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Colombie: retour de la droite avec Duque, qui veut corriger l’accord de paix

juin 17, 2018

Le nouveau président élu colombien Ivan Duque célèbre sa victoire à Bogota, le 17 juin 2018 / © AFP / RAUL ARBOLEDA

La droite dure a récupéré la présidence dimanche en Colombie et son champion Ivan Duque, vainqueur d’un duel inédit face à la gauche, a immédiatement annoncé des « corrections » à l’accord de paix avec l’ex-guérilla Farc.

« Cette paix dont nous avons rêvée, qui demande des rectifications, aura des corrections pour que les victimes soient au centre du processus, pour garantir vérité, justice et réparation », a déclaré le dauphin de l’ex-président Alvaro Uribe, farouche opposant au pacte signé en 2016 qui a permis le désarmement de la rébellion et sa reconversion en parti politique.

Candidat du Centre démocratique (CD), Ivan Duque, 41 ans, a recueilli 53,98% des voix contre 41,8% à Gustavo Petro, 58 ans, du mouvement Colombie Humaine, premier candidat de gauche à parvenir aussi loin dans une course présidentielle, la première depuis l’accord de paix.

Son adversaire a immédiatement accepté son « triomphe ». « Vous êtes le président de la Colombie (…) Aujourd’hui, nous sommes l’opposition », lui a lancé l’ancien maire de Bogota et ex-guérillero du M-19 dissout.

De son côté, le parti Farc a appelé Ivan Duque au « bon sens », après son annonce de corrections de l’accord de paix.

« Il est nécessaire que le bon sens s’impose; ce que le pays demande c’est une paix intégrale, qui nous mène vers la réconciliation attendue (…) Contourner cet objectif ne peut être un programme de gouvernement », a indiqué la Force alternative révolutionnaire commune (Farc), en demandant à le rencontrer.

– Première femme vice-présidente –

Des habitants de Bogota découvrent les résultats de l’élection présidentielle colombienne, le 17 juin 2018 / © AFP / Raul Arboleda

Ivan Duque, qui s’est engagé à modifier ce texte qui a polarisé le pays et qu’il juge trop laxiste envers les ex-chefs guérilleros, devient le plus jeune chef d’Etat élu en Colombie depuis 1872. Il aura 42 ans le 1er août et succèdera le 7 à Juan Manuel Santos.

Avec lui a été élue la première femme vice-présidente du pays, Marta Lucia Ramirez, qui fut aussi la première femme ministre de la Défense de Colombie durant la première année de la présidence d’Uribe (2002-2010).

Plus tôt, le chef de la Farc, Rodrigo Londono, avait souligné que la Colombie a « vécu les élections les plus tranquilles des dernières décennies, le processus de paix porte ses fruits (…) Respectons la décision de la majorité et félicitons le nouveau président ».

M. Santos, 66 ans, avait qualifié cette présidentielle de « transcendantale », soulignant que « pour la première fois, un ex-commandant des Farc a voté en démocratie, sans armes et comme leader d’un parti politique ».

L’accord a valu à ce président de centre droit le Nobel de la Paix, mais aussi une impopularité de 80% dans ce pays de 49 millions d’habitants. Au pouvoir depuis 2010, il ne pouvait se représenter après deux mandats.

Le pacte avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie, qui ont conservé le même acronyme Farc, a clos plus de 52 ans d’affrontements. Mais la Colombie peine à émerger du conflit.

Des partisans du président colombien élu Ivan Duque fêtent sa victoire à l’élection présidentielle, à Bogota le 17 juin 2017 / © AFP / RAUL ARBOLEDA

– Soutien du Parlement –

Elle reste confrontée à une corruption et des inégalités criantes, notamment en matière d’éducation et santé, ainsi qu’à la violence de groupes armés se disputant le narco-trafic dans ce pays, premier producteur mondial de cocaïne.

La droite y règne depuis toujours. Novice en politique avec un seul mandat comme sénateur, l’avocat et économiste Ivan Duque se défend d’être la « marionnette » d’Alvaro Uribe. Il est soutenu par les conservateurs, les partis chrétiens, les évangéliques et l’ultra-droite.

« Nous demandons à Dieu et au peuple colombien de nous donner la victoire pour transformer le pays », avait-il lancé en votant, réitérant sa volonté de défendre la liberté d’entreprendre pour relancer la 4e économie d’Amérique latine.

Voulant « tourner les pages de la corruption, de la politique politicienne, du clientélisme », il entend réviser l’accord de paix notamment pour envoyer en prison les chefs Farc coupables de crimes graves et leur barrer l’accès au Congrès.

« L’une des grandes inconnues va être ce qui va se passer avec le processus de paix », a déclaré à l’AFP l’analyste Yann Basset, de l’Université du Rosario.

Le candidat de gauche à l’élection présidentielle colombienne, Gustavo Petro, après sa défaite, le 17 juin 2017 à Bogota / © AFP / LUIS ROBAYO

La gauche colombienne, divisée, a longtemps pâti de la présence des guérillas.

Gustavo Petro voulait appliquer le pacte et des réformes favorables aux pauvres. Mais il paye sa proximité avec le défunt président vénézuélien Hugo Chavez, bien qu’ayant désavoué son successeur Nicolas Maduro.

Ivan Duque a aussi annoncé qu’il durcirait la position gouvernementale dans les négociations avec l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays, en cessez-le-feu pour le scrutin.

Il est assuré d’un soutien important au Congrès, où la droite s’est imposée aux législatives de mars.

Pour sa part, la Farc n’avait même pas atteint les 0,5% de voix nécessaires pour dépasser les dix sièges parlementaires octroyés par l’accord.

Tourner la page du conflit, qui a fait au moins huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés, sera toutefois la tâche fondamentale du futur président.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juin 2018 04h14)

Colombie: trois fausses informations virales de la campagne présidentielle

juin 17, 2018

Un homme tient un bulletin de vote lors du second tour de la présidentielle en Colombie, le 17 juin 2018 / © AFP / LUIS ROBAYO

La Colombie n’a pas échappé aux fausses informations pendant la campagne de la présidentielle, qui décide dimanche du retour de la droite dure ou de l’élection du premier président de gauche de ce pays.

Voici les trois mensonges qui se sont le plus propagés sur les réseaux sociaux avant ce second tour entre Ivan Duque, ex-sénateur de droite, et Gustavo Petro, ancien maire de Bogota et ex-guérillero du M-19 dissout.

– Mensonge n°1: « Si Duque gagne, la Farc relance la guerre »

L’avenir de l’accord de paix signé en novembre 2016 par la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et le président sortant Juan Manuel Santos a été au cœur de la campagne.

Duque, dauphin de l’ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), a été l’opposant le plus radical à ce pacte, qui a permis le désarmement de 7.000 guérilleros et la reconversion de la rébellion dans la politique légale.

Le site Tiempo 12 a publié un extrait d’une interview de Rodrigo Londoño, plus connu par le pseudonyme Timochenko, chef de l’ex-guérilla et du désormais parti Force alternative révolutionnaire commune (Farc), réalisée par France 24.

Sous le titre « Menace! Timochenko: si Duque gagne, nous retournons à la guerre! », l’article cite Londoño, affirmant que « dans la dernière étape du gouvernement Santos le processus de paix est en danger ».

Il n’incluait pas la vidéo originale de l’entretien et utilisait partiellement la déclaration de l’ancien chef rebelle, hors contexte. Quand Alvaro Sierra, directeur de France 24 Espagnol, lui demande si le processus de paix serait en danger en cas de victoire de la droite, Londoño répond:

« Si la société colombienne, les secteurs colombiens et la communauté internationale ne s’unissent pas pour accompagner ce processus, je ne veux pas dire que nous allons à nouveau vers la guerre, mais oui, cela peut semer les graines d’un nouveau conflit en Colombie. Nous, nous l’avons dit, l’avons signé et le respecterons: il n’y a pas de marche arrière ».

Le candidat de droite à la présidentielle colombienne, Ivan Duque à Bogota, le 17 juin 2018 / © AFP / Raul Arboleda

Londoño a démenti l’article de Tiempo 12 sur Twitter, ajoutant: « Notre engagement avec la Paix est inébranlable ».

– Mensonge n°2: Petro dit vouloir reproduire le modèle vénézuélien

Les réseaux sociaux sont pleins de messages accusant Petro d’être « castrochaviste » et de défendre un programme qui conduirait la Colombie vers une crise similaire à la faillite vénézuélienne.

Son passé d’ex-guérillero du M-19 est souvent rappelé, comme le fait qu’il ait accueilli Hugo Chavez en 1994, quatre ans avant son élection à la présidence du pays voisin.

De faux tweets ont été reproduits par des personnalités aussi populaires qu’Alvaro Uribe, suivi par cinq millions d’abonnés.

« Mon plus grand souhait est d’arriver au pouvoir pour continuer l’héritage de Bolivar, de Hugo Chavez », a été l’un des messages retweetés depuis un faux compte de Petro.

Un photomontage montrant des leaders de la Farc portant des T-shirts avec le slogan « Petro président » et le logo de son mouvement Colombie Humaine a également été diffusé.

L’image, tweetée par le sénateur uribiste Alfredo Rangel avec la phrase « La direction des Farc avec Petro. Le castrochavisme s’unit », a en fait été prise pendant la dernière Conférence guérillera en septembre 2016, avant la signature de la paix. Sur la photo originale, les chefs rebelles portent un T-shirt différent. Le sénateur a supprimé son tweet.

Le cnadidat à la présidentielle colombienne Gustavo Petro (c) à Bogota, le 15 juin 2018 / © AFP/Archives / Raul ARBOLEDA

Petro, qui s’est distancié du successeur de Chavez, Nicolas Maduro, s’est défendu en disant que « le castrochavisme » n’existe pas et que le projet politique du M-19 était libéral et démocratique.

Il a écarté l’instauration du socialisme en Colombie, assuré qu’il privilégierait l’agriculture sur l’exploitation pétrolière. Avant le second tour, il a renoncé à l’idée de convoquer une Assemblée constituante.

– Mensonges n°3: de supposés exemples de fraude électorale

A l’issue du premier tour du 27 mai, où Duque a obtenu 39% des voix et Petro 25%, le hashtag #FraudeElectoral est apparu sur les réseaux, dénonçant une manipulation des formulaires de comptage.

Les images reprises de la page du Registre électoral montraient des modifications favorisant certains candidats, en particulier Duque.

Des vidéos manipulées, des audios anonymes et des mêmes affirmaient que la Mission d’observation électorale (MOE) indépendante confirmait la fraude.

Quatre jours plus tard, la MOE a précisé qu’il y avait eu des anomalies pour 363 formulaires sur un échantillon de 13.135 bureaux de vote, soit 2,8%.

Le Conseil national électoral (CNE), qui a reçu des plaintes de l’équipe de campagne de Petro, a précisé le 8 juin qu’elles concernaient 495 votes, ce qui ne changeait pas significativement les résultats.

Le Registre électoral a procédé à un nouveau comptage, ajoutant 238 votes à Petro et en ôtant 257 à Duque.

Romandie.com avec(©AFP / 17 juin 2018 17h58)

Colombie: les corps de 9.000 victimes des paramilitaires retrouvés depuis 2006

mai 2, 2018

Les restes de 9.000 victimes des paramilitaires ont été retrouvés et exhumés en Colombie depuis la démobilisation en 2006 de ces milices d’extrême droite / © AFP/Archives / RAUL ARBOLEDA

Les restes de 9.000 victimes des paramilitaires ont été retrouvés et exhumés en Colombie depuis la démobilisation en 2006 de ces milices d’extrême droite, a-t-on annoncé mercredi de source judiciaire.

Le Parquet a précisé que les cadavres se trouvaient dans des fosses communes et ont été localisés suite aux indications fournies par d’ex-membres des milices d’Autodéfense unies de Colombie (AUC), qui ont intégré le cadre judiciaire prévu par le processus de désarmement.

« Les 9.000 corps ont été localisés et exhumés selon les informations données par des témoins, membres d’organisations criminelles qui ont recouru à la loi de Justice et Paix », a déclaré Mery Conejo, directrice du service de Justice transitoire du Parquet.

Elle a précisé que les restes de 4.296 personnes avaient été remis à leurs familles dans neuf départements du pays, la majorité dans ceux d’Antioquia (nord-ouest) et du Magdalena (nord).

Le gouvernement du président Alvaro Uribe (2002-2010) avait conclu avec les AUC un pacte de démobilisation, tandis que la loi de Justice et Paix adoptée à l’époque prévoit pour les paramilitaires repentis des peines maximales de huit ans de prison s’ils avouent leurs méfaits, dont des crimes contre l’humanité.

Le conflit armé qui déchire la Colombie depuis plus d’un demi-siècle a impliqué au fil des décennies guérillas, paramilitaires et forces armées, sur fond de violence du trafic de drogue, faisait au moins huit millions de victimes entre morts, disparus et déplacés internes.

L’actuel président Juan Manuel Santos, qui quittera le pouvoir en août, a signé fin 2016 un accord de paix historique avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxiste), aujourd’hui désarmée et transformée en parti politique sous le même acronyme.

L’accord prévoit la création d’une unité de recherche des disparus, estimés à au moins 83.000 personnes selon des sources officielles, bien plus que toutes les dictatures du Cône sud de l’Amérique.

Romandie.com avec (©AFP / 02 mai 2018 23h15)                  

Colombie: l’ex-guérilla Farc se retire de l’élection présidentielle

mars 8, 2018

Bogota – L’ex-guérilla Farc a annoncé jeudi qu’elle se retirait de l’élection présidentielle en Colombie, prévue fin mai, suite aux problèmes de santé de son leader et candidat, Rodrigo Londoño, alias Timochenko.

L’intervention cardiaque à laquelle a dû se soumettre Timochenko mercredi « nous amène à retirer notre aspiration à la présidence », a déclaré en conférence de presse l’ex-commandant guérillero Ivan Marquez, candidat au Sénat lors des législatives de dimanche.

Une semaine après avoir souffert d’un infarctus, Rodrigo Londoño, âgé de 59 ans, a dû subir un pontage coronarien.

La clinique de Bogota, où a été effectuée cette « revascularisation coronarienne avec pontage », avait précisé mercredi dans un communiqué que l’état de santé du leader des Farc évoluait de manière « satisfaisante », mais qu’il était sous « thérapie respiratoire intensive » du fait de problèmes dus au tabagisme.

Timochenko, dernier commandant de ce qui fut la plus puissante guérilla d’Amérique issue en 1964 d’une insurrection paysanne, avait annulé tout meeting électoral public depuis le 9 février, suite à des manifestations violentes à son encontre.

Le parti de la Force alternative révolutionnaire commune (Farc) a été créé en septembre dernier à l’issue du désarmement des quelque 7.000 combattants de l’ancienne guérilla, comme prévu par l’accord de paix signé en novembre 2016 avec le président Juan Manuel Santos.

Ivan Marquez a affirmé que la Farc se maintient pour les législatives et a appelé à un dialogue avec tous les secteurs politiques afin de tendre des ponts pour réaliser une grande convergence nationale ».

« Le fait de ne pas participer directement avec un candidat à la course pour la présidentielle ne veut pas dire que nous n’ayons pas de voix face aux autres candidats », a-t-il ajouté, en affirmant qu’aucun rapprochement n’a été initié.

Timochenko se plaçait en queue des sondages pour le premier tour de la présidentielle prévu le 27 mai, avant un second le 17 juin pour désigner le successeur de M. Santos, chef de l’Etat depuis 2010 et qui ne peut se représenter après deux mandats consécutifs.

Timochenko a souffert ces dernières années de plusieurs problèmes de santé, dont un autre infarctus pendant les négociations de paix menées à Cuba de 2012 à 2016, et un léger AVC en juillet dernier.

Romandie.com avec(©AFP / 08 mars 2018 14h09)                                            

Trois Vénézuéliens tués dans une attaque attribuée à la guérilla colombienne FLN

février 25, 2018

Des membres de l’Armée de libération nationale (ELN), dans le département colombien de Chocó, le 19 novembre 2017 / © AFP/Archives / LUIS ROBAYO

Trois Vénézuéliens ont été tués dimanche dans le nord-est de la Colombie, dans une attaque attribuée à l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla du pays, a annoncé la police.

Les trois personnes ont été tuées par des rebelles présumés qui circulaient à moto, dans la localité de Tibu, à la frontière avec le Venezuela, a précisé la police dans un communiqué.

Ces rebelles avaient auparavant attaqué un poste de police dans la même région, sans faire de blessé, selon la même source.

Dans cette région, l’une des principales pour la culture de coca, outre l’ELN, opèrent plusieurs organisations qui se livrent au trafic de drogues.

Le processus de paix avec l’ELN est au bord du gouffre après une série d’attentats de la dernière guérilla de Colombie qui semblent avoir fait perdre patience au gouvernement. Mais les rebelles insistent pour la poursuite des pourparlers.

Par ailleurs, la Colombie et le Venezuela qui partagent 2.200 kilomètres de frontière, entretiennent des relations tendues.

La Colombie est confrontée à l’arrivée massive de milliers de Vénézuéliens fuyant la crise économique et humanitaire dans leur pays.

Selon les autorités colombiennes, quelque 550.000 Vénézuéliens se trouvent dans le pays, et leur nombre ne cesse d’augmenter.

Romandie.com avec(©AFP / 25 février 2018 21h26)                

La Colombie prédit la chute imminente du Venezuela et réclame un plan « pour le jour d’après »

janvier 24, 2018

Davos (Suisse) – Le ministre des Finances colombien Mauricio Cardenas a prédit mercredi l’effondrement imminent de l’administration Maduro au Venezuela et réclamé un plan économique d’urgence pour « le jour d’après » avec la participation des institutions multilatérales.

« L’idée est de préparer un plan économique pour le Venezuela pour le jour d’après. Nous ne savons pas quand il va arriver mais cela devrait être prochainement au vu de la gravité de la crise », a déclaré à l’AFP M. Cardenas, venu participer au Forum économique mondial dans la très chic station de ski de Davos, en Suisse.

Le ministre plaide pour un plan incluant des institutions multilatérales, telles le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque de développement d’Amérique Latine (CAF).

« Nous devons être rapidement en mesure de recommencer à approvisionner le Venezuela en produits pharmaceutiques, à livrer des fournitures et des matières premières aux entreprises vénézuéliennes et cela ne peut pas s’improviser », a-t-il souligné.

Plus d’un demi-million de Vénézuéliens se sont réfugiés en Colombie, la plupart poussés par la crise qui secoue leur pays, ont annoncé vendredi dernier les autorités colombiennes, un chiffre en hausse de 62% sur les six derniers mois

« Tout cela se fait avec un grand sentiment de solidarité mais si la situation s’aggrave, cela va nous poser de grandes difficultés pratiques et budgétaires », a mis en garde le ministre colombien.

Depuis l’élection en 2013 du président vénézuélien, Nicolas Maduro, ce pays pétrolier est plongé dans une profonde crise politique et économique, avec une envolée de l’inflation et des pénuries de produits alimentaires et de médicaments.

L’Assemblée constituante vénézuélienne, acquise au président Maduro, a convoqué mardi une élection présidentielle anticipée, d’ici le 30 avril, à laquelle le chef de l’Etat socialiste entend bien se représenter afin de profiter d’une dynamique électorale favorable et des divisions de l’opposition.

Romandie.com avec(©AFP / 24 janvier 2018 11h37)                                            

Colombie: le processus de paix en péril après attaques de L’ELN

janvier 10, 2018

Une photographie fournie par la présidence colombienne montre le président colombien Juan Manuel Santos prononçant un discours à Bogota le 10 janvier 2017 / © Colombian Presidency/AFP / HO

Une série d’attaques attribuées à la guérilla de l’ELN a poussé le gouvernement à suspendre les négociations de paix avec les rebelles, mettant en péril la trêve qui a mis fin à plus de 50 ans de confrontation armée en Colombie.

Mercredi matin, lors d’une allocution télévisée, le président colombien Juan Manuel Santos a indiqué avoir rappelé son négociateur en chef, actuellement à Quito, en Equateur, où se déroulent les pourparlers avec l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active de Colombie.

« J’ai parlé avec le négociateur en chef du gouvernement à Quito afin qu’il revienne immédiatement pour évaluer l’avenir du processus », a-t-il déclaré.

Un cessez-le-feu était en vigueur entre le 1er octobre et le 9 janvier à minuit.

C’était la première fois de son histoire que cette guérilla, inspirée de la révolution cubaine et issue en 1964 d’une insurrection paysanne, signait un accord de ce type.

Mardi, jour de la fin de la trêve, les deux parties avaient entamé des pourparlers en vue de sa prolongation. Ils devaient reprendre mercredi avant cette annonce de Bogota.

M. Santos a dénoncé la reprise des « attaques terroristes » intervenues mercredi matin « contre la population, les forces armées et les infrastructures », sans donner davantage de détails.

De son côté, l’ELN a demandé la poursuite des négociations. « Nous, nous restons ici (à la table des négociations), que les discussions se poursuivent et qu’aucun incident ne vienne les interrompre. Nous appelons (le gouvernement) à revoir » sa position, a déclaré à Quito le commandant Pablo Beltran, négociateur en chef des rebelles.

Un peu plus tôt, l’entreprise publique pétrolière Ecopetrol a dénoncé quatre attaques contre des installations dans quatre départements.

Par ailleurs, les autorités ont rapporté une attaque à la grenade contre un poste de l’armée près de la frontière avec le Venezuela. Des soldats auraient été blessés, selon les médias locaux.

« Mon engagement pour la paix a été et sera total. Mais la paix se conquiert avec de la bonne volonté et des actes concrets. Pas seulement avec des mots », a déclaré le président Santos.

– ‘Agir avec force’ –

Il a donné ordre aux forces armées « d’agir avec force pour répondre à cette agression » et a accusé la rébellion d’avoir refusé la prolongation du cessez-le-feu.

Il s’agit du niveau de tension le plus élevé atteint durant ce processus lancé en février 2017.

Pour l’analyste Victor de Currea-Lugo, ce rebondissement pourrait aboutir à une rupture définitive des négociations. « L’accord (des deux parties) était de ne pas quitter la table des discussions quoi qu’il arrive. Mais la gravité de la rupture du cessez-le-feu et les attentats qui viennent de se produire, rendent inévitable » cette « crise majeure », déclare-t-il à l’AFP.

« Il semble qu’une ligne dure au sein de l’ELN soit en train de s’imposer », a-t-il estimé.

Bien que le gouvernement colombien et la guérilla guévariste aient chacun exprimé à plusieurs reprises leur volonté de prolonger la trêve, l’accord avait déjà été fragilisé par des accusations mutuelles de violations.

L’ELN a déclaré dans un message à la fin de l’année qu’elle continuerait à négocier la paix même si le cessez-le-feu n’était pas prorogé.

Durant la trêve, l’ELN a admis sa responsabilité dans l’assassinat en novembre d’un leader indigène du département du Choco (nord-ouest).

Par ailleurs, le groupe guévariste considère comme une violation du cessez-le-feu la mort de sept paysans qui protestaient contre l’éradication forcée de la coca début octobre dans une zone frontalière de l’Equateur. Deux officiers de l’armée sont impliqués dans ces faits, selon le parquet colombien.

En un demi-siècle, ce conflit armé impliquant des guérillas, des paramilitaires, des forces gouvernementales et des trafiquants de drogue, a fait au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et 7,4 millions de déplacés.

Romandie.com avec(©AFP / 10 janvier 2018 19h04)                

Sous pression de Trump, la Colombie annonce une saisie historique de 12 tonnes de cocaïne

novembre 8, 2017

Bogota – Le président colombien Juan Manuel Santos a annoncé mercredi la saisie d’une cargaison de 12 tonnes de cocaïne, un record historique pour ce pays, premier producteur et exportateur mondial de cette drogue mais soumis à une forte pression des Etats-Unis.

Cette saisie, d’une valeur estimée à 360 millions de dollars, intervient peu après que le président américain Donald Trump a réitéré sa « préoccupation », dans une lettre envoyée fin octobre à son homologue colombien, « face à l’extraordinaire expansion » en Colombie des plantations de coca, l’ingrédient de base de la cocaïne.

« Jamais auparavant, depuis que nous avons commencé il y a plus de 40 ans à lutter contre le narcotrafic, nous n’avions effectué une saisie de cette ampleur », a fait valoir mercredi Juan Manuel Santos devant les journalistes.

Entre 2014 et 2016, les cultures de coca sont passées de 69.000 à 146.000 hectares, selon les Nations unies, qui considèrent la Colombie comme le premier producteur et exportateur mondial de cette drogue.

Dans le même temps, les saisies ont augmenté. « Avec cette saisie nous dépassons le chiffre des saisies de l’an dernier: cela fait 362 tonnes cette année », contre 317 en 2016, a souligné le président Santos.

– 5 M USD de récompense –

La cargaison saisie appartenait au chef du Clan del Golfo, Dairo Antonio Usuga, alias Otoniel, qui est actuellement l’homme le plus recherché en Colombie. Les Etats-Unis ont offert une récompense de cinq millions de dollars pour son arrestation.

La drogue a été saisie dans une zone de production de bananes du département d’Antioquia (nord-ouest).

Dans un communiqué, la police a expliqué qu’environ 400 agents de lutte anti-drogue avaient lancé une opération contre quatre propriétés des villes de Chigorodo et Carepa et y avait trouvait la drogue, cachée sous terre.

Le gang, formé par d’ex-paramilitaires de milices armées d’extrême droite démobilisés en 2016, avait annoncé début septembre qu’il était prêt à se rendre aux autorités après presque deux ans de lutte intensive menée par la police.

L’organisation a compté jusqu’à 4.000 membres, mais après une vaste offensive lancée par le gouvernement, il compterait aujourd’hui environ 1.800 hommes, selon le ministère de la Défense.

Cette saisie constitue « un résultat très important et significatif, mais les réclamations des Etats-Unis ne visent pas les saisies » mais plutôt l’extension de la production de coca, a expliqué à l’AFP Jeremy McDermott, directeur de InSight Crime, un centre de recherche sur le crime organisé.

Dans sa lettre en octobre, Donald Trump appelait Bogota à « diminuer la production et le trafic de drogue en Colombie ».

« J’ai exprimé ces préoccupations car j’ai promis au peuple des Etats-Unis que nous empêcherions que les drogues traversent nos frontières et j’ai besoin de votre aide », a-t-il écrit.

En novembre, le gouvernement de Juan Manuel Santos et les Farc ont signé un accord de paix mettant un terme à 53 ans de conflit armé entre cette guérilla marxiste, les paramilitaires d’extrême droite et les agents de l’Etat. Ce conflit a fait près de 260.000 morts, 60.000 disparus et 7,1 millions de déplacés, selon les chiffres officiels.

Par cet accord, Bogota a dit espérer éradiquer cette année 100.000 hectares de cultures illégales de coca, le trafic de drogue ayant permis d’alimenter certains groupes des Farc.

Romandie.com avec(©AFP / 09 novembre 2017 01h50)

Colombie, la papamobile freine brutalement: François légèrement blessé

septembre 10, 2017

Le pape François légèrement blessé au visage en se cognant contre une des vitres de sa papamobile qui a brutalement freiné dans un quartier de Carthagène des Indes, au dernier jour de sa visite en Colombie, le 10 septembre 2017 / © AFP / Alberto PIZZOLI

Le pape François s’est légèrement blessé au visage dimanche, en se cognant contre une des vitres de sa papamobile qui a brutalement freiné dans un quartier de Carthagène des Indes, au dernier jour de sa visite en Colombie.

Le souverain pontife, 80 ans, était en train de saluer la foule des fidèles du quartier pauvre de San Francisco quand le véhicule s’est brusquement immobilisé en raison de la multitude massée le long du parcours.

François s’est alors cogné contre l’une des parois vitrées qui surmontent la papamobile pour le protéger des intempéries, s’entaillant légèrement une arcade sourcilière et une pommette, selon les images diffusées par la télévision.

Un de ses agents de sécurité l’a alors aidé à se redresser et a nettoyé à l’aide d’un mouchoir blanc les gouttes de sang qui avaient taché la cape blanche du pape.

Après l’incident, le chef de l’Eglise catholique est réapparu, pour prononcer la prière de l’Angelus, avec un petit pansement sur le visage et une tunique propre.

François doit regagner Rome dimanche à l’issue de cette visite de cinq jours en Colombie, la première de son pontificat dans ce pays qui tente de tourner la page de plus d’un demi-siècle de conflit armé.

Romandie.com avec(©AFP / 10 septembre 2017 19h38)                

Le pape appelle l’Église à se renouveler en faveur de la réconciliation

septembre 9, 2017

Le pape François à son arrivée à Medellin, le 9 septembre 2017 / © AFP / Alberto PIZZOLI

Le pape a appelé samedi l’Eglise à se renouveler, en sortant de son confort, pour promouvoir la réconciliation dans des pays comme la Colombie, en guerre civile depuis plus d’un demi-siècle, et à s’engager pour soulager les plus démunis.

« Le renouvellement ne doit pas nous faire peur », mais « suppose le sacrifice et le courage », a déclaré François, en célébrant en présence de plus d’un million de fidèles une messe en plein air à Medellin, ancienne capitale mondiale du trafic de drogue et troisième étape de son voyage en Colombie.

« En Colombie, il y a beaucoup de situations qui demandent des disciples le style de vie de Jésus, en particulier l’amour converti en faits de non-violence, de réconciliation et de paix », a souligné le souverain pontife, promoteur du processus de pacification engagé par le président Juan Manuel Santos.

« De même que Jésus +secouait+ les docteurs de la loi pour qu’ils sortent de leur rigidité, l’Eglise aujourd’hui est aussi +secouée+ par l’Esprit afin qu’elle quitte ses facilités et ses attachements », a ajouté le pape argentin, qui depuis son arrivée au Vatican en 2013, s’est fait l’apôtre d’un rapprochement avec les plus pauvres.

Applaudi par la foule, il a appelé l’Eglise à « s’engager, bien que pour certains cela semble dire se salir, se souiller ». « Il nous est aussi demandé aujourd’hui de grandir en audace » et de ne « pas rester indifférent devant la souffrance des plus démunis » a-t-il ajouté, en se référant au père jésuite Pedro Claver, défenseur des esclaves de Carthagène des Indes.

C’est dans cette cité coloniale, perle touristique des Caraïbes mais aussi la ville au taux de pauvreté le plus élevé du pays, que François achèvera sa première visite pontificale en Colombie, avant de repartir pour Rome dimanche.

« L’humilité de François est un exemple et l’Eglise doit s’engager davantage », a déclaré à l’AFP Monica Arias, 50 ans, venue à Medellin depuis Apartado, une zone bananière très affectée par le conflit armé.

Peu après son arrivée mercredi à Bogota, le pape avait rappelé aux évêques qu’ils ne sont pas des « politiques » mais des pasteurs, en allusion aux religieux catholiques qui ont critiqué l’accord avec les Farc.

Ce pacte historique a aussi été condamné par le leader de l’opposition de droite et ex-président Alvaro Uribe (2002-2010), qui a assisté à la messe à Medellin, sa ville d’origine, mais pas aux deux précédentes à Bogota et à Villavicencio.

Le président Santos a signé la paix en novembre 2016 avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui ont fini de déposer les armes à la mi-août et se sont reconverties la semaine dernière en parti politique légal.

Lundi, deux jours avant la venue du pape, le gouvernement et l’Armée de libération nationale (ELN), dernière guérilla active, ont signé le premier cessez-le-feu bilatéral jamais conclu avec cette rébellion, en pourparlers depuis février.

Le chef de l’Etat entend parvenir à une « paix complète » dans son pays, dévasté par une guerre fratricide qui a impliqué une trentaine de guérillas, des milices paramilitaires d’extrême droite et les forces de l’ordre, faisant plus de 260.000 morts, 60.000 disparus et 7,1 millions de déplacés.

Romandie.com avec(©AFP / 09 septembre 2017 21h45)