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France: Les canicules ont coûté entre 22 et 37 milliards d’euros depuis 2015, selon une étude

juillet 27, 2021
Les canicules ont coute entre 22 et 37 milliards d'euros depuis 2015, selon une etude
Les canicules ont coûté entre 22 et 37 milliards d’euros depuis 2015, selon une étude© AFP/Archives/JEAN-FRANCOIS MONIER

Les canicules ont coûté en France entre 22 et 37 milliards d’euros de 2015 à 2020 en raison des décès, des frais médicaux et de la perte de bien-être, selon Santé publique France, qui met en lumière le « fardeau invisible » de ces événements climatiques extrêmes.

Lors d’inondations ou de tempêtes, les assureurs entrent vite en jeu pour chiffrer les dégâts, déjà bien visibles à l’oeil nu sur les images de télévision.

Mais les impacts des canicules, événements extrêmes pourtant les plus meurtriers, « sont rarement considérés sous un angle économique », estime l’étude publiée mardi, qui note également une « faible » perception de ce risque, signe le plus évident du réchauffement de la planète.

Les chercheurs se sont donc penchés sur les canicules ayant touché la France métropolitaine de 2015 à 2020, des épisodes de chaleur extrêmes qui ont causé au total près de 10.000 morts.

En six ans, tous les départements métropolitains sauf trois (Côte d’Armor, Creuse et Finistère) ont subi au moins une vague de chaleur, pour un total cumulé de 2.716 alertes journalières (vigilance orange ou rouge de Météo-France), soit 29,2 journées en moyenne par département.

Quelle que soit la méthode de calcul adoptée, « les coûts intangibles liés à la mortalité prématurée représentent la part majoritaire, soulignant un fardeau sociétal sous-estimé et largement invisible ».

Cela représente 30,2 milliards d’euros en utilisant une méthode basée sur le nombre de décès et 15,9 milliards sur celle basée sur le nombre d’années de vie perdues, indique l’étude, précisant s’être servi de valeurs classiquement utilisées pour chiffrer la mortalité liée à la pollution de l’air.

Arrive ensuite la « perte de bien-être », estimée à 6,3 milliards d’euros. Elle n’a pourtant été calculée qu’en 2019 et 2020, seules années à avoir connu des vigilances rouges accompagnées de recommandations à éviter les déplacements et l’activité physique, de fatigue ou de diminution des capacités cognitives.

L’excès de recours aux soins (passage aux urgences, SOS Médecins, hospitalisations) ne représente qu’une faible part du total, avec 31 millions d’euros. Plus d’un tiers de ce montant a été observé sur une seule année, 2019, avec des pics de passage aux urgences notamment chez les jeunes.

Rapporté à la taille de la population exposée, l’impact économique des canicules depuis 2015 « s’établit en moyenne entre 72 euros par habitant en 2017 et 224 euros par habitant en 2020, pour un total sur la période de 814 euros par habitant ».

« Malgré la mise en place d’un plan de prévention depuis 2004, les canicules continuent d’avoir un impact sanitaire et économique fort en France », insiste Santé Publique France, soulignant l’exacerbation de la fréquence, de la durée, de l’intensité et de l’extension géographique de ces vagues de chaleur.

Et face à une nouvelle aggravation prévue, les résultats soulignent « l’urgence de mesures d’action permettant de renforcer l’adaptation aux canicules », plaide l’étude.

Par Le Point avec AFP

États-Unis: Les pompiers de Californie face à un incendie qui génère son propre climat

juillet 26, 2021
Les pompiers de Californie face a un incendie qui genere son propre climat
Les pompiers de Californie face à un incendie qui génère son propre climat© AFP/JOSH EDELSON

Le plus gros incendie de Californie, qui a déjà dévoré l’équivalent de la ville de Chicago en végétation, est si volumineux qu’il génère désormais son propre climat, au risque de rendre la tâche des pompiers qui le combattent encore plus ardue lundi.

5.400 soldats du feu sont mobilisés face aux flammes du Dixie Fire dans les forêts du nord de la Californie.

Ce brasier n’a fait que grossir depuis la mi-juillet, attisé par une chaleur étouffante, une sécheresse alarmante et des vents continus.

Le Dixie Fire est si gros qu’il a déjà créé ces derniers jours des nuages appelés pyrocumulus qui provoquent foudre, vents violents et alimentent en retour l’incendie.

« La journée de demain pourrait être très difficile: si ces nuages sont assez hauts, ils ont le potentiel de produire des éclairs », a alerté Julia Ruthford, la météorologue affectée à ce brasier.

Des secouristes ont été dépêchés d’aussi loin que la Floride pour prêter main forte.

Malgré sa superficie, le Dixie Fire a pour l’instant surtout progressé dans des zones extrêmement recluses, ce qui explique que seulement des dizaines de structures (des maisons et d’autres bâtiments) n’aient jusqu’ici été détruites.

Très douloureux

Progressant sur des sentiers extrêmements escarpés, les pompiers sont parfois aidés d’un train, depuis lequel ils peuvent copieusement arroser les zones autrement inaccessibles.

Mais dans ces conditions météorologiques, « les braises peuvent facilement voler à plus d’un kilomètre du feu » explique à l’AFP Rick Carhart, porte-parole des pompiers, et les lieux qui accueillent les personnes évacuées comme le village de Quincy, se retrouvent eux-mêmes menacés.

« C’est très douloureux de le voir progresser sans relâche et se rapprocher de nos terres », s’inquiète auprès de l’AFP Peggy Moak, résidente d’un bourg voisin.

Les feux de forêt sont courants en Californie — tellement que les habitants se demandent parfois ce qu’il reste à brûler. Mais en raison du changement climatique, cet été est particulièrement violent.

Un golf à l’herbe jaunie, des plaisanciers qui se baignent dans un lac qui n’est que l’ombre de lui-même… Dans la région, les signes de la sécheresse qui nourrit les brasiers sont partout.

Les feux ont déjà ravagé 3 fois plus de végétation cette année qu’ils ne l’avaient à cette époque en 2020, pourtant la pire année de l’histoire de Californie en termes d’incendies.

Selon une enquête préliminaire, la chute d’un arbre sur un des milliers de câbles électriques qui dessinent le paysage américain est à l’origine du Dixie Fire. Cette ligne électrique est celle de Pacific Gas & Company (PG&E), un opérateur privé déjà coupable d’avoir provoqué le Camp Fire, un incendie qui avait quasiment rayé la ville de Paradise de la carte et tué 86 personnes en 2018, à seulement quelques kilomètres d’ici.

Par Le oint avec AFP

Nombre record de personnes déplacées par les désastres climatiques

juillet 17, 2021

Au cours de l’année 2020, un nombre record de personnes ont été déplacées en raison de désastres, selon l’Internal Displacement Monitoring Center (IDMC).

Les événements météorologiques, principalement les cyclones, tempêtes et inondations, ont été à l'origine de 98 % des déplacements liés aux catastrophes, comme ici à Iversheim, en Allemagne, le 16 juillet 2021.

© INA FASSBENDER/Getty Images Les événements météorologiques, principalement les cyclones, tempêtes et inondations, ont été à l’origine de 98 % des déplacements liés aux catastrophes, comme ici à Iversheim, en Allemagne, le 16 juillet 2021.

L’organisme fait état de 30,7 millions de nouveaux déplacements liés aux catastrophes climatiques et géophysiques, soit trois fois plus que ceux causés par les conflits et la violence (9,8 millions).

Les régions les plus problématiques sont l’Asie de l’Est et le Pacifique, ainsi que l’Asie du Sud, par leur vulnérabilité aux cyclones, moussons et inondations. Dans ces régions, des millions de personnes vivent dans les deltas, sur les côtes et dans d’autres terres basses propices aux inondations et à l’érosion. Vulnérabilité et densité de population élevée ne font pas bon ménage, souligne Vincent Fung, de l’IDMC.

L’événement le plus perturbateur de l’année dans la région a été le cyclone Amphan, qui a provoqué près de cinq millions d’évacuations au Bangladesh, en Inde, en Birmanie et au Bhutan en mai 2020.

La vulnérabilité climatique n’est toutefois pas la seule raison expliquant l’ampleur du phénomène, précise M. Fung. Le manque de planification lors de la construction, que ce soit par le choix de l’emplacement ou des matériels, vient aggraver une situation déjà fragile.

Le taux d’urbanisation dans la région Asie de l’Est et Pacifique est le plus élevé du monde, rappelle l’IDMC, qui souligne que l’urbanisation rapide et souvent non planifiée augmente le risque de déplacement en cas de catastrophe en concentrant les populations dans les zones exposées aux aléas.»

En Chine, par exemple, de gigantesques projets tels que des barrages modifient les bassins fluviaux et amplifient les risques d’inondation ou de sécheresse.

Des enfants indonésiens dans leur quartier inondé le 2 janvier 2020 à Jakarta.

© Ed Wray/Getty Images Des enfants indonésiens dans leur quartier inondé le 2 janvier 2020 à Jakarta.

En Indonésie, les pluies diluviennes du début de l’année 2020 ont entraîné l’évacuation de près de 400 000 Indonésiens. La métropole de Jakarta, où habitent plus de 30 millions de personnes, s’affaisse de plusieurs centimètres par an.

Au cours des prochaines années, les inondations pourraient entraîner le déplacement de six millions de personnes par an, en moyenne, en Asie du Sud, ce qui en fait la région avec le plus haut risque de déplacement au monde, souligne l’IDMC.

L’Amérique du Nord n’est pas épargnée

Le cinquième pays le plus touché du monde, les États-Unis, est victime des tempêtes tropicales, mais aussi des feux de forêt. Ce sont eux qui causent le plus grand nombre de déplacements en Amérique du Nord.

L’étalement urbain et la construction dans des secteurs à proximité de forêts, de zones arbustives ou de prairies font en sorte que des milliers de personnes vivent dans des zones à risque.

Au Canada, ce sont 26 000 déplacements qui ont eu lieu en 2020, la plupart causés par des inondations, des températures extrêmes et des feux de forêt.

Le feu qui a réduit en cendres une partie de Lytton, en Colombie-Britannique, en juillet 2021, faisant au moins deux morts, a forcé l'évacuation des 250 habitants du village.

© Timothé Matte-Bergeron/Radio-Canada Le feu qui a réduit en cendres une partie de Lytton, en Colombie-Britannique, en juillet 2021, faisant au moins deux morts, a forcé l’évacuation des 250 habitants du village.

Le plus grand risque de déplacement au Canada viendra cependant dans quelques décennies, entre 2050 et 2100, estime Robert McLeman, professeur agrégé à l’Université Wilfrid-Laurier, à Waterloo.

L’élévation du niveau des mers touchera alors plus fortement les régions côtières, notamment Vancouver et Charlottetown, tandis que la fonte du pergélisol pourrait entraîner la relocalisation de villages entiers. On le voit déjà dans des collectivités comme Tuktoyaktuk, où les affaissements de terrain constituent une menace pour les maisons et les routes.

Les phénomènes environnementaux à évolution lente, tels que l’élévation du niveau de la mer, sont moins spectaculaires que les cyclones, mais tout aussi préoccupants sur le long terme. C’est le cas également de la sécheresse, qui touche des millions de personnes en Afrique.

Une Éthiopienne dans un camp de réfugiés dans la Corne de l'Afrique, une région durement touchée par la sécheresse.

© Chris Stein/AFP/Getty Images Une Éthiopienne dans un camp de réfugiés dans la Corne de l’Afrique, une région durement touchée par la sécheresse.

Des pays d’Afrique subsaharienne comme le Mali, l’Éthiopie, la Somalie ou le Kenya risquent d’en subir les effets, précise M. McLeman. En ce qui concerne la sécheresse, le processus de déplacement est un peu différent, explique-t-il. Comme cela se déroule plus lentement qu’une tempête, par exemple, il y a des occasions d’intervenir et d’aider les fermiers exposés à la sécheresse. C’est probablement la raison pour laquelle les sécheresses ne déplacent pas le même nombre de personnes que les tempêtes ou les inondations, mais cela demeure très difficile pour les gens qui tentent de survivre dans un environnement hostile.»

Un récent rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) explique comment les conditions climatiques incertaines du Mali, dans le Sahel, agissent contre les efforts de consolidation de la paix.

Le réchauffement de la température et la diminution des précipitations affectent les moyens de subsistance basés sur les ressources naturelles et contribuent à saper la sécurité, dans un contexte de conflit et de faible gouvernance. Ainsi, les groupes armés omniprésents dans la région n’ont pas de difficulté à recruter de jeunes agriculteurs et bergers privés de revenus par la sécheresse, note le SIPRI. En outre, les conflits pour les terres augmentent.

Conflits et catastrophes convergent parfois, de sorte que certaines personnes sont déplacées à plusieurs reprises. Par exemple, au Yémen, quelque 150 000 personnes ont été touchées par des pluies torrentielles et inondations, dont plusieurs milliers qui avaient déjà dû fuir leur résidence à cause de la guerre civile.

L’Europe est une des régions du monde les moins touchées par les catastrophes climatiques. Elle n’en est toutefois pas à l’abri, comme le démontrent les récentes inondations, qui ont causé la mort d’une centaine de personnes et l’évacuation de plusieurs milliers d’autres.

Une situation qui risque de s’aggraver

Les organisations humanitaires s’inquiètent que la situation ne s’aggrave en raison des changements climatiques. La Banque mondiale prévoit ainsi qu’il y aura 143 millions de déplacés internes en 2050, si les événements climatiques extrêmes s’intensifient, comme le projettent les modèles.

2020 a été l’une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées. Les saisons des moussons sont plus longues que par le passé et les précipitations sont en hausse, tout comme la température des océans.

L’Organisation internationale des migrations (OIM) s’inquiète également de l’augmentation de la température dans des zones du monde très chaudes. Près d’un million de personnes vivent déjà dans des régions tropicales et subtropicales où le stress thermique est très fort.

Avec la hausse des températures, l’OIM estime que 30 à 60 millions de personnes se retrouveraient dans des régions où, pendant les mois les plus chauds, l’air ambiant serait trop élevé pour le fonctionnement normal du corps humain. Des migrations importantes sont donc à prévoir.

Il est urgent, disent les scientifiques, d’agir dès maintenant, notamment en recueillant des données plus précises sur les événements à évolution lente, comme l’érosion côtière, la hausse du niveau des mers ou la sécheresse, afin de mettre en place des politiques ciblées, dont des relocalisations planifiées.

Ça coûte toujours moins cher de prendre des mesures de mitigation [pour réduire la vulnérabilité] plutôt que de devoir s’adapter quand les catastrophes arrivent», observe Robert McLeman.

Avec Ximena Sampson par AFP

Congo-Climat : les pluies causent d’importants dégâts à Brazzaville

décembre 15, 2020

La pluie qui s’est abattue dans la nuit du 12 au 13 décembre dans la ville capitale a laissé des traces dans plusieurs quartiers à cause des inondations, des éboulements de terrains et l’ensablement des habitations.

L’avenue Jean-Dominique Okemba après la pluie ;

Comme à chaque période pluvieuse, des dégâts majeurs ont été enregistrés dans les arrondissements 9 Djiri et 6 Talangaï. C’est le cas de l’avenue Jean Dominique-Okemba qui a été, pour la première fois, engloutie par le sable provenant des versants de montagne des quartiers Ngamakosso et Maman-Mboualé. Les riverains de la Tsiémé n’ont pas été épargnés d’autant plus que l’eau est sortie de son lit, rendant ainsi difficile la traversée sur le pont reliant les quartiers Mikalou et Texaco.

Selon des témoignages, un jeune d’environ 18 ans a également trouvé la mort dans le sixième arrondissement. Disparu dans un collecteur sous la pluie au quartier Domaine, la victime serait un contrôleur d’un bus faisant la liaison Terminus Mikalou-Domaine. Il serait descendu du véhicule et tombé directement dans le gros collecteur qui se jette dans la rivière Kélé Kélé, débordé par les eaux de pluie dans la nuit.

La société SGEC indexée

Dans le 9e arrondissement Djiri, notamment au quartier Massengo-Ibalicko, la situation a été empirée par les travaux inachevés sinon mal exécutés par l’entreprise SGEC, bénéficiaire du Projet d’extension en zones périphériques et renforcement du service d’eau potable à Brazzaville (PEPS) dans cette zone. Destiné à renforcer le service d’eau potable au profit de La Congolaise des eaux, ce projet dont le ministère de l’Aménagement, de l’Equipement du territoire et des Grands travaux est le maître d’ouvrage est financé par l’Agence française de développement. La mission de contrôle est assurée par la société SCET Tunisie.

Accueilli comme un ouf de soulagement par les habitants de ce quartier dès son démarrage en août dernier, le PEPS est devenu au fil du temps un véritable casse-tête au regard de nombreux dégâts qu’il cause après l’installation des conduites d’eau. En effet, certaines avenues et rues sont devenues impraticables suite aux éboulements de sol.

Selon des témoins, deux maisons se sont déjà écroulées à cause des travaux mal réalisés à certains endroits. La dernière en date est la maison qui a perdu sa fondation le 13 décembre au croisement de l’avenue Sénateur Odziki-rue Ello.  Les riverains accusent l’entreprise SGEC et ses sous-traitants d’être à l’origine de ce malheur. « Après avoir fait passer les tuyaux, ils ont commencé à ériger les digues ici depuis le 28 novembre mais les travaux n’avancent pas. Nous doutons également de la qualité de ces ouvrages parce que deux digues ont cédé car il ne s’agit pas des bétons armés comme les ouvriers nous rassuraient », s’est plaint un riverain.

En effet, la société adjudicatrice du marché et les sous-traitants ne semblent pas être sur la même lancée d’autant plus que les instructions données sont souvent foulées aux pieds. « Nous venons de virer le sous-traitant », nous a confié une source proche de la SGEC.

L’occupation anarchique, principale cause du malheur

Ces travaux sont, en effet, venus augmenter les peines des habitants de cette zone qui sont confrontés aux difficultés de circulation à cause des mauvaises pratiques des propriétaires. « Nous sommes dans une zone où les eaux ont du mal à ruisseler parce que les avenues Sénateurs Odziki et Bikoutas ainsi que la rue Hello qui nous entourent sont des impasses », a dénoncé un habitant du quartier.

Avec adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Climat, malbouffe… « Menace immédiate » pour la santé de tous les enfants, alerte l’ONU

février 18, 2020

 

Des écoliers portent des masques sanitaires dans une salle de classe de l'île indonésienne de Natuna, le 4 février 2020
© RICKY PRAKOSO Des écoliers portent des masques sanitaires dans une salle de classe de l’île indonésienne de Natuna, le 4 février 2020
Dérèglement climatique, malbouffe, marketing des fabricants de tabac… La santé des enfants fait partout face à une « menace immédiate » et aucun pays dans le monde ne protège leur avenir de façon satisfaisante, avertit l’Organisation des Nations unies (ONU).

Des avancées ont été réalisées au cours des 20 dernières années dans le domaine de la santé des enfants et des adolescents, mais « ces progrès sont aujourd’hui au point mort » voire « menacés », estiment les auteurs d’un rapport publié mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet.

Pour parvenir à cette conclusion sévère, ce groupe de 40 experts indépendants en santé infantile du monde entier, convoqués par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Unicef, a construit un nouvel indice mesurant la possibilité des enfants de s’épanouir, à partir des données de 180 pays (indicateurs de mortalité, d’état de santé, de nutrition, d’éducation…).

Sans surprise, ce sont des pays riches qui arrivent en tête avec la Norvège en première position, suivie par la Corée du Sud, les Pays-Bas et la France. Inversement, le bas du classement est occupé par des pays d’Afrique subsaharienne: République centrafricaine, Tchad, Somalie et Niger.

Mais les auteurs du rapport, intitulé « Un avenir pour les enfants du monde? », mettent en regard de ce classement des mesures de « durabilité » (évolution des émissions de CO2, inégalités de revenus…) et soulignent que « si beaucoup de pays à haut revenu ont un très bon score à l’index d’épanouissement, ils sont proches du bas du classement pour leur contribution à la durabilité écologique ».

Quant aux pays les plus pauvres, si leurs émissions de gaz à effet de serre sont parmi les plus faibles, « beaucoup sont exposés aux effets les plus sévères d’un changement climatique rapide ».

– « Pratiques commerciales néfastes » –

Seuls neufs pays sont à la fois en mesure d’atteindre les objectifs de réduction des émissions de CO2 par habitant fixés pour 2030 tout en étant situés dans les 70 meilleurs scores pour l’index d’épanouissement: l’Albanie, l’Arménie, la Grenade, la Jordanie, la Moldavie, le Sri Lanka, la Tunisie, l’Uruguay et le Vietnam.

« Les pays doivent revoir leur approche de la santé des enfants et des adolescents en faisant en sorte, non seulement de prendre soin d’eux aujourd’hui, mais en protégeant le monde dont ils hériteront », souligne Helen Clark, ancienne Première ministre de Nouvelle-Zélande et co-présidente de la commission d’experts convoquée par l’OMS et l’Unicef.

Parmi les menaces pesant sur la santé des générations futures, le rapport évoque en premier lieu la pollution de l’air et l' »intensification des menaces climatiques ».

« Si le réchauffement climatique dépasse 4°C d’ici 2100 comme le prévoient les projections actuelles, cela entraînera des conséquences sanitaires désastreuses pour les enfants, en raison de la hausse du niveau des océans, des vagues de chaleur, de la prolifération de maladies telles que le paludisme et la dengue, ainsi que de la malnutrition ».

Les experts dénoncent aussi des « pratiques commerciales néfastes » pour la santé des enfants, exposés au marketing de marques d’aliments ultra-transformés, de boissons sucrées, d’alcool, de cigarettes électroniques ou de tabac.

De nombreuses études montrent que « l’auto-régulation par les industriels ne fonctionne pas », souligne Anthony Costello, pédiatre et ancien directeur de l’Institute for Global Health (Royaume-Uni), évoquant l’exposition aux publicités pour l’alcool pendant les rencontres sportives et l’explosion de l’obésité infantile et adolescente, multipliée par 11 entre 1975 et 2016.

Aussi, ils appellent les gouvernements nationaux à durcir leur réglementation en la matière.

Ils leur recommandent également de s’attaquer « avec la plus grande urgence » aux émissions de CO2 pour « faire en sorte que les enfants aient un avenir sur cette planète », de prendre en compte la voix des plus jeunes dans les décisions politiques et d’évaluer systématiquement les effets de ces décisions sur la santé infantile.

Avec AFP

Le climat des villes de demain

janvier 30, 2020

Pas facile de prédire le climat de demain

Avant même d’avoir commencé l’étude, l’entreprise reconnaissait que la prévision du climat futur représente un défi de taille. Conscients que les résultats d’une telle étude peuvent être quelque peu indigestes et arides, ils ont fait appel à des experts en changements climatiques dont la crédibilité n’est plus à faire. Parmi eux, Jean-François Bastin, écologiste de l’université de Ghent en Belgique. Ils ont également utilisé la méthode de classification du climat selon le système de Koppen-Geiger qui classe les climats du monde en cinq catégories : tropical, sec, tempéré, continental et polaire. Sans oublier la participation de l’Institut des ressources mondiales, dont les données sur les risques de pénurie d’eau ont été incluses dans l’étude.

Une liste de 85 villes a été dressée et chacune s’est vu accorder une cote en fonction de sa température moyenne, du niveau des océans changeant et du stress hydrique qu’elles subissent. Ceci leur a permis de classer les villes en fonction d’un risque, bas ou élevé, de subir des impacts liés aux changements climatiques. Parmi ces 85 villes, quatre sont canadiennes soit : Montréal, Toronto, Ottawa et Calgary. L’étude ne tient cependant pas compte des investissements en infrastructure qu’une ville aurait prévu de faire, afin de s’adapter aux changements climatiques.

Montréal en haut de la liste

Sur les 85 villes qui figurent sur la liste, c’est Bangkok qui occupe le premier rang, essentiellement à cause de la montée prévue du niveau des océans qui risque de l’engloutir complètement. De plus, d’ici 2050, la température moyenne de cette ville aura monté de plus d’un degré et demi. Des quatre villes canadiennes qui figurent dans cette étude, c’est Montréal qui connaîtra la plus importante hausse des températures moyennes à cause des changements climatiques. En 2050, la température moyenne sera 3,2 °C plus chauds que la moyenne des années comprises entre 1970 et 2000. Pour Montréal, le niveau des océans n’aura qu’un faible impact. Le risque de pénurie d’eau est aussi peu élevé. Malgré tout, Montréal se classe au 34e rang de l’étude. En comparaison, Toronto se retrouve au 14e rang de cette étude.

La hausse des températures moyennes à Toronto sera moins élevée qu’à Montréal de quelques dixièmes de degré. Cependant, le nouveau niveau supérieur de l’échelle sera maintenant largement suffisant pour modifier le type de climat de Toronto, qui passera d’un climat continental à un climat tempéré. Les climats continentaux sont caractérisés par une amplitude thermique annuelle de plus de 20 °C. Un climat tempéré est un climat sans extrêmes prolongés. En simple, moins d’extrêmes annuellement entre les saisons, mais des températures moyennes quotidiennes plus élevées toute l’année.

Pour Montréal, nous passerons d’un climat continental avec des étés confortables et humides à un climat continental avec des étés chauds et humides. Du fait que Toronto changera de type de climat, cela confère à la ville une cote plus élevée parmi les résultats de l’étude. Ainsi, les impacts des changements climatiques seront plus marqués dans la ville reine que dans la ville aux cent clochers.

On note que les villes qui connaîtront la plus forte hausse des températures d’ici 2050 se trouvent toutes dans l’hémisphère Nord à des latitudes supérieures aux tropiques. Plusieurs sont aux États-Unis. Les villes de Chicago, Philadelphie, Baltimore, Washington et Nashville connaîtront également une hausse de plus de 3 °C. Pas très loin derrière, on retrouve New York avec une augmentation moyenne de 2,95 °C. Pour New York, Philadelphie, Baltimore et Washington, l’étude tient compte des impacts additionnels causés par la hausse du niveau des océans pour leur assigner leur cote.

Déjà à risque de pénuries d’eau, ces villes vont encore s’assécher.

Au chapitre de l’accès à l’eau potable, l’étude conclut que certaines villes déjà à risque de manquer d’eau vont voir cette épée de Damoclès les menacer encore plus. Les trois villes où le risque est très élevé sont Doha au Qatar, Barcelone en Espagne et Denver au Colorado. Voici un volet de l’étude où les villes canadiennes n’ont que très peu à craindre.

Par Patrick de Bellefeuille
Présentateur et expert en changements climatiques

Températures record, incendies hors de contrôle… L’Australie confrontée à un enfer climatique

décembre 20, 2019

Le mercure a grimpé à 49,8°C jeudi en Australie occidentale. Une vague de chaleur qui attise les centaines d’incendies dévastateurs qui échappent à tout contrôle sur l’île-continent.

Un pompier australien à une centaine de kilomètres de Sydney.
Un pompier australien à une centaine de kilomètres de Sydney. Saeed KHAN / AFP

L’Australie fait face à des températures records, flirtant avec les 50°C dans certaines zones, qui attisent les incendies dévastateurs qui ont détruit plus de 800 habitations et trois million d’hectares de brousse. Les deux derniers jours ont été les plus chauds jamais enregistrés dans le pays, et le mercure pourrait encore grimper dans les prochains jours. Dépassé, le gouvernement est accusé de ne pas mesurer la gravité de la situation alors que plus de 200 feux sont actuellement recensés dans le pays, dont 70 sont hors de contrôle, majoritairement dans l’État de Nouvelle-Galles du Sud.

Le premier ministre australien, Scott Morrison, a dû présenter ce vendredi 20 décembre des excuses publiques et interrompre des vacances à Hawaï après la mort dans la nuit de deux pompiers dans la nuit de jeudi à vendredi. Ils ont été tués par la chute d’un arbre sur leur véhicule d’intervention, portant à huit le nombre de décès dus aux incendies en Nouvelle-Galles du Sud depuis le début du mois d’octobre. Dix autres pompiers ont été gravement blessés jeudi par les flammes ou les fumées.

Capture d'écran des feux en Australie, selon la Fire Map de la NASA.
Capture d’écran des feux en Australie, selon la Fire Map de la NASA. NASA

Peu après le décès des deux pompiers, Scott Morrison a diffusé un communiqué annonçant son retour d’Hawaï, où il passait ses vacances en famille. «Je regrette profondément toute offense que j’aurais pu commettre à l’égard des nombreux Australiens affectés par ces terribles incendies en prenant des congés avec ma famille», a déclaré le premier ministre. La coalition conservatrice au pouvoir est critiquée pour son attitude face au changement climatique et sa volonté de minimiser tout lien entre le réchauffement et l’arrivée des incendies très tôt dans la saison estivale, ainsi que leur gravité.

État d’urgence

Des milliers de pompiers luttent contre les flammes.

Des milliers de pompiers luttent contre les flammes. SAEED KHAN / AFP

En Nouvelle-Galles du Sud, l’Etat le plus peuplé du pays qui a Sydney pour capitale, une centaine de feux continuaient de faire rage ce vendredi. La première ministre de cet Etat, Gladys Berejiklian, a déclaré l’état d’urgence pour sept jours, une mesure prise pour la deuxième fois depuis le début de la saison des incendies, en septembre, et ce en raison des «conditions météorologiques catastrophiques». Une vingtaine de maisons ont encore été détruites jeudi en Nouvelle-Galles du Sud, selon la chaîne publique ABC.

De leur côté, les cinq millions d’habitants de Sydney continuaient de respirer un air pollué par les fumées émanant d’un méga-feu qui fait rage depuis des semaines à proximité. Les organisations professionnelles de médecins s’étaient alarmées lundi d’«une urgence de santé publique» pour la ville. Les hôpitaux ont constaté une importante augmentation du nombre de visites aux urgences de patients souffrant de problèmes respiratoires, notamment le 10 décembre avec une hausse de 80% des admissions alors que la qualité de l’air était la pire enregistrée ces derniers jours.

Records de chaleur

Un incendie près de Sydney.

Un incendie près de Sydney. SAEED KHAN / AFP

L’Australie a battu mercredi pour le deuxième jour d’affilée le record de la journée la plus chaude depuis le début des relevés, avec une moyenne nationale des températures maximales mesurée à 41,9°C, a annoncé jeudi le bureau de météorologie. C’est un degré de plus que le précédent record (40,9°C) établi mardi. Auparavant, la journée la plus chaude enregistrée dans le pays remontait à janvier 2013 (40,3°C).

Et la situation ne semble pas s’arranger, puisque le record absolu de température pour un mois de décembre en Australie a été battu jeudi: le mercure a grimpé à 49,8°C dans la localité d’Eucla, en Australie occidentale. Le précédent record absolu pour un mois de décembre avait été établi à Birdsville, dans l’État du Queensland, en 1972 (49,5°C). Dean Narramore, du bureau de météorologie, a dit s’attendre à ce que de nouveaux records soient prochainement battus en raison de cette canicule «dangereuse et désastreuse».

Les incendies ont suscité de multiples manifestations d’Australiens en colère envers l’inaction en matière de climat du gouvernement de centre-droit, accusé de sacrifier la politique environnementale pour soutenir l’industrie du charbon. Les scientifiques ont noté que les incendies ont été plus précoces et plus violents que d’habitude cette année en raison d’une sécheresse record, due au réchauffement climatique. D’immenses zones de végétation sont de ce fait extrêmement sèches et offrent des conditions idéales pour la propagation des feux. Certaines villes sont en outre à court d’eau potable.

Le Figaro.fr par Yohan Blavignat avec AFP agence

Trois-Rivières: Mariannick Mercure traite Yves Lévesque et les conservateurs de «criminels climatiques»

septembre 27, 2019

 

Le candidat conservateur, Yves Lévesque, s'est fait accueillir à la marche pour le climat avec une affiche affirmant que les conservateurs sont des «criminels climatiques».
© François Gervais Le candidat conservateur, Yves Lévesque, s’est fait accueillir à la marche pour le climat avec une affiche affirmant que les conservateurs sont des «criminels climatiques».
Présente à la marche pour le climat, la conseillère trifluvienne Mariannick Mercure a apostrophé Yves Lévesque en traitant les conservateurs de «criminels climatiques».

Le candidat conservateur dans Trois-Rivières était au point de départ de la marche, à l’Université du Québec à Trois-Rivières, et discutait avec le conseiller François Bélisle lorsque Mme Mercure s’est placée devant lui.

«Ça n’a pas de bons sens, vous ne devriez pas être là, M. Lévesque. Vous êtes des criminels climatiques», lance Mme Mercure, dans une intervention filmée et de toute évidence préméditée.

Yves Lévesque réplique en l’accusant d’être extrémiste.

«Sais-tu quoi? Les extrémistes, autant de la gauche que de la droite, ça ne rassemble pas», dit calmement Yves Lévesque.

«Vous devriez partir, vous êtes pas le bienvenu ici», répète Mme Mercure.

Interrogée plus tard sur la raison qui l’a poussée à apostropher M. Lévesque de la sorte, la conseillère municipale réitère que, selon elle, il n’avait pas sa place à cette marche pour le climat, en tant que candidat conservateur, mais aussi comme ancien maire de Trois-Rivières.

«Il est venu serrer des mains pour sa campagne électorale, mais quiconque connaît le programme des conservateurs et le legs d’Yves Lévesque comprend très bien pourquoi j’ai fait ça. Il n’avait pas sa place là. C’est hypocrite», soutient-elle.

Par Martin Martin Lafrenière avec Le Nouvelliste

Canada: Marche pour le climat à Montréal: les derniers développements

septembre 27, 2019

 

© Fournis par Canadian Press Enterprises Inc
 

MONTRÉAL — Des centaines de milliers de manifestants descendent dans les rues à travers le monde, vendredi, pour participer à une deuxième vague de mobilisation planétaire réclamant une action rapide contre les changements climatiques.

© Fournis par Canadian Press Enterprises Inc
 

Voici notre couverture en direct du déroulement de la manifestation à Montréal et ailleurs au pays.

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13 h 15

Les manifestants qui ouvrent la marche ont rejoint le boulevard René-Lévesque, dont ils occupent l’entièreté des huit voies. Ils portent une banderole haute en couleur sur laquelle on peut lire «Au front pour la Terre Mère».

Justin Trudeau marche aux côtés de plusieurs candidats libéraux, dont les ministres François-Philippe Champagne et Mélanie Joly. Il est également accompagné de sa femme, Sophie Grégoire, et de leurs enfants.

La foule autour de lui chante «On avance pour la planète!» et «No pipelines!». Justin Trudeau applaudit, salue les manifestants et les remercie d’être présents.

Un homme qui transportait des oeufs a été intercepté par des agents de sécurité.

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12 h 45

Plusieurs autres manifestations sont en cours ailleurs au pays.

Dans le centre-ville d’Ottawa, la foule s’étire sur plus d’une dizaine de quadrilatères.

À Toronto, le rassemblement prend place devant le parlement ontarien. «Systems change, not climate change», scandent les manifestants, pour réclamer des changements d’ordre systémique.

Plus tôt en journée, des milliers de Néo-Écossais s’étaient réunis devant les quartiers généraux de Nova Scotia Power, à Halifax. Julia Sampson, une des organisatrices de la marche, âgée de seulement 17 ans, réclame un rehaussement du financement provincial des énergies vertes et une plus grande sensibilisation aux changements climatiques à l’école.

À Saint-Jean de Terre-Neuve, une foule s’est amassée devant la tour de l’horloge de l’Université Memorial. Bon nombre de manifestants cherchent à dénoncer l’industrie pétrolière de la province. Ils devaient eux aussi se rendre devant leur parlement.

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12 h 30

La manifestation de Montréal se met en branle.

Jeunes et moins jeunes brandissent des pancartes, souvent confectionnées à partir de boîtes en carton, sur lesquelles on peut notamment lire «Terriens en détresse», «Planète à vendre» et «Il est temps de se réveiller».

Fidèles à l’esprit du point de départ de la marche, au pied du mont Royal, plusieurs manifestants jouent des percussions et divers instruments de musique.

Bon nombre d’élèves portent leur uniforme scolaire, sur lequel ils ont épinglé un cercle vert, symbole de cette mobilisation pour l’environnement.

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12 h 00

Avant de se joindre à la marche sur le climat à Montréal, Justin Trudeau a annoncé qu’un gouvernement libéral réélu s’engage à planter deux milliards d’arbres au Canada dans la prochaine décennie.

En conférence de presse, le premier ministre sortant a tout de même défendu l’achat du pipeline Trans Mountain, qui permettra l’exportation de plus de pétrole et augmentera les émissions de gaz à effet de serre. Il dit que les profits générés par Trans Mountain seront réinvestis dans la transition énergétique.

Le chef bloquiste Yves-François Blanchet, qui est également présent à la manifestation montréalaise, affirme que des telles annonces ne sont que cosmétiques.

«Faire une promesse qui va être mesurable longtemps après la retraite de celui qui fait la promesse, ça ne vaut absolument rien», a-t-il dénoncé.

«J’ai la prétention qu’au moins, chez nous, dans notre programme, c’est très clair. Il n’y a rien qui soit favorable à l’industrie pétrolière», a souligné M. Blanchet.

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11 h 30

Les manifestants convergent au monument à Sir George-Étienne Cartier, au parc du Mont-Royal, en vue de la grande marche pour le climat à Montréal.

Plusieurs leaders politiques y sont attendus, dont Justin Trudeau, du Parti libéral du Canada, Yves-François Blanchet, du Bloc québécois, et Elizabeth May, du Parti vert du Canada.

Le Service de police de la Ville de Montréal a effectué un important déploiement dans les environs. L’avenue du Parc a été fermée à la circulation.

En matinée, la bonne humeur régnait dans le métro, dont l’accès a été rendu gratuit pour la journée par la Société de transport de Montréal.

Ce rassemblement s’inscrit dans le cadre de l’appel à la grève mondiale pour exhorter les décideurs à agir face à l’urgence climatique. Au Canada seulement, plus de 140 manifestations similaires sont prévues à travers le pays.

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11 h 00

La militante écologiste Greta Thunberg s’est adressée pour la première fois au public montréalais.

Elle est apparue tout sourire, pancarte au bras: «Je suis vraiment emballée d’être ici», a-t-elle déclaré. Elle a été accueillie par des chefs autochtones qui lui ont remis des cadeaux.

La jeune Suédoise a brièvement pris la parole aux côtés d’une douzaine de groupes écologistes et a échangé quelques mots avec le célèbre écologiste David Suzuki, au pied du mont Royal, peu avant le début de la marche.

Elle s’était auparavant entretenue avec le premier ministre sortant du Canada, Justin Trudeau. Questionnée par les journalistes, elle a dit ne pas vouloir personnaliser le débat et souhaite que tous les décideurs sur la planète écoutent ce que dit la science.

La Presse canadienne

Pays-Bas: 35.000 personnes dans les rues de La Haye pour le climat

septembre 27, 2019

 

Des dizaines de milliers de Néerlandais venus des quatre coins du pays se sont rassemblées vendredi à La Haye afin de participer à la «grève pour le climat» organisée sur toute la planète.

Plus de 35.000 personnes, selon les organisateurs (la police n’a pas communiqué de chiffres), se sont réunies dans le centre-ville de La Haye, avant de se rendre en cortège devant le Parlement et sous les fenêtres du bureau du premier ministre, Mark Rutte. Dans le cortège, où figuraient de nombreux jeunes, florissaient des pancartes, banderoles et draps colorés, exhortant le gouvernement néerlandais et d’autres dirigeants mondiaux à prendre davantage de mesures contre le réchauffement climatique. «Changement de système, pas de climat», «Tous les adolescents disent non à plus de CO2», «Salutations depuis Utrecht-sur-mer» – Utrecht étant une ville du centre du pays -, pouvait-on lire.

Les Pays-Bas sont particulièrement vulnérables aux conséquences du changement climatique, une partie du pays se trouvant en dessous du niveau de la mer. «Je crois qu’on est en train de foutre en l’air la planète, pour dire les choses», a lancé Yara Korvr, étudiante. «Il faut dire stop. Nous devons davantage prendre soin de la terre, et moins prendre soin des gens et de notre économie», a-t-elle poursuivi. «Il y a dix ans, lorsque j’interrogeais mes élèves sur le changement climatique, quasiment personne ne pensait que cela se produirait», a affirmé Jos Hendriks, professeur de physique-chimie. «Maintenant, on voit que tout le monde réalise que c’est en train de se produire», a-t-il ajouté.

Le premier ministre libéral a indiqué avoir «bien reçu le message». «Le gouvernement a un plan avec des mesures très ambitieuses pour lutter contre le réchauffement climatique», a déclaré Mark Rutte lors d’une conférence de presse hebdomadaire. «Nous n’en avons pas fait assez par le passé mais aujourd’hui nous sommes déterminés à oeuvrer pour le climat», a-t-il poursuivi, glissant toutefois qu’il était aussi important pour les jeunes manifestants de «finir leur scolarité». Dans une procédure historique intentée par une ONG, la justice néerlandaise a ordonné en appel en octobre à l’Etat de réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 25% d’ici 2020.

Par Le Figaro.fr avec AFP