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Mali : des tirs à l’arme lourde à Gao et une voiture piégée à Kidal

février 21, 2013

 

Des soldats français à Gao, au Mali, le 10 février 2013 Des soldats français à Gao, au Mali, le 10 février 2013 © AFP

Deux villes au nord du Mali ont été les cibles d’attaques des jihadistes : des tirs à l’arme lourde ont été entendus dans la nuit du 20 au 21 février à Gao alors qu’à Kidal, un véhicule piégé a explosé près du camp où sont stationnés les soldats français et tchadiens.

Des tirs à l’arme lourde ont été entendus dans la nuit du 21 février à Gao, la plus grande ville du nord du Mali, selon des sources concordantes rapportées par l’AFP. « Nous avons entendu dans la nuit de mercredi à jeudi matin des tirs à l’arme lourde d’origine indéterminée, à au moins deux entrées de Gao. Nous cherchons des précisions », a confirmé un sous-officier de l’armée malienne, interrogé par téléphone depuis Bamako. Des tirs ont été également entendus par d’autres témoins.

Selon une source militaire malienne, des combats se poursuivent entre les soldats maliens et une quarantaine d’islamistes venus de villages proches de Gao. Ces affrontements ont lieu aux entrées Nord et Sud de la ville mais aussi près de la mairie et du palais de justice qui serait même en flammes.

La ville de Gao, située à 1 200 km au nord-est de Bamako, reprise aux islamistes armés liés à Al-Qaïda, le 26 janvier, par les soldats français et maliens, a connu déjà deux attentats-suicides, les 8 et 9 février. Ils avaient été commis par deux kamikazes qui s’étaient faits exploser contre un poste de contrôle de l’armée malienne. Au lendemain, de violents combats de rue ont eu lieu au centre-ville de Gao entre des combattants jihadistes et les soldats français et maliens. Ces affrontements ont fait cinq morts et 17 blessés.

Nouvel attentat

Au nord-est du pays, à Kidal, au moins deux civils ont été blessés le 21 février dans l’explosion d’un véhicule apparemment piégé près du camp où sont stationnés des militaires français et tchadiens. Selon un élu de Kidal, le véhicule est arrivé en filant vers le sud-ouest de la ville avant d’exploser à environ 500 mètres du camp occupé par les Français et les Tchadiens. Deux civils ont été blessés, ils sont à l’hôpital. Personne n’a encore approché le véhicule pour savoir si le conducteur vivait toujours.

Pour l’instant, « personne n’a encore approché le véhicule pour savoir si le conducteur était encore en vie », a déclaré à l’AFP un élu de Kidal, information confirmée de source sécuritaire malienne à Bamako. Un fonctionnaire du gouvernorat de Kidal a, de son côté, précisé que l’explosion du véhicule avait eu lieu à moins d’un kilomètre du camp occupé par les Tchadiens et les Français. Selon lui, le conducteur du véhicule était sans doute un kamikaze qui visait le camp. Mais il est allé exploser avec sa voiture noire dans une cour. Il y a eu un grand bruit.

Les forces françaises ont repris dans la nuit du 29 au 30 janvier le contrôle de l’aéroport de Kidal, à 1 500 km au nord-est de Bamako, ancien bastion islamiste, où quelque 1 800 soldats tchadiens sont entrés depuis pour sécuriser la ville.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali: la tension reste vive à Gao après des combats contre des islamistes

février 12, 2013
Mali: la tension reste vive à Gao après des combats contre des islamistes Mali: la tension reste vive à Gao après des combats contre des islamistes © AFP

La tension est restée vive lundi à Gao, dans le nord du Mali, où les militaires français ont déminé les ruines du commissariat et de ses alentours après un bombardement à l’aube pour éliminer les islamistes armés qui s’y étaient retranchés.

Un mois jour pour jour après le début de l’intervention militaire française, « l’essentiel du territoire malien a été libéré, aucune ville n’est occupée par un groupe terroriste, aucun des réseaux ou groupes qui jusque-là mettaient en péril la vie des Maliens n’est capable de mener une véritable offensive », a assuré le président français François Hollande.

« Nous devons poursuivre non plus la libération d’un territoire mais (sa) sécurisation », a-t-il expliqué, alors que Gao, la plus grande ville du nord du Mali, a été dimanche le théâtre de combats de rue entre soldats maliens et français et des combattants jihadistes qui y ont aussi commis les premiers attentats suicides de l’histoire du pays, marquant une nouvelle étape du conflit.

Au moins deux islamistes et trois civils ont été tués dans les affrontements, qui ont également fait 17 blessés, 15 civils et deux soldats maliens, selon plusieurs sources.

Lundi en début d’après-midi, des soldats français ont déminé les ruines du commissariat, découvrant au total quatre mines enfouies dans la cour du bâtiment, ainsi qu’une roquette et deux grenades, a constaté un photographe de l’AFP.

Dans le même temps, le principal marché de la ville, qui se trouve à proximité du commissariat, a été évacué en début d’après-midi par des soldats français pour faciliter le travail des démineurs.

« Nous sommes dans la crainte d’un attentat, c’est pour cela que pour des raisons de sécurité, nous avons évacué le marché de Gao », avait affirmé de son côté un officier de l’armée malienne.

Des coups de feu sporadiques étaient entendus en milieu de journée en provenance du nord de la ville.

Le commissariat, ancien siège de la « police islamique » mise en place par le groupe islamiste du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) lorsqu’il occupait la ville, a été bombardé lundi à l’aube par un hélicoptère de l’armée française, selon des témoins.

« Deuxième phase des opérations »

Un journaliste de l’AFP a constaté que le bâtiment avait été totalement détruit et a également vu des fragments de corps humains aux alentours.

Les combats à Gao, à 1. 200 km de Bamako, sont le signe d’un regain d’activités des islamistes armés qui avaient dans un premier temps fui les villes reprises par les soldats français et maliens fin janvier.

Pour la première fois dans l’histoire du Mali, ils ont commis à Gao en deux jours deux attentats suicides contre un poste de contrôle de l’armée malienne à la sortie nord de la ville.

Ces attentats, comme l’attaque du commando dimanche, ont été revendiqués par le Mujao – groupe également accusé de diverses activités criminelles dont le trafic de drogue – qui tenait totalement la ville depuis plusieurs mois, y commettant de nombreuses exactions au nom d’une interprétation rigoriste de la charia (loi islamique).

« Les moujahidine sont dans la ville de Gao et y resteront », avait prévenu dimanche le porte-parole du Mujao, Abou Walid Sahraoui.

Entamée le 11 janvier pour stopper une offensive jihadiste vers le Sud et la capitale malienne, Bamako, l’opération de l’armée française, en appui de l’armée malienne, a permis en deux semaines de reprendre Gao, Tombouctou et Kidal, les grandes villes occupées pendant près de dix mois par les groupes liés à Al-Qaïda.

L’avancée des soldats français et maliens s’est faite sans presqu’aucune résistance, les jihadistes semblant avoir fui pour se retrancher dans des zones désertiques, notamment dans le massif des Ifoghas, dans la région de Kidal, à 1. 500 km au nord-est de Bamako, près de l’Algérie.

Mais depuis quatre jours, les islamistes ont montré qu’ils n’avaient pas tous fui et ont prouvé leur capacité de résistance à Gao, reprise le 26 janvier par les soldats français et maliens, ce qui semble marquer un tournant dans leur stratégie.

Aux Etats-Unis, le président Barack Obama a donné lundi l’ordre d’allouer 50 millions de dollars (37 millions d’euros) pour une « assistance militaire immédiate au Tchad et à la France dans leurs efforts en cours pour protéger le Mali des terroristes et des extrémistes violents ».

Quelque 4. 000 soldats français et 2. 000 tchadiens sont déployés au Mali.

Selon le vice-secrétaire général de l’ONU Jan Eliasson, le gouvernement malien « hésite toujours » à donner son feu vert pour une opération de maintien de la paix de l’ONU dans le pays quand la sécurité le permettra.

Au 7 février, l’intervention militaire avait déjà coûté 70 millions d’euros, selon le gouvernement français.

Les Etats-Unis fournissent aussi une aide à la France en matière de renseignements et de transport aérien.

Jeuneafrique.com avec AFP