Posts Tagged ‘cocktails molotov’

Manifestation au Caire pour réclamer le départ du président Morsi

mai 18, 2013
Le président égyptien Mohamed Morsi, le 16 septembre 2012 au Caire. Le président égyptien Mohamed Morsi, le 16 septembre 2012 au Caire. © AFP

Des heurts sporadiques ont éclaté vendredi soir au Caire avec les forces de l’ordre après que plusieurs centaines d’Egyptiens eurent manifesté pour réclamer le départ du président islamiste Mohamed Morsi, près d’un an après son élection.

Des heurts sporadiques ont éclaté vendredi soir au Caire avec les forces de l’ordre après que plusieurs centaines d’Egyptiens eurent manifesté pour réclamer le départ du président islamiste Mohamed Morsi, près d’un an après son élection.

Des manifestants, pour la plupart des adolescents, ont lancé des cocktails molotov vers les forces de police qui ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes, près de la célèbre place Tahrir, symbole du soulèvement qui a contraint le président Hosni Moubarak à la démission en février 2011, ont indiqué des médias égyptiens.

Aucun blessé n’a été enregistré et la circulation a pu être rétablie en fin de soirée, ont ajouté les autorités. Les manifestants s’étaient réunis pacifiquement dans l’après-midi portant des banderoles réclamant « une élection présidentielle anticipée » et « une Constitution unissant tous les Egyptiens ».

Des membres de la campagne « Tamarrod » (rébellion, en arabe), qui dit avoir réuni plus de deux millions de signatures pour exiger le départ de M. Morsi, faisaient signer des formulaires aux passants tout en défilant, a constaté l’AFP.

La sécurité avait en outre été renforcée autour du ministère de l’Intérieur, proche de la place Tahrir, devant lequel des violences se sont souvent produites en marge de manifestations. Plusieurs partis et forces politiques, comme Al-Dostour du Prix Nobel de la Paix Mohamed ElBaradei et le mouvement du 6-Avril, l’un des fers de lance de la révolte de début 2011, avaient appelé à cette manifestation contre le président Morsi et les Frères musulmans dont il est issu.

Ils réclament l’organisation d’une élection présidentielle anticipée, la libération des militants politiques détenus et justice pour les « martyrs de la révolution ». Les opposants de M. Morsi l’accusent de gouverner dans le seul intérêt des Frères musulmans, bien qu’il assure être « le président de tous les Egyptiens », et de ne pas avoir su faire face à la grave crise politique et économique que traverse l’Egypte.

La première année au pouvoir du premier président civil et islamiste d’Egypte, élu en juin 2012, a été émaillée de nombreux affrontements, parfois meurtriers, entre ses partisans et ses opposants.

Jeuneafrique.com avec AFP

Accrochages entre policiers et manifestants anti-Morsi dans plusieurs villes d’Égypte

avril 7, 2013

Des partisans du Mouvement du 6 avril manifestent au Caire contre le président Morsi, le 6 avril. Des partisans du Mouvement du 6 avril manifestent au Caire contre le président Morsi, le 6 avril. © AFP

Des heurts ont éclaté samedi entre policiers et manifestants dans plusieurs villes d’Égypte après des rassemblements d’un mouvement d’opposition hostile au président islamiste Mohamed Morsi, selon des sources concordantes.

Dans le centre du Caire, la police a tiré des gaz lacrymogènes sur des centaines de manifestants devant le siège de la haute Cour qui abrite également les bureaux du procureur général.

Des images en direct à la télévision ont montré des manifestants lançant des pierres contre les policiers à bord de véhicules blindés, au milieu de pneus en feu sur la route principale menant au tribunal. La police a tiré des salves de gaz lacrymogènes.

Au moins 8 personnes ont été blessées dans les affrontements au Caire et dans la province de Fayoum (sud), selon l’agence officielle Mena.

La police a également fait usage de gaz lacrymogènes à Alexandrie (nord) et à Mahalla, dans le delta du Nil, où des manifestants ont attaqué un commissariat avec des cocktails Molotov, a ajouté Mena.

Mouvement du 6 avril

Les rassemblements ont eu lieu à l’occasion du 5e anniversaire du Mouvement du 6 avril, lancé après la répression meurtrière menée par la police contre des grévistes le 6 avril 2008 à Mahalla.

Ces violences avaient marqué une escalade dans le mouvement de protestation contre M. Moubarak, qui commençait alors à prendre forme et qui a abouti à la révolte ayant provoqué la chute du président en février 2011.

Salués après la chute de M. Moubarak, les jeunes du Mouvement du 6 avril se sont ensuite opposés au pouvoir militaire de transition et à l’élection de l’islamiste Morsi en juin 2012.

Le groupe a désormais rejoint une coalition de mouvements laïcs ayant parfois organisé des manifestations violentes contre M. Morsi, qu’il accuse d’imiter les pratiques de M. Moubarak.

Jeuneafrique.com

Egypte: des manifestants mettent le feu à un commissariat à Port Saïd

mars 2, 2013
Egypte: des manifestants mettent le feu à un commissariat à Port Saïd Egypte: des manifestants mettent le feu à un commissariat à Port Saïd © AFP

Des manifestants ont mis le feu à un commissariat à Port Saïd samedi, alors que le secrétaire d’Etat américain John Kerry arrivait au Caire pour discuter avec responsables et opposants de la transition politique dans le pays en proie à la crise.

Quelque 500 manifestants de cette ville du nord-est de l’Egypte ont lancé des cocktails molotov et des pierres sur le commissariat, provoquant un incendie, et bloqué l’accès aux pompiers, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

Jeuneafrique.com avec AFP

Egypte: manifestations anti-Morsi, accrochages devant la présidence

février 1, 2013
Egypte: manifestations anti-Morsi, accrochages devant la présidence Egypte: manifestations anti-Morsi, accrochages devant la présidence © AFP

Les forces de l’ordre ont tenté vendredi de disperser par la force des manifestants lançant des cocktails molotov près du palais présidentiel au Caire, lors d’une nouvelle journée de protestations à travers le pays contre le président islamiste Mohamed Morsi.

Les heurts ont éclaté malgré l’engagement jeudi de l’ensemble de la classe politique à empêcher la violence, après des affrontements qui ont fait 56 morts en une semaine dans le pays divisé entre opposants et partisans de M. Morsi, premier président civil et islamiste d’Egypte.

Les protestataires, rassemblés à l’appel de l’opposition, ont lancé aussi des pierres contre les forces de sécurité qui ont fait usage à leur tour de canons à eau et de gaz lacrymogènes et ont tiré en l’air, selon un photographe de l’AFP.

Ils ont mis le feu à des pneus en criant « le peuple veut la chute du régime », reprenant le même slogan lancé il y a deux ans durant la révolte populaire qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak.

La police a dû, un moment se replier, à l’intérieur de l’enceinte du palais, devant l’avancée des manifestants, dont certains ont réussi à retirer des fils barbelés déployés autour du palais d’Héliopolis et ont tenté d’escalader l’un des portails, a indiqué l’agence officielle Mena.

Des membres de la Garde républicaine sont intervenus pour repousser les manifestants qui tiraient des feux d’artifice en direction du palais.

Le commandant de la Garde républicaine, cité par Mena, a exhorté les manifestants à s’abstenir de « tout acte de nature à porter atteinte à l’ordre public ».

Dans une avenue jouxtant la place Tahrir au Caire, non loin des ambassades des Etats-Unis et de Grande-Bretagne, des heurts sporadiques ont opposé la police à des manifestants, selon des témoins. La police a tiré à la chevrotine, blessant deux manifestants qui ont été évacués par ambulance.

« Morsi dégage »!

« Liberté ! » « Morsi est illégitime », « Dégage ! » a chanté la foule qui a envahi les principales artères de la capitale, en arborant des banderoles réclamant « justice » pour les dizaines de victimes de la dernière vague de violences meurtrières (24-29 janvier), qui avaient éclaté à la veille du 2e anniversaire du début du soulèvement contre Hosni Moubarak.

Des milliers d’autres manifestants ont défilé à Alexandrie sur la Méditerranée, et à Port-Saïd (nord-est). C’est dans cette ville où les heurts le 26 janvier avaient été les plus sanglants avec la mort de 40 personnes après la condamnation à mort de 21 supporteurs du club de football local pour un massacre survenu dans un stade il y a un an jour pour jour.

Le Front du salut national (FSN), la principale coalition de l’opposition qui a appelé aux manifestations, réclame la fin de la « monopolisation » du pouvoir par les Frères musulmans dont est issu M. Morsi, avec la mise en place d’un gouvernement de salut national, une révision de la Constitution ou encore le départ du procureur général nommé par le président.

« Sans la satisfaction de ces revendications, aucun dialogue politique ne sera fructueux », affirme le FSN dans un communiqué.

Dans un document signé au terme d’une réunion sous l’égide de l’institution sunnite Al-Azhar, les participants ont dénoncé « toute incitation à la violence » et souligné « la responsabilité de l’Etat et de son appareil sécuritaire » en matière de protection des citoyens.

L’un des ténors de l’opposition, l’ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, a plaidé pour des manifestations « pacifiques ».

Malgré les promesses d’apaisement de la classe politique, une partie de la presse était sceptique sur les chances d’amorcer un véritable dialogue susceptible de réconcilier un pays profondément divisé.

Les partisans de M. Morsi, élu en juin, font valoir qu’il est arrivé au pouvoir démocratiquement et qu’il est le premier civil à occuper cette fonction.

L’opposition l’accuse ainsi que les Frères musulmans de privilégier leur idéologie islamiste au détriment de l’intérêt général.

M. Morsi est également accusé d’échouer à faire face à la grave crise économique que traverse le pays.

Jeuneafrique.com avec AFP

Le mausolée d’un saint incendié dans un haut lieu du tourisme en Tunisie

janvier 13, 2013
Le mausolée d'un saint incendié dans un haut lieu du tourisme en Tunisie Le mausolée d’un saint incendié dans un haut lieu du tourisme en Tunisie © AFP

Des habitants de Sidi Bou Saïd, banlieue touristique de Tunis, ont conspué dimanche le ministre de l’Intérieur venu visiter un célèbre mausolée incendié la veille, la mouvance salafiste étant régulièrement accusée de s’attaquer à de tels sanctuaires.

Quelque 150 habitants de ce village ont scandé « Dégage, Dégage » à l’adresse du ministre Ali Larayedh, figure du parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement, selon un photographe de l’AFP.

Le ministre de l’Intérieur venait de dénoncer « un acte criminel », tout en dédouanant les forces de l’ordre qui, selon lui, n’ont pas pour mission de protéger ce type de mausolées, pourtant régulièrement pris pour cible lors d’attaques orchestrées par les salafistes.

« C’est un acte criminel, mais ce n’est pas à la police de garder tous les mausolées, c’est aux gens en charge de ces mausolées de le faire », a-t-il déclaré, déclenchant la colère de la foule.

Un policier a indiqué à l’AFP que le site avait été probablement visé par des cocktails molotov, mais qu’il n’y avait aucun témoin de l’attaque.

De nombreux mausolées dédiés à des saints musulmans ont été incendiés ou saccagés ces derniers mois en Tunisie, des actes attribués aux salafistes, mouvance rigoriste radicale de l’islam sunnite qui considère comme impie d’honorer des saints.

L’opposition tunisienne et une partie de la société civile accusent les islamistes d’Ennahda au pouvoir de complaisance à l’égard des salafistes.

« Ce crime (. . . ), contre notre culture et notre histoire ne doit pas rester impuni », a jugé dimanche la présidence tunisienne dans un communiqué, appelant les forces de l’ordre à « n’épargner aucun effort pour arrêter les criminels ».

Le village de Sidi Bou Saïd, perché sur une colline dans la banlieue de Tunis, est un site touristique très prisé, connu pour ses petites ruelles et ses maisons traditionnelles aux portes bleues cloutées.

Déjà en octobre un célèbre mausolée de la banlieue de Tunis, la zaouïa Saïda Manoubia, avait été incendié et un groupe de militants salafistes a été arrêté en décembre pour ces faits.

Ce courant radical, qui représente entre 3. 000 et 10. 000 personnes en Tunisie, est aussi accusé d’avoir organisé une série d’actions violentes depuis la révolution il y a deux ans.

Ces militants sont notamment soupçonnés d’avoir orchestré l’attaque du 14 septembre contre l’ambassade américaine à Tunis qui a fait quatre morts parmi les manifestants d’un rassemblement contre un film islamophobe produit aux Etats-Unis.

Jeuneafrique.com avec AFP

Heurts au Caire: plus de 200 blessés, 3 morts

décembre 5, 2012
 
Opposants et partisans du président Mohamed Morsi se sont affrontés ce soir à coups de cocktails molotov et de jets de pierres lors de heurts devant la présidence au Caire qui ont fait plus de 200 blessés, trois morts et illustrent la division d’un pays s’enfonçant dans la crise.
 
Il s’agit des pires violences depuis l’élection en juin de M. Morsi, premier président islamiste d’Egypte qui s’est attiré les foudres de l’opposition et d’une partie de la magistrature pour s’être octroyé des pouvoirs exceptionnels le 22 novembre.
 
Quatre conseillers principaux du président Morsi ont aussi démissionné.
 
Un journaliste de l’AFP a fait état de tirs de chevrotine et de voitures incendiées, alors que le ministère de la Santé a fait état de 211 blessés.
 
Lefigaro.fr avec AFP

Escalade de la violence en Tunisie

octobre 31, 2012

Des manifestants salafistes à La Manouba, près de Tunis, en novembre 2011. Des manifestants salafistes à La Manouba, près de Tunis, en novembre 2011. © AFP

Stupeur en Tunisie. Malgré la trêve de l’Aïd el-Kébir, les salafistes n’hésitent pas à recourir à l’ultra-violence pour faire régner leur ordre moral à Douar Hicher, en banlieue de Tunis. Pendant ce temps, les tensions entre partis politiques se font plus vives que jamais, sur fond de première lecture à l’Assemblée du projet de Constitution.

Les habitants de Douar Hicher, quartier populaire en périphérie de Tunis, sont abasourdis. Depuis mardi 30 octobre au soir, leur quartier est bouclé par les salafistes qui ont perdu au moins deux des leurs dans des affrontements avec les forces de l’ordre. Tirs à balles réelles et gaz lacrymogène de la police répondent aux cocktails Molotov et aux assauts à l’arme blanche des jihadistes.

Tout a commencé le second jour de l’Aïd el-Kébir, quand les partisans d’Abou Iyadh s’en sont pris à des débiteurs clandestins d’alcool. Dans un déchaînement de violence barbare, inattendue et inhabituelle en Tunisie, ils ont coupé trois doigts à un vendeur et gravement blessé un agent de la garde nationale. Depuis, les tensions se sont exacerbées et la surenchère dans la violence semble sans limites.

Les salafistes n’ont pas de revendications précises. Avec un argumentaire confus, ils accusent le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, ancien parti au pouvoir, dissous) ainsi que la formation Nidaa Tounes de Beji Caïd Essebsi de vouloir semer le trouble. Mais ils s’en prennent aussi au gouvernement. Il faut dire que la situation leur profite : ils gagnent en visibilité dans les médias et les prêches en leur faveur abondent dans les mosquées qui sont sous leur coupe.

Divisions

Qui obéit à qui ? C’est la question qui est sur toutes les lèvres en Tunisie face à la montée en puissance de la violence islamiste.

Les radicaux revendiquent les événements comme de hauts faits d’armes et se font menaçants envers tous ceux qui leur barreraient la route vers l’instauration d’un nouvel ordre moral conforme à la charia. Ils ont décrétés la fermeture des écoles du quartier, des services publics mais aussi celles de nombreux ateliers. Effrayée et inquiète, la population obéit. Mais sa préoccupation principale est toujours de joindre les deux bouts.

Le ministère de l’Intérieur, jusqu’ici assez  laxiste envers les extrémistes, est divisé sur la conduite à tenir. Les syndicats des forces de l’ordre réagissent contre leur hiérarchie, exigent d’avoir des instructions claires, et demandent « qui obéit à qui ? » C’est la question qui est sur toutes les lèvres en Tunisie face à la montée en puissance de la violence islamiste, en toute impunité.

À cette confusion s’ajoute l’intervention, un peu partout dans le pays, de la Ligue de défense des objectifs de la révolution, une association proche des salafistes qui revendique, au nom de la révolution, le droit d’avoir recours à la violence pour empêcher les réunions des formations politiques qu’elle estime être organisées par des transfuges du RCD ou par des opposants de Ennahdha.

Ses membres ont notamment bloqué toute l’activité des îles Kerkennah dont les habitants manifestaient leur mécontentement face à un nouveau conseil municipal composé de militants islamistes. Et au prétexte qu’elle bénéficie là d’un cadre politique légal, la ligue annonce qu’elle entend faire sa propre justice.

Cousue de fil blanc, la manœuvre semble être aussi une diversion. Car l’essentiel de ce qui se joue en Tunisie n’est pas dans la rue, il est à l’Assemblée nationale constituante.

Complot

L’ennemi commun désigné par les salafistes de tous poils est le parti fondé par l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, qui grimpe en flèche dans les sondages. Les radicaux forcent le trait, font volontairement l’amalgame entre militants de Nidaa Tounes et RCD, ressortent même du fond des tiroirs du ministère public une affaire de complot contre la sûreté de l’État qui impliquerait aussi bien d’anciens proches de Ben Ali, dont Kamel Letaief, que des proches de Essebsi et de son parti.

Cousue de fil blanc, la manœuvre semble être aussi une diversion. Car l’essentiel de ce qui se joue en Tunisie n’est pas dans la rue, il est à l’Assemblée nationale constituante. Une première lecture de la Constitution est en cours. Le projet présenté est très controversé. Il ne mentionne pas le caractère civil de l’État, donne trop de place à la famille et fait référence aux valeurs du sacré sans tenir compte des référentiels universels. Une mouture sans créativité et liberticide, bien en deçà de ce qui était attendu après une révolution.

Jeuneafrique.com par Frida Dahmani, à Tunis

Égypte : 20 morts dans des affrontements à l’approche de la présidentielle

mai 2, 2012

Quelque 20 personnes ont trouvé la mort lors d’affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir et des assaillants non identifiés le mercredi 2 avril au Caire. Plusieurs personnalités politiques égyptiennes ont décidé d’interrompre leur campagne pour la présidentielle.

Vingt morts. C’est le bilan des affrontements entre manifestants hostiles au pouvoir et assaillants, dont l’identité n’est pas encore connue, mercredi 2 avril au Caire, fourni par les médecins du plus proche hôpital. En pleine campagne présidentielle, le quartier d’Abbassiya, dans la capitale égyptienne, a été le théâtre de scènes de violence.

Pendant plusieurs heures, les deux camps se sont jetés des pierres et des cocktails molotov, tandis que d’autres personnes ont été victimes de lynchages en pleine rue, à coups de barres de fer. Le ministère de la Santé faisait, de son côté, état d’un bilan provisoire de neuf morts.

Depuis plusieurs jours, des manifestants mènent un sit-in dans le secteur afin de réclamer le départ de l’armée au pouvoir. Parmi eux, figurent notamment des partisans du leader salafiste Hazem Abou Ismaïl, qui campaient depuis samedi 28 avril après l’exclusion de leur candidat de la course à la présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai. Selon des sources sécuritaires et des témoins, les manifestants auraient été attaqués le mercredi 2 mai à l’aube.

Le calme est revenu dans l’après-midi, après que les forces de l’ordre aient installé un cordon de sécurité afin de séparer les deux camps. Tous les manifestants n’ont pourtant pas quitté les lieux et les rues menant au quartier étaient fermées à la circulation.

« Solidarité » avec les manifestants

Côté politique, les réponses n’ont pas tardé. Plusieurs partis et mouvements ont appelé à manifester dans ce secteur du Caire en fin d’après-midi pour protester contre ces violences. Deux des principaux candidats à la présidentielle, Mohamed Morsi pour les Frères musulmans et l’islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh ont, eux, suspendu leur campagne suite à ces affrontements. Le premier, tenant « le Conseil suprême des forces armées (au pouvoir) pour responsable », a décidé de mettre en pause ses activités politiques pour une durée de 48 heures, « en signe de solidarité avec les manifestants ». Le Parti de la justice et de la liberté (PLJ), issu des Frères musulmans, a annoncé qu’il boycottait une réunion prévue mercredi entre le maréchal Hussein Tantaoui, qui dirige aujourd’hui le pays, et les partis politiques, en raison « des évènements sanglants » d’Abbassiya. Le parti a également dénoncé des « tentatives d’entraver la remise du pouvoir conformément au calendrier fixé ».

Deux candidats de gauche, Khaled Ali et Hamdeen Sabbahi, ont eux aussi annoncé la suspension de leurs activités. Quant à Mohamed el-Baradei, il a dénoncé un « massacre », via son compte Twitter. « Le Conseil suprême des forces armées et le gouvernement sont incapables de protéger les civils ou sont de mèche avec les voyous. L’Égypte va à vau-l’eau », à-t-il ajouté.

Dimanche, des affrontements avaient déjà éclaté dans le quartier d’Abbassiya, où s’étaient réunis les partisans d’Hazem Abou Ismaïl, provoquant la mort d’une personne et 119 blessés. Le candidat a été évincé de la course à la magistrature suprême, à l’instar de 10 autres candidats sur les 23 en lice, en raison d’irrégularités. Le fait que sa mère ait obtenu la nationalité américaine contrevient à la loi électorale selon les autorités, ce que ces partisans considèrent comme un « complot ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Egypte: cinq morts dans des affrontements au Caire

mai 2, 2012

Cinq personnes ont été tuées et 50 blessées après une attaque mercredi contre un rassemblement hostile au pouvoir militaire près du ministère de la Défense au Caire, a-t-on appris de sources médicales et des services de sécurité.

Des assaillants non identifiés ont attaqué à l’aube les protestataires, rassemblés depuis plusieurs jours pour réclamer le départ de l’armée du pouvoir. De violents affrontements ont éclaté, les deux côtés faisant usage de cocktails molotov et de pierres, selon la source de sécurité.

Un médecin dans un hôpital de campagne établi dans le secteur a fait état de cinq morts et d’au moins 50 blessés dans les violences qui selon la télévision d’Etat se poursuivaient en milieu de matinée.

Le ministère de la Santé a confirmé le bilan.

Parmi les protestataires figurent des partisans du leader salafiste Hazem Abou Ismaïl, qui campaient dans le secteur depuis samedi après l’exclusion par la commission électorale de ce candidat à la course présidentielle prévue les 23 et 24 mai.

Dimanche avant l’aube, une personne avait été tuée et 119 blessées dans des affrontements ayant opposé des partisans de Hazem Abou Ismaïl à des habitants du quartier de Abbassiya, non loin du ministère de la Défense.

Les violences lors des manifestations en Egypte sont fréquemment attribuées à des hommes de main commandités notamment par l’armée arrivée au pouvoir après la chute sous la pression de la rue du régime de Hosni Moubarak en février 2011.

Hazem Abou Ismaïl fait partie de dix candidats sur 23 à avoir été éliminés en raison d’irrégularités dans leurs dossiers. Sa mère a obtenu selon les autorités la nationalité américaine, ce qui contrevient à la loi électorale qui stipule que le candidat, ses parents et son épouse doivent être uniquement Egyptiens.

La plupart de ses partisans crient « au complot » et refusent son exclusion.

La campagne pour l’élection présidentielle s’est officiellement ouverte lundi, dans un climat dominé par la concurrence entre candidats islamistes et libéraux laïques.

Elle s’arrêtera le 21 mai pour 48 heures de « silence politique » avant le premier tour les 23 et 24 mai. Un second tour est prévu les 16 et 17 juin.

L’armée a promis de rendre le pouvoir fin juin au nouveau président, à l’issue de ce scrutin d’une ouverture inédite en Egypte, après des décennies d’élections-plébiscites largement boudées par les électeurs faute d’enjeu réel.

Jeuneafrique.com avec AFP