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Nouvelle tentative d’évacuation de civils en Ukraine

mars 9, 2022

Un homme qui tente de fuir Irpin, en banlieue de Kiev, pousse une femme dans une brouette. Photo : Reuters/Pigiste

Des cessez-le-feu localisés censés permettre à des civils ukrainiens de fuir des villes bombardées par l’armée russe par des couloirs humanitaires peinent à nouveau à se concrétiser mercredi.

La vice-première ministre Iryna Verechtchouk a annoncé en matinée qu’un accord conclu avec les Russes doit permettre la mise en place de six couloirs humanitaires entre 9 h et 21 h, heure locale (2 h à 14 h, HNE), soit :

  • entre Marioupol et Zaporijia;
  • entre Enerhodar et Zaporijia;
  • entre Soumy et Poltava;
  • entre Izioum et Lozova;
  • entre Volonovakha et Pokrovsk;
  • entre plusieurs villes de la banlieue de Kiev – Vorzel, Borodianka, Boutcha, Irpin et Gostomel – et la capitale.

À la mi-journée toutefois, il semble que seuls les résidents de Soumy, ville assiégée du nord-est ukrainien, près de la frontière russe, et ceux d’Enerhodar, dans le sud du pays, puissent réellement en profiter.Quelques personnes dans les décombres de maisons détruites.

Des résidents de Soumy font des recherches dans les décombres de maisons bombardées par l’armée russe. Photo : Reuters/Andrey Mozgvoy

Selon le gouverneur de la région, des véhicules peuvent bel et bien quitter la ville, la priorité étant donnée aux femmes enceintes ou accompagnées d’enfants et aux personnes âgées ou handicapées.

Mardi, le couloir humanitaire a permis à quelque 5000 personnes de quitter Soumy, une ville lourdement endommagée par l’offensive russe. C’était la première fois qu’un couloir humanitaire permettait d’évacuer des civils d’une zone de combat depuis le début de la guerre.

Selon la BBC, le maire d’Enerhodar a aussi confirmé qu’un convoi transportant essentiellement des femmes et des enfants a pu quitter la ville.

La chaîne publique britannique soutient également que des autobus ont été envoyés dans les banlieues de Kiev, sans dire s’ils ont pu en revenir avec des civils à bord.

Les évacuations vers la capitale devaient commencer à 11 h 30, heure locale (4 h 30, HNE) selon l’administration régionale.

Selon le gouverneur de la région de Kharkiv, le couloir devant lier Izioum à Lozova n’est pas sécurisé et n’est donc pas utilisé. Des bus attendent à l’entrée d’Izioum, a-t-il dit, précisant que des pourparlers avec les Russes et la Croix-Rouge étaient en cours.Une femme, les yeux fermés, portent ses mains à son visage.

Une femme ferme les yeux et semble pleurer alors que des proches traversent un pont endommagé et quittent la ville d’Irpin, située au nord-ouest de la capitale Kiev. Photo : AFP / Sergei Supinsky

À Marioupol, ville portuaire du sud-est que les Russes assiègent depuis plusieurs jours et où les résidents sont privés d’eau, d’électricité et de chauffage, aucun civil ne peut encore sortir, selon le ministre des Affaires étrangères de l’Ukraine, Dmytro Kouleba.

La Russie continue de tenir en otages 400 000 personnes à Marioupol et bloque l’aide humanitaire et les évacuations, et les bombardements aveugles se poursuivent, a-t-il écrit sur Twitter.

Selon le conseil municipal de Marioupol, un bombardements russe a complètement détruit l’hôpital pédiatrique.

Marioupol revêt une grande importance stratégique en raison de sa proximité avec la Crimée annexée et le Donbass, où se trouvent les troupes séparatistes prorusses. Si elle devait tomber aux mains de Moscou, elle lui offrirait une continuité territoriale sur toute la côte de la mer d’Azov.

Selon les Nations unies, de 2,1 à 2,2 millions de personnes ont fui l’Ukraine depuis le début de la guerre. De ce nombre, l’agence des services frontaliers de la Pologne affirme que 1,3 million de personnes ont pris la direction de la Pologne.

Une rencontre trilatérale en Turquie

Sur le front diplomatique, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, doit se rendre en Turquie pour rencontrer jeudi son homologue ukrainien Dmytro Kouleba et le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu. Les deux ministres doivent arriver en Turquie mercredi.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a multiplié les efforts de médiation depuis le début de la crise, a fait valoir mercredi que la Turquie peut parler à la fois à l’Ukraine et à la RussieNous travaillons pour éviter que la crise ne se transforme en tragédie, a-t-il insisté.

Mercredi, M. Kouleba a assuré dans une vidéo sur Facebook qu’il ferait tout pour que les pourparlers [soient] les plus efficaces possibles tout en confiant avoir des attentes limitées.

Je n’ai pas grand espoir, mais nous ferons tout pour en retirer le maximum, a-t-il dit, affirmant que tout dépendra des instructions que Lavrov aura reçues avant ces discussions.

Mais l’ambiance risque d’être tendue, le ministre ukrainien ayant qualifié récemment sur CNN son homologue russe de Ribbentrop contemporain, du nom du ministre de Hitler pendant la Seconde Guerre mondiale.

Antalya constitue la première sortie de M. Lavrov hors de Russie, de plus en plus isolée par les sanctions occidentales qui la visent, depuis le début de la guerre le 24 février.

Les morts s’accumulent

Sur le terrain, l’armée russe ne semble pas progresser de façon significative, mais plusieurs villes ukrainiennes continuent d’être la cible d’attaques.

À Severodonetsk, dans l’est du pays, 10 personnes sont mortes dans des bombardements sur des habitations, selon le responsable de la région administrative de Louhansk.

Et dans la région de Jytomyr, à l’ouest de Kiev, 9 personnes sont mortes dans des frappes aériennes.

Dans la capitale, où les sirènes ont retenti quatre fois dans la nuit, les musiciens de l’Orchestre symphonique de Kiev, dirigés par le chef d’orchestre Guerman Makarenko, ont donné un concert sur la place Maïdan, retransmis en direct à la télévision publique.

Alors que la neige commençait à tomber, ils ont joué l’hymne national ukrainien et l’Ode à la Joie de Beethoven, l’hymne européen, selon un journaliste de l’AFP.

Radio-Canada avec les informations de Associated Press, Reuters, Agence France-Presse et BBC

L’armée ukrainienne est dépassée par le nombre de civils qui veulent la rejoindre

mars 5, 2022
Deux jeunes hommes se tiennent par l'épaule.

Vladimir et Kyril, à Lviv Photo : Radio-Canada/Philippe Leblanc

Une semaine après l’appel du ministère de la Défense ukrainien à rejoindre l’armée, les civils continuent d’attendre des heures chaque jour un peu partout dans le pays pour s’enrôler. La réponse citoyenne est telle que plusieurs bureaux de recrutement sont submergés d’offres et affichent complet.

Cigarette à la main, les yeux pétillants de détermination, Kyril et Vladimir viennent d’apprendre où ils seront déployés. Ils n’en diront pas plus pour des raisons de sécurité, lancent-ils fièrement. Les deux hommes se sont enrôlés dans l’armée ukrainienne à Lviv jeudi.

Ma maison a été bombardée, dit Kyril, et maintenant, je me sens brave. Je veux défendre mon pays.

Kyril a 32 ans. Après avoir vu sa maison près de Kiev exploser sous les bombes, il est allé reconduire sa conjointe enceinte en Pologne. Il s’est ensuite dirigé sans hésiter vers le centre de recrutement de Lviv. Il n’a que la vengeance au cœur.

« Les Russes sont dans notre pays pour tuer nos femmes et nos enfants. Nous allons riposter. Je veux aller tuer ces Russes qui sont ici. »— Une citation de  Kyril, civil ukrainien, 32 ans

Il a confiance en ses moyens même s’il n’a jamais utilisé une arme de sa vie. La bravoure et la fierté de défendre son pays lui font oublier son inexpérience.

Vladimir, lui, a 27 ans et a connu la guerre du Donbass contre les Russes dans l’Est ukrainien en 2014. Il s’est inscrit auprès de l’armée ukrainienne à Kherson au tout début de l’invasion. Le fait de voir sa ville tomber aux mains des Russes lui arrache le cœur.

C’est notre devoir de défendre nos femmes et notre pays, dit-il. Nous sommes unis et transportés par cette motivation.

C’est une motivation qui balaie l’Ukraine. Partout, on voit des files d’attente de plusieurs heures pour s’enrôler. Rejoindre l’armée semble être devenu un privilège. Dorénavant, les civils inexpérimentés ne sont plus acceptés. Même rejoindre les rangs de la Défense territoriale, l’équivalent de la réserve, est presque impossible. Certains civils se font conseiller de retourner dans les centres de recrutement dans une semaine pour voir si des places se sont libérées.

Nous n’avons pas besoin d’autant de soldats bénévoles, affirme un réserviste qui préfère demeurer anonyme et qui attend devant le centre de recrutement de Lviv qu’on lui communique le lieu de son affectation. Malgré ce qu’il voit aux nouvelles, il croit que les Russes vacillent déjà.

Si l’Europe et l’Occident nous fournissent de l’aide par les airs avec des avions de chasse F-35, ajoute-t-il, nous renverrons bientôt les Russes chez eux.

Solidarité

Un jeune homme debout regarde la caméra.

Rustam tente d’être utile à sa manière. Photo : Radio-Canada/Philippe Leblanc

Ailleurs à Lviv, une petite armée d’étudiants à l’Université chrétienne d’Ukraine trie les denrées reçues dans l’atrium. Médicaments, nourriture, vêtements : ces dons proviennent de partout au pays et sont destinés aux dizaines de milliers de réfugiés qui transitent ou qui s’établissent temporairement dans la région.

Parmi ces bénévoles se trouve Rustam, qui n’a que 19 ans. Il est parti de Kiev la veille de l’invasion. Simple coup de chance.

« Je veux simplement m’assurer que ma famille est en lieu sûr, que je pourrai revoir mes amis et qu’il y aura encore des lendemains. Je veux vivre dans mon pays et je fais ce que je peux pour aider en tant que bénévole. »— Une citation de  Rustam, 19 ans

Aide aux réfugiés à la gare, soutien aux bénévoles dans les centres d’aide de la ville, tri des denrées à l’université : Rustam est même allé documenter les longues files devant les centres de recrutement de l’armée pour alimenter ses réseaux sociaux.

C’est le monde à l’envers. Auparavant, les civils se servaient de leurs contacts privilégiés pour éviter de rejoindre l’armée. Aujourd’hui, il faut plutôt utiliser ces contacts pour réussir à en faire partie en temps de guerre.

J’ai honte d’être russe

Andreï.

Andreï, un Russe qui a rejoint la résistance ukrainienne. Photo : Radio-Canada/Philippe Leblanc

Mitraillette en bandoulière, visage sévère, Andreï est responsable de la sécurité devant le bureau de recrutement de Lviv. Ce Russe travaille en Ukraine depuis six ans. Il a rejoint ce qu’il appelle la résistance dans les heures qui ont suivi l’invasion.

J’ai honte d’être russe. Je vois ce que mon pays fait comme ravages ici. C’est la guerre.

Il affirme qu’il voit des gens de son pays natal tuer des personnes innocentes. Andreï ajoute que le fait de savoir qu’il aide le peuple ukrainien l’aide à supporter ce qu’il observe chaque jour.

Comme tous ceux qui sont venus tenter de s’enrôler dans l’armée ukrainienne, Andreï, le Russe, croit dans la victoire contre ce qu’il appelle lui aussi l’envahisseur.

Avec Radio-Canada par Philippe Leblanc

RDC/Procès assassinat du général Delphin Kahimbi : la FBCP se réjouit de la libération des civils accusés

juin 8, 2021

L’ONG de défense des droits de l’homme pense que la justice congolaise a dit le bon droit, dans le cadre de cette affaire.

Le général Delphin Kahimbi /DR

La Fondation Bill-Clinton pour la paix (FBCP) a confirmé l’acquittement et la libération de tous les civils accusés dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien  chef de la sécurité militaire de la République démocratique du Congo (RDC), le général Delphin Kahimbi. A en croire cette ONG de défense des droits de l’Homme, le tribunal a relevé le manque de preuves de leur implication à l’assassinat du défunt général. Dans son verdict, le Tribunal de grande instance dit n’avoir retenu aucune charge contre eux.

La FBCP, qui a affirmé avoir suivi le dossier depuis le commencement jusqu’à la fin, a estimé que la justice congolaise a bien fait son travail. « Elle n’a dit que le droit, rien que le droit. Et cela est à encourager », a souligné cette ONG dans un communiqué du 7 juin, après le verdict prononcé par le Tribunal de grande instance de Gombe siégeant à la prison centrale de Makala. Le ministère public, lui, avait requis des peines allant de 15 à 20 ans de prison et à la peine capitale.

Le général Delphin Kahimbi, chef d’état-major adjoint des Fardc chargé de renseignements militaires, est décédé le 28 février 2020 à Kinshasa. Il avait été suspendu deux jours avant sa mort, après avoir été interpellé le 20 février 2020 par la Direction général de migration (DGM), alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour l’Afrique du Sud. Selon des sources, le Conseil national de sécurité reproché à l’ancien chef de la sécurité militaire d’avoir dissimulé des armes et de tentative de déstabilisation du régime, pour avoir « mis l’actuel gouvernement sous surveillance ».

Il est rappelé qu’après sa mort mystérieuse, le 28 février 2021, sa famille réclamait que soit faite la lumière sur ce décès. Et parmi les personnes accusées et arrêtées préventivement, il y a eu la veuve, sa belle-mère ainsi que d’autres proches de sa femme. Après ce verdict, le flou continue à planer sur le décès du général Delphin Kahimbi. Débuté le 3 mai, ce procès se clôture sans que la justice n’ait élucidé les circonstances réelles de cette mort.

Avec Adiac-Congo par Lucien Dianzenza

RDC: Huit morts dans la répression des marches anti-Kabila

décembre 31, 2017

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Des fidèles catholiques congolais chantent et dansent lors d’une manifestation pour demander la démission du président Joseph Kabila, le 31 décembre 2017 à Kinshasa / © AFP / John WESSELS

Un policier et sept civils ont été tués dimanche à Kinshasa et à Kananga (centre) en République démocratique du Congo, en marge de manifestations de catholiques contre le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, interdites par les autorités.

Les forces de sécurité de la République démocratique du Congo (RDC) ont réprimé des messes dans des églises à coups de gaz lacrymogène, et empêché des marches après l’appel à manifester contre le pouvoir.

« Deux jeunes ont été tués à la paroisse Saint-Alphonse de Matete », dans l’est de Kinshasa, tandis qu’une autre personnes a été tuée dans la commune populaire de Masina, a déclaré le colonel Pierrot-Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police, à la télévision publique.

Un policier a également été tué dans la capitale, selon un communiqué du gouvernement lu à la télévision d’État.

A Kananga, au Kasaï, dans le centre du pays, un homme a été tué par balles par des militaires qui ont ouvert le feu sur des catholiques en marge d’une marche contre Joseph Kabila, dont le mandat a expiré depuis décembre 2016.

 

– Enfants de chœur interpellés –

La police a aussi interpellé douze enfants de chœur catholiques à la sortie d’une paroisse du centre-ville.

A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, deux personnes ont été blessées par balles quand les forces de sécurité ont ouvert le feu alors que des catholiques tentaient de manifester à la sortie d’une messe.

La police a également utilisé des gaz lacrymogènes et des jeunes ont répliqué par des jets de pierres. Quatre véhicules ont été incendiés et des commerces ont été pillés.

 

« Alors que nous étions en train de prier, les militaires et les policiers sont entrés dans l’enceinte de l’église et ont tiré des gaz lacrymogènes dans l’église » où se déroulait la messe, a déclaré à l’AFP un chrétien de la paroisse Saint-Michel, dans le centre de Kinshasa.

 

Romandie.com avec(©AFP / 31 décembre 2017 18h17)                

Bavure américaine à Kaboul pendant la visite des chefs du Pentagone et de l’Otan

septembre 27, 2017

Des forces de sécurité afghanes et des soldats américains, le 24 septembre 2017 à Kaboul / © AFP/Archives / WAKIL KOHSAR

Un raid américain à Kaboul a fait « plusieurs victimes » civiles mercredi pendant la visite du chef du Pentagone et du secrétaire général de l’Otan venus réaffirmer leur « engagement » en Afghanistan contre le terrorisme.

Les forces américaines sont intervenues en riposte à une attaque à la roquette et au mortier des talibans sur l’aéroport international de Kaboul et sur un quartier résidentiel adjacent, quelques heures après l’arrivée du secrétaire américain à la Défense Jim Mattis, ont expliqué les porte-parole de l’opération Resolute Support (RS) de l’Otan dans un communiqué.

« Malheureusement, un missile a mal fonctionné causant plusieurs victimes civiles », ont-ils ajouté sans préciser s’il s’agissait de morts ou de blessés.

Selon eux, les assaillants ont également « actionné leurs vestes explosives, mettant en danger un grand nombre de civils », ce qui a motivé leur intervention « en appui de la force de réaction rapide afghane ».

Un précédent bilan du ministère de l’Intérieur faisait état d’une femme tuée et de onze civils blessés. Mais le bilan précis de ces incidents restait incertain mercredi soir et pourrait, selon les médias locaux, être plus élevé qu’officiellement annoncé.

Au même moment, Jim Mattis et Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, réaffirmaient leur engagement en Afghanistan, quelques semaines après l’annonce de renforts américains.

« We are the good guys » – « nous sommes les gentils », a martelé M. Mattis.

Aux termes de la « nouvelle stratégie » annoncée par le président Donald Trump, 3.000 Américains sont attendus en renfort des 11.000 déjà présents en Afghanistan, théâtre depuis octobre 2001 de la plus longue guerre américaine.

Ces renforts, dont certains sont déjà en route, vont « nous donner un sérieux avantage sur tout ce que les talibans pourront tenter contre vos forces », a affirmé M. Mattis, promettant devant le président Ashraf Ghani de ne « pas abandonner l’Afghanistan à un ennemi sans merci ».

Pour le chef du Pentagone, surnommé « Mad Dog » pour ses exploits militaires passés, tirer des roquettes sur l’aéroport, « comme sur n’importe quel aéroport international, est un crime contre des innocents: c’est une déclaration d’intention des talibans sur ce qu’ils sont, ça témoigne de leur approche ».

« C’est ce qu’ils ont toujours fait. Mais ils vont trouver les forces afghanes face à eux », a-t-il prévenu: pas question de laisser « les talibans, le groupe Etat islamique et le réseau Haqqani » (puissant réseau insurgé installé à la frontière avec le Pakistan) se renforcer.

– Plus de 15 pays –

« Plus l’Afghanistan reste stable, plus nous sommes en sécurité » a renchéri Jens Stoltenberg.

Plus de quinze pays membres de l’Otan ont déjà donné leur accord pour l’envoi de troupes supplémentaires: « L’Otan ne part pas quand ça se gâte. Nous tenons nos promesses » a-t-il insisté sur Twitter.

Les forces de Resolute Support s’élèvent à 5.000 hommes (hors soldats américains) actuellement et le président Ghani a espéré que « maintenant que le général Mattis a décidé d’envoyer plus d’hommes (…) les autres membres de l’Otan en feront autant ».

Selon le général américain John Nicholson, commandant de RS, la nouvelle donne annoncée par les Etats-Unis a déjà contribué à relever le moral des troupes afghanes et altère celui des talibans.

« Sur le champ de bataille, le moral des talibans est à la baisse, leurs pertes restent très élevées » a-t-il confié aux journalistes.

Mais malgré « les regrets profonds » exprimés par l’Otan et l’annonce d’une enquête, les bavures comme celles de mercredi, liées le plus souvent aux raids aériens des forces américaines, alimentent la rancoeur et la colère des populations contre les forces occidentales.

Après avoir longuement hésité, Donald Trump a dévoilé fin août sa « nouvelle stratégie » pour soutenir le régime de Kaboul face aux insurgés islamistes, estimant qu’un retrait créerait un « vide » qui profiterait aux « terroristes ».

Les forces afghanes, qui subissent des pertes considérables – plus de 7.000 morts et 12.000 blessés en 2016 – reculent de fait face aux insurgés et leur ont abandonné plus d’un tiers du territoire.

L’opération RS est principalement chargée de former et d’encadrer ces forces, tandis que les Etats-Unis mènent, parallèlement, des opérations antiterroristes notamment en conduisant des raids aériens.

Dimanche, le porte-parole du ministère de la Défense, le général Dawlat Waziri, a annoncé que plus de 20.000 opérations militaires avaient été conduites contre les insurgés sur les six premiers mois de l’année.

Romandie.com avec(©AFP / 27 septembre 2017 21h47)                

Onze personnes décapitées dans une attaque en Libye (forces pro-Haftar)

août 23, 2017

Benghazi (Libye) – Au moins neuf soldats et deux civils ont été décapités en Libye dans une attaque contre une position de l’Armée nationale libyenne (ANL), loyale à l’homme fort de l’Est Khalifa Haftar, a indiqué à l’AFP un porte-parole de cette force.

« Au moins neuf soldats ont été décapités (…) en plus de deux civils tués de la même manière à une position » de l’ANL, a affirmé le colonel Ahmed al-Mesmari attribuant l’attaque à l’organisation Etat islamique (EI).

L’attaque, qui n’a pas été revendiquée jusqu’ici, a eu lieu mercredi à l’aube à un check-point des forces loyales au maréchal Haftar dans la région de Joufra, à quelque 500 km au sud de Tripoli.

L’ANL s’était emparée début juin de cette région qui compte notamment une base militaire aérienne.

Cette base était occupée notamment par les Brigades de défense de Benghazi (BDB), une coalition de combattants opposés à Khalifa Haftar, dont des islamistes chassés de la ville de Benghazi (est).

Même depuis la perte de son fief de Syrte (nord) en décembre 2016, l’EI reste actif en Libye, en particulier dans le sud et l’est du pays, selon des analystes et des sources militaires.

La Libye est déchirée par des conflits entre milices et deux autorités se disputent le pouvoir dans le pays: d’un côté, le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, de l’autre une autorité qui exerce son pouvoir dans l’est du pays avec le soutien du maréchal Haftar.

Romandie.com avec(©AFP / 23 août 2017 15h00)                   

États-Unis: Le Pentagone reconnaît la pire bavure dans la campagne contre l’EI

mai 26, 2017

Le Pentagone à Washington, le 25 août 2013 / © AFP/Archives / SAUL LOEB

Le Pentagone a reconnu jeudi la pire bavure de la campagne contre le groupe Etat islamique, 105 victimes civiles dans un bombardement le 17 mars à Mossoul, attribuant toutefois ce terrible bilan à des explosifs de l’EI, et non à la bombe américaine elle-même.

Cette admission survient alors que des ONG dénoncent une augmentation des victimes civiles des bombardements de la coalition depuis l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump, qui a promis d’accélérer l’élimination du groupe EI.

Le Pentagone dément de son côté que ses bombardements soient plus meurtriers.

Les « règles d’engagement », les précautions prises pour éviter les morts de civils, sont restées les mêmes depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, répètent les militaires américains.

Pour le Pentagone, la bavure du 17 mars est surtout liée au comportement des jihadistes, qui n’hésitent pas utiliser les civils dans leurs tactiques de combat avec un mépris total pour leur sort.

Selon le résumé de l’enquête militaire, rendu public jeudi, le bombardement fatal visait deux snipers de l’EI installés dans une belle demeure de Mossoul.

Il été avait été demandé par les forces anti-terroristes irakiennes (CTS) menant l’assaut dans le quartier.

Ces forces, postées à moins de 100 mètres depuis deux jours, n’avaient pas décelé la présence de dizaines de civils qui s’étaient réfugiés dans la maison, à l’invitation du propriétaire.

Et la coalition était privée depuis deux jours de ses habituelles images vidéos prises par drone, en raison du mauvais temps.

La décision a été prise d’éliminer les deux snipers avec une bombe relativement légère GBU-38 de 192 livres (environ 87 kilos) d’équivalent TNT, ne devant toucher que l’étage où se trouvaient les deux jihadistes.

Mais l’explosion de celle-ci a provoqué une puissante « explosion secondaire » qui a fait s’effondrer tout le bâtiment, prenant au piège 101 personnes qui s’y étaient réfugiées, ainsi que quatre voisins, selon le rapport d’enquête.

Pour parvenir à de tels dégâts, il fallait au moins 1.000 livres (environ 450 kilos) d’équivalent TNT, soit quatre fois plus que la bombe GBU-38 utilisée, a indiqué aux journalistes le général américain Matt Isler, qui a conduit sur place l’enquête de la coalition, avec le renfort d’experts en armement et en génie civil.

Les enquêteurs ont établi que l’EI avait placé des explosifs dans la maison, retrouvant des résidus chimiques d’explosifs utilisés par les jihadistes, comme de la nitroglycérine ou du cordon explosif.

– Maison délibérément piégée –

Et ils soupçonnent, sans en avoir la preuve formelle, que l’EI a piégé délibérément la maison, avec la volonté d’attirer une attaque de la coalition et de provoquer une bavure.

Chercher à provoquer des bavures est une tactique reconnue de l’EI, a affirmé le général Isler.

Le 28 mars, un drone de la coalition a filmé une telle tentative des jihadistes à Mossoul, a-t-il affirmé.

La vidéo montre les jihadistes conduisant par la force des civils dans un bâtiment, puis piégeant celui-ci, notamment avec une bouteille de propane destinée à augmenter les effets d’un bombardement, a-t-il expliqué.

Le général Isler n’a pas exclu que des familles de victimes puissent recevoir une indemnité du Pentagone, en « marque de sympathie » devant la perte subie.

« Dans certaines circonstances, les chefs militaires peuvent envisager » un tel paiement, qui toutefois pas n’est pas une reconnaissance de responsabilité, a-t-il dit.

Le bombardement du 17 mars porte à plus de 450 le nombre de morts civils reconnus par la coalition depuis le début des bombardements contre l’EI en août 2014, mais de nombreux cas font encore l’objet d’investigations et le bilan réel est certainement plus lourd.

Les forces irakiennes appuyées par la coalition internationale antijihadistes conduite par Washington ont lancé mi-octobre une vaste offensive pour chasser les jihadistes de l’EI de Mossoul, la deuxième ville irakienne.

Elles se sont emparées fin janvier de la partie orientale de la ville et ont lancé mi-février un assaut sur la partie ouest, densément peuplée et qui comprend notamment la vieille ville.

Romandie.com avec(©AFP / 26 mai 2017 20h53)                

Au lendemain du massacre de civils, division et colère en RDC

août 15, 2016

Le massacre de dizaines de civils dans la nuit de samedi à dimanche à Beni dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) attisait lundi la contestation contre le président Joseph Kabila. Le climat politique est tendu à quelques mois de la fin de son mandat.

Dimanche, un porte-parole de l’armée a imputé cette tuerie aux rebelles ougandais musulmans des Forces démocratiques alliées (ADF). Ces derniers sont accusés d’être les principaux responsables d’une série de massacres qui ont fait plus de 650 morts dans la région de Beni depuis octobre 2014.

Joseph Kabila était lundi à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, où se tient une réunion de sécurité. Il devait ensuite se rendre à Beni. Le Premier ministre Augustin Matata devait faire de même, accompagné d’une délégation d’officiers militaires.

Selon un nouveau bilan donné lundi par la société civile de Beni, ville de la province du Nord-Kivu, ce sont 51 civils qui ont été « tués à la machette ». Un bilan contesté par les autorités.

Dimanche, le porte-parole du gouvernement Lambert Mende avait annoncé un bilan officiel de 36 morts. Quelques heures plus tard, le maire de Beni évoquait 42 victimes. Interrogé lundi par l’AFP, M. Mende estimait que la société civile avançait un bilan qui « n’est pas objectivement vérifiable ».

Amers
Lundi, au premier des trois jours de deuil national décrété par le gouvernement, alors que les drapeaux étaient mis en berne, les Congolais se montraient amers.

Dès dimanche, une centaine d’habitants de Beni avaient exprimé leur colère en scandant des slogans hostiles au gouvernement et au président Kabila qui avait promis, 72 heures plus tôt, de tout mettre en oeuvre pour « imposer » la paix et la sécurité à Beni.

Signe de défiance ultime, certaines familles ont même refusé de placer leurs défunts à la morgue, préférant « organiser leur deuil en privé et refus(ant) que le gouvernement les enterre alors qu’il ne les avait pas sécurisés de leur vivant », déclarait lundi à l’AFP Teddy Kataliko, membre de la coordination de la société civile de Beni.

« Il est temps d’agir »
Côté politique, l’ambiance n’était pas meilleure lundi, certains opposants réclamant la démission du pouvoir en place. Le Front citoyen 2016, une plate-forme opposée à tout report de la présidentielle – censée se tenir cette année, mais devenue hautement improbable – note « avec regret que le président Kabila et son gouvernement ont totalement échoué à ramener la paix dans cette région ». Par conséquent, conclut-il, le chef de l’État doit « démissionner ».

La plate-forme va encore plus loin. Elle suggère que M. Kabila « pourrait être le véritable responsable de l’insécurité » à Beni, afin de « pérenniser une terreur quasi-généralisée dans plusieurs coins du pays » alors que les « Congolais attendent la fin de son régime, et l’avènement de la première alternance démocratique au sommet de l’État ».

L’opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la prochaine élection présidentielle, dénonce de son côté l' »inaction coupable de nos dirigeants », ajoutant sur Twitter: « Il est temps d’agir ».

Exilé à l’étranger depuis mai, officiellement pour s’y faire soigner, M. Katumbi, poursuivi par la justice congolaise, craint surtout pour sa sécurité. Les autorités congolaises ayant promis de l’arrêter dès son retour au pays.

Dans le clan présidentiel, on proteste contre ces mises en cause. « Instrumentaliser à des fins politiciennes la plaie fraîche que porte encore Beni est tout simplement déplorable », a déclaré sur Twitter le président de l’Assemblée nationale et chef de la Majorité présidentielle (MP), Aubin Minaku.

Condamnation
Les Etats-Unis condamnent « dans les termes les plus forts cette horrible attaque et (continueront) de soutenir tous les efforts pour mettre un terme aux violences en cours dans l’est du Congo », a déclaré lundi Elizabeth Trudeau, porte-parole du département d’Etat.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, son mandat s’achève le 20 décembre et la Constitution lui interdit de se représenter, mais l’opposition le soupçonne de manoeuvrer pour s’accrocher à son poste, quitte à reporter la présidentielle.

Le gouvernement congolais et la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) attribuent la succession de massacres de la région de Beni aux rebelles des ADF. Une thèse partiellement remise en cause par un récent rapport de l’Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité, mais au côté d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

Romandie.com avec(ats / 16.08.2016 03h12)

RDC: une trentaine de civils tués dans un massacre attribué aux rebelles ougandais

août 14, 2016

Goma (RD Congo) – Une trentaine de civils au moins ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche par des rebelles ougandais à Beni, ville de l’est de la République démocratique du Congo théâtre de nombreux massacres depuis octobre 2014, a déclaré l’armée congolaise.

De présumés rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) ont tué une trentaine de personnes. On vient de retrouver leurs corps dans le quartier de Rwangoma, a déclaré à l’AFP le lieutenant Mak Hazukay, porte-parole de l’armée.

Rebelles musulmans ougandais opposés au président ougandais Yoweri Museveni, les ADF sont présents dans l’est de la RDC depuis 1995.

La recherche de corps continue, a ajouté le porte-parole, joint au téléphone de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu.

Rwangoma est un quartier périphérique de Beni, une ville frontalière du parc des Virunga, où s’abritent des groupes armés, dans le nord du Nord-Kivu.

Cette attaque a eu lieu 72 heures après une visite du président congolais Joseph Kabila dans la région où il a promis de tout mettre en oeuvre pour imposer la paix et la sécurité.

Il y a déjà 35 corps ramenés à la morgue de l’hôpital de Beni, a déclaré de son côté Gilbert Kambale, président de la société civile de la ville de Beni.

C’est de la consternation parce que le président de la République est passé par ici et voilà que nous sommes massacrés, a-t-il regretté, indiquant que l’attaque avait eu lieu entre 19h00 et 23h00 (17h00 et 21h00 GMT).

Pour le lieutenant Hazukay, les ADF ont contourné les positions de l’armée pour venir massacrer la population en guise des représailles aux opérations militaire en cours dans la zone.

La ville et le territoire de Beni ont été endeuillés depuis octobre 2014 par une série de massacres ayant coûté la vie à plus de 600 civils. Le gouvernement congolais et la Monusco accusent les ADF d’être responsables de ces tueries.

Cette version a été remise en cause par un récent rapport du Groupe d’étude sur le Congo de l’Université de New York, selon lequel les ADF portent effectivement une part très importante de responsabilité dans ces massacres, mais au côté d’autres éléments armés, parmi lesquels des soldats de l’armée régulière.

Romandie.cm avec(©AFP / 14 août 2016 12h09)

Syrie: la coalition appelle Moscou à cesser immédiatement ses attaques contre l’opposition et les civils

octobre 2, 2015

Ankara – Plusieurs pays de la coalition internationale en Syrie ont appelé vendredi la Russie à cesser immédiatement ses attaques contre l’opposition et la population civile syriennes et à concentrer ses efforts contre l’organisation Etat islamique (EI).

Nous demandons instamment à la Fédération de Russie de mettre immédiatement fin à ses attaques contre l’opposition et la population civile syriennes et de concentrer ses efforts sur la combat contre Daech (acronyme arabe de l’EI), indiquent sept pays de la coalition (Etats-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Qatar, Arabie saoudite et Turquie) dans une déclaration commune.

Ces opérations militaires constituent une nouvelle escalade et ne feront qu’attiser l’extrémisme et la radicalisation, ajoute le texte publié sur le site internet des ministères des affaires étrangères de plusieurs pays signataires, dont la Turquie.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé jeudi que les frappes russes en Syrie visaient le groupe Etat islamique, (le Front) al-Nosra et d’autres groupes terroristes, tout comme celles de la coalition antijihadistes conduite par les Etats-Unis.

Mais selon les Américains, les Européens et des rebelles syriens, l’action russe s’est concentrée mercredi et jeudi sur des groupes d’opposants armés menaçant le régime de Damas, et pas exclusivement sur l’EI (Daech, selon son acronyme arabe).

Les membres de la coalition expriment également leur vive inquiétude devant le renforcement de l’engagement militaire russe en Syrie et, en particulier les frappes de l’armée de l’air russe sur Hama et Homs hier (jeudi) qui ont tué des civils et ne visaient pas Daech.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, au moins sept civils, dont deux enfants, ont péri dans des frappes russes qui ont visé jeudi la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie.

Jeudi soir, l’aviation russe a pour la première fois visé la province de Raqa, principal fief de l’EI, tuant au moins 12 combattants de l’organisation extrémiste, selon une ONG vendredi.

Romandie.com avec(©AFP / 02 octobre 2015 13h47)