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France: Christiane Taubira annonce sa candidature à l’élection présidentielle

janvier 15, 2022

L’ancienne garde des sceaux de François Hollande a promis de se soumettre au résultat de la Primaire populaire, une initiative citoyenne transpartisane à gauche.

Christiane Taubira salue ses supporteurs après sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, sur l’esplanade de la Grande-Côte, dans le quartier de la Croix-Rousse, à Lyon, le 15 janvier 2022.
Christiane Taubira salue ses supporteurs après sa déclaration de candidature à l’élection présidentielle, sur l’esplanade de la Grande-Côte, dans le quartier de la Croix-Rousse, à Lyon, le 15 janvier 2022. HUGO RIBES / ITEM POUR  » LE MONDE »

Elle avait promis de clarifier sa position à la mi-janvier. Christiane Taubira a annoncé, samedi 15 janvier, qu’elle se lançait à son tour dans la course à la présidentielle. « Il nous faut revigorer notre démocratie, en réhabilitant le Parlement, en contrôlant l’action du gouvernement et en veillant à la séparation réelle [des pouvoirs]. (…) Nous sommes trop éduqués, trop cultivés, trop actifs pour nous accommoder plus longtemps encore d’un possible usage des institutions comme instrument d’un pouvoir personnel, a-t-elle déclaré. Pour toutes ces exigences d’un gouvernement qui nous respecte et qui vous respecte (…), je suis candidate à la présidence de la République ».

Mme Taubira a promis de se soumettre au résultat de la Primaire populaire, une initiative citoyenne transpartisane à gauche rassemblant au moins 120 000 électeurs potentiels. Les autres principaux candidats de gauche dont les noms seront aussi proposés à ce scrutin ont tous refusé de s’y soumettre.

Quatre priorités

Depuis le quartier de la Croix-Rousse à Lyon, connu pour avoir été le lieu de travail des Canuts, les ouvriers de la soie lyonnais au XIXe siècle, Mme Taubira a listé les principaux axes de son projet, à commencer par « la jeunesse ». La candidate guyanaise a notamment annoncé qu’elle souhaitait que les « 46 % des jeunes (…) obligés de travailler pendant leurs études » reçoivent « un revenu de 800 euros par mois pendant cinq ans » afin « qu’ils soient en capacité de se consacrer à leurs études ».

Deuxième axe de son projet : « la justice sociale ». L’ancienne députée de la Guyane aborde ainsi la question des « bas salaires » et promet de revaloriser le smic « à 1 400 euros net » par moisElle promet ensuite de taxer davantage le patrimoine « à partir de 10 millions d’euros ». « Nous allons puiser [dans ces fortunes] et recueillir chaque année environ 10 milliards de recettes fiscales supplémentaires », fait-elle valoir.

Concernant l’écologie, son troisième grand axe de campagne, la candidate de gauche affirme qu’il s’agit de « l’affaire du siècle », en référence explicite à la pétition et au recours en justice porté par le collectif du même nom en 2018, afin d’interpeller l’opinion publique et le gouvernement sur l’urgence climatique. Mme Taubira déclare ainsi notamment vouloir une TVA à taux zéro pour les produits issus de l’agriculture biologique au niveau européen et propose d’augmenter le bonus écologique sous conditions de ressources.

Enfin, le quatrième grand axe de priorités déroulé par la candidate est « la République » dont l’école est pour elle « le cœur battant ». « L’école, qui est un lieu de reproduction des inégalités sociales et familiales [doit participer] à la mixité sociale. Pour les écoles hors contrat, nous allons veiller à ce qu’elles respectent les valeurs et les principes de la République et prendre les dispositions nécessaires en cas de constat de non-respect de ces valeurs », a notamment affirmé la candidate.

Gauche fragmentée

L’ex-garde des sceaux de François Hollande, connue notamment pour la loi reconnaissant l’esclavage comme un crime contre l’humanité et son combat pour l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, met ainsi un terme à l’attente qu’elle avait suscitée chez une partie des électeurs de gauche le 17 décembre, lorsqu’elle avait dit « envisager » d’être candidate face à « l’impasse » d’une gauche fragmentée.

Cinq autres candidats de gauche sont déjà en lice : l’« insoumis » Jean-Luc Mélenchon, l’écologiste Yannick Jadot, la socialiste Anne Hidalgo, le communiste Fabien Roussel et le chantre de la « remontada » de la France Arnaud Montebourg, proche de l’abandon.

A moins de trois mois de l’élection présidentielle, Christiane Taubira peut-elle réussir à faire l’union qui a jusqu’à présent échoué, alors que certains socialistes la regardent encore comme ayant contribué, par sa candidature, à l’éviction de Lionel Jospin au premier tour de la présidentielle de 2002 ? Elle n’avait alors recueilli que 2,32 % des suffrages. La candidate guyanaise a cependant déjà réussi à convaincre la présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté, la socialiste Marie-Guite Dufay. Et le maire de Marseille, Benoît Payan (PS), a annoncé qu’il soutiendrait le vainqueur de la Primaire populaire.

En déplacement à Nantes avant son grand meeting « immersif » de dimanche, Jean-Luc Mélenchon a réagi auprès du Monde à l’annonce de cette nouvelle candidature à gauche. « Ils s’agitent parce qu’ils sont concurrents tous les trois, Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Christiane Taubira. Comme je m’y attendais, ils ne disent rien d’autre que ce qui est déjà dans mon programme : smic à 1 400 euros, allocation étudiante… », a déclaré le candidat de La France insoumise, en référence aux propositions de l’ancienne garde des sceaux. Il a ajouté : « Si j’arrive au second tour, je demanderai à ceux qui veulent rejoindre une majorité et gouverner d’entrer en dialogue avec moi. Ça m’intéresse de voir qu’ils commencent à converger. »

La déclaration de candidature de Mme Taubira s’inscrit dans le cadre d’un week-end politique bien rempli. Sa rivale Anne Hidalgo, en déplacement à Villeurbanne, a d’ailleurs lancé : « Chacun est libre de faire ce qu’il entend, et maintenant, projet contre projet » ; Jean-Luc Mélenchon est lui à Nantes ; Valérie Pécresse se trouve en Grèce, pour une séquence sur le contrôle des migrants ; Marine Le Pen donne une « déclaration solennelle » depuis l’esplanade du Louvre, et Eric Zemmour se rend à Château-Thierry.

Par Le Monde avec AFP

Christiane Taubira « envisage » une candidature à la présidentielle française

décembre 17, 2021
Christiane Taubira devant un drapeau français

L’ex-ministre de la Justice Christiane Taubira Photo : Reuters/Christian Hartmann

L’ex-ministre de la Justice Christiane Taubira a annoncé vendredi, dans un message vidéo diffusé sur Facebook, envisager une candidature à l’élection présidentielle française d’avril prochain.

Cette annonce de candidature intervient alors que toutes les enquêtes d’opinion sur les intentions de vote donnent la gauche éliminée dès le premier tour.

Il y a des candidatures de personnes de grande valeur, pour qui j’ai de l’estime et de l’amitié. Mais je constate l’impasse, déclare-t-elle dans son message. J’ai toujours dit que je prendrais mes responsabilités. Pour cela, j’envisage d’être candidate à l’élection présidentielle de la République française.

Je ne serai pas une candidate de plus, je mettrai toutes mes forces dans les dernières chances de l’union, a-t-elle ajouté en donnant rendez-vous à la mi-janvier.

La candidate soutenue par le Parti socialiste (PS), Anne Hidalgo, a lancé le 8 décembre un appel à l’organisation d’une primaire, vite rejeté par ses principaux rivaux à gauche, l’écologiste Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, soutenu par la France insoumise (LFI), et le communiste Fabien Roussel.

Parallèlement, l’initiative de la primaire populaire, lancée par des militants de gauche en vue de désigner la personnalité la plus à même de porter les valeurs écologiques, démocratiques et sociales et de rassembler autour d’elle, revendique à ce jour près de 300 000 inscriptions en vue d’un scrutin en ligne prévu du 27 au 30 janvier. Christiane Taubira, 69 ans, avait été candidate du Parti radical de gauche (PRG) à l’élection présidentielle de 2002, lors de laquelle elle avait obtenu 2,32 % des suffrages exprimés au premier tour.

Devenue ministre de la Justice après l’élection de François Hollande à l’Élysée en 2012, elle a notamment piloté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Elle est depuis restée l’une des personnalités de gauche les plus populaires dans l’opinion française.

Selon une récente enquête de l’institut Odoxa, elle est jugée, à gauche, la plus compétente, convaincante et proche des Français.

Par Le Point avec Reuters

France/Esclavage: personne ne demande de « repentance », s’agace Taubira

mai 10, 2021
Esclavage: personne ne demande de "repentance", s'agace Taubira
Esclavage: personne ne demande de « repentance », s’agace Taubira© AFP/Archives/Jewel Samad

L’ancienne ministre de la Justice Christiane Taubira s’est agacée lundi « du monologue furieux » de ceux qui s’inquiètent d’une « culture de la repentance », à l’occasion de la journée des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition.

« J’avais entendu ça à l’époque des débats » autour de la loi de 2001 qui a reconnu l’esclavage et la traite comme des crimes contre l’humanité, a déclaré sur France Culture l’ancienne députée de Guyane.

« Vous avez des gens qui sont perchés sur leurs balcons et qui disent +on en a assez de la repentance+. Personne ne leur en demande et c’est en ce sens que j’appelle ça un monologue furieux », a-t-elle ajouté.

« Ce n’est pas le sujet, à la limite ce serait trop facile la repentance, on n’en veut même pas. Moi je n’entre pas en discussion avec des gens qui se disputent avec eux-mêmes », a poursuivi Mme Taubira. « C’est une affaire extrêmement sérieuse. La repentance qu’ils croient qu’on leur demande, pour nous qui prenons ça très au sérieux c’est juste du pipi de chat et ça ne sent pas bon ».

Revenir sur son passé, « si on le fait dans l’esprit de la loi Taubira » permet de « renforcer la cohésion nationale », a souligné pour sa part le président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage Jean-Marc Ayrault sur RFI.

La loi de 2001 « nous montre le chemin, le chemin c’est d’abord la reconnaissance. Nier ce n’est pas un acte de liberté et de responsabilité », a poursuivi l’ancien Premier ministre socialiste, insistant également sur l’importance de la transmission à l’école.

Concernant Haïti et les sommes exigées par Paris en échange de l’indépendance de son ancienne colonie en 1804, « il y a quelque chose à construire de plus juste », a estimé M. Ayrault à l’heure où la question de la réparation de l’esclavage reste épidermique.

« Ce n’est pas forcément quantifiable mais ça doit être traduit dans des politiques publiques dans des choix que l’on fait, qui ne doivent pas être faits dans un esprit paternaliste mais dans un esprit de coopération et d’égalité », a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

France: Taubira: comment l’éditeur Philippe Rey a-t-il gardé son livre secret?

février 1, 2016

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L’ancienne ministre de la Justice, Christiane Taubira, a rédigé son livre alors qu’elle était encore au gouvernement.afp.com/Jewel Samad

L’ex-ministre de la Justice a contacté son éditeur le 10 janvier pour publier son court texte contre l’extension de la déchéance de nationalité… alors qu’elle était encore au gouvernement. Mais comment ont-ils évité que cela ne s’ébruite? Explications.

Comment Christiane Taubira et son éditeur, Philippe Rey, ont-ils gardé secret le livre que l’ex-ministre de la Justice a écrit avant sa démission du gouvernement, mercredi dernier? Alors que le petit ouvrage, Murmures à la jeunesse où elle critique l’extension de la déchéance de nationalité, est mis en place dans les librairies ce lundi matin, quelques détails émergent.

« Elle m’a contacté vers le 10 janvier pour me dire qu’elle avait écrit un court texte d’une centaine de pages et qu’elle souhaitait le publier fin janvier, avant l’ouverture du débat à l’Assemblée sur la déchéance de nationalité. Elle nous a aussi demandé la plus grande confidentialité », raconte Philippe Rey, qui avait noué de « très bonnes relations » avec la ministre à l’occasion de la réédition l’an dernier de son livre L’esclavage raconté à ma fille. 

François Hollande a su le 23 janvier

« Le bon à tirer (le texte définitif envoyé à l’imprimeur) a été donné le 18 janvier et imprimé dans la semaine », poursuit-il. Christiane Taubira a alors « remis un exemplaire des épreuves au Président de la République le vendredi 23 janvier. Le président est parti en Inde le samedi et la démission a été annoncée mercredi matin », précise-t-il.

« Elle ne nous a rien dit sur sa démission, mais c’était intrigant pour moi, car j’imaginais qu’une ministre en exercice allait avoir quelques ennuis en publiant un texte comme cela avant un débat politique majeur… Mais pour nous, il devait être mis en vente avec la mention de l’auteure comme ministre de la Justice », poursuit-il. « Je ne sais pas si le livre a joué un rôle dans sa démission, mais il fait partie des éléments qui ont un peu forcé le destin », note-t-il, alors que Christiane Taubira a démissionné en raison d’un « désaccord politique majeur » dans le dossier de la déchéance de nationalité.

Impression en Espagne et « film opaque »

Pour garder le secret, l’éditeur a fait imprimer en Espagne car « il y a des agents du renseignement en lien avec pas mal d’imprimeurs français », assure-t-il. Le livre a été acheminé le 28 janvier en France « sous un film opaque ». Pour éviter les fuites lors de la mise en place des exemplaires en librairies, l’éditeur a proposé l’ouvrage aux libraires « ‘sous X’, sans révéler ni l’auteur, ni le contenu ».

« Les libraires ont bien joué le jeu car ils savent que nous ne sommes pas coutumiers du fait et que donc, c’était important », souligne Philippe Rey, qui regrette seulement que le mystère ait été éventé 12 heures trop tôt, par France 2 dimanche soir. Une anticipation qui attise toutefois la curiosité… Tiré dans un premier temps à 45 000 exemplaires, le petit ouvrage de 96 pages sort officiellement mardi. « Je pense qu’on va réimprimer assez vite », a indiqué l’éditeur.

Lexpress.fr avec AFP

Pour Taubira, «l’égalité est un combat quotidien»

janvier 29, 2016

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Christiane Taubira a reçu un accueil chaleureux à la NYU. Crédits photo : JEWEL SAMAD/AFP

Après sa démission, l’ex-garde des Sceaux s’est rendue à New York pour une conférence à l’université devant un parterre enthousiaste.

Accueil enthousiaste et standing ovation pour Christiane Taubira à l’université NYU de New York. Quelques jours après sa démission fracassante pour «désaccord politique majeur» avec François Hollande et Manuel Valls sur la déchéance de nationalité, l’ex-garde des Sceaux tenait une conférence qu’elle devait, à l’origine, faire dans l’exercice de ses fonctions. «L’université a insisté pour que je maintienne cette conférence et je trouve que c’est heureux», a-t-elle dit à sa descente d’avion.

La salle était comble dans la faculté de droit Arthur Vanderbilt, pour entendre Christiane Taubira qui se revendique d’Aimé Césaire et de Victor Hugo. Le public diversifié rassemblait des étudiants, des professeurs et la diaspora noire. L’ancienne ministre, vêtue d’un blazer bordeaux et d’un foulard chatoyant, loue «la ville monde» pour son hospitalité, invoque ces Français venus à New York: Jules Romains, Antoine de Saint-Exupéry, Claude Lévi-Strauss. Elle évoque aussi l’historien américain Howard Zinn et son hommage aux classes laborieuses dans Une Histoire populaire des États-Unis. «Je vénère le mouvement de la Harlem Renaissance qui a fait partie de mes grandes découvertes en tant qu’adolescente, lance-t-elle. Il contient des clés pour les difficultés auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui.»

Comment répondre à ces sujets essentiels? «En regardant dans le passé comment on a répondu», ajoute l’ex-ministre de la Justice qui défend jalousement des «principes». «Le monde s’interroge. Sur la solidité de nos valeurs, de notre éthique, de nos principes. Car eux peuvent nous guider dans ces temps troubles. Une civilisation qui renie ses principes est une civilisation moribonde. Il ne faut pas ruser avec ces principes.»

Christiane Taubira aborde aussi la question de la laïcité, ultrasensible en France. «Vous connaissez les Français, peuple passionné qui aime se disputer, se battre à outrance. Il est même capable de se fendre en deux», dit-elle. Mais «attention, la laïcité est fondamentale: elle ne conteste pas les religions, elle organise les conditions de la vie religieuse».

«L’égalité n’est pas un slogan, c’est un combat quotidien qui incombe à la puissance publique», dit-elle, avant de citer le poète Édouard Glissant qui plaide pour «un dialogue permanent entre les hommes, les peuples, les cultures, les civilisations». «Pour que ce dialogue soit fécond, il faut que ce soit dans le respect mutuel, comprendre les tendances longues à l’œuvre, admettre la diversité, la complexité du monde qui ne se donne pas à lire aisément.»

Christiane Taubira, que les frondeurs rêvent de gagner à leur cause, élude les questions nombreuses sur 2017. «Ce que je vais faire à présent? J’adore lire. La nuit. Maintenant, je crois que je vais avoir du temps pour lire le jour.»

Lefigaro.fr par Maurin Picard

Chriastiane Taubira une femme de tête et de caractère

janvier 28, 2016

 

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La liberté d’opinions ne se marchande pas. Christiane Taubira, fidèle à sa personne et fière de ses engagements, a marqué de ses empreintes son passage au sein de ce gouvernement, malgré les critiques.

A défaut de se prostituer dans une volonté contraire et de se noyer dans l’océan sans bouée de sauvetage, lui priant encore de nager dans l’impossible, elle a choisi la noble voie de la démission.

Précieuse, la liberté se défend bec et ongles. Elle fait partie des acquis du triomphe de la conscience dans un monde où la soumission du devoir politique, heurte souvent l’éthique et le bon sens, quand on veut aveuglement conserver son poste ministériel.

L’idéal est de remettre le tablier dans la courtoisie du respect des services rendus, à la hiérarchie de la nomination.

Aux uns et aux autres d’apprécier la valeur et la justesse du geste posé par Christiane Taubira qui a retrouvé sa liberté de femme, hier de ministre.

Christiane Taubira, une démission qui libère la conscience et les partisans de la déchéance sur la nationalité. Une carte jouée dans la dignité et la fidélité de ses opinions exemplaires.

Est-elle partie tête haute?

Bernard NKOUNKOU

France: La ministre de la Justice Christiane Taubira démissionne du gouvernement

janvier 27, 2016

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La ministre de la Justice, Christiane Taubira, a démissionné du gouvernement. afp.com/MARTIN BUREAU

Dans un communiqué publié ce mercredi, l’Elysée annonce que Christiane Taubira a remis sa démission à François Hollande. La ministre de la Justice justifie sa décision par « fidélité » à ses valeurs. Le député Jean-Jacques Urvoas la remplace.

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Elle n’aura donc pas attendu la fin du quinquennat. Donnée maintes fois sur le départ ces dernières mois, Christiane Taubira a finalement quitté le gouvernement ce mercredi. Dans un communiqué, l’Elysée précise que la ministre de la Justice a remis sa lettre de démission à François Hollande, qui l’a acceptée. « Ils ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s’ouvre à l’Assemblée nationale », écrit le texte.

Christiane Taubira a en effet maintes fois exprimé son opposition à la déchéance de nationalité, mesure qui doit être inscrite dans cette loi. L’Elysée précise qu’elle est remplacée par le député PS du Finistère Jean-Jacques Urvoas, jusqu’ici président de la commission des lois. « Il portera, aux côtés du Premier Ministre, la révision constitutionnelle et préparera le projet de loi renforçant la lutte contre le crime organisé et la réforme de la procédure pénale », conclut le communiqué.

« Résister, c’est partir »

Sur Twitter, Christiane Taubira justifie sa décision par un souci de cohérence avec ses valeurs, dans une envolée lyrique bien à elle. « Parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir. Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit », écrit-elle.

Lexpress.fr

France/Christine Taubira comparée à un singe: nouvelle condamnation

décembre 5, 2014

Un élu d’extrême droite français a été condamné vendredi à 3000 euros (3600 francs) d’amende à Annecy (est), a-t-il indiqué à l’AFP. Il avait comparé la ministre de la Justice Christiane Taubira, originaire de Guyane, à un singe. Il n’est pas le premier.

« Je ne comprends pas trop ce qui motive le jugement. J’ai simplement voulu faire de l’humour » a réagi Oliviers Burlats, élu sur la liste du Front national au conseil municipal de Seynod, une petite commune du département de Haute-Savoie dans les Alpes françaises.

Le 16 septembre, Olivier Burlats avait publié dans un tweet la photo d’un singe sur un vélo qui répondait à un tweet précédent concernant la ministre de la Justice, habituée à se déplacer à vélo. Ce tweet avait valu à l’élu d’être suspendu puis exclu du FN, soucieux d’effacer son image de parti raciste.

Une insulte qui se répète
La justice a prononcé plusieurs condamnations dans des affaires similaires visant Mme Taubira, cible privilégiée de l’extrême droite en raison de ses origines et de la loi ouvrant le mariage aux homosexuels qu’elle a fait adopter en 2013. L’hebdomadaire « Minute » a ainsi été condamné le 30 octobre à 10’000 euros d’amende pour une couverture qui l’avait comparée à un singe.

Une ex-candidate Front National aux municipales (exclue elle aussi par son parti) a été condamnée à neuf mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cayenne (Guyane) pour les mêmes motifs.

Également visée par l’extrême-droite: la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, d’origine marocaine, qualifiée de « musulmane marocaine » par Minute et d' »Ayatollah » par l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles ».

Romandie.com

Racisme : quand un journaliste du « Point » compare Taubira à une analphabète des colonies

mars 14, 2014

La gravure du 19e s. publiée par le journaliste Frédéric Lewino. © DR

La gravure du 19e s. publiée par le journaliste Frédéric Lewino. © DR

Mercredi, un journaliste de l’hebdomadaire français « Le Point » a provoqué un tollé en publiant sur Twitter une gravure du 19e siècle. Son intention : comparer Christiane Taubira à une femme noire analphabète à laquelle un « maître » blanc apprendrait à lire.

« Bête ». « Raciste ». « Misogyne ». « Débilissime » même, selon les propres dires de la direction de la rédaction de l’hebdomadaire Le Point. En un tweet, le journaliste Frédéric Lewino a réussi à s’aliéner une bonne partie de la twittosphère et l’ensemble de ses « confrères ». En cause : la publication d’une image représentant une femme noire apprenant à lire. Une gravure du 19e siècle, colonialiste, à laquelle Lewino a ajouté une légende : « Le procureur François Faletti apprenant à lire à Christiane Taubira. »

"Le procureur François Faletti apprenant à lire à Christiane Taubira."

« Le procureur François Faletti apprenant à lire à Christiane Taubira. »

Tourbillon médiatique

Frédéric Lewino entendait ainsi évoquer l’actualité de la Garde des Sceaux. Christiane Taubira est en effet dans la tourmente alors que la presse française a prouvé qu’elle était au courant des écoutes ordonnées à l’égard de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, ce qu’elle avait auparavant plus ou moins démenti.

Le procureur général de Paris, François Faletti a ainsi confirmé un article du Canard enchaîné selon lequel Christiane Taubira disposait dès le 26 février d’informations sur les écoutes de l’ancien chef de l’État. « On informe sur l’existence d’une information qu’on ouvre, sur les qualifications et un certain nombre d’éléments qui permettent de comprendre quelle est l’origine de l’information et quelles sont les perspectives », a précisé le magistrat à la radio RTL.

La ministre de la Justice a fini par confirmer l’information en ajoutant en revanche qu’en dehors de ces éléments de contexte, elle n’était pas au courant du contenu précis des écoutes. Cela n’a cependant pas empêché ses adversaires politiques, notamment à l’UMP, à qui les informations judiciaires en cours autour de Nicolas Sarkozy donnent des sueurs froides, de réclamer sa démission.

« Je ne suis pas raciste »

Contacté par Le Nouvel Observateur, Frédéric Lewino détaille sa démarche : « Depuis trois mois, je m’amuse à poster sur Twitter un détournement humoristique d’une gravure du 19e, comme le faisait déjà mon père, le journaliste Walter Lewino, dans Le Point ». « Chaque jour, je recherche ce qui est le plus saillant dans l’actualité », ajoute-t-il. Et d’expliquer : « Aujourd’hui, on ne parle que de Christiane Taubira, qui aurait menti sur sa connaissance des écoutes de Nicolas Sarkozy. Je me suis donc mis en quête de l’image d’une femme noire. »

>> Lire aussi « Racisme : les insultes envers Christiane Taubira, grave dérive de la société française » et « Taubira caricaturée en singe : relents racistes autour de la ‘Manif pour tous' »

Qu’importe le caractère raciste, colonialiste et, au passage, sexiste de la représentation en question. Qu’importe également la comparaison peu appropriée entre une femme analphabète et une ministre de la Justice passionnée de littérature et un temps évoquée au portefeuille de la Culture en cas de remaniement.

« Si on lit mes articles, on se rend bien compte que je ne suis pas raciste. Ce tweet était dans la continuité de mon compte, je tape sur la droite, la gauche, les Blancs, les Noirs », se justifie l’incompris, qui regrette le manque d’humour au second degré sur le réseau social. « J’ai supprimé mon tweet sur Toubira [sic] car mal interprété. Désolé si j’ai heurté certains par ce dérapage non voulu. Merci de m’en avoir averti », écrira-t-il quelques heures plus tard.

Encore un martyr de la liberté d’expression ? Libre à chacun d’en douter. Quoi qu’il en soit, ces lignes de Christiane Taubira, publiées quelques jours plus tôt chez Flammarion dans son livre « Paroles de liberté »*, pourraient servir de réponse anticipée au journaliste du Point :

« Aurais-je quelque chose à leur dire ? Rien. Ni aux uns, ni aux autres. La parole est une relation. En prétendant m’expulser de la famille humaine, ils se sont, par perfidie ou par bêtise raciste, et de leur propre fait, exclus de toute conversation. Ils se sont interdits à mon univers. Et si j’occupe le leur, c’est leur affaire. Rien à leur dire donc. »

* »Paroles de liberté », Flammarion, 139 pages, 12 euros.
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Jeuneafrique.com par Mathieu Olivier

Prix du Trombinoscope : Taubira désignée « personnalité politique » de 2013

janvier 27, 2014

Si la ministre de la Justice reçoit la plus haute distinction, Jean-Yves Le Drian a été élu « ministre de l’année » et Bruno Le Maire « révélation politique » de 2013.

Christiane Taubira au palais de l'Élysée en janvier 2014. © Villard / Sipa

Christiane Taubira au palais de l’Élysée en janvier 2014. © Villard / Sipa

La garde des Sceaux Christiane Taubira est désignée « personnalité politique » de l’année 2013 dans le palmarès annuel du Trombinoscope, dont les prix seront décernés mardi et distinguent également Jean-Yves De Drian, Bruno Le Maire, Nicolas Dupont-Aignan et François Rebsamen. Christiane Taubira reçoit la plus haute distinction parce que tout en étant « hors système, décalée », c’est « une battante, une combattante, une résistante, un roc », a commenté Arlette Chabot dans le communiqué publié lundi annonçant le palmarès. « Ses adversaires, lors du débat parlementaire sur le mariage pour tous, ont été bluffés par son talent d’oratrice, ses discours sans notes (…) », a-t-elle souligné.

Pour la « révélation politique de l’année » est primé le député UMP de l’Eure et ex-ministre, Bruno Le Maire. Le prix du « ministre de l’année » revient à Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, selon le palmarès du Trombinoscope qui présente depuis 1981 les acteurs de la vie politique française et européenne dans des annuaires professionnels.

Un jury de 120 journalistes

Le « député de l’année » est Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, maire d’Yerres et député de l’Essonne. Le « sénateur de l’année » est François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat et maire de Dijon. L' »élu local de l’année » est Jean Lassalle, député et conseiller général des Pyrénées-Atlantiques, maire de Lourdios-Ichère et membre du MoDem. Le prix d' »Européen de l’année » sera décerné à Michel Barnier, commissaire européen et ancien ministre des Affaires étrangères.

Un jury de 120 journalistes de la presse écrite et audiovisuelle désigne chaque année ces personnalités. Les prix devraient être remis mardi à 18 heures à l’hôtel de Lassay, en présence de Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale.

Lepoint.fr