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Pour les Comoriens, « les clandestins sont chez eux à Mayotte »

mars 23, 2018

 

Chaque année, quelque 20 000 personnes ayant quitté l’archipel pour l’île française sont expulsées faute de papiers en règle.

Le port de Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan, aux Comores, le 21 mars 2018. Crédits : IBRAHIM YOUSSOUF / AFP

Les riverains du port de Mutsamudu ne prêtent plus guère attention à ce manège à peine discret : dans la capitale de l’île comorienne d’Anjouan, les clandestins embarquent pour l’île française de Mayotte et, souvent, en reviennent aussi vite. Employé à la manutention du port, Defala Andili voit les expulsés « débarquer sans rien, hommes, femmes et enfants, même des nourrissons, sans bagages, avec une bouteille d’eau vide ». « Après, explique-t-il, ils s’évanouissent dans la nature. »

Les autorités de Moroni considèrent que Mayotte fait partie de leur territoire et, par conséquent, que ceux que la France traite comme des migrants clandestins ne sont que de simples voyageurs. Aucune structure n’est donc prévue pour accueillir les expulsés du département français, à 70 km de là. « Ils sont discrètement pris en charge par les réseaux de passeurs avant d’être redirigés vers les différents points de départ vers Mayotte pour un prochain voyage, confie un gendarme comorien sous couvert d’anonymat. Ceux qui peuvent payer pourront repartir. »

Chaque année, quelque 20 000 personnes parties clandestinement de l’archipel des Comores dans l’espoir d’une vie meilleure sur l’île française, plus riche, sont renvoyées vers leur point de départ faute de papiers en règle. Ce flux migratoire pourrit les relations entre les deux pays depuis l’indépendance acquise, en 1975, par trois des quatre îles comoriennes. La quatrième, Mayotte, a choisi de rester dans le giron de la France, au grand dam de Moroni, qui en revendique la souveraineté.

Près de 600 expulsions en dix jours

Régulièrement, les esprits s’échauffent. C’est le cas depuis un mois, alors que Mayotte est paralysée par un mouvement de contestation sociale qui dénonce l’immigration clandestine en provenance des Comores. Les autorités françaises ont réagi en multipliant les expulsions : près de 600 ces dix derniers jours, selon une source proche de la capitainerie du port de Mutsamudu.

Rencontré place M’roni, à la sortie du port, Youssouf Salim, la quarantaine nonchalante, explique avoir été renvoyé à Anjouan il y a une vingtaine de jours. C’est déjà sa troisième expulsion, mais il ne s’en offusque pas plus que ça. « J’y retournerai mais pas tout de suite, je me repose un peu, confie-t-il. Je vais à Mayotte pour des soins. J’en profite pour entamer des démarches de régularisation de ma situation. »

Ibrahim Houssein, lui, compte une dizaine d’expulsions à son palmarès depuis 1991. La dernière remonte à seulement deux semaines. « Ce qui est insupportable, ce sont les brutalités et les humiliations des forces de l’ordre françaises, elles nous traitent comme des esclaves », dénonce-t-il. Malgré tout, ce mécanicien originaire de l’île de la Grande-Comore avoue déjà préparer sa prochaine tentative. « J’ai une femme et trois enfants qui ont la nationalité française. Deux sont en France. J’ai demandé plusieurs fois mon titre de séjour, on me l’a toujours refusé, déplore-t-il. Il faut que j’y retourne, j’ai mes enfants là-bas. »

« Les sans-papiers ne sont pas des délinquants »

Dans les rues de Mutsamudu, ceux qui partent pour Mayotte ont le soutien de la population. « Les clandestins sont chez eux à Mayotte », lance, en pleine médina, un homme qui refuse de donner son nom. « Les expulsés sont les victimes, renchérit le chef du bureau de poste, Mdama Misbahou. Mayotte n’est plus une île comorienne. Une puissance plus forte nous l’a prise et on ne peut pas la reprendre. »

Comme leurs dirigeants, beaucoup de Comoriens accusent leurs voisins de Mayotte de stigmatiser leurs compatriotes, rendus responsables de tous les maux qui frappent le département français. « Les sans-papiers ne sont pas les délinquants qu’on dit, ils cherchent du travail, assure le patron d’une entreprise de transport qui a requis l’anonymat. L’insécurité à Mayotte, c’est à cause des enfants des parents expulsés, des enfants de la rue. Le meilleur moyen d’empêcher les expulsions, c’est d’interdire aux bateaux comoriens d’aller à Mayotte et de revenir ici avec les expulsés. »

C’est chose faite depuis mercredi. Sur ordre du gouvernement de Moroni, les bateaux chargés d’expulsés ne sont plus autorisés à accoster à Anjouan.

Lemonde.fr avec AFP

Russie: Poutine fait l’éloge des agents de renseignement clandestins

juin 24, 2017

Le président russe Vladimir Poutine, le 22 décembre 2014 à Moscou / © POOL/AFP/Archives / MAXIM SHIPENKOV

Le président russe Vladimir Poutine a fait l’éloge samedi des agents de renseignement clandestins, des « personnes pas comme les autres » dont le dévouement à la patrie est exemplaire.

« Renoncer à sa vie, à ses proches et quitter son pays pour beaucoup d’années, en consacrant sa vie à la patrie, tout le monde n’est pas capable de faire cela », a déclaré l’ex-agent du KGB, 64 ans, dans des propos retransmis sur la chaîne publique Rossia 1.

« Ce sont des personnes pas comme les autres, qui ont des qualités pas comme les autres, des convictions pas comme les autres, un caractère pas comme les autres », a-t-il estimé, précisant que son travail pour le service de renseignement extérieur à l’époque soviétique avait été lié « notamment au renseignement clandestin ».

« Ce sont des personnes uniques. Je leur souhaite du bonheur et de la prospérité », a ajouté le président russe.

Lui-même ancien membre du Service de renseignement extérieur (SVR) du KGB, Vladimir Poutine a été en poste à Dresde, en Allemagne de l’Est, alors au sein du bloc socialiste, entre 1985 et 1990, selon sa biographie officielle publiée sur le site du Kremlin.

« Même avant de terminer ma scolarité, j’avais déjà envie de devenir agent de renseignement », avait confié M. Poutine dans cette biographie, précisant avoir fondé son opinion sur le KGB « sur la base des récits romantiques sur le travail des agents de renseignement ».

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2017 21h09)

Ramadan au Niger : une trentaine de bouchers clandestins arrêtés

juin 18, 2017

Un apprenti boucher aide à pousser des carcasses sur une moto le 22 avril 2010 à Maradi au Niger. © AFP/BOUREIMA HAMA

Une trentaine de personnes ont été arrêtées lors d’une vaste opération contre les abattages clandestins à Niamey, visant à prévenir les risques de consommation de viande avariée en cette période de ramadan, ont annoncé dimanche les autorités.

« Lors des opérations contre les abattages clandestins, une trentaine de personnes ont été arrêtées et doivent comparaître prochainement devant le procureur de la République », a expliqué sur une télévision locale Sani Gambo, directeur régional de l’Élevage à Niamey au sein du ministère de l?Élevage et de l’Agriculture.

Les personnes interpellées encourent des peines de prison et des amendes, a-t-il précisé.

Ces opérations ont été menées vendredi et samedi par les forces de l’ordre et des vétérinaires, jusque dans des domiciles privés de la capitale nigérienne. Elles ont permis de saisir « une cinquantaine de carcasses de moutons et de chèvres », a précisé M. Gambo.

Le responsable a « appelé la population à être vigilante » et « à dénoncer » les auteurs de ces pratiques néfastes pour la santé publique.

« Toute viande issue d’un abattage clandestin n’est pas inspectée par nos services et donc les consommateurs peuvent contracter des maladies graves, dont la tuberculose », a-t-il prévenu.

Ces arrestations interviennent en plein mois de ramadan au Niger, pays majoritairement musulman où les fidèles rompent le jeûne en consommant un repas principalement constitué de viande.

« Des bouchers véreux » profitent actuellement du ramadan, période de forte demande, pour « inonder les marchés avec de la viande avariée », a ainsi témoigné auprès l’AFP Fatouma, une habitante de Niamey.

Le Niger, État sahélien, compte quelque 40 millions de têtes de bétail.

Jeuneafrique.com avec AFP

Macédoine: 14 clandestins somaliens et afghans meurent écrasés par un train

avril 24, 2015

Skopje – Quatorze clandestins somaliens et afghans ont péri écrasés par un train jeudi soir dans le centre de la Macédoine, un accident qui illustre les dangers qu’assument les immigrants dans leur tentative de parvenir dans l’Union européenne.

L’accident s’est produit tard dans la soirée à hauteur de la ville de Veles, à 50 km au sud de la capitale Skopje. Une cinquantaine de clandestins se reposaient sur une voie ferrée lors du passage à cet endroit d’un train international en provenance de Grèce, selon les premiers éléments de l’enquête.

Le machiniste a tenté d’arrêter le train, il a activé la sirène, de nombreux migrants ont réussi à s’enfuir mais 14 ont été tués, selon le communiqué du Parquet macédonien, qui précise que les clandestins étaient originaires d’Afghanistan et de Somalie.

Ils remontaient cette voie ferrée en direction de la Serbie, au nord, dernière étape vers l’Union européenne.

L’accident s’est produit dans un étroit canyon difficile d’accès et les migrants n’avaient pas suffisamment d’espace autour de la voie ferrée pour fuir, a expliqué un responsable de la police lors d’une conférence de presse, précisant que les victimes étaient surtout des jeunes gens.

Dans cette zone, d’un côté de la voie ferrée il y a une paroi rocheuse et un ravin de l’autre.

Ceux qui ont participé à l’évacuation des cadavres ont décrit une scène d’horreur, avec des corps déchiquetés sur quelque 150 mètres, selon la même source.

Les cadavres des victimes ont été transportés à Veles et posés dans la chapelle d’un cimetière municipal, selon une porte-parole de la police, Anita Stojkovska.

Huit migrants afghans et somaliens ont été arrêtés et placés en détention au commissariat de Veles, alors que les autres ont réussi à s’enfuir, selon la même source.

– La route des Balkans –

Cet itinéraire est fréquemment le théâtre d’accidents similaires. Une douzaine de clandestins ont péri au cours des six derniers mois dans des accidents semblables en Macédoine.

La Macédoine, comme les autres pays de la région, se trouve sur la route des Balkans utilisée par des groupes criminels se livrant au trafic d’êtres humains, de drogue et d’armes vers les pays de l’UE.

En raison de la grave crise économique qui frappe la Grèce, les migrants venus surtout d’Asie centrale et du Moyen-Orient décident de quitter ce pays membre de l’Union européenne en passant par la Serbie, qui n’est pas membre de l’UE mais offre un accès terrestre vers trois pays du bloc européen: la Roumanie, la Hongrie et la Croatie.

Selon le dernier rapport de l’agence européenne pour la sécurité des frontières de l’UE (Frontex), les passeurs macédoniens demandent entre 120 et 200 euros pour amener les migrants jusqu’à la frontière serbe.

D’autres réseaux ont éclos sur la frontière entre la Grèce et l’Albanie et organisent des passages en bateau vers l’Italie.

La route par les Balkans est toutefois moins onéreuse que la traversée, 1.800 euros maximum contre jusqu’à 3.000, toujours selon Frontex.

A la frontière entre la Serbie et la Hongrie, porte d’entrée de l’UE vers l’Autriche et l’Allemagne, le nombre de migrants a augmenté de 338% (une multiplication par quatre) entre 2012 et 2013, selon Frontex.

L’Union européenne a décidé jeudi de tripler le budget de son opération de patrouille en mer pour prévenir de nouveaux drames de l’immigration en Méditerranée, après le naufrage au large de la Libye d’un chalutier qui a fait plus de 700 morts dimanche.

Malte est, avec l’Italie et la Grèce, en première ligne face à l’afflux d’immigrés qui tentent de gagner l’Europe en entamant une périlleuse traversée de la mer.

Romandie.com avec(©AFP / 24 avril 2015 14h10)

17.500 clandestins expulsés depuis janvier

août 9, 2011

Claude Guéant veut atteindre les 30.000 reconduites à la frontière à la fin de 2011.

Le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a évoqué lundi, dans un entretien à l’AFP, la maîtrise de l’immigration légale et espéré une «inflexion durable» de la hausse des violences aux personnes.

• 17 500 expulsions sur les sept premiers mois de l’année

La France a reconduit à ses frontières 17.500 étrangers en situation irrégulière sur les sept premiers mois de l’année. Le ministre de l’Intérieur pense pouvoir atteindre le chiffre de 30.000 reconduites d’ici à la fin de 2011. «Ce sera le meilleur résultat que nous aurons historiquement enregistré», a-t-il estimé, suscitant aussitôt les critiques de la gauche.

• Maîtrise de l’immigration légale

Claude Guéant a réitéré sa volonté de réduire de 200.000 à 180.000 le nombre d’entrées légales d’étrangers en France, qu’il s’agisse d’une immigration «du travail, d’études, ou liée au regroupement familial». «La priorité, c’est de proposer du travail aux personnes demandeuses d’emploi en France, qu’elles soient françaises ou étrangères.» De même, les préfectures devront assurer un «suivi régulier des études et des examens passés» par les immigrants étudiants. Quant au regroupement familial, il a «demandé aux préfets d’être beaucoup plus rigoureux dans l’évaluation des critères», tandis qu’un dispositif est mis en place pour lutter contre les fraudes en tout genre, fiscales et sociales, grâce aux nouvelles dispositions permettant les «échanges entre les services de police, administratifs, les caisses d’allocations familiales et celles de Sécurité sociale».

La maîtrise des flux migratoires reste «une priorité», a insisté le ministre, pour une «raison politique majeure : il s’agit d’une vision de la France de demain», selon lui. Maîtriser les flux migratoires permettra, selon le ministre «que ceux qui viennent puissent adopter cette civilisation française, être intégrés, sinon nous allons à une France de communautarisme, de juxtaposition de communautés, de cultures, de groupes, chacun avec leur histoire et leur religion. Ce n’est pas conforme à l’idée que nous nous faisons du pays uni», a-t-il affirmé.

• Une caserne pour la prière des musulmans à Paris

Les musulmans de Paris, qui priaient dans la rue faute de mosquée, pourront pratiquer leur culte dans une ancienne caserne située porte de Clignancourt, à partir du 16 septembre, a annoncé le ministre. «Les prières de rue, c’est quelque chose qui n’est pas acceptable, directement attentatoire au principe de la laïcité, (et) il faudra que ça cesse», a assuré Claude Guéant. Les prières du vendredi ont en effet régulièrement lieu dans les rues Myrrha et Polonceau (XVIIIe arrondissement de Paris), par manque de lieux appropriés.

À Marseille (Bouches-du Rhône), où existent des problèmes identiques, «les concertations sont encore en cours, mais l’objectif reste le même : les prières de rue doivent disparaître», a-t-il conclu.

• Violences aux personnes : l’espoir d’une «inflexion durable»

Claude Guéant espère une «inflexion durable» de la hausse du nombre des violences commises contre les personnes en France, après une augmentation «réduite à 0,19 %» sur les sept premiers mois de 2011. Alors que, depuis 2002, le nombre de violences aux personnes a augmenté «de l’ordre de 20 %, sur un rythme annuel de 2 à 2,5 % (…), peut-être sommes-nous en train d’aborder une phase nouvelle», a-t-il ainsi expliqué. En juin, «les violences aux personnes ont baissé dans notre pays de 5 % ; en juillet, elles ont baissé à nouveau de 6 %», a-t-il souligné. «J’espère que c’est une inflexion durable qui est en train de se réaliser.»

Et de conclure : «Souvent, la gauche met en cause le bilan de la droite en matière de sécurité, au motif que les violences augmenteraient, mais oublie que, lorsqu’elle était au pouvoir, l’augmentation (des violences) était de 10 % à 12 % par an.»

Lefigaro.fr par Cécilia Gabizon