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Éthiopie : quelles sont encore les options d’Abiy Ahmed ?

novembre 7, 2021
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, en 2018. © ALEX WELSH/The New York Times-REDUX-REA

Alors qu’Addis-Abeba se prépare à un possible assaut des combattants du TPLF alliés à ceux de l’OLA, le Premier ministre éthiopien est au pied du mur. Et les pays voisins s’inquiètent des répercussions de la crise.

Abiy Ahmed peut-il encore renverser la situation à son avantage ? Jamais depuis qu’il est arrivé au pouvoir, en avril 2018, sa situation n’avait paru aussi précaire. La guerre a certes commencé il y a un an, les choses se sont accélérées ces dernières semaines. Fin octobre, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) a en effet revendiqué la prise de deux villes stratégiques, Dessie et Kombolcha, situées à 400 km au nord d’Addis-Abeba. Le 3 novembre, l’Armée de libération oromo (OLA), qui a fait alliance en août avec le TPLF, a affirmé que l’arrivée de ses combattants dans la capitale était désormais « une question de mois, si ce n’est de semaines ».

En réponse, le gouvernement fédéral a annoncé un couvre-feu et a exhorté les habitants d’Addis-Abeba à se préparer à défendre la ville, qualifiant le conflit de « guerre existentielle ». Mais il est de plus en plus clair que les options d’Abiy Ahmed s’amenuisent rapidement.

Ni vainqueur ni vaincu

Le Premier ministre pourrait se résigner une guerre d’usure, mais l’armée fédérale a subi de multiples défaites, particulièrement au cours des cinq derniers mois, et elle est démoralisée. Malgré ses dernières offensives et les frappes aériennes qui ont visé Mekele, la capitale du Tigré, les forces du TPLF ont encore gagné du terrain dans les régions Afar et Amhara, permettant une expansion géographique du conflit dont les répercussions pourraient se faire sentir pendant des décennies.

L’OLA a également fait des progrès significatifs. Ses annonces – de plans de marche sur Addis-Abeba et de formation d’une alliance politique plus large – suggèrent que les rebelles travaillent déjà à une transition post-Abiy.

Celui-ci pourrait tenter de trouver un accord avec ses adversaires, d’autant qu’il est de plus en plus évident qu’il s’agit d’une guerre qui n’aura ni vainqueur ni vaincu, toutes les parties s’étant rendues coupables de violations des droits de l’homme et de possibles crimes de guerre, selon une récente enquête des Nations unies. Même s’il n’est pas exclu qu’Abiy parvienne à sauver son pouvoir, un accord de paix lui offrirait, le cas échéant, la possibilité de négocier son départ et les contours d’une transition en bonne et due forme.

Les dirigeants du Tigré ont insisté sur le fait que leur objectif immédiat était de lever le blocus imposé à leur région, mais leurs visées à plus long terme ne sont toutefois pas claires. Faut-il y voir un indice ? On connaît le nom de l’alliance rebelle qui sera bientôt formée : le Front uni des forces fédéralistes éthiopiennes.

Inquiétude régionale

Cette escalade du conflit, qui a coûté des milliers de vies et entraîné le déplacement de millions de personnes, a d’ores et déjà ébranlé l’Afrique de l’Est. Elle intervient dans un contexte marqué par un récent coup d’État et des contre-manifestations au Soudan voisin et par la pandémie de Covid-19.

Le 4 novembre, le ministre ougandais des Affaires étrangères a fait savoir que Yoweri Museveni avait convoqué une réunion des dirigeants de la région, le 16 novembre, pour discuter de la crise éthiopienne. En octobre, le président ougandais avait fait d’Amama Mbabazi, ancien Premier ministre et candidat malheureux lors de l’élection présidentielle de 2016, son envoyé spécial au Soudan du Sud et en Éthiopie, mais cela n’a permis aucune avancée.

Le 3 novembre, c’est Uhuru Kenyatta qui avait appelé au dialogue entre les belligérants et a proposé l’aide du Kenya pour « assister le processus de la manière que les Éthiopiens eux-mêmes jugerait appropriée. » « Les hommes et les femmes du gouvernement éthiopien, dirigé par mon cher frère, le Premier ministre, ainsi que les hommes et les femmes qui combattent ce gouvernement doivent cesser immédiatement les combats et dialoguer », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le conflit dure depuis un an maintenant, mais les voisins de l’Éthiopie sont jusqu’à présent restés relativement en retrait, en dépit de l’aggravation rapide de la crise humanitaire et du risque d’une plus grande instabilité dans le pays le plus peuplé de la région.

Multiples répercussions

Mais alors que la plupart des dizaines de milliers de personnes qui ont fui les combats dans le Tigré ont trouvé refuge au Soudan, l’extension du conflit plus au Sud, vers Addis-Abeba, pourrait entraîner un afflux de réfugiés vers d’autres pays. Certains ont d’ores et déjà été signalés jusqu’à Nairobi, la capitale du Kenya qui partage, avec l’Éthiopie, une frontière de 861 km de long.

Dans une déclaration publiée le 3 novembre, le porte-parole de la police kenyane, Bruno Shioso, a d’ailleurs déclaré que le pays avait « renforcé la sécurité et la vigilance le long des frontières kenyanes et dans d’autres zones critiques » et demandé à ses citoyens de signaler « les cas suspects d’étrangers sans papiers ».

LA CHUTE POTENTIELLE D’ABIY SIGNIFIERAIT PROBABLEMENT LA FIN DE L’ACCORD DE PAIX PASSÉ AVEC L’ÉRYTHRÉE

La guerre en Éthiopie pourrait également avoir d’autres répercussions régionales. La chute potentielle d’Abiy signifierait très probablement la fin du jeune accord de paix passé avec l’Érythrée. Il pourrait également modifier les relations avec Mogadiscio, où le président Mohamed Abdullahi Mohamed « Farmaajo » est confronté à de multiples crises. Ces derniers mois, le président somalien a travaillé en étroite collaboration avec Addis-Abeba et Asmara, y compris au Tigré, espérant sans doute diminuer la dépendance de son pays vis-à-vis de Nairobi.

L’administration d’Abiy Ahmed a jusqu’à présent résisté aux pressions de la communauté internationale et aux appels au dialogue. Le Premier ministre éthiopien pourrait-il assouplir ses positions ? L’envoyé spécial des États-Unis pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, est arrivé à Addis-Abeba, le 4 novembre, pour plaider en faveur d’un cessez-le-feu, mais ses chances de succès sont faibles.

Avec Jeune Afrique par Morris Kiruga – The Africa Report

Ethiopie: combats entre armée et rebelles tigréens autour d’un carrefour stratégique

novembre 1, 2021
Ethiopie: combats entre armee et rebelles tigreens autour d'un carrefour strategique
Ethiopie: combats entre armée et rebelles tigréens autour d’un carrefour stratégique© AFP/Archives/Amanuel Sileshi

Les combats font rage entre forces éthiopiennes et rebelles tigréens autour de la ville de Kombolcha, ont raconté lundi des habitants, au lendemain de l’annonce par les rebelles de la prise de ce carrefour stratégique du nord de l’Ethiopie.

Les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont affirmé dimanche s’être emparés de Kombolcha après avoir revendiqué la veille la prise de la ville voisine de Dessie, deux affirmations démenties par le gouvernement.

Ces villes de la région de l’Amhara, au sud du Tigré, sont situées à un carrefour routier stratégique à environ 400 kilomètres au nord de la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Si leur prise se confirmait, elle marquerait une nouvelle étape majeure dans ce conflit qui dure depuis un an.

Les communications sont coupées dans une grande partie du nord de l’Ethiopie et l’accès des journalistes est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des informations données par les deux parties.

Lundi, des habitants de Kombolcha joints par l’AFP ont raconté avoir entendu des coups de feu sans interruption jusqu’au petit matin, certains évoquant également une frappe aérienne.

« La nuit a été marquée par de nombreux coups de feu », a déclaré Mohammed qui a refusé de donner son nom de famille pour des raisons de sécurité. « J’ai entendu une frappe aérienne après minuit à l’extérieur de Kombolcha », a-t-il ajouté.

Hamdiu, un commerçant, a lui aussi déclaré avoir entendu ce qui ressemblait à une frappe aérienne vers minuit, en plus « d’énormes coups de feu (…) jusqu’à ce matin ».

Une porte-parole du gouvernement a démenti, assurant à l’AFP qu' »il n’y a pas eu de frappe aérienne sur Kombolcha durant la nuit ».

Les autorités éthiopiennes ont accusé le TPLF d’avoir « exécuté sommairement plus de 100 jeunes habitants de Kombolcha », sans fournir de détail. Le TPLF n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Les Etats-Unis « alarmés »

L’AFP n’a pu joindre des habitants de Dessie, où des combats ont été rapportés dimanche.

Le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken s’est dit « alarmé » par la situation, appelant sur Twitter à un arrêt des combats et à « des négociations de cessez-le-feu sans conditions préalables ».

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a également exhorté les belligérants à cesser les combats, « à lever le blocus de l’aide humanitaire et s’abstenir de tout discours de haine ». Il a dit souhaiter des négociations sous l’égide du Haut représentant de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, Olusegun Obasanjo.

Débuté en novembre 2020, le conflit au Tigré connaît un spectaculaire revirement de situation ces derniers mois.

Le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avait proclamé la victoire le 28 novembre, après avoir envoyé l’armée au Tigré pour destituer les autorités régionales dissidentes, issues du TPLF.

Mais les rebelles ont repris l’essentiel de la région en juin, forçant les troupes gouvernementales à se retirer largement. Ils ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar.

Le porte-parole du TPLF Getachew Reda – qui a menacé en juillet de « marcher sur Addis Abeba (…) pour défendre le Tigré » – a déclaré que le TPLF n’avait « d’autre motivation que de briser le siège meurtrier » sur la région, en proie à une grave crise humanitaire.

Le conflit a poussé 400.000 personnes au bord de la famine au Tigré, selon l’ONU.

La propagation des combats en Afar et Amhara a également déplacé des centaines de milliers de personnes. En septembre, les autorités amhara estimaient qu’au moins 233.000 civils avaient trouvé refuge à Dessie et Kombolcha.

« Mourir pour l’Ethiopie »

Abiy Ahmed a exhorté dimanche les Éthiopiens à utiliser « n »importe quelle arme (…) pour bloquer le TPLF destructeur, le renverser et l’enterrer ».

« Mourir pour l’Éthiopie est un devoir pour nous tous », a-t-il déclaré sur Facebook.

L’administration amhara a, elle, publié un décret ordonnant à toutes les institutions de suspendre leurs services réguliers et de consacrer leurs budgets et leur énergie à « la campagne de survie ».

L’Armée de libération oromo (OLA), groupe rebelle de l’ethnie oromo avec qui le TPLF a fait alliance en août, a dans le même temps annoncé que ses combattants étaient entrés à Kemise et Senbete, villes situées au sud de Kombolcha sur l’autoroute A2 menant à Addis Abeba. Senbete est située à 260 kilomètres d’Addis.

Avec Le Point avec AFP

Yémen: 67 morts dans des combats autour de la ville stratégique de Marib

septembre 27, 2021

Des affrontements au Yémen ont fait 67 morts au cours des 24 dernières heures parmi les rebelles Houthis et les soldats pro-gouvernement dans la bataille pour Marib, dernier bastion loyaliste dans le nord du pays en guerre, selon des sources militaires et médicales.

Les forces loyales aux rebelles houthis du Yémen portent les cercueils des combattants tués lors de combats avec les troupes gouvernementales soutenues par les Saoudiens dans la région de Marib, lors de funérailles de masse à la mosquée al-Saleh de la capitale Sanaa, le 27 septembre 2021

© MOHAMMED HUWAIS Les forces loyales aux rebelles houthis du Yémen portent les cercueils des combattants tués lors de combats avec les troupes gouvernementales soutenues par les Saoudiens dans la région de Marib, lors de funérailles de masse à la mosquée al-Saleh de la capitale Sanaa, le 27 septembre 2021

Localisation de la province de Marib, au Yémen

© Sophie RAMIS Localisation de la province de Marib, au Yémen

« Cinquante-huit rebelles et neuf soldats gouvernementaux ont été tués dans des combats et par des frappes aériennes dans les provinces de Marib et Chabwa (près de Marib) », ont indiqué les sources militaires à l’AFP, un bilan confirmé par des sources médicales.

Des Yéménites scandent des slogans lors de manifestations appelant à la destitution du gouvernement de coalition soutenu par l'Arabie saoudite et contre la détérioration des conditions économiques et de vie, à Taez, le 27 septembre 2021

© AHMAD AL-BASHA Des Yéménites scandent des slogans lors de manifestations appelant à la destitution du gouvernement de coalition soutenu par l’Arabie saoudite et contre la détérioration des conditions économiques et de vie, à Taez, le 27 septembre 2021

Plus de 20 raids contre les rebelles ont été menés par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite et qui appuie les forces loyalistes depuis 2015, selon des sources gouvernementales.

Les rebelles, proches de l’Iran, contrôlent déjà une large partie du nord du Yémen, notamment la capitale Sanaa prise en 2014. Les Houthis font rarement état de bilan de victimes dans les combats.

Les combats autour de Marib se sont intensifiés ces derniers jours faisant des dizaines de morts, sur fond d’impasse diplomatique pour un cessez-le-feu. Environ 400 combattants des deux camps ont péri en septembre. 

Depuis février, les rebelles tentent de prendre le contrôle de cette province riche en pétrole, située à environ 120 kilomètres de la capitale Sanaa, et qui constitue le principal maillon manquant pour le pouvoir dans le nord du pays.

La perte de Marib serait un échec cuisant pour le gouvernement et l’Arabie saoudite qui le soutient. En quelques mois, les Houthis ont pourtant bien réalisé des percées vers Marib sur différents fronts, se rapprochant progressivement de la ville.

– Vains efforts diplomatiques –

La bataille de Marib a accentué le conflit au Yémen, où sévit le pire désastre humanitaire au monde selon l’ONU, qui met en garde contre un risque de famine à grande échelle. Quelque 80% des 30 millions d’habitants dépendent d’une aide humanitaire qui manque de financement.

Un Yéménite assiste aux manifestations à Taez appelant à la destitution du gouvernement de coalition soutenu par l'Arabie saoudite en raison de la détérioration des conditions économiques et de vie, le 27 septembre 2021

© AHMAD AL-BASHA Un Yéménite assiste aux manifestations à Taez appelant à la destitution du gouvernement de coalition soutenu par l’Arabie saoudite en raison de la détérioration des conditions économiques et de vie, le 27 septembre 2021

Les organisations internationales estiment que la guerre a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés internes.

Alors que l’ONU et Washington poussent à la fin de la guerre, les Houthis ont notamment exigé la réouverture de l’aéroport de Sanaa, sous blocus saoudien depuis 2016, avant tout cessez-le-feu ou négociations.

Les efforts de l’ONU ces dernières années pour faire cesser les combats ont été vains. En juin, l’ancien émissaire de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths, avait dressé un constat d’échec au terme d’une mission de trois ans.

Son successeur, le diplomate suédois Hans Grundberg, a appelé à une « une paix durable ».

« Il est impératif que tous les efforts soient déployés de façon à relancer un processus politique qui peut engendrer des solutions durables répondant aux attentes des femmes et hommes yéménites », a-t-il ajouté dans un communiqué. 

Marib abrite plus de deux millions de déplacés répartis dans 139 camps, un refuge menacé par l’offensive des Houthis.

Avec AFP par faw-dm/aem/bfi

Afghanistan: combats dans le Panchir, l’annonce du gouvernement taliban encore différée

septembre 4, 2021
Afghanistan: combats dans le Panchir, l'annonce du gouvernement taliban encore differee
Afghanistan: combats dans le Panchir, l’annonce du gouvernement taliban encore différée© AFP/WAKIL KOHSA

Les talibans ont à nouveau différé samedi l’annonce de leur gouvernement dont la composition pourrait donner le ton des années à venir en Afghanistan, où le nouveau régime reste confronté à une poche de résistance armée dans la vallée du Panchir.

Près de trois semaines après le retour au pouvoir du mouvement islamiste, la fumée blanche se fait toujours attendre à Kaboul, où la population reste dans l’expectative, tout comme la communauté internationale.

Deux sources talibanes ont prévenu l’AFP qu’il n’y aurait aucune annonce faite samedi sur le futur gouvernement.

La situation dans le Panchir, l’un des derniers foyers d’opposition armée au nouveau régime, pourrait expliquer le retard pris pour présenter le nouvel exécutif, initialement pressenti pour être dévoilé vendredi.

Bastion antitaliban de longue date, cette vallée, enclavée et difficile d’accès, située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est le théâtre depuis lundi et le départ des dernières troupes américaines du pays de combats entre les forces talibanes et le Front national de résistance (FNR).

A Kaboul vendredi soir, des rafales ont été tirées pour célébrer une victoire talibane dans le Panchir que des rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, disaient acquise. Mais les talibans n’ont fait aucune annonce officielle et un habitant du Panchir a affirmé à l’AFP par téléphone que ces annonces étaient fausses.

« La résistance continue »

Selon les services d’urgence de la capitale, deux personnes ont été tuées et 20 autres blessées dans ces tirs de joie.

Réfugié dans la vallée du Panchir, l’ancien vice-président Amrullah Saleh a évoqué une « situation très difficile » dans un message vidéo diffusé vendredi soir, tout en assurant que la « résistance continu(ait) et continue(rait) ».

Selon Ahmad Massoud, qui mène la résistance dans la vallée, les talibans ont « choisi le chemin de la guerre ».

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans se sont efforcés de montrer un visage modéré et ont multiplié les gestes d’ouverture.

Ils ont notamment promis un gouvernement « inclusif » et noué des contacts ces dernières semaines avec des personnalités afghanes qui leur sont opposées.

Mais rien n’a filtré à ce stade sur leurs véritables intentions, ni sur la place qu’ils entendent accorder à des représentants de l’opposition ou des minorités. La composition de leur exécutif fera donc figure de test sur leur réelle volonté de changement.

Plusieurs pays ont répété vendredi que le nouveau régime serait jugé sur ses actes.

« Réellement inclusif »

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, qui sera de lundi à mercredi au Qatar, a espéré que le gouvernement mis en place par les talibans serait « réellement inclusif », avec « des non-talibans qui seraient « représentatifs des différentes communautés et des différents intérêts en Afghanistan ».

Le chef du renseignement militaire pakistanais, Faiz Hameed, a été vu samedi à Kaboul, où il devrait probablement rencontrer des hauts responsables talibans, avec qui Islamabad entretient des liens étroits.

Très attendus sur la question du droit des femmes – la communauté internationale gardant en mémoire la brutalité à leur égard lors du premier régime taliban (1996-2001)-, les nouveaux maîtres du pays ont assuré que ces droits seraient respectés.

Mais ils ont dans le même temps laissé entendre qu’il pourrait n’y avoir aucune femme ministre, leur présence relevant plutôt des échelons inférieurs. Après une première manifestation de militantes jeudi à Hérat (ouest), des dizaines d’autres ont battu le pavé samedi à Kaboul.

Présents sur place, des combattants talibans ont tenté de disperser le rassemblement et d’empêcher les personnes sur les lieux de filmer la scène avec leur téléphone portable, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Au-delà des questions sécuritaires, qu’elles soient liées à la vallée du Panchir ou à la menace de la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique, l’urgence pour le nouveau régime sera avant tout économique.

Ravagée par quatre décennies de conflit, l’économie afghane est en lambeaux, privée d’une aide internationale dont elle dépend et qui a été largement gelée.

« L’Afghanistan fait face à une catastrophe humanitaire imminente », a prévenu vendredi l’ONU, qui tiendra le 13 septembre à Genève (Suisse) une réunion entre Etats membres afin d’accroître l’aide humanitaire au pays.

Le Qatar a annoncé de son côté avoir acheminé samedi en Afghanistan 15 tonnes d’aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre « dans les jours qui viennent ».

Des « vols internationaux » seront « bientôt opérés », a assuré à la chaîne d’informations Al-Jazeera l’ambassadeur du Qatar en Afghanistan, Saeed bin Mubarak Al-Khayarin. Le radar, la tour de contrôle et le tarmac ont été réparés et la sécurité est assurée dans et autour de l’aéroport de Kaboul, a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP

Afghanistan: Dans le Panchir, les talibans appellent à baisser les armes après de premiers combats

septembre 1, 2021

Deux jours après le retrait américain d’Afghanistan, les talibans ont appelé mercredi les combattants de la vallée du Panchir, l’une des dernières poches de résistance au nouveau régime, à baisser les armes pour éviter une guerre sanglante, après de premiers combats.

Des combattants anti-talibans s'entraînent dans la province du Panchir, le 30 août 2021

© Ahmad SAHEL ARMAN Des combattants anti-talibans s’entraînent dans la province du Panchir, le 30 août 2021

Des combattants anti-talibans montent la garde sur une route à Rah-e Tang, dans la vallée du Panchir, le 29 août 2021

© Ahmad SAHEL ARMAN Des combattants anti-talibans montent la garde sur une route à Rah-e Tang, dans la vallée du Panchir, le 29 août 2021

« Mes frères, nous avons fait de notre mieux pour résoudre le problème du Panchir via des pourparlers et des négociations, en vain malheureusement », a déclaré un haut responsable taliban, Amir Khan Muttaqi, dans un message audio adressé aux habitants de la vallée et publié sur Twitter.

Des combattants anti-talibans rassemblés dans le district de Khenj, dans la vallée du Panchir, le 31 août 2021

© AHMAD SAHEL ARMAN Des combattants anti-talibans rassemblés dans le district de Khenj, dans la vallée du Panchir, le 31 août 2021

« Maintenant que les pourparlers ont échoué et que les moudjahidines (talibans) ont encerclé le Panchir, il reste des gens à l’intérieur (de la vallée) qui ne veulent pas que les problèmes soient résolus de manière pacifique », a-t-il ajouté. « C’est à vous qu’il revient de leur parler. A ceux qui veulent se battre, dites-leur que cela suffit ».

Bastion anti-taliban de longue date, le Panchir est une vallée enclavée et difficile d’accès, située au cœur des montagnes de l’Hindou Kouch, dont l’extrémité Sud se trouve à environ 80 kilomètres au nord de la capitale Kaboul. 

La résistance sur place y est organisée autour du Front national de résistance (FNR), emmené par Ahmad Massoud, fils du commandant Ahmed Shah Massoud assassiné en 2001 par Al-Qaïda. Amrullah Saleh, vice-président du gouvernement déchu, s’y est également réfugié.

Composée de combattants de milices antitalibans et d’anciens membres des forces de sécurité afghanes, elle a juré de résister à toute offensive des nouveaux maîtres du pays tout en laissant dans le même temps ouverte la porte à des négociations si le mouvement islamiste mettait un terme à ses offensives.

 Les forces du mouvement de résistance afghan et du soulèvement anti-taliban s'entraînent dans la vallée du Panchir, dernier bastion des combattants anti-talibans depuis que le groupe a pris le contrôle de l'Afghanistan.

© Fournis par AFP Les forces du mouvement de résistance afghan et du soulèvement anti-taliban s’entraînent dans la vallée du Panchir, dernier bastion des combattants anti-talibans depuis que le groupe a pris le contrôle de l’Afghanistan.

– Plusieurs fronts –

Mais la quête d’un accord semble avoir fait long feu. Lundi soir, au moment où le dernier avion militaire américain s’apprêtait à décoller de Kaboul, une nouvelle offensive talibane a été menée contre la vallée du Panchir, selon des membres de la résistance et des habitants de la région. 

« Peut-être voulaient-ils tenter leur chance en attaquant le Panchir. Par la grâce de Dieu, la chance n’était pas de leur côté (…). Nos compatriotes n’ont pas à s’inquiéter », a déclaré Fahim Dashti, un membre du FNR, dans une vidéo diffusée mardi par le service en langue dari de Voice of America.Carte du relief de l'Afghanistan, localisant la vallée du Panchir

© David LORY Carte du relief de l’Afghanistan, localisant la vallée du Panchir

Selon lui, sept ou huit talibans ont été tués dans les combats, ainsi qu’un ou deux combattants dans les rangs du FNR.

Les talibans n’ont fait aucun commentaire sur cette attaque, qui selon des habitants, a été menée sur plusieurs fronts, notamment depuis le col de Khawak à l’ouest et depuis le sud.

« Nous sommes prêts à nous défendre jusqu’à la dernière goutte de sang », a déclaré à l’AFP un habitant, qui a requis l’anonymat. « Tout le monde a une arme sur l’épaule, prête à tirer », affirme un autre. « Du plus jeune au plus âgé, ils parlent tous de résistance. »

Une autre offensive aurait également été menée mardi soir, selon Bismillah Mohammadi, ex-ministre de la Défense. Au total, 34 talibans ont été tués et 65 autres blessés, a-t-il affirmé mercredi sur Twitter.

– « Nous voulons la paix » –

Ces dernières semaines, les talibans avaient envoyé des centaines d’hommes dans les zones entourant le Panchir tout en faisant savoir qu’ils préféraient négocier plutôt que de combattre.

Le FNR avait, lui, indiqué qu’il était prêt à résister à toute agression des talibans, mais aussi à négocier avec ces derniers sur la formation d’un gouvernement inclusif. 

« Notre message aux talibans c’est que nous voulons la paix », a réaffirmé mercredi un combattant de la résistance. Mais « s’ils n’acceptent pas la paix et entrent par la force, alors le champ de bataille sera là pour les accueillir. »

Lundi, les combattants du Panchir avaient participé à un exercice militaire grandeur nature, une démonstration de force photographiée par l’AFP. On pouvait notamment les voir porter sur leurs épaules de larges bûches dans des rivières glacées. 

Au-dessus de leurs véhicules blindés et de leurs bases flottait le drapeau national de l’Afghanistan. Comme un geste de défi au drapeau des talibans maintenant hissé partout dans le reste du pays. 

Avec AFP par burs-pjm/mep/jf/lch

Afghanistan: les talibans arrivés tout près de Kaboul

août 13, 2021
Afghanistan: les talibans arrives tout pres de Kaboul
Afghanistan: les talibans arrivés tout près de Kaboul© AFP/-

Les talibans étaient presque arrivés aux portes de Kaboul vendredi, continuant leur implacable progression en Afghanistan, d’où les États-Unis et le Royaume-Uni vont évacuer en catastrophe leurs ressortissants et diplomates.

Les insurgés se sont emparés vendredi de la ville de Pul-e-Alam, capitale de la province du Logar, située à seulement 50 kilomètres au sud de Kaboul, et contrôlent désormais près de la moitié des capitales provinciales afghanes, toutes tombées en seulement huit jours.

Ils avaient pris auparavant Lashkar Gah, capitale de la province du Helmand, dans le sud du pays, quelques heures après avoir fait tomber Kandahar, la deuxième ville d’Afghanistan, située 150 km plus à l’est.

« Lashkar Gah a été évacuée. Ils ont décidé d’un cessez-le-feu de 48 heures pour évacuer » l’armée et les responsables civils, a déclaré à l’AFP un haut responsable de la sécurité.

Les talibans ont aussi pris sans résistance vendredi Chaghcharan (centre), capitale de la province de Ghor.

L’essentiel du nord, de l’ouest et du sud de l’Afghanistan est maintenant sous leur coupe. Kaboul, la capitale du pays, Mazar-i-Sharif, la grande ville du nord, et Jalalabad (est) sont les trois seules grandes villes encore sous le contrôle du gouvernement.

Ismail Khan, 75 ans, un des seigneurs de guerre les plus connus d’Afghanistan, s’est rendu aux talibans, après la chute jeudi d’Hérat (ouest), la troisième ville du pays, dont il était le maître incontesté depuis des décennies. Les insurgés ont promis d’assurer sa sécurité.

A Lashkar Gah, dans une province traditionnellement acquise aux talibans, ceux-ci ont été bien accueillis et le calme est rapidement revenu, après plusieurs jours de violents affrontements, selon un habitant, Abdul Halim.

Pas de réengagement militaire

« La majeure partie de la ville est en ruines à cause des combats et il n’y a pas assez de nourriture sur le marché. Ça a encore l’air d’une ville occupée, a-t-il cependant confié à l’AFP.

Les talibans ont lancé leur offensive en mai, quand le président américain, Joe Biden, a confirmé le départ des dernières troupes étrangères du pays, 20 ans après leur intervention pour en chasser les talibans du pouvoir en raison de leur refus de livrer Oussama ben Laden, le chef d’Al-Qaïda, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Ce retrait doit être achevé d’ici le 31 août. Joe Biden a depuis affirmé ne pas regretter sa décision, même si la rapidité avec laquelle l’armée afghane s’est désintégrée devant l’avancée des talibans a surpris et déçu les Américains, qui ont dépensé plus de 1.000 milliards de dollars en 20 ans pour la former et l’équiper.

En raison de l’accélération des événements, Washington a annoncé dans la nuit avoir décidé de « réduire encore davantage » sa « présence diplomatique » à Kaboul.

Pour mener à bien cette évacuation de diplomates américains, le Pentagone va déployer 3.000 soldats à l’aéroport international de la capitale, qui rejoindront les 650 militaires américains encore présents en Afghanistan, a précisé son porte-parole, John Kirby.

Quelque 3.500 autres militaires seront positionnés au Koweït pour pouvoir être envoyés en renfort en cas de détérioration de la situation à Kaboul.

Washington a bien précisé qu’il ne s’agissait « pas d’un réengagement militaire dans le conflit ».

Londres a parallèlement annoncé le redéploiement de 600 militaires pour aider les ressortissants britanniques à partir.

Le Premier ministre Boris Johnson a convoqué pour vendredi une réunion de crise consacrée à l’Afghanistan tandis que l’Allemagne annonçait elle aussi qu’elle allait réduire son personnel diplomatique « au minimum absolu ».

Dans la foulée de l’annonce américaine, les pays de l’Otan devaient se réunir en urgence vendredi. « L’évacuation » du pays sera au coeur des discussions, a précisé un responsable de l’Alliance à Bruxelles.

Ces évacuations interviennent alors que les rebelles restent sourds aux efforts diplomatiques des États-Unis et de la communauté internationale.

Pas enclins au compromis

Trois jours de réunions internationales à Doha, au Qatar, se sont achevés jeudi sans avancée significative. Dans une déclaration commune, les États-Unis, le Pakistan, l’Union européenne et la Chine ont affirmé qu’ils ne reconnaîtraient aucun gouvernement en Afghanistan « imposé par la force ».

Les talibans risquent de n’être nullement enclins au compromis, alors que les autorités leur ont proposé jeudi en catastrophe « de partager le pouvoir en échange d’un arrêt de la violence », selon un négociateur gouvernemental aux pourparlers de Doha, qui a requis l’anonymat.

Le président afghan, Ashraf Ghani, avait toujours rejeté jusqu’ici les appels à la formation d’un gouvernement provisoire non élu comprenant les talibans. Mais son revirement risque d’être bien tardif.

A Washington, le président Biden se retrouve sous la pression de l’opposition, alors que l’évacuation programmée du personnel diplomatique ravive le douloureux souvenir de la chute de Saigon, au Vietnam, en 1975.

« L’Afghanistan fonce vers un immense désastre, prévisible et qui aurait pu être évité », a fustigé jeudi le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell.

Des alliés aussi dénoncent la signature en février 2020 à Doha par l’ex-président américain, Donald Trump, de l’accord avec les talibans qui a mené au départ des troupes étrangères, qu’ils jugent précipité.

« Je pensais que ce n’était pas la bonne décision ni le bon moment et, bien entendu, Al-Qaïda reviendra probablement » en Afghanistan, a regretté vendredi le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace.

La progression des talibans a un coût humain élevé. Au moins 183 civils ont été tués et 1.181 blessés, dont des enfants, en un mois à Lashkar Gah, Kandahar, Hérat et Kunduz, selon l’ONU.

Quelque 250.000 personnes ont été déplacées par le conflit depuis la fin mai – 400.000 cette année -, dont 80 % sont des femmes et des enfants, toujours selon l’ONU.

Nombre de civils ont ainsi afflué ces dernières semaines à Kaboul, où une grave crise humanitaire menace. Ils tentent désormais de survivre dans des parcs ou sur des terrains vagues, dans le dénuement le plus complet.

Par Le Point avec AFP

Libye: reprise des combats au sud de la capitale

septembre 18, 2018

Tripoli – Les combats entre milices rivales ont repris mardi au sud de la capitale libyenne Tripoli, provoquant une coupure générale d’électricité sur l’ouest et le sud du pays, selon la Compagnie nationale d’électricité.

Malgré un accord de cessez-le-feu conclu le 4 septembre sous l’égide de l’ONU, les affrontements ont repris en matinée, notamment sur la route de l’aéroport international de Tripoli, détruit en 2014 par des combats similaires, selon des témoins et un journaliste de l’AFP.

La Compagnie nationale d’électricité a elle déploré des dégâts sur son réseau de distribution, dus aux combats, qui ont provoqué une coupure généralisée sur les régions ouest et sud du pays.

Elle a précisé ultérieurement, dans un communiqué, avoir commencé à rétablir « progressivement » l’alimentation, « malgré des conditions de travail difficiles ».

La Libye fait déjà face à une pénurie d’électricité et la population souffre d’un rationnement de l’approvisionnement électrique.

S’agissant des récents combats enregistrés près de la capitale, l’émissaire de l’ONU en Libye Ghassan Salamé avait fait état la semaine dernière de 14 violations de la trêve observées par son organisation.

Il avait toutefois souligné que le cessez-le-feu était « globalement respecté », après les affrontements ayant coûté la vie à au moins 63 personnes fin août-début septembre.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, Tripoli est sous la coupe de milices en quête d’argent et de pouvoir. Elles se livrent à une lutte acharnée pour la domination de la capitale.

Le gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, a récemment annoncé une série de mesures en vue de sécuriser Tripoli et déloger les milices des institutions de l’Etat et des banques.

Lundi, le ministre de l’Intérieur du GNA, Abdessalam Achour, a annoncé qu’une « force régulière » allait être chargée de sécuriser le seul aéroport encore opérationnel dans la capitale libyenne, fermé depuis plusieurs jours en raison de violences.

L’aéroport de Mitiga est situé dans une ancienne base de l’armée qui comprend également une prison et des entrepôts militaires. Le tout est contrôlé par la « Force de dissuasion », un groupe salafiste qui fait office de police à Tripoli et est impliqué dans les combats au sud de la capitale.

Mercredi dernier, des roquettes se sont abattues dans le périmètre de l’aéroport et les vols ont été suspendus depuis.

L’aéroport avait déjà été fermé du 31 août au 6 septembre en raison de combats entre groupes armés rivaux.

Il avait rouvert après la signature de l’accord de cessez-le-feu, lequel reste très fragile dans la mesure où les différents groupes rivaux tiennent toujours leurs positions sur les lignes de front.

Romandie.com avec(©AFP / 18 septembre 2018 12h50)                                                        

Colombie: le dissident des Farc le plus recherché blessé dans des combats

septembre 15, 2018

Bogota – Walther Arizala, alias « Guacho », le dissident de l’ancienne guérilla des Farc le plus recherché par la Colombie et l’Equateur, a été blessé samedi dans un affrontement avec l’armée colombienne à la frontière des deux pays, a annoncé le président Ivan Duque.

« On nous informe que +Guacho+ a été blessé ce matin et les forces de l’ordre sont en ce moment en train d’encercler la zone où il a été touché pour pouvoir le trouver », a déclaré le chef de l’Etat colombien lors d’une cérémonie en public.

Lors de cet accrochage, cet ex-guérillero « a été blessé par deux impacts de balles », a annoncé de son côté le président équatorien Lenin Moreno sur son compte Twitter.

« C’est une bonne nouvelle pour le pays. Il n’y aura pas d’impunité », s’est-il félicité.

Un soldat colombien a été tué au cours de cette opération, a déclaré à l’AFP une source au sein de l’armée.

Ex-guérillero des Farc ayant rejeté l’accord de paix signé fin 2016 à la suite duquel la plus ancienne rébellion des Amériques a déposé les armes et s’est transformée en parti politique, « Guacho » est depuis devenu le bras armé du cartel mexicain de Sinaloa, selon les autorités.

Il est accusé de l’enlèvement et du meurtre d’une équipe de presse équatorienne fin mars et de l’enlèvement, en avril, d’un couple d’Equatoriens assassinés en captivité par les dissidents.

Dans la foulée, la Colombie et l’Equateur avaient lancé une intense chasse à l’homme, des deux côtés de la frontière, contre le groupe dissident de « Guacho ».

Sans commandement unifié, les rebelles dissidents opèrent dans des zones isolées de Colombie où ils se disputent les revenus générés par le narcotrafic et les mines illégales. Selon les renseignements militaires, ils compteraient quelque 1.200 combattants.

Romandie.com avec(©AFP / 15 septembre 2018 21h19)

Libye: au moins 27 morts en trois jours de combats près de Tripoli

août 30, 2018

Tripoli – Au moins 27 personnes ont été tuées et une centaine d’autres blessées, dont la plupart des civils, en trois jours de combats entre milices rivales au sud de la capitale libyenne Tripoli, selon un nouveau bilan jeudi du ministère de la Santé.

Les combats avaient éclaté lundi dans les banlieues sud de la capitale et se sont poursuivis jusqu’à mercredi soir malgré une trêve annoncée mardi qui n’a pas été respectée.

Les affrontements marquaient une pause jeudi après un accord de cessez-le-feu annoncé par des dignitaires des villes de l’ouest du pays, mais il n’était pas clair si les deux camps rivaux allaient continuer à le respecter.

Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale, a chargé des forces des régions ouest et du centre du pays de veiller au respect du cessez-le-feu.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la capitale libyenne est au coeur d’une lutte d’influence entre milices en quête d’argent et de pouvoir.

Romandie.com avec(©AFP / 30 août 2018 14h02)                                                        

RDC: un soldat tué dans des combats entre l’armée et des rebelles ougandais près de Beni

juillet 7, 2018

Goma (RD Congo) – Un militaire a été tué et un civil blessé dans des affrontements entre l’armée congolaise et des rebelles ougandais de Forces démocratiques alliées (ADF) en cours périphérie de Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo.

« Le bilan provisoire est d’un militaire congolais tué et un civil blessé », selon le capitaine Mak Hazukay, porte-parole de l’armée dans cette région.

« Des combats se poursuivent en profondeur, l’ennemi a fui et nous le pourchassons », a ajouté l’officier. Dans l’après-midi, les détonations sont entendues loin de la périphérie de Beni, selon des habitants contactés par l’AFP.

« Les ADF ont attaqué nos positions dans un quartier périphérique de Beni-ville dans la nuit de vendredi à samedi. Présentement, nous les avons repoussés mais les opérations sont toujours en cours », a précisé le porte-parole.

« Mon voisin est touché par une balle perdue. Les combats sont violents avec des détonations au quartier Bel air » dans la périphérie de Beni, a témoigné Paul Sabuni, un habitant interrogé par l’AFP.

« Depuis, le quartier s’est vidé de ses habitants », a poursuivi cet enseignant de 39 ans.

Les derniers affrontements entre l’armée congolaise et des ADF remontent à fin mai, ayant fait cinq morts parmi les militaires congolais et quatorze rebelles ougandais tués.

Une relative accalmie avait été enregistrée pendant le mois de juin.

Créés en 1989 pour défendre les droits de musulmans s’estimant bafoués par le régime de Kampala, les membres des ADF ont été progressivement repoussés vers l’ouest par l’armée ougandaise et ils se sont installées dans l’est de la RDC, une région riche en ressources naturelles et en proie à de nombreux conflits armés. Ils constituent un groupe mystérieux dont les membres sont repliés sur eux-mêmes.

Ils sont accusés par les autorités congolaises et la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) d’avoir tué plusieurs centaines de civils depuis 2014 dans la région de Beni.

Cette version a été remise en cause en 2015 par le Groupe d’études sur le Congo de l’Université de New York, selon lequel les responsabilités sont partagées entre les ADF et d’autres éléments armés, dont des membres de l’armée congolaise.

Les ADF sont également accusées de la mort de quinze Casques bleus tanzaniens dans la région de Beni en décembre 2017.

Romandie.com avec(©AFP / 07 juillet 2018 14h12)