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Guerre au Mali : le Sénégal face à la menace terroriste

janvier 29, 2013

Des jeunes devant la mosquée de Touba, au sénégal. Des jeunes devant la mosquée de Touba, au sénégal. © DR

Pour faire face à la menace terroriste sur son sol, alors que ses soldats se déploient au Mali contre les jihadistes, le Sénégal renforce son dispositif sécuritaire à ses frontières. Les populations et les communautés religieuses sont invitées à la vigilance.

Dans les rues de Dakar, la question alimente des débats animés : le Sénégal est-il ou non a l’abri de la menace jihadiste ? Du côté des autorités, le message est clair : « Si les forces terroristes prévalent au Mali, nos propres intérêts vitaux seront menacés. Alors, poursuit le ministre Sénégalais des affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, « aider le Mali (…) c’est prévenir un danger qui guette à nos frontière ».

Conséquence de la guerre au Mali, dans laquelle 500 soldats sénégalais sont impliqués : le dispositif sécuritaire a été renforcé aux frontières malienne et mauritanienne. Au total, d’après une source militaire, « 500 à 600 éléments » sont déployées dans des zones sensibles, comme celles des ponts de Gouloumbou (centre) et Kidira (est). Selon le colonel Insa Sagna, commandant dans cette dernière région, il s’agit essentiellement d’une « intensification des patrouilles motorisées le long de la frontière » avec le Mali.

Mais combattre l’islam radical n’est pas qu’une affaire des autorités. D’où l’appel lancé, le 15 janvier, par le président aux populations pour qu’elles sonnent l’alerte auprès des sous-préfets, préfets et forces de sécurité, en cas de « présence suspecte d’individus ». Macky Sall a également invité les chefs religieux à appeler « les fidèles à la vigilance ».

Infiltrations

Une précaution qui n’est pas superflue. « Des mouvements radicaux d’obédience salafiste, localisés dans la banlieue de Dakar, tentent d’infiltrer des associations islamiques affiliées aux différentes confréries », avertit un membre de l’entourage présidentiel.

Le Sénégal a beau être connu pour son islam modéré, développé autour des confréries mouride, tidiane et layenne, qui ont jusque là servi de rempart face à la montée du radicalisme au Sahel, la menace est prise très au sérieux. « Si les communautés religieuses traditionnelles ont une certaine influence sur l’écrasante majorité de la population, les moyens et les financements que possèdent les islamistes peuvent entraîner une certaine frange des jeunes à adhérer à leur cause », prévient Babacar Samb, enseignant au département d’arabe de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Sensibilisation

« Une jeunesse désemparée, sans emploi constitue la cible privilégiée des recruteurs jihadistes », confirme l’historien Abderrahmane Ngaïdé. Et il est déjà avéré que des ressortissants sénégalais font partie d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), d’Ansar Eddine et du Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao)…

Du coup, les leaders religieux ne se font pas prier outre mesure pour s’engager dans la sensibilisation contre le radicalisme. À l’occasion de la célébration du Maouloud (naissance du prophète Mohamed), le 23 janvier dernier, le porte-parole de la confrérie tidiane, Abdoul Aziz Sy a lancé un appel public à la vigilance face à la poussée du fanatisme religieux. Pour quels résultats ? L’avenir le dira.

Jeuneafrique.com par Nicolas Ly, à Dakar 

Centrafrique : suspension de l’offensive rebelle en vue de l’ouverture des négociations à Libreville

janvier 2, 2013

Les rebelles de la coalition Séléka ont suspendu leur avancée vers la capitale centrafricaine, Bangui. Ils acceptent d’aller négocier à Libreville (Gabon). Les pays d’Afrique centrale se font dorénavant plus menaçants.

« J’ai demandé à nos forces de ne pas bouger de leurs positions à partir d’aujourd’hui parce que nous voulons participer aux discussions de Libreville (Gabon) pour trouver une solution politique », a déclaré, mercredi 2 janvier, Eric Massi, le porte-parole, à Paris, de la coalition Séléka.

Les rebelles ont ainsi annoncé la suspension de leur offensive en direction de la capitale, Bangui.

« Je suis en discussion avec nos partenaires pour avancer des propositions afin de mettre fin à la crise mais une solution pourrait être une transition politique dont le président (François Bozizé) serait exclu », a-t-il ajouté.

Les alliés d’Afrique centrale sécurisent la capitale

Auparavant, le général Jean-Félix Akaga, commandant de la Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac) déployée en Centrafrique, avait averti la rébellion centrafricaine que toute tentative de prendre la ville de Damara, dernier verrou à 75 kilomètres de Bangui, serait considérée comme une déclaration de guerre.

« Nous ne cèderons pas Damara, que ce soit clair. Si les rebelles attaquent Damara, cela veut dire qu’ils ont pris la résolution d’engager les dix États d’Afrique centrale. Je ne pense pas sincèrement qu’ils en arriveront là », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Bangui. « La ligne rouge est valable pour les Faca (les forces régulières centrafricaines) et pour les rebelles, a-t-il ajouté. Nous empêchons dans les deux sens de franchir la ligne rouge. »

Le chef de l’État tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des États d’Afrique centrale (CEEAC) avait déjà prévenu lundi que Damara constituait une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties.

Renforts

Face à l’offensive rebelle qui a débuté le 10 décembre et a rapidement progressé sans rencontrer de résistance jusqu’à Sibut, les pays d’Afrique centrale ont envoyé des renforts pour protéger la capitale centrafricaine. Les effectifs de la Fomac, dont le gros des troupes est tchadien, devraient atteindre 760 hommes à la fin de la semaine.

Dimanche, le chef de l’État, François Bozizé, s’était dit prêt à ouvrir sans délai un dialogue qui pourrait se tenir à Libreville, au Gabon, comme l’ont réclamé ses pairs d’Afrique centrale. Il a proposé la formation d’un gouvernement d’union nationale auquel pourraient participer les rebelles.

Jeuneafrique.com avec Agences

Prince Harry a tué un homme sur le front afghan

décembre 24, 2012

Héros de guerre

Le prince Harry pourrait bien devenir un véritable héros de guerre depuis qu’il a tué un chef taliban lors d’une mission en Afghanistan.

Prince Harry Le prince Harry est en passe de faire oublier ses frasques.

Terminé les soirées potaches en costume nazi qui avaient fait la une de tous les tabloïds du Royaume. Depuis qu’il a enfilé sa tenue de soldat britannique, le second fils de Charles et Diane s’est transformé en véritable chef de guerre. Selon The Sun, il a même tué un important commandant taliban lors d’une mission en Afghanistan où il a piloté un hélicoptère de combat.

« Nous étions en patrouille avec des hélicoptères Apache et nous avons été appelés à entrer en action. Nous avons entendu une voix à la radio, nous avons reconnu celle du Prince Harry. Il a suivi le chef taliban. C’était un haut commandant. L’Apache a alors lâché des missiles Hellfire pour exécuter sa cible », a expliqué une source de l’armée britannique.

Ça pourrait ressembler à un épisode de Supercopter mais il s’agit de la réalité. L’un des héritiers de la couronne britannique risque sa vie sur le front afghan. Il réalise des missions quotidiennes de couverture aérienne des troupes de la coalition qui luttent contre les insurgés. Désormais surnommé « Big H », le Prince Harry semble avoir gagné le respect de ses supérieurs militaires. Une source a déclaré au Sun : « Big H est une légende. Il fait l’affaire ».

Voici.fr par P.M

Mali : Amadou Haya Sanogo, capitaine Fracasse

décembre 20, 2012

Il lui a suffi d’une pichenette pour faire tomber le Premier ministre mailien, Cheick Modibo Diarra, et se replacer au centre du vrai pouvoir. Amadou Haya Sanogo ne cache plus ses ambitions.

Peu importe s’il fait plus penser à Dadis Camara qu’à Charles de Gaulle ou au commandant Massoud – personnages auxquels il ne lui déplaît pas de se comparer – et s’il lui faut pour l’instant se contenter d’être le « président du comité militaire de suivi des réformes » d’une armée malienne en capilotade : le capitaine putschiste Amadou Haya Sanogo, 40 ans, a une fois de plus réussi son coup.

Au cas où certains, et notamment la communauté internationale, l’auraient oublié, l’ancien petit prof d’anglais en béret vert vient de démontrer qu’il n’était pas seulement le roi de Kati, mais aussi le maître du jeu à Bamako. Il lui a suffi de quelques minutes dans la nuit du 10 au 11 décembre pour convaincre le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, convoqué manu militari dans son bureau, de remettre sa démission. Avec quels arguments ? « Il n’y a eu ni pression ni violence, soutient le capitaine. On ne l’a pas contraint, on lui a juste facilité la tâche. » À l’écouter commenter son dernier fait d’armes à la télévision, le lendemain soir, il est permis d’en douter tant la liste des reproches égrenés par Sanogo à l’intention de Diarra ressemble aux attendus d’un jugement en cour martiale.

Ce Premier ministre que « nous avons désigné », explique-t-il, ne montrait « aucun égard pour le peuple » et ne « rendait de comptes à personne », surtout pas au chef de l’État, Dioncounda Traoré, dont « il ne reconnaissait pas l’autorité ». Comment continuer de faire confiance à un homme « en train d’étrangler le pays par des ambitions personnelles démesurées », s’exclame Sanogo, qui fustige au passage le comportement de « voyageur permanent » et le goût pour « les hôtels de luxe » à l’étranger, véritables « insultes pour le peuple malien », de l’ancien ingénieur de la Nasa. Pis encore aux yeux de celui qui se veut l’âme de la future reconquête du Nord, Diarra n’aurait en huit mois d’exercice du pouvoir « jamais donné un seul équipement aux forces armées » tout en s’employant à « payer des officiers » pour se constituer une garde prétorienne.

Chute prévisible

La charge, on le voit, est violente, et l’on comprend mieux la mine visiblement effrayée de l’ex-Premier ministre lorsqu’il est apparu sur les écrans le 11 décembre vers 4 heures du matin pour annoncer la fin de sa mission, un pistolet invisible braqué sur sa tempe. En réalité, le capitaine Sanogo n’a pris aucun risque tant la chute de celui que Jeune Afrique qualifiait en juillet dernier de « grand bluff » et d’« erreur de casting » était prévisible. En atterrissant à la primature, Cheick Modibo Diarra s’était visiblement trompé de planète, multipliant les bourdes, donnant chaque jour des gages d’incompétence et creusant avec application son déficit de fiabilité. Au point que ses sponsors initiaux – Blaise Compaoré, mais aussi Paris et Washington – avaient fini par ne plus supporter ce professeur Nimbus sans ancrage populaire.

Diarra s’est accroché jusqu’au bout à son poste, allant jusqu’à caresser des rêves d’homme providentiel.

Le problème, bien sûr, est que l’intéressé, qui n’a pas de sa personne une petite opinion, aura été le dernier à s’en rendre compte. Lâché par tous y compris par Sanogo lui-même, avec qui il entretenait pourtant au début d’excellentes relations, en froid glacial avec le président Traoré, Diarra s’est accroché jusqu’au bout à son poste, allant jusqu’à caresser des rêves d’homme providentiel et à ébaucher dans ce but un réseau de militaires anti-Sanogo acquis à sa cause. C’est manifestement parce qu’il a senti venir le danger d’être marginalisé que le capitaine s’est décidé à accrocher à son tableau de chasse la tête du « Martien » Diarra, à côté de celle d’Amadou Toumani Touré. Ce faisant, il jouait sur du velours. Personne n’est descendu dans les rues de Bamako pour réclamer le retour du sortant, et la communauté internationale, passé le rappel des grands principes, n’a pas versé une seule larme, fût-elle de crocodile, sur le sort qui est désormais le sien : celui de résident surveillé.

Élections générales

Amadou Sanogo, qui a au minimum donné son aval (s’il ne l’a pas choisi lui-même) au successeur de Diarra, Diango Cissoko, s’est replacé au centre du vrai pouvoir, quitte à décrédibiliser encore un peu plus les institutions de la transition et la pâle figure d’un président qu’il n’a d’ailleurs pas pris la peine d’informer à l’avance de son miniputsch d’opérette. Du coup, l’hypothèse de l’organisation d’élections générales destinées à installer à Bamako un exécutif enfin incontestable et respecté est relancée.

Une telle consultation interviendrait avant le déclenchement d’une opération militaire étrangère, vis-à-vis de laquelle le capitaine et ses hommes se sont toujours montrés réticents, car elle leur ferait perdre la main sur le processus de libération du Nord. Il n’est un secret pour personne en effet que l’enfant de Ségou, qui n’a été chef de l’État que pendant vingt jours, aimerait rempiler. Bardé de ses fétiches de chasseur dozo et de son inébranlable confiance en lui-même, il a tenu à le rappeler à ses compatriotes, le 11 décembre au soir à la télévision : « Si le peuple malien décide que je joue un autre rôle [que celui de président du comité militaire de suivi des réformes, NDLR], je suis prêt à l’assurer [sic]. »

Jeuneafrique.com Par François Soudan

Egypte: rencontre entre le pouvoir et l’opposition patronnée par l’armée

décembre 12, 2012
 

Des milliers d'opposants au président égyptien Mohamed Morsi se sont pressés mardi devant son palais, à quelques kilomètres d'une manifestation de partisans du chef de l'Etat, dans un climat de tensions qui a amené l'armée à convoquer une réunion mercredi entre les protagonistes.(c) Afp

Des milliers d’opposants au président égyptien Mohamed Morsi se sont pressés mardi devant son palais, à quelques kilomètres d’une manifestation de partisans du chef de l’Etat, dans un climat de tensions qui a amené l’armée à convoquer une réunion mercredi entre les protagonistes. (c) Afp

LE CAIRE (AFP) – Pouvoir et opposition devaient se rencontrer mercredi après-midi au Caire à l’initiative de l’armée égyptienne, dans un contexte d’impasse politique totale à quelques jours d’un référendum sur un projet de Constitution controversé.

Ce référendum sera organisé sur deux jours -les 15 et 22 décembre- au lieu de la seule journée du 15, a fait savoir la commission électorale via la télévision d’Etat.

Cette mesure pourrait permettre de faire face à une pénurie de juges chargés de la surveillance du vote, que de nombreux magistrats entendent boycotter.

La rencontre pouvoir-opposition, convoquée par le ministre de la Défense et commandant des forces armées, le général Abdel Fattah al-Sissi, doit se tenir dans un club militaire.

Elle doit rassembler « au nom de l’amour de l’Egypte » le président islamiste Mohamed Morsi, le gouvernement et les principales personnalités politiques de tous bords, a annoncé mardi le général Sissi.

La principale formation de l’opposition, le Front du salut national (FSN) devait tenir une réunion mercredi pour décider ou non d’être présent. Selon les médias égyptiens, le président Morsi aurait quant à lui décidé de venir.

Cette crise, la plus grave que connaisse le pays depuis l’élection de M. Morsi en juin, a remis sur le devant de la scène l’influente armée égyptienne, éclipsée au profit du chef de l’Etat ces derniers mois.

Ce référendum est au coeur de nombreuses manifestations rivales et parfois violentes de partisans et d’adversaires du président islamiste qui se sont tenues ces derniers jours.

L’opposition de gauche et libérale estime que le projet constitutionnel ouvre la voie à une islamisation accrue de la législation et manque de garanties pour les libertés.

Le camp présidentiel assure en revanche qu’il permettra de doter le pays d’un cadre institutionnel stable après près de deux ans d’une transition politique chaotique.

Calme dans la matinée

Mardi, des manifestations rivales ont rassemblé des milliers de personnes, devant la présidence dans le quartier d’Héliopolis pour l’opposition, à quelques kilomètres de là pour les islamistes pro-Morsi.

Le calme régnait mercredi matin aux abords du palais présidentiel, près duquel de petits groupes de personnes ont passé la nuit sous des tentes.

Les deux manifestations de mardi se sont déroulées sans incident majeur malgré les tensions des derniers jours, notamment mercredi soir où des affrontements entre partisans des deux camps avaient fait sept morts.

La presse de mercredi reflétait le clivage de l’opinion. Le journal des Frères musulmans, Liberté et Justice, affirmait que l’Egypte « se mobilise en faveur de la légitimité » incarnée par M. Morsi, tandis que al-Watan, indépendant, titrait sur « la révolte d’un peuple contre le clan du président ».

Le vote sur deux jours permettra de faire voter successivement deux zones distinctes du pays, permettant aux juges de se déplacer d’une région à l’autre entre les deux tours. La capitale le Caire voterait dès samedi prochain.

La plus importante association de magistrats du pays, le Club des juges, a indiqué que 90% de ses adhérents entendaient boycotter la supervision du vote.

Le vote des Egyptiens vivant à l’étranger s’est quant à lui ouvert mercredi pour quatre jours.

Selon les chiffres officiels 586.000 Egyptiens expatriés peuvent voter dans 150 représentations diplomatiques. Les taux de participation électorale des Egyptiens de l’étranger sont en général très faibles.

L’armée a été appelée par M. Morsi en renfort de la police pour assurer la sécurité jusqu’à l’annonce des résultats.

Les Etats-Unis ont averti mardi, pour la seconde fois en deux jours, le président égyptien et l’armée qu’ils refuseraient tout « retour aux mauvais jours de l’ère Moubarak », le président déchu début 2011, pour le maintien de l’ordre.

Le département d’Etat américain a exhorté les forces de sécurité égyptiennes à « faire preuve de retenue et à respecter le droit de manifester pacifiquement ».

Le NouvelObs

Crise malienne : « L’armée tchadienne est à la disposition de l’Union africaine », selon Sékouba Konaté

novembre 14, 2012
Sékouba Konaté est arrivé à N'Djamena lundi 12 novembre. Sékouba Konaté est arrivé à N’Djamena lundi 12 novembre. © AFP

Exclusif. Après des mois d’hésitation, le chef de l’État tchadien, Idriss déby Itno, a décidé d’engager ses troupes au Nord-Mali. C’est ce qu’il a confié lors d’un entretien, mercredi 14 novembre à N’Djamena, au commandant de la Force africaine en attente (FAA, de l’UA), le général guinéen Sékouba Konaté.

C’est à un de ses frères d’armes, le général Sékouba Konaté, qu’Idriss Déby Itno a réservé la primeur de sa décision. Mercredi 14 novembre au matin, au cours d’un entretien à la présidence, à N’Djamena, le chef de l’État a confié au commandant de la Force africaine en attente (FAA, de l’UA) que « les forces tchadiennes sont à la disposition de l’Union Africaine et de la Cedeao [pour une intervention au Nord-Mali, NDLR], si elles en font la demande ».

La décision était dans l’air depuis lundi, avec l’arrivée de l’ancien président guinéen de transition dans la capitale tchadienne. Officiellement, Sékouba Konaté venait parler de la mise en œuvre du processus devant aboutir à la mise en place de la force africaine en attente. Mais le sujet de la crise au Mali était incontournable.

Idriss Déby Itno, qui pourrait se rendre à Paris avant la fin de l’année, a donné son accord à la participation de l’armée tchadienne pour une intervention au Mali, mais a souhaité que l’Union africaine et la Cedeao fassent une requête en ce sens. D’autres discussions sont prévues pour déterminer le niveau de participation des Tchadiens (nombre de soldats, moyens). Selon des sources militaires, les troupes d’élite de l’unité anti-terroriste, formées dans le cadre de la coopération avec les États-Unis, devraient former la tête de pont du détachement tchadien.

Les raisons de l’hésitation

Convié à participer au sommet de la Cedeao consacré au Mali, la semaine dernière à Abuja, Déby Itno s’était fait représenter par son Premier Ministre, Emmanuel Nadingar, qui s’est contenté de dire que le Tchad réservait sa réponse.

« Cette affaire concerne d’abord l’Afrique de l’Ouest, on a parlé du Tchad dès que l’idée d’une intervention étrangère a été  évoquée. N’étant pas de l’Afrique de l’Ouest, nous devions ménager les susceptibilités des autres puissances de la sous-région », explique un diplomate sous couvert de l’anonymat. Qui évoque, sans le citer, le Nigeria avec lequel le Tchad a quelques difficultés au sujet de Boko Haram. Les autorités nigérianes sont très remontées contre les Tchadiens, qu’ils soupçonnent de fermer les yeux sur les activités de la secte islamiste sur son territoire. Sur ce dossier, N’Djamena a visiblement préféré jouer profil bas.

 Jeuneafrique.com  par Madjiasra Nako, à N’Djamena

Mozambique: dans le maquis, l’opposition se rebiffe, l’arme au poing

novembre 13, 2012
Mozambique: dans le maquis, l'opposition se rebiffe, l'arme au poing Mozambique: dans le maquis, l’opposition se rebiffe, l’arme au poing © AFP

Levés à l’aube et sur le pied de guerre, quelques centaines de vétérans de la guérilla anti-communiste qui a ensanglanté le Mozambique jusqu’en 1992, ont repris le maquis avec leur ancien chef, le leader de l’opposition Afonso Dhlakama, se disant prêts à en découdre pour obtenir un meilleur partage du pouvoir et des richesses.

L’ex-commandant rebelle, quatre fois candidat malheureux à la présidentielle depuis le retour de la paix il y a vingt ans, s’est retranché depuis octobre dans sa province natale de Sofala (centre), au pied du massif du Gorongosa.

Le campement est installé en pleine végétation à proximité d’une ancienne base désaffectée utilisée par son mouvement de guérilla, la Renamo, durant la guerre civile qui dévasta le pays pendant seize ans, faisant un million de morts.

La capitale Maputo est à plus de 1. 000 kilomètres de là, mais c’est bien le coeur du pouvoir que visent l’ancien commandant et la poignée d’hommes et de femmes en manque d’action qui l’ont suivi en brousse, nostalgiques d’une époque où la Renamo faisait trembler la population.

Pendant des années, les contre-révolutionnaires dirigés par Dhlakama ont terrorisé les civils, comptant jusqu’à un tiers d’enfants-soldats dans leurs rangs, réduisant des femmes en esclavage sexuel, et forçant les habitants des zones contrôlées à livrer de la nourriture, ou à assurer le transport de vivres et de munitions.

Transformé en parti politique après la conclusion de l’accord de Rome d’octobre 1992, la Renamo siège aujourd’hui au Parlement, et a tout d’un mouvement d’opposition respectable.

Sauf qu’elle est désormais incapable d’enrayer son déclin dans les urnes, avec un score tombé à 16,5% aux élections présidentielles de 2009.

Jouant son va-tout, alors que le pays est travaillé par les appétits suscités par l’arrivée en masse d’investisseurs attirés par les réserves en charbon et les énormes gisements gaziers off-shore découverts au nord, Dhlakama menace.

« S’il le faut, nous détruirons le Mozambique »

« J’entraîne des hommes et, s’il le faut, nous sortirons d’ici et nous détruirons le Mozambique », dit-il à l’AFP.

Autour de lui, la petite troupe des déçus de la paix qu’il a réunie a une allure plutôt disparate.

En treillis vert ou en civil, ils affichent une moyenne d’âge de 40 ans. Certains sont beaucoup plus âgés. Mais la colère est palpable, tout comme l’envie d’appuyer sur la gâchette.

Tous sont furieux et lassés de voir le parti au pouvoir, le Frelimo, dominer sans partage la scène politique et l’économie.

« Il fallait que je vienne ici! », lâche Pedro Chichione, écoeuré de voir ses enfants systématiquement mis sur la touche professionnellement parce que leur père est l’un des 51 députés de la Renamo (sur 250 siégeant au Parlement).

Nerveux, équipés de quelques fusils d’assaut AK-47, ils s’exercent au maniement des armes, réalisent des manoeuvres d’entraînement, transpirant sous les ordres aboyés par d’anciens vétérans, tout en assurant la garde rapprochée de leur chef.

« Un soldat ne peut pas rester trois jours sans courir sinon il s’encroûte ou devient paresseux », explique Amindo Milaco, 44 ans, recruté de force à l’âge de 17 ans par la Renamo.

« On a besoin d’une petite révision de tout ce qu’on utilisait durant la guerre mais c’est facile de se rappeler. On a ça dans le sang », ajoute-t-il.

Aujourd’hui bras droit de Dhlakama, Amindo est le seul formellement habilité à parler à la presse.

Il assure pouvoir faire facilement venir davantage de personnes pour forcer le camp adverse à céder. Et affirme aussi que ce ne sont pas les armes qui manquent, bazookas, mortiers, et même mines anti-personnelles, même si les seules armes que l’on peut voir servent à revoir des rudiments d’instruction militaire.

Le reste des armes est caché, selon Amindo qui assure que chacun sait parfaitement où les trouver « aussitôt que la fusillade aura commencé ».

Du côté des autorités, la prudence est de mise et l’on semble convaincu que les déclarations va-t-en guerre de Dhlakama resteront sans lendemain.

Mais on garde l’oeil ouvert. A quelques kilomètres, sur la piste conduisant au camp, une voiture de l’unité d’élite des forces anti-émeute a été garée.

« On ne veut pas de problèmes pour sa sécurité ou sa santé, et si qui que ce soit entreprend quelque chose contre lui, la force d’intervention rapide interviendra pour l’aider », explique Pedro Cossa, un porte-parole de la police nationale.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nigeria: le porte-parole du groupe islamiste Boko Haram tué par l’armée

septembre 17, 2012
Nigeria: le porte-parole du groupe islamiste Boko Haram tué par l'armée Nigeria: le porte-parole du groupe islamiste Boko Haram tué par l’armée © AFP

Le porte-parole de Boko Haram, visage médiatique du groupe islamiste radical nigérian dont il revendiquait régulièrement les actions meurtrières, a été tué lundi par des militaires dans le nord du Nigeria.

« Nous avons mené une opération tôt ce matin au cours de laquelle nous avons tué l’homme chargé des médias pour les terroristes de Boko Haram et nous avons arrêté deux commandants de terrain du groupe », a annoncé le lieutenant Iweha Ikedichi, porte-parole militaire.

Les militaires ont indiqué que l’homme tué était soupçonné d’être le porte-parole de Boko Haram qui se présentait sous le nom d’Abul Qaqa. Les communiqués de presse diffusés au nom de la secte islamiste était souvent signés de ce nom et un homme se présentant sous cette identité a régulièrement tenu des conférences de presse téléphoniques avec la presse.

L’opération a été menée à un barrage dans la banlieue de Kano, la plus grande ville du nord – majoritairement musulman – du Nigeria, et rendue possible après la communication d’informations par les services de renseignement, ont précisé les militaires.

Un soldat a indiqué sous couvert d’anonymat que les trois suspects se rendaient à Kano lundi matin en compagnie d’une femme qu’ils amenaient se faire soigner.

Selon lui, le porte-parole de Boko Haram a résisté et a été tué dans un échange de tirs. La femme aurait également dit aux forces de sécurité que l’homme tué était celui qui se présentait sous le nom d’Abul Qaqa.

Un des hommes arrêtés est un « commandant de terrain » pour les Etats de Kogi (centre) et Kaduna (nord) ainsi que pour la capitale Abuja, a précisé la même source.

Plus tôt dans l’année, des sources sécuritaires avaient annoncé qu’un homme utilisant le nom d’Abul Qaqa avait été arrêté. A l’époque, un membre présumé de Boko Haram avait confirmé l’arrestation d’un haut responsable du groupe islamiste, mais démenti qu’il s’agissait de son porte-parole.

Les islamistes radicaux de Boko Haram, qui veulent restaurer le califat islamique et imposer la charia au Nigeria, le pays le plus peuplé d’Afrique avec 160 millions d’habitants, sont accusés d’avoir tué plus de 1. 400 personnes au cours de son insurrection depuis 2010.

« L’Etat nigérian et les chrétiens sont nos ennemis »

Ils ont notamment revendiqué l’attentat à la bombe perpétré le 26 août 2011 contre le siège des Nations unies dans la capitale fédérale Abuja, qui a tué 25 personnes, ainsi que les attaques coordonnées qui ont fait 185 victimes à Kano (nord) en janvier.

La plupart des victimes de Boko Hamram sont des musulmans même si le groupe a plus spécifiquement ciblé les églises au cours des derniers mois. En juillet, le avait notamment revendiqué des massacres qui avaient plus de 100 morts chrétiens dans le centre du Nigeria.

Abul Qaqa avait alors exprimé « sa joie devant le succès des attaques ».

Un mois plus tôt, il avait déclaré: « L’Etat nigérian et les chrétiens sont nos ennemis et nous lancerons des attaques contre l’Etat et son appareil sécuritaire ainsi que contre les églises jusqu’à ce que nous achevions notre but qui est d’établir un Etat islamique à la place de l’Etat séculier ».

Le 26 août, le gouvernement nigérian a annoncé avoir ouvert des pourparlers indirects avec des membres de la secte islamiste dans le but de mettre fin aux violences meurtrières.

Une tentative de dialogue avait échoué il y a quelques mois. Boko Haram a déclaré à plusieurs reprises qu’il excluait tout dialogue avec le gouvernement.

Récemment, Boko Haram – qui se dit proche des talibans afghans et dont le nom en haoussa signifie +l’éducation occidentale est un péché+ – s’est engagé dans une nouvelle forme d’attaques, en visant des relais de téléphonie mobile qui aident, selon eux, les agents des forcent de l’ordre à lutter contre le mouvement.

Les membres de Boko Haram ont des liens avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui leur fournirait un entraînement, selon les autorités nigérianes.

En juin, Washington a inscrit trois membres présumés de Boko Haram, leur chef Abubakar Shekau et deux autres militants, sur la liste des « terroristes internationaux », permettant de geler leurs avoirs aux Etats-Unis.

Pays le plus peuplé et premier producteur de brut d’Afrique, le Nigeria est divisé entre un Nord majoritairement musulman et un Sud à dominante chrétienne.

Jeuneafrique.com avec AFP

Mali : les islamistes prennent le contrôle de la ville de Douentza, dans le sud du pays

septembre 1, 2012

Des miliciens de Ganda-Izo. Des miliciens de Ganda-Izo. © AFP

Les islamistes qui contrôlent le Nord-Mali avancent dangereusement vers le sud du pays. La ville de Douentza (170 km de Mopti) est tombée sous le contrôle du Mujao et d’Ansar Eddine ce 1er septembre 2012.

« Aujourd’hui, nous avons sommes venus lourdement armés pour déloger les miliciens de Ganda-Izo (milice d’autodéfense combattant pour la reconquête du Nord-Mali, NDLR) afin de prendre le contrôle de cette ville de Douentza », explique Oumar Ould Hamaha, un chef militaire islamiste proche du Mujao, d’Ansar Eddine et d’Aqmi. « Nous avons encerclé la ville et nous avons dit aux miliciens de Ganda-Izo de rendre les armes. Ils ont appelé pendant 30 minutes des renforts, mais ils n’ont eu aucun soutien » a-t-il ajouté.

« Nous comptons y rester pour longtemps »

Les hommes de Ganda-Izo ont fini par rendre leurs armes à Oumar Ould Hamaha, le chef de la brigade qui contrôle désormais la ville. « Nous avons ligoté les miliciens de Ganda-Izo et nous contrôlons la totalité de la ville de Douentza. Nous comptons y rester pour longtemps », explique le chef de la brigade.

Alors que le téléphone du commandant de la milice Ganda-Izo à Douentza, Ibrahim Dicko, est sur répondeur, plusieurs habitants de la ville ont confirmé que la ville de Douentza était aux mains des islamistes. Un affront supplémentaire fait à l’armée malienne dont le poste le plus avancé est désorais à Konna, à 120 km de Douentza.

Jeuneafrique.com par Baba Ahmed, à Bamako

RDC – Affaire Chebeya : John Numbi, le général fantôme

juin 28, 2012
L'ex-inspecteur général John Numbi avait été entendu comme simple témoin en 2011. L’ex-inspecteur général John Numbi avait été entendu comme simple témoin en 2011. © AFP

Le procès en appel de l’affaire Chebeya a commencé le 19 juin, à Kinshasa. La famille du militant des droits de l’homme tué en 2010 veut que l’ancien chef de la police congolaise soit jugé.

Au cours du premier procès, l’année dernière, pour le meurtre de Floribert Chebeya, le président de l’ONG La Voix des sans-voix, le général John Numbi avait été entendu comme simple témoin par le tribunal militaire à Kinshasa. « La justice n’a pas été rendue », dénonçait alors la veuve du militant des droits de l’homme, Annie Chebeya, qui demandait que l’ex-inspecteur général de la police soit jugé et condamné. Selon les éléments de l’instruction, le 1er juin 2010, Floribert avait rendez-vous avec Numbi, dans ses bureaux, peu avant sa mort. À l’issue d’un procès-fleuve, cinq policiers ont été condamnés. Ils ont fait appel, se déclarant innocents. Les parties civiles également, réclamant la comparution du haut gradé.

Un an plus tard, le 19 juin, tous les projecteurs étaient donc braqués sur la Haute Cour militaire de Kinshasa. John Numbi était attendu, il n’est pas venu. « Il n’a rien à voir avec cette histoire », ont fait valoir les avocats de l’État congolais. « Il fallait malheureusement s’y attendre », commente un observateur averti. « Avec cette affaire, Numbi a été marginalisé, puis suspendu de ses fonctions. Mais depuis son fief du Nord-Katanga où il s’est retiré, il peut fragiliser le régime », ajoute un spécialiste des questions de sécurité en RDC. Pourquoi cette nuisance à distance ?

« Sécurocrate »

À partir des années 2000, Numbi – qui a rencontré une première fois les Kabila, père et fils, en 1989 dans les maquis de Pweto, près de la frontière zambienne – n’a cessé de gravir les échelons de la hiérarchie militaire : commandant de la région du Katanga, chef d’état-major de l’armée de l’air et inspecteur général de la police. C’était du temps de sa splendeur. L’homme du sérail – qui comptait parmi ses amis Augustin Katumba Mwanke, le conseiller le plus influent du Palais, décédé dans un accident d’avion en février dernier – était devenu le « sécurocrate katangais » le plus en vue. Il avait un accès direct au chef de l’État.

Le Mzee a fait de cet électronicien né en 1962 un militaire de carrière. Et Joseph Kabila l’a installé dans le premier cercle.

Lors des échanges de tirs entre la garde présidentielle et les hommes de Jean-Pierre Bemba après l’élection présidentielle de 2006, Numbi est à la manoeuvre. Les premières négociations secrètes, l’année suivante, avec le chef rebelle Laurent Nkunda – qui ont abouti à l’intégration des hommes du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) au sein de l’armée régulière en 2009 -, c’est encore lui. Le pilotage des opérations menées ensuite avec l’armée rwandaise, dans le Nord-Kivu, pour traquer les extrémistes hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), c’est toujours lui.

Mais dans la foulée de l’affaire Chebeya, d’autres sombres aspects du personnage ressurgissent. En 1992, Numbi était l’un des fers de lance des sinistres milices katangaises de l’Union des fédéralistes et des républicains indépendants (Uferi) qui pourchassaient les Kasaïens. Autre dossier à charge, la terrible répression menée par des éléments de la police congolaise contre le mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo, entre février et mars 2008, dans le Bas-Congo. « Mon mari avait des dossiers précis sur ces exactions », assure Annie Chebeya. « Ils sont en lieu sûr », affirme un responsable de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), qui prévient : « Certains faits relèvent de la justice internationale. » Numbi n’en a sans doute pas fini avec les prétoires. À Kinshasa, le procès en appel doit reprendre le 17 juillet.

Jeuneafrique.com par Philippe Perdrix