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Soldats russes et ukrainiens s’affrontent dans les rues de Sievierodonetsk

mai 30, 2022

L’armée ukrainienne affirme avoir lancé une contre-offensive dans la région de Kherson, aux mains des troupes russes depuis le début du conflit.

Un soldat ukrainien marche près d'une usine détruite.

L’étau russe se resserrait sur Sievierodonetsk depuis plusieurs jours. Photo : AP/Francsico Seco

La guerre en Ukraine se déroule sur deux fronts lundi, l’armée ukrainienne subissant les assauts des troupes russes à Sievierodonetsk, son dernier bastion dans la région de Louhansk, dans l’est, tout en menant une contre-attaque dans la région de Kherson, dans le sud.

À Sievierodonetsk, l’armée russe est entrée dans la ville, a confirmé le gouverneur de Louhansk, Serguiï Gaïdaï, qui fait état non seulement de bombardements aériens, mais aussi de combats de rue. Les derniers bombardements sur la ville ont tué deux civils et en ont blessé cinq autres, a dit M. Gaïdaï.

Dans un message subséquent sur Telegram, le gouverneur a annoncé que des opérations d’évacuation de civils qui étaient en cours en matinée ont été interrompues après qu’un convoi eut été touché par des tirs russes. Un journaliste français qui s’y trouvait a été tué, a annoncé M. Gaïdaï.

Le président français Emmanuel Macron a confirmé peu après que la victime est Frédéric Leclerc-Imhoff, un vidéaste de la d’information en continu BFMTV. La cheffe de la diplomatie française Catherine Colonna a exigé […] une enquête transparente dans les meilleurs délais pour faire toute la lumière sur sa mort.

Sievierodonetsk est la dernière grande ville de la région de Louhansk qui échappe encore au contrôle des forces russes. Si elle tombe, ce qui paraît inévitable, la ville étant presque entièrement encerclée, la Russie pourra se concentrer sur la conquête des dernières portions de la région de Donetsk.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a répété à la chaîne de télévision française TF1 que la libération du Donbass, était la priorité absolue de Moscou, le Kremlin ayant reconnu fin février l’indépendance des républiques populaires de Louhansk et de Donetsk.

Depuis l’échec de ses offensives contre Kiev et Kharkiv, l’armée russe est revenue à sa tactique habituelle, déjà mise à l’œuvre en Tchétchénie ou en Syrie, consistant à écraser les villes ennemies sous un déluge de bombes et de tirs d’artillerie avant de lancer l’assaut, a souligné M. Gaïdaï.

Ils [les soldats russes] bombardent pendant plusieurs heures d’affilée, pendant trois, quatre, cinq heures, puis lancent l’assaut. Ceux qui attaquent se font tuer. Alors, ils recommencent à bombarder et attaquent à nouveau, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’ils réussissent une percée, a dit le gouverneur à la télévision ukrainienne.

Contre-offensive ukrainienne dans Kherson

L’armée ukrainienne a par ailleurs lancé en fin de semaine une contre-offensive dans la région de Kherson, dans le sud du pays. Avec des troupes provenant de la Crimée, l’armée russe s’en était rapidement emparée dans les premières semaines du conflit.

Dans son point de situation publié dans la nuit de dimanche à lundi, l’armée ukrainienne affirme avancer dans la région, du côté des villages d’Andriyivka, Lozove et Bilohirka.

Un bulletin ultérieur publié lundi matin ne donne pas de précision quant à Kherson, mais indique que les forces russes ont fait venir des forces spéciales à Mykolaïv, la ville voisine, dans le dessein de mener des actions offensives pour récupérer des positions perdues.

Aucun commentaire côté russe n’a été fait dans un premier temps concernant les affirmations de Kiev faisant état de la construction de lignes défensives par les troupes russes autour de Kherson.

Cette contre-offensive ukrainienne sur Kherson intervient alors que les nouvelles autorités de la ville, désignées par le Kremlin, ont d’ores et déjà exprimé le souhait d’être rattachées à la Russie, laquelle a annoncé qu’elle allait permettre aux habitants de demander un passeport russe via une « procédure simplifiée ».

Une voiture explose à Melitopol, en territoire conquis

Une voiture a explosé lundi matin à Melitopol, ont indiqué lundi les autorités prorusses de cette ville du sud de l’Ukraine occupée par les forces russes et le comité d’enquête russe, qui accusent Kiev d’être derrière cet attentat.

Vers 8 h du matin, une voiture piégée a explosé dans le centre de la ville, a écrit l’administration de la cité située dans la région de Zaporijia, près de la mer d’Azov.

Le comité d’enquête russe, puissant organe chargé des investigations des crimes les plus graves, a ensuite indiqué que trois personnes ont été blessées dans cette explosion organisée par des saboteurs ukrainiens et deux d’entre elles hospitalisées.

Le comité d’enquête de la Fédération de Russie identifiera les personnes impliquées dans ce crime afin de les traduire en justice, assure-t-il, bien qu’il s’agisse de faits en territoire ukrainien.

Les autorités prorusses d’occupation avaient précédemment rapporté que deux bénévoles qui apportaient de l’aide humanitaire âgés de 25 et 28 ans avaient été blessés.

C’est un acte terroriste cynique du régime de Kiev, un acte destiné à effrayer les habitants de notre ville, un acte dirigé contre les civils, a de son côté accusé la mairesse prorusse, Galina Daniltchenko, citée par l’agence russe Ria Novosti.

Melitopol a été conquise par les forces russes dans les premiers jours de l’offensive de Moscou en Ukraine. Son maire, Ivan Fedorov, a été enlevé par les Russes le 11 mars, avant d’être libéré quelques jours plus tard. Une administration prorusse a ensuite été installée dans la cité.

Le 23 mai, Andreï Chevtchik, le maire installé par Moscou d’Enerhodar, autre ville du sud de l’Ukraine accueillant la plus grande centrale nucléaire d’Europe, avait aussi été blessé dans une explosion avec deux de ses gardes du corps.

Selon le comité d’enquête russe, une bombe artisanale avait été placée dans une armoire électrique dans l’entrée d’un immeuble résidentiel. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait estimé qu’il s’agissait d’un attentat commis par des nationalistes ukrainiens.

Radio-Canada avec les informations de Reuters et Agence France-Presse

Des généraux russes auraient été tués grâce à l’aide américaine à l’Ukraine

mai 5, 2022
Un soldat ukrainien assis dans un char dans l'est de l'Ukraine.

« Les États-Unis fournissent des renseignements sur le champ de bataille pour aider les Ukrainiens à défendre leur pays », a déclaré à l’AFP Adrienne Watson, porte-parole du NSC, dans un courriel. Photo : Getty Images/AFP/Yasuyoshi Chiba

L’aide des Occidentaux à l’Ukraine empêche la Russie d’achever « rapidement » son offensive, a déclaré Moscou, au lendemain de la publication d’un article du New York Times révélant que des renseignements américains permettaient aux forces ukrainiennes de tuer des généraux russes.

Les autorités ukrainiennes affirment avoir tué 12 généraux russes depuis le début de la guerre, le 24 février. Les renseignements fournis par les États-Unis auraient permis de cibler une bonne partie de ces généraux, selon ce que de hauts responsables américains ont révélé au New York Times mercredi. Ils n’ont cependant pas voulu préciser le nombre exact et ont voulu garder l’anonymat, partageant des informations classées secrètes.

Selon ces hauts responsables, l’administration américaine fournit en temps réel des renseignements à l’Ukraine. Elle confirme certaines cibles identifiées par les Ukrainiens et leur en offre d’autres. Elle se concentre sur le mouvement des troupes et l’emplacement du quartier général de l’armée russe, qui déménage fréquemment.

Ce flux de renseignements exploitables a eu un effet significatif sur le champ de bataille et aurait même peu de précédents dans l’histoire, ont-ils confié.Deux soldats ukrainiens en position avec leurs armes.

Les troupes ukrainiennes combattent les Russes notamment dans l’est du pays. Photo : Getty Images/AFP/Yasuyoshi Chiba

Les responsables ukrainiens ont combiné ces informations géographiques avec leurs propres renseignements – dont des communications interceptées qui alertent l’armée ukrainienne de la présence d’officiers supérieurs russes – pour mener des frappes d’artillerie qui ont tué des officiers russes.

Les hauts responsables interrogés par le New York Times n’ont cependant pas voulu préciser comment les Américains obtiennent ces renseignements, craignant de mettre leurs méthodes en danger. Certaines d’entre elles sont toutefois connues, comme l’utilisation de satellites classifiés et commerciaux.

En plus des renseignements, les États-Unis ont fourni à l’Ukraine des milliards de dollars d’équipements militaires livrés aux forces ukrainiennes, dont des armes antichars, des munitions et, plus récemment, des pièces d’artillerie lourde, des hélicoptères et des drones. D’autres pays de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) fournissent également des renseignements et des armes aux Ukrainiens

Rester discret pour ne pas provoquer Poutine

Le porte-parole du Pentagone, John F. Kirby, a refusé de parler des détails de ces informations. Il a cependant reconnu que les États-Unis fournissent à l’Ukraine des informations qu’elle peut utiliser pour se défendre.

Rapidement après la publication de l’article du New York Times, le Conseil de sécurité nationale américain (NSC) a cependant qualifié d’irresponsable l’affirmation selon laquelle les États-Unis aident l’Ukraine à tuer des généraux russes.

Les États-Unis fournissent des renseignements sur le champ de bataille pour aider les Ukrainiens à défendre leur pays, a déclaré à l’AFPAgence France-Presse Adrienne Watson, porte-parole du NSC, dans un courriel.

« Nous ne fournissons pas de renseignements dans l’intention de tuer des généraux russes. »— Une citation de  Adrienne Watson, porte-parole du NSC

Le New York Times avait toutefois spécifié que l’administration américaine désirait rester discrète sur ce partage de renseignements, par crainte de provoquer le président russe, Vladimir Poutine, dans une escalade du conflit au-delà des frontières ukrainiennes.

Les États-Unis ont d’ailleurs tenu à préciser que plusieurs frappes ciblant des hauts placés russes sont réalisées sans renseignements américains. Plusieurs hauts responsables ont confirmé qu’ils n’avaient pas fourni l’information nécessaire pour les tirs visant le chef d’état-major russe, Valéri Guerassimov, dans l’est de l’Ukraine, durant le week-end. Les États-Unis ne se permettent pas d’offrir des renseignements sur les plus hauts dirigeants russes, ont assuré les responsables.Vladimir Poutine au centre, en costume et cravate, assis à une table lors d'une réunion. Sergueï Choïgou et Valéri Guerassimov en uniforme militaire.

Le président russe Vladimir Poutine, accompagné de son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou (à gauche), et de son chef d’état-major, Valéri Guerassimov (à droite). Photo: Getty Images/AFP/Mikhail Klimentyev

L’aide occidentale empêche la Russie d’achever rapidement son offensive

L’aide militaire et en matière de renseignements des Occidentaux à l’Ukraine empêche la Russie d’achever rapidement son offensive en Ukraine, a indiqué jeudi le Kremlin, assurant néanmoins que tous ses objectifs seront remplis.

Les États-Unis, le Royaume-Uni, l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord dans son ensemble partagent en permanence des données du renseignement avec les forces armées ukrainiennes. Conjuguées aux approvisionnements en armes […], ces actions ne permettent pas d’achever rapidement l’opération, a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, en réagissant à l’article du New York Times.

Ces actions occidentales ne sont toutefois pas en mesure d’empêcher que les objectifs de l’offensive russe en Ukraine soient atteints, a souligné le porte-parole du Kremlin.

Radio-Canada avec les informations de New York Times et Agence France-Presse

L’Ukraine dit avoir repris trois localités près de Kharkiv

avril 23, 2022
Des passants autour d'un trou profond au sol causé par un bombardement.

Trace visible des bombardements, vendredi, banlieue nord de Kharkiv. Photo: Getty Images/AFP/Sergey Bobok

L’Ukraine soutient avoir repris Bezrouki, Slatine et Proudïanka, trois localités situées près de Kharkiv, dans l’est, samedi. Deuxième plus grande ville du pays, Kharkiv est régulièrement frappée par l’artillerie russe.

Nos forces armées ukrainiennes ont réussi une contre-offensive lancée hier matin. Après de longs combats acharnés, nos unités ont délogé les troupes russes de Bezrouki, Slatine et Proudïanka, a déclaré sur Telegram Oleg Synegoubov, gouverneur de la région de Kharkiv.

Proudïanka, le village le plus au nord, se trouve à une quinzaine de kilomètres seulement de la frontière russe.

M. Synegoubov a également précisé que deux personnes avaient perdu la vie et que 19 autres avaient été blessés par les bombardements russes dans la région de Kharkiv au cours des dernières 24 heures.

Selon le porte-parole du ministère de la Défense ukrainien, Kharkiv reste partiellement bloquée par les forces russes, notamment présentes au nord-ouest et qui renforcent leurs positions au sud de la ville.

Selon la même source, les Russes ont poursuivi leurs offensives dans les districts d’Izioum et de Barvinkove pour prendre le contrôle du réseau ferré. Dans cette zone frontalière entre les régions de Kharkiv, de Donetsk et de Louhansk, l’armée russe tente d’encercler les positions fortifiées de l’armée ukrainienne dans le Donbass afin de prendre le contrôle total.La façade d'un édifice résidentiel est réduite en morceaux : les décombres jonchent le sol.

Un quartier résidentiel de la banlieue de Kharkiv a été lourdement touché par les bombardements vendredi. Photo: Getty Images/AFP/Sergey Bobok

Selon le conseiller de la présidence ukrainienne Oleksiy Arestovytch, les Russes mènent des opérations offensives et de reconnaissance pour tenter de trouver des points faibles dans la défense ukrainienne.

Non loin de la frontière, les villes de la région de Louhansk toujours contrôlées par les Ukrainiens sont pilonnées de plus en plus intensément, a affirmé le gouverneur de la région samedi au petit matin.

Les forces ukrainiennes ont quitté certains emplacements qu’elles contrôlaient, mais seulement pour se regrouper, a ajouté Serhiy Haidai.

Frappe mortelle à Odessa

Une frappe aérienne russe a tué 5 personnes et en a blessé 18 autres samedi à Odessa, dans le sud du pays, selon le chef de cabinet de la présidence ukrainienne. « Ce ne sont que ceux qu’on a réussi à retrouver [à ce stade-ci]. Selon toute vraisemblance, le bilan sera plus lourd », a indiqué AndriI Yermak sur Telegram, précisant qu’« un bébé de 3 mois » faisait partie des victimes.

Les forces russes ont tiré une série de missiles depuis des bombardiers Tu-95 au-dessus de la mer Caspienne; deux missiles ont atteint une installation militaire et deux autres, des bâtiments résidentiels de la ville portuaire, selon l’armée de l’air. Le système de défense antiaérienne en a détruit deux autres qui se dirigeaient vers la ville.

Le seul objectif des frappes de missiles russes contre Odessa, c’est la terreur, a accusé sur Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba en appelant à dresser un mur entre la civilisation et les barbares qui attaquent des villes pacifiques avec des missiles.

Par ailleurs, le premier ministre britannique Boris Johnson a discuté avec le président ukrainien d’une nouvelle phase d’aide militaire, a indiqué samedi le chef adjoint du Bureau du président ukrainien, Andryi Sybiga. Il a entre autres été question d’approvisionnement en armes lourdes et d’une aide financière additionnelle, selon lui.

Échec de la tentative d’évacuation des civils à Marioupol

Une nouvelle tentative d’évacuation de civils de Marioupol (en grande partie contrôlé par l’armée russe) vers la ville de Zaporijjia – à quelque 200 km au nord-ouest – a échoué, a indiqué samedi un adjoint au maire de Marioupol sur son compte Telegram.

Environ 200 résidents qui avaient commencé à se rassembler pour être évacués ont été dispersés par l’armée russe, souligne Petro Andriouchtchenko. Certains auraient été ensuite forcés de monter dans des autocars qui se dirigeaient vers une localité occupée par les Russes, à 80 km au nord. Une fois encore les Russes ont perturbé une évacuation, a déploré l’adjoint au maire.

Aujourd’hui, nous essayons à nouveau d’évacuer les femmes, les enfants et les personnes âgées, avait indiqué plus tôt sur Facebook la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk.

Mme Verechtchouk avait toutefois incité à la prudence, car, disait-elle, les forces russes pourraient vouloir organiser un autre couloir d’évacuation en parallèle, vers la Russie cette fois. Ne succombez pas à la tromperie et la provocation, avait-elle lancé.

La dernière évacuation réussie vers Zaporijjia remonte à jeudi, quand, après plusieurs jours sans évacuation possible, trois autocars d’évacués de Marioupol avaient pu se rendre à destination.Un char d'assaut endommagé traîne parmi les décombres dans une rue.

Des civils sont toujours à Marioupol, même si la ville est détruite par endroit et continue d’être bombardée. Photo: Reuters/Alexander Ermochenko

Blinken en visite à Kiev dimanche

Kiev abandonnera les négociations avec Moscou si ses militaires, retranchés dans le vaste complexe métallurgique d’Azovstal à Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine, sont tués par l’armée russe, a réitéré samedi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Si nos hommes sont tués à Marioupol et si des pseudo-referendums sont organisés dans la région de Kherson, alors l’Ukraine se retirera de tout processus de négociation, a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse organisée dans une station de métro sur la place centrale de Kiev.

Le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken se rendra à Kiev dimanche, a par ailleurs annoncé le président Zelensky. Des officiels américains viendront chez nous : je rencontrerai le secrétaire à la Défense [Lloyd Austin] et Antony Blinken, a-t-il déclaré.

Ce sera la première visite officielle de représentants du gouvernement américain en Ukraine depuis le 24 février.

Fêter la Pâque en ligne

Les autorités ukrainiennes invitent les fidèles à éviter les grands rassemblements habituels du week-end de la Pâque orthodoxe et à suivre plutôt en ligne les services religieux.

Vendredi soir, en vue de la Pâque, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait réclamé une pause humanitaire pour évacuer les civils des villes ukrainiennes envahies par les Russes, à commencer par Marioupol, assiégée et pilonnée par l’armée russe depuis le début mars. En réponse à cet appel, le patriarche orthodoxe russe Kirill a réagi en invitant les fidèles à prier pour une paix durable, sans évoquer l’idée d’une trêve pour le week-end pascal des chrétiens orthodoxes.

Plus tôt, l’Église orthodoxe ukrainienne s’était dite prête à organiser une procession pascale vers l’usine d’Azovstal, à Marioupol, pour apporter une aide d’urgence et évacuer les civils ainsi que les militaires blessés. L’Église ukrainienne relève du patriarcat de Moscou, mais elle a pris ses distances d’avec le patriarche russe Kirill, un allié connu de Vladimir Poutine.

Marioupol, port stratégique de la mer d’Azov, est désormais contrôlé en grande partie par l’armée russe, mais l’armée ukrainienne n’a pas encore abdiqué; ses derniers combattants, appartenant notamment au bataillon Azov, sont retranchés dans l’immense complexe métallurgique d’Azovstal.

Ils demandent depuis plusieurs jours à ce que les femmes et les enfants, qui seraient des centaines avec eux, réfugiés dans les souterrains de ce complexe, puissent être évacués avec des garanties de sécurité.

Une nouvelle vidéo mise en ligne samedi sur YouTube par le bataillon Azov montre des dizaines de femmes et des enfants chaudement habillés dans un dortoir de fortune dans un souterrain d’Avozstal.

Une femme explique notamment à la caméra vivre dans ce souterrain depuis début mars. Une autre, un bébé dans les bras, affirme s’être réfugiée là parce que son mari travaillait dans l’aciérie. Plusieurs enfants filmés disent qu’ils voudraient pouvoir rentrer à la maison.

La date de la vidéo n’a pas pu être immédiatement vérifiée, mais deux femmes interrogées mentionnent que la date du jour est le 21 avril.

Le conseiller de la présidence ukrainienne Oleksiï Arestovytch soutient sur Telegram que les Russes ont repris les frappes aériennes sur le complexe samedi. Ils tentent des opérations d’assaut, mais nos défenseurs, malgré leur situation difficile, mènent des contre-opérations, a-t-il déclaré. Ces informations n’ont toutefois pas pu être vérifiées.

Le président russe, Vladimir Poutine, avait affirmé jeudi que les forces russes ne tenteraient pas d’assaut final sur Azovstal.

L’invasion en Ukraine, un début, selon Zelensky

Vendredi, Moscou a annoncé qu’un couloir terrestre vers la Crimée serait assuré si elle contrôlait le sud de l’Ukraine et la région du Donbass.

Le contrôle du sud de l’Ukraine, c’est également un couloir vers la Transnistrie, où l’on observe également des cas d’oppression de la population russophone, a affirmé un haut responsable militaire russe, le général Roustam Minnekaïev.

La Moldavie a convoqué l’ambassadeur de Russie pour protester contre ces déclarations concernant la région séparatiste moldave. Celles-ci sont jugées contradictoires avec le soutien de la Russie à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du pays, selon la Moldavie.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a estimé vendredi soir que les propos russes ne faisaient que confirmer ce [qu’il a] dit à plusieurs reprises : l’invasion russe de l’Ukraine était censée n’être que le début, et ensuite, ils veulent capturer d’autres pays.

Tous les peuples qui, comme nous, croient en la victoire de la vie sur la mort doivent se battre avec nous, a poursuivi M. Zelensky. Celui-ci a accusé la Russie d’avoir apporté la mort en Ukraine.

Par Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Casamance : plus de 6 000 civils fuient les combats en Gambie

mars 20, 2022
Des femmes et des enfants réfugiés dans le village de Bujinha, le 15 mars 2022 en Gambie. © MUHAMADOU BITTAYE/AFP

Après plusieurs jours de combats entre l’armée sénégalaise et les indépendantistes de Casamance, le gouvernement gambien a apporté son soutien aux populations réfugiées.

Plus de 6 000 déplacés et réfugiés ont été recensés en Gambie, fuyant les violences depuis une semaine entre l’armée et des rebelles en Casamance, dans le sud du Sénégal voisin, ont annoncé samedi les autorités gambiennes.

L’armée sénégalaise a annoncé avoir lancé le 13 mars une opération contre des rebelles de Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie. »L’objectif principal est de démanteler les bases » du chef militaire rebelle Salif Sadio, situées le long de la frontière nord avec la Gambie, a dit l’armée.

Les personnes fuyant les violences et recensées depuis le 13 mars sont au nombre de 6 350 dont 4 508 déplacés, a indiqué l’Agence nationale gambienne de gestion des crises dans un document officiel.

« Refuge sûr »

« À cause de la situation dans la région de Casamance, au Sénégal, la zone du Foni Kansala est devenue un refuge sûr aussi bien pour les réfugiés que pour les déplacés », a-t-elle déclaré.

Le Foni Kansala, en territoire gambien, est frontalier de la Casamance et proche de la zone où se déroulent des combats entre l’armée sénégalaise et des rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), qui lutte depuis 1982 pour l’indépendance de cette région.

Priorité à la « paix définitive »

Le gouvernement gambien a promis d’aider les personnes déplacées et le président Adama Barrow a ordonné des patrouilles renforcées près de la frontière, affirmant qu’il protégerait le petit Etat « contre toute menace étrangère ». Les rebelles casamançais, accusés de faire du trafic de bois et de cannabis, se sont souvent réfugiés en Gambie ou en Guinée-Bissau, qui a également une frontière commune avec le Sénégal.

Le conflit de faible intensité s’était de nouveau animé l’an dernier lorsque le Sénégal a lancé une offensive pour déloger les rebelles. Le président sénégalais Macky Sall a fait de la « paix définitive » en Casamance la priorité de son second mandat.

Par Jeune Afrique par AFP

Ukraine: Des combats de rue bloquent les secours à Marioupol

mars 19, 2022

Les secouristes sont à la recherche de survivants dans les ruines d’un théâtre détruit par des frappes aériennes de l’armée russe dans la ville assiégée de Marioupol. Photo : AP

Alors que les opérations de secours se poursuivent difficilement à Marioupol pour sauver des centaines d’habitants, toujours coincés sous les ruines d’un théâtre de la ville, des combats de rue font rage et compliquent davantage les efforts.

Marioupol est l’une des principales cibles des bombardements russes depuis le début de son invasion en Ukraine, lancée le 24 février.

Des combats ont lieu dans les rues du centre de la ville portuaire assiégée, ce qui entrave les efforts de sauvetage des personnes prises au piège sous les décombres d’un théâtre bombardé mercredi par les forces russes, a déclaré Vadym Boychenko, le maire de Marioupol.

Il y a des chars […] , des tirs d’artillerie, et toutes sortes d’armes tirées dans la région, a-t-il ajouté.

Nos forces font tout ce qu’elles peuvent pour maintenir leur position dans la ville, mais les forces de l’ennemi sont malheureusement plus importantes que les nôtres.

Vendredi, les autorités avaient déclaré que 130 personnes avaient été évacuées et que plus de 1000 autres se trouvaient toujours sous les décombres dans l’abri antiaérien du bâtiment.

La Russie a nié avoir bombardé l’édifice, qui avait été clairement identifié comme un abri civil.

Marioupol, ville portuaire stratégique dans le sud-est de l’Ukraine, a été encerclée par les forces russes et environ 300 000 personnes y sont bloquées et sont sans électricité, eau courante et chauffage.

L’eau est devenue une denrée rare à Marioupol. Photo: AP/Alexei Alexandrov

Dmytro Gurin, un député dont les parents sont piégés dans la ville du sud-est, qualifie de médiévales les conditions de vie à Marioupol.

Les gens n’ont plus de nourriture et, plus important encore, d’eau, a déclaré Gurin. Et il y a plusieurs jours, les chars ont commencé à tirer sur des immeubles de neuf étages, de sorte que les gens ne peuvent pas sortir. Les gens restent cloîtrés dans leurs appartements ou sous-sols en pensant s’ils vont mourir dans l’heure qui vient.

Les bombardements ne s’arrêtent jamais et les tirs ne s’arrêtent jamais, a-t-il ajouté. Les avions, ils larguent des centaines de bombes en 24 heures.

Les bombardements russes ont rendu méconnaissable la ville.

D’après les photos que j’ai vues, il n’y a plus de ville. Selon les estimations du bureau du maire, 30 % des bâtiments sont détruits et 50 % sont fortement endommagés. Ma maison est entièrement brûlée, déplore le député.

Depuis des jours les troupes russes assiègent et bombardent Marioupol, dans le sud de l’Ukraine. Photo : AP/Evgeniy Malolekta

Un site militaire bombardé à Mykolaïv fait plusieurs morts

Des dizaines de personnes ont été tuées dans une frappe vendredi contre une caserne militaire à Mykolaïv dans le sud de l’Ukraine, ont raconté samedi des témoins à l’AFP, alors que, là aussi, les opérations de secours se poursuivent.

Pas moins de 200 soldats dormaient dans les baraquements, selon Maxime, un militaire de 22 ans interrogé sur place. Au moins 50 corps ont été extraits, mais on ne sait pas combien il en reste sous les décombres, poursuit le jeune soldat. Evguéniï, un autre militaire sur place, estime que les frappes pourraient avoir fait 100 morts.

Mais, pour le moment, aucune information sur le bilan n’a été publiée par les autorités ukrainiennes.

Les Russes ont lâchement effectué des frappes de missiles contre des soldats qui dormaient. Une opération de secours se poursuit toujours, s’est borné à déclarer samedi matin le gouverneur régional de Mykolaïv Vitaly Kim dans une vidéo publiée sur Facebook.

Mykolaïv et sa région sont le théâtre de violents combats et bombardements russes. La ville est stratégique, car elle constitue le dernier verrou avant la grande cité portuaire d’Odessa.

Les forces russes ont repris vendredi leur assaut sur Kiev en détruisant plusieurs bâtiments dont des écoles. Photo: AP/Rodrigo ABD

Les banlieues nord-ouest de Kiev (Bucha, Hostomel, Irpin et Moshchun) ont également été la cible de tirs samedi. L’administration régionale de Kiev a signalé que la ville de Slavutich au nord de la capitale était complètement isolée et que du matériel militaire russe avait été repéré dans la région au nord-est et à l’est de Kiev.

Radio-Canada avec les informations de BBC, AFP et AP

Ukraine: Kharkiv et Marioupol sous les bombes, combats à Kherson

mars 2, 2022
Des pompiers éteignent les restes d'un incendie dans un grand bâtiment presque entièrement démoli.

Les tirs russes ont détruit des infrastructures sur le campus de l’Université nationale de Kharkiv le 2 mars 2022. Photo : Reuters/Oleksandr Laphyn

La Russie poursuit son offensive contre plusieurs grandes villes d’Ukraine mercredi, dont Kharkiv, où une université et un hôpital ont notamment été visés, faisant des victimes parmi les civils.

Au septième jour de l’invasion lancée par Vladimir Poutine, une nouvelle salve de bombes s’est abattue mercredi matin sur Kharkiv, deuxième ville du pays, visant les sièges régionaux des forces de sécurité et de police, de même que l’université de cette métropole située à 50 km de la frontière russe.

Selon une estimation des services d’urgence, ces attaques ont fait au moins quatre morts et neuf blessés. Les secours précisent aussi avoir déployé 21 véhicules et 90 personnes pour éteindre des incendies en cours et prendre en charge les victimes.

« Il ne reste plus de zone à Kharkiv où un obus d’artillerie n’a pas encore frappé. »— Une citation de  Anton Guerachtchenko, conseiller du ministre de l’Intérieur ukrainien

Quelques heures plus tôt, le gouverneur de la région, Oleg Synegubov, avait estimé que les derniers tirs de missiles et barrages d’artillerie avaient tué au moins 21 personnes en plus d’en blesser 112 autres.

Des troupes aéroportées russes sont aussi débarquées à Kharkiv, a annoncé à l’aube l’armée ukrainienne, sans donner une idée de leur nombre.

Ces troupes ont attaqué un hôpital local, peut-on lire dans une publication de l’État-major ukrainien parue tôt mercredi matin sur Telegram. Un combat est en cours entre les envahisseurs et les Ukrainiens.

Des athlètes canadiens qui tiennent des drapeaux du Canada.

Au 7e jour de l’invasion de l’Ukraine, la ville de Kharkiv dans l’est a été sévèrement touchée par des bombardements. Les détails avec Marie-Eve Bégin.

Kharkiv, ville de 1,4 million d’habitants, avait déjà été bombardée au cours des derniers jours, faisant plusieurs dizaines de victimes parmi les civils.

Le dernier décompte provisoire des Nations unies affirme qu’au moins 136 civils ont été tués et que 400 autres ont été blessés depuis le début de l’assaut russe, jeudi dernier. Le Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU a toutefois averti que le bilan réel risque d’être nettement plus élevé.

Les autorités ukrainiennes, elles, rapportent plus de 350 morts parmi les civils, dont 14 enfants.

La Russie, pour sa part, communique très peu sur son offensive, et encore moins sur ses pertes sur le terrain. Affirmant avoir capturé des dizaines de soldats russes, le ministère de la Défense ukrainien a invité mercredi leurs mères à venir les chercher sur son territoire, à Kiev, plus précisément.

Des armes interdites et dévastatrices?

Des organisations comme Amnistie internationale et Human Rights Watch dénoncent depuis quelques jours l’emploi par l’armée russe de bombes à sous-munitions –interdites par la convention d’Oslo depuis 2010– dans les zones civiles, et évoquent des crimes de guerre, photos et vidéos à l’appui. L’usage d’armes thermobariques, extrêmement dévastatrices et très peu précises, a également été évoqué, mais n’a pas été confirmé de façon indépendante.

Calme relatif à Kiev

Dans la capitale, où les habitants qui n’ont pas fui se préparent depuis des jours à un assaut, un calme relatif règne mercredi, après des frappes la veille sur la tour de télévision, qui ont fait cinq morts.

Des photos de la société américaine d’imagerie satellitaire Maxar diffusées dans la nuit de lundi à mardi montraient un long convoi russe, composé de chars et de blindés, mais aussi de camions citernes, à environ 25 kilomètres au nord de Kiev.

Un responsable du Pentagone a cependant indiqué que la progression de ce convoi d’une soixantaine de kilomètres semblait au point mort, évoquant de possibles problèmes d’approvisionnement en nourriture et en carburant.

Le ministère ukrainien de la Défense a par ailleurs indiqué dans la nuit redouter une offensive à Kiev depuis le Bélarus, au nord, pays limitrophe de l’Ukraine qui sert d’arrière-base pour les troupes de Vladimir Poutine.

Le maire de Kiev, l’ex-boxeur Vitaly Klitschko, a fait état de combats dans la banlieue de la ville et a appelé tous les résidents de Kiev à faire preuve de résilience.

« Kiev tient et va tenir. »— Une citation de  Vitaly Klitschko, maire de KievUne femme marche avec des sacs près d'un char militaire qui semble brûlé.

Une femme marche près d’un char militaire, à Boutcha, en banlieue nord-ouest de Kiev. Photo : Reuters/Serhii Nuzhnenko

Le contrôle de Kherson revendiqué

Le ministère de la Défense russe a affirmé mercredi matin s’être emparé de la ville portuaire de Kherson, située au sud du pays, près de la péninsule de Crimée, après des combats de rue acharnés ces dernières heures.

Quelques minutes plus tôt, le maire ukrainien de la ville, Igor Kolykhaïev, avait toutefois indiqué que la localité était toujours sous contrôle ukrainien, même si les Russes étaient au port et à la gare.

Nous sommes encore l’Ukraine. Nous résistons toujours, a-t-il indiqué sur son compte Facebook, s’engageant du même coup à trouver des solutions pour rassembler les morts, pour rétablir l’électricité, le gaz, l’eau et le chauffage dans les endroits où cela a été coupé.

La ville et sa périphérie, situées au niveau de l’embouchure du fleuve Dniepr et de la mer Noire, ont subi ces dernières heures d’intenses bombardements.

La ville n’est pas tombée, nous continuons le combat, a pour sa part assuré Oleksi Arestovich, un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, à la mi-journée mercredi.

Marioupol, autre ville stratégique et portuaire du sud, était elle aussi toujours la cible mercredi de bombardements incessants. Nous nous battons, nous n’abandonnerons pas la défense de notre patrie, a déclaré le maire de Marioupol, Vadim Boïtchenko, en direct à la télévision ukrainienne.

La veille, plus d’une centaine de personnes ont été blessées dans des tirs de l’armée russe, selon M. Boïtchenko.Un homme blessé sur une civière entouré de secouristes.

Des ambulanciers paramédicaux prennent en charge un homme blessé par un bombardement dans un quartier résidentiel de Marioupol, dans le sud-est du pays, où un hôpital de maternité a été converti pour soigner les blessés. Photo: AP/Evgeniy Maloletka

Le contrôle de Marioupol pourrait permettre aux troupes russes de rejoindre celles des séparatistes de la région du Donbass, créant ainsi un pont de la Crimée annexée jusqu’à la frontière russe. Ce gain stratégique permettrait aussi à Vladimir Poutine de bloquer l’accès à la mer d’Azov à l’Ukraine.

Selon Moscou, cette jonction entre les deux groupes serait déjà faite depuis mardi, mais cette information n’a pas été confirmée par les autorités ukrainiennes.

Le port de Berdiansk, lui, est officiellement aux mains de l’armée russe.

Radio-Canada avec les informations de Reuters, Agence France-Presse et Associated Press

Éthiopie : quelles sont encore les options d’Abiy Ahmed ?

novembre 7, 2021
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed, en 2018. © ALEX WELSH/The New York Times-REDUX-REA

Alors qu’Addis-Abeba se prépare à un possible assaut des combattants du TPLF alliés à ceux de l’OLA, le Premier ministre éthiopien est au pied du mur. Et les pays voisins s’inquiètent des répercussions de la crise.

Abiy Ahmed peut-il encore renverser la situation à son avantage ? Jamais depuis qu’il est arrivé au pouvoir, en avril 2018, sa situation n’avait paru aussi précaire. La guerre a certes commencé il y a un an, les choses se sont accélérées ces dernières semaines. Fin octobre, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) a en effet revendiqué la prise de deux villes stratégiques, Dessie et Kombolcha, situées à 400 km au nord d’Addis-Abeba. Le 3 novembre, l’Armée de libération oromo (OLA), qui a fait alliance en août avec le TPLF, a affirmé que l’arrivée de ses combattants dans la capitale était désormais « une question de mois, si ce n’est de semaines ».

En réponse, le gouvernement fédéral a annoncé un couvre-feu et a exhorté les habitants d’Addis-Abeba à se préparer à défendre la ville, qualifiant le conflit de « guerre existentielle ». Mais il est de plus en plus clair que les options d’Abiy Ahmed s’amenuisent rapidement.

Ni vainqueur ni vaincu

Le Premier ministre pourrait se résigner une guerre d’usure, mais l’armée fédérale a subi de multiples défaites, particulièrement au cours des cinq derniers mois, et elle est démoralisée. Malgré ses dernières offensives et les frappes aériennes qui ont visé Mekele, la capitale du Tigré, les forces du TPLF ont encore gagné du terrain dans les régions Afar et Amhara, permettant une expansion géographique du conflit dont les répercussions pourraient se faire sentir pendant des décennies.

L’OLA a également fait des progrès significatifs. Ses annonces – de plans de marche sur Addis-Abeba et de formation d’une alliance politique plus large – suggèrent que les rebelles travaillent déjà à une transition post-Abiy.

Celui-ci pourrait tenter de trouver un accord avec ses adversaires, d’autant qu’il est de plus en plus évident qu’il s’agit d’une guerre qui n’aura ni vainqueur ni vaincu, toutes les parties s’étant rendues coupables de violations des droits de l’homme et de possibles crimes de guerre, selon une récente enquête des Nations unies. Même s’il n’est pas exclu qu’Abiy parvienne à sauver son pouvoir, un accord de paix lui offrirait, le cas échéant, la possibilité de négocier son départ et les contours d’une transition en bonne et due forme.

Les dirigeants du Tigré ont insisté sur le fait que leur objectif immédiat était de lever le blocus imposé à leur région, mais leurs visées à plus long terme ne sont toutefois pas claires. Faut-il y voir un indice ? On connaît le nom de l’alliance rebelle qui sera bientôt formée : le Front uni des forces fédéralistes éthiopiennes.

Inquiétude régionale

Cette escalade du conflit, qui a coûté des milliers de vies et entraîné le déplacement de millions de personnes, a d’ores et déjà ébranlé l’Afrique de l’Est. Elle intervient dans un contexte marqué par un récent coup d’État et des contre-manifestations au Soudan voisin et par la pandémie de Covid-19.

Le 4 novembre, le ministre ougandais des Affaires étrangères a fait savoir que Yoweri Museveni avait convoqué une réunion des dirigeants de la région, le 16 novembre, pour discuter de la crise éthiopienne. En octobre, le président ougandais avait fait d’Amama Mbabazi, ancien Premier ministre et candidat malheureux lors de l’élection présidentielle de 2016, son envoyé spécial au Soudan du Sud et en Éthiopie, mais cela n’a permis aucune avancée.

Le 3 novembre, c’est Uhuru Kenyatta qui avait appelé au dialogue entre les belligérants et a proposé l’aide du Kenya pour « assister le processus de la manière que les Éthiopiens eux-mêmes jugerait appropriée. » « Les hommes et les femmes du gouvernement éthiopien, dirigé par mon cher frère, le Premier ministre, ainsi que les hommes et les femmes qui combattent ce gouvernement doivent cesser immédiatement les combats et dialoguer », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Le conflit dure depuis un an maintenant, mais les voisins de l’Éthiopie sont jusqu’à présent restés relativement en retrait, en dépit de l’aggravation rapide de la crise humanitaire et du risque d’une plus grande instabilité dans le pays le plus peuplé de la région.

Multiples répercussions

Mais alors que la plupart des dizaines de milliers de personnes qui ont fui les combats dans le Tigré ont trouvé refuge au Soudan, l’extension du conflit plus au Sud, vers Addis-Abeba, pourrait entraîner un afflux de réfugiés vers d’autres pays. Certains ont d’ores et déjà été signalés jusqu’à Nairobi, la capitale du Kenya qui partage, avec l’Éthiopie, une frontière de 861 km de long.

Dans une déclaration publiée le 3 novembre, le porte-parole de la police kenyane, Bruno Shioso, a d’ailleurs déclaré que le pays avait « renforcé la sécurité et la vigilance le long des frontières kenyanes et dans d’autres zones critiques » et demandé à ses citoyens de signaler « les cas suspects d’étrangers sans papiers ».

LA CHUTE POTENTIELLE D’ABIY SIGNIFIERAIT PROBABLEMENT LA FIN DE L’ACCORD DE PAIX PASSÉ AVEC L’ÉRYTHRÉE

La guerre en Éthiopie pourrait également avoir d’autres répercussions régionales. La chute potentielle d’Abiy signifierait très probablement la fin du jeune accord de paix passé avec l’Érythrée. Il pourrait également modifier les relations avec Mogadiscio, où le président Mohamed Abdullahi Mohamed « Farmaajo » est confronté à de multiples crises. Ces derniers mois, le président somalien a travaillé en étroite collaboration avec Addis-Abeba et Asmara, y compris au Tigré, espérant sans doute diminuer la dépendance de son pays vis-à-vis de Nairobi.

L’administration d’Abiy Ahmed a jusqu’à présent résisté aux pressions de la communauté internationale et aux appels au dialogue. Le Premier ministre éthiopien pourrait-il assouplir ses positions ? L’envoyé spécial des États-Unis pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman, est arrivé à Addis-Abeba, le 4 novembre, pour plaider en faveur d’un cessez-le-feu, mais ses chances de succès sont faibles.

Avec Jeune Afrique par Morris Kiruga – The Africa Report

Ethiopie: combats entre armée et rebelles tigréens autour d’un carrefour stratégique

novembre 1, 2021
Ethiopie: combats entre armee et rebelles tigreens autour d'un carrefour strategique
Ethiopie: combats entre armée et rebelles tigréens autour d’un carrefour stratégique© AFP/Archives/Amanuel Sileshi

Les combats font rage entre forces éthiopiennes et rebelles tigréens autour de la ville de Kombolcha, ont raconté lundi des habitants, au lendemain de l’annonce par les rebelles de la prise de ce carrefour stratégique du nord de l’Ethiopie.

Les combattants du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) ont affirmé dimanche s’être emparés de Kombolcha après avoir revendiqué la veille la prise de la ville voisine de Dessie, deux affirmations démenties par le gouvernement.

Ces villes de la région de l’Amhara, au sud du Tigré, sont situées à un carrefour routier stratégique à environ 400 kilomètres au nord de la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Si leur prise se confirmait, elle marquerait une nouvelle étape majeure dans ce conflit qui dure depuis un an.

Les communications sont coupées dans une grande partie du nord de l’Ethiopie et l’accès des journalistes est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante des informations données par les deux parties.

Lundi, des habitants de Kombolcha joints par l’AFP ont raconté avoir entendu des coups de feu sans interruption jusqu’au petit matin, certains évoquant également une frappe aérienne.

« La nuit a été marquée par de nombreux coups de feu », a déclaré Mohammed qui a refusé de donner son nom de famille pour des raisons de sécurité. « J’ai entendu une frappe aérienne après minuit à l’extérieur de Kombolcha », a-t-il ajouté.

Hamdiu, un commerçant, a lui aussi déclaré avoir entendu ce qui ressemblait à une frappe aérienne vers minuit, en plus « d’énormes coups de feu (…) jusqu’à ce matin ».

Une porte-parole du gouvernement a démenti, assurant à l’AFP qu' »il n’y a pas eu de frappe aérienne sur Kombolcha durant la nuit ».

Les autorités éthiopiennes ont accusé le TPLF d’avoir « exécuté sommairement plus de 100 jeunes habitants de Kombolcha », sans fournir de détail. Le TPLF n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Les Etats-Unis « alarmés »

L’AFP n’a pu joindre des habitants de Dessie, où des combats ont été rapportés dimanche.

Le secrétaire d’Etat américain Anthony Blinken s’est dit « alarmé » par la situation, appelant sur Twitter à un arrêt des combats et à « des négociations de cessez-le-feu sans conditions préalables ».

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a également exhorté les belligérants à cesser les combats, « à lever le blocus de l’aide humanitaire et s’abstenir de tout discours de haine ». Il a dit souhaiter des négociations sous l’égide du Haut représentant de l’Union africaine pour la Corne de l’Afrique, Olusegun Obasanjo.

Débuté en novembre 2020, le conflit au Tigré connaît un spectaculaire revirement de situation ces derniers mois.

Le Premier ministre Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avait proclamé la victoire le 28 novembre, après avoir envoyé l’armée au Tigré pour destituer les autorités régionales dissidentes, issues du TPLF.

Mais les rebelles ont repris l’essentiel de la région en juin, forçant les troupes gouvernementales à se retirer largement. Ils ont poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l’Amhara et de l’Afar.

Le porte-parole du TPLF Getachew Reda – qui a menacé en juillet de « marcher sur Addis Abeba (…) pour défendre le Tigré » – a déclaré que le TPLF n’avait « d’autre motivation que de briser le siège meurtrier » sur la région, en proie à une grave crise humanitaire.

Le conflit a poussé 400.000 personnes au bord de la famine au Tigré, selon l’ONU.

La propagation des combats en Afar et Amhara a également déplacé des centaines de milliers de personnes. En septembre, les autorités amhara estimaient qu’au moins 233.000 civils avaient trouvé refuge à Dessie et Kombolcha.

« Mourir pour l’Ethiopie »

Abiy Ahmed a exhorté dimanche les Éthiopiens à utiliser « n »importe quelle arme (…) pour bloquer le TPLF destructeur, le renverser et l’enterrer ».

« Mourir pour l’Éthiopie est un devoir pour nous tous », a-t-il déclaré sur Facebook.

L’administration amhara a, elle, publié un décret ordonnant à toutes les institutions de suspendre leurs services réguliers et de consacrer leurs budgets et leur énergie à « la campagne de survie ».

L’Armée de libération oromo (OLA), groupe rebelle de l’ethnie oromo avec qui le TPLF a fait alliance en août, a dans le même temps annoncé que ses combattants étaient entrés à Kemise et Senbete, villes situées au sud de Kombolcha sur l’autoroute A2 menant à Addis Abeba. Senbete est située à 260 kilomètres d’Addis.

Avec Le Point avec AFP

Yémen: 67 morts dans des combats autour de la ville stratégique de Marib

septembre 27, 2021

Des affrontements au Yémen ont fait 67 morts au cours des 24 dernières heures parmi les rebelles Houthis et les soldats pro-gouvernement dans la bataille pour Marib, dernier bastion loyaliste dans le nord du pays en guerre, selon des sources militaires et médicales.

Les forces loyales aux rebelles houthis du Yémen portent les cercueils des combattants tués lors de combats avec les troupes gouvernementales soutenues par les Saoudiens dans la région de Marib, lors de funérailles de masse à la mosquée al-Saleh de la capitale Sanaa, le 27 septembre 2021

© MOHAMMED HUWAIS Les forces loyales aux rebelles houthis du Yémen portent les cercueils des combattants tués lors de combats avec les troupes gouvernementales soutenues par les Saoudiens dans la région de Marib, lors de funérailles de masse à la mosquée al-Saleh de la capitale Sanaa, le 27 septembre 2021

Localisation de la province de Marib, au Yémen

© Sophie RAMIS Localisation de la province de Marib, au Yémen

« Cinquante-huit rebelles et neuf soldats gouvernementaux ont été tués dans des combats et par des frappes aériennes dans les provinces de Marib et Chabwa (près de Marib) », ont indiqué les sources militaires à l’AFP, un bilan confirmé par des sources médicales.

Des Yéménites scandent des slogans lors de manifestations appelant à la destitution du gouvernement de coalition soutenu par l'Arabie saoudite et contre la détérioration des conditions économiques et de vie, à Taez, le 27 septembre 2021

© AHMAD AL-BASHA Des Yéménites scandent des slogans lors de manifestations appelant à la destitution du gouvernement de coalition soutenu par l’Arabie saoudite et contre la détérioration des conditions économiques et de vie, à Taez, le 27 septembre 2021

Plus de 20 raids contre les rebelles ont été menés par la coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite et qui appuie les forces loyalistes depuis 2015, selon des sources gouvernementales.

Les rebelles, proches de l’Iran, contrôlent déjà une large partie du nord du Yémen, notamment la capitale Sanaa prise en 2014. Les Houthis font rarement état de bilan de victimes dans les combats.

Les combats autour de Marib se sont intensifiés ces derniers jours faisant des dizaines de morts, sur fond d’impasse diplomatique pour un cessez-le-feu. Environ 400 combattants des deux camps ont péri en septembre. 

Depuis février, les rebelles tentent de prendre le contrôle de cette province riche en pétrole, située à environ 120 kilomètres de la capitale Sanaa, et qui constitue le principal maillon manquant pour le pouvoir dans le nord du pays.

La perte de Marib serait un échec cuisant pour le gouvernement et l’Arabie saoudite qui le soutient. En quelques mois, les Houthis ont pourtant bien réalisé des percées vers Marib sur différents fronts, se rapprochant progressivement de la ville.

– Vains efforts diplomatiques –

La bataille de Marib a accentué le conflit au Yémen, où sévit le pire désastre humanitaire au monde selon l’ONU, qui met en garde contre un risque de famine à grande échelle. Quelque 80% des 30 millions d’habitants dépendent d’une aide humanitaire qui manque de financement.

Un Yéménite assiste aux manifestations à Taez appelant à la destitution du gouvernement de coalition soutenu par l'Arabie saoudite en raison de la détérioration des conditions économiques et de vie, le 27 septembre 2021

© AHMAD AL-BASHA Un Yéménite assiste aux manifestations à Taez appelant à la destitution du gouvernement de coalition soutenu par l’Arabie saoudite en raison de la détérioration des conditions économiques et de vie, le 27 septembre 2021

Les organisations internationales estiment que la guerre a fait des dizaines de milliers de morts et des millions de déplacés internes.

Alors que l’ONU et Washington poussent à la fin de la guerre, les Houthis ont notamment exigé la réouverture de l’aéroport de Sanaa, sous blocus saoudien depuis 2016, avant tout cessez-le-feu ou négociations.

Les efforts de l’ONU ces dernières années pour faire cesser les combats ont été vains. En juin, l’ancien émissaire de l’ONU au Yémen, Martin Griffiths, avait dressé un constat d’échec au terme d’une mission de trois ans.

Son successeur, le diplomate suédois Hans Grundberg, a appelé à une « une paix durable ».

« Il est impératif que tous les efforts soient déployés de façon à relancer un processus politique qui peut engendrer des solutions durables répondant aux attentes des femmes et hommes yéménites », a-t-il ajouté dans un communiqué. 

Marib abrite plus de deux millions de déplacés répartis dans 139 camps, un refuge menacé par l’offensive des Houthis.

Avec AFP par faw-dm/aem/bfi

Afghanistan: combats dans le Panchir, l’annonce du gouvernement taliban encore différée

septembre 4, 2021
Afghanistan: combats dans le Panchir, l'annonce du gouvernement taliban encore differee
Afghanistan: combats dans le Panchir, l’annonce du gouvernement taliban encore différée© AFP/WAKIL KOHSA

Les talibans ont à nouveau différé samedi l’annonce de leur gouvernement dont la composition pourrait donner le ton des années à venir en Afghanistan, où le nouveau régime reste confronté à une poche de résistance armée dans la vallée du Panchir.

Près de trois semaines après le retour au pouvoir du mouvement islamiste, la fumée blanche se fait toujours attendre à Kaboul, où la population reste dans l’expectative, tout comme la communauté internationale.

Deux sources talibanes ont prévenu l’AFP qu’il n’y aurait aucune annonce faite samedi sur le futur gouvernement.

La situation dans le Panchir, l’un des derniers foyers d’opposition armée au nouveau régime, pourrait expliquer le retard pris pour présenter le nouvel exécutif, initialement pressenti pour être dévoilé vendredi.

Bastion antitaliban de longue date, cette vallée, enclavée et difficile d’accès, située à environ 80 kilomètres au nord de la capitale, est le théâtre depuis lundi et le départ des dernières troupes américaines du pays de combats entre les forces talibanes et le Front national de résistance (FNR).

A Kaboul vendredi soir, des rafales ont été tirées pour célébrer une victoire talibane dans le Panchir que des rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, disaient acquise. Mais les talibans n’ont fait aucune annonce officielle et un habitant du Panchir a affirmé à l’AFP par téléphone que ces annonces étaient fausses.

« La résistance continue »

Selon les services d’urgence de la capitale, deux personnes ont été tuées et 20 autres blessées dans ces tirs de joie.

Réfugié dans la vallée du Panchir, l’ancien vice-président Amrullah Saleh a évoqué une « situation très difficile » dans un message vidéo diffusé vendredi soir, tout en assurant que la « résistance continu(ait) et continue(rait) ».

Selon Ahmad Massoud, qui mène la résistance dans la vallée, les talibans ont « choisi le chemin de la guerre ».

Depuis leur retour au pouvoir, les talibans se sont efforcés de montrer un visage modéré et ont multiplié les gestes d’ouverture.

Ils ont notamment promis un gouvernement « inclusif » et noué des contacts ces dernières semaines avec des personnalités afghanes qui leur sont opposées.

Mais rien n’a filtré à ce stade sur leurs véritables intentions, ni sur la place qu’ils entendent accorder à des représentants de l’opposition ou des minorités. La composition de leur exécutif fera donc figure de test sur leur réelle volonté de changement.

Plusieurs pays ont répété vendredi que le nouveau régime serait jugé sur ses actes.

« Réellement inclusif »

Le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken, qui sera de lundi à mercredi au Qatar, a espéré que le gouvernement mis en place par les talibans serait « réellement inclusif », avec « des non-talibans qui seraient « représentatifs des différentes communautés et des différents intérêts en Afghanistan ».

Le chef du renseignement militaire pakistanais, Faiz Hameed, a été vu samedi à Kaboul, où il devrait probablement rencontrer des hauts responsables talibans, avec qui Islamabad entretient des liens étroits.

Très attendus sur la question du droit des femmes – la communauté internationale gardant en mémoire la brutalité à leur égard lors du premier régime taliban (1996-2001)-, les nouveaux maîtres du pays ont assuré que ces droits seraient respectés.

Mais ils ont dans le même temps laissé entendre qu’il pourrait n’y avoir aucune femme ministre, leur présence relevant plutôt des échelons inférieurs. Après une première manifestation de militantes jeudi à Hérat (ouest), des dizaines d’autres ont battu le pavé samedi à Kaboul.

Présents sur place, des combattants talibans ont tenté de disperser le rassemblement et d’empêcher les personnes sur les lieux de filmer la scène avec leur téléphone portable, selon des images diffusées sur les réseaux sociaux.

Au-delà des questions sécuritaires, qu’elles soient liées à la vallée du Panchir ou à la menace de la branche locale du groupe jihadiste Etat islamique, l’urgence pour le nouveau régime sera avant tout économique.

Ravagée par quatre décennies de conflit, l’économie afghane est en lambeaux, privée d’une aide internationale dont elle dépend et qui a été largement gelée.

« L’Afghanistan fait face à une catastrophe humanitaire imminente », a prévenu vendredi l’ONU, qui tiendra le 13 septembre à Genève (Suisse) une réunion entre Etats membres afin d’accroître l’aide humanitaire au pays.

Le Qatar a annoncé de son côté avoir acheminé samedi en Afghanistan 15 tonnes d’aide humanitaire en provenance du monde entier et indiqué que les vols allaient se poursuivre « dans les jours qui viennent ».

Des « vols internationaux » seront « bientôt opérés », a assuré à la chaîne d’informations Al-Jazeera l’ambassadeur du Qatar en Afghanistan, Saeed bin Mubarak Al-Khayarin. Le radar, la tour de contrôle et le tarmac ont été réparés et la sécurité est assurée dans et autour de l’aéroport de Kaboul, a-t-il ajouté.

Par Le Point avec AFP