que le gouvernement chinois attendait habituellement que M. Kim soit rentré dans son pays pour officialiser sa visite, Pékin a cette fois annoncé sa présence mardi — sans pour autant en révéler le programme.

Il s’agit de la troisième visite en Chine du dirigeant nord-coréen en moins de trois mois. Fin mars, il avait effectué dans la capitale chinoise son premier déplacement à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, avant un deuxième voyage en mai dans la ville portuaire de Dalian, dans le nord-est de la Chine.

Les voyages de Kim Jong Un en Chine / © AFP / Gal ROMA

Il s’était à cette occasion entretenu avec Xi Jinping. Les deux hommes ne s’étaient auparavant jamais rencontrés depuis leurs arrivées au pouvoir respectives au début de la décennie. Pyongyang reprochait à son allié d’appliquer les sanctions internationales destinées à convaincre la Corée du Nord d’abandonner son programme nucléaire.

L’homme fort de Pyongyang cherche à obtenir un assouplissement des sanctions économiques en échange de ses promesses de dénucléarisation et espère le soutien de la Chine dans cette démarche.

– ‘Le moment venu’ –

La diplomatie chinoise, à l’instar de la Russie, avait suggéré la semaine dernière que les Nations unies pourraient envisager d’alléger les sanctions si Pyongyang se conformait à ses obligations.

Photo fournie le 9 mai 2018 par l’agence nord-coréenne Kcna du leader nord-coréen Kim Jong Un (g) et du président chinois Xi Jinping, lors d’une rencontre à Dalian le 8 mai 2018, en Chine / © KCNA VIA KNS/AFP/Archives / KCNA VIA KNS

La Chine, principale alliée de la Corée du Nord depuis la guerre de Corée (1950-53), a fait clairement savoir qu’elle voulait un rôle prépondérant dans les négociations, présentant avec insistance ses offres de services diplomatiques. Comme un symbole de l’influence de Pékin, M. Kim est même arrivé au sommet de Singapour à bord d’un avion d’Air China.

Cette rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong Un a débouché sur une déclaration dans laquelle le dirigeant nord-coréen réaffirmait « son engagement ferme et inébranlable envers la dénucléarisation de la péninsule » coréenne.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a exclu cependant qu’en échange les sanctions économiques drastiques imposées au Nord au fil de ses essais nucléaires et balistiques soient levées avant une dénucléarisation complète.

Depuis son arrivée au pouvoir début 2017, Donald Trump a appelé la Chine à appliquer les sanctions de l’ONU pour faire plier Pyongyang, mais les deux pays sont à présent au bord de la guerre commerciale, Pékin ayant dénoncé mardi le « chantage » de Washington, qui a menacé de taxer des dizaines de milliards de dollars d’importations chinoises.

Installation de barrières à Pékin pour réserver une voie d’autoroute en prévision de la visite en Chine du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, le 19 juin 2018 / © AFP / FRED DUFOUR

– Marche à suivre –

La priorité de Xi Jinping et de Kim Jong Un est désormais de décider de la marche à suivre, estime Hua Po, un analyste politique indépendant basé dans la capitale chinoise.

« Il peut y avoir des divergences entre la Corée du Nord et les États-Unis sur le processus de dénucléarisation, car les États-Unis veulent une dénucléarisation irréversible et vérifiable. Il est difficile pour Kim Jong Un d’accepter cela », a déclaré M. Hua à l’AFP.

« Par conséquent, la Chine et la Corée du Nord veulent renforcer leur communication et élaborer une stratégie globale dans leur relation avec les États-Unis », a-t-il ajouté.

Si la Chine a constamment appelé son petit voisin à abandonner ses projets nucléaires et balistiques, elle a aussi appelé au dialogue à l’époque où Nord-Coréens et Américains échangeaient des menaces d’anéantissement mutuelles.

Pékin avait proposé l’an dernier la suspension du programme nucléaire nord-coréen en échange de la fin des manœuvres militaires conjointes américano-sud-coréennes, une concession que Donald Trump a finalement accordée la semaine dernière, ajoutant même que les troupes américaines présentes en Corée du Sud pourraient à terme quitter le pays.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2018 13h29)

Sommet Chine-Iran-Russie: XI prône « l’unité » face aux tensions avec les États-Unis

juin 9, 2018

Qingdao (Chine) – Le président chinois Xi Jinping a inauguré samedi sous le signe de « l’unité » un sommet réunissant en Chine les chefs d’État russe et iranien, sur fond de tensions commerciales et diplomatiques avec les États-Unis et au moment où le G7 affiche les profondes divisions entre Washington et ses alliés.

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui outre la Chine et la Russie réunit l’Inde, le Pakistan et plusieurs pays d’Asie centrale, a entamé samedi soir son sommet annuel dans la ville côtière de Qingdao (est de la Chine).

D’importantes forces de sécurité quadrillaient cette cité portuaire connue pour ses collines de pins et villas de style allemand, dont commerçants et touristes avaient été évacués pour l’occasion de quartiers entiers.

M. Xi a vanté lors d’un banquet inaugural « l’unité et l’harmonie » confucéennes et « l’esprit de Shanghai », qui « se concentre sur la recherche d’un terrain d’entente commun » entre les membres de l’OCS, un bloc sécuritaire régional lancé en 2001.

Le président russe Vladimir Poutine, son homologue pakistanais Mamnoon Hussain ou encore le Premier ministre indien Narendra Modi -en dépit de la rivalité entre New Delhi et Islamabad- participaient à cette démonstration d' »unité ».

Par un saisissant contraste, elle démarrait alors que, de l’autre côté du Pacifique, les dirigeants des pays du G7 -qui n’est plus le G8 depuis que la Russie a été exclue du club en 2014- affichent leurs profondes divisions.

Réunis en sommet au Canada, ils tentaient samedi d’ultimes tractations pour réduire les fractures ouvertes par le président américain Donald Trump, notamment sur les taxes douanières américaines sur l’acier et l’aluminium, ainsi que sur le nucléaire iranien.

– L’Iran, membre de l’OCS? –

Si Téhéran n’a qu’un statut d’observateur au sein de l’OCS, le président iranien Hassan Rohani est présent au sommet de Qingdao: une façon de jauger l’appui russe et chinois à l’accord de 2015. Ce texte, par lequel Téhéran acceptait de limiter ses activités nucléaires en échange d’un allègement des sanctions internationales, est sur la sellette après la décision de Donald Trump d’en retirer les Etats-Unis.

Sous la menace de nouvelles sanctions américaines contre les entreprises étrangères actives dans le pays, l’Iran cherche à s’assurer le soutien des autres signataires -Européens, Russie mais surtout la Chine, grande consommatrice de pétrole iranien- pour maintenir à flot son économie.

M. Rohani s’est entretenu samedi avec Vladimir Poutine: il a appelé à un « dialogue plus important et sérieux » entre Moscou et Téhéran après le « retrait illégal » de Washington, selon une retranscription diffusée par le Kremlin.

En retour, le président russe a exprimé son soutien pour que l’Iran devienne membre à part entière de l’Organisation de Shanghai.

« Les dirigeants (réunis à Qingdao) pourraient accorder un statut de membre à l’Iran pour témoigner leur attachement à l’accord nucléaire », observe Dawn Murphy, professeur de relations internationales à l’US Air War College.

« L’Iran ne peut pas attendre indéfiniment. Nous avons été un acteur fidèle à nos engagements et nous faisons face à une région extrêmement instable », a pour sa part affirmé à l’AFP la vice-présidente iranienne Masoumeh Ebtekar, vendredi en Lituanie.

– « Routes de la Soie » –

L’OCS compte actuellement quatre ex-républiques soviétiques d’Asie centrale (Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Kirghizstan) et deux nouveaux-venus: l’Inde et le Pakistan.

Leur sommet annuel intervient par ailleurs juste avant la rencontre historique, mardi à Singapour, entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un. Xi Jinping a rencontré M. Kim à deux reprises ces dernières semaines en Chine, alors que Pékin entend ne pas se laisser marginaliser par les pourparlers entre Washington et Pyongyang.

Officiellement cependant, la Chine devrait surtout pousser à Qingdao ses « Nouvelles routes de la soie », colossal projet d’infrastructures à travers l’Asie, l’Europe et l’Afrique.

Le géant asiatique reste sous la menace de tarifs douaniers américains punitifs, et Washington vient d’imposer à ses propres alliés des taxes sur l’aluminium et l’acier: autant de préludes d’une possible guerre commerciale planétaire, sur fond de pressions protectionnistes endémiques.

Dans ce contexte, les pays de l’OSC discuteront en priorité de coopérations commerciales et même d’une éventuelle zone de libre-échange, estime Mme Murphy.

Enfin, pour Moscou comme pour Pékin, l’Organisation de Shanghai -qui abordera également à Qingdao la lutte contre le terrorisme et le piratage informatique- peut être un outil pour contrecarrer l’influence des Etats-Unis et de l’Otan.

L’OCS ne fait plus profil bas, a déclaré Vladimir Poutine à la télévision chinoise CGTN: « Nous avons pris conscience que nous pouvions faire de grandes choses ».

Romandie.com avec(©AFP / 09 juin 2018 15h25)                                                        

Le gouvernement chinois a volé une masse de données secrètes de l’US Navy

juin 8, 2018

/ © US NAVY/AFP/Archives / Micheal H. LEE

 

Des pirates informatiques au service du gouvernement chinois ont volé une masse de données secrètes à un sous-traitant de la marine américaine, y compris les plans d’un missile anti-navire lancé d’un sous-marin, affirme le Washington Post vendredi.

Les enquêteurs ont indiqué au quotidien que l’attaque contre les serveurs de ce sous-traitant avait été menée en janvier et février par des « hackers » du ministère de la Sécurité d’Etat, installés dans la province du Guangdong.

Le sous-traitant, qui n’a pas été nommé par le quotidien, travaille pour le Naval Undersea Warfare Center, basé à Newport, sur la côte Est des Etats-Unis. C’est le centre chargé de la recherche et du développement des armes sous-marines de la marine américaine.

Les experts estiments que la flotte de sous-marins américains –que ce soit les sous-marins nucléaires d’attaque ou les vaisseaux portant des missiles intercontinentaux nucléaires– donne au pays un avantage encore certain face aux adversaires comme la Russie ou la Chine, qui developpent leur propre flottes de sous-marins à marche forcée.

Le Washington Post affirme que les pirates ont réussi à voler 614 gigabytes de données y compris des capteurs, des systèmes de cryptage et un projet peu connu au nom de code « Sea Dragon ».

Le Pentagone a été avare en informations sur ce projet lancé en 2012 et qui a pour but d’adapter les tehcnologies militaires existantes à de nouveaux usages.

A la demande de l’US Navy, le Washington Post a accepté de ne pas donner de détails sur le nouveau missile anti-navire, mais a indiqué qu’il s’agissait ds’un engin supersonique qui pouvait être lancé à partir d’un sous-marin.

Le porte-parole de la Marine, le capitaine de frégate Bill Speaks, est resté muet sur l’article du quotidien, invoquant des raisons de sécurité. Il s’est contenté d’indiquer que le Pentagone s’adaptait continuellement à la cyber menace.

Les pirates informatiques chinois ciblent continuellement l’armée américaine pour tenter de dérober des secrets sur les matériels ou les procédures. Le Pentagone avait notamment reconnu qu’ils avaient déjà réussi à voler des informations cruciales sur le F-35, l’avion furtif multirôles de 5ème génération déployé ces dernières années mais aussi sur la nouvelle version du fameux système de missiles anti-missiles Patriot.

Ces informations risquent de tendre un peu plus les relations entre Pékin et Washington, qui se sont déjà détériorées en raison du commerce mais aussi de la militarisation par Pékin d’îles disputées en mer de Chine méridionale.

En raison de cette attitude jugée agressive, le Pentagone avait désinvité les forces navales chinoises le mois dernier des grandes manœuvres navales biennales RIMPAC.

Romandie.com avec(©AFP / 09 juin 2018 00h59)                

Pour l’anniversaire de Tiananmen, la Chine durcit la censure et fustige les USA

juin 4, 2018

/ © AFP / Fred DUFOUR

La Chine a renforcé sa censure lundi à l’occasion du 29e anniversaire de la répression du « Printemps de Pékin », et fustigé les États-Unis, qui avaient appelé le régime communiste à faire la lumière sur cet événement toujours tabou.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, soldats et blindés avaient mis fin au mouvement d’étudiants qui occupaient depuis un mois et demi la place Tiananmen, au cœur de Pékin. Les manifestants réclamaient la fin de la corruption et une ouverture démocratique.

Le bilan de cette répression, qui avait suscité une vive condamnation internationale, est généralement évalué à plusieurs milliers de morts.

« Nous nous souvenons de la perte tragique de vies innocentes (…) Nous nous joignons à la communauté internationale pour réclamer au gouvernement chinois de rendre publique la liste des personnes tuées, détenues ou disparues » en juin 1989, a indiqué le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo dans un communiqué.

« Les fantômes du 4 juin n’ont pas encore trouvé le repos », ajoutait M. Pompeo, citant le dissident Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010 décédé l’an dernier en détention.

Ces déclarations ont suscité la fureur de Pékin, qui a exprimé son « fort mécontentement » et transmis à Washington des « protestions solennelles ».

« Les Etats-Unis accusent sans fondement le gouvernement chinois et s’ingèrent dans les affaires de la Chine », s’est indignée Hua Chunying, porte-parole du ministère des Affaires étrangères, lors d’une conférence de presse.

« Nous enjoignons les Etats-Unis à abandonner leurs préjugés, à corriger leurs erreurs, à cesser leurs remarques irresponsables et leur ingérence », a-t-elle martelé, assurant que le gouvernement chinois a déjà « tiré des conclusions limpides sur les troubles politiques des années 1980 ».

– ‘Vacances forcées’ –

Des familles de manifestants tués en 1989 ont récemment exhorté le président Xi Jinping à « réhabiliter » leurs proches: « Chaque année (en juin), nous sommes contrôlés, placés en résidence surveillée, ou éloignés de chez nous », ont déploré dans une lettre ouverte les « mères de Tiananmen », une association de parents ayant perdu un enfant lors de la répression.

De fait, l’épisode fait en Chine continentale l’objet d’une véritable amnésie d’Etat, strictement banni des livres, des manuels scolaires, des films et de l’internet.

La censure était renforcée lundi sur les réseaux sociaux: la plateforme de microblogs WeChat empêchait ainsi ses usagers d’échanger des sommes d’argent pour 89,64 ou 64,89 yuans, montants évoquant la date du 4 juin 1989.

« Les autorités dépensent énormément pour s’assurer que les Chinois ne peuvent pas commémorer ouvertement les victimes du 4 juin », a indiqué à l’AFP William Nee, chercheur d’Amnesty International, pointant que l’intelligence artificielle rend la censure « plus efficace ».

Comme chaque année, des militants sont éloignés de Pékin pour les empêcher de prendre part à d’éventuelles commémorations, à l’instar de l’intellectuel Hu Jia, cantonné depuis le 1er juin en « vacances forcées » à Qinghuangdao, station balnéaire à 300 km de la capitale.

« Mais où que je sois, je jeûne (le 4 juin) et j’allume des bougies. Je me sens chanceux, je suis un survivant (de la répression). Tant de gens sont morts, mais la Chine est toujours bloquée en 1984 en termes de progrès » politique, a-t-il indiqué à l’AFP, en allusion au roman de George Orwell.

Romandie.com avec (©AFP / 04 juin 2018 12h14)                

L’UE porte plainte à l’OMC contre les USA et la Chine

juin 1, 2018

/ © AFP / Emmanuel DUNAND

L’UE « porte plainte vendredi à l’OMC contre les États-Unis et la Chine », a annoncé la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, lors d’une conférence de presse vendredi à Bruxelles.

L’Union européenne proteste ainsi, comme elle l’avait annoncé, contre la décision américaine d’augmenter les droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance de l’UE depuis le 1er juin.

En ce qui concerne Pékin, l’UE s’en prend « au transfert injuste de technologie » des entreprises européennes actives en Chine.

« Si les acteurs de ce monde ne respectent pas les règles, alors le système risque de s’effondrer. C’est pour cela que nous portons plainte aujourd’hui contre les Etats-Unis et la Chine devant l’OMC », a déclaré Mme Malmström.

« Et cela démontre que nous ne choisissons aucun camp. Nous défendons un système multilatéral pour un commerce mondial fondé sur des règles », a-t-elle plaidé.

« Et cela démontre également notre détermination à traiter les causes profondes des tensions actuelles dans le système commercial, mais nous devons le faire dans le cadre du système fondé sur des règles et de ses remèdes », a-t-elle ajouté.

Romandie.com avec (©AFP / 01 juin 2018 16h10)                  

Allemagne-Chine: Merkel a rencontré à Pékin les épouses d’avocats en détention

mai 28, 2018

Photo fournie le 28 mai 2018 par Li Wenzu, épouse de l’avocat chinois en détention Wang Quanzhang, la montrant rencontrant la chancelière allemande Angela Merkel le 24 mai à Pékin / © Li Wenzu/AFP / Handout

La chancelière allemande Angela Merkel a rencontré durant sa récente visite en Chine les épouses de deux avocats en détention — une initiative rare pour un dirigeant occidental — ont rapporté ces dernières lundi à l’AFP.

Les chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers s’abstiennent généralement de parler publiquement des droits de l’homme et de rencontrer des militants durant leurs séjours dans le pays asiatique.

Angela Merkel n’a pas évoqué sa rencontre avec les deux femmes lors de sa visite officielle en Chine jeudi et vendredi. Elle a cependant déclaré avoir soulevé la question des droits de l’homme lors de son entretien avec le Premier ministre Li Keqiang.

Un porte-parole du gouvernement allemand a assuré à l’AFP que « la chancelière a rencontré jeudi dernier à Pékin un groupe d’avocats des droits de l’homme et de proches de personnes emprisonnées et a discuté avec eux de leur situation ».

Mme Merkel s’est entretenue jeudi avec Li Wenzu, la femme de l’avocat Wang Quanzhang, interpellé en juillet 2015, et avec Xu Yan, épouse de Yu Wensheng, inculpé en début d’année pour avoir réclamé des élections libres.

Une photo, transmise par Mme Li, la montre aux côtés de la cheffe du gouvernement allemand, qui lui tient l’épaule dans un geste de réconfort.

« Je lui ai parlé de la situation de mon mari Wang Quanzhang, l’avocat des droits de l’homme qui a disparu depuis plus de 1.000 jours », a témoigné Mme Li dans un message électronique.

« J’ai demandé à Mme Merkel de m’aider à confirmer auprès des autorités chinoises si Wang Quanzhang est toujours en vie ou non. Et s’il est toujours en vie, que mon avocat soit autorisé à le voir », a ajouté Mme Li, disant s’être rendue plus d’une centaine de fois dans un centre de détention à Tianjin (nord) où elle pense que son mari est emprisonné, mais sans obtenir de ses nouvelles.

Mme Merkel « a fait part de sa préoccupation envers moi, mon mari et mon enfant, et dit qu’elle continuerait à nous soutenir », a-t-elle poursuivi.

Wang Quanzhang fait partie des plus de 200 avocats et militants des droits de l’homme à avoir été arrêtés à l’été 2015 lors d’une vaste opération de répression. La grande majorité a depuis été libérée et d’autres condamnés à des peines allant jusqu’à huit ans de prison.

Me Wang avait notamment défendu des personnes expropriées, des militants des droits de l’homme, ou encore des membres de la secte Falungong, bannie en Chine continentale. Il est accusé de « subversion » mais n’a pas encore été jugé.

Angela Merkel avait par ailleurs été appelée avant sa visite en Chine à soulever le cas de Liu Xia, la veuve du prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo. Celle-ci est de facto assignée à résidence depuis huit ans, sans avoir fait l’objet d’une quelconque condamnation.

L’association Human Rights Watch espérait que Mme Merkel pourrait ramener Liu Xia avec elle en Allemagne.

Romandie.com avec (©AFP / 28 mai 2018 13h54)