Posts Tagged ‘Christine Lagarde’

Affaire Tapie : Christine Lagarde renvoyée devant la Cour de justice de la République

décembre 17, 2015

 

L’ex-ministre des Finances et actuelle présidente du FMI va être jugée pour négligence pour son rôle joué dans l’arbitrage accordé à Bernard Tapie.

Lagarde

Christine Lagarde est renvoyée devant la Cour de justice de la République (CJR). © AFP/ PETRAS MALUKAS

Ebola : le FMI « prêt à faire plus » pour la Guinée durement touchée

octobre 11, 2014

La directrice du FMI, Christine Lagarde, le 10 octobre 2014 à Washington.
La directrice du FMI, Christine Lagarde, le 10 octobre 2014 à Washington. © AFP

Le Fonds monétaire international (FMI) est « prêt à faire plus si nécessaire » pour la Guinée, l’un des trois pays africains les plus affectés par l’épidémie d’Ebola, a affirmé sa directrice Christine Lagarde à l’issue d’une rencontre vendredi avec le président guinéen Alpha Condé.

Le FMI a « déjà fourni 41 millions de dollars à la Guinée » dans le cadre d’un plan d’urgence, « nous sommes prêts à faire plus si nécessaire », a déclaré Mme Lagarde dans un communiqué après une réunion avec le président Alpha Condé.

« Au-delà de la perte de vies et de la dislocation sociale », le virus Ebola « menace d’inverser les progrès réalisés par ces pays au cours des dernières années dans le développement économique et la réduction de la pauvreté », précise-t-elle. L’épidémie de fièvre hémorragique partie de Guinée en décembre 2013 a fait à ce jour 4.033 morts dont 778 en Guinée où 1.350 cas ont été déclarés, selon le dernier bilan publié vendredi à Genève par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’organisation Médecins sans frontières a par ailleurs alerté jeudi que la récente « flambée » des cas en Guinée, y compris dans la capitale, plaçait son centre de traitement d’Ebola à Conakry dans une situation proche de la « saturation ».

« Trous » budgétaires

Le FMI avait débloqué en urgence 130 millions de dollars (102,5 millions d’euros) le 26 septembre en faveur des gouvernements des pays les plus touchés en Afrique de l’Ouest par l’épidémie d’Ebola. Cette aide d’urgence du FMI s’était répartie entre la Guinée à hauteur de 41 millions de dollars, le Liberia (49 millions de dollars) et la Sierra Leone (40 millions de dollars).

Elle s’était ajoutée aux programmes d’assistance du Fonds dans ces trois pays afin de couvrir partiellement les « trous » budgétaires creusés par les conséquences du virus et estimés à 100 millions de dollars pour chacun d’entre eux.

Les grands argentiers du globe, les ministres des Finances et banquiers centraux des pays du G20, réunis jusqu’à vendredi à Washington, sont tombés d’accord pour intensifier la mobilisation contre l’épidémie d’Ebola et éviter que ses ravages humains et économiques ne s’étendent en Afrique.

Plus de 4 000 morts

La fièvre hémorragique Ebola a fait 4.033 morts sur 7.399 cas enregistrés dans 7 pays (Sierra Leone, Guinée, Liberia, Nigeria, Sénégal, Espagne et Etats-Unis), selon le dernier bilan de l’OMS, arrêté au 8 octobre.

L’annonce de cette forte hausse du nombre de morts survient alors que l’ONU a affirmé que les promesses d’aides internationale ont chuté bien en deçà des 800 millions d’euros nécessaires pour lutter contre la progression de l’épidémie.

Jeuneafrique.com avec AFP

Affaire Tapie: Christine Lagarde mise en examen en France

août 27, 2014

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a été mise en examen en France pour négligence dans l’affaire de l’arbitrage controversé, en 2008, en faveur de l’homme d’affaires Bernard Tapie et la banque Crédit Lyonnais. Elle exclut de démissionner.

Interrogée par l’AFP pour savoir si elle entendait démissionner du FMI, l’ancienne ministre française de l’Économie a répondu: « non ». « Je retourne travailler à Washington dès cet après-midi », a-t-elle précisé.

Mme Lagarde a été entendue mardi par la Cour de justice de la République, seule instance judiciaire en France à enquêter et juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions.

Romandie.com

France: l’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde en garde à vue

juin 10, 2013

PARIS – L’ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde quand elle était ministre de l’Economie a été placé en garde à vue lundi à Paris dans le cadre de l’enquête sur l’arbitrage contesté ayant récemment conduit à l’audition de la patronne du FMI par la justice, a-t-on appris de source proche de l’enquête.

Stéphane Richard, actuel patron du groupe français de télécommunications Orange, doit livrer ses explications sur le rôle et la responsabilité du ministère dans la décision de recourir à un arbitrage pour régler un vieux contentieux entre l’homme d’affaires Bernard Tapie et la banque Crédit lyonnais.

L’ex-président du Consortium de réalisation (CDR), structure chargée de solder le passif du Crédit Lyonnais, Jean-François Rocchi, a également été placé en garde à vue lundi, a-t-on précisé de même source.

L’arbitrage avait permis à Bernard Tapie d’obtenir en juillet 2008 403 millions d’euros d’indemnités. Les juges cherchent à savoir si cet arbitrage a été entaché d’irrégularité et étudient en particulier le mode de désignation des arbitres.

Fin mai, l’un des trois juges du tribunal arbitral avait été mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

L’ancien directeur de cabinet de Mme Lagarde devrait être entendu en détail sur le rôle du ministère de l’Economie et de la présidence française.

Orange a précisé que M. Richard restait le patron de l’opérateur pendant cette garde à vue.

M. Richard a affirmé à plusieurs reprises à l’AFP qu’il n’y avait eu ni ordre, ni instruction, ni pression particulière de l’Elysée pour aller à l’arbitrage. Mais il aurait soutenu le contraire au Canard Enchaîné évoquant, selon l’hebdomadaire satirique, une instruction transmise par le secrétaire général de l’Elysée Claude Guéant, lors d’une réunion en 2007 avec lui-même et Jean-François Rocchi.

Lors de cette rencontre, Stéphane Richard a affirmé qu’il était apparu clairement que la solution de l’arbitrage était validée par le président de la République (Nicolas Sarkozy) qui n’en a jamais fait mystère.

Tout le monde était d’accord à l’époque, a dit M. Richard.

Depuis 2008, Christine Lagarde a toujours revendiqué la responsabilité de l’arbitrage et la décision de renoncer à en demander l’annulation, en invoquant sa volonté de mettre fin à une procédure longue et coûteuse.

Elle a démenti avoir agi sur ordre de l’ancien président Nicolas Sarkozy, qui aurait voulu ainsi obtenir pour sa candidature à la présidentielle de 2007 le soutien de Bernard Tapie, ex-ministre de gauche dans les années 1990.

Entendue le 24 mai par les juges de la Cour de Justice de la République, la directrice générale du FMI a été placée sous le statut de témoin assisté, intermédiaire entre celui de témoin et celui d’inculpé.

Romandie.com avec (©AFP / 10 juin 2013 13h12)

Perquisitions chez Lagarde à Paris dans l’affaire Tapie

mars 20, 2013

Des perquisitions sont menées mercredi au domicile parisien de la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde dans l'affaire Tapie. /Photo prise le 16 mars 2013/REUTERS/Eric Vidal

Reuters – Des perquisitions sont menées mercredi au domicile parisien de la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde dans l’affaire Tapie. /Photo prise le 16 mars 2013/REUTERS/Eric …plus  Vidal  moins 

PARIS (Reuters) – Des perquisitions ont été menées mercredi au domicile parisien de la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, dans l’affaire Tapie, a-t-on appris auprès de son avocat.
 

Elles ont été conduites par des juges de la commission d’instruction de la Cour de justice de la République, a précisé Me Yves Repiquet.

« Ces perquisitions servent à la manifestation de la vérité, cela contribuera à l’exonération de toute responsabilité pénale de ma cliente », a-t-il dit à Reuters.

En déplacement jusqu’à mercredi matin à Francfort, la directrice générale du FMI devait regagner les Etats-Unis dans la journée, a dit un de ses porte-parole.

Gerry Rice, porte-parole du FMI, a pour sa part refusé de commenter une enquête judiciaire en cours.

« Avant la sélection du directeur général, le comité exécutif du FMI a évoqué cette question et exprimé sa confiance dans la capacité de Madame Lagarde à efficacement mener à bien les tâches qui sont les siennes », a-t-il toutefois indiqué.

Une procédure visant Christine Lagarde est ouverte depuis l’été 2011 à la Cour de justice de la République, seule habilitée à traiter des délits concernant les ministres, pour « complicité de détournement de fonds publics et de faux ».

En 2007, alors ministre de l’Economie, elle a choisi de solder par un arbitrage privé un litige judiciaire concernant la revente en 1993, par le Crédit lyonnais, d’Adidas, contrôlé par l’homme d’affaires Bernard Tapie.

240 MILLIONS

Cet arbitrage a accordé 240 millions d’euros au Groupe Bernard Tapie (GBT), auxquels s’ajoutent 70 millions d’euros d’intérêts et 45 millions de « préjudice moral ».

Des élus du centre et de gauche ont reproché à Christine Lagarde d’avoir choisi la voie d’un arbitrage privé pour régler ce litige, y voyant une « faveur » politique à l’égard de l’ancien ministre de François Mitterrand, qui avait surpris en soutenant Nicolas Sarkozy en 2007 lors de l’élection présidentielle.

Christine Lagarde a démenti toute malversation et a exclu de démissionner du FMI.

Les domiciles de son directeur de cabinet de l’époque, Stéphane Richard, actuel PDG de France Telecom, et de Bernard Tapie ont également été perquisitionnés, fin janvier, ainsi que, fin février, les domicile et cabinet parisiens de Claude Guéant, secrétaire général de Nicolas Sarkozy à l’Elysée au moment des faits.

Outre la procédure visant Christine Lagarde, le parquet de Paris a ouvert en septembre dernier une information judiciaire pour « usage abusif des pouvoirs sociaux et recel de ce délit » dans cette affaire.

Reuters

Côte d’Ivoire : la relance, oui mais…

février 23, 2013
 

La commune du Plateau, à Abidjan, le plus important quartier d'affaires du pays. © DRSur les bords de la lagune Ébrié, à Yamoussoukro ou à San Pedro, la reprise est là. Et plus forte que prévue. Pourtant, si la Côte d’Ivoire a retrouvé la confiance des bailleurs de fonds, celle des investisseurs privés reste mitigée.

Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), n’est-elle pas sortie de son rôle en déclarant, le 8 janvier, que la « réconciliation » des Ivoiriens était un « préalable » à « un nouveau miracle économique » ? Pourquoi la gardienne des grands équilibres macroéconomiques de la planète s’est-elle ainsi immiscée dans la politique intérieure de la Côte d’Ivoire ? Parce qu’il y va de la vigueur et de la pérennité de la renaissance de la première économie d’Afrique de l’Ouest francophone. La reprise est là, à Abidjan, comme à San Pedro ou à Yamoussoukro. Et elle est plus forte que prévu, puisque le FMI a révisé la croissance à la hausse pour 2012, de 8,1 % à 8,6 %. « Les investisseurs reviennent, se félicite Maximilien Lemaire, président de la Chambre de commerce européenne à Abidjan. Dans l’immobilier comme dans l’agroalimentaire, ils ont élaboré des devis en 2012 qu’ils entendent concrétiser en 2013. »

Deux autres signes annoncent une résilience. La Côte d’Ivoire est le seul pays africain non pétrolier à disposer d’une balance commerciale systématiquement excédentaire. Et la Banque africaine de développement (BAD), qui avait émigré à Tunis pour éviter la guerre civile, a lancé un appel d’offres en décembre pour la réhabilitation de ses anciens locaux d’Abid­jan, où elle entend réinstaller son siège.

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« Une chance inouïe »

Il faut dire que les atouts de ce pays sont impressionnants : du fer à l’ouest, une trentaine de sites aurifères dans le centre et à l’est (lire p. 104), des réserves d’hydrocarbures au large des côtes qui pourraient changer la Côte d’Ivoire en petit Angola, des cultures d’exportations bien réparties sur le territoire, depuis le coton jusqu’au cacao en passant par la noix de cajou (lire p. 96), l’hévéa et le palmiste.

« La Côte d’Ivoire a une chance inouïe, estime un expert africain. S’il y a la paix, elle est assurée d’une croissance de 4 %. Si, en plus, sa gouvernance est « normale », elle peut compter sur deux points supplémentaires. On peut donc dire que ces 6 % de croissance sont une base qu’elle peut améliorer sans grande difficulté. » C’est en bonne voie. L’équipe Ouattara a fait preuve de rigueur dans la conduite de son budget. Les recettes, notamment douanières, rentrent mieux que prévu, et les dépenses sont sous contrôle. L’inflation demeure sage, autour de 2 %. Des réformes emblématiques sont en cours, comme celle de la filière café-cacao, bien partie pour redonner au petit planteur la rémunération dont il avait été spolié (lire pp. 94-95).

Par ailleurs, les bailleurs de fonds ont montré un soutien sans faille à la Côte d’Ivoire. Ils lui ont remis les trois quarts de sa dette, qui désormais ne dépasse guère les 3 milliards d’euros. « Avant ces annulations de dette, le budget de la Côte d’Ivoire était consacré pour un tiers aux salaires des fonctionnaires, pour un tiers au remboursement de la dette et pour un tiers au fonctionnement et aux investissements, explique Gérald Collange, directeur de l’Agence française de développement (AFD) à Abidjan. Maintenant, il est porteur d’avenir, car le premier tiers est toujours consacré aux salaires, mais le deuxième est réservé au fonctionnement et le troisième aux investissements. »

Manne

Réunis début décembre 2012 à Paris, les bailleurs ont en outre promis de contribuer pour 6,5 milliards d’euros à la réussite du plan national de développement 2012-2015 présenté par le président Ouattara, qui n’en espérait que 3 milliards, pour atteindre une croissance annuelle de 10 % à partir de 2014 et accéder au rang de pays émergent en 2020.

L’unique pays africain non pétrolier doté d’une balance commerciale systématiquement excédentaire.

C’est bien, mais cette manne n’y suffira pas. En effet, les risques que doit affronter la Côte d’Ivoire sont redoutables. Dix années de conflits à répétition ont mis à mal son système éducatif : son taux de scolarisation est devenu l’un des plus bas d’Afrique. On peut donc se faire du souci sur les qualifications, voire sur les qualités civiques des jeunes Ivoiriens.

Pour éviter la persistance d’un chômage massif et une situation sociale explosive, il faudrait que l’agriculture devienne une priorité, car « 70 % de la population en vit », rappelle Gérald Collange. « Elle assure 60 % des exportations et 30 % du PIB du pays, poursuit-il. Elle sera décisive pour relever le défi de la création d’emplois, en passant du stade extensif à l’organisation de filières agro­alimentaires cohérentes, car le secteur manufacturier est incapable d’accueillir les 400 000 jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année. »

Les infrastructures sont en piteux état. Hors d’Abidjan, bien des routes ne méritent plus ce nom. La politique de subvention de l’électricité, dont profitent indûment les catégories aisées, a privé le réseau de 1,5 milliard d’euros d’investissements en cinq ans. Mais le plus grave est ailleurs. La Côte d’Ivoire occupe la 177e place sur les 185 pays analysés par la Banque mondiale du point de vue du climat des affaires (classement « Doing Business » 2013), et le 130e rang sur les 176 pays passés au crible par l’ONG Transparency International du point de vue de la perception de la corruption.

Exaspération

Autant dire que le pays n’inspire pas encore une grande confiance aux investisseurs privés, qui connaissent les aléas de sa justice et de l’application de son droit foncier. Or ces investisseurs sont absolument indispensables à la réussite du plan 2012-2015. Celui-ci repose sur un apport d’argent public de 6,7 milliards d’euros, mais surtout sur un autre apport de 9,7 milliards de fonds privés. Pour l’instant, le compte n’y est pas. Et il n’y sera pas si les attaques de commissariats ou de casernes reprennent pour faire entendre l’exaspération des partisans de Laurent Gbagbo maintenus au ban de leur pays.

Donc, pas d’investissements privés sans apaisement, et pas d’apaisement sans réconciliation entre les anciens ennemis. C’est le poids de cette équation éminemment politique sur la croissance ivoirienne que Christine Lagarde a voulu rappeler aux dirigeants du pays. Cautériser les plaies de la guerre civile – et le plus vite possible – est un impératif économique.

Jeuneafrique.com parAlain Faujas

Côte d’Ivoire : Kaba Nialé, une ministre au mérite

février 19, 2013
Kaba Nialé a démarré sa carrière à l'École nationale supérieure de statistique et d'économie appliquée (Ensea), à Abidjan. © Abidjan Net

Kaba Nialé a démarré sa carrière à l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (Ensea), à Abidjan. © Abidjan Net

Première femme à la tête du stratégique portefeuille des Finances, Kaba Nialé est une habituée des arcanes du pouvoir. Alassane Ouattara considère cette statisticienne comme une « économiste de première classe ». 

C’est avec une grande sérénité et en arborant ce large sourire qui la caractérise que Kaba Nialé, ministre chargée de l’Économie et des Finances auprès du Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, a reçu la Française Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), le 7 janvier, à Abidjan. Car il en faut plus pour impressionner cette quinquagénaire originaire de Bouko, dans l’est du pays, première femme nommée à ce poste depuis l’indépendance, en 1960. Sa présence à la tête de ce portefeuille stratégique n’est pas le fruit du hasard. Statisticienne de formation, Kaba Nialé fréquente les arcanes de l’économie ivoirienne depuis deux décennies.

A lire :

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Côte d’Ivoire : Paris affiche son soutien malgré de premières inquiétudes

Cette économiste émérite est même parfois comparée à Ngozi Okonjo-Iweala, ministre nigériane des Finances et ancienne directrice générale de la Banque mondiale. Même si, pour le moment, ce n’est pas le même gabarit en termes de carrière. Après une maîtrise en sciences économiques obtenue à l’université de Cocody en 1989, Kaba Nialé est partie poursuivre ses études à Paris, où elle a décroché successivement un diplôme d’ingénieur au Centre européen de formation des statisticiens économistes des pays en développement (CESD) et un diplôme d’études approfondies en économie internationale et économie du développement à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne.

Kaba Nialé a démarré sa carrière par l’enseignement, en dispensant des cours de macroéconomie à l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (Ensea), à Abidjan, avant de travailler à la primature, entre 1991 et 1996, sur les questions fiscales et budgétaires. De 1996 à 2000, elle est chef de cabinet adjointe du chef de gouvernement, qui, à l’époque, n’est autre que… Daniel Kablan Duncan. Déjà.En 2000, elle devient directrice de cabinet adjointe de Mamadou Koulibaly, alors ministre de l’Économie et des Finances. Elle occupe ensuite la fonction de directrice de cabinet de Moussa Dosso, le ministre de l’Artisanat entre 2003 et 2005. Un parcours qui devait logiquement la mener à la tête d’un ministère. Ce sera chose faite le 1er juin 2011,date à laquelle elle intègre le premier gouvernement d’Alassane Ouattara en tant que ministre de la Promotion du logement.

C’est une économiste reconnue, parfois comparée à son homologue nigériane Ngozi Okonjo-Iweala.

Confiance totale

Le chef de l’État lui-même ne tarit d’ailleurs pas d’éloges sur celle qui le « pratique » depuis le début des années 1990, quand il était Premier ministre du président Félix Houphouët-Boigny. « Kaba Nialé est une économiste de première classe, assure-t-il. Elle a travaillé à la Banque mondiale, elle a géré des programmes structurels très importants, elle a participé à la rédaction de mon programme de gouvernement. J’ai une totale confiance en elle. » Des compliments qui n’empêchent pas Kaba Nialé de redoubler d’efforts pour mener à bien sa mission de relance de l’économie ivoirienne.

Ses plus grands chantiers ? D’abord, la poursuite des actions pour améliorer la gouvernance. Sur ce plan-là, elle aura beaucoup à faire pour inverser la tendance : dans l’édition 2012 de l’indice Mo Ibrahim de la gouvernance africaine, la Côte d’Ivoire se place en effet bon dernier en Afrique de l’Ouest et 46e au niveau africain (sur 52 pays classés). Deuxième défi, et de taille : la structuration de la dette intérieure, dont les stocks à la fin de juin 2012 étaient estimés à quelque 3,5 milliards d’euros. Ce qui représente, selon le FMI, 75 % des stocks de la sous-région.

Jeuneafrique.com par Baudelaire Mieu

Nicolas Sarkozy a perdu en influence(Time)

avril 19, 2012

Le basketteur Jeremy Lin, le groupe Anonymous, la chanteuse Adele ou encore le président de la Banquecentrale européenne Mario Draghi figurent cette année sur la liste 2012 des cent personnalités les plus influentes publiée par l’hebdomadaire américain Time.

Cette liste très éclectique où apparaissent artistes, hommes d’affaires, politiciens et autres individus particulièrement remarquables, compte un nombre record de 54 personnalités non américaines, souligne l’hedomadaire. Parmi elles une seule Française, la directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde.

« La nature de l’inluence change ». A l’époque de Twitter, « elle n’a jamais été plus facile ou éphémère », explique le Time. « C’est pourquoi nous essayons de choisir des gens dont l’influence est à la fois durable et, à quelques exceptions près, louable ».

Côté politique, y figurent notamment le président colombien Juan Manuel Santos, la présidente du Brésil Dilma Rousseff, le Premier ministre italien Mario Monti, la chancelière allemande Angela Merkel, le président américain Barack Obama, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton ou le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

Le président français Nicolas Sarkozy qui y figurait en 2011 en a disparu.

Rihanna ou Sarah Burton

Côté sportif, le basketteur américain d’origine taïwanaise Jeremy Lin y fait son entrée, aux côtés du footballeur argentin Lionel Messi et du tennisman serbe Novak Djokovic.
Chez les artistes et créateurs, la chanteuse britannique Adele y côtoie l’actrice noire américaine Viola Davis, nommée cette année aux Oscars, la chanteuse Rihanna ou la styliste anglaise Sarah Burton, rendue célèbre pour avoir créé l’an dernier la robe de Kate Middleton, épouse du prince Williams.

La duchesse de Cambridge est également dans la liste, tout comme sa soeur Pippa.
Y figurent en outre le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi, le nouveau directeur général d’Apple Tim Cook, ou le groupe de pirates informatiques Anonymous.
Cette liste annuelle, qui n’est pas un classement, est établie sur la base des recommandations des correspondants de l’hebdomadaire Time, lors d’un processus de plusieurs mois.

Lefigaro.fr

 

La nouvelle vie de Christine Lagarde à Washington

septembre 22, 2011

Confrontée à la crise et au risque d’une récession, la nouvelle directrice générale du FMI ne ménage pas ses efforts depuis son intronisation, début juillet. Et imprime déjà sa marque à la tête de l’institution.

Christine Lagarde n’a pas encore trouvé le logement de ses rêves à Washington. Arrivée début juillet pour diriger le Fonds monétaire international (FMI), elle vit toujours provisoirement dans un appartement meublé, proche de son bureau. «Initialement, j’ai regardé de jolies maisons dans le quartier de Georgetown, mais je me suis rendu compte que ce ne serait pas pratique et qu’il valait mieux chercher un appartement. Je prospecte maintenant dans des quartiers pas trop éloignés de mon bureau», explique au Figaro la nouvelle directrice générale de l’institution monétaire. «J’aimerais avoir une piscine, mais pas juste pour me baigner. Une piscine où on pourrait vraiment nager… Je n’ai pas encore pris d’abonnement à un club de sport, mais dans mon bâtiment on trouve une salle de gym adéquate» , précise l’ancienne championne de natation synchronisée, adepte – disciplinée – de l’exercice physique quotidien.

Depuis son arrivée au FMI, elle a beaucoup travaillé et n’a guère pu profiter d’une ville qu’elle trouve bien changée depuis qu’elle y a vécu en 1974, alors qu’elle passait une année à la fois studieuse et joyeuse sur les bancs de la Holton-Arms School, une école pour jeunes filles située dans la chic banlieue ouest. «Dans ma nouvelle vie à Washington, le travail ne s’arrête jamais. Mais les restaurants sont dix fois meilleurs que ce que j’ai connu !» Elle a d’ailleurs déjà ses préférés : «la cantine du FMI et le Blue Duck Tavern dans l’hôtel Hyatt». Pour autant, entre les briefings, les séminaires avec les équipes du Fonds qu’elle doit apprendre à connaître, ses voyages à Londres, à Marseille pour le G7 et à Jackson Hole (Wyoming) pour un symposium de banquiers centraux, ses discours à préparer et ses conversations avec les hauts responsables économiques de tous les continents, Christine Lagarde n’a guère eu le temps de souffler. Ses proches lui trouvent même déjà un air un peu fatigué…

Elle ne se reposera pas cette semaine, alors que les réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale font converger vers son bureau les ministres des Finances et chefs de banques centrales de 187 pays. Cela fait plusieurs jours qu’elle se prépare à cette épreuve. Ses moments de vacances cet été entre Marseille et la Corse avec son compagnon, Xavier Giocanti, peuvent lui paraître déjà loin. Pour tout compliquer, ce dernier, qui a créé son entreprise en France, ne va pas vivre avec elle à Washington. «Il adore la capitale américaine. Mais son travail est dans le sud de la France. Il m’a promis de s’organiser pour venir une semaine par mois. J’aimerais aussi qu’il m’accompagne dans certaines missions à l’étranger», confie l’ancienne ministre française. Ce rythme, «n’est-ce pas finalement mieux que leurs week-ends avortés par des réunions à l’Élysée le dimanche après-midi ?», s’interroge un proche du couple.

Moment critique

Christine Lagarde n’a pas attendu deux mois et demi pour commencer d’imprimer sa marque et recommander des solutions à la crise. Fin août, à l’occasion de sa première grande intervention à Jackson Hole, elle a pris à contre-pied ses amis européens qui ont pourtant œuvré pour sa nomination en juin. Elle a osé plaider pour un renforcement rapide des fonds propres des banques du Vieux Continent, au besoin par de l’argent public. Reprenant cette vieille antienne du FMI, l’ex-«bon soldat» de Nicolas Sarkozy a marqué son indépendance vis-à-vis de son ancien patron. Montrant ainsi combien est loin désormais le temps où dans son bureau de Bercy, lorsqu’elle n’était pas d’accord avec une décision de l’Élysée, elle souriait, serrait les dents et lâchait… «c’est le chef de l’État qui décide»*.

Cette prise de position, critiquée par nombre de hauts responsables européens, mais conforme aux recommandations du FMI depuis des mois, a prouvé que la nouvelle patronne de l’institution n’était pas, comme le soupçonnaient certains, «l’élégante exécutante» choisie par de vieux pays européens en crise, pour justifier une dernière fois leur monopole devenu anachronique sur la direction du FMI. Même l’article élogieux de l’édition américaine du magazine Vogue de septembre sur Christine Lagarde précise que son élégance française s’accompagne de substance : «Lagarde est aussi naturelle, ouverte et parfaitement féminine. Sa manière d’être, simple, montre clairement qu’elle a grimpé les échelons par son travail sérieux, non pas grâce à sa capacité à séduire», affirme la prestigieuse publication de mode. C’est bien la première fois qu’un directeur général du FMI pose dans Vogue les jambes croisées sur un divan. Certains l’ont vu d’un mauvais œil, en pleine crise de la dette européenne. Mais voilà qui efface un peu la chronique sordide par les tabloïds new-yorkais des exploits sexuels de son prédécesseur.

Dans son bureau au 12e étage du bloc de béton que constitue le siège du FMI, Christine Lagarde s’efforce de conserver en toutes circonstances le sourire et la prévenance qui font sa marque de fabrique. Pour autant, elle sait aussi que ce n’est pas sur cette qualité-là qu’on la jugera. Quelques éminents experts du monde de la haute finance, comme Simon Johnson ou Raghuram Rajan, anciens économistes en chef du FMI, ont déploré qu’une «non-économiste» soit sélectionnée pour cette fonction à un moment aussi critique. Ce peut être un handicap dans une institution qui compte plus de docteurs en économie au mètre carré qu’aucune autre. Soucieuse de rectifier cette perception, elle fut prompte à déclarer en prenant ses fonctions début juillet : «Je ne vais pas me vanter de mes qualifications ou de mon manque de qualifications. La preuve de la qualité du pudding se mesure à la manière dont il est apprécié par ceux qui le mangent, comme dit le proverbe. J’arrive avec un esprit ouvert, avec ma capacité à gérer, à tirer parti de ressources et ma volonté de faire contribuer le plus de personnes possible aux décisions et solutions… Je vais poser beaucoup de questions. Je vais évaluer et je vais m’appuyer sur les conseils de ceux qui connaissent bien leur secteur. Sans vouloir jouer les poètes, tous les chefs d’orchestre ne savent pas jouer du piano, de la harpe, du violon et du violoncelle. Je vais m’efforcer d’être un bon chef d’orchestre.» Pour Christine Lagarde, le concert commence cette semaine.

Comme le montre le ton de ses discours depuis quelques jours, devant le Royal Institute for International Affairs à Londres, au Woodrow Wilson Center à Washington ou sur la chaîne d’information financière CNBC, la directrice générale veut poliment secouer les dirigeants du monde, les pousser à l’action pour éviter une rechute générale en récession. Barack Obama, dont elle a reçu un premier coup de téléphone fin août, ne demande que ça. Son plan de relance de l’emploi est conforme aux recommandations du FMI : ne pas couper tout de suite dans les dépenses publiques.

Son offensive médiatique récente, le contraste entre le départ humiliant de DSK, qui a placé le FMI en première page des journaux américains, sans parler de la gravité de la situation économique, font que tous les regards se portent sur elle. Et pas seulement ceux de la «planète Finance». «Je ne suis plus anonyme à Washington. De nombreuses personnes me reconnaissent dans la rue et les magasins. Les plus jeunes souvent me demandent de poser avec eux pour une photo. Et les chauffeurs de taxi m’ont tout de suite repérée», observe-t-elle avec franchise.

Il est trop tôt pour dire si elle sera «keynésienne» ou «monétariste». Mais en matière de style, certains ont noté son approche rafraîchissante dans l’environnement austère du FMI. «Je ne sais pas si c’est son style un peu XVIe arrondissement, ou si c’est son désir sincère d’être attentionnée envers ses collaborateurs, mais elle est très humaine… Je l’ai vue inviter à manger à sa table ses gardes du corps après de longues heures de travail» , confie un observateur. Il faut dire que – statut du Fonds oblige – personne de sa garde rapprochée de Bercy n’a pu la suivre. Pas même sa fidèle collaboratrice depuis dix-huit ans, Sonia, qui avait commencé avec elle chez Baker & McKenzie et sur laquelle elle pouvait compter à tout instant. Être une «femme de pouvoir» a toujours un prix…

Lefigaro.fr par Pierre-Yves Dugua, Marie Visot

Le FMI maintient sa confiance dans sa directrice générale

août 5, 2011

Christine Lagarde s’est engagée en arrivant à Washington à respecter les plus hautes normes éthiques afin de servir d’exemple à l’ensemble du personnel du FMI.

Les vingt-quatre administrateurs du FMI refusent de commenter l’affaire.

Par le biais d’un communiqué, le conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) s’est dit jeudi «confiant» dans la capacité de Christine Lagarde «à exercer ses responsabilités en qualité de directrice générale». Les vingt-quatre administrateurs du FMI estiment «qu’il ne serait pas approprié de commenter un dossier qui se trouve actuellement devant la justice française».

Pour autant, ils ne sont pas pris par surprise. Fin juin, ces hauts fonctionnaires, qui représentent les 187 pays membres du FMI, ont choisi Christine Lagarde par consensus en pleine connaissance de cause. Ils avaient été informés par les autorités françaises, ainsi que par l’intéressée elle-même, d’un risque de décision judiciaire potentiellement embarrassant. Paris avait cependant minimisé la probabilité de ce scénario. Et surtout, la France avait souligné qu’il n’était pas susceptible d’affecter la mission de Christine Lagarde si elle accédait au poste de directeur général.

Certains experts jugent que Christine Lagarde serait en droit d’invoquer une immunité diplomatique dans cette affaire puisqu’elle couvre des faits qui se sont produits en France. Dominique Strauss-Kahn en revanche, prédécesseur de Christine Lagarde, accusé dans l’État de New York de tentative de viol alors qu’il n’était pas dans l’exercice de ses fonctions, n’a pas pu arguer de ce privilège. Pour le moment, l’ancienne ministre ne semble pas avoir choisi cette voie puisque son avocat indique qu’elle se présentera aux convocations qui lui seront adressées.

Crise grecque

«Il aurait été préférable que l’affaire soit classée sans suite, mais ce n’est pas une catastrophe», nous confie un cadre du FMI. «Mme Lagarde n’aura pas besoin de passer beaucoup de temps à Paris pour cette affaire dans les prochains mois. De toute façon, nous avons vraiment dans l’immédiat tellement de dossiers plus graves à gérer avec la crise dans la zone euro…», poursuit cette source.

Vue de Washington, la gravité de la crise qui frappe la zone euro pose un plus grand problème de crédibilité pour Christine Lagarde que les soupçons qui portent sur son rôle dans l’affaire Tapie. En tant que ministre française de l’Économie, elle a participé à tous les plans élaborés depuis plus d’un an qui ont échoué à endiguer la contagion de la crise grecque.

Il reste que, pour l’image du FMI, il n’est pas bon que son nouveau directeur général, à peine installé, courre le risque d’être éventuellement mis en examen. Surtout dans le contexte de la démission ô combien embarrassante de Dominique Strauss-Kahn.

Christine Lagarde s’est engagée en arrivant à Washington à respecter les plus hautes normes éthiques afin de servir d’exemple à l’ensemble du personnel du FMI. Elle se doit de gérer cette affaire avec la plus grande transparence possible. Sa démarche vise donc à établir son innocence et non pas à éluder le problème.

Lefigaro.fr par Pierre-Yves Dugua