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Prix Sakharov: le cinéaste Sentsov, le militant marocain Zefzafi et des ONG finalistes

octobre 9, 2018

Photo diffusée par les services pénitentiaires russes du cinéaste ukrainien Oleg Sentsov examiné à l’hôpital de Labytnangi, le 29 septembre 2018 en Russie / © Russian Federal Penitentiary Service/AFP/Archives / HO

Le cinéaste ukrainien emprisonné Oleg Sentsov, le militant marocain incarcéré Nasser Zefzafi et un groupe d’ONG qui portent secours aux migrants en Méditerranée sont les trois finalistes du prix Sakharov 2018, a annoncé mardi le Parlement européen.

Ce prix, créé en 1988, est décerné chaque année par le Parlement à des personnes ayant apporté « une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’Homme dans le monde ». Le lauréat sera désigné le 25 octobre par la conférence des présidents de groupe du parlement.

Oleg Sentsov a annoncé vendredi qu’il arrêtait sa grève de la faim, disant vouloir éviter d’être nourri de force après un jeûne de plus de quatre mois qui a suscité une mobilisation internationale pour sa libération.

Arrêté chez lui en mai 2014, le cinéaste a été condamné en août 2015 à 20 ans de prison pour « terrorisme » et « trafic d’armes », à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par l’ONG Amnesty International.

Nasser Zefzafi est le leader du mouvement de contestation sociale « Hirak » qui a agité la région du Rif (nord du Maroc) en 2016-2017 et dont le déclencheur a été la mort d’un vendeur de poissons, broyé dans une benne à ordures en octobre 2016.

Des manifestants brandissent le portrait de Nasser Zefzafi, leader du mouvement de contestation dans la région du Rif, le 29 mai 2017 à Al-Hoceïma, au Maroc / © AFP/Archives / FADEL SENNA

Il a été condamné en juin à 20 ans de prison, pour « complot visant à porter atteinte à la sécurité de l’Etat », au terme de neuf mois d’un procès fleuve réunissant un total de 53 accusés. Incarcéré à Casablanca, il a mis fin le 6 septembre à une grève de la faim d’une semaine menée pour protester contre ses conditions de détention.

Un groupe d’ONG qui « protègent les droits de l’homme et sauvent la vie des migrants en Méditerranée » fait également partie de cette liste des finalistes de ce prix doté de 50.000 euros, selon le communiqué du parlement.

Parmi ce groupe de neuf ONG figurent notamment Médecins sans frontières international et Save the Children.

Romandie.com avec(©AFP / (09 octobre 2018 14h59)

Oleg Sentsov « veut vivre » mais « n’a pas l’intention de s’arrêter » (militante russe)

août 15, 2018

Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov dans sa prison du grand nord russe (transmise le 09 août 2018 par le haut commissariat aux droits de l’homme de Russie) / © AFP/Archives / HO

Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, en grève de la faim depuis plus de trois mois dans une prison russe, « veut et espère vivre » mais « n’a pas l’intention de s’arrêter » malgré la détérioration de son état de santé, a indiqué mercredi une militante des droits de l’Homme qui l’a rencontré.

« Ce n’est pas un suicidaire, il veut et espère vivre. Il m’a fait penser à un malade du cancer persuadé qu’il vaincra la tumeur et qu’il vivra », a indiqué mercredi à l’AFP Zoïa Svetova, qui a pu s’entretenir deux heures avec le cinéaste mardi dans sa prison du Grand Nord russe.

« J’ai compris qu’il n’avait pas l’intention de s’arrêter avant la libération des prisonniers politiques ukrainiens. Cette force d’esprit lui donne la force de supporter ces conditions de détention et l’espoir que ses exigences seront entendues tôt ou tard », a-t-elle poursuivi.

Opposé à l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014, Oleg Sentsov a été condamné à 20 ans de détention pour « terrorisme » et « trafic d’armes » à l’issue d’un procès dénoncé par Kiev, l’Union européenne et les États-Unis.

En grève de la faim depuis le 14 mai, le cinéaste de 42 ans exige la libération de « tous les prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.

La semaine dernière, sa cousine, Natalia Kaplan, avait indiqué qu’Oleg Sentsov lui avait écrit dans une lettre sentir que la fin était « proche ». Son avocat a déclaré de son côté que le réalisateur était « prêt à mourir ».

Selon Zoïa Svetova, M. Sentsov dit être dans un « état pré-critique » et prend « des compléments alimentaires » destinés habituellement aux malades incapables de se nourrir.

« Il m’a dit avoir perdu 13 kilos. Les médecins de la prison parlent de 11 kilos », a-t-elle poursuivi, tout en disant craindre une défaillances de ses reins ou de son coeur.

« S’il se sent mal, ils l’emmèneront à un hôpital qui se trouve à 15 minutes de route. Ce n’est pas loin, mais s’il va vraiment très mal, ce n’est pas sûr qu’ils auront le temps de le sauver », a-t-elle affirmé.

D’après Mme. Svetova, le prisonnier se tient debout et marche, regarde la télévision, écrit et reçoit « beaucoup de lettres ».

Les ambassadeurs du G7 à Kiev, ainsi que de nombreuses personnalités du monde culturel ont appelé à sa libération.

Vendredi, le président français Emmanuel Macron a fait « plusieurs propositions » à Vladimir Poutine, lors d’un appel téléphonique afin de « trouver de façon urgente une solution humanitaire » pour Oleg Sentsov.

Sa mère Lioudmila avait écrit fin juin à Vladimir Poutine pour lui demander de le gracier mais le Kremlin, selon des médias russes, lui a opposé une fin de non-recevoir.

Mercredi, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a répété qu’une grâce ne pouvait être accordée qu’à la demande du prisonnier. Oleg Sentsov s’y refuse.

A Kiev, la vice-présidente du Parlement Iryna Guerashenko a rappelé que la pilote ukrainienne Nadia Savtchenko, emprisonnée en Russie puis libérée à l’issue d’un échange de prisonniers en 2016, n’avait jamais demandé à être graciée.

Vladimir Poutine et le président ukrainien Petro Porochenko avaient évoqué en juin au téléphone un éventuel « échange de prisonniers » entre les deux pays, mais cela ne s’est pas concrétisé.

Romandie.com avec(©AFP / (15 août 2018 18h14)

Raoul Ruiz est mort

août 19, 2011

PARIS (AP) — Le cinéaste franco-chilien Raoul Ruiz, qui avait réalisé « Généalogies d’un crime » et « Mystères de Lisbonne », est décédé ce vendredi matin dans un hôpital parisien. Il avait 70 ans.

Il a succombé à une infection pulmonaire à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris, a précisé François Margolin, qui avait produit plusieurs de ses films.

Raoul Ruiz avait adapté de nombreux auteurs à l’écran, dont Marcel Proust (« Le Temps retrouvé »), Jean Giono (« Les Ames fortes », avec Laëtitia Casta) ou encore Honoré de Balzac (« La Maison Nucingen »).

Ses « Généalogies d’un crime » avaient remporté l’Ours d’argent à la Berlinale de 1997 et, plus récemment, son film-fleuve « Mystères de Lisbonne » s’était vu décerner le prix Louis-Delluc 2010.

Joint au téléphone par l’Associated Press, son ami et producteur François Margolin a salué « l’un des plus grands esprits de notre époque ». Raoul Ruiz considérait le cinéma véritablement comme un art; il voulait en faire « un langage qui soit l’égal de la littérature », a-t-il souligné, en ajoutant que cela ne l’avait « pas empêché de faire aussi des films qui ont eu beaucoup de succès ».

Les acteurs et les actrices « se battaient pour tourner avec lui », a affirmé François Margolin. Pour Raoul Ruiz, John Malkovich avait incarné Klimt dans le film éponyme. Le réalisateur a aussi dirigé Marcello Mastroianni (« Trois vies et une seule mort »), Catherine Deneuve (« Généalogies d’un crime », « Le Temps retrouvé »), ou encore Isabelle Huppert (« La Comédie de l’innocence »).

Le cinéaste avait fui le Chili après le coup d’Etat d’Augusto Pinochet en 1973 et il s’était réfugié en France. Son esprit était partagé entre ces deux pays, ces deux cultures, « mais il a aussi tourné des films aux Etats-Unis, en Angleterre, au Portugal et même à Taïwan », a noté M. Margolin, en se souvenant de l’oeuvre prolifique de Raoul Ruiz. « Lui-même ne savait pas exactement le nombre de films qu’il avait réalisés! »

Le président du Centre national du cinéma (CNC) Eric Garandeau souligne dans un communiqué que Raoul Ruiz avait créé « un univers cinématographique unique, baroque, onirique, un grand jeu, à l’image du monde, avec sa légèreté et sa gravité, son sérieux et ses divagations ».

Le président Nicolas Sarkozy rend hommage à « ce conteur hors pair » dont l’oeuvre a fait « appel à tous les genres cinématographiques, à la fois baroque et audacieuse, marquée aussi bien par les films de la Nouvelle Vague que par les romans de Stevenson ». Dans un communiqué diffusé par l’Elysée, le chef de l’Etat salue la mémoire de ce « digne héritier des Lumières » qui était « d’une immense érudition et d’une infinie curiosité ».

En évoquant une oeuvre « aussi foisonnante qu’exigeante », le Premier ministre François Fillon insiste sur « l’avant-gardisme et l’originalité » du cinéaste. Le répertoire de Raoul Ruiz prouve que « le mélange des genres cinématographiques, l’audace formelle et parfois surréaliste, le métissage des cultures et des continents peuvent rencontrer à la fois un vrai succès critique et un large public ».

AP