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Climat: nouveau record de concentration de CO2 dans l’atmosphère

octobre 30, 2017

La basilique Notre-Dame de Fourvière, noyée dans un nuage de pollution et de brume, le 7 décembre 2016, à Lyon / © AFP/Archives / JEFF PACHOUD

La concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, responsable du réchauffement climatique, a atteint un niveau record en 2016, a averti lundi l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui met en garde contre « une hausse dangereuse de la température ».

« La dernière fois que la Terre a connu une teneur en CO2 comparable, c’était il y a 3 à 5 millions d’années: la température était de 2 à 3°C plus élevée et le niveau de la mer était supérieur de 10 à 20 mètres par rapport au niveau actuel », en raison de la fonte des nappes glaciaires, a rappelé l’agence de l’ONU dans son bulletin annuel sur les gaz à effet de serre.

Selon l’OMM, cette « montée en flèche » du niveau de CO2 est due à « la conjonction des activités humaines et d’un puissant épisode El Niño », phénomène climatique qui apparait tous les 4 ou 5 ans et se traduit par une hausse de la température de l’océan Pacifique, ce qui provoque des sécheresses et de fortes précipitations.

« Alors qu’elle était de 400 parties par million (ppm) en 2015, la teneur de l’atmosphère en dioxyde de carbone (…) a atteint 403,3 ppm en 2016 » et « représente désormais 145% de ce qu’elle était à l’époque pré-industrielle (avant 1750) », précise le rapport rendu public à Genève, siège de l’OMM.

Il s’agit du « niveau le plus élevé depuis 800.000 ans », souligne le document.

Les chercheurs ont en effet « des mesures fiables, directes » de taux de concentration qui remontent à 800.000 ans, grâce à l’étude de bulles d’air préservées dans la glace au Groenland et en Antarctique, a expliqué aux journalistes la chef du département de recherche sur l’environnement atmosphérique de l’OMM, Oksana Tarasova.

Mais en examinant des matériaux fossilisés, l’OMM peut remonter encore plus loin dans le temps, bien qu’avec moins de précision, et dater au Pliocène moyen (3 à 5 millions d’années) de tels niveaux de CO2.

« Si l’on ne réduit pas rapidement les émissions de gaz à effet de serre, et notamment de CO2, nous allons au-devant d’une hausse dangereuse de la température d’ici la fin du siècle, bien au-delà de la cible fixée dans l’Accord de Paris sur le climat », a averti le secrétaire général de l’OMM, le Finlandais Petteri Taalas.

« Mais il y a de l’espoir », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse.

– « Le temps presse » –

« Le CO2 persiste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans l’océan, encore plus longtemps. Selon les lois de la physique, la température sera nettement plus élevée et les phénomènes climatiques plus extrêmes à l’avenir », a souligné M. Taalas.

Pour Erik Solheim, chef de l’agence ONU-Environnement, « le temps presse ».

« Les chiffres ne mentent pas. Nos émissions continuent d’être trop élevées et il faut renverser la tendance (…) Nous disposons déjà de nombreuses solutions pour faire face à ce défi. Il ne manque que la volonté politique », a-t-il dit.

L’OMM a annoncé en mars que l’Arctique avait connu au moins à trois reprises l’hiver dernier l’équivalent polaire d’une vague de chaleur (…) proche du dégel.

En 2016, les températures de surface de la mer ont été les plus élevées jamais constatées. En outre, la hausse du niveau moyen de la mer s’est poursuivie et l’étendue de la banquise arctique a été bien inférieure à la normale la majeure partie de l’année.

Des négociations sur le climat débutent la semaine prochaine à Bonn (Allemagne), sous l’égide de l’ONU, pour préparer la mise en place de l’Accord de Paris signé en 2015.

Le président américain Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis quittaient ce « mauvais accord », mais le retrait ne sera pas effectif avant trois ans.

Romandie.com avec(©AFP / 30 octobre 2017 13h32)                

Nouveau record pour les émissions de gaz à effet de serre

octobre 24, 2016

Les émissions de gaz à effet de serre dans le monde ont battu un record en 2015. Ce seuil continue d’augmenter en 2016. Pour la première fois, 400 parties par million (ppm) de CO2 ont été constatées en moyenne sur toute une année.

« Nous allons dans la mauvaise direction », a indiqué devant la presse à Genève le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) Petteri Taalas. Les niveaux avaient déjà atteint la barre des 400 ppm sur plusieurs mois et sur certains sites, mais jamais en moyenne sur toute une année.

Elle « était considérée comme la limite cruciale » pour les concentrations de C02, selon M. Taalas. Ces niveaux devraient rester au-dessus de ce taux pour 2016 et « pour de nombreuses générations ».

Si les émissions ne sont pas réduites, les concentrations de CO2 vont continuer à progresser de 2 ppm par an en moyenne comme sur les 10 dernières années, a précisé une autre responsable de l’OMM. Ou même peut-être davantage si l’utilisation des énergies non renouvelables ne baisse pas de manière importante.

Augmentation liée à El Niño
Le recours uniquement aux énergies renouvelables semble « impossible », mais tout dépend de l' »attitude humaine », a estimé la responsable. Plus de 90% des émissions sont liées aux énergies non renouvelables et 10% à la déforestation.

Par rapport à l’ère préindustrielle, dont le niveau de ppm ne pourra pas être atteint à nouveau avant des dizaines de milliers d’années, les concentrations de C02 ont augmenté de plus de 40%.

Celles de méthane ont progressé de près de 160% et sont à nouveau en hausse depuis une dizaine d’années. Celles du protoxyde d’azote (N2O) d’origine industrielle, agricole et domestique se sont étendues de plus de 120% et augmentent « de manière continue ».

Pour 2016, El Niño a contribué avec des sécheresses dans les régions tropicales. Les plus fortes augmentations de CO2 sont observées pendant les années où ce courant chaud est constaté. La hausse en 2017 devrait être moins importante.

La capacité d’absorption de CO2 par les forêts, la végétation et les océans a par ailleurs été diminuée. Forêts et océans absorbent environ la moitié du CO2 mais pourraient ne pas en absorber davantage. La fraction de dioxyde de carbone qui reste dans l’atmosphère serait alors augmentée.

Demande lancée aux Etats
Sur les 25 dernières années jusqu’en 2015, l’effet du réchauffement sur le climat s’est étendu de plus de 35%. Deux tiers sont dus au C02 et moins de 20% au méthane.

El Niño « a disparu. Le changement climatique non », ajoute M. Taalas. « Sans lutter contre le C02, nous ne pouvons pas lutter contre le changement climatique », a-t-il expliqué. Autre problème, une réduction des émissions de gaz à effet de serre actuellement ne diminuerait pas le nombre de désastres climatiques avant 2060.

L’accord conclu récemment pour éliminer les hydrofluorocarbures constitue une avancée « mais ne résoudra pas le problème », explique M. Taalas. Pour limiter le réchauffement à 1,5° comme le souhaite l’accord sur le climat, il faudra une action sur le C02.

Avant la prochaine Conférence sur le climat (COP22), qui aura lieu du 7 au 18 novembre à Marrakech, M. Taalas appelle à « mettre la pression sur les Etats » pour passer de la volonté politique à l’action concrète.

Romandie.com avec(ats / 24.10.2016 17h38)

Réchauffement: la hausse des températures s’emballe, préviennent des climatologues

septembre 29, 2016

Washington – La hausse des températures sur la Terre s’accélère et il est nécessaire de doubler, voire tripler les efforts pour limiter les émissions de gaz à effet de serre, ont alerté jeudi sept éminents climatologues.

Ainsi la température moyenne sur la planète pourrait grimper de deux degrés Celsius par rapport à l’ère pré-industrielle dès 2050.

L’objectif actuel des dirigeants mondiaux est de ne pas aller au-delà de cette limite pour éviter les pires effets du changement climatique, comme une forte montée du niveau des océans et une plus grande fréquence des événements météorologiques extrêmes.

Ces scientifiques tirent la sonnette d’alarme dans un communiqué de sept pages qui résume une nouvelle analyse détaillée intitulée: La vérité sur le changement climatique.

Le réchauffement se produit maintenant et beaucoup plus vite que prévu, a insisté Robert Watson, ancien président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), porte-parole de ces sept scientifiques issus de plusieurs pays.

La planète est en passe cette année de battre son troisième record annuel consécutif de chaleur depuis le début des relevés de température en 1880.

Sans efforts supplémentaires par tous les principaux émetteurs de gaz à effet de serre, l’objectif de limiter la hausse de température à 2°C pourrait même être atteint encore plus tôt, a-t-il prévenu.

En marge de la conférence de Paris, certains climatologues ont même avancé l’objectif plus ambitieux de limiter la hausse de température à 1,5°C.

Mais en 2015 la température moyenne sur le globe était déjà montée 1°C au-dessus de celle de l’ère pré-industrielle au XIXe siècle, selon l’Organisation Météorologique Internationale.

Cela représente une hausse importante en l’espace de seulement trois ans: la progression n’était en 2012 que de 0,85°C au-dessus de la période pré-industrielle.

Et le nombre de phénomènes climatiques extrêmes liés au réchauffement comme les sécheresses, incendies de forêt, inondation et ouragans, a déjà doublé depuis 1990, relèvent ces experts.

– Risque d’un désengagement américain –

Même si tous les pays signataires de l’accord de Paris respectaient leurs engagements pour limiter la hausse des températures, les émissions globales de gaz à effet de serre ne diminueront pas assez rapidement au cours des quinze prochaines années, ont-ils souligné, citant un rapport des Nations unies de 2015.

Ainsi, l’objectif le plus ambitieux de l’accord de Paris de maintenir la hausse des températures sous 1,5°C est presque certainement impossible et pourrait même être atteint au début des années 2030, selon ces scientifiques.

Ceux-ci doutent que les engagements de l’accord de Paris pour réduire les émissions de CO2 se concrétisent pleinement, étant donné l’absence d’un mécanisme légal contraignant et que 80% des pays sont dépendants de l’octroi d’une aide financière et d’une assistance technique par les nations les plus riches.

De surcroît, des mesures politiques seront requises dans tous les pays pour entériner ces engagements ainsi que l’adoption de réglementations et d’incitations pour les mettre en oeuvre au niveau national, a souligné l’Italien Carlo Carraro, co-président du Groupe de travail III du Giec.

Une grande inquiétude pour ces experts, c’est le risque d’un désengagement des Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, dont le rôle mondial dans la lutte contre le réchauffement est jugé indispensable.

Même si Trump, qui nie la réalité du changement climatique, perd et qu’Hillary Clinton entre à la Maison Blanche, si les deux chambres du Congrès restent contrôlées par les républicains, cela posera un vrai problème pour l’accord de Paris, a estimé le professeur Watson dans un entretien avec l’AFP.

La plate-forme politique des républicains veut défaire l’accord de Paris et produire et exporter plus de charbon, s’est-il alarmé. Cela encouragerait les autres pays à renoncer à leurs engagements.

Pour rester sous les 2°C, les émissions globales de CO2 devront être nulles d’ici 2060 à 2075, rappellent ces scientifiques, un objectif qui paraît compliqué étant donné que 82% de toute l’énergie mondiale provient à l’heure actuelle de la combustion du pétrole (31%) du charbon (29%) et du gaz naturel (22%).

Romandie.com avec(©AFP / 29 septembre 2016 22h21)